Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 07:05

 

 

 

Vendredi  26 septembre 2009 :

    Notre séquence formalités d’entrée au Sénégal aura été doublée des séquences « mécanique » et « voilerie ».

 

« Araka nui au mouillage dans la baie de Hann à Dakar »

 

    Notre ami Arona le mécano du Club de Voile de Dakar a démonté et nettoyé tout le système de refroidissement des moteurs qui en avaient besoin. Nous en avons profité pour ôter définitivement  les vannes thermostatiques (inutiles dans ces eaux à 30°). Je dois préciser ici que je possède une formation de mécanicien diéséliste de la Marine, mais n’en dites pas un mot à ma Do : j’ai horreur de la mécanique ! Et puis, il faut bien donner des petits boulots à nos amis sénégalais ! Après essais, il s’avère que nous avons gagné 20° sur la t° des moteurs. Quelle aubaine pour notre couple « Volvo et Cie ». Leur durée de vie n’en sera qu’améliorée… Je savais pourtant qu’une visite des sails-drive serait nécessaire, mais vu la pollution de la baie de Hann (classée comme une des plus polluée de la Planète en bactéries, virus, hydrocarbures et métaux lourds) le plongeur démineur que je suis a donc fait tout bonnement l’impasse sur une mise à l’eau !

    (Dès notre arrivée en Casamance, à l’étale de marée, je suis allé voir, oh ! quelle surprise !! Mes hélices s’étaient déjà couvertes de berniques de 7mm).

Hallucinant … en 8 jours ! La veille du départ d’El Hierro je les avais astiquées à la brosse métallique. Si l’eau de la baie de Hann est franchement polluée, ce n’est pas pour tous les êtres vivants ! Bien sûr la séance nettoyage s’imposa : 1H00 d’apnées successives pour rendre leur aspect brillant à mes hélices high tech -en or massif- à 2 200 € pièce). Je pense qu’au prochain carénage je me résignerai à y passer un anti-fouling, car ma pratique actuelle consistant à les saucissonner avec deux sacs poubelle doublés, n’est pas fonctionnelle : avec ces tornades tropicales imprévisibles je dois pouvoir utiliser mes moteurs instantanément.

 

    La veille du départ nous essuyons une seconde tornade au mouillage de Hann. Lors de la première, nous étions bloqués dans le taxi… à Dakar. Cette fois, nous étions à bord et témoins de la chose. Assez impressionnant tout de même : le vent passe à 35 - 40 nœuds en quelques minutes ; à tel point que si vous êtes à terre en train de siroter une bière au CVD vous n’avez pas le temps de héler le passeur pour rejoindre le bateau…

 

« Un capitaine qui veille au grain, dans la tornade tropicale.

Dakar 11H00 du matin »

    

    Pour prévenir un dérapage intempestif durant la tornade, je décide de démarrer les moteurs. Oh, surprise ! Volvo tribord ne veut rien savoir.

    Nous verrons plus tard.

 

    Lorsque le calme fut revenu et malgré une très forte houle j’entreprends ma visite moteur. Coquin ! Tu m’as déjà fait le coup : je vais te nettoyer toutes les cosses de masse… mais en vain. Qu’à cela ne tienne j’ai une parade : shunter le solénoïde de ton démarreur : démarrage à 100% garanti. Mais pour Volvo Tbd la réponse c’est : non.

 

    Le grand Arona fini par intervenir en fin de journée, verdict : le troisième relais ajouté à Toulon pour isoler toutes les masses du moteur est hors service. Mon mécano « champion du monde » me le répare en y ajoutant 2 rondelles téflon au cul : génial, il fallait y penser (en fait un relais n’est pas systématiquement H.S, il peut être simplement « fatigué », en y plaçant une rondelle ou deux, la course est diminuée et il se peut que le relais redonne satisfaction quelques temps en attendant son remplacement).

    Je lui demande néanmoins de m’en trouver un en secours avant notre départ pour la Casamance.

 

    Dès les premiers jours à Dakar et au vu des litres de sueur que je confiais à ma serviette éponge, j’ai compris qu’il fallait apporter une nouvelle amélioration à notre fier vaisseau pour encore améliorer le confort de l’équipage : il nous faut « un taud, 3 fonctions ».

 

    Je m’emploie aussitôt à cogiter la chose en tendant entre les haubans tous les bouts à dispositions pour tenter de réaliser « le patron » du taud qui couvrira le pont sur près de 40m² en fonction des points d’attaches possibles.

     Il me faut donc :

-         Un taud classique pour protéger du soleil. Je précise ici qu’Araka Nui a été particulièrement bien pensé en matière d’isolation thermique et ventilations traversantes, pour le seul carré : isolant PVC extrudé de 4 cm collé sous la tôle, Tri Iso super 9 collé dessous et le vaigrage en Komacell de 4mm. A cela s’ajoutent 4 grands panneaux Goïot de 62X62 cm, la porte coulissante et la grande fenêtre coulissante 1,40 X 0,50 m de la cuisine. En clair, c’est la quasi-totalité de la périphérie du carré qui est ouvrante et cela contribue du même coup à une vision sur 360° ! C’est bien connu : isolation et ventilation sont les 2 mamelles d’une climatisation naturelle réussie en évitant ainsi le climatiseur qui équipe les grosses unités avec le groupe électrogène qui fonctionne non-stop !

-         Un taud contre la pluie pour conserver les panneaux de ventilation du carré ouverts lorsque nous quittons le bord…et éviter une chaleur suffoquente en réintégrant le bord.    

-         Un taud qui puisse récupérer les eaux pluviales (je rappelle ici que c’est notre unique source de production d’eau pour le lavage corporel). Nous avons opté pour « pas de dessal » et aujourd’hui nous en déduisons que c’était un bon choix. En effet, si l’on déduit les situations : à la marina, dans les baies polluées, dans les bolongs boueux, il reste quelques occasions où nos 500 litres d’eau douce pour le lavage corporel, nos réservoirs mobiles de 2X60 litres d’eau potable et quasiment autant en bouteilles d’eaux minérales dans les fonds suffisent en autonomie pour traverser l’Atlantique !! Et quel bénéfice … mais surtout que d’emmerdes en moins !

 

    Mon ami Diégo le voilier améliore encore mon plan de taud et réalise en un temps record ce « monument » de 35 M². D’autres copains voileux qui attendent depuis des mois un boulot sur leurs voiles… râlent un peu contre lui, c’est normal, ici c’est l’Afrique.

    D’ailleurs ils disent merveilleusement : « Les toubabs, vous avez l’heure ; Nous, nous avons le temps !! ».

    Il faudra se fondre dans cette maxime si nous voulons rester zens.

   

    Mais avec Diégo nos rapports sont différents. Lui c’est le « lettré » du CVD. Il s’avère qu’il est aussi le contact de Martha la présidente de l’association « Corréo de la Mar » de Las Palmas (qui nous avait remis différents effets dont un carton de lunettes pour ANIMA). Il connait également beaucoup de personnalités influentes du gouvernement. C’est encore lui qui nous trouvera un contact à l’université pour recevoir des livres en espagnol que Martha désire faire parvenir à Dakar.

    Pour conclure, il nous a déposé la lourde bâche sur le pont le jour du départ, dans les temps impartis. Les essais seront faits à Djogué le jour de notre 1er mouillage en Casamance.

 

    La dernière commande de fruits et légumes confiée à « Mama-légumes » étant embarquée tout est près pour un appareillage de Dakar  demain samedi. Je sais que la météo ne nous sera pas favorable ; normalement j’avais prévu un départ la veille avec un bon vent dans le cul, mais samedi ce sera « pétole », traduisez : 24H00 de moteurs. Nous ne pouvons plus décaler notre départ, l’arrivée de l’équipe d’ANIMA ce mercredi est un rendez-vous impératif.

 

    Samedi 27 septembre 2009 :

    Nous allons embrasser toute la petite famille d’Enéa qui part aujourd’hui même pour le Cap Vert, après 6 mois entre Dakar et Casamance.

 

 « Teiva dans un numéro séduction avec sa grande amie Théa,

il lui raconte… l’histoire des chevaliers. »

 

    Pierre, le skipper d’Enéa, nous aura fourni un tas de bons tuyaux et en particulier sur le fleuve Siné Saloum une carte détaillée avec ses annotations et expériences. Justement, nous avons 2 cartons de vaisselle que nous devons livrer à des mamas de Toubacounta au fin fond du Saloum de la part de Martha. Nous envisagerons une excursion d’une bonne quinzaine de jours dans ces bolongs à l’intérieur des terres pour ressortir dans le delta du fleuve Gambie… Ce sera la séquence « bout du monde ».   

 

    Dès la sortie de la baie de Hann, Araka Nui longe l’île de Gorée, la pittoresque, que nous irons visiter lors de notre prochain séjour à Dakar, puis prend son cap plein sud.

   

« L’île de Gorée devant les buildings de Dakar »

 

    Cent quarante miles nous séparent de l’embouchure de la Casamance. La navigation se fait presque exclusivement avec Volvo et Cie, à de rares exceptions nous envoyons les voiles. Heureusement que le courant fort dans le cul compense les éléments défavorables. Je verrai en arrivant à Djogué en plongée que l’efficacité de mes hélices « Autoprop », le must, avait du être bien amoindrie à cause des berniques.

    Malgré tout, nous alignons une moyenne de 5 nœuds, et vogue la galère.

 

    Il est évident que si nous n’avions pas rendez-vous avec l’équipe d’ANIMA à Ziguinchor, nous aurions différé notre départ en attendant une météo favorable pour réaliser un parcours économique… 24H00 de moteur, ça use et cela coûte cher !

 

    En quittant Dakar nous prenons une petite daurade à la traîne avec le leurre « papier chocolat ». Le capitaine est de plus en plus opérationnel. Cette fois-ci, envoyé, c’est pesé, en moins d’une minute la bête est vidée sans effusion de sang (et donc sans option nettoyage du pont), tête et queue tranchées et le reste enfourné au congélo. Nous reprenons nos occupations comme si rien ne c’était passé quelques minutes plus tard.

 

    La navigation au moteur consiste en une veille effective au poste de pilotage : à zigzaguer entre les filets des pêcheurs. Parfois, nous découvrons juste à notre hauteur,  2 petits flotteurs en polystyrène que nous n’avions pas vus dans le soleil, tellement ils sont minuscules ou tout simplement couvert d’algues vertes. Cela étant, petit flotteur ou gros, le bout de leur filet ferait le même effet sur nos hélices. 

    Nous nous relayons donc avec Do pour nous éviter le pire.

Mais quand la nuit fut venue, bizarrement il n’y avait plus de petites bouées… nous ne les voyons plus et avancions à l’aveugle… et vogue la galère. De toute façon un bout dans l’hélice de nuit en pleine mer, pour un plongeur démineur… un jeu d’enfant !

    Néanmoins nous zigzaguons toujours autour des filets dérivants équipés de bouées munies de flasher (quand ils fonctionnent).

    Ah, où sont nos nuits de quart à dormir dans l’attente d’une alarme radar confortablement allongé dans le fauteuil de quart… le fauteuil squatté par Teiva dans la journée pour regarder ses films vidéos.

    J’avoue que ce fauteuil est génial. Je l’avais embarqué lors des travaux sur Araka Nui, juste pour me faire ma petite sieste. Puis petit à petit les aménagements se sont établis autour de lui et en définitive il a conservé sa place jusqu’au bout, malgré son encombrement (et son poids). Aujourd’hui nous n’imaginerions pas notre bateau sans ce « fauteuil amiral ». Il est vrai qu’il étonne toujours nos amis voileux (avec le piano aussi), car ce genre de meuble n’est pas coutumier sur un catamaran de taille modeste et encore moins dans un monocoque. Au départ, mon constat était que les banquettes, si elles peuvent être agréables en position assise n’en sont pas moins inadéquates pour une position de repos. Or, dans notre nouvelle vie sur le bateau la position « repos » est souvent de mise ! Ce large fauteuil en cuir est donc réglable pour obtenir une position quasi allongée. Je préconise cette « option folle » à tous ceux qui peuvent l’intégrer dans leurs aménagements. C’est un luxe qui vaut son pesant d’or ! 

 

« Le fauteuil amiral régulièrement squatté par Teiva »

 

    La nuit s’achève sans encombre et nous reprenons notre « veille de visu » continue toute la matinée. Notre atterrissage à la bouée Casamance est prévu à 14H00.

 

Dimanche 29 septembre 2009 :

    Dans la passe sud que nous empruntons, un comité d’accueil composé d’une douzaine de dauphins nous fait l’honneur de nous guider devant l’étrave. Teiva est tout excité. Ici, ils sont immenses en comparaison de ceux que nous avions pour habitude de rencontrer jusqu’aux Canaries. Il s’agit de grands dauphins gris.   

 

« Araka Nui sous escorte dans son entrée en Casamance »

 

    Nous découvrons notre premier mouillage : Djogué. Nous dépassons le village de pêcheurs très animé, disposé le long de la plage et jetons la pioche devant la pointe de l’Astrolabe. Le site est grandiose.

    Mais nous comprenons rapidement pourquoi ce village n’a pas la fréquentation touristique qu’il mérite : les mouches !

    Nous en sommes envahis. Il s’avère que ce village qui vit presque exclusivement de la pêche, fait sécher son poisson au soleil en vue de l’expédier sur Dakar. Je m’emploie rapidement à placer notre « rideau à mouches » et constate que le plus beau des paradis sur Terre comporte toujours une faille.

 

    Normal : le vrai Paradis c’est dans la tête qu’il se trouve ! Pour certains il est vrai, ils ont besoin d’un cadre adéquat pour se faire. C’est « un plus » à la mode dont nous nous sommes fait une quasi obligation. Mais je maintiens que le vrai Paradis, nous nous le « fabriquons » avec notre esprit et cela est possible que nous soyons dans un palais ou une cabane, aux Seychelles ou en banlieue, avec un gros compte en banque ou pas… Ceci correspond à la philosophie bouddhiste j’en conviens, mais cela est néanmoins vrai. Ce qui est juste dans cette philosophie (comme par hasard !) c’est que chaque être humain possède en lui le même potentiel pour arriver à ce résultat. C’est la justice des lois universelles de la Nature ! Point besoin d’engager la jihad ou une lutte des classes pour avoir droit à son petit lopin de paix intérieure.

 

 

 « Djogué : la 1ère carte postale d’entrée en Casamance »

 

    Une jolie bâtisse rouge sous les immenses filaos, des oiseaux de tous genres qui se suivent sur la plage de sable blanc et à la pointe de cette langue de sable, face à nous il y a toujours un pêcheur différent qui lance imperturbablement son épervier.

    Très vite nous aurons la visite de la Marine. Le « caporal Jean-Bernard » monte à bord accompagné par un piroguier réquisitionné pour la circonstance. Il tient à la main une feuille de papier sur laquelle je lis les mentions manuscrites : nom, nationalité et âge du capitaine…

    Nous les invitons à boire un jus de fruit pendant que ma Do leur sort notre fiche d’équipage pré-imprimée sur laquelle nous avons fait figurer toutes les mentions même les plus « inutiles » en fonction des demandes que nous avons essuyées depuis notre départ. Pour être complets nous l’avons traduite dans toutes les langues.

 

    L’après midi, je profite de l’étale de marée pour aller visiter mes hélices. Cette simple visite se traduira par une heure de grattage en apnée. Le lavage corporel étant fait par la même occasion, une petite rincette à la douche de jupe arrière et filons à l’apéro, demain il fera jour !

 

Lundi 28 septembre 2009 :

       Prochaine escale : Nioumoune où nous devons déposer « notre chargement » au campement base d’ANIMA, chez Hyacinthe, et libérer ainsi la cabine avant pour nos prochains passagers médecins.

 

    Seulement une dizaine de nautiques nous séparent de la destination, aussi nous profiterons du courant fort de marée montante.

    Nous faisons route avec notre taud de 35 m² à poste à titre de test. Un vent apparent de 15 nœuds nous fourni le label désiré : bon pour le service, merci Diego.

 

    Très vite le bolong de Nioumoune se présente sur bâbord ! Malgré les 5 cartes papiers du SHOM et la carte électronique de Maxsea nous embouquons sur le mauvais bolong de Diouloulou.  Celui que nous avions choisi était une large voie royale. Mais non, Nioumoune c’est le petit bras juste à côté. Ma Do négocie le virage et nous voilà face au petit bolong en question. Dans le doute je lui suggère de lâcher la barre et venir me confirmer mon diagnostique sur les cartes.

    Sur la berge, on aperçoit quelques cabanes de pêcheurs mais trop loin pour les héler.

     Ma Do s’applique à rester bien au milieu dans l’axe. Puis les fonds montent inexorablement jusqu’à 0 sous la quille…

    Je précise qu’Araka Nui dispose d’un sondeur FURUNO normal, comme tout le monde… mais le notre, depuis notre départ, fonctionne par intermittence et précisément avec son esprit de contradiction se met en défaut juste aux moments cruciaux… Peu importe, dirai-je, puisque notre même vaisseau dispose d’un sonar couleur TWINSCOPE avec portées horizontale et verticale. Le problème c’est que lui aussi « pette des câbles » de temps en temps en annonçant des profondeurs fantaisistes. Et puis l’eau boueuse du bolong n’arrange pas les choses. Ah, il est beau notre fier vaisseau bourré d’électronique devant son bolong qui nous cache jalousement son entrée étroite !

 

  Une pirogue avec 2 pêcheurs longe la mangrove. J’invite ma Do à s’en rapprocher malgré la profondeur réduite à néant.

    A ma première question (de parisien paumé) : « Nioumoune, c’est bien par là ? » nous obtenons un « oui » réconfortant. Nous ne sommes pas le premier voilier à passer (loin s’en faut), il y a bien un passage. Nos guides du moment nous font signe qu’il faut raser la mangrove puis reprendre le milieu du bolong. Ce que nous nous empressons de faire et miracle : ça passe !

 

    Nous avions oublié les infos des copains : aux entrées de bolongs il y a un « seuil » provenant du fleuve descendant et qui barre le passage, sauf dans un endroit. Mais ici point de signalisations de l’administration des feux et balises, ni même quelques bâtons qui nous auraient bien aidé.

    Quoi qu’il en soit on s’en fiche, ici pas de cailloux, il n’y a que de la vase et notre Araka Nui possède des tôles de 12 mm d’épaisseur dans les fonds… soit un pouce d’épaisseur !  

 

    Ma Do poursuit son bolong au feeling. Pour ma part, je sonde à l’avant avec la bonne sonde à mains des familles. Tous les 200 mètres je file « marquer » des way-point sur Maxsea histoire de conserver une trace pour la sortie ! Quoi qu’il en soit, pas de soucis, pour Maxsea actuellement nous naviguons… à terre ! Mais pas bégueule la trace de notre bateau poursuit sa progression sans faillir.

 

    Un premier méandre, puis un second et enfin une courbe à 100 °. Emotions. Les fonds remontent imperturbables jusqu’à… pas grand-chose sous la dérive ! Zéro.

    Ma Do, toujours imperturbable et au feeling essaye un peu plus à gauche puis un peu plus à droite. Une chose est sûre ce bolong est très praticable, mais nous ne sommes pas au bon endroit ! Et vogue la galère, c’est le métier qui rentre. Toutes les explications du monde ne valent pas sa propre expérience… 

 

    Là notre équipement électronique payé fort cher pour nous éviter les montées d’adrénaline en eaux resserrées s’est mis d’accord de concert pour « divaguer » ensembles. Nous sommes aveugles. Qu’à cela ne tienne, il y a le mousse à l’avant avec sa sonde à main. Mais ce qu’il annonce n’a rien de réconfortant.

 

    Je ne donne aucun conseil à ma Do pour ne pas la perturber. Et puis cela me donnera toujours la possibilité de lui reprocher après coup un mauvais choix ! C’est la politique du chef macho.

 

    N’empêche que le feeling de ma Do fera la différence et là au dernier méandre s’offre à nos yeux un petit coin magique de Paradis.

    Tout y est la carte postale bien sûr mais pas seulement. Il y a un petit quelques choses de plus. Il y a les enfants sur la berge qui nous font entendre leurs rires de joie de vivre ; et encore un petit quelques chose… une ambiance, un état de paix : nous sommes à NIOUMOUNE en Casamance et au milieu des terres à 20 kms de l’Atlantique.

 

    C’est beau, c’est magique et je pense que nous en reparlerons…

 

    Nous mouillons au milieu du bolong suivant les indications des riverains qui nous souhaitent la bienvenue les uns après les autres. Très vite je mets l’annexe à l’eau pour débarquer notre chargement d’ANIMA. Une foule d’enfant et d’ados sont déjà agglutinés dans les jupes arrière. Teiva, notre timide de fils est accroché aux basques de sa mère. Ca lui passera bien un jour !

     Deux jeunes m’accompagnent vers le ponton du campement d’Hyacinthe. Ils sont très surpris par le silence de mon moteur… électrique.

 

    Je suis accueilli au campement après avoir parcouru quelques centaine de mètres dans les rizières par un couple tellement sympas que je leur demande de nous préparer un dîner de leur choix. Nous déposons nos cartons, valises et sacs plastiques dans la case réservée à ANIMA et rentrons au bateau. Je dépose mes « porteurs » sur la berge en face du bateau. Tous les hommes du village sont assis là sur le tronc d’un gros arbre couché. Do m’apprendra que c’est une réunion des villageois.

    A l’heure indiquée nous nous présenterons au campement tout endimanchés et couvert d’anti moustiques. Notre Teiva est toujours partant pour se faire un resto !

 

    Nous invitons nos hôtes à notre table et leur indiquons nous nous sommes très heureux de fêter avec eux l’anniversaire de notre départ de France.

    L’accompagnement du « poulet cycliste » aux petits oignons était succulent. Dom la cuisinière nous a fait un gâteau dont elle n’est pas satisfaite. Nous nous régalons malgré tout puis il est temps de prendre congé.

 

 

    Teiva nous guidera avec sa lampe torche sur le chemin du retour en zigzaguant au milieu des rizières sans se tromper. Il possède déjà le sens de l’orientation, comme son père ! Nous découvrons au passage la petite grenouille minuscule qui croasse comme une très grosse et participe à ce concert nocturne.

 

    Discrètement et sans bruit, pour ne pas perturber le silence des lieux apaisés, notre « P’tit Coco » remonte le courant pour déposer son équipage déjà pleins d’émotions de ce petit coin de sérénité que nous attendions désespérément depuis un an !!!

 

 « Notre fidèle P’tit Coco, version moteur électrique solaire »

 

    Pour les amoureux des paradis perdus nous vous donnons la position de Nioumoune en Casamance (12°38’58 N et 16°39’19 O), mais vous l’avez compris Nioumoune il faut venir y vivre son ambiance et en aucun cas un survol avec Google Earth vous donnera un millième de la réalité.

 

 

 

L’équipage d’Araka Nui se joint à moi pour vous dire,

                                  

KASSOUMAYE  KEP

 

D.P

                                                                                              

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

RV 05/10/2009 10:45


Bonjour
un petit coucou je suis heureux pour vous et un peu jaloux
quelques nouvelles gerda est morte tombé a l'eau suicide ou accident...?
nous tous va bien beaucoup de travail.. peu de loisirs et plus le temps de faire du bateau
On vous embrasse très très fort...RV antje et mathéo


Présentation

  • : Araka Nui autour du monde
  • Araka Nui autour du monde
  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
  • Contact