Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 16:38

1 Octobre 2017, 07:00am

Hier, trois officiers russes de haut rang ont été tués dans une « attaque de l'EI » à l'est de la Syrie. Il est probable qu'ils ont été tués par des forces spéciales ou des insurgés contrôlées par des forces spéciales américaines. L'incident sera interprété comme une déclaration de guerre. 

Le Commandement central des États-Unis au Moyen-Orient veut que ses forces par procurations prennent le contrôle des champs de pétrole de l'est de la Syrie pour mettre en place un mini-état kurde aligné sur les États-Unis dans la région. Le gouvernement syrien, allié à la Russie, a besoin des revenus de ces champs de pétrole pour reconstruire le pays. 

La semaine dernière, les Russes ont vertement dénoncé la coordination américaine avec les terroristes d'al-Qaeda dans la province d'Idleb, et ont dit craindre une nouvelle escalade. 

Hier, le ministère russe de la Défense a accusé les militaires américains de l'est de la Syrie de collaborer directement avec l'État islamique :

Les unités spéciales de l'armée américaine font passer les Forces démocratiques syriennes (SDF) à travers les positions des terroristes islamiques (EI, anciennement Etat Islamique en Irak et Syrie et Etat Islamique en Irak et au Levant), a déclaré le ministère dans un communiqué. 

«
Sans rencontrer la moindre résistance de la part des combattants de l'EI, les unités des SDF avancent le long de la rive gauche de l'Euphrate vers Deir ez-Zor », indique le communiqué. 

Les photos qui viennent d'être diffusées « montrent clairement que les opérations spéciales américaines sont stationnées aux avant-postes précédemment occupés par les combattant de l'EI » 

«
Les principales positions américains sont situées dans les zones occupées par l'EI, mais ils n'ont organisé aucune surveillance de l'EI », a déclaré le ministère russe de la Défense.

Cette carte montre la zone de conflit actuellement concernée ( forces par procuration américaines en jaune, Armée arabe syrienne en rouge, EI en noir ) : 

Les accusations russes sont plausibles. Une grande partie de l'EI à Deir Ezzor est formée des forces tribales locales de l'est de la Syrie. L'envoyé spécial des États-Unis, Brett McGurk, a rencontré récemment des dirigeants tribaux qui avaient précédemment fait allégeance à l'EI. Il a conclu des accords avec eux. Comme nous l'avons déjà dit :

Le diplomate américain Brett McGurk, a récemment rencontré des dignitaires tribaux de la région. Des photos de la réunion ont été publiées. Plusieurs personnes ont souligné que ces mêmes dignitaires avaient déjà été photographiés en train de faire allégeance à l'Etat islamique.
Tout comme pour le « Réveil du Anbar* » pendant sa guerre contre l’Irak, les États-Unis soudoient les radicaux locaux pour qu’ils changent temporairement de camp. Cela permettra aux États-Unis d’affirmer qu’ils ont vaincu l’EI. Mais dès qu’ils arrêteront de les payer, ces forces retourneront à leurs anciennes habitudes.

Le criminel local Ahmad Abu Khawla, qui combattait avant pour l'EI, est soudainement devenu le commandant d'un « Conseil militaire de Deir Ezzor », sorti de nulle part et contrôlé par les forces spéciales des États-Unis. 

La nuit dernière, un général russe à trois étoiles et deux colonels ont été tués dans une attaque au mortier alors qu'ils se trouvaient en visite dans un quartier général de l'armée syrienne à Deir Ezzor :

Le lieutenant-général Valery Asapov, des forces armées russes, a été tué par les bombes des combattants islamiques (EI, anciennement Etat Islamique en Irak et Syrie et Etat Islamique en Irak et au Levant), près de Deir ez-Zor, a annoncé le ministère russe de la Défense. 

Dans sa déclaration, le ministère a expliqué qu'Asapov se trouvait dans un avant-poste de commandement des troupes syriennes pour assister les commandants dans la libération de la ville de Deir ez-Zor. 

Le lieutenant-général Valery Asapov est le plus haut gradé des officiers russes tués dans la campagne syrienne. Il était commandant de la 5ème armée dans le district militaire oriental de la Russie, l'un des quatre commandements stratégiques des forces armées russes. La 5ème armée est basée à l'Extrême-Est de la Russie, dans la ville d'Ussuriysk, à environ 98 km (61 milles) de Vladivostok.
 

L'EI a assiégé les troupes syriennes dans la ville et l'aéroport de Deir Ezzor pendant trois ans. Il n'avait jamais réussi à attaquer victorieusement le quartier général syrien, ni à tuer des officiers de haut rang. Et maintenant que les forces par procuration de l'armée américaine « conseillées » par les forces spéciales des États-Unis ont pris position au nord de Deir Ezzor, « l'EI » a soudain les renseignements et la précision de tir nécessaires pour tuer un groupe d'officiers russes en visite ? 

C'est impensable. Personne à Damas, Bagdad, Téhéran ou Moscou ne croira une chose pareille. 

L'armée russe, comme d'habitude, réagit calmement et attribue officiellement l'attaque à l'EI. Cela lui évite de devoir réagir immédiatement à l'attaque. ( Les États-Unis vont faire l'erreur d'interpréter cela comme une manière pour les Russes de sauver la face ). 

Mais personne à Moscou ne croira que l'incident est indépendant des autres manigances récentes des forces américaines, et qu'il est sans rapport avec les accusations proférées précédemment par l'armée russe contre les forces américaines. 

Les États-Unis et la Russie sont tous deux en Syrie officiellement pour se battre contre l'Etat islamique. Les troupes russes y sont légitimement, car elles ont été invitées par le gouvernement syrien. Les forces américaines n'ont aucune justification légale de leur présence. Jusqu'à présent, les hostilités ouvertes entre les deux camps avaient été évitées. Mais comme les États-Unis se proposent désormais de couper la Syrie en deux, qu'ils coopèrent ouvertement avec les terroristes et qu'ils ne s'abstiennent même plus de tuer des officiers russes, les choses vont se gâter. 

Le Commandement central a déclaré la guerre au contingent russe en Syrie. Un général russe de haut rang a été tué. Il y aura forcément une réaction. La réponse ne viendra pas nécessairement des forces russes. Moscou a beaucoup d'alliés compétents dans la région. La réponse ne se fera pas nécessairement en Syrie. 

Les « accidents » et les « incidents », tout comme les « attaques au mortier de l'EI », ou le bombardement involontaire des soldats de l'autre camp peuvent se produire des deux côtés du front. Des voitures peuvent exploser, des ponts peuvent s'effondrer. Les officiers et les officiels américains qui se trouvent dans tout le Moyen-Orient doivent prendre consciences qu'ils font eux aussi de belles cibles.

Source :

Commentaire de Dominique :

Selon l'adage : "Qui ne dit mot, consent". Mon pays, la France, ne dénonce pas cette ingérence étasunienne. J'ai honte d'être français, car nos dirigeants actuels sont des vassaux aveugles de ces "faux gendarmes du monde américains". Ces interventions d'un État dans la politique intérieure d'un autre État sont des délits. Ils doivent être jugés et punis. Tous ces dirigeants crapuleux, je leur souhaite à terme la prison !

En attendant, j'admire le sang froid des russes en pareilles circonstances. Ces dirigeants militaires ricains ils puent, ce sont des va-t-en-guerre irréductibles. 

J'ai confiance en Poutine, un joueur d'échec, un "tueur froid", il surfe actuellement sur une vague de réussite, espérons qu'il saura mettre cette racaille étasunienne hors d'état de nuire en les plaçant le nez dans leurs cacas étasuniens et qu'ils y restent... chez eux !

La tension atteint son paroxysme et il est urgent que les russes (les seuls capables d'intervenir) portent l'estocade aux ripoux. Et cela avant que les ricains franchissent le point de non retour; vers ce conflit généralisé qu'ils recherchent du plus profond de leurs actes et sans même s'en cacher.

Je hais ces dirigeants étasuniens et tout leurs complices fussent-ils français.

03 octobre 2017
Escalade dangereuse en Syrie

Maintenant, beaucoup d’entre vous sont au courant de la nouvelle : un lieutenant-général russe, Valery Asapov, et deux colonels ont été tués dans ce qui semble être une attaque de mortier très précisément ciblée. Exactement comme dans le cas de l’unité de police militaire russe attaquée près de Deir ez-Zor, les Russes accusent les Américains d’être derrière cette attaque. Pour aggraver encore les choses, les Russes accusent maintenant officiellement les Américains de collaborer activement avec ISIS : 

Des unités des forces spéciales américaines permettent à des unités des Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les États-Unis d’avancer sans problème à travers les formations d’ISIS. Sans résistance des combattants d’ISIS, les unités des FDS avancent le long de la rive gauche de l’Euphrate vers Deir ez-Zor. Les photographies aériennes prises entre le 8 et le 12 septembre au-dessus des sites d’ISIS ont enregistré un grand nombre de véhicules américains Hammer utilisés par les Forces spéciales étasuniennes. Les clichés montrent clairement les unités de ces forces spéciales basées dans des places fortes équipées par des terroristes d’ISIS. Pourtant il n’y a aucune preuve d’attaque, de bataille ou de frappes aériennes de la coalition dirigée par les États-Unis pour en chasser les combattants. Bien que des positions américaines aient été localisées dans les zones d’ISIS, aucune patrouille de contrôle n’a été ordonnée. Cela suggère que les troupes US se sentent en sécurité dans les régions contrôlées par les terroristes. 

Voici les cartes et les photos aériennes fournies par les Russes:

Ce que tout cela semble indiquer, c’est que le Pentagone a apparemment décidé d’attaquer directement les forces russes, quoique de manière non officielle. De son point de vue, c’est (presque) sensé. 

Premièrement, il est on ne peut plus clair que les « bons terroristes » et les « mauvais terroristes » ont perdu la guerre civile en Syrie. Autrement dit, les États-Unis ont été vaincus, la Syrie, la Russie, l’Iran et le Hezbollah ont gagné et les Israéliens sont en train de flipper. 

Deuxièmement, le plan américain d’utiliser les Kurdes comme fantassins/chair à canon a échoué. Les Kurdes sont à l’évidence trop intelligents pour se laisser entraîner dans une proposition aussi mauvaise. 

Troisièmement, l’option américaine d’un plan B, la partition de la Syrie, est aujourd’hui directement menacée par les succès militaires syriens. 

Et enfin, les Américains sont maintenant profondément humiliés et furieux de la réussite russe en Syrie. 

Par conséquent, ils ont donc pris la décision de cibler directement le personnel militaire russe et ils utilisent leurs importantes capacités de reconnaissance combinées avec leurs forces spéciales sur le terrain, qui travaillent main dans la main avec les « bons » et les « mauvais » terroristes, pour viser et attaquer le personnel militaire russe. 

Ce n’est pas la première fois, d’ailleurs. Il y a d’assez bonnes preuves qu’un hôpital russe près d’Alep a été visé par des moyens dont ne dispose par la succursale locale de Daech. Cette fois, cependant, les Américains ne cherchent même pas à le cacher. Le message semble être le grand classique favori des Américains, « watcha gonna do about it ? » (Qu’est ce tu fais de ça ?) 

Les Russes pourraient faire beaucoup de choses à ce propos, en fait. J’ai écrit à ce sujet dans mon article intitulé L’utilité du déni plausible contre un adversaire systématiquement menteur. Si les gens du CENTCOM croient vraiment que leurs généraux sont tous en sécurité et hors d’atteinte, ils se trompent gravement. Contrairement aux Russes et, encore plus aux Iraniens, la plupart des généraux américains détestent prendre des risques et sont difficiles à faire venir en Syrie. Mais qui a dit que la Russie devrait exercer des représailles en Syrie ? Ou, en l’occurrence, que la Russie devrait recourir à des forces russes pour se venger ? Oui, la Russie a des unités spéciales formées à l’assassinat de cibles de grande valeur dans des pays hostiles, mais cela ne signifie pas du tout qu’elle pourrait décider de les utiliser. Des accident peuvent se produire partout et les routes sont notoirement dangereuses au Moyen-Orient. Pourquoi est-ce que je mentionne cela ? Pour illustrer le fait que la Russie a des choix autres que d’entrer ouvertement en guerre. 

Bien sûr, les Russes pourraient simplement lancer une volée de missiles de croisière Kalibr sur toutes les positions d’ISIS montrées dans les photos ci-dessus et ensuite dire : « Oups, vous aviez des gens embarqués avec ces types d’al-Qaïda ? Vraiment ? Nous ne le savions pas, pas du tout. » La Syrie a elle aussi un arsenal de missiles balistiques tactiques assez solide. Les Syriens pourraient frapper par erreur une de ces positions ISIS+US et exprimer leur consternation devant la présence de personnel militaire américain au milieu des terroristes. Il y a aussi le Hezbollah qui, par le passé, s’est même emparé de soldats israéliens dans des raids par dessus la frontière et qui pourrait décider de capturer lui-même quelques types des forces spéciales US. Et n’oublions pas les Iraniens qui n’ont pas eu une telle occasion en or de mettre la main sur du personnel militaire américain depuis de nombreuses années. 

Les trois faiblesses principales du dispositif de forces américaines en Syrie sont : tout d’abord leurs propres forces en Syrie sont trop petites pour faire une différence, mais assez importantes pour être une cible intéressante et, ensuite que toutes les « bottes sur le terrain » qui comptent sont contre elles (les Syriens, l’Iran, la Turquie, le Hezbollah et les Russes). Enfin, les deux seuls réels alliés des États-Unis dans la région ont trop peur de mettre des soldats sur le terrain : Israël et les Saoudiens. 

Le résultat est que si les Américains pensent que les Russes et leurs alliés n’ont pas d’autres options, ils sont profondément dans l’erreur. Ils devraient aussi prendre en compte les conséquences d’avoir des Forces spéciales qui opèrent sur des positions avancées. Les Syriens réduisent rapidement la distance et cela pourrait ne pas être le meilleur moment pour chasser le personnel militaire russe. 

Jusqu’à maintenant, les Russes se sont limités uniquement à des protestations et des manifestations de dégoût. À l’évidence, ce n’a pas été une stratégie efficace. Apparemment, les Russes ne comprennent pas que très peu de gens s’en soucient et que plus ils se plaignent, moins leurs avertissements sont pris au sérieux. Cette approche ne peut pas durer et les Russes « devront faire quelque chose », pour reprendre l’expression américaine. 

Les choses pourraient devenir très dangereuses, très rapidement et très bientôt. 

The Saker 

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Araka Nui autour du monde
  • Araka Nui autour du monde
  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
  • Contact