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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 20:45

 La Palma : isla Bonita

 

Jeudi  30 avril 2009 :

    Nous sommes enfin accostés à la marina de Santa Cruz de La PALMA,

(28° 40’ 722 N et 17° 45’ 980 W pour ceux qui nous pointent sur Google Earth).

Mais non sans mal…

    Oh, ce n’est pas la traversée depuis La Gomera, mais plutôt notre atterrissage sur La Palma qui a été épique.

    En pleine traversée, nous arrivons à joindre par téléphone  la marina de Tazacorte (seconde marina de l’île avec celle de Santa Cruz), pour apprendre qu’ils sont complets. Pas de chance, c’est pourtant celle-ci que nous avions choisie pour ses tarifs plus avantageux.

    Problème : une fois pris connaissance de cette situation inattendue, nous modifions donc notre cap pour remonter sur Santa Cruz dans un près serré face à la houle du Nord. Une fois de plus (c’est une habitude aux Canaries) nous sollicitons le couple Volvo et Cie et mon équipage est... allongé !

    Nous voici enfin entrant dans le port de commerce de Santa Cruz après 7 petites heures de traversée. Notre guide nautique signale la marina en construction au fond du port principal. Je dis à ma Do de s’y diriger doucement le temps que je prépare tout sur le pont pour l’accostage.

    Très vite, ma Do qui à l’œil me dit : « on s’est trompé, il n’y a pas de marina ici, il n’y a aucun mâts de voiliers au fond ! » 

    Le capitaine prend quand même les jumelles pour vérifier. Do a raison.

    Effectivement il y a un grand quai qui barre le fond du port et pas même de pontons ! Do en déduit : « on s’est trompé, la marina est plus au Nord » !

    Non. Cela fait 3 heures que je suis à la veille pour préparer cet atterrissage et  je sais qu’au Nord de Santa Cruz il n’y a plus âme qui vive.

    Je précise que nous n’avons pas la trace du bateau sur la carte électronique (une panne sérieuse depuis notre départ de Las Palmas ; notre ami Bernard s’occupe de trouver les causes en fonction des symptômes), mais quand même j’arrive à faire mon point régulièrement au GPS… En clair je sais où je suis.

    Nous tournons dans le port de commerce. Nous scrutons. Ma Do essaie même de rentrer avec notre grosse barge dans un petit enclos pour barques de pêche, elle a vu 2 petits mâts de voilier...

    A ce moment un zodiac d’accompagnement d’une école de voile voyant nos circumvolutions qui devaient bien traduire notre émoi, nous approche pour nous dire : «  la marina, c’est le petit passage là bas, au fond du port,  à gauche à côté du remorqueur bleu ». Effectivement il y a bien un passage là où il nous dit !

      Pas contrariant, j’explique à ma Do que nous n’avons rien à perdre d’aller y jeter un coup d’œil, prêt à battre en arrière. On s’engage dans le boyau en chicane. Toujours impressionnant avec notre grosse barge.

   Et là, devant nos yeux c’est bien une immense marina. En tous cas il y a bien une zone immense remplie de beaux pontons qui sentent le neuf, mais TOUS VIDES … Le gag !     

 

« Araka Nui, dans la marina de Santa Cruz de La Palma

Ce n’est pas un montage, elle est bien vide ! » 

    Très vite nous voyons un marinéro nous faire signe et nous guider.

     Nous passons devant le seul voilier « habité », son skipper nous interpelle : c’est un français. Le temps de le doubler nous échangeons quelques phrases, histoire de nous rassurer que nous ne soyons pas tombés dans un traquenard. Non tout est clair. Nous apprenons que Tazacorte est en gros travaux d’agrandissement, ce qui explique l’absence de place.

    Ma Do, négocie royalement le créneau et même si ce fut pour elle un jeu d’enfant, je la félicite.

    Le temps de fignoler l’amarrage nous sommes prêts pour les formalités. Accueil charmant. Puis nous rentrons pour nous restaurer, il est 16H00 et nous n’avons pas déjeuner en mer… une bonne paella réchauffée est engloutie par tout l’équipage sans remuer les oreilles.

    Demain il fera jour, l’équipage est sonné après 7H00 de shaker.

 Vendredi 1er mai 2009 :

    La matinée est consacrée au dessalage du bateau et au rangement.

    Après une petite sieste, nous avons hâte de découvrir cette capitale qui se trouve juste à la sortie de la marina.

    Passé les premiers immeubles du front de port, nous sommes transportés au XVIème siècle. En ce 1er mai, la ville est pour nous seuls mais nous verrons plus tard qu’avec les commerces ouverts et des rues animées c’est encore mieux.

    Tout le cœur de ville est piéton, les rues sont pavées, les palais et maisons de maîtres se suivent  sous une enfilade de balcons en bois.

    C’est la fatalité qui nous envoie à Santa Cruz. Nous savions, pour l’avoir appris dans nos guides qu’elle était la plus belle ville  des Canaries.

    Nous comptions bien y venir une journée en voiture depuis Tazacorte.

    Mais puisque nous y sommes nous allons faire sa connaissance à pied et durant de très nombreux jours. Elle le mérite bien.

    Très vite, en parcourant la ville historique, je suis baigné par cette ambiance historique. La sérénité qui se dégage des palmeros que nous croisons traduit bien leur bonheur, ils ont conscience qu’ils vivent une vie de qualité (nous autres briançonnais savons détecter cela dans les regards).  

   Je perçois mes petites voix qui me disent : « tu as accosté un Paradis ».

   Mais cette marina vide ?

   Est-ce à dire qu’il n’y aurait plus de candidats pour le Paradis ?

   Certes vous le savez tous, parce que je vous le répète dans chaque journal :

« le Paradis est dans notre cœur ». Par ce fait les Paradis se font secrets.

    Donc je ne vous bâclerai pas ce bijou en 2 photos et 3 phrases.

    Une plongée profonde s’impose.

    Notre unique voisin, français, vit sur son bateau à La Palma depuis plusieurs années. Pour se faire un revenu, il fait du charter en plus de son diplôme de moniteur de plongée. Il est mariée à une allemande et cet après midi ils accueillent leurs 4 clients allemands. Nous allons néanmoins tous ensemble dîner en ville d’excellentes tapas. Dès leur retour, dans 8 jours, ils nous proposent de nous faire faire une plongée et la visite d’une bodega…

 

Dimanche 3 mai 2009 :

   Aujourd’hui c’est jour de fête dans toute la ville : la Fiesta de la Cruz .

Il s’agit de la date commémorative du 3 mai 1493 où l’île a été offerte à la couronne de Castille : la conquête militaire de Santa Cruz. Cette annexion ne s’est pas faite sans quelques batailles sanglantes contre les aborigènes « Guanches » qui habitaient l’île depuis le Vème siècle avant J.C.

    La tradition veut que les 31 croix de la ville soient parées de bijoux de fleurs et de riches atours par les habitants des quartiers.

    Cette grande fête à elle seule mérite une belle description dans notre petit journal.

    Une procession composée de plusieurs fanfares et de tous les notables parcourre toute la vieille ville derrière la Sainte Croix sortie de l’église San Salvador.  Nous suivrons cette procession avec « notre malade mental de gamin » dans sa poussette : il refuse toujours de marcher en ville !


       
"La procession de la croix dans les rues de La Palma"

    Au gré de nos déambulations nous avons relevé quelques croix très joliment rehaussées de fleurs fraîches de cette île.


          "Représentations de la fiesta de la Cruz en ville" : 

 

 

     
 

 

   

          

      

    A cette journée fervente s’ajoute une tradition plus païenne : dans les quartiers populaires, les rues sont réservées aux piétons et les familles mettent en scène des personnages en situation : les Mayos.

    C’est ainsi que nous rencontrons devant la clinique : le médecin qui ausculte sa patiente ; devant le foyer : les mamies au coin du feu etc…

                                                             

 

  

   

   

   

 

« Trouvez l’intruse ! »

 

Mercredi 6 mai 2009 :

    Bon anniversaire à mon frère Guy et à Paulette (avec un jour d’avance) .

Aujourd’hui nous devions présenter notre bateau sur la cale de mise à l’eau du port. Toutes les autorisations étaient obtenues, même si les autorités trouvaient la manœuvre saugrenue : une petite cale pour les barcasses légères n’avait jamais vue une si grosse barge. Ah, ces français !

 

    En fait, j’en ai marre de me geler et de m’essouffler à frotter la coque en apnée et je suis surtout démoralisé par les algues qui poussent à vu d’œil sur notre bel anti-fouling d’Aguadulce. Je leur ai donc raconter une salade (petit problème à l’hélice) pour obtenir l’aval des autorités et aller faire un nettoyage sérieux de nos coques avec la marée.

    Hier après midi, après nos calculs de marées nous sommes allés prendre nos mesures à marée basse et faire une visite de chenal de débarquement pour retirer entre autre quelques gros cailloux sur la rampe…

    Dès notre retour, pendant que je faisais la causette avec nos nouveaux voisins suisses, ma Do m’a fait une simulation virtuelle de la manœuvre.

    Avec une petite maquette du cata judicieusement posée sur les 1,40m de marnage le tout à l’échelle et forte de nos mesures, elle me sort : « même à marée basse nous aurons les jupes arrières dans l’eau… »

    Déjà j’avais du éliminer l’idée de présenter le bateau en marche arrière : les safrans auraient touché la rampe avant les dérives !

     Il est vrai que si à marée basse j’ai toujours tout le cul dans l’eau… mon opération « commando » n’a aucun intérêt : astiquer la coque avec de l’eau jusqu’au cou, je sais faire. 

    Le comble, c’est ma Do qui me le sort en fin de soirée : « ce n’est pas grave, de toute façon nous avions prévu de faire un carénage à sec avant de partir en Casamance, nous pouvons attendre ainsi encore 3 mois !»

    Et dire que cela fait 4 jours que je me décarcasse pour monter ce bon coup et lui nettoyer sa coque à sec sans débourser un kopeck.

    Ah, ces femmes, je ne les comprendrai jamais ! 

    A mon avis quand même, ma Do ne se sentait pas bien sur ce coup  (par expérience je l’écoute toujours dans ses « visions ») :

 - manœuvrer au milieu des barcasses de pêche dans une petite darse,

- un vent assez fort était annoncé,

- seule à la barre et à bord pendant que je guidais la manœuvre dans l’eau,

- vivre durant une dizaine d’heures dans un bateau avec 30° d’inclinaison,

- sortir de la cale et rejoindre la marina à minuit…

C’est plus qu’il n’en faut pour une dame de bonne famille !

    Vous l’avez compris nous avons annulé l’opération.

    Du même coup nous allons pouvoir louer notre voiture dès demain et partir à la découverte de cette île verte (et déguster quelques vins dans les bodegas). J’ai déjà les coordonnées d’un œnologue,  président des œnologues des Canaries.

    Vous savez le moniteur de voile qui nous a indiqué l’accès de la marina à notre arrivée… il est venu voir notre bateau qui l’intriguait (ce n’est pas le premier, ni le dernier). C’est d’ailleurs sympa sous cet angle, car cela permet des contacts.

    Bien sûr, ce palmero a eu droit « en prime » à prendre connaissance de mes anciens métiers dont celui de vigneron. Je lui dis, entre autre, que j’avais hâte de connaître de bonnes bodegas sur La Palma. Comme le monde est petit, il m’a aussitôt donné le téléphone de son ami Carlos l’œnologue qui se fera un plaisir de nous guider.

    Le programme me semble déjà bien chargé et on se fout des algues vertes sur les coques d’Araka Nui à partir de maintenant …

    En attendant, puisque Lucille Savagner nous demande déjà (après 8 jours de silence) des nouvelles fraîches, nous enverrons notre journal aujourd’hui et en l’état pour…

la rassurer !

    Nous vous donnons rendez-vous pour nos premières impressions avec photos de ce tour de l’île très prochainement.

L’équipage d’Araka Nui se joint à moi pour vous dire, KENAVO.                                     

 

D.P

                                                                                             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Présentation

  • : Araka Nui autour du monde
  • Araka Nui autour du monde
  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
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