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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 20:13

 

Kenavo LANZAROTE et …

Cap sur FUERTEVENTURA 

Vendredi 18 décembre 2008 : 

 

    « Isla de Lobos » et son lagon lilliputien : où nous irons nous enfermer pour jouer les Robinson Crusoë, disais-je !!

 

    La dizaine de milles qui sépare les deux îles est vite avalée et nous voici déjà à présenter la proue de notre fier vaisseau devant l’entrée de ce lagon tant convoité.

    Un bassin tout rond de 700 mètres de large, aux berges de sable blond, et très fermé. Bref, un abri idéal par tous les vents. Une retraite d’ermite de rêve.

    Nous qui avions dû écourter notre séjour à Graciosa, voici la dernière occasion de nous couper du monde. Je ne connais pas d’autre trou à mouillage si bien abrité aux Canaries.

 

    J’avais étudié ce coin de rêve sous toutes ses coutures : tous les guides, tous les récits, Google Earth sous tous les angles ; je pouvais y entrer les yeux fermés. Araka Nui se présente, sondeur et sonar horizontal en fonction, ma Do à la barre et moi à la poupe.

    Que vois-je droit devant ? Est-ce possible !

 

    Aux jumelles, je relève une barre de vaguelettes au niveau de l’entrée.

 

    Nous approchons au plus près, le sonar horizontal (celui que nous avons installé pour naviguer au milieu des pâtés de coraux dans le Pacifique…) n’annonce rien de bon.

    Confirmation : toute l’entrée du lagon comporte une barrière rocheuse qui affleure.   

    Impensable.

    Même sur Google Earth on distingue très bien l’accès dégagé sans obstruction.

    Aucune possibilité de passer en l’état de la marée. Malgré le vent fort, nous mouillons notre fier vaisseau sous le vent de l’île.

    Les 60 mètres de chaînes y passent, histoire d’assurer la tenue de l’ancre quand nous quitterons le bord.

 

    Nous laissons la marée monter une petite heure puis tout l’équipage embarque dans l’annexe pour tenter de forcer le passage de « notre » lagon. Nous en profitons pour faire une bonne séance complète de plage avec Teiva (châteaux de sable, pêche aux crevettes et autres bigorneaux).

    J’oubliais la séance nettoyage : à chaque occasion je fais ramasser un vilain plastique ou autre saloperie qui traîne sur le sable et nous l’emportons dans la poubelle du coin ou celle du bateau. Teiva est très conscient de faire une bonne action. De plus, il sait que ces « cochonneries jetées par des gens » ce n’est pas bien, les dauphins et les tortues de mer peuvent les manger et mourir.

 

    Cette fois ci c’est le ménage dans le petit abri de pierres volcaniques aménagé par les touristes d’un jour et que nous avons occupé pour nous protéger du vent (deux navettes débarquent le matin quelques centaines de touristes puis repartent à 16 heures).

    Il y a une poubelle à 100 mètres, nous la rejoignons avec Teiva qui a les mains pleines de mégôts, boîtes de bière et papiers de chocolat.

    Nous doublons un panneau indicateur.

    Au vu des différents logos d’interdiction il est facile d’en déduire que tout y est interdit, même d’y faire du canoë… J’imagine notre catamaran mouillé au milieu de ce cirque de sable, c’est autre qu’un canoë !

    Je ne fais pas état de ces interdictions à ma Do pour l’instant. Attendons de voir qu’elle est la hauteur d’eau sur la barrière rocheuse d’accès dès la prochaine marée haute demain matin.

 

    Dans la nuit, le vent a forci avec des rafales à plus de 25 nœuds et un vent qui tourne au Sud/Est. Au mouillage, je me lève souvent dans la nuit et en particulier quand je sens une modification du temps.

   Le vent a tourné, nous ne sommes plus protégés sous le vent de l’île et la houle n’est pas dans le lit du vent. Autant dire que le mouillage devient rouleur et très inconfortable.

     Comme j’avais vérifié l’état de l’ensouillement de mon ancre avec mon masque depuis l’annexe (je le fais systématiquement de cette manière ou en apnée quand la visibilité est réduite), je sais que de ce côté-là nous ne risquons pas de déraper…

    Il est 8H00, la marée est haute, il serait temps d’aller sonder le passage avec l’annexe.

 

    C’est dans ces moments là que le capitaine mouline tous les paramètres dans sa tête, la responsabilité de capitaine et non moins de chef de famille prime quoi qu’il en soit.

 

    Malgré mon désir longuement mûri de séjourner quelques semaines dans ce petit éden vierge je dois tenir compte de tous les paramètres :

-         la hauteur d’eau contrôlée est de 1,20 m à marée haute ;

-         notre tirant d’eau est de 1,20m ;

-         sur les cartes le minimum est de 1,20m à marée basse ;

-         le vent fort qui souffle dans l’axe de la passe d’entrée crée des vagues de 30 cm.

 

    C’est sûr qu’en forçant un peu le passage, quitte à tosser un peu sur nos quilles qui font 12 millimètres d’épaisseur (soit l’épaisseur d’un pouce) avec le vent dans le cul et un peu de moteur nous arriverions à passer en force.

    A l’intérieur du lagon, c’est le paradis, il est plat comme un miroir.

 

    La vision du panneau d’interdiction vu la veille, me revient à l’esprit ; La pensée de l’éventuelle difficulté de ressortir dans ces conditions me fait expliquer à ma Do que finalement il y a 2 risques : d’une part d’être « prisonniers » du lagon et d’autre part d’être « verbalisés » lourdement si l’endroit est devenu récemment interdit. Je lui détaille tous les logos d’interdiction du seul panneau de l’île.

 

    Comme la météo avait prévu des vents qui devaient encore se renforcer, nous avons pris la sage décision d’abandonner notre idée d’entrer dans ce lagon, de descendre plus sud vers Puerto del Rosario et de se mettre au mouillage sous la jetée du port.

 

    Après vérification nous apprenons qu’effectivement la passe d’accès de « notre lagon » a été obstruée depuis peu. Les autorités désirant réintroduire le phoque moine qui existait sur ce coin de paradis et surtout interdire aux catas de venir y faire leur carénage gratuitement comme cela leur était indiqué dans un guide de voileux…

 

    Je pense très fortement que ce n’est pas le dernier coin de paradis de notre périple où nous aurons le triste regret d’être arrivés trop tard !

 

    Bien que j’aie du mal à me résigner, nous levons l’ancre.

 

    Les quelques 25 milles seront survolés au portant en quelques heures et nous voici dans le port de commerce de la capitale de Fuerteventura. Le vent est passé comme prévu au Sud/Sud-Est et je savais bien qu’il n’y avait aucun mouillage possible pour cette direction de vent (peu courante aux Canaries).

    Vu la quasi tempête à l’extérieur, l’emplacement que nous avions prévu pour mouiller n’est pas protégé par la grande digue du port. Nous sommes fait comme des rats.

    Nous tentons une visite, à tous hasards, du port de commerce, des fois qu’un petit coin disponible nous offre un abri.

    Un ponton vide nous tend les bras du côté des petits bateaux locaux. Personne ne répondant à la VHF, nous accostons et stoppons la machine.  

    Aussitôt la Police portuaire arrive. Je tente une explication vaseuse : le mauvais temps… mon fils de 4 ans qui est malade…etc…

Tout cela ne sert à rien !!

 

    Immédiatement j’obtiens pour réponse une belle phrase de bienvenue, je peux rester là jusqu’à demain matin etc…

 

Bienvenue à Puerto del Rosario ! 


Samedi 19 décembre 2008 :

 

    Puerto del Rosario (28°29’8 Nord et 13°51’5 Ouest) est la capitale de l’île. Cette île nous la connaissions pour y avoir fait un « touch and go » d’une journée avec Paulette quelques jours avant. Nous en avions déduit tout aussi rapidement que cette île était un désert…

 

    La petite capitale très modeste est exempte de touriste. Nous avons été frappé par l’accueil qui y est des plus chaleureux. La bibliothèque nous offre gratuitement l’accès internet et moults renseignements sur la ville.

    Nous avons l’impression qu’ils n’ont pas vu de touristes depuis très longtemps ! Au fil de nos escales atypiques nous constaterons qu’il y a toujours un immense décalage entre nos impressions et celles que l’ont retirent des récits et autres guides touristiques…

 

    C’est ainsi que certains coins sont désertés des touristes et comme par hasard c’est là que nous y trouvons le plus de plaisirs…

    Mis à part certains sites incontournables que nous visitons sans trop nous y attarder nous ressentons toujours une force repoussante lorsque la concentration de touristes dépasse la saturation.

 

    Je savais déjà que pour les Antilles il faut acheter le « guide des meilleurs mouillages » de Patuelli, justement pour savoir où il ne faut surtout pas aller, faute de quoi c’est les embouteillages des Champs Elysée et les voileux « parigots » d’une semaine à se farcir.

 

    Passé le week-end je me présente enfin à la capitainerie, je leur indique que nous partirons sûrement le mardi. Après toutes les formules de bienvenue, des crayons de couleur pour Teiva on m’annonce que la place à quai nous est offerte… A ce tarif, nous resterons 3 jours à Puerto del Rosario, le temps que le temps se calme !

 

    La plage est à 200 mètres. Nous y allons recharger les batteries de Teiva qui était saturé de bagnoles. Tous les soirs nous allons dans un bar à vin très canarien se siroter quelques verres de bons vins et des tapas.

 

"Le sable des plages est le meilleur tableau d'école qui soit.
Teiva y apprend à écrire.
En partant nous laissons ses devoirs du jour qui s'effaceront
dès la première vague." 


    Mais Noël approche et le tonton Georges et notre neveu Paul sont déjà annoncés au MELIA, l’hôtel 5 étoiles de San Augustin, dans le sud de Gran Canaria.

 

    Nous profitons d’une petite fenêtre météo pour décider de rejoindre Gran Canaria d’une traite et finir par une navigation de nuit. En effet, les vent du sud/ouest, précurseurs de tempête, nous font opter pour trouver une place à la grande marina de la capitale : Las Palmas (toutes les marinas du sud étant reconnues peu à l’abris des forts vents du sud).

 

    Ce transit compte une centaine de milles de port à port, soit 24 heures de navigation.

Mais c’était ne pas compter sur le vent qui a été une fois de plus bien plus fort que prévu et les 50 milles que nous pensions faire « pépère » en navigation de nuit ce sont passés en surf …

 

Arrivée en surf à Las Palmas (Gran Canaria).

 

Mercredi 24 décembre 2008 :

    Un vent dans le cul de 30 nœuds nous pousse vers le plus grand port de commerce des Canaries. Nous n’avons pas le choix, il faut nous préparer à une arrivée à 3H00 du matin. Nous qui avions comme théorie de ne jamais arriver de nuit dans un site inconnu…   Ralentir la vitesse ou faire des ronds dans l’eau, ils disaient !

    Ceci c’est la théorie.

    Dans la pratique et aux vues des conditions nous laissons la théorie aux autres. Nous venons de passer la grande jetée du port, le vent et les creux sont exactement les mêmes qu’au large.

    L’activité du port est comme en plein jour. Nous coupons la route à un cargo qui sort et que nous n’avions pas vu. Il faut dire que les illuminations de la ville qui prépare les fêtes de fin d’année rendent les feux et balisages inexistants.

 

 

    Je n’irais pas jusqu’à dire que nous rentrons au pif, parce que nous avons radar, GPS et cartes électroniques très détaillées mais tout va très vite…

 

    Je rappelle que nous sommes toujours sous voiles… En effet, j’ai laissé ma Do dormir jusqu’au dernier moment et nous attendons d’avoir un coin abrité pour rentrer nos 2 voiles.

    Il va falloir quand même penser à les rentrer ! Nous venons de dépasser la seconde jetée, nous sommes dans le port de commerce, nous repérons l’entrée de la marina, tout va encore très vite puisque nous sommes à 8 nœuds.

    Nous n’allons quand même pas passer entre les 2 jetées de la marina sous voile. Vu le passage très étroit et l’angle à 90° nous ne tentons pas de nous la jouer à la « Tabarly ».

    Mais c’est méconnaître la facilité de manœuvre de notre gréement (tant critiqué par moi-même au début de nos navigations).

    C’est ainsi nous pouvons enrouler la grande voile sans changer de cap. D’ailleurs mon système d’emmagasineur me permet de la rentrer sans difficulté, à toutes les allures, sans se placer bout au vent et malgré les 25 nœuds de vent. Donc manœuvre très facilitée.

 

    Puis c’est le tour de notre solent, notre voile de tous les temps, qui s’enroule aussi facilement à toutes les allures et quelques soit la force du vent. Ces manœuvres seraient impensables à réaliser sur un cata classique avec un mât de 17 mètres comme le notre…

 

    Nous voulions un gréement facile à mener et bien nous l’avons !

    Merci Jean-Michel RUSSO le maître voilier de La Seyne.

 

    Ma Do nous réussi un accostage amiral. Elle angoisse toujours un peu (mais à tord) quand il faut accoster avec un fort vent notre grosse barge de 90m², dans des marinas inconnues avec des espaces très réduits. Après une bonne douche chaude, dans les 10 minutes qui suivent tout le monde est au lit.

    Teiva n’a rien vu, il continue sa nuit et dort comme un bienheureux.

    Le lendemain le capitaine du port vient toquer au hublot et nous apprendrons que le tarif au mois est tout à fait dans nos possibilités. Aussi nous en prendrons pour 1 mois !!


    La visite de Las Palmas peut commencer, il s'agit de la 5ème plus grande ville d'Espagne... Ici nous pourrons finir les aménagements de notre vaisseau et envisager la réalisation de certaines améliorations, déjà la liste est longue...
    Ceci est une autre histoire, il faut bien s'occuper !
 

HASTA LUEGO
 

D.P

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  • : Araka Nui autour du monde
  • Araka Nui autour du monde
  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
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