Partager l'article ! 32 - BANDIAL : A L'OMBRE DES DERNIERS BAOBABS.: Du 16 janvier au 6 février 2010 : La mission humanitaire médicale de ma Do ...
ARAKA NUI autour du monde
Mon fils, il faut que tu
saches...
Du 16 janvier au 6 février 2010 :
La mission humanitaire médicale de ma Do touche à sa fin.
Nous découvrons Bandial après une approche guidée par Bruno : le Président du Comité de santé. Il est venu à la rencontre d'Araka Nui avec sa pirogue, à plus d’une heure de son village, jusqu’au niveau de la Casamance.
De toute évidence sans Bruno nous n’aurions jamais réussi cette approche ; une des plus complexes que
nous ayons connu en Casamance.
Pourtant Bandial se trouve être à moins de 2000 mètres de la rive de la Casamance ( et à mi distance entre l’embouchure et Ziguinchor).
Mais l’accès au village ne peut se faire qu’en empruntant une succession de bolongs de plus en plus étroits et peu profonds pendant plus d’une heure de navigation à 3 noeuds.
Sur le trajet, nous avons quand même échoué Araka Nui sur un haut fond,
faute de ne pas avoir rasé la mangrove suffisamment près comme me l’indiquait Bruno. A cet endroit, le bolong fait une quarantaine de mètres de large, pourtant le chenal
navigable correspond juste à la largeur du bateau
Il convient de passer avec justesse et sans indications d'un pêcheur local il y aurait de quoi y passer la semaine.
Etant devenu maître « es dégagement » de mon catamaran, c’est le skipper qui prendra la barre dès l’embarquement de notre guide.
Toute l’équipe d’ANIMA est prostrée à l’avant et suit les circonvolutions du « ponton flottant » en se demandant quand ils finiront dans les palétuviers.
"Impressionnant" ! diront-ils une fois arrivés à bon port.
Nous y voilà justement.
Pour la circonstance le port d’arrivée est le baobab sur un îlot avec en arrière plan le village…
Nous étions bien prévenus de l’absence d’arbre à Bandial, contrairement aux fromagers immenses qui désignent la présence des autres villages Diolas de Casamance.
Mais ce spectacle dépasse mon entendement : c’est inimaginable une telle vision de cases perdues dans un désert de terre poussiéreuse.
Après avoir embossé le bateau sur de grosses racines de palétuviers, nous rejoignons l’équipe d’ANIMA pour déjeuner : nous sommes invités par les villageois.
En attendant l’heure du déjeuner, adossé à l'ombre de la case, je mets un certain temps à réaliser le paysage de désolation qui s’étend sous mes yeux.
Le vent qui soulève cette poussière argileuse, la chaleur étouffante, les quelques baobabs dénudés surmontés de vautours, l’immensité de la plaine brûlante et nue qui nous séparent du petit quartier catholique fort de sa vingtaine de cases, me font penser que je viens d’atterrir dans un autre monde ; en tous cas pas en Casamance…
Pour mettre du piment au tableau, Yves le médecin chef de la mission fait un malaise. Toute l’équipe est très inquiète. Il y a quand même 3 autres médecins pour apporter un diagnostique apaisant. Tout rentrera dans l’ordre après une bonne nuit de repos dans la case d’Aïda. Yves ne sera plus de force pour rejoindre chaque soir sa couchette à bord d’Araka Nui.
Ces missions sont tout de même très éprouvantes pour certains qui ne connaissent pas l’Afrique, la précarité au quotidien et les sanitaires inexistants. Heureusement l’équipe logistique : Bruce et sa mère Colette s’emploieront avec un grand art à « requinquer » le moral des troupes en leurs concoctant de bons diners.
Une fois notre déjeuner pris et un diagnostique rassurant sur la santé d’Yves, l’équipage d’Araka Nui prend congé et rentre retrouver son bateau.
Il était temps, la renverse de marée a eu lieu et notre "ponton flottant" se trouve en travers du bolong. Quelques gardes supplémentaires permettront de fixer définitivement notre "char d’assaut" posé dans le dernier trou d’eau du terminus : Bandial.
Nous nous remettons de nos émotions par une bonne sieste avant d’être réveillés par le piaillement de tous
les enfants du village grimpés dans toutes les branches de palétuviers qui nous entourent. Il y en a de partout. Ca rigole, ça plonge, ça crie et ça casse les oreilles de ma Do qui sonne
l’hallali.
Ca se disperse et ça revient.
Ca va être dur dès demain matin quand ma Do s’en sera allée au boulot…
Pour ma part je ne sais pas rabrouer les gosses. Nous verrons bien !
" Bandial ! Bandial !
Terminus. Tout le monde descend !
" Ce spectacle dépasse mon entendement : c’est inimaginable une telle vision de cases perdues dans un désert de terre
poussiéreuse".
" Dans toutes les directions
la même désolation apparente".
" L'église est sous haute
surveillance :
quelques vautours perchés sur leurs baobabs déplumés".
" Une croix à l'entrée du
quartier qui en dit long
sur l'obédience des habitants".
" Trois générations
d'impluviums collectifs se cotoient.
Dans 30 ans, les impluviums seront plus nombreux
que les cases ".
" Les bétons constitués de
sable de mer vieillissent très mal,
ces constructions sont vouées à l'échec"
" Je trouve ici la démonstration de ma théorie,
ce qui m'incitera à lancer une idée novatrice :
des cuves enterrées individuelles en fibre de verre".
" Depuis 30 ans les ONG
essaient de calquer
leurs notions de confort à l'européenne.
L'idée de faire un forage et une distribution par compteur était louable; pas de chance... l'eau est saumâtre !"
" Pour palier à la rareté de
l'eau, des bassins
sont creusés pour le stockage de l'eau de la saison des pluies ".
" Nous ne sommes pas encore
arrivé à la moitié de la saison sèche,
et seules quelques mares retiennent encore un fond d'eau"
" L'école
sera fermée aux enfants durant notre séjour :
ANIMA squattent leurs locaux au risque de mettre en péril le système éducatif, nous dira Hyacinthe !!"
"Teiva s'entoure toujours
d'un auditoire de copains
qui s'avèrent bon public"
" Ces femmes endimanchées
vont à la visite médicale ".
" Tant que Teiva est présent sur
le bateau,
le comité d'accueil est tout autour.
Le plus dur pour moi sera de limiter à 4 ou 5 enfants
la possibilité de monter à bord".
" Il n'y a pas que les enfants autour du bateau.
Pour preuve ce héron Goliath
qui nous surplombe depuis son palétuvier".
" Juste
devant l'étrave, à l'aube, je suis les gestes précis
de cette vieille femme qui manie l'épervier,
pour tenter de graver sur la pellicule son geste quotidien".
" Essais de replantation de
la mangrove réussi ".
" Les derniers arbres survivants
du village : les baobabs".
" Tous les matériaux
entreposés d'une future toiture ".
" Préparation, malaxage et
humidification du banco :
le matériau constituant les murs des cases ".
" Le menu quotidien des
petits et des grands :
barboter dans la boue ou le poto-poto des bolongs ".
" Une case hors d'âge qui mériterait une réfection ".
" Réfection d'une case sur
l'ancien emplacement
avec les matériaux de réemploi ".
" Préparation de l'engrais
par brûlage :
une succession de couches de paille, bouse et terre ".
" A la recherche d'un petit
grignotage ".
" Comme une impression de
sécheresse ".
" Devant nous, la mer de
poto-poto
qu'il va falloir affronter pour regagner le bateau ".
" Angelle, la fiancée de Teiva à Bandial a 15 ans...
Je trouve qu'il les choisi de plus en plus mûres.
D'ailleurs elle n'est pas du tout intéressée par son dessin animé."
" Voisin de
mouillage".
" Pas de chance pour nous
ce matin pour rejoindre le village :
nous sommes abonnés avec les marées basses,
donc nouvelle séance de poto-poto jusqu'aux chevilles".
" Pour ma part, je n'aurai
pas choisi l'éclairage public
comme priorité dans ce village " !
" La grande soeur en garde
du bébé ".
" Bonne initiative,
reconstruction d'une case à impluvium
selon le modèle de case traditionnelle ".
" Le banco de Bandial est
essentiellement constitué de la terre locale mais avec un gros pourcentage d'argile.
Contrairement à Nioumoune dont le banco
est à très forte proportion de sable qui ne se fissure pas ".
" Bref apperçu de
l'architecture de la dépassée de toiture ".
" Une des dernières mare du
village en eau.
Bientôt il faudra payer l'eau saumâtre du robinet ".
"Travaux d'entretien
en coutr : creusement d'une mare réservoir ".
" Papa c'est où la mer ?
".
" Au pied du baobab, les
canaris en terre cuite :
réserves quotidiennes d'eau potable de la famille
où chacun va puiser selon ses besoins".
" Les jeunes enfants
réclament tous la photo :
comment ne pas les satisfaire ".
" Démonstration d'escalade
dans le rare acacia du village ".
" Votre serviteur grimpe
dans un baobab pour une vue aérienne.
Anne ma soeur Anne ne vois tu rien venir ?
Au fond, le fleuve Casamance innacessible ".
" Jeunes filles dégustant
une pousse de palétuvier :
excellent pour la santé mais horriblement salé ".
" A droite Angelle, la
fiancée de Teiva.
Elle reprend la route du collège avec ses 2 amies :
10 Kms à pied et 2 bolongs à traverser ".
" Nous seront toujours
accompagnés d'une troupe d'enfants
dans nos déplacements ".
" Teiva organise ses
adieux avec tous les copains du jour,
juste avant l'appareillage ".
" Dans le regard de ces
deux jeunes filles anonymes,
je lis toute la rudesse de leur village mais pas de tristesse.
A vous, enfants de Bandial, je vous souhaite du fond du coeur, d'exhausser vos désirs les plus chers" .
AU REVOIR
Si vous avez bien visonné toutes les photos qui précèdent vous êtes dorénavent incollable sur le moindre recoin de Bandial.
Maintenant je sais qu'en connaissance de cause vous n'irez jamais dans ce petit coin du bout, du bout du monde.
Mais vous avez tord, car, malgré la rudesse de l'environnement,
il y a le secret de Bandial que je vous délivre gracieusement :
il s'y dégage une ambiance magique de grande sérénité et puis
les jeunes femmes y sont très belles et chaleureuses !
Tout l’équipage vous dit : KASSOUMAYE,
Dominique PRACHERSTORFER skipper d’ARAKA NUI