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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 19:47
 

Suite de la mission médicale en Casamance dans les îles BLISS et KARONE, vue par le skipper : Dominique.

 

Dimanche 18 octobre 2009 :

    Toutes les cantines médicales, tentes, matelas, bagages, les 300 litres d’eau de pluie de Nioumoun, l’eau minérale et j’en passe, sont embarqués sur la pirogue d’Alouga par l’équipe de Hyacinthe : Bernardin et Séraphin.

    Le chargement commence le matin à la fraîche, car il s’agit de porter ces tonnes de matériels à dos d’homme à travers le village et généralement dans le sable mou.

    Après réunion au sommet la veille,  l’heure d’appareillage d’Araka Nui avec son chargement de « touristes » du moment est programmée pour 8H00.

    Nous reprendrons la route inverse durant la première heure de parcours puis un labyrinthe de nouveaux bolons nous attend. Ce sera l’occasion de tester la trace de notre navigateur Maxsea : normalement un jeu d’enfant pour reconduire la même route au ½ mètre près.

    Tout l’art est d’avoir un bon barreur en phase avec le skipper qui donne les consignes de route à suivre en scrutant simultanément l’écran et le bolon.

    Aujourd’hui, le docteur Yves Menguy a voulu se faire plaisirs en souvenir de ses anciennes navigations et prend la barre.

 

N°27-1C Docteur Yves MENGUY 

 « Le docteur Yves Menguy dans un exercice

dont il n’est plus coutumier depuis longtemps » C

 

    Non Yves n’est pas à la barre d’un ketch dans un fjord de Norvège, nous sommes bien dans un bolon des îles Karone au Sénégal, mais sous une pluie battante.

    Pour nous, cette pluie, c’est le bonheur. Nous en profitons pour remplir nos réservoirs de cette eau tant attendue. Problème, il n’est pas question de placer le taud en position entonnoir, ce qui cacherait la vue du barreur : nous sommes en navigation dans un bolon inconnu. Alors je récupère dans un seau cette précieuse eau là où je peux, pour la reverser ensuite par le nable du réservoir. La pluie s’intensifie et je redouble mes norias. Ma Do vient me donner main forte sur bâbord. Nous enfilons un Kway pour nous protéger du froid, puis parions pour le premier qui rempliera son réservoir.

 

N°27-2C Norias pour remplissage des réservoirs 

" L’équipage d’Araka Nui récupère le maximum

d’eau de pluie durant un orage " C

 

    Nos « touristes » prennent des photos, mais aucun ne se propose à compléter la noria. Il faut dire que nos citadins européens n’ont pas acquis la notion de l’eau  rare et chère. Ils pensent peut être qu’on s’amuse !

    Nous remplissons nos réservoirs à blocs, mais avec une main d’œuvre supplémentaire nous aurions pu remplir nos bidons vides…

    Pendant ce temps Yves doit avoir froid, il ne se plaint pas, nous lui offrons une veste de quart qu’il ne refuse pas.

    Personne ne pense à nos amis piroguiers qui eux aussi subissent 30 minutes de pluie battante. Mais quelle est ma surprise à l’arrivée de constater qu’une passagère supplémentaire est dans la pirogue : une jeune femme et son bébé ont profité de l’occasion pour rejoindre KOUBA où nous allons.

    Je m’en veux et suis même honteux vis-à-vis d’eux, mais ils rigolent et ne semblent ne pas avoir été gênés par cette grosse pluie. La jeune femme s’étant abritée avec son bébé sous un morceau de plastique.

N°27-3C Pirogue sous la pluie

 « Notre piroguier Hyacinthe et son équipage

 subissent la demie heure de pluie sans broncher »

 

    La pluie cesse quand même et le soleil revient très vite.

    A un embranchement de bolons mon ami Hyacinthe me signale que c’est le terminus pour Araka Nui, « tu peux mouiller là au milieu, il reste encore vingt minutes de pirogue pour arriver au débarcadère de KOUBA », me dit il à la VHF.

 

    L’accueil des villageois à KOUBA pour l’équipe d’ANIMA est toujours extraordinaire. Hyacinthe aura tenu à ce que le timing de notre arrivée soit respecté, car il avait pris soin de prévenir les villageois : arrivée d’ANIMA à 15H00. Le respect des coutumes s’impose.  En attendant nous passons à table. Le menu est connu de toute l’équipe puisqu’elle a participé au pressage des citrons vert : poisson cru à la tahitienne avec nos daurades coryphène péchées en arrivant sur le Sénégal. Du poisson cru de maï-maï j’avoue que j’attendais cela depuis mon départ de Tahiti en 1974…

Le plat était divin. Tout y était et dans les règles de l’art, bravo ma Do tu es prête pour  la Polynésie !

    Seules nos amies sénégalaises qui nous accompagnent depuis le début, Emma et Phylomène n’apprécient pas trop l’idée du poisson cru ! Les goûts et les couleurs ça ne se discute pas. Ici le poisson c’est cuit, voire épicé !

 

    Un petit café, quelques histoires et hop il est temps d’embarquer dans la pirogue. Destination KOUBA, pour ne pas faire attendre nos hôtes.

    Nous abandonnons Araka Nui au milieu de nulle part.

   

     Nous nous faufilons dans la mangrove très étroite, par moment on pourrait toucher les branches des 2 rives en écartant les bras. Un coup serrer à gauche, un coup serrer à droite, prendre le bolon de gauche puis celui de droite…

    Ne souriez pas, ce n’est pas drôle, car le retour je devrai le refaire avant la nuit juste après la fête d’accueil. Actuellement notre annexe nous suit amarrée derrière la pirogue.

    Pour le retour nous serons nous trois, seuls et sans guide ! Ce n’est pas gagné. Ma Do de son côté a essayé aussi de mémoriser ce labyrinthe sans repère : mangrove, mangrove, mangrove. Nous verrons bien. Le problème c’est que nous n’aurons pas le droit à l’erreur, il ne s’agira pas de se perdre ou tomber en panne de nuit avec les moustiques et l’absence de lune dans cet endroit fort sympathique de jour avec un guide mais qui doit vite se transformer en enfer pour 2 toubabs et un enfant dans la nuit...

    Prévoyant quand même j’aurai prévu sur mon P’tit coco lampes à leds, le moteur électrique, le Tohatsu 6 CV, les rames et les téléphones portables…

Indiana Jones c’est bien… mais au cinéma.

 

    Un grand nombre d’enfants nous attendent au débarcadère.

    Nous découvrons le « poto-poto », cette vase noire qui enfonce jusqu’aux chevilles et reste collée à la peau quand vous n’avez pas la chance de débarquer à marée haute sur la rive de sable !

 

 n°27-4 Accueuil KOUBA

 « L’accueil chaleureux des enfants au débarcadère de KOUBA »

 

    Nous sommes guidés par les enfants vers le village en zigzaguant à travers les rizières. C’est l’occasion de tremper nos pieds dans cette eau douce bouillante pour les rincer du poto-poto noir et collant.

 

    En quelques minutes nous atteignons une clôture en rônier et pénétrons dans un véritable parc ombragé couvert d’herbes vertes. On nous dira plus tard que cette couleur verte se transformera vite en herbe sèche dès la fin de l’hivernage

(la saison des pluies).

    Deux immenses fromagers sont à l’accueil puis dans une sorte de clairière vallonnée nous passons de l’ombre d’un manguier à une autre. De nombreuses espèces d’arbres sont présentes.

    Au loin, on distingue les premières cases couvertes de tôles ondulées ou de foins. Ce village nous paraît immédiatement plus cosy que les précédents. Les murs des maisons sont crépis, les ruelles sont balayées, aucune poubelle ou plastiques ne traînent et bien sûr les villageois que nous croisons sont souriants.  

    Nous sommes attendus sur une des places du village.

    Pas la plus à l’ombre apparemment !

    Les officiels médecins s’installent aux places d’honneur et très vite les danses commencent. Aujourd’hui, il n’y a que des femmes qui dansent. Les seuls hommes présents sont les 4 joueurs de tams tams. Il s’agit d’une danse très physique dont le rythme endiablé est accéléré par le martèlement de bouts de bois tenus dans les mains. Les danseuses se produisent en 3 groupes distincts : les anciennes à droite, les quadragénaires au milieu et les minettes à gauche. Parfois l’une d’entre elle sort du rang, s’avance pour pratiquer son solo toujours accompagné du fameux martellement de bouts de bois de toutes les autres danseuses.    

 

 N--27-5-Accueuil-KOUBA.JPG

  « Tous les ustensiles de cuisine sont bons
pour accompagner les danseuses »

 

    Bien sûr toutes les danseuses s’accompagnent de chants. Les rengaines semblent très répétitives mais il paraît que les danses diffèrent. Pour moi c’est toujours le même pas. Je m’y suis d’ailleurs essayé quand j’y ai été invité comme chacun d’entre nous à tour de rôle. C’est un tamouré où les jambes sont plus actives que les hanches. Bref j’étais ridicule comme tous les membres de l’équipe et même ma Do qui aime la danse n’aura pas fait très bonne figure.

 

N°27-6 Accueuil KOUBA 

« Danses, tams tams et cacaouettes sont au programme
 de l’accueil des villageois de KOUBA »

 

    Notre Teiva finit par s’endormir dans les bras de sa mère après beaucoup d’émotion et de peur face à tout ce bruit et ce monde. 

n°27-7 Accueuil KOUBA

 "Notre fils Teiva sert de couverture à sa mère

qui dégouline de transpiration "

 

    Les femmes habillées en rouge ne sont pas du village. Il s’agit de femmes qui ne peuvent pas avoir d’enfant. Elles sont ainsi envoyées dans un autre village, portent des signes extérieurs indiquant leur état : un collier blanc et une jupe courte, du moins pendant les 4 premières années. De plus elles ont une fonction de maître de danse.

    A la fin de la manifestation je suis allé les saluer personnellement tant elles s’étaient données à fond à la limite de la transe.

 

 

n°27-8 Accueuil KOUBA.

  « Deux femmes étrangères au village font office de maîtres de danse »

 

    Lorsque les danses cessèrent après une bonne heure de sudation toute l’équipe se dirige vers ces appartements. A Kouba, il n’y a point de campement villageois, pour accueillir les gens de passage. Donc ce sera lit de fortune dans la case de santé pour les pistonnés et tentes pour les autres. Seul l’équipage d’Araka Nui retrouvera son appartement douillé toujours à 20 minutes d’annexe du village.

    Nous nous saluons et prenons la route du retour jusqu’au bateau abandonné.

    Contrairement aux craintes de ma Do le retour avec notre P’tit coco s’est effectué sans encombre majeure. Bof nous avons bien soulevé le fond de vase une dizaine de fois avec l’hélice de notre arbre court. Pas grave la vase ça enlève juste la peinture de l’hélice…

    Nous retrouvons notre « at home » perdu au milieu de nulle part avec grands plaisirs.

    Un petit dîner aux chandelles sous notre moustiquaire de cockpit avec le chant des oiseaux de la mangrove pour musique en accompagnement d’un coucher de soleil rougeoyant. Royal.

    C’est ça l’Afrique.

     La nuit arrive très vite le chant des oiseaux diffère mais ne cesse pas. Les grillons prennent la relève et tout l’équipage baille aux corneilles, nous ne trainerons donc pas dans cet amphithéâtre musical. Dommage.

Nous remettrons une couche demain, pas de problème.

    

    Dans la nuit, ma Do qui a toujours l’oreille plus affûtée se lève puis revient me  chercher : « réveille toi nous sommes dans la mangrove ». Dans la seconde qui suit je suis sur le pont et dans l’instant qui suit le vent se met à souffler en tornade.

    Encore une bonne nuit en perspective.

     Sur le pont à poil, force est de constater que non seulement ma Do ne m’a pas fait un poisson d’avril mais en plus le vent devient menaçant  pour ne pas arranger les choses dans la sale position où nous nous trouvons.

    Effectivement Araka Nui a le nez dans les palétuviers. Pourtant nous étions mouillés dans un bras très large et mes 30 mètres de chaînes pour 4 mètres d’eau c’était du béton ?!

    Ce n’est pas le moment de chercher à comprendre le pourquoi du comment, le vent qui souffle maintenant à 30 nœuds dans le travers continue de nous faire manger du palétuvier. Dans des grands craquements de branches notre char d’assaut poursuit sa progression en lèche-palétuviers. Il me faut absolument préserver les sails drive : le talon d’Achille de mes coques blindées. 

     Pour la suite nous sommes rodés avec ma Do, même avec les yeux pleins de sommeil : moi je dispose les moteurs au local machine, Do prépare les contacts et allume les instruments. Volvo et Cie démarrent à la première sollicitation. C’est déjà ça. C’est bien connu les catastrophes proviennent toujours d’une succession de petites embrouilles ou pannes.

     Malgré notre rapidité d’actions, le temps de mettre tout cela en place Araka Nui s’est mis parallèle à la mangrove et casse toujours du bois sur bâbord. Une des pattes d’oie rappelle bien sur l’avant ce qui me fait dire que la chaîne n’est pas rompue…

    Nos sondeurs étant toujours aléatoires , je vérifie à la sonde à main sur bâbord et tribord.

    Pas de surprise : bâbord est posé sur le fond et il y a 3 mètres sous tribord.

    Araka Nui stoppe définitivement sa course. Rien ne me permet d’affirmer s’il est tenu par son mouillage ou parce qu’il est posé sur son bâbord ou simplement tenu par les palétuviers. Une chose est sûre on ne casse plus du bois, mais la tornade ne fait que commencer.

    Dans la présente position, je décide de faire « wait and see » le temps que le vent se calme puisque nous sommes bien bloqués là pour le moment.

    Le vent fini par se calmer voire s’arrêter au bout de vingt minutes. Nous commençons à le connaître parfaitement l’artiste dans ses tours de caprices.

    Avec Do nous décidons de nous dégager et de remouiller, car la marée descend et demain nous avions prévu de déplacer le bateau. En effet, Olivier un charmant pêcheur de Kouba m’a proposé de déplacer notre bateau à 20 minutes plus loin sur un bolon secondaire pour nous rapprocher à quelques centaines de mètres du second débarcadère du village. Ceci réduira nos transits journaliers.

    Pensez bien que je n’ai pas l’intention de perdre cette occasion. Il ne faut donc pas que mon bateau soit encore posé en vrac dans le poto-poto demain matin lorsque notre Olivier viendra.

    C’est donc dans cette nuit noire sans lune et donc sans repère visuel pour la manoeuvre que nous dégageons sans trop de mal notre bateau lové dans les palétuviers. Le mouillage est relevé.

 

    Au passage je comprends la cause de notre dérapage de la nuit : une des pattes d’oie était larguée de la chaîne. Autant dire que j’avais sûrement mal verrouillée la main de fer.

    Mea culpa, chose avouée est à moitié pardonnée.

    Maintenant il s’agit de trouver le centre du bolon pour re-mouiller. Depuis un moment nous tournons et virons au ralenti, plus aucun projecteur ne fonctionne à bord, pas moyen de se repérer. Mangrove devant, mangrove derrière, mangrove à bâbord et tribord. Rien ne ressemble plus à une rive de mangrove par nuit noire qu’une autre rive de mangrove. Heureusement la petite bouée blanche d’un pêcheur à l’entrée du bolon interdit (parce qu’impraticable pour nous) me fournit un peu d’orientation dans l’espace noir.  Quelques minutes de bons et loyaux services de mes sondeurs auraient été bien utile pour le skipper déboussolé. Mais non, ces cégétistes ont décidés de poursuivre leurs grèves. Qu’ils crèvent mais ils n’auront pas d’augmentations. Foi de Do !

    Finalement nous jetons la pioche, laissons filer juste 20 mètres de chaîne pour tenir jusqu’au lendemain matin et tchao on retourne se coucher non sans avoir aimablement remercié Volvo et Cie de leurs fidélités.

    Ce ne sont pas des cégétistes, eux !

 

Lundi 19 octobre 2009 :

    Ce matin, ma Do doit se rendre au boulot comme si de rien n’était.

 

    C’est là que dame Nature nous envoie un joli bonjour dont elle a le secret, notre P’tit coco nous fait déambuler dans ce bolong étroit que nous découvrons dans le calme  serein d’une belle matinée Casamançaise.

     Le soleil revient toujours après la tempête.

 

n°27-9 Accès à KOUBA 

  « On accompagne  maman au boulot

 avec notre P’tit coco

dans les bolons de KOUBA »

 

    Nous retournerons au bateau avec mon ami Olivier le pêcheur et Hyacinthe pour changer le mouillage d’Araka Nui de place et surtout nous rapprocher du village.

    Teiva accompagne toujours son père puisque la maman est au turbin.

    Je confie la barre à Hyacinthe après quelques explications sommaires. Assis au poste de barre, il est quand même impressionné. Il faut dire que placé dans l’angle d’un rectangle de 90m² il y a de quoi, même pour un navigateur confirmé. Puis on s’aperçoit vite que « l’appartement » en question réagit très bien aux moindres sollicitations des moteurs. Alors on fait confiance à Volvo et Cie.

    Sous la haute supervision d’Olivier, je laisse les deux Diolas mener la barque pendant que j’enregistre avec beaucoup d’annotations la trace sur Maxsea notre logiciel de navigation. Suivant l’aveu d’Olivier, ce tronçon n’a jamais été pratiqué par un si gros bateau de plaisance, mais lui sait que ça passe.

    Ca passe oui, mais au ½ mètre près en largeur. J’ai confiance mais c’est impressionnant tout de même. Ma trace vaudra de l’or.

 

    Après 20 minutes de navigation au ralenti, nous arrivons dans une petite intersection et Olivier me dit : « là au milieu il faut mettre ton ancre, puis placer des cordes dans la mangrove ». Aussitôt dit aussitôt fait. Mes équipiers sont impressionnés par la rapidité et la précision des opérations que je mène seul. Je m’active, car si le bateau n’est pas rapidement tenu par ses 3 côtés il peut s’éviter et aller embrasser la mangrove toute proche, voire toucher les racines de palétuviers avec les sails drive. Chose que je crains par-dessus tout pour la sécurité de mon bateau.

    Nous sommes situés dans un trou d’eau de 5 mètres de fond mais il n’y a pas de quoi assurer un rayon d’évitage du mouillage.

    En fait il s’agira du mouillage le plus sûr de toute notre petite expérience en Casamance. Je place plus tard des bidons d’eau minérale en guise de bouées le long de mes orins pour prévenir les éventuels piroguiers de passage de la présence des amarres.

 

    Une fois tout mis au clair j’accompagne mes aides au débarcadère. Cette fois il n’y a pas photo le débarcadère du village est à 200 mètres du bateau.

Bravo les amis.

    Avec Teiva, nous n’irons au village qu’en fin d’après midi pour rechercher notre Do.

    Le temps passe vite à bord et nous partons assez tard, le temps que mes 2 gâteaux au yaourt finissent de cuire. C’est l’anniversaire du jeune fils de Hyacinthe.

    Au pas de course j’entraîne mon Teiva vers le village encore invisible du débarcadère. Seuls les 2 immenses fromagers me donnent une idée de l’orientation. Mon pauvre fiston en bave, il est essoufflé et en nage. « Il ne faut pas t’arrêter mon Teiva, je ne sais pas où c’est et il va faire nuit pour le retour avec maman » ! 

    En fait il y a bien 4 kms de marche… ça ils ne me l’avaient pas dit les amis !

    Pas grave, je préfère marcher que pagayer avec l’annexe, cette option me paraît quand même la meilleure.

    Sauf quand nos « touristes-médicaux » se mettront à avoir des exigences de toubabs et que nous devrons nous transformer en sherpas pour leur livrer à domicile leurs derniers désirs du moment pour qu’ils aient des provisions : au cas où. Là je regrette sérieusement mon rôle. Je jette l’éponge.

Philippe l’infirmier prendra la relève pour la suite de la mission.

 

 

Mardi 20 octobre 2009 :

    Chaque jour nous reprenons le chemin du village. Je dépose ma Do le matin à la fraîche puis vers 13H00 nous rejoignons l’équipe pour le déjeuner de riz et poisson offert par les villageois. Le pire de tout c’est la traversée de l’immense enclos des vaches. Il faut subir pendant 10  minutes l’agression de mouches qui s’agglutinent dans la sueur du visage. Avec ma Do un soir, je m’arrête pour prendre le troupeau en photo. Le temps d’avoir mes 2 mains prises, je ne peux chasser ces horribles bestioles accros et me voilà couvert à hurler de désagrément. C’est ça l’Afrique.

 

N°27-10 Troupeau à KOUBA 

  « Le troupeau de vaches

sur notre chemin d’accès au débarcadère de KOUBA »

 

N°27-11 Attaque de mouches à KOUBA
 « Attaque de mouches en règle à proximité du troupeau »

 

    Avec Teiva nous profitons de la relative fraîcheur du matin pour visiter le village.

Tiens, nous découvrons que les jeunes enfants noirs ont aussi peur des toubabs que nous sommes. Celui-ci en pleure de terreur.

Tu vois Teiva, tu n’es pas le seul…

 

n°27-12 jeune guitariste à KOUBA 

 « Un bidon d’huile et du fil de pêche produisent un son mélodieux »

 

    Le soir en rentrant avec Do nous avons toujours un petit groupe d’enfants qui nous accompagnent. Ils désirent jouer avec Teiva, ils sont prêts à faire n’importe quoi pour lui.

    Sur la mangrove découverte à marée basse les crabes violonistes jouent à cache-cache avec Teiva. Il leur coure derrière mais ceux-ci alertés rentrent par vague successives dans leurs trous très proches.

    Ses copains lui montrent comment les attraper par la grosse pince.

 

 N°27-13 Course devant les crabes KOUBA
  « La course devant les crabes violonistes 

en rentrant au bateau »

 

N°27-14 Crabe violoniste KOUBA 

 « Crabe violoniste »

 

 

N°27-15 L'accès à KOUBA 

 « L’accès à KOUBA par notre débarcadère »

 

Mercredi 21 octobre 2009 :

    Ce matin je suis subjugué par la beauté du crépuscule. Tant pis, je brave les moustiques et me déplace dans l’annexe pour cadrer mon beau mât bipode au levant.

 

N°27-16 Crépuscule sur le bipode à KOUBA

 « Crépuscule sur le bipode Araka Nui à KOUBA »

 

    Demain jeudi nous en auront fini avec Kouba, mais ce n’est qu’un au revoir. Déjà j’ai pris pleins d’engagements avec ces villageois. Nous serons appelés à nous revoir. Olivier m’adresse une invitation officielle pour participer avec le village aux grandes fêtes du 24, 25 et 26 décembre. Rendez vous est pris.

 

    Dans le prochain numéro je vous conterai le transit vers DIOGUE et le séjour dans ce village typique de l’embouchure de la Casamance avant notre retour vers Nioumoun qui marquera la fin de la mission ANIMA.

 

 

Tout l’équipage vous dit : KASSOUMAYE,

Dominique PRACHERSTORFER, skipper

d'ARAKA NUI
 

Lien utile :

www.anima.org
 

 

 

 

(à suivre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Présentation

  • : Araka Nui autour du monde
  • Araka Nui autour du monde
  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
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