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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 14:59


Du 16 janvier au 6 février 2010 :

La mission humanitaire médicale de ma Do touche à sa fin.

Nous découvrons Bandial après une approche guidée par Bruno : le Président du Comité de santé. Il est venu à la rencontre d'Araka Nui avec sa pirogue, à plus d’une heure de son village, jusqu’au niveau de la Casamance.

De toute évidence sans Bruno nous n’aurions jamais réussi cette approche ; une des plus complexes que nous ayons connu en Casamance.
Pourtant Bandial se trouve être à moins de 2000 mètres de la rive de la Casamance ( et à mi distance entre l’embouchure et Ziguinchor).

Mais l’accès au village ne peut se faire qu’en empruntant une succession de bolongs de plus en plus étroits et peu profonds pendant plus d’une heure de navigation à 3 noeuds.

 

Sur le trajet, nous avons quand même échoué Araka Nui sur un haut fond,
faute de ne pas avoir rasé la mangrove suffisamment près comme me l’indiquait Bruno. A cet endroit, le bolong fait une quarantaine de mètres de large, pourtant le chenal navigable correspond juste à la largeur du bateau 
Il convient de passer avec justesse et sans indications d'un pêcheur local il y aurait de quoi y passer la semaine.
Etant devenu maître « es dégagement » de mon catamaran, c’est le skipper qui prendra la barre dès l’embarquement de notre guide.

Toute l’équipe d’ANIMA est prostrée à l’avant et suit les circonvolutions du « ponton flottant » en se demandant quand ils finiront dans les palétuviers.

"Impressionnant" ! diront-ils une fois arrivés à bon port.

Nous y voilà justement.

 

Pour la circonstance le port d’arrivée est le baobab sur un îlot avec en arrière plan le village…

 

Nous étions bien prévenus de l’absence d’arbre à Bandial, contrairement aux fromagers immenses qui désignent la présence des autres villages Diolas de Casamance.

Mais ce spectacle dépasse mon entendement : c’est inimaginable une telle vision de cases perdues dans un désert de terre poussiéreuse.

Après avoir embossé le bateau sur de grosses racines de palétuviers, nous rejoignons l’équipe d’ANIMA pour déjeuner : nous sommes invités par les villageois.

En attendant l’heure du déjeuner, adossé à l'ombre de la case, je mets un certain temps à réaliser le paysage de désolation qui s’étend sous mes yeux.

Le vent qui soulève cette poussière argileuse, la chaleur étouffante, les quelques baobabs dénudés surmontés de vautours, l’immensité de la plaine brûlante et nue qui nous séparent du petit quartier catholique fort de sa vingtaine de cases, me font penser que je viens d’atterrir dans un autre monde ; en tous cas pas en Casamance…

Pour mettre du piment au tableau, Yves le médecin chef de la mission fait un malaise. Toute l’équipe est très inquiète. Il y a quand même 3 autres médecins pour apporter un diagnostique apaisant. Tout rentrera dans l’ordre après une bonne nuit de repos dans la case d’Aïda. Yves ne sera plus de force pour rejoindre chaque soir sa couchette à bord d’Araka Nui.

Ces missions sont tout de même très éprouvantes pour certains qui ne connaissent pas l’Afrique, la précarité au quotidien et les sanitaires inexistants. Heureusement l’équipe logistique : Bruce et sa mère Colette s’emploieront avec un grand art à « requinquer » le moral des troupes en leurs concoctant de bons diners.

  Une fois notre déjeuner pris et un diagnostique rassurant sur la santé d’Yves, l’équipage d’Araka Nui prend congé et rentre retrouver son bateau.

Il était temps, la renverse de marée a eu lieu et notre "ponton flottant" se trouve en travers du bolong. Quelques gardes supplémentaires permettront de fixer définitivement notre "char d’assaut" posé dans le dernier trou d’eau du terminus : Bandial.  

 

Nous nous remettons de nos émotions par une bonne sieste avant d’être réveillés par le piaillement de tous les enfants du village grimpés dans toutes les branches de palétuviers qui nous entourent. Il y en a de partout. Ca rigole, ça plonge, ça crie et ça casse les oreilles de ma Do qui sonne l’hallali.
Ca se disperse et ça revient.

Ca va être dur dès demain matin quand ma Do s’en sera allée au boulot…
Pour ma part je ne sais pas rabrouer les gosses. Nous verrons bien !



32-1-Bandial.JPG" Bandial ! Bandial !
Terminus. Tout le monde descend !


32-2-Bandial.JPG" Ce spectacle dépasse mon entendement : c’est inimaginable une telle vision de cases perdues dans un désert de terre poussiéreuse".


32-3-Bandial.JPG" Dans toutes les directions la même désolation apparente".  

 


32-4-Bandial.JPG" L'église est sous haute surveillance :
quelques vautours perchés sur leurs baobabs déplumés".


32-5-Bandial.JPG" Une croix à l'entrée du quartier qui en dit long
sur l'obédience des habitants".



32-6-Bandial.JPG" Trois générations d'impluviums collectifs se cotoient.
Dans 30 ans, les impluviums seront plus nombreux
que les cases ".



32-7-Bandial.JPG" Les bétons constitués de sable de mer vieillissent très mal,
ces constructions sont vouées à l'échec"


32-7b-Bandial.JPG
" Je trouve ici la démonstration de ma théorie,
ce qui m'incitera à lancer une idée novatrice :
 des cuves enterrées individuelles en fibre de verre".


32-8-Bandial.JPG" Depuis 30 ans les ONG essaient de calquer
leurs notions de confort à l'européenne.
L'idée de faire un forage et une distribution par compteur était louable; pas de chance... l'eau est saumâtre !"


32-9-Bandial.JPG" Pour palier à la rareté de l'eau, des bassins 
 sont creusés pour le stockage de l'eau de la saison des pluies ". 


32-10-Bandial.JPG" Nous ne sommes pas encore arrivé à la moitié de la saison sèche,
et seules quelques mares retiennent encore un fond d'eau"


32-11-Bandial.JPG" L'école sera fermée aux enfants durant notre séjour :
ANIMA squattent leurs locaux au risque de mettre en péril le système éducatif, nous dira Hyacinthe !!"


32-13-Bandial.JPG"Teiva s'entoure toujours d'un auditoire de copains
qui s'avèrent bon public"


32-14-Bandial.JPG" Ces femmes endimanchées vont à la visite médicale ".


P1010912.JPG" Tant que Teiva est présent sur le bateau, 
le comité d'accueil est tout autour.
Le plus dur pour moi sera de limiter à 4 ou 5 enfants
la possibilité de monter à bord".

 

 

 32-16-Bandial.JPG

" Il n'y a pas que les enfants autour du bateau.
Pour preuve ce héron Goliath
qui nous surplombe depuis son palétuvier".


32-17 Bandial" Juste devant l'étrave, à l'aube, je suis les gestes précis
de cette vieille femme qui manie l'épervier, 
 pour tenter de graver sur la pellicule son geste quotidien".



32-18-Bandial.JPG" Essais de replantation de la mangrove réussi ".


32-19-Bandial.JPG" Les derniers arbres survivants du village : les baobabs".


32-20-Bandial.JPG" Tous les matériaux entreposés d'une future toiture ". 


32-21-Bandial.JPG" Préparation, malaxage et humidification du banco :
le matériau constituant les murs des cases ".


32-22-Bandial.JPG" Le menu quotidien des petits et des grands :
barboter dans la boue ou le poto-poto des bolongs ".

 

32-23-Bandial.JPG" Une case hors d'âge qui mériterait une réfection ".


32-24-Bandial.JPG" Réfection d'une case sur l'ancien emplacement
avec les matériaux de réemploi ".


32-25-Bandial.JPG" Préparation de l'engrais par brûlage :
une succession de couches de paille, bouse et terre ".


32-26-Bandial.JPG" A la recherche d'un petit grignotage ".


32-27-Bandial.JPG" Comme une impression de sécheresse ". 


32-28-Bandial.JPG" Devant nous, la mer de poto-poto
qu'il va falloir affronter pour regagner le bateau ".


32-29-Bandial.JPG" Angelle, la fiancée de Teiva à Bandial a 15 ans...
 Je trouve qu'il les choisi de plus en plus mûres.
D'ailleurs elle n'est pas du tout intéressée par son dessin animé."

 
32-30-Bandial.JPG" Voisin de mouillage".


32-31-Bandial.JPG" Pas de chance pour nous ce matin pour rejoindre le village :
nous sommes abonnés avec les marées basses,
donc nouvelle séance de poto-poto jusqu'aux chevilles".


32-32-Bandial.JPG" Pour ma part, je n'aurai pas choisi l'éclairage public
comme priorité dans ce village " !


32-33-Bandial.JPG" La grande soeur en garde du bébé ".


32-34-Bandial.JPG" Bonne initiative, reconstruction d'une case à impluvium
selon le modèle de case traditionnelle ".


32-35-Bandial.JPG" Le banco de Bandial est essentiellement constitué de la terre locale mais avec un gros pourcentage d'argile.
Contrairement à Nioumoune dont le banco
 est à très forte proportion de sable qui ne se fissure pas ".



32---36-Bandial.JPG" Bref apperçu de l'architecture de la dépassée de toiture ".



32-37-Bandial.JPG" Une des dernières mare du village en eau.
Bientôt il faudra payer l'eau saumâtre du robinet ".



32-38-Bandial.JPG"Travaux d'entretien  en coutr : creusement d'une mare réservoir ".


32-39-Bandial.JPG" Papa c'est où la mer ? ".


32-40-Bandial.JPG" Au pied du baobab, les canaris en terre cuite :
réserves quotidiennes d'eau potable de la famille
où chacun va puiser selon ses besoins".


32-41-Bandial.JPG" Les jeunes enfants réclament tous la photo :
comment ne pas les satisfaire ".



32-42-Bandial.JPG" Démonstration d'escalade dans le rare acacia du village ".



32-43-Bandial.JPG" Votre serviteur grimpe dans un baobab pour une vue aérienne.
Anne ma soeur Anne ne vois tu rien venir ?
Au fond, le fleuve Casamance innacessible ".


32-44-Bandial.JPG" Jeunes filles dégustant une pousse de palétuvier :
excellent pour la santé mais horriblement salé ".



31-45-Bandial.JPG" A droite Angelle, la fiancée de Teiva.
Elle reprend la route du collège avec ses 2 amies :
10 Kms à pied et 2 bolongs à traverser ".


32-46-Bandial.JPG" Nous seront toujours accompagnés d'une troupe d'enfants
dans nos déplacements ".


32-47-Bandial.JPG" Teiva organise ses adieux avec tous les copains du jour,
juste avant l'appareillage ".



32-48-Bandial.JPG" Dans le regard de ces deux jeunes filles anonymes,
je lis toute la rudesse de leur village mais pas de tristesse.

A vous, enfants de Bandial, je vous souhaite du fond du coeur, d'exhausser vos désirs les plus chers" .
AU REVOIR



Si vous avez bien visonné toutes les photos qui précèdent vous êtes dorénavent incollable sur le moindre recoin de Bandial.
Maintenant je sais qu'en connaissance de cause vous n'irez jamais dans ce petit coin du bout, du bout du monde.
Mais vous avez tord, car, malgré la rudesse de l'environnement, il y a le secret de Bandial que je vous délivre gracieusement :
il s'y dégage une ambiance magique de grande sérénité et puis
les jeunes femmes y sont très belles et chaleureuses !
 
Tout l’équipage vous dit : KASSOUMAYE,

 

Dominique PRACHERSTORFER                                                                                                                                      skipper d’ARAKA NUI                                                                                           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

ango tendeng 21/07/2011 19:47


le site web du royaume bandial: www.mof-ewii.net
merci encore une fois de l'intérêt que vous accordez à bandial


ango tendeng 20/07/2011 18:01


Merci pour les jolies photos. je travaille sur un site web pour mettre en valeur le royaume Bandial (ensemble des 10 villages dépendant historiquement de Enampore)
Tout est priorité chez nous( santé, éducation, accès à l'eau... même l'electricité).
Merci encore une fois de ce que vous participez à faire connaitre certaines zones reculées du monde


Dominique de Niomoune 20/07/2011 18:49



Bonjour,


Pourriez-vous me donner l'adresse de votre site, j'aimerai bien m'y ballader...


Cordialement



Dominique HARMANT 05/04/2010 22:01


Bonjour les Do’s,

En faisant une recherche sur les gréements bipoutre de la Société RUSSO, je suis tombé par hasard sur votre blog…
Super…! Vous vivez une expérience extraordinaire qui doit faire bien des envieux, moi le premier.
Je lirai dorénavant avec plaisir le fil de vos aventures, en espérant prochainement pouvoir écrire les miennes.

Amicalement

Dominique HARMANT


JEZEQUEL CLAUDINE 12/02/2010 08:26


bravo; quel courage je crois que vous prévoyez de venir en Polynesie c est Bernard Machemelh qui me l a dit, je vais suivre votre périple faitoito


Présentation

  • : Araka Nui autour du monde
  • Araka Nui autour du monde
  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
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