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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 13:26

 

Mardi 13 octobre 2009 :

    Aujourd’hui c’est donc le jour J : la mission se déplace vers les îles Bliss à 25 Kms à vol d’oiseaux dans le nord de la Casamance et de Nioumoun.

    Très peu de bateaux de plaisance se sont risqués dans ces bolons très éloignés du fleuve Casamance.

    Au dire des villageois Araka Nui est le premier gros catamaran qu’ils voient à leurs portes.

    Nous décidons avec Hyacinthe de partir le plus tôt possible.

    La route sera longue : nous évaluons à 6 heures le transit dans ce labyrinthe de méandres jusqu’à Boun.

 

  « Baobabs, rôniers et tumulus de coquillages en bordure de bolon »

 

    Les visites médicales à la maison de santé de Nioumoun ont été effectuées durant les 3 journées précédentes avec une chaleur insupportable du fait de l’humidité ambiante. Le temps était aux orages. Les villageois ne risquent pas de s’en plaindre : la réussite de leur récolte de riz dépend complètement de la quantité d’eau qui tombera pendant cette période importante de floraison des épis. Déjà des doutes sont émis sur la quantité de la récolte, qui sera insuffisante, mais tout est encore possible en matière de temps et la quantité de grains en dépend.

 

  « Rizières entre les 4 quartiers de Nioumoun »

 

    Par contre les orages sont plutôt des tornades à ces périodes de l’année. C’est généralement en Haute Casamance que les dépressions prennent naissance.

    Certaines d’entre elles s’amplifieront en traversant l’Atlantique pour finir en cyclones ravageurs sur les Caraïbes. Ici, elles n’ont pas encore pris la force des tornades que nous avons rencontrées à Dakar. Mais là aussi tout est possible, les vents sous orage atteignent facilement les 30 à 40 nœuds. Cela peut mettre facilement le bateau en péril dans les bolons étroits aux fonds vaseux dans la mesure où le mouillage a  été mal pensé.

 

    Et puis n’oublions pas que notre production d’eau est dépendante du bon vouloir des « larmes du bon Dieu » qui nous viennent de ces orages. D’ailleurs, je n’hésite pas à me lever la nuit et sous la pluie pour disposer mon installation (le taud 3 fonctions de Dakar) en relâchant la drisse principale pour passer en mode « entonnoir ».

    Jusqu’à présent notre système de récupération d’eau pluviale nous donne entière satisfaction, traduisez : nous n’avons pas encore eu besoin de « bidonner ». Etant entendu que nous achetons de l’eau minérale pour la boisson. Cette eau minérale est placée dans un réservoir de 60 litres qui distribue l’eau par gravité par un petit robinet, le tuyau du circuit passe à l’intérieur du frigo et nous disposons ainsi d’eau  froide à la demande : c’est royal !

    Nous possédons également un second réservoir de 60 litres qui distribue de l’eau par gravité à un autre petit robinet. Nous le remplissons à travers un filtre céramique KATADYN. Cette eau de récupération (pluie ou puits) est utilisée pour la cuisine, nous y ajoutons ¼ de comprimé de Javel ou du Micropur par précaution.

    Ainsi les 2 X 250 litres des réservoirs d’eau structurels sont réservés au lavage corporel et au rinçage de la vaisselle. Nous y ajoutons un traitement d’eau anti bactériens sans cuivre et sans argent spécial pour les réservoirs en aluminium.

    Les réservoirs structurels en alu brut sont une grave erreur de conception de la part du chantier dans la mesure où ils n'étaient pas traités époxy alimentaire. Au bout de 6 mois, la corrosion galvanique a commencé à attaquer les fonds  provoquant des traces d’alumine qui bouchaient filtres et pompe (il faut dire que le chantier avait installé un tuyau plongeur… en cuivre). Depuis j’ai remplacé le cuivre par du plastique et réalisé, non sans mal, une peinture époxy dans les règles de l’art avec dérochage, primaire et peinture spéciale alimentaire.

    Pour l’instant l’opération a été une réussite. 

 

    Nous n’avons toujours pas de moyens fiables de détecter la profondeur sous les coques : notre sondeur Furuno et notre sonar Twinscope sont hors service, nous sommes aveugles pour évoluer dans les bolons.

    En effet, la turbidité de l’eau interdit toute visibilité au-delà de 10 cm…

    Plutôt que de tenter le « pif à tâtons », nous optons pour un guidage par la pirogue de Hyacinthe. Je lui remets notre VHF portable et ainsi il me prévient dans les endroits délicats où le passage doit se faire au mètre près. Pour le reste nous le suivons  comme le chien fidèle suit son maître.

 

 C « Hyacinthe avec sa pirogue nous guide

à travers les méandres des bolons peu profonds »

 

    Toute l’équipe d’ANIMA est à bord et profite de ce trajet « paquebot » avec service au bar et transat. Ce qui les change un peu de leurs habitudes des longs transits en pirogue sous le soleil et sans pouvoir bouger.

  

C « Laissez 3 femmes seules… et ça papote »

 

    Les paysages défilent. Sous nos yeux, nous découvrons en alternance : mangroves, baobabs, rizières, palmiers, cocotiers. Même un varan que Hyacinthe nous  signale mais que personne ne voit…

 

    J’apprécie un côté magique de notre informatique embarquée (qui re-fonctionne depuis La Gomera) : nous enregistrons la trace de notre parcours au mètre près qui se trouve « hors zone », c'est-à-dire que nous naviguons « sur la terre ferme » pour la carte électronique dont nous disposons.

    Peu importe, ne soyons pas plus royaliste que le roi, cette trace enregistrée vaut de l’or : je pourrais revenir sur mes pas - sans guide - mais surtout avec ceux de nos amis qui voudront nous rejoindre dans ce Paradis vierge pour de véritables aventures.

 

    En ce jour, le coefficient de marée est faible, il nous donne un marnage d’un mètre seulement. Ici, la prédiction précise des flux de marée est assez aléatoire, en effet nous ne disposons que des horaires de marée à Diogué, à l’embouchure de la Casamance. Ainsi, il nous reste à calculer le flux par une « extrapolation aléatoire » au fur et à mesure que nous nous éloignons de l’embouchure dans les méandres des bolons à l’intérieur des terres. Le décalage par rapport à la marée à Diogué peut atteindre jusqu’à 5H30 par gros coefficient. Autant dire qu’il n’est pas simple de savoir à l’avance où l’on se trouvera à un moment précis, à une heure donnée, pour assurer un passage délicat sur des hauts fonds. Parfois nous nous appuyons sur le facteur « pifomètre + pied de pilote + sondeurs foireux »…

   La théorie de la navigation en « terre inconnue » et en eaux resserrées serait d’arrêter la progression au moins une heure ou deux avant l’heure de pleine mer observée. Mais théorie et aventure ne vont pas ensembles. Nous fonçons « machines sur le pont » derrière notre guide en lui vouant une confiance absolue.

    Au passage du débarcadère de Hitou, notre guide Hyacinthe avait prévenu : « ça va être chaud » !

    Effectivement au lieu dit, Araka Nui ralenti brusquement, un nuage boueux dans le sillage m’en dit long…les dérives touchent. De deux chose l’une : le haut fond de vase n’est pas trop long et ne remonte pas, dans ce cas notre vitesse et la puissance de poussée nous ferons surfer sur la vase, dans le cas contraire Araka Nui plantera dans le sable dur et ainsi posé « au sec » attendra la prochaine marée de coefficient supérieur si un dégagement aux moteurs s’avère inefficace.

   Nos deux sondeurs marquent : ---, traduisez : « nous on fait grève, débrouille toi » !

Pas le temps de sonder à la main. Notre vaisseau est aveugle, et nous désemparé.

Et vogue la galère !

Une dizaine de mètres dans cette position « en serrant les fesses » et tout rentre dans l’ordre. Araka Nui a glissé sur le haut fond !

    Coup de chance pour cette fois, le fond était de vase ; avec du sable nous y serions encore…En effet, nous avons passés cet endroit stratégique pile…à l’étale de marée haute. Cela s’appelle un passage en force !

    Le reste du parcours sera sans encombre, nous retrouvons la très large rivière Bliss et bientôt le petit village de Boun pas loin de l’Océan. Ce village est installé près de la rive.

    Sur la rive bordée d’un fromager majestueux, d’un baobab et d’une frange de cocotiers nous apercevons les premières cases et les villageois qui observent l’opération de mouillage de cette grosse pirogue blanche bizarre.

      

 « Araka Nui au mouillage devant le village de BOUN, îles BLISS »

 

           Notre transit aura duré 4H30, soit près de 2H00 de moins que prévu selon l’évaluation  de Hyacinthe. Ce dernier avait sous estimé la puissance de nos Volvo et Cie et de nos hélices malgré un courant contraire sur une grande partie du parcours.

         Pendant le transit nous avons embauché notre équipage pour « la corvée de patates » pour accommoder 2 poulets qui commençent à faisander copieux. Les épices et autres condiments font passer la chose en beauté !

    Je m’étais proposé comme cuistot et déjà je commence à déchanter. Comment gérer la conservation des produits frais qui périssent à vue d’œil ? Notre frigo est encore plein de nos sauces et bizarreries canariennes ainsi que des bouteilles de bissap et autres gingembre confectionnés en grande quantité à Ziguinchor…donc pas trop de place disponible pour les légumes.  

    Les légumes en grandes quantités disposés sur nos clayettes bien aérées se périment très vite. J’en viens à me demander comment je vais assurer l’approvisionnement de 16 personnes affamées tous les soirs. Je sais que dans tous les villages que nous visiterons aucun approvisionnement en produit frais n’est possible, sauf le pain… C’est maigre. Très vite nous serons obligés d’envoyer Séraphin pour toute une journée à Kafountine ( à 20 Kms plus au nord) avec la pirogue-taxi pour nous rapporter un peu de fruits et légumes. Il faut préciser qu’une grosse commande qui devait nous être livrée par la pirogue-taxi de Ziguinchor, juste avant notre départ de Nioumoun, a du être reportée…faute d’essence à Zighinchor : rupture de stock en attendant la livraison de Dakar ! Si bien que cette commande est arrivée 3 jours après notre départ de Nioumoun… Hormis les produits secs que nous récupérerons en final, tous les fruits et légumes seront perdus corps et âmes dans la nature en disant adieu entre autres aux dernières mangues de la saison, aux pamplemousses roses et bananes pour toute la fin du séjour.

C’est ça l’Afrique.

     Quoi qu’il en soit nous ne sommes pas encore morts de faim : l’équipe d’ANIMA est rodée en terme de boîtes de conserve…Et puis tous les midis ce sont les villageois qui nous offrent le déjeuner sur place.

Aux menus : riz – poisson ou poisson - riz. Mais toujours excellent.

 

Mercredi 14 octobre 2009 :

    Pendant le séjour à Boun les repas seront pris dans la maison du directeur de l’école qui prête régulièrement sa case à ANIMA. Pour cette fois notre hôte sera absent : il est parti 4 jours à Diouloulou chercher … sa paye !

Pendant ce temps les enfants sont libres comme l’air.

C’est ça l’Afrique.

 

 

« Préparation de notre déjeuner
offert par les villageois à BOUN »

 

    Bien que les menus soient systématiquement identiques, il faut avouer que certains sont bien meilleurs que d’autres, serait-ce le savoir faire, la qualité du poisson, les épices, nous ne le saurons jamais ! Toujours est-il, le plat unique est toujours englouti sans remuer les oreilles par toute l’équipe affamée.

    

 « Déjeuner dans la maison du directeur d’école,

au menu : riz-poisson »

 

       Mangez, mangez braves gens, c’est toujours cela de pris pour le soir !

 

    Dès la fin des visites médicales, chacun rejoint ses appartements pour une bonne douche bien méritée. Certains logent au campement villageois de Moïse, d’autres sont sous la tente et les « pistonnés » dorment à bord d’Araka Nui. Quand tout ce petit monde sera un peu remis de sa dure journée de travail, nous réunissons les 16 membres de l'équipe dans le cockpit d’Araka Nui sous une moustiquaire pour l’apéro et le dîner.

    Mais à bord d’Araka Nui, avant le dîner, il y a la séance : « bain de mer ». Traduisez : lavage corporel de l’équipage, toujours très attendu par Teiva.

 

 « Bain et lavage de l’équipage

en drapeau dans le courant du bolon »

   

    Le courant est toujours présent dans tous les bolons de Casamance. Il est présent jusqu’à plus de 100 kms de l’Océan vers l’intérieur des terres. C’est dire que par gros coefficient le marnage atteint plus d’1,50m ce qui développe des courants pouvant atteindre 2,5 nœuds. Dans ces conditions les baignades le long du bord se font toujours en drapeau le long d’un bout et d’une bouée.

    Teiva se fait un malin plaisir à lâcher le bout. Je le surveille comme le lait sur le feu. Quand il y a un semblant d’étale, il veut grimper sur la chaîne pour sauter de plus haut. Il aime aussi attraper les petits gobies marcheurs (ceux qui respirent et marchent à l’air libre dans les mangroves) et qui affectionnent les algues de la ligne de flottaison d’Araka Nui ! Teiva est assez rapide et feinteur pour en attraper. C’est toujours la même histoire, que ce soit une fourmi ou un gobie, quand il s’agit de ne pas le laisser « esquicher » ces pauvres bêtes, il a droit à la même rengaine de ma part. D’un autre côté je ne peux pas non plus le couper du monde vivant en lui interdisant toute découverte. Pas facile l’apprentissage du respect de la Nature aux petits prédateurs nés ! Mais soyons honnête, notre Teiva a bien mieux compris que moi à son âge, que chaque être vivant aussi petit soit-il ne doit pas être mal mené ou tué si ce n’est exclusivement s’il doit être mangé. Il en est de même pour toutes les plantes.

    Mais l’instinct destructeur revient au galop, d’où notre combat incessant sur les faits et gestes de notre rejeton continuellement en contact avec la Nature.

 

    L’élaboration du dîner ayant était assurée durant la journée, il reste à faire quelques norias avec notre annexe « P’tit Coco » pour récupérer les convives à terre. En effet seuls 3 membres de l’équipe dorment à bord dont Yves Menguy. Ce dernier qui est très matinal, en profite pour réaliser ses comptes rendus sur ordinateur.

 

 « Transbordement en surcharge, ici point de contrôles »

 

    C’est fou comme notre petit moteur électrique silencieux peut faire des prouesses dans le courant avec  8 personnes… (la charge utile étant prévue pour 4) et pas de place pour les brassières !

    Le transbordement de nuit pour renvoyer tout ce petit monde dans ses pénates se fait plus sérieusement en respectant la charge de notre annexe.

    Demain une nouvelle journée de visites se présente et il convient de nous coucher tôt. D’ailleurs la fatigue aidant, personne ne demande son reste aussitôt  le dessert englouti: 2 gâteaux au yaourt avec salade de fruits.

  

 « Inscription et paiement pour la visite médicale

dans la salle d’attente à l’ombre de l’arbre aux oiseaux »

 

    La journée s’annonce encore chaude et déjà beaucoup de villageois se présentent pour les visites. Les 3 médecins généralistes Yves, Mireille et ma Do, les 2 infirmières Sophie et Catherine, Philippe l’infirmier, Anne la dentiste, son assistant sénégalais Bernardin et Agnès la pharmacienne sont juste assez pour faire face à la demande.

    Il y a un coup de bourre.

    Quel que soient la qualité des locaux des maisons de santé, pour moi le top du top sera sans conteste le cabinet dentaire improvisé de BOUN sous l’arbre aux oiseaux.

  

 « Bernardin extraie une dent dans le cabinet dentaire improvisé
sous l’arbre aux oiseaux à BOUN »

 

    Les médecins fournissent une ordonnance au patient pour  la délivrance gratuite des médicaments auprès d'Agnès. Il s’agit d’une prestation supplémentaire offerte par cette association aux villageois. Normalement l’argent récolté devait permettre de constituer un stock dans chaque case de santé puis la revente de ces médicaments assurant le renouvellement. L’idée était excellente. Malheureusement après une dizaine d’années de missions régulières ce vœux pieux n’aura vu le jour nulle part…

 

  « Agnès, la pharmacienne réimplante sa pharmacie provisoire
dans chaque village visité »

 

    Ma Do s’est remise au boulot depuis le début de la mission. Elle m’a avoué prendre beaucoup de plaisir à consulter ses patients aux pathologies diverses.      Dans la majorité des cas elle est accompagnée de Phylomène qui lui fait office d’interprète.

  

C « Docteur Do en consultation ici avec un chef de village »

 
Jeudi 15 et vendredi 16 octobre 2009 :

    Pendant 2 jours, toute l’équipe part chaque matin en pirogue pour le village  de SALOULOU et retour avant la nuit. Je reste au mouillage  à BOUN avec Teiva . En effet, l’accès au village de Saloulou depuis son débarcadère se fait en ½ heure de marche dans le sable mou et sous le soleil brûlant : pas question d’y emmener notre mousse. Nous irons donc explorer le village de BOUN et nous fondre avec sa population chaleureuse.

 

    Teiva attire tous les enfants : ils veulent le toucher et jouer avec lui. Ils sont prêts à subir tous ses caprices et Teiva ne s’en prive pas ! Les minettes sont en admiration devant lui. Une d’entre elle, plus fine et entreprenante, très vite  s’accapare mon sauvage de fils, le protège, lui offre la possibilité d’être le centre d’intérêts du groupe. Tout ce qu’il faut pour lui plaire.  

 

    Les enfants sont très gais et joueurs. Ils ne possèdent aucun jouet, ballon ou corde mais les rires sont présents.

  

 « Jeux d’enfants à BOUN :
tire à la corde sans corde »

 

 

    A l’ombre d’un immense acacia, nous jouons avec les enfants qui apprennent à Teiva un jeu qui consiste à cacher une petite graine rouge subrepticement dans les trous de sable formés en roue par un petit claquement des doigts. Il s’agit de trouver la graine. Teiva essaie. Pour lui l’enfant n’a fait que 3 trous. Teiva trouvera du premier coup par chance, ce qui produira l’hilarité générale. Puis on lui demande de cacher la graine, mais là aussi hilarité générale, car il recouvre la graine de sable au vu de tous.

 

    Sa nouvelle fiancée n’a d’yeux que pour lui. Elle est aux petits soins. Elle a compris que pour plaire à Teiva il faut aller dans son sens et en particulier s’intéresser au livre de chevaliers qu’il transporte. Elle a tout compris, d’ailleurs il propose de l’amener à bord. Je m’exécute.

 

    Cette fillette qui doit avoir une dizaine d’années et surtout bien délurée… Après un bref coup d’œil sur l’imposante collection de playmobils qui ne l’impressionne pas du tout, ils visionnent une vidéo. Avant l’issue du film elle entraîne « mon bébé » sur le trampoline à l’avant.  Ils étaient mignons tous les deux dans le kayak dégonflé !

  

 « Mélina la jolie fiancée de Teiva à BOUN,

quand ils regardent sagement un film »

 

Samedi 17 octobre 2009 :

    L’équipe médicale entame son dernier jour de consultation à BOUN.

Mais aujourd’hui Yves Menguy a envoyé notre pirogue aller chercher les patients du village de KAILO pour qu’ils soient auscultés à BOUN. Vu la quantité de cantines nécessaires qu'il faut transporter pour mener à bien ces visites il est préférable de déplacer les patients gracieusement avec la pirogue d’ANIMA plutôt que d’assurer de véritables déménagement à dos d’hommes dans des conditions toujours difficiles.

    Avec Teiva, nous en profitons pour visiter BOUN plus profondément le matin à la fraîche.

 

  « La case cuisine à l’écart de l’habitation »

 

    Toutes les habitations ne possèdent pas de case cuisine, les plus pauvres font la cuisine dehors et sans abris. Le bois de chauffage employé est le palétuvier.

    Actuellement, il semble que la densité de population ne remette pas en cause le maintient de la mangrove. Mais nous avons relevé des affiches très pédagogiques  apposées sur des arbres expliquant la méthodologie pour réussir une replantation de mangrove.

 

  « Simplicité d’une cuisine aménagée »

 

    L’eau demeure toujours le problème majeur en Casamance. Les différents puits fournissent très souvent une eau saumâtre. La couche phréatique d’eau de pluie « flotte » sur l’eau de mer présente à moins de 2 mètres sous la surface du sol.

    Cette eau peut même être polluée par des latrines trop proches. Des efforts ont été faits de ce côté grâce à l’intervention de multiples ONG conseillères.

    La solution actuelle est la construction d’impluviums. Des forages spéciaux jusqu’à 100 mètres de profondeur dans la nappe phréatique pourraient fournir de gros volume, mais leurs coûts sont prohibitifs (40 000 €).

    Une ONG a financé des impluviums dans les villages qui sont dans le besoin. A BOUN, un impluvium est bien en construction depuis … un an, et l’inauguration n’est pas encore pour prévue ! En attendant les villageois vont tirer l’eau saumâtre aux puits artésien du quartier.

  

 « Le puisage de l’eau au centre du village »

 

    Teiva a un comportement bizarre avec les enfants noirs. S’ils sont trop nombreux ou s’ils sont un peu trop entreprenants en cherchant à le toucher, il se bloque, s’accroche à mon short et se la joue « gros timide ».

    Par contre, à travers le jeu avec un ou deux, généralement plus grands que lui tout se passe bien… même si tout le quartier rapplique après un moment d’acclimatation.

    Mais chaque matin, c’est le même cinéma qui recommence. On repart à zéro : il me la rejoue timide et s’accroche à mon short.

Il est dur à cuire mon fils ! Il faut dire que sans sa mère je n’ai aucune chance de lui faire entendre raison et actuellement sa mère est toute la journée au boulot…

    Qui aurait une solution pour le pauvre père que je suis ? 

 

 « Souriez Gibbs »

 

    Dans le village de BOUN mon fils commence à prendre ses marques. Il se civilise. Une bonne partie des gosses du quartier sont là à suivre les instructions de Teiva au doigt et à l’œil. Il jubile le sale gosse ! Il adore être le centre du monde.

C’est un Verseau.

 

    La matinée de consultations est finie, Do se libère. Nous parcourons un nouveau quartier où se trouvent l’école et l’église côte à côte.

  

 « Une maman qui accompagne son fils…

 à l’école à gauche ou à l’église à droite ? »

 

    Bien que l’heure de la rentrée ait sonné, l’école est encore pleine de sacs de maïs offerts par une ONG de passage, plus de place pour les écoliers.

La distribution aux villageois doit se faire nous a-t-on dit. Mais quand ?

C’est ça l’Afrique.

    Nous rencontrons deux enfants qui mènent leur chèvre au champ en passant par la place du village. Un flotteur de mine a été installé en guirlande à une époque reculée sur l’arbre à palabres. Aujourd’hui la chaîne est prise dans le tronc, ligotant ainsi ce trophée à jamais à l’histoire du village.

  

 « Deux enfants mènent leur chèvre au champ »

 

    Cet après midi, le chef Menguy nous fait un cadeau : tout le monde a bien bossé, le travail est fini, les réunions de synthèses sont faites : la pirogue amènera à l’Océan les volontaires à la baignade. Toute l’équipe est OK.

    Les bancs de sable interdisent à Araka Nui d’accéder à l’embouchure de cette large rivière, aussi nous empruntons la pirogue pour se faire. Elle-même aura des difficultés à trouver son chemin. Je garde en mémoire le chenal d’accès jusqu’au débarcadère de la lagune. En effet, nous reviendrons pour emmener cet hiver, dans ce coin de Paradis des oiseaux, nos amis qui viendront nous rendre visite en Casamance.

    En 5 minutes, nous traversons à pied cette bande de terre et là c’est le bain dans l’Océan qui vaut son pesant d’or.

    L’endroit est magique.

    Des vagues. Oui des vagues. Est-ce possible ?

    Une plage immense de sable blanc.

Teiva court, il est aux anges. Il en a même oublié qu’il avait peur des vagues.

Pour la première fois il s’éclate dans les vagues, c’est grandiose. Je le tiens avec assurance, il n’a pas de bouées. Dans un surf dans une vague, pour ne pas lui faire boire la tasse, j’en perds mes lunettes de soleil.

    Vu le ressac et la turbidité de l’eau tout le monde parie pour une perte définitive.

Et bien non. Du bout des pieds je retrouve mes REVO après 10 minutes de recherche par corroyage en eaux resserrées (les pros comprendront …).

 

    Demain dimanche, nous lèverons le camp, nous transiterons vers les îles KARONE et le village de KOUBA.

 

 (à suivre)

 

Tout l’équipage vous dit : KASSOUMAYE,

 

Dominique PRACHERSTORFER, skipper d'Araka Nui                                      

 

Liens utiles :

www.anima.org

www.arakanui.com

 

 

 

N.B : Tous les titres de photos précédés d’un « C » proviennent de la collection photographique  de Catherine, infirmière de l’équipe ANIMA.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Présentation

  • : Araka Nui autour du monde
  • Araka Nui autour du monde
  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
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