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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 13:51

 

Retour au début de l'article     

(suite de l'article n° 39 )

 

 4  -   DES FACTEURS MATERIELS

 

4.1 - Unités de traitement du miel

 

a) Points forts

Le « Miel de Casamance » est fort de ses origines diverses (brousse, mangrove, mono fleur, de nectar, de miellat etc.…). Il conviendra de définir dans le cadre du Décret de l’Appellation d’Origine Contrôlée ses spécificités.

 

Il est nécessaire de segmenter l’offre comme toutes les grandes filières agro-alimentaires.

Pour segmenter l’offre de la filière apicole il faut définir 3 qualités de miels. Chaque qualité répond à des exigences d’analyses distinctes :

 

-1°) miel A.O.C « haut de gamme », à forte valeur ajoutée, destiné principalement à l’export et à une niche haut de gamme Dakaroise. Miel répondant aux Codex Alimentarius, C.E, BIO ou DEMETER les plus exigeantes.

- 2°) miel A.O.C « cœur de gamme », destiné au marché sénégalais. Répondant au Cahier des Charges de l’A.O.C et aux analyses correspondantes.  Commercialisé dans une fourchette 3.000 à 4.500 FCFA le pot de 500 g.

- 3°)  « miel déclassé » ne répondant pas aux Normes C.E. ce miel vendu à bas prix  aux cantines des écoles, hôpitaux, hospices, programmes humanitaires etc.…

Il s’agit principalement des reliquats de décantation et des miels chauffés s’il en reste… L’écoulement de ce type de miels vendus à bas prix se fait au niveau des institutions pour ne pas « casser » les prix du marché. 

 

b) Points faibles

Actuellement aucune Unité de Casamance ne dispose des moyens suffisants pour assurer la mise en pot d’un miel « haut de gamme ». Il faut savoir qu’aucune unité professionnelle en France ne se passerait d’un déshumidificateur ! Pourtant en France le taux d’humidité n’est pas celui d’une région subsaharienne comme la Casamance…

Il en est de même pour la mise en pot de miels « cœur de gamme » où chaque unité possède ses lacunes : nombre insuffisant de récipients inox ou plastiques

alimentaires etc. Il en est une de taille : presque aucune unité ne possède de réfractomètre ! C’est un appareil qui doit être obligatoire pour tout apiculteur qui veut s’assurer, avant de procéder à la mise en pot, d’un taux d’humidité du miel inférieur à 18 %. C’est quand même un bon moyen de s’assurer de la bonne conservation de son miel avant sa mise sur le marché !!

Trop souvent les membres des comités responsables des unités de traitement ne possèdent pas les qualifications et connaissances minimales pour « gérer l’entreprise ».


c) Constats

Le miel situé dans la ruche est un produit pur dépourvu d’impuretés et de bactéries dont la qualité répondrait aux Normes les plus exigeantes. C’est donc l’intervention de l’homme qui « bousille » le miel dans toutes les phases qui suivent, depuis la récolte jusqu’à la mise en pot et la conservation.

 

Avant de créer de nouvelles unités dans les départements déjà bien pourvus, il est nécessaire de permettre à ceux existants de produire au minimum un miel « cœur de gamme ».

Les créations devraient se limiter aux départements possédant un fort potentiel et non pourvus d’unités de traitement.

Quant au traitement du miel « haut de gamme », vu le coût d’une telle unité, il conviendra d’en équiper 1 seule par Région dans l’immédiat.

 

d) Propositions

Avec la mise en œuvre, par les organismes comme le PADEC et de projets apicoles : équipements en matériels – appuis techniques – appuis socio organisationnels, on peut raisonnablement espérer une augmentation de la production de miel d’élevage.

 

Mais avant toute démarche visant à augmenter la production, les unités devront être équipées en fonction des qualités des 3 qualités de miels qu’elles sont aptes à produire. Hygiène et fonctionnalité des locaux et du matériel.

 

Le débat concernant le type de ruches « idéales » en vue d’une extraction d’un type unique par centrifugation n’est pas d’actualité dans la mesure où la seule extraction qualitative d’un miel « haut de gamme » doit se faire par écoulement gravitaire. Meilleur moyen pour ne pas entraîner de particules indésirables.

Le débat concernant le « rendement » d’une ruche est également accessoire, car rien n’est plus important qu’une ruche (quelque soit son type) qui possède une colonie forte. Par exemple une petite ruche de 30 litres avec une colonie forte produira plus qu’une grande ruche de 80 litres avec une colonie faible.

Combien d’apiculteurs savent rendre une colonie forte ? Sachant que la seule solution est de remplacer la reine (soit procéder à un essaimage ou faire l’élevage de reine…). Ceci n’est plus du domaine d’un simple « récolteur de miel ».

Ce qui revient à dire que le type de ruche à employer ne doit pas être un débat d’actualité. La filière se trouve face à une double nécessité :

-         ne plus « bousiller » son miel et

-         vendre ce miel au prix plancher de 2.500 FCFA /pot de 500g

 

Une fois pour toute il faut écarter l’idée d'utiliser efficacement un extracteur centrifuge dans le cas de ruches à barrettes du type Kenyanes.

 

Phase 1

C’est donc au niveau de la récolte puis sur les unités de traitement existantes qu’il convient de porter les efforts dans un premier temps. Les unités doivent comporter 3 personnes aux fonctions complémentaires :

- un directeur (formé à la conduite du rucher et de la miellerie),

- un employé chargé d’aider à l’extraction (qui peut être doublé par un saisonnier ou plus) et

- un gestionnaire (le Commissaire aux comptes doit être extérieur au groupement).

Lorsque ces unités seront en mesure de produire des miels répondant aux Normes d’Hygiène définies par le Cahier des Charges, on pourra envisager d’augmenter la production en multipliant les ruchers.

Pendant ce laps de temps la filière commercialisation se mettra en place.

→Il n’est pas sérieux de miser sur une forte progression de la production, tant qu’une « machine de guerre » de la commercialisation ne sera pas opérationnelle pour valorisait la production du moment.

 

Phase 2

Si les acteurs entreprennent des efforts soutenus, les résultats ne se feront pas attendre et la phase d’augmentation des ruchers pourra intervenir rapidement. Il faut préciser que la formation comme évoquée plus haut doit également contribuer à l’augmentation de la production. Etant même précisé ici que ce sera une composante forte de cette augmentation de production. Se posera alors le choix du type de ruches à promouvoir en tenant compte des spécificités des zones.

 

Pro° 16 : Equipement des unités existantes pour assurer la production de miels « cœur de gamme ».

 

Pro° 17 : Création d’unités « cœur de gamme » dans les départements à fort potentiels et ne possédant aucune infrastructure.

 

Pro° 18 : Création de 2 « Centres régionaux de traitements » des unités pilotes modèles (KOLDA et ZIGUINCHOR par exemple) pour assurer l’extraction, la maturation, la mise en pot et le stockage des miels « haut de gamme » dans les conditions idéales des règles de l’art (extraction par écoulement gravitaire, T° du local maintenue à 35°nuit et jour, déshumidificateur pour maintenir un taux d’environ 60%, matériel inox etc...).

 

Pro° 19 : Mise en place d’un système de collecte motorisé pour assurer l’enlèvement des gâteaux de 1ère qualité (récolté la veille, entier, operculé à 90% etc...). Ces unités spacieuses devraient pouvoir assurer les éventuelles mises en pots de miels « cœur de gamme » d’unités secondaires de leur Région respective.

 

  P1080225.JPG

   "Un essaim sauvage d'abeilles a.m Adansonii africaines"

 

 

 

5  -   DES FACTEURS COMMERCIAUX

 

5.1 - La création d’une « machine de guerre de la vente »

 

a) Points forts

S’il y a un point dont je suis convaincu c’est que l’augmentation de la productivité de la filière « miel » ne sera en aucun cas directement proportionnelle à l’augmentation du nombre de ruchers.

Je dirais même plus : en augmentant le nombre de ruchers sans une filière de commercialisation solide et à toutes épreuves, c’est prendre un risque majeur que tout le système s’effondre à court terme d’encore plus haut.

 

A mes yeux, il est temps de prendre des mesures drastiques et urgentes (peut être jamais pratiquées encore au Sénégal) pour mettre en place « une machine de guerre » aux rouages parfaitement huilés.

Pour cela, point de bureaux rutilants dans un immeuble de standing avec des ordinateurs qui trônent sur chaque bureau et un staff d’employés qui grouillent de toutes parts. Le Sénégal possède un Institut privé qui forme des hommes et des femmes de niveau bac + 5 aux techniques de marketing, management et de vente. Il suffira de « piocher » dans cette formidable source de connaissances un candidat possédant de l’expérience.

Il est intéressant de noter que le Président de la République du Sénégal vient de signer le 30 juin dernier, un Décret portant création, organisation et fonctionnement du cadre national de commercialisation des producteurs agricoles.

Les représentants des filières soutenues par le PADEC devront très rapidement se mettre en rapport avec l’Administration de tutelle désignée.

 

b) Points faibles

Le marché européen n’est pas encore ouvert au miel sénégalais car il exige la mise en place d’un Plan de surveillance des résidus qui n’est pas aujourd’hui opérationnel.

Pour que le miel sénégalais puisse être commercialisé sur le marché européen, il faut qu’un plan de surveillance des résidus soit proposé à la Commission Européenne et qu’il soit accepté. Ce plan de surveillance constitue une garantie vis-à-vis de l’Union Européenne pour la sécurité alimentaire de ses citoyens.

Le plan de surveillance, précise les exigences auxquelles le pays exportateur doit se soumettre: exigences sur la production (normes et qualités) - sur les

compétences des autorités locales responsables (organisation – contrôle) - sur les législations en vigueur.

D’autres marchés peuvent être accessibles mais le marché européen est le plus porteur, notamment pour les miels dits « exotiques » tels que le miel de brousse et le miel de palétuvier.

En effet, le prix au niveau du marché local ne pourra pas permettre de rentabiliser les investissements que demanderait une exploitation moderne et intensive répondant aux normes requises. La modernisation de la filière passe donc par une stratégie nationale orientée vers des marchés d’exportation.

 

c) Constats


5.1.1   - Des circuits de commercialisation encore mal organisés

Le système de commercialisation des produits apicoles reste désorganisé. Une grande part du volume de miel commercialisé passe par un circuit non identifié et non repérable. C’est une filière dans laquelle les circuits informels sont prédominants aujourd’hui.

Il est difficile de suivre le miel depuis sa production jusqu’à sa commercialisation finale. La traçabilité est difficile dans ces conditions. C’est pourtant un facteur dont il faut tenir compte dans le cadre d’une stratégie d’exportation.

 

5.1.2   - Le non respect fréquent des conditions d’hygiène

Entre la ruche et le consommateur final, le miel circule entre les mains d’une multitude d’acteurs intermédiaires. Le miel passe d’un récipient à un autre.

Au cours de ces diverses manipulations et transvasements, le miel risque de perdre toutes ses qualités sanitaires et organoleptiques.

 

5.1.3   - La mauvaise valorisation du miel d’élevage par rapport au miel de cueillette

Sur les marchés locaux, le prix du miel est toujours le même qu’il provienne de l’élevage ou de la cueillette. Or l’élevage fait intervenir des charges (coût des matériels – coût de la main d’œuvre) qui ne sont pas prises en compte au niveau des prix à la commercialisation. La valorisation financière du miel d’élevage devrait pourtant constituer un facteur de motivation pour les apiculteurs.

 

5.1.4   - Des problèmes de falsification

 Les ajouts d’eau sucrée au miel commercialisé ne sont pas fréquents mais existent. Non seulement la qualité du produit se détériore mais cela constitue un sujet de conflits entre l’acheteur et le vendeur. D’autant plus que l’origine ou l’acteur de la falsification est souvent mal identifié. Les caractéristiques physico chimiques du miel ne sont donc dans ces cas pas respectées. 

 

5.1.5   - Des emballages de mauvaise qualité

 La plupart des conditionneurs de miel utilise des pots de récupération pour le miel. Ces types d’emballages posent de nombreux problèmes aussi bien au niveau des conditionneurs qu’au niveau des consommateurs. Le verre doit être privilégié au détriment du PET dont la fabrication Sénégalaise laisse à désirer.

 

5.1.6   - L’existence d’essences mellifères non valorisées

 On pourrait exploiter d’autres types de miel en Casamance qui n’ont pas été à ce jour valorisés, tels que :

- le miel de palétuviers en Basse Casamance;

- le miel de manguier et d’anacarde.


5.1.7   - L’enclavement de certaines régions apicoles

Des régions apicoles sont inconnues des marchés de consommation de miel. Elles restent enclavées une bonne partie de l’année à cause du mauvais état ou de l’inexistence de voie de desserte. Le potentiel de ces régions est donc mal

connu. La facilité de circulation des produits est un facteur important pour le développement de la production de miel d’une région. 

 

5.1.8   - L’insuffisance des contrôles aux frontières pour les importations 

Les importations de miel ou de matériels apicoles d’occasions risquent de véhiculer des maladies transmissibles aux abeilles de Casamance. Il faut prendre vraiment très au sérieux ce facteur à risques élevés. Un exemple : le varroa répandu sur toute la Planète par les importations d'essaims. Pourtant, les contrôles ne sont pas systématiques. On peut d’ailleurs constater en analysant les informations statistiques, que du miel et des cires sont importés d’un peu partout dans le monde avec certains pays d’origines présentant des maladies d’abeilles.

 

5.1.9   - Les perspectives à l’exportation 

Sur les 1 240 000 tonnes environ de miel produites au monde, 30 % de ce volume circule au niveau des circuits commerciaux internationaux. L’Europe et l’Amérique du Nord sont les plus grands importateurs de miel. 

 

La Casamance présente des avantages comparatifs importants pour ce marché, dont les principaux sont les suivants :

    - existence de miel d’essence exotique bien valorisable sur le marché extérieur ; 

    - des ressources inestimables sur les propriétés médicinales des miels;

    - abeilles indemnes de maladies ; 

    - apiculture moderne en développement croissant ;

    - sites mellifères absents de toutes pollutions.

 

Comme dit plus haut, le marché européen, exige l’élaboration d’un plan de surveillance. Les résidus qui doivent faire l’objet de contrôles sont : les antibiotiques, les contaminants environnementaux comme les pesticides et les métaux lourds. Des limites maximales doivent être respectées pour ces produits. 

Le contexte actuel de la filière montre que plusieurs facteurs nécessaires à la mise en place d’un plan de surveillance sont à améliorer. Les points « noirs » principaux sont les suivants :  

 

- Manque de lisibilité sur l’organisation et les acteurs de la filière ; 

- Les modes de production et d’extraction ; 

- Les utilisations non contrôlées de pesticides ; 

- Les législations nationales à mettre à jour et à mettre en application. 

A l’initiative des opérateurs, des propositions de collaboration avec les autorités compétentes doivent se mettre en place.

Il faut apporter les informations nécessaires à l’élaboration d’un plan de surveillance des résidus, condition obligatoire pour qu’un pays puisse exporter du miel vers l’Europe.

 

d) Propositions

A ce titre pas de ½ mesures.  Il faut voir grand.

Mais « prévoir et anticiper » c’est aussi la 1ère qualité requise pour faire acte de gestion : « gérer c’est prévoir », disent tous les manuels !

Ne pas savoir anticiper est sûrement la plus grosse difficulté que rencontrera sur son chemin le chef d’entreprise, l’artisan, le commerçant et bien sûr l’agriculteur.

Dans toute analyse de situation, le principal, avant tout, c’est d’avoir une bonne vision du problème, ensuite ce n’est qu’une question de réflexion pour trouver la bonne réponse !

Nous pourrons réfléchir ensemble sur les moyens à mettre en œuvre pour éviter ces « retour à la léthargie du passé ».

A mes yeux, il est temps de prendre des mesures drastiques et urgentes (peut être jamais pratiquées encore au Sénégal) pour mettre en place « une machine de guerre » aux rouages parfaitement huilés.

Pour cela, point de bureaux rutilants dans un immeuble de standing avec des ordinateurs qui trônent sur chaque bureau et un staff d’employés qui grouillent de toutes parts.

Cette « machine » n’est pas une entreprise ou une quelconque société mais c’est… une personne au départ. Une femme serait même l’idéal. Une femme de grande pointure avec un diplôme Supérieur de Management (bac + 6).

La recette : une diplômée + 1 ordinateur + 1 téléphone (travaillant à domicile) serait suffisant pour débuter.

Bien que « stagiaire » dans un premier temps, (avant l’arrivée des premières commandes) sa rémunération pourrait être au pourcentage. Elle serait l’employée d’une entité (qui reste à définir) contrôlée par les acteurs eux-mêmes. Il n’est pas question de se laisser « récupérer » la filière par une quelconque société étrangère (qui finira par exploiter les producteurs comme dans tous schémas classiques en leur reversant juste l’aumône !).

Une autre possibilité serait de connaître la « perle rare » qui possèderait déjà toutes les qualités morales et intellectuelles et l’envoyer suivre un Diplôme Supérieur de Management sur 1 an à l’Institut Supérieur de Management de

Ziguinchor ou Dakar… Cette dernière solution me semble idéale, car nous additionnons en sus à la formation, l’expérience acquise d’une personne qui ne débute pas dans la vie active de l’entreprise comme pourrait l’être une jeune diplômée.

 

Toute la réussite réside dans le choix de cette personne.

 

Pro° 20 : Créer une entité commerciale pour l’ensemble de la filière, avec une femme de préférence, et possédant les diplômes et l’expérience requise. Cette entité pourra être mixte (privée et publique) mais devra impérativement posséder une majorité de blocage contrôlée par la filière. Elle pourrait être intégrée à l’Organisation Interprofessionnelle faîtière ou à l’un de 2 Centres Régionaux de Traitement le mieux placé. 

 

 6 - DES RECOMMANDATIONS, DES IDEES…

 

On retrouvera dans ce paragraphe des idées pêle-mêle qui n’ont pas pu être abordées dans l’étude qui précède afin de ne pas en alourdir la lecture. Certaines recommandations ou propositions viennent en complément, d’autres sont inédites !

 

6.1 -  LE NIVEAU DE TECHNICITE 


 En matière d’apiculture, la dominance des techniques traditionnelles est encore notable. Les ruches en paille ou bambou, en troncs d’arbres évidés sont

exploitées dans toutes les régions. Pourtant ces régions connaissent et appliquent les techniques modernes mais avec des degrés différents d’adoption.

Les ruches utilisées varient donc d’un tronc d’arbre creux à une ruche moderne à cadre en passant par les poteries, les caisses et les récipients de récupération…

 

On distingue 4 grandes typologies de technique pour avoir du miel :

 

• l’api cueillette qui consiste à aller à la recherche des essaims sauvages et à en extraire le miel ;

• l’apiculture traditionnelle où la ruche est faite de poterie, de tronc d’arbre creusé, de récipients de récupération ou de caisses ;

• l’apiculture améliorée utilisant la ruche à barrette qui est la forme améliorée de la ruche traditionnelle en caisse. L’édification des rayons par les abeilles est contrôlée rendant les visites plus faciles (ruches Kenyane, Warré).

• l’apiculture moderne qui adopte les ruches à cadres (de type Langstroth, Dadant). Ce type d’exploitation utilise également d’autres matériels apicoles modernes (importés ou de fabrication artisanale), entre autres l’extracteur.

 

 

Les rendements sont par conséquent différents : de 3 à 5 litres de miel pour une ruche traditionnelle. Ils peuvent atteindre 50 kg pour une ruche moderne. La moyenne se situant entre 10 à 20 kg par ruche moderne par an. En comparaison, un essaim sauvage peut donner 2 à 3 litres de miel liquide par an.

 

L’apiculture traditionnelle

C’est dans les îles du Petit Kassa (Basse Casamance) qu’on enregistre en particulier un niveau élevé de bénéfice généré par la vente de miel. Dans cette région expérimentée depuis longtemps en apiculture, les paysans, avec des ruches traditionnelles (tronc de palmier rônier creusé) de grande taille, arrivent à avoir plus de rendement à la production (environ 20 Kg de gâteaux). C’est également une région où le miel était majoritairement chauffé pour être vendu à 2500 Fcfa/litre évitant ainsi toutes les charges occasionnées par le matériel d’extraction et le stockage…

 

L’apiculture moderne

Les exploitations modernes utilisent les ruches de type Langstroth.

Avec l’apiculture moderne, le coût pour avoir un litre de miel est plus important qu’avec la technique traditionnelle à cause des charges engendrées par les amortissements des investissements. Dans « la théorie » le rendement est meilleur avec des ruches modernes, le bénéfice en est plus important… mais ceci n’est pas une constante ! En pays subsaharien il convient d’intégrer l’amortissement de la ruche employée, dont le coût varie de façon très importante d’un modèle à un autre.

Mais en aucun cas des seuls critères économiques doivent influencer le choix du type de ruche à implanter.

Les abeilles (les productrices) passent avant toutes considérations économiques.

L’utilisation des extracteurs en inox justifie un coût de production plus élevé d’autant que le rendement par ruche peut être moins important.

La diminution des ressources mellifères associée à un nombre de ruches qui ne cessent d’augmenter dans une campagne peut expliquer un affaiblissement des colonies et des faibles rendements.

 

 

6.2 - PROMOUVOIR LES COOPERATIVES AGRICOLES


Il convient d’assurer l’étude des statuts de la Coopérative Mutualiste au Sénégal avec ses avantages et inconvénients. Les points forts sont : soutien et contrôle de l’Etat, défiscalisation, encadrement par les différentes Administrations et collectivités, notamment sous formes d’assistances techniques, de subventions.

La coopérative est une entité à but non lucratif défiscalisée. Il y a la possibilité de financer et de s’orienter vers des activités secondaires et d’intérêts communs dans les villages concernés : adduction d’eau, médical, sanitaire, alimentaire en autonomie économique etc… Ce qui peut valoriser l’économie de tout un village.

Cette approche doit être soumise à la connaissance des acteurs, car elle semble être plus adaptée à l’état d’esprit des paysans casamançais. En effet, les GIE qui se sont développés correspondent plus à un effet de mode…et ne répondent pas à l’attente des acteurs qui souhaitent être membres d’une communauté et non pas des artisans indépendants comme le sont les membres d’un GIE.

Le groupement des apiculteurs du Petit Kassa souhaite se diriger vers la forme de coopérative mutualiste.


Pro° 21 : Promouvoir les coopératives mutualistes

 

6.3 LES RISQUES D’UNE AUGMENTATION DE LA PRODUCTION


S’il y a un point dont je suis convaincu c’est que l’augmentation de la productivité de la filière « miel » ne sera en aucun cas directement proportionnelle à la seule augmentation du nombre de ruchers.

Je dirais même plus : en augmentant le nombre de ruchers, à travers des financements de « soupoudrage », sans

- une filière de commercialisation solide et à toutes épreuves,

- une technicité accrue des acteurs et

- une Organisation Interprofessionnelle qui fonctionne…

 

C’est prendre un risque majeur que tout le système s’effondre à court terme d’encore plus haut, comme beaucoup d’autres qui l’ont précédé ! 

 

6.4 - FACILITER L’ACCES AUX MATERIELS


 

6.4.1 - Favoriser l’acquisition des matériels au sein des groupements.


Les caisses mutualistes et organismes de microcrédit ne sont pas toujours suffisamment utilisés par les paysans qui finalement ne disposent pas de suffisamment de moyens pour investir dans l’activité apicole.

Le regroupement des apiculteurs dans le cadre d’une A.O.C avec la création d’une Organisation Interprofessionnelle de l’Appellation pourrait être un moyen pour faciliter l’acquisition des matériels apicoles et autres matières sèches (pots).

En mettant leurs moyens en commun, les groupements, GIE ou coopératives d’apiculteurs pourraient se doter plus facilement d’équipements comme les extracteurs ou d’autres petits matériels (voiles, enfumoirs,..). L’utilisation et l’entretien des équipements feraient l’objet d’une organisation interne. Les

apiculteurs qui sont actuellement arrivés à avoir 50 à 80 ruches sont partis, pour la majorité, de 4 ou 5 ruches.

 

Pro° 22 : Faciliter l’accès aux matériels

 

6.4.2 Former les apiculteurs à la confection de ruches artisanales.


L’initiation aux techniques de fabrication des ruches répondant aux critères requis et utilisant les matériaux disponibles est essentielle. Les apiculteurs pourraient ainsi se doter de ruches productives à moindre coût et donc plus facilement augmenter le nombre de ruches exploitées. La ruche Vautier en ciment répond à certains besoins mais en aucun cas à ceux de l’abeille. C’est pourquoi des essais vont être commencés, à Niomoune, dès la saison 2010-2011 sur la ruche WARRE qui répond principalement au bien être des abeilles. Cependant une adaptation aux conditions subtropicales s’impose en particulier avec l’emploi d’un matériau résistant voire imputrescible (certaines essences de bois et même les planches de bambou compressé). Le seul inconvénient majeur de ce type de ruche, du fait de son faible encombrement est la facilité de vol... Il conviendra d’implanter les ruchers dans des zones adéquates.

 

Pro° 23 : Former les apiculteurs à la confection de ruches artisanales

 

 

6.5 - AU NIVEAU DE LA COMMERCIALISATION

 

6.5.1 - Mettre en place un système permettant d’assurer la qualité du miel.


Il faut absolument commencer par mettre en place deux « Centres Régionaux de Traitement » et de regroupement des produits apicoles (KOLDA et ZIGUINCHOR) afin de maîtriser la qualité des miels « haut de gamme » et assurer la traçabilité des apports. Dans la législation sénégalaise, pour que le miel soit exportable, il doit sortir d’un centre de traitement agrée par les autorités nationales et répondre aux critères d’une analyse. C’est à la Division apicole que revient l’agrément de ces Centres.

L’existence de ces Centres constituera aussi, entre autre, une garantie pour les consommateurs nationaux de la qualité du miel et un moyen pour les apiculteurs pour mieux écouler leurs produits.

Ces Centres Régionaux de Traitement seront à gérer par des opérateurs qui ont plus de facilités d’établir des relations commerciales avec les exportateurs et même les importateurs des pays demandeurs de miel. D’autant plus que ces opérateurs peuvent être eux-mêmes les exportateurs.

 

Pro° 24 : Mettre en place un système permettant d’assurer la qualité du miel.

 

6.5.2 - Envisager un partenariat avec la société Investissement Elevage Sénégal.


Cette société récente, implantée à Dakar, a mis un concept nouveau sur le marché.

Un premier contact a été pris avec le Directeur qui possède une grande expérience en techniques de communications et de managing. Celui-ci ne refuse pas de transposer son concept « élevage » sur la filière miel identique en de nombreux points.

Ce dernier a particulièrement mis en avant son aptitude à mettre sa « machine de guerre de la commercialisation » au service de la filière miel.

Voici ce concept au niveau de l’élevage :

- L’élevage sénégalais souffre depuis toujours d’un manque de moyens techniques et financiers.

- Le marché du bovin au Sénégal est connu pour avoir plus de demandes que d’offres donc aucun problème de revente.

- La motivation des éleveurs qui sont dans la pauvreté est uniquement liée au problème d’investissement.

- I-E-Sénégal a décidé de s’investir à 100% dans un concept simple :

- Associer les « Riches » grâce à leur investissement et les « Pauvres » grâce à leur travail.

-Partager les bénéfices après paiement des charges entre eux 50/50 comme des associés…

Donc un investissement humanitaire Hyper rentable, sans précédent, le tout à long terme…

Il s’agit donc d’explorer cette possibilité de commercialisation au niveau de la filière miel.

 

6.5.3 - Verrouiller la filière afin qu’aucune société commerciale étrangère ne puisse acquérir le monopole.


A l’exemple d’un trop grand nombre de filières porteuses « noyautées » par des sociétés étrangères, tout doit être mis en place pour que la filière miel naissante ne soit pas récupérée. Il a été dit que le challenge de ce programme est de réduire le nombre de paysans situés sous le seuil de pauvreté. Ceux-ci doivent pouvoir maîtriser entièrement leur filière.

 

Pro° 25 : Verrouiller la filière afin qu’aucune société commerciale étrangère ne puisse acquérir le monopole de la filière.

 

6.5.4 - Renforcer l’information et la sensibilisation


de tous les acteurs de la filière (producteur, collecteurs, transporteurs, négociants, exportateurs…) sur les précautions à prendre pour garantir la qualité et la stabilité des produits de l’apiculture :

- caractéristiques physico-chimiques du miel (présence d’un réfractomètre);

- maturité du miel (minimum 90% des alvéoles operculées) ;

- périodes de récolte ;

- hygiène à l’extraction et méthode utilisée (T° maxi 35°, humidité du local à 60%);

- lieu et température de stockage (absence de lumière, T° si possible ≤ 30°)

- utilisation des pesticides.

 

Chaque acteur doit être tenu au courant des différentes exigences sur la production et le traitement du miel pour obtenir un produit de qualité. Chaque unité doit être en mesure de vérifier le taux d’humidité de tous les miels ou gâteaux apportés à l’aide d’un réfractomètre. Cet appareil est obligatoire.

Une instance de concertation des opérateurs de la filière doit jouer ce rôle de sensibilisation et de véhicule d’informations à partir de l’Organisation Interprofessionnelle dirigée par les acteurs de la filière.

 

Pro° 26 : Renforcer l’information et la sensibilisation.

 

6.5.5 - Harmoniser et actualiser la législation nationale.

sur la commercialisation du miel, la réglementation sanitaire, les mesures à prendre en cas de problème sanitaire sur les produits apicoles ou sur les ruchers. Considérer séparément le miel issu de la cueillette et celui issu de l’élevage.

 

Pro° 27 : Harmoniser et actualiser la législation nationale

 

 

6.6 - AU NIVEAU DE L’ORGANISATION DE LA FILIERE

 

6.6.1 - Mise en transparence de la filière et mise en place de circuits pour assurer la traçabilité du miel.


Il s’agit d’arriver à connaître chaque acteur intervenant dans la filière (origine, stockage, transport…) et définir les responsables en cas de problème.

Les collecteurs et les conditionneurs de miel, doivent être en mesure de remonter le circuit de leurs miels afin de pouvoir instaurer la traçabilité : une démarche nécessaire s’ils veulent conquérir le marché extérieur.

Les deux « Centres Régionaux de Traitement », qui vont travailler avec les organisations paysannes, peuvent constituer un moyen efficace pour assurer cette traçabilité en mettant directement en contact les vendeurs et les acheteurs. Au niveau de ces 2 Centres, les lots de miel conditionnés doivent être codifiés en fonction de l’apiculteur et de son lieu d’exploitation, de la date de conditionnement.

Avec le miel de cueillette, c’est quasiment impossible de mettre en place cette traçabilité : les essaims sauvages sont détruits au moment de la cueillette.

On peut quand même indiquer le nom du récolteur, le lieu et le date. C'est une façon d'engager la responsabilité du vendeur et de prévenir partiellement- les fraudes éventuelles.

 

Pro° 28 : Mise en transparence de la filière et mise en place de circuits pour assurer la traçabilité du miel.

 

 

6.7 - AU NIVEAU DE L’ENVIRONNEMENT

 

6.7.1 - Favoriser le reboisement avec des espèces mellifères.


Connaître les espèces mellifères de la région et le calendrier de floraison pour spécifier le miel.

On doit aussi favoriser la plantation de plants ayant un autre intérêt que la production de miel ex : l’Eucalyptus pour la production de bois de chauffe ou de bois d’œuvre.

 

Pro° 29 : Favoriser le reboisement avec des espèces mellifères.

 

6.7.2 - Valoriser le rôle de pollinisation des abeilles

Les actions de vulgarisation de certains acteurs d’appui en plantation d’arbres fruitiers est un moyen pour augmenter la production apicole et pallier à la déforestation.

Toutefois, il faut veiller à assurer l’écoulement par des actions d’appui à la commercialisation, les fruits produits.

 

Pro° 30 : Valoriser le rôle de pollinisation des abeilles.

 

 

6.7.3 - Contrôler l’utilisation des produits nocifs à l’Environnement et pour les abeilles.

- Eviter l’apiculture près des plantations industrielles (canne à sucre, coton, tabac) qui utilisent beaucoup de pesticides.

- Encourager l’utilisation de produits biologiques dans les traitements des cultures vivrières.

- Eviter l’épandage généralisé d’insecticides pour la lutte anti-acaridienne ou bien utiliser des produits spécifiques non nocifs pour les abeilles et en particulier les préparations Biodynamique à épandre dans l’environnement des ruchers ainsi que des tisanes de plantes médicinales à disposer dans l’eau de boisson des abeilles.

 

Pro° 31 : Contrôler l’utilisation des produits nocifs à l’Environnement et pour les abeilles. Utiliser les préparations biodynamiques.

 

6.8 - AU NIVEAU D’UN PROJET PILOTE

 

6.8.1 - Commencer par un projet pilote en apiculture biodynamique à Niomoune en vue d’obtenir le label DEMETER International.

–1º Le groupement récent des apiculteurs (une centaine) des îles du Petit Kassa ne veut pas commencer avec une ambition nationale mais commencer par un volume réduit et un lot bien maîtrisé pour s’assurer la confiance des partenaires.

–2º L’Abeille d’Or de Niomoune maîtrise les techniques modernes de production et les processus de transformation mais ne possède pas encore de miellerie spécifique pour assurer la mise en pot d’un miel conforme aux Normes les plus exigeantes. Les opérations d’extraction de la récolte 2010 ont été effectuées dans un local provisoire et inadapté, dans de mauvaises conditions d’hygiène.

–3º Les plans d’une miellerie centrale sont réalisés de même que son implantation foncière. C’est le plus bel emplacement du village, en bordure de bolon.

Il reste à élaborer un plan de financement avec un bailleur de fonds.

–4º Présence d’un importateur intéressé par le miel de mangrove de qualité sous forme de Commerce Equitable.

–5º Partenariat avec une apicultrice bio-dynamiste professionnelle (qui dispose d’un centre de traitement en France) qui accompagnera les apiculteurs du Petit Kassa pour leur permettre d’acquérir en 3 années de conversion le label DEMETER. Cette démarche vers l’apiculture biodynamique pourra servir d’exemple et sera diffusée au niveau du Centre de formation de Niomoune auprès des acteurs intéressés en misant sur un effet d’entraînement avec ambition d’obtenir le label DEMETER International.

 

Pro° 32 : Commencer par un projet pilote en apiculture biodynamique à Niomoune en vue d’obtenir le label DEMETER International.

 

De tout ce qui précède, où il est question de techniques, de commercialisation et autres utilisation de matériels, je voudrais apporter une note plus poétique à l’attention des abeilles que nous oublions d’aimer…

 

Le web offre une multitude de sujets intéressants sur les abeilles, voici l’auteur que j’ai choisi pour conclure cette modeste étude, qui n’a pas la valeur d’une expertise.

 

Je tenais donc à conclure en parlant de nos amies les abeilles…

 

   Extraits de « Requiem pour les abeilles » Dominique GUILLET.

 

« Un autre enseignement issu de l'observation des abeilles et qui me convaincrait, s'il en était besoin, de l'impérieuse nécessité de protéger autour de nous la biodiversité, c'est le regain d'énergie que l'on peut provoquer auprès d'une Ruche déficiente en la libérant du carcan auquel l'Apiculture moderne l'avait astreinte.

Dès que le couvain d'une ruche s'avère irrégulier ou malade, si on délivre l'essaim de ses cadres armés de cire gaufrée, de ses fils métalliques et de son habitacle plus ou moins cubique et si on le remet dans sa “condition de nature”, c'est à dire sans aucun de ces artifices, en le laissant s'installer dans un abri de fortune où il aura toute liberté de se constituer en grappe, il aura retrouvé sa meilleure condition d'incubation.

 

Or l'incubation est la fonction essentielle de la ruche puisque la colonie est tenue de couver son élevage pour assurer le renouvellement permanent de sa population, chaque abeille survivant peu de temps à sa propre tâche.

 

Encore faut-il que son environnement soit varié et indemne de tous les produits toxiques dont on fait si souvent usage pour donner à nos campagnes cette “propreté” qui fait parfois notre fierté ! »

 

 

 

Libérons les Abeilles

« Libérons les abeilles avant que le syndrome d’effondrement des colonies ne devienne le syndrome d’effondrement des colonies humaines. Libérons les abeilles de leur univers concentrationnaire, de la procréation en laboratoire, des fongicides, des pesticides et des insecticides, des rayonnements électromagnétiques et des chimères génétiques. Lorsqu’elles seront sorties de leur captivité, elles se libéreront bien, toute seules, de leurs parasites, ou appelés tels, car lorsque le terrain est sain, les parasites ne sont réellement que “ceux qui mangent à côté d’un autre”, au sens grec du terme.

Et l’homme, sans nul doute, doit être compté au nombre des parasites de l’abeille car, depuis l’aube des temps, elle partage avec lui les trésors de la ruche.

Ces trésors, dont le nombre est celui des côtés de son alvéole, sont le miel, le pollen, la cire, la gelée royale, le venin et la propolis.

Cette dernière substance est sûrement une des substances les plus thérapeutiques de cette planète: c’est pour cela qu’elle fut nommée “propolis”, “au-devant de la cité” car de la demeure de l’abeille, elle écarte les maux, du moins les maux d’origine naturelle. La propolis se révéla, en effet, impuissante pour protéger l’abeille des maux de la technologie humaine.

 

Il y avait sans doute encore, au siècle passé, près d’un million d’espèces d’insectes dans cette grande ruche planétaire.

En l’espace de quelques dizaines d’années, de très nombreuses espèces furent éradiquées par l’agriculture toxique, par la déforestation, par la désertification, par l’urbanisation.

Dans ce million d’espèces d’insectes, l’abeille est unique.

Le poète a pu dire que l’abeille ne vole jamais seule : elle est toujours accompagnée d’un esprit du feu qui l’ad ombre d’une aura de lumière dont la source est cosmique.

Car l’abeille est, par excellence, le porteur de pollen, le messager du pollen et le pollen est un petit morceau de soleil.

C’est pour cela que les civilisations antiques vénéraient l’abeille comme une émanation solaire, une messagère entre le Cosmos et la Terre.

N’est-il pas étrange que l’abeille, symbole de feu, se détache d’une humanité dont l’enthousiasme, au sens grec de “feu intérieur”, semble s’être étiolé, étouffé sous les cendres d’une technologie dont le plus-avoir lui tient lieu de Bien-être?

N’est-il pas étrange que l’abeille solaire déserte la Terre au moment même où la planète commence à suffoquer sous les affres d’un réchauffement qui, la folie humaine aidant, la transformera, en très peu de temps, en un désert brûlant ? »

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Published by Dominique PRACHERSTORFER - dans 6 - Miels de Casamance
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commentaires

florisoone 20/10/2010 17:24


digne d'interet cette etude sur le miel en casamance, mais comment encourager un petit village du nord de la casamance à entreprendre le projet avec l'aide d'une petite association française qui
s'installe sur place avec un couple retraités de france, anciens viticulteurs qui seront sur place toute l'année pour les aider à suivre le projet.
mail : casamance@vivreakabadio.com


Dominique Barjolle 18/09/2010 21:21


J'ai beaucoup apprécié votre analyse fine, complète et fouillée de la filière miel de Casamance, et je me tiens à disposition si plus d'informations sont utiles pour mettre en place une AOC sur ce
produit prometteur. Un parallèle pourrait être fait avec le Miel Corse, très en avance pour la caractérisation physico-chimique via les traces de pollen.


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  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
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