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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 12:38

 

Septembre 2010 :

Depuis notre arrivée en Casamance, il y a maintenant 12 mois, nous avons échangé notre engouement d'aventuriers des océans contre celui de quasi humanitaires.

Do essaie d'apporter son obole sur le plan médical, pour ma part, je découvre les difficultés matérielles de nos hôtes et je tente à mon tour de leur faire profiter de mes expériences...

Bref, nous sommes des humanitaires dans nos actions mais toujours aventuriers des océans dans l'âme. Autant dire que nous nous investissons avec mesure... bien que ma Do trouve que j'en fasse trop !

Notre Teiva roule sa bosse. Comme il a la chance d'avoir une maman brillante et patiente, il avance à grands pas dans l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Il fait des progrès et son initiation se déroule bien.

Le papa complètement engagé dans son projet de développement des apiculteurs à Niomoune et dans toutes les îles du Petit Kassa est passé à la vitesse supérieure.

Le projet gigantesque et ambitieux de la coopération canadienne, pour développer la filière miel en Casamance, tant attendu, est en train d'être mis en place par une équipe sénégalaise de très haut niveau.

J'ai été invité à suivre durant quatre jours, un atelier de préparation et de mise en place du projet.

C'est en présence du "gratin de la Casamance", pour emprunter les dires du Gouverneur qui a ouvert la séance plénière, que j'ai pu apporter mon expérience et mes convictions profondes.

Aussitôt reçu l'invitation, je me suis lancé dans l'élaboration d'un topo comprenant un grand nombre de propositions. Fort des divers rapports et comptes rendus qui m'avaient été transmis aimablement par Cheikh Daoula DIALO le coordonnateur du projet, mon travail a été d'identifier les difficultés et d'y apporter des suggestions avec un éclairage extérieur.

Parti pour obtenir seulement des fonds pour mes apiculteurs Niomounois... je me retrouve embarqué dans un projet concernant toute la Région naturelle de Casamance. Peut-être restera-t-il quelques subsides pour mes amis ? Je le pense sincèrement.

Ce travail a été réalisé en 3 semaines avec l'aide d'une apicultrice professionnelle française, la seule en agriculture biodynamique de France, Sylvie RANCE dans les Pyrénées.

Je tiens à préciser que cet article se veut principalement technique, ne comporte pas d'illustrations, il est surtout destiné aux spécialistes sénégalais qui travaillent sur ce projet.

 

P1080162" L'abeille ouest africaine : Apis Mellifera Adensonii ".


32 PROPOSITIONS POUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE

DE LA FILIERE MIEL EN CASAMANCE

(République du Sénégal)

 

Rédacteur : Dominique PRACHERSTORFER

Niomoune – Basse Casamance

 

(Dernière mise à jour le 2 septembre 2010)

 

 

SOMMAIRE

 

1 - INTRODUCTION

 

2 - DES FACTEURS HUMAINS

2.1- Une organisation de Commerce Equitable

2.2 - La création d’une Appellation d’Origine Contrôlée

2.3 - Un label qualitatif bio

2.4 - Rattraper le retard sur la formation

 

3 - DES FACTEURS STRUCTURELS

3.1- La création d’une Organisation interprofessionnelle

3.2 - Renforcer l’Organisation Interprofessionnelle faîtière en y adjoignant des services adaptés aux besoins de la filière miel

 

4 - DES FACTEURS MATERIELS

4.1- Unités de traitement du miel

 

5 - DES FACTEURS COMMERCIAUX

5.1 - La création d’une « machine de guerre de la vente »

6 - DES RECOMMANDATIONS, DES IDEES

6.1 - Le niveau de technicité

6.2 - Promouvoir les coopératives mutualistes

6.3 - Les risques d’une augmentation de la production

6.4 - Faciliter l’accès aux matériels

6.5 - Au niveau de la commercialisation

6.6 - Au niveau de l’organisation de la filière

6.7 - Au niveau de l’environnement

6.8 - Au niveau d’un projet pilote

 

Extraits de « Requiem pour les abeilles » Dominique GUILLET

Récapitulatif des 32 propositions

 

 

"Ils ne savaient pas que c'était impossible,

alors, ils le firent ! "

 

1 - INTRODUCTION

 

a) Points forts

Depuis de nombreuses décennies les bailleurs de fonds et autres ONG ont bien pressenti la formidable opportunité et la potentialité de la filière miel en Casamance. Cette filière pourrait assurer (avec l’anacarde, la mangue, la banane…) une autonomie économique et durable aux populations paysannes représentant la moitié des 50% de familles sénégalaises situées sous le seuil de pauvreté.

Ce potentiel est réel : le miel de Casamance c’est de l’OR à tout point de vue.


  b) Points faibles

Il est une constante qui apparait à la lecture attentive des diverses et multiples études, rapports, audits et expériences réalisés sur la filière miel (il en est de même pour un grand nombre de pays d’Afrique de l’Ouest).

Les problèmes récurrents liés à ces difficultés se résument généralement à QUATRE NIVEAUX distincts :

- humains

- structurels

- matériels

- commerciaux


  c) Constats

Force est de constater que malgré les efforts et les investissements engagés, cette filière tant prometteuse en est toujours au même niveau de stagnation et en tous cas n’a pas atteint l’objectif minimal escompté.


  d) Propositions

Il va de soi que grand nombre des propositions suivantes sont adaptables aux autres filières agricoles comme l’anacarde, la mangue, la banane etc.…

 

Pro° 1 : Etablir un schéma directeur de l’ensemble des mesures définies à l’issue des ateliers de KOLDA et comportant la désignation des acteurs chargés de leurs mises en place suivant un calendrier précis.

Après 5 années d’études… à présent il faut passer à l’acte !

 

 

2 - DES FACTEURS HUMAINS

 

2.1 - Une organisation de Commerce Equitable

 

a) Points forts

"Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine", article 23 de la déclaration universelle des droits de l'homme.

Le Commerce Equitable apparaît aujourd'hui comme un outil complémentaire (sinon alternatif) à l'aide au développement. L'acte commercial permet d'organiser

un transfert de richesse Nord/Sud dans lequel la dignité du bénéficiaire est respectée.

Toutes les organisations de Commerce Equitable sont à l'origine d'acteurs économiques de pays riches, l'exemple le plus connu étant celui du Néerlandais Max Havelaar. Qu'un pays africain décide de Commerce Equitable serait une reprise de son propre pouvoir, de sa propre histoire.


 

b) Points faibles

L’Afrique est reconnue comme un continent à « la main d’œuvre pas chère ». Cette tendance explique le niveau de vie très bas. Mais le commerce mondial abuse de la situation de ce continent ; le seuil de pauvreté est considéré comme la référence de rémunération du paysan !

 

C’est une erreur, voire un abus sur une situation désastreuse.

La filière miel, en Casamance en particulier, connaît cette situation abusive : l’apiculteur ou le « récolteur de miel » qui apporte son produit au groupement local est trop souvent rémunéré à 250 FCFA le Kg de gâteau de miel. Cette faible rémunération ne l'incite pas non plus à respecter le fruit du travail des abeilles…

le MIEL.


  c) Constats

Aucun développement durable de la filière miel ne pourra être envisagé sans une juste répartition des revenus producteur/consommateur. Il n’est point nécessaire de lancer des spots médiatiques sur ce métier pour inciter des recrues et augmenter ainsi la production nationale ! Une juste rémunération des apiculteurs sera suffisante pour entraîner leurs pairs dans l’aventure.

Par ailleurs, il est un autre aspect à ne pas sous évaluer : la motivation. Sans une juste rémunération on ne peut exiger de motivation du paysan.

Le paysan est l’homme de l’art qui par ses connaissances et son travail nourrit l’humanité. Son intervention est vitale. Si dans certains cas la machine peut faciliter sa tâche, en aucun cas elle ne se substituera au savoir faire du paysan.

Il est inconcevable d’imaginer que cet homme de l’art ne soit pas positionné à sa juste valeur à l’échelle de la production-distribution. Le travail du paysan ne doit jamais être sous évalué. Il doit en être de même de sa rétribution.

 

 

d) Propositions

La rémunération des producteurs certifiés « Commerce Equitable » doit leur permettre de couvrir leurs coûts de production et de s’assurer des conditions de vie décentes. Mais pour déterminer ce seuil, un patient travail d’étude et de concertation est nécessaire.

 

 

Pro° 2 : Engager une démarche de COMMERCE EQUITABLE avec une certification et un LABEL.


 

2.2 - La création d’une Appellation d’Origine Contrôlée


 

a) Points forts

Le mémoire exemplaire d’un sénégalais M. Pape TAHIROU KANOUTE tombe à point nommer en 2009.

Prendre connaissance de ce master : "Politiques des signes d’origine et de qualité dans l’économie agricole en France et en Europe : Les Indications Géographiques, quels enseignements pour l’agriculture Sénégalaise"

(PDF, 520.7 ko) : link

Ce master d’économie analyse les possibilités de mise en valeur de la production agricole en Afrique de l’ouest et au Sénégal en particulier,

en exhortant les acteurs et les Administrations à créer des Appellations d’Origine Contrôlée sous indication géographique (I.G). Je cite sa conclusion :

« L’enjeu véritable de la valorisation des produits locaux en Afrique de l’Ouest réside d’abords dans le contrôle de qualité (création et mise en œuvre de cahiers des charges par les acteurs eux-mêmes) et la protection de la réputation des produits.

Malgré la richesse du potentiel de la région ouest africaine en matière de «Produits d’origine » qui peuvent prétendre à une appellation sous indication géographique, de nombreuses questions peuvent être soulevées et méritent d’être

étudiées selon les experts impliqués dans l’accompagnement du processus. En effet, comme nous l’avons vu, un processus de mise en place de signes d’identification et de l’origine est une affaire collective.

Elle nécessite l’implication de tous les acteurs des filières considérées. Pour qu’un système d’acteurs puisse construire une filière performante dans un environnement fortement concurrentiel et mondialisé, un certain nombre de conditions doivent être réunies (Barjolle et Sylvander, 2003)»


 

b) Points faibles

Toujours du même auteur : « Ainsi au plan organisationnel, la mise en place d’IG est conditionnée en premier lieu par le renforcement des capacités des organisations de producteurs (OP) concernées, capables de négocier avec les acteurs de l’aval de la filière pour promouvoir des produits différenciés, spécifiques grâce à une segmentation du marché. Le type d’organisations devra être adapté aux types d’acteurs et aux conditions de production, afin de conserver localement une partie de la valeur ajoutée générée par l’IG. L’expérience de l’UE a montré que la présence d’une OP, voire d’une partie des acteurs de la filière, dynamique et organisée est indispensable pour faire aboutir la démarche.

A contrario la léthargie des acteurs engendrera un échec cuisant.

Le renforcement des capacités des organisations de producteurs pourrait d’abord s’organiser autour d’un meilleur contrôle de la commercialisation des produits existants et sur l’amélioration de la qualité générique, notamment en matière agro-alimentaire (Bridier, 2008) ».

 

Cela constitue pour le rédacteur du mémoire une première étape indispensable dans une démarche de mise en place d’IG. Pour lui, une telle démarche n’est qu’un outil au service de la valorisation des ressources locales par les acteurs.

 

Au cas contraire il y a risque que l’IG n’ait pas d’impacts positifs sur le développement local (exemple du Tequila mexicain).


 

c) Constats

« En Afrique de l’Ouest, aucun produit ne bénéficie actuellement d'une indication géographique officielle alors que la région dispose d’un potentiel important. Dans de nombreux pays d'Afrique francophone, ce signe distinctif n'est pas connu des administrations (Ministère du Commerce, Ministère de l'Agriculture). Il l'est encore moins des producteurs ruraux et de leurs organisations.

L’expérience d’autres pays en développement, et notamment du Maroc avec l’huile d’Argan, montre qu’il est possible de mettre en place ces conditions et que les coûts associés, et notamment les frais de contrôle et certification, peuvent être largement compensés par une meilleure valorisation des produits (Fautrel, Sureau, Thirion, et Vittori, 2009) ».


 

d) Propositions

Dans le cas du Sénégal, un double enjeu se pose au même moment ; celui de l’apprentissage qui nécessite une longue durée pour non pas copier le modèle européen, mais lancer les bases d’une construction collective prenant en charge les spécificités socio-économiques du pays et de la sous région. L’autre enjeu est celui de l’anticipation et de la fonction de veille par rapport aux négociations internationales sur le commerce. L’Afrique de l’Ouest possède à cet effet des outils institutionnels pour relever ces défis, en l’occurrence l’OAPI (Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle), la CEDEAO (Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest), la CMA/AOC (Conférence des Ministres de l’Afrique de Ouest et du Centre).

Une concertation doit s’établir rapidement entre les Administrations compétentes et les acteurs pour définir les grands axes et le cahier des charges d’une AOC « Miel de Casamance » en vue du vote de la loi et de son Décret d’application.

 

Pro° 3 : Création d’une Appellation d’Origine Contrôlée

« Miel de Casamance ».


 

2.3 - Un label qualitatif : BIO (applicable par toutes les filières agricoles)

 

 

a) Points forts

L’Afrique de l’Ouest, le Sénégal et la Casamance en particulier, possèdent encore des « terres vierges » donc exemptent de toutes pollutions. Ce patrimoine doit être conservé face aux dérapages des pays industrialisés.

 

C’est donc une formidable opportunité de savoir conserver cet avantage face aux continents du nord qui s’enlisent dans une culture industrielle avec toutes les conséquences néfastes que cela engendre tant pour le consommateur que pour la préservation des terres arables.

 

Prenons l’exemple des ex-pays de l'Est. Ils n'utilisaient AUCUN pesticide « par manque d'argent ». Ils ont été la cible, voire la proie, des industriels pétro-chimiques et ils sont en train de « dégueulasser » leurs terres à un point inimaginable pour entrer dans « le » système européen.

Les états africains peuvent encore saisir cette chance qui deviendrait leur atout économique s’ils décidaient de faire de leur terroir une terre sans chimie.

Ils s'assureraient un développement sain et offriraient la santé pour les hommes et la Terre. Certaines cultures intensives du Sénégal sont déjà sous le joug de la pétrochimie… il est encore temps de dire : « CA SUFFIT » !!

L’Afrique est le dernier continent possédant des terres arables encore propres ; elle détient une position historique ; une part de l'avenir est dans la démarche qu’elle entreprendra ....


 

b) Points faibles

Force est de constater que la culture industrielle intensive, non respectueuse du vivant est la plus grande erreur engagée par le système économique actuel.

La rencontre d’un Commissaire européen (en charge du dossier : culture biologique) invité une journée sur mon domaine viticole des Côtes du Rhône Villages a confirmé ma crainte de voir cette culture intensive se poursuivre encore pendant longtemps ! En effet, à sa remarque : « le panier de la ménagère baisse en Europe ; pour le consommateur il convient d’adapter le coût des produits agricoles aux ressources consacrées à l’alimentation ». Au premier chef cette optique est louable voire sociale… mais elle possède des conséquences catastrophiques.

En effet, ceci revient à dire : « les consommateurs disposent de moins d’argent pour l’achat de leur nourriture, mais nous politiques, devons faire en sorte de maintenir leur pouvoir d’achat… en faisant baisser les prix des aliments ».

C.Q.F.D pensons-nous. Eh bien non !

Nous en revenons à la même politique déjà appliquée par la grande distribution : baisser les prix à outrance soit disant dans l’intérêt du consommateur. Il n’en est rien ! Il s’agit surtout d’un phénomène de concurrence entre grandes enseignes : c’est la course à celui qui affiche les prix les plus bas. D’ailleurs leurs publicités

 

grand public ne sont basées que sur la notion de prix bas (jamais la qualité). Cette politique du prix bas engendre de la part des producteurs la nécessité de pratiquer

une culture de plus en plus intensive et industrielle pour vendre leurs produits à la grande distribution qui sélectionne ces prix.

Nous savons que c’est une grave erreur.

 

Le paysan est le seul garant qui devrait refuser de produire autrement que dans les règles de l’art. Ce n’est pas la qualité de son produit qui doit compenser les erreurs économiques d’un système obsolète qui mène à la ruine.

Et pour les âmes sensibles qui pensent à juste titre aux consommateurs citadins et pauvres, je dis : « mangez mieux en mangeant moins de mauvais trop cher ».

En effet, le consommateur, on la vu, aurait tendance à éroder son budget et à faire « des coupes sombres » sur la qualité de son alimentation face aux multiples restrictions budgétaires qui se présentent à lui. Il devient moins exigent.

 

Mais il a des circonstances atténuantes, car il est trompé, on ne lui dit pas

tout !

Il est trompé la plupart du temps sur les véritables dangers de certains aliments pour sa santé. Et ce danger n’est pas uniquement lié à une quelconque pollution de ses fruits ou légumes par des produits phytosanitaires… Les aliments industrialisés n’ont plus de goûts ni de saveurs et plus du tout d’énergie.

 

D’autre part, les multinationales de produits phytosanitaires détiennent aussi des « circonstances atténuantes »… elles produisent à la demande des producteurs !

C’est donc l’homme de l’art - le paysan - en pareille circonstance qui est entièrement responsable de la qualité du produit qu’il place sur le marché.

 

Le Sénégal, comme le plus grand nombre de pays d’Afrique est encore « vierge » des pratiques intensives et industrielles à outrance comme le pratique les pays soit disant « développés » (sic).

Il se présente à un carrefour déterminant :

Ou

- l’agriculture sénégalaise suit le chemin des pays industrialisés qui mènent droit au précipice ;

Ou bien

- le Sénégal et les pays émergents, forts de l’expérience aujourd’hui démontrée, appliquent une culture respectueuse du vivant c'est-à-dire proche de la culture biologique ou encore mieux de la culture biodynamique qui montrent la bonne voie.


 

c) Constats

Bien que certains experts (mal informés ou mal intentionnés) prétendent que l’obtention du label DEMETER qui sanctionne la pratique de l’agriculture biodynamique n’apporte pas de plus value, il convient de préciser un point majeur.

L’agriculture biodynamique est la culture du vivant. Il s’agit donc d’abord d’un état d’esprit qui donne la certitude au paysan d’avoir une vision claire de son activité au sein de la Nature. C’est donc une garantie, pour lui, qu’il n’interfèrera jamais le lois de la Nature et que sa production sera toujours d’un niveau qualitatif d’excellence. Ce point à lui seul justifie une telle démarche responsable face à la course aux rendements comme le pratique 80% de l’agriculture mondiale.

 

D’autre part, cette culture industrielle détruit la vie du sol, fait remonter la roche mère et en quelques sortes hypothèque à long terme les terres arables de la Planète (qui se trouvent déjà insuffisantes, à l’heure actuelle, pour le nombre d’humains à nourrir).


 

d) Propositions

Depuis 2005, l’Europe et l’Amérique du Nord rencontrent un phénomène nouveau et encore inexpliqué : la disparition des abeilles du rucher jusqu’à 90%.

Il s’agit du « syndrome d’effondrement des ruches » dont on ignore officiellement les causes profondes. Vraisemblablement on pense à un excès de pollutions cumulées (sur les fleurs par les produits phytosanitaires systémiques, dans l’air respirables et au niveau des ondes hertziennes électromagnétiques). Par chance,

ces 3 fléaux commencent à peine à se propager en Afrique ! Pour une fois le retard de ce continent est un grand avantage…

 

Les paysans africains ne doivent pas choisir la voie de l’agriculture industrielle productrice de pollutions qui met en péril la survie de l’humanité.

Les paysans africains doivent prendre conscience de ce qu’il ne faut pas faire dans la mesure où, à l’heure actuelle, ils peuvent observer les dégâts avec un recul suffisant. La disparition massive des abeilles est un indicateur fort qui rappelle que le Rubicon est atteint.

 

Albert Einstein, après Rudolph STEINER le fondateur de la bio-dynamie, s’est exprimé à propos de ce sujet de manière très réaliste : "lorsque l'abeille aura disparu de la Terre, l'être humain n'aura plus que quatre années à vivre. Plus d'abeilles, plus de pollinisation, plus de plantes, plus d'animaux, plus d'êtres humains."

Il y a une agriculture « propre » respectueuse du vivant, de la santé du consommateur et de la qualité de l’environnement c’est l’agriculture biodynamique. Pour l’apiculteur il s’agira d’une philosophie où tout est mis en œuvre pour répondre d’abord aux besoins des abeilles. Dans un niveau moindre il y a l’agriculture biologique aux normes moins exigeantes.

 

En laminaire je dirai qu’il serait bien dommage de ne pas solliciter le label Bio minimal, dans la mesure où les pratiques traditionnelles et le miel de Casamance sont déjà « naturellement biologiques » en l’état et avant récolte puisque les abeilles évolues dans une brousse et des mangroves exemptent de toutes pollutions chimiques et OGM.

 

Pro n° 4 : Engager la filière vers une conversion minimale de l’agriculture biologique, ou mieux pour les plus convaincus, vers l’agriculture biodynamique avec l’obtention du label DEMETER.


 

2.4 - Rattraper le retard sur la formation


 

a) Points forts

Tous les experts qui ont pratiqué en Afrique reconnaissent : « si au départ, le manque de technicité des acteurs est caractéristique, on obtient un meilleur succès en les aidant individuellement sur le terrain pour peu qu’ils soient très

motivés au départ, et dans ce cas ils apprennent très vite ».

Il faut persévérer dans ce sens.


 

b) Points faibles

La filière apicole de Casamance s’appuie principalement sur des connaissances très limitées de l’abeille et une pratique traditionnelle très peu technique.

Les apiculteurs sont des paysans dont un très grand nombre sont analphabètes.

Cette situation ne peut pas permettre une augmentation importante de la production de miel sans rencontrer de graves difficultés si elle n’est pas corrigée.


 

c) Constats

Les actions de quelques acteurs d’appui à la diffusion de techniques modernes apicoles sont intéressantes mais restent limitées en nombre de paysans concernés. Il serait nécessaire de toucher un nombre d’apiculteurs plus important pour avoir un impact significatif sur le volume de la production.

 

Aucun centre de formation reconnu n’est en état d’exercer actuellement. Le Centre de Guérina (dans le sud de Bignona) qui avait connu une grande activité de formation apicole est actuellement en léthargie. Il en est de même du CEPRA d’Affiniam. D’autre part, les formations individuelles sur le terrain sont très rares du fait du manque de formateurs suffisants.


 

d) Propositions

La filière doit comporter un certain nombre d’apiculteur « spécialistes » : des leaders. Il s’agira principalement des dirigeants de groupements. Ceux-ci doivent maîtriser un grand nombre de notions apicoles tant sur la connaissance de l’abeille et la conduite du rucher que sur les techniques de traitements du miel jusqu’à la mise en pot.

Ces spécialistes suivront des formations régulières sur le terrain avec un apiculteur professionnel maitrisant l’apiculture biodynamique. Ils deviendront les

formateurs de leurs groupements d’apiculteurs. Ils auront entre autres missions de transmettre les connaissances sur le terrain par des visites régulières de suivi et de conseils. On peut proposer d’axer davantage les interventions avec les actions suivantes :


 

2.4.1 - Renforcer les services en matière d’appuis techniques


 

Pro° 5 : Le développement de Centres de Formation Apicole au sein des Groupements d’apiculteurs avec un formateur reconnu pouvant constituer une structure de service de proximité permanente auprès des apiculteurs.

 

 

Ce type de formation existe déjà dans le cadre de GIE d’apiculteurs. Ils ont aménagé des lieux de démonstrations pratiques qui permettent aux formations dispensées d’être plus efficaces.

 

Pro° 6 : Les échanges paysans.

Il est nécessaire de valoriser les expériences réussies et avancées en matière d’apiculture. Des paysans de Niomoune ont été convaincus de l’intérêt de l’apiculture moderne en voyant la réussite d’autres paysans de Kafountine.

 

Pro° 7 : La formation de leaders au sein des groupements paysans.

Ils pourraient servir de relais auprès des autres paysans pour favoriser la diffusion des connaissances et des pratiques acquises. Chaque directeur de Groupement devrait avoir la qualification de leader-formateur.

 

Pro° 8 : La diffusion large de manuels et fiches techniques accessibles aux paysans.

 

Pro° 9 : Augmenter le nombre de techniciens spécialisés en apiculture

 Pour assumer leurs attributions, les Services décentralisés doivent être dotés de personnels qualifiés et en nombre suffisant. Il faudrait donc former des personnes ressources dans des organismes spécialisés pour pouvoir assurer à la fois la formation de formateurs et la formation des apiculteurs.

De plus, il faudrait former au niveau des écoles agricoles et d’ingéniorat en sciences agronomiques, des spécialistes en apiculture pour pouvoir à terme disposer d’un réservoir de techniciens compétents (quitte à envoyer les premiers se former en Europe). Sur certaines régions étudiées, des écoles agricoles existent et pourraient développer des filières de spécialisation. Elles pourraient d’ailleurs dans ce cas héberger des centres de formation régionaux destinés à la fois à la formation de techniciens mais aussi à la formation des apiculteurs.

Les techniciens d’élevage sortis des écoles agricoles ne sont aujourd’hui jamais suffisamment spécialisés en matière d’apiculture et manquent cruellement de pratique.

 

Pro° 10 : Développer la recherche

 Pour une meilleure connaissance des plantes mellifères et du phénomène d’essaimage des colonies d’abeilles, il serait fondamental que des recherches puissent être menées. Les résultats de ces recherches devraient permettre aux apiculteurs :

- de maîtriser les périodes pour mener chaque opération à partir de la connaissance des différents calendriers de floraison des essences mellifères disponibles dans leur région ;

- de prendre les dispositions nécessaires pour faire face au perpétuel problème de l’essaimage (désertion de l’essaim de la ruche propre à a.m adansonii africaine) si celui-ci est bien lié à la conduite technique de l’élevage;

 

- de faire le choix des meilleures plantes mellifères à reboiser afin d’avoir une production du miel continue sur toute la saison sèche et qui serait spécifiée selon l’origine florale.

- d’avoir une meilleure connaissance sur les différentes origines et présences de miellats sur les végétaux dont l’abeille est gourmande. Les miels qui en découlent sont différents des miels de nectars, mais leurs propriétés sont sûrement très intéressantes à connaître car le miellat est issu de la sève des végétaux et provient des excrétions des parasites (pucerons en particulier). Donc, l’origine du miellat, la sève de la plante, peut être d’un apport en molécules hautement médicinales qu’il convient d’explorer pour en utiliser les bienfaits sur le plan marketing et humain… 

- de mieux connaître les plantes mellifères. Il est fondamental de connaître le potentiel nectarifère et pollenifère des arbres et arbustes de la brousse casamançaise. Celle-ci représente une pharmacopée très riche. Il serait étonnant de ne pas avoir de surprises extraordinaires sur la teneur des pollens en vertus médicinales. Il serait bon de connaître aussi avec précision, les plantes qui permettent la récolte de miellat. A priori aucune recherche n’a été effectuée sur les différents lieux de récolte. Il serait fondamental que ces recherches puissent se réaliser rapidement, car le résultat risque de permettre d’aboutir à la plus grande opération de marketing qu’il soit : le miel de Casamance c’est de l’OR. C’est un aliment diététique reconnu mais c’est en plus un médicament pour un grand nombre de pathologies bien au-delà de ce que l’on croit aujourd’hui. Le jour où les résultats des recherches seront connus, sur les pollens aux vertus médicinales, il conviendra de lancer une formidable campagne de marketing au monde entier…

Comment peut on imaginer que sur les quelques 2.000 arbres et arbustes recensés en Afrique de l’ouest, dont 90% possèdent des vertus médicinales reconnues, il n’y en ait pas…un peu… dans les pollens et donc dans les miels !!

Je dis qu’il s’agit d’une immense opportunité qu’il faut explorer en urgence. 

 

      Pro° 11 : Développer un Centre de Formation Agricole en Casamance comprenant entre autre l’apiculture ainsi que les autres filières porteuses.

 Pour une meilleure connaissance des plantes mellifères.

Des formations à plusieurs niveaux : des séminaires ponctuels de 2 ou 3 jours, des certificats de technicien sur une année et des diplômes d’ingénieurs en plusieurs années.

 

Pro° 12 : Financer la mission d’un formateur. Il s’agira d’une mission bi -annuelle de 8 jours reconductible sur 5 ans, assurée par un apiculteur professionnel bio-dynamiste. Il pratiquera sur le terrain la formation des « leaders » (les cadres-formateurs des groupements) avec une progression dans la connaissance de l’abeille.

Un cahier technique sera établi au gré des missions en vue d’être diffusé dans tous les groupements apicoles. La forme « schémas pédagogiques » sera privilégiée pour être comprise et assimilable par tous.

 

Pro° 13 : Financer la mission d’un consultant. Il s’agira du même professionnel apiculteur qui poursuivra sa mission de formation par une visite de toutes les unités durant 2 à 3 semaines, lors des périodes de récolte, pour apporter conseils sur les lacunes constatées. Un rapport sera rendu par unité d’extraction ou groupement avec les préconisations tant humaines que matérielles.

 

 

3  -   DES FACTEURS STRUCTURELS

 

3.1 - La création d’une Organisation interprofessionnelle


a) Points forts

Le bien fondé d’une Organisation Interprofessionnelle Agricole pour toutes filières n’est plus à faire. Non seulement elle est nécessaire et obligatoire mais elle doit être efficace. Elle est une des principales conditions de réussite de la filière.

Cette Organisation centralisée apporte à travers la gamme de missions offertes une réponse à toutes les attentes du paysan. Sa constitution ne doit pas être négligée.  Cette structure rendrait leur dignité aux paysans. Et à partir de là, ne pas brader le miel, pour eux, serait plus évident.

Récemment le Président de la République du Sénégal a mis en place un département ministériel chargé de l’Organisation des Producteurs, dont les agriculteurs, et ce syndicat a été mis en place dans toute les Régions.

Les représentants des filières soutenues par le PADEC devront rapidement se mettre en rapport avec ce département ministériel pour suites à donner.


 b) Points faibles

Le rapport TECSULT « Portrait de l’apiculture Kodoise » dénombre 1 Fédération Régionale ; 3 Fédérations Départementales et 5 Fédérations d’arrondissement pour la seule région de Kolda… et précise :

« Ces organisations faîtières régionales et départementales ont été crées en 1999. Depuis, leur création,  elles  ont  été  peu  fonctionnelles  et  ce  à  cause  de  nombreuses  difficultés rencontrées.  Le  PAEFK  en  2003  a  commencé  des  appuis  ponctuels.  Bien  que  ces structures aient été crées, peu d’activités ont été concrètement menées sur le terrain par ces dernières depuis leur création. Le PAEFK a insufflé une dynamique d’organisation depuis sa mise  en  œuvre.  Les  apiculteurs  ont  manifesté  le  souhait  de  renforcer  les  structures existantes  et  d’élargir  leur  organisation  au  niveau  des  communautés  rurales  et  des Arrondissements afin de se munir davantage de services communs ».

 Ce souhait louable émanant de la volonté des apiculteurs est une grave erreur.

 La multiplication des entités faîtières diminue leur efficacité ; d’autant plus  que les acteurs enthousiastes sont peu nombreux pour les faire fonctionner…


c) Constats

Le rapport cité ci-dessus démontre bien, et pour cause, la quasi léthargie des multiples Fédérations au niveau de la seule sous région de Kolda. Qu’en serait-il en multipliant autant de Fédérations pour les 2 autres régions de Casamance ?

Que vaut-il mieux : 1 grande Fédération qui fonctionne ou une douzaine qui sommeillent ?


d) Propositions

Il est impératif de développer une seule « Organisation faîtière Interprofessionnelle » qui doit donner satisfaction à tous les acteurs pour l’ensemble de la filière de la Région géographique Casamance, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Pour tous les avantages qu’elle procure, très peu nécessitent la proximité.

On pourrait envisager éventuellement une « Section secondaire » pour la Région de Casamance qui n’hébergerait pas l’Organisation faitière principale (par exemple Ziguinchor) mais ceci est fortement déconseillé dans l’immédiat. Nous savons qu’en multipliant les organisations on divise les résultats…

Pour une fois, je propose de prendre pour exemple de référence : le Conseil Interprofessionnel des vins de l’Appellation Côtes du Rhône, la 2ème plus importante Appellation vinicole de France, un domaine que je connais bien pour en avoir fait partie pendant 11 années.

Voici ce que pourrait donner, avant adaptation locale, cette Organisation Interprofessionnelle Agricole de la filière miel suivant le modèle français des CdR.

 

3.1.1 - Missions

Cette Organisation, représente l'ensemble de la filière miel de Casamance et fédère toutes les démarches promotionnelles, économiques et techniques des miels d'Appellation d'Origine Contrôlée. Elle doit inclure  producteurs, exportateurs et conditionneurs.

Procéder à toutes les études et centraliser les statistiques permettant la connaissance de l'offre et de la demande ainsi que l'adaptation et la régulation de l'offre.

Mettre en œuvre les règles de mise en marché et de conditions de paiement.

Etudier et promouvoir toutes mesures d'ordre scientifique et technique susceptibles d'améliorer la qualité des produits.

Organiser au Sénégal et à l'étranger la promotion des miels d'AOC de Casamance.

Procéder au contrôle de l’application du cahier des charges de l’Appellation d’Origine Contrôlée « miel de Casamance ».

 

3.1.2 - Fonctionnement

Une Assemblée générale : qui prend les décisions générales.

Son rôle : 

  Arrêter la politique générale à suivre et les objectifs généraux à atteindre.

  Contrôler l'action du Bureau par rapport aux objectifs fixés.

  Approuver les comptes et voter le budget.

 

Le bureau : c’est l'exécutif.

Son rôle :

  Exécuter ou faire exécuter le programme fixé par l'Assemblée Générale et, le cas échéant, les missions que celle-ci a pu lui confier.

   Vérifier le bon fonctionnement administratif de l’Organisation.

  Décider des orientations stratégiques et budgétaires de l’Organisation sur proposition des Commissions.

Les commissions : “décisions segmentées”

Elles sont au nombre de quatre :

  Technique,

  Economique,

  Promotion

  Suivi Aval de la Qualité

Elle met en œuvre des actions visant à assurer le respect de la qualité des produits mis à la disposition des consommateurs.

Chacune analyse les propositions des sections par Région, veille à leur cohérence et les transmet au Bureau pour approbation.

Les sections par Région : "l'exécutif pour chacune des Régions "

Leurs rôles :

Elles mettent en œuvre des actions sur les plans Economique, Technique et Marketing en faveur de ces Régions.

(Dans l’immédiat je considère que ces sections ne sont pas encore nécessaires).

 

3.1.3 - Stratégie


•  Améliorer la qualité, développer la traçabilité des produits en prenant en compte les attentes des consommateurs et le respect de l'environnement.
•  Améliorer la cohérence et l'efficacité des outils de contrôle amont/aval (y compris l’autocontrôle).

•  Renforcer le partenariat amont/aval et améliorer la gestion du marché.
•  Protéger et préserver le patrimoine apicole.

•  Améliorer significativement la qualification des hommes.

•  Améliorer l'image au Sénégal en développant la communication, la promotion et le tourisme apicole.

•  Développer les parts de marché au Sénégal, segmenter l'offre et attirer de nouveaux consommateurs.

•  Accroître les ventes à l'exportation en développant significativement les moyens (collectifs et entreprises) pour atteindre 40% des ventes.

•  Améliorer la compétitivité des entreprises et regroupement apicoles et assurer leur pérennité.

•  Mettre en place une véritable politique d'information interne et externe.

 

Pro° 14 : Création d’une Organisation Interprofessionnelle : la maison du miel de Casamance (par ex. « CASAMIEL ») sur le modèle d’une des principales interprofessions vinicoles françaises.

En France, cet organisme réservé aux services de la filière est financé exclusivement par celle-ci.

 

3.2 – Renforcer l’Organisation Interprofessionnelle faîtière en y adjoignant des services adaptés aux besoins de la filière miel.


Les paragraphes précédents sont un copié collé d’une Organisation vinicole française… Il s’agit de démontrer toutes les activités que l’on peut retrouver pour accompagner les professionnels d’une filière agricole. Dans la présente étude il convient d’adapter cette structure aux besoins des apiculteurs de Casamance.

La liste est non exhaustive…

 Il s’agit de renforcer la place des producteurs dans la filière apicole et accompagner les apiculteurs pour mieux valoriser la production de miel.

Etant ici précisé que le schéma présenté de cette Organisation Interprofessionnelle peut être entièrement « calqué » par les autres filières agricoles du projet : mangue, anacarde, banane…

 

3.2.1 - Objectif

Mise en place d’une structure pérenne au niveau de la sous région Casamance et représentative des producteurs. Reste à déterminer le lieu d’implantation.

J’apprends qu’un projet prend forme à BIGNONA. Il s’agit d’une « plateforme économique agro-alimentaire » étudiée à l’échelle de toute la Casamance.

Ce projet sera opérationnel dans 3 années environ. Il convient de prendre des contacts avec la Municipalité coordinatrice de ce projet d’envergure afin de négocier un emplacement de taille. Pourquoi pas y placer le « Centre de Traitement » de la filière miel de Casamance et pourquoi pas le siège de l’Organisation Interprofessionnelle ? En effet, la ville de Bignona qui n’a pas été choisie par hasard par les bailleurs de fonds, c’est une ville stratégique qui draine Haute et Basse Casamance sur le grand axe de Dakar…Ce projet pourrait suffire à lui-même et faire ainsi l’économie des 2 centres proposés plus haut qui auraient été implantés à Kolda et Ziguinchor.

 

3.2.2   – Financement – Pas de fédérations fantômes.

Un appui financier conséquent doit être octroyé à la nouvelle structure pour la mise en place de services aux apiculteurs.

Cette Organisation faîtière est primordiale. Elle doit regrouper tous les services apportés à la filière. De son bon fonctionnement dépend la réussite de toute la filière.

 Aucune autre structure (ou section) ne doit être accompagnée tant qu’un réel besoin de décentralisation ne se sera pas fait ressentir. L’intérêt majeur de cette Organisation est démontré, le coût qu’elle va faire peser sur la filière sera très lourd. Ce seul aspect interdit le soutien de toute autre Section, Union ou Fédération secondaire. La filière n’a pas besoin de supporter une dizaine de Fédérations et autres Unions « fantômes », en état de léthargie, sur lesquels un apiculteur ne peut compter. Ca fonctionne immédiatement où c’est rayé de la carte…

 

3.2.3 – Les services (liste non exhaustive)

Les différents « services » utiles aux apiculteurs que l’on pourrait retrouver dans les murs de l’Organisation Interprofessionnelle seraient :

 

Service 1 : Renforcement du système d’information communication permettant de véhiculer des informations pertinentes aux producteurs : sur l’approvisionnement, la production, la commercialisation, le marché, la législation…

 

Service 2 : Appui aux organisations d’apiculteurs à produire du miel de qualité suivant les besoins du marché.

 

Service 3 : Un Centre de Référencement des Apiculteurs.

Il s’agit d’un outil pour la traçabilité :

C’est un Centre de collecte et de diffusion des informations concernant la filière apicole de Casamance. Il collecte également des informations sur le marché et les diffuse aux apiculteurs membres, il met en relation les organisations d’apiculteurs avec les clients. C’est un des services offerts directement aux organisations membres de la structure.

Ce Centre a deux vocations :

- Centraliser toutes les informations concernant les apiculteurs membres à la base: statistiques agricoles, localisation, production, prix…), il assure en quelque sorte la gestion d’informations sur la traçabilité de leurs produits. Le centre servira de relais d’informations entre les producteurs membres et les clients.

- Diffuser des informations pertinentes aux membres de base par le système d’informations OCAF «Outils de Communication à Accès Facile ». Ce sont des informations (techniques sur les marchés, sur le prix, sur les lois et procédures …) qui sont présentées sous la forme la plus accessible, par exemple : des images, des émissions radiophoniques, des documentaires en dialecte locale, etc. Ils sont destinés au grand public y compris les groupes marginalisés (analphabètes, femmes jeunes …).

 

- Proposer un site web de vente ouvert à tous les membres.

 

- Mise en place d’un Centre de Documentation.

 

Le Centre a comme objectif à long terme de développer le label des produits des organisations membres (miel et ses produits dérivés), de veiller sur sa protection et d’assurer aussi la communication de ce label.

 

Pro° 15 : Projet d’appui à la structuration des apiculteurs et de développement de la filière miel : une Organisation Interprofessionnelle renforcée.

 

 

 

Pour la suite de cet article :

n° 40 - DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE MIEL EN CASAMANCE (suite)


 

 

 

 

 

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Published by Dominique PRACHERSTORFER - dans 6 - Miels de Casamance
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Pape tahirou KANOUTE 16/10/2010 12:35


Bonjour

C'est avec plaisir que j'ai découvert que ma modeste réflexion sur les politiques de valorisation des produits agricoles en Afrique l'Ouest, vous inspire dans le cadre de votre projet "Miel de
Casamance".

J'apprécie votre action et espère seulement que ce projet ambitieux puisse voir le jour pour le bénéfice des acteurs locaux et du développement local.

Je m'apprête à continuer ces réflexions dans le cadre d'une thèse de doctorat en collaboration avec le Cirad.

Ce serait avec plaisir que j'échangerai avec vous sur cette question qui me passionne énormément.

cordialement

Pape Tahirou KANOUTE

email: tahiroukanoute@hotmail.com


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  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
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