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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 12:29

 

Mission médicalisée itinérante en Casamance dans les îles BLISSE et KARONE, avec ANIMA (Octobre 2009).

 

    Avec l’approbation des autorités médicales sénégalaises de Ziguinchor, le Docteur Yves MENGUY (Président de l’ONG Nyonsaise ANIMA) effectue trois fois par an et depuis 10 ans, des missions médicalisées itinérantes en Basse Casamance.

    Accompagné de médecins généralistes ou spécialistes, d’un dentiste et d’infirmières, tous bénévoles, ils assurent les visites médicales des populations dans les villages les plus isolés où seules les pirogues ont accès en général.

    Régulièrement, Yves MENGUY utilise les voiliers volontaires pour convoyer depuis la France médicaments et autres matériels médicaux, une aide précieuse pour cette petite ONG.

   

 « Araka Nui au mouillage devant le village de BOUN, îles BLISSE »

 

    Cette fois ci, c’est le catamaran ARAKA NUI avec son équipage qui s’est offert pour accompagner la mission dans ses déplacements. Le skipper Dominique PRACHERSTORFER et sa compagne Dominique SAVAGNER médecin généraliste participent activement chacun dans leurs domaines aux travaux de la mission. Teiva, le petit mousse de 4 ans ½, restera sous la surveillance de son papa.

  

« Itinéraire aventureux dans les bolongs

des îles Blisse en Basse Casamance »

 

 

    Sur la quinzaine de villages régulièrement visités, Yves MENGUY en a prévu six très particuliers pour cette mission, du fait de leurs accès difficiles, en tenant compte de la présence d’un catamaran.

 

  « Guidage par la pirogue de Hyacinthe

dans les bolongs peu profonds »

 

 

    Avec son faible tirant d’eau de 1,20m et grâce au guidage de la pirogue de Hyacinthe, Araka Nui s’engage dans des bolongs rarement pratiqués par les navires de plaisance.       

    Hyacinthe, propriétaire du campement villageois « Alouga » de Nioumoun, est l’organisateur talentueux et l’aide indispensable d’Yves MENGUY dans ses missions en Basse Casamance.

  

 « Les enfants de KOUBA accompagnent Teiva et sa maman

 vers le village »

 

    Nous sommes très touché par la gentillesse et de cette population à notre égard. Les enfants sont joyeux et les adultes ont le contact très facile malgré l’obstacle de la langue.  

  

 « Accueil chaleureux pour l’arrivée de l’équipe d’ANIMA à KOUBA dans les îles KARONE : danses, tam-tam et cacahouètes au programme »

  

 « Yves Menguy en conversation

avec les responsables de la maison de santé du village de BOUN »

 

 

 

 

« Je m’appelle Phylomène, je viens de finir mes études d’assistante infirmière qui ont été financées par l’association ANIMA, association qui mérite d’être encouragée et soutenue. Avec seulement 300 FCFA (0,40 €) on peut consulter  un médecin, un dentiste,  recevoir des médicaments et des soins infirmiers. Les sommes issues de cette mission sont laissées au village pour l’achat de médicaments, de matériel médical et le salaire du personnel de santé (agent de santé et matrone). De plus, ANIMA participe à la formation du personnel soignant local en  attribuant des bourses à des jeunes méritants qui envisagent de poursuivre des études supérieures en santé ».

                                                                                                                    
Phylomène DIASSY

 

 

 

« Mireille en consultation avec son interprète Emma »

 

     La plupart des patients et surtout les femmes ne parlant pas le français, il est indispensable de se faire aider par un interprète. En complément des soins que nous prodiguons, nous essayons de leur donner des conseils d’hygiène et de prévention. Nous rencontrons surtout des pathologies courantes liées au travail difficile des champs ou de la pêche ainsi que des maladies typiquement tropicales. Le paludisme semble avoir beaucoup régressé depuis l’usage systématique des moustiquaires.

 

. « Le cabinet dentaire improvisé d’Anne…

sous l’arbre aux oiseaux à BOUN »

 

    La dentiste réalise un travail important dans des conditions parfois difficiles mais toujours dans la bonne humeur et surtout sans douleurs pour le patient grâce aux anesthésiants. L’absence d’hygiène dentaire et la consommation intensive de bonbons et sucreries explique le nombre important de caries que l’on constate.

 « Ponton au camp de base du campement « Alouga » à NIOUMOUN »

 

    En Casamance le tourisme repose sur la richesse de la culture, des traditions et des ressources naturelles. Certes, sa réputation n’est pas des plus flatteuses à cause des troubles qui l’agitent. Il ne faut pas oublier que c’est la plus belle région du Sénégal avec ses paysages de végétation dense et luxuriante, ses terres fertiles, ses innombrables bolongs qui confèrent à ce vaste territoire une atmosphère unique.
 

     La fin de l'hivernage arrive, les pluies deviennent de plus en plus rares et la nature nous offre toujours ces touches de couleurs les plus chatoyantes.

 

    Nous vivons au quotidien parmi une faune très variée et peu farouche : oiseaux de proie, échassiers, pélicans, martins-pêcheurs sans oublier le grand dauphin qui nous accompagne dans nos transits. 

 

Toute l’équipe d’ANIMA vous dit : KASSOUMAYE,

en espérant que d’autres les rejoignent prochainement dans cette aventure humaine parmi ces villageois chaleureux et au milieu de leur nature vierge.

 

Dominique SAVAGNER, médecin,
équipière d’ARAKA NUI                                                                                            

(photos D.P)

 

Liens utiles :

www.anima.org

www.arakanui.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                              

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                              

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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RV 17/11/2009 15:31


La Casamance, terre d’abondance. Une image du passé. Qu’en sera-t-il dans quelques années, quand les dernières poches de forêts, les rizières auront disparu devant l’avancée de langue salée dans
les terroirs, la fuite des jeunes vers l’ouest du pays, la maladie de l’enfant et des vieilles personnes, l’abandon des villages par les plus valides, la déscolarisation des enfants et la peur de
tomber sur une mine dans les champs ?

Hier, un paradis perdu dans l’ombre des palmiers et des fromagers géants, les villages situés entre Vélingara, Kolda, Sédhiou, ne comptent encore que sur peu de choses pour survivre. Dans cette
ambiance dominée par la rigueur des conditions de vie, le recul des zones de richesses, seule la femme et quelques hommes sans illusions se battent. Du coup, la pauvreté gagne du terrain, et avec
elle, une certaine dépendance de l’aide ; et le tout, en attendant l’aide et l’appui de l’Etat… Où vont la Moyenne et la haute Casamance ? Plusieurs années après l’aménagement du barrage
d’irrigation de l’Anambé, Dabo, ni Vélingara, ni Kolda, encore moins Marandan, Mankono Ba, Soumboundou par ricochet, Diana Malari, localités vivantes d’hier souffrent depuis quelques années, de
l’absence de forces vives capables encore de remuer la terre pour « tuer » le désespoir.

Fatiguées de tant d’efforts pour nourrir leurs nombreuses familles ( 6 enfants en moyenne pour femme), les mères ne peuvent plus s’occuper de leur « Faro ». Elles se suffisent du minimum et louent
les terres à d’autres. Riches de ces paysans d’hier, la Moyenne et haute Casamance, ressemblent à une terre d’ennui où l’enfant, à cause de tous les problèmes évoqués plus haut, n’est plus nourri
comme avant. Les greniers se vident trop tôt, faute de bras disponibles pour les remplir. La conséquence que l’enfant survit et peine à grandir. Malade et usée par le soleil des rizières de la
quête de l’eau autour du puits du village et des forages, sa mère n’a plus suffisamment de forces pour le nourrir convenablement.

Les tâches de la maison l’attendent dans ce milieu où la polygamie est encore de mise dans de nombreuses familles. Sans gros moyens, la femme est livrée à la forêt pour faire face aux exigences
quotidiennes de la vie, du bois de cuisine, pour parler de ses corvées « éternelles » comme jadis leur mère ou leur grand-mère dans les fourrés à la merci des fauves. Et en cela, ni Sédhiou, ni
Kolda et encore moins les villages à Oudoucar, Dabo, Mampatim, n’ont encore rompu avec ces pratiques. L’outillage comme les semences améliorées qui permettent une bonne agriculture ou un bon
élevage sont d’un autre monde. La faute à l’Etat qui en supprimant ses structures d’encadrement et d’appui a laissé la brousse aux organisations et associations qui seules ne peuvent remuer la
terre avec leurs seuls bras amaigris.

Du côté du fleuve, la pêche connaît un net ralentissement avec la rareté des ressources. Le poisson essentiellement tilapia, carpes et machoirons se fait rare. En dehors de localités comme Bambali
d’où vient le gros du poisson frais et de taille normale, la population de Sédhiou et ses environs se contentent de petites prises et de ressources de taille minuscule difficile à consommer. Dire
qu’il y a trente ans seulement, tout le poisson vendu dans les marchés de la Haute Casamance, à Kolda surtout, venait de la vieille ville. Un signe de la baisse sensible de la biodiversité. Mais
aussi et encore, un signal qui annonce les effets des changements climatiques sur les milieux naturels et la vie des gens, avec l’avancée de la langue salée dans les surfaces d’eau douce.

SEDHIOU

Symbole du « mystère » casamançais

A côté du manque d’équipement et de la baisse des ressources du fleuve, la construction de certaines infrastructures comme les routes, reste un des principaux acquis entre Kolda et Sédhiou ; mais
le gros des transactions et des déplacements entre bourgs ruraux et les axes urbains principaux comme Sédhiou-Marsassoum, Sédhiou-Goudomp, jusqu’à Kolda-se font sur des routes entièrement détruites
par le manque d’entretien. Erigé en région, Sédhiou et son ancien département ne sont pas encore sortis du 19 ème siècle. Sur des pistes d’un autre siècle comme sur l’axe Goudomp-Sédhiou, qui
ressemble à un périple vers l’enfer se joue souvent la vie d’un pauvre enfant blessé, malade ou victime d’un accident.

Comment dans ces conditions transférer sur les hôpitaux de Ziguinchor et Kolda, des malades graves qui ne manquent, des femmes en urgence d’accouchement, des enfants dans le coma etc ? Face à la
volonté de l’Etat de sortir cette vaste région de la pauvreté et de l’oubli, les tares du passé ont du mal à disparaître. Et de Diana à Sédhiou, de Vélingara à Kolda, les populations se contentent
encore du minimum quoi qu’en disent les autorités locales et nationales. La période de la traite de l’arachide et des comptoirs de la Casamance est loin, mais à la vérité, vous content certains
témoins de l’époque, la vie valait mieux d’être vécue à cette époque où la Casamance disposait de projets de développement de son agriculture autour de l’arachide, du caoutchouc, du riz, de
l’anacardier etc. A vocation agricole, Sédhiou est entouré du fleuve de Casamance, et du bras de ce fleuve : le Soungrougrou.

C’est ainsi qu’au fil de ses méandres et de ses innombrables bolongs, de part et d’autre d’une végétation de cocotiers et de palétuviers, la région offre une mosaïque de paysages, allant de la
savane arbustive, jusqu’à des gigantesques forêts parsemées de caïlcédrats, d’eucalyptus, de tamariniers, d’immenses baobabs, mais aussi de fromagers. Capitale de la moyenne Casamance mérite bien
cette appellation en raison de sa position géographique , mais aussi parce que ce fut le siège de plusieurs tribus, ce qui a contribué amplement à une diversité culturelle, qui lui a donné naguère
le statut d’une force centrifuge de peuples venus d’horizons assez lointains.

Les premiers habitants sont venus de la Guinée-Bissau, les Balantes, les Mancagnes et les Manjacques. Les Sarakolés sont nombreux dans la ville et sont originaires de l’empire Mandingue de
Soundiata Keita, dès après la bataille de Kirina, qui représente l’épopée mandingue. Le Site de Sédhiou à vite attiré les Européens depuis le 17e siècle, les Portugais venaient y traiter des
esclaves. Le 24 mars 1837, le commandant particulier Dagorne négocie un traité avec le roi de Sédhiou, traité par lequel il cédait aux Français un terrain de 250 m de long sur 100 m de large le
long du fleuve pour l’établissement d’un comptoir commercial. C’est ainsi que l’arrêté du 1er juin 1907 a reconnu Sédhiou comme cercle. C’est une région dont le climat est de type Soudano-Guinéen,
chaud et humide, caractérisé par un régime de pluies relativement abondantes. Le réseau hydraulique est plutôt dense.

C’est une ville d’environ 21.000 habitants, cultivant principalement des rizières implantés dans les bas-fonds environnants. Une mission chinoise y a acclimaté il y a quelques années, des espèces à
cycle végétatif court avec deux récoltes par an. On y cultive aujourd’hui, la banane, de l’ananas, de l’arachide, du maïs, de la tomate. Près d’un siècle après, la région est plongée dans
l’anonymat, le sous-équipement et les marasmes en tout genre. Qui a parlé de paradoxes ? Centre du commerce colonial en Casamance, il fut le lieu de la pénétration dans cette région, par la
navigabilité de la Casamance et de son affluent le Soungrougrou. On peut d’ailleurs consulter à ce propos, le mémoire d’un de ses fils, Fossar Souané, « Les Mandingues de la Moyenne Casamance.
Organisation sociale et administrative de base et évolution politique de la création du poste de Sédhiou à la mise en place d’une administration coloniale locale (1837-1890), Dakar, Université de
Dakar, 1988.

Une région prospère coupée du


Les Do's 14/01/2010 00:54


Bien lu votre descriptif de la Casamùance selon votre approche.
Quelles solutions s'offrent aux villageois ancrés dans leurs traditions ?
A mon sens ce n'est sûrement pas le modèle dit des "pays développés" qui conviendra... et pour cause !! Il suffit d'observer la complète décopnfiture du système (agriculture,
économie,enseignement, recherches et j'en passe).
L'Afrique est vierge de tous les essais "d'ingérence du bon coeur" qu'elle a subie depuis 50 ans. Qu'elle chance pour elle, encore à ce jour, de pouvoir s'éveiller et de se prendre en charge
selon ses traditions et en aucun cas chercher à s'occidentaliser.
L'Afrique est malade d'avoir chercher à s'occidentaliser. Ses traditions lui ont permis de traverser des siècles.
Pourquoi l'évolution d'un peuple devrait absoluement passer par une vision matérielle de la vie. Pour d'autre que nous, le bonheur cela pourrait bien être diamétralement opposé de la
définition que nous en avons !! 



Présentation

  • : Araka Nui autour du monde
  • Araka Nui autour du monde
  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
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