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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 19:59

 

      Depuis de nombreux mois j’avais convenu avec Kieffing DIEDHIOU qu’il m’accompagnerait à Tan Tank pour visiter ses ruches traditionnelles placées dans la mangrove.

Kieffing est un des plus importants apiculteurs de Niomoune. Il fait partie de ces trois anciens de Niomoune qui produisent cet or sublime de la Casamance : le miel de mangrove.

Pour mieux les aider dans cette démarche de développement dans le respect de leur tradition, j’avais besoin de voir in situ les conditions de récolte, la flore mellifère et l’environnement.

Tan Tank est une île qui se situe à 1 heure de pirogue de Niomoune. C’est un des nombreux quartiers où les anciens ont trouvé des conditions adaptées pour cultiver le riz nécessaire aux besoins annuels de leur famille.

Bien sûr c’est dans cet endroit dépourvu de village que certains cultivateurs ont perduré la tradition de leurs aïeux en poursuivant la récolte du miel.

Dans les îles du Petit Kassa, pays Diola d’excellence, les ruches traditionnelles sont taillées dans les troncs de palmier rônier dont le bois possède des qualités renommées en particulier pour sa résistance aux termites et surtout sa tenue aux intempéries.

C’est donc une journée aventure à l’état pur que mon ami Kieffing me réserve.

C'est parti !

 

 

1--Deplacement-vers-Tan-Tank.JPG

 « La pirogue de Sillah nous amène vers Tan Tank.

Les deux petits enfants de Kieffing sont du voyage ».

 

  2---Debarquement-a-Tan-Tank.JPG

« Le débarquement à Tan Tank me plonge

dans un monde à l’état pur.

Palmiers rônier majestueux, baobabs et bien sûr

le troupeau en liberté ».

 

 

3---Les-rizieres.JPG 

 « Kieffing pose devant ces rizières qui,

exceptionnellement cette année,

n’ont pas été cultivées : fête de la circoncision oblige ».

 


4---Acces-vers-la-mangrove.JPG

 « Kieffing m’entraîne vers ses premières ruches.

La marée est haute, je marche sur des milliers de coquillages

type térèbes ».

 


5---Ruche-ronier.JPG

« La ruche est bien posée sur des branches sèches de palétuvier

spécialement disposées à cet effet ».

 

 

6--Ruche.JPG

« L’entrée de la ruche est obstruée par un opercule en bois

colmaté avec un mélange de bouse de vache et de terre ».

 

 

7---gros-plan-ruche.JPG

« Malgré leur mauvaise réputation je m’approche des mes amies :

elles ont les pattes arrières chargées de pollen ».

 

 

8---Ruche-ronier.JPG

« Nous inspectons ruche après ruche.

Certaines sont très proches du bolong voisin ».

 

 

9-ruche.JPG

« Sur leurs multiples pattes grêles en palétuvier

ces araignées géantes abritent nos abeilles».

 

 

10---Ruche-ronier.JPG

« Je constate qu’une très grande proportion de ruches dégueulent d’abeilles, ce qui indique des colonies fortes ».

 

 

10-A---Ruches-ronier.JPG

 

 

10-B---Ruche.JPG

 

 

11---Ruche-ronier.JPG

 


12---Ruche-ronier.JPG

« Apis melifera adansonii qui a mauvaise réputation

ne semble pas inquiétée par cet énergumène toubab

qui vient mettre son nez dans la colonie ».


 

Je ne manque pas de me faire expliquer la flore environnante. J’en profite pour submerger Kieffing de questions. Je prends des notes sur cette mine d’or d’informations en pensant qu’il sera bon de suggérer la plantation d’arbres et d’arbustes mellifères dans le programme de développement du miel en Casamance. Je pense très sincèrement que le simple fait d’exploiter la Nature donne aussi des devoirs. L’action de planter et de donner une orientation au développement de la Nature pour assurer notre alimentation de demain est une particularité que l’Homme d’aujourd’hui à tendance à ne pas placer en avant. C’est une erreur.

J’avais déjà relevé le caractère exceptionnel des miels de Kieffing. Ils sont très sombres, presque noirs, ne cristallisent pas (contrairement aux miels de mangrove) et offrent un arôme de réglisse. Je me dois de faire un inventaire des essences qui jouxtent la mangrove pour tenter d’apporter un début d’explication.

 

 

 

12A---Eufok--Diola-.JPG

« L’ Eufok (nom diola de cet arbuste) offre en novembre

un petit fruit consommé principalement par les abeilles.

Seuls les anciens savaient le préparer

pour la consommation humaine ». 


12-B---Ebambagne--Diola-.JPG

« L’Embambagne nom diola de cette fleur piquante qui pousse

en adventice autour des rizières en novembre et décembre».

 

 

12-C---Petit-paletuvier.JPG

« Ce petit arbuste pousse dans la mangrove,

c’est une sorte de palétuvier peu courant,

ces fleurs sont très mellifères et odorantes ».

 

 

Nous parcourons ainsi tout un arc de mangrove qui jouxte la terre ferme de l’île. Les ruches sont ainsi disposées sur la périphérie des terres cultivables, « loin des paysans et inaccessibles aux enfants » me dira Kieffing.

 

 

 

12-D----Baobab-et-ruche.JPG

 « Baobab en bordure de mangrove ».

 

 

12-E---Pose-pain-singe.JPG

 « Nous cueillons chacun notre pain de singe au baobab voisin ».

 

 

 

12-F---Pain-de-singe.JPG

 " Le pain de singe, fruit du baobab contient du calcium

et cinq fois plus de vitamine C que l’orange ".

 

 

Kieffing m’explique qu’il intervient de nuit sur ses abeilles sans aucune protection. « Je ne crains pas les piqûres » me lâche t-il tout en se rapprochant d’une ruche qui a visiblement son couvercle déplacé.

 

 

 

12-G---mangrove.JPG

 « Durant la tournée nous décortiquons et suçons nos morceaux

de pain de singe acidulés en recrachant le noyau dur ».

 

51 - Poto-poto

" Le poto poto n'a rien de photogénique, j'en conviens;

 mais je souhaitais vous le faire toucher de l'oeil ".

 

 

12-H---Ruche-ronier.JPG

« Une ruche bourdonnante d’abeilles

se trouve avec un chapeau d’obstruction qui s’est ouvert ».

 

 

 

13 - Ruche rônier

« Confiant je colle mon objectif dans la ruche,

pour relever la pureté de la cire nouvelle ».

 

 

13-A--Ruche-ronier.JPG

  « Kieffing intervient derrière moi

pour tenter de remettre le chapeau en place ».

 

 

14 - Ruche qui pique

« Mesdames les ouvrières n’apprécient pas

que ce monsieur vienne secouer leur porte,

fut-elle branlante et laissant passer les courants d’air ».

 

 

15 - Je courre, ça pique  16 - Je courre, ça pique


« Aïe, Aîe, dit-il en diola ! 

 

  La meilleure parade : c’est la fuite et donnant du chapeau sur ces dames rancunières d’avoir été dérangées en plein travail ».

 

 

Sur cet épisode qui s’est caractérisé par une attaque rangée, le photographe qui était aussi sur place a mis les jambes à son cou et a pensé très fort en fuyant :

« pas moi, mes amies, je ne vous ai rien fait !»

 

Du coup Kieffing me propose d’aller se reposer au campement.

Encore émotionné par cette attaque imprévue, je ne refuse pas l’offre, d’autant que je suis là en hôte.

D’ailleurs il est midi passé et je commence à m’inquiéter sur le menu que je n’ai pas prévu, sinon quelques biscuits et de l’eau. Inch’allah.

 

Nous quittons la mangrove et nous nous dirigeons vers l’intérieur des terres où on devine un grand bois composé principalement de palmiers. Les fameux palmiers dont les Diolas soutirent durant les huit mois de saison sèche le fameux vin de palme ou « bounouk » dont nous avons déjà commenté les manifestations dans nos récits niomounois.

 

 

18 - Bosquet à Tan Tank

  « Nous rejoignons un joli bosquet où règnent en maitres

les fameux palmiers : trésors des propriétaires diolas ».

 

 

J’entends des éclats de rires de femmes, nous approchons certainement du campement de la famille DIEDHIOU de Kieffing.

 

 

19 famille Kieffing

  « Je découvre une bonne partie des enfants de Kieffing qu’il me présente.

Ca bavarde, ça rigole. Il semble que je suis attendu.

Mais les jeunes présents ont commencé à se reposer

bien avant nous ! »

 

 

20 Kieffing

« J’éprouve quelques difficultés à prendre mon ami en photo

avec sa pipe.

Il s’esquive indolemment. Après explications, entre homme,

j'apprends que sa femme ne veut pas qu’il fume ! »

 

 

21 - Kieffing

 « Pauline, vient à la rescousse de son père pour lui ôter

une bonne dizaine de dards d’abeilles plantés dans son cuir chevelu ».

 

 

 

22---Bounouk.JPG

  « Le repos prévu est ... une collation au bounouk »

 

 

 

Après tout il faut faire honneur à Antoine, le fils ainé de Kieffing qui passe une grande partie des 8 mois de saison sèche à récolter le fameux vin de palme. C’est une récolte en voie de disparition, malgré la grande consommation qui en est faite. Ce sont les jeunes qui ne désirent plus monter aux arbres, il s’agit d’un sport qui ne les tente pas. Il faut vivre de longues périodes en brousse tant qu’il y a des commandes.

Je profite de l’occasion pour mieux comprendre la récolte du bounouk puisqu’Antoine est près à m’initier.

 

 

 

23---Antoine-DIEDHIOU.JPG

« Antoine, un des récolteurs de bounouk les plus connus ».

 

 

 

24---Antoine.JPG

« L’entretien du Kandapa ( la herse qui retient le grimpeur au palmier)

est une opération qui engage sa sécurité. Cet outil est personnel ».

 

 

 

25---Antoine.JPG

  « La peau de vache séchée découpée en lanières

est employée pour gainer les bourrelets en tissus ».

 

 

 

26---Antoine.JPG

    

 

27 - Récolte bounouk

« Un petit essai pour tester le matériel...

et faire plaisirs au photographe ! »

 

 

 

28 - Récolte bounouk

 « Des petits entonnoirs "houong" en feuille de palmier récupèrent

la sève très sucrée, le tout est enfiché dans le cœur du tronc ».

 

 

 

29 - Récolte bounouk

  « Les abeilles sont très friandes de bounouk, tout comme les Diolas !

L’houong plonge dans une bouteille suspendue ».

 

 

 

31 - Emmanuel DIEDHIOU

« Pour la récolte du soir, Emmanuel, le jeune fils de Kieffing prépare

les houongs, savamment construits avec des feuilles de palmier ».

 

32 - Entonnoir de récolte

  « Une entaille pour parfaire la planéité est nécessaire.

Le panier sera arrosé d’eau et recouvert d’un linge

en attendant la pose de nuit ».

 

 

Autant dire qu’en brousse la journée est consacrée principalement au repos puisque le gros des activités physiques se passe la nuit.

Mis à part l’entretien du matériel c’est aussi l’occasion de s’alimenter.

Depuis ce matin j’ai fait le décompte de mon déjeuner : pain singe, noix de rônier et bounouk. Un menu complet et calorique, riche en sucre et vitamines, en fer, calcium mais exempte de cholestérol me dirait ma Do nutritionniste. Mais je lui rétorquerais que c’est un peu juste en quantité pour un plongeur démineur retraité.

Bon ne dramatisons pas, je ne fais pas d’efforts surhumains je peux sauter un repas.

D’ailleurs c’est le moment de distribuer les noix de palmiers rônier. Les noix cueillies à bonne maturation offrent trois alvéoles remplies d’une gélatine dure acidulée. Normalement ça se mange avec le pouce (de la même façon que les connaisseurs dégustent un violet de Méditerranée).

Mais j’ai droit à une cuillère à soupe pour vider mes 3 alvéoles.

 

 

 

34 - Marie Angelle DIEDHIOU

« Marie-Angelle, la fille cadette de Kieffing

n’est pas encore mariée… »

 

 

 

34 - Niambi

« Niambi, le petit fils de la famille

n’est pas le dernier pour savourer sa noix de rônier ».

 

 

Puis viens la seconde tournée de bounouk. Il faut avouer qu’il se boit comme du petit lait puisqu’il n’est pas encore fermenté et donc pas alcoolisé.

 

 

35 - Bounouk

 « On se sert le bounouk servi dans une calebasse

avec une noix de rônier prolongée d’un manche ».

 


Le cérémonial avec l’emploi des ustensiles traditionnels

est passé.

Nous passons directement au litron...

 

 

 

36 - Dégustation bounouk

 « Le bounouk acidulé circule de main en main

non sans avoir prélevé

deux bonnes gorgées chacun ».

 

 

37 - jeunes filles

  « Les jeunes filles ne sont jamais inactives :

pendant que les hommes picolent elles effilent des palmes

pour confectionner des balais ».


 

Kieffing me suggère de reprendre la visite de ses ruches en me décrivant un immense arc de cercle autour du campement.

J’évalue à trois bons kilomètres la ballade sous le soleil au zénith.

Je ne souffle mot. J’ai hâte d’apprendre comment cet homme déjà bien usé procède pour sortir ses 250 kg de gâteaux de miel de ce poto-poto.

Il importe que je me fasse une idée complète de son site de récolte pour mieux apprécier ses explications. Il y aura donc un débriefing.

D’ors et déjà je sais qu’il faudra inclure une pirogue à moteur, dans notre dossier de demande d’aide au PADEC, pour rallier Niomoune. La pirogue à pagaie chargée à raz bord et bout au courant est un exercice inhumain voire dangereux.

Nous traverserons l’île vers le nord avant de rejoindre la mangrove.

Nous y retrouvons les filles qui sont au travail.

Elles ramassent des coques énormes suivant une technique que j’ignorai. Il suffit de repérer sur le sable une trace d’un centimètre que le bivalve laisse apparaître pour filtrer l’eau. Chaque coup est le bon. Et dire que les toubabs voileux nous ratissons le fond avec nos doigts tel un tracto pelle...

 

 

38 - Ramassage des coques

« Au passage j’en profite pour découvrir la technique

de ramassage des coques.

Les filles scrutent les traces discrètes sur le fond ».

 

 

 

39 - Coques

« Wahoo, la taille des coques ! »

 

 

40 - Ruches

« La marée a bien baissé et nous foulons le poto-poto

pour découvrir certaines ruches ».

 

 

42 - Ruche rônier

 

41 - Ruche

 

43 - Ruche rônier

« Nous ne découvrirons que très peu de ruches non peuplées ».

 

 

 

 

Kieffing m’explique qu’il vient d’installer 9 nouvelles ruches.

Il ne pratique pas le piégeage des abeilles.

« Si on a de la chance, elles viennent, sinon on attend » me dit-il philosophe.

Je constate que sa pratique est réduite au minimum, néanmoins il sort plusieurs centaines de kilos de miel par an. Ses efforts seront bien récompensés

même s’il ne maîtrise pas les techniques modernes.

Que nos apiculteurs européens en prennent de la graine. La seule connaissance que possède Kieffing c’est : l’amour des abeilles.

Cela lui suffit pour leur apporter l’aide nécessaire et la préservation de la colonie. A la récolte, iI saura prélever juste ce qu’il faut dans leurs réserves (même si ces besoins pécuniers sont grands…).

Après tout c’est peut être parce qu’il les aime, et qu’elles le savent, que ses abeilles laissent Kieffing ponctionner librement dans leurs provisions sans protection ?

Remarquez qu’ici il n’est pas question de cadres préformés en cire ou de récolte bisannuelle, ni de nourrissage, ni même d’antibiotiques et rien de tout ce que préconise nos bouquins de technique apicole en Europe.

D’ailleurs sachez bien qu’ici point de « syndrome de la disparition des abeilles », un phénomène alarmant qui entâche l’apiculture en Europe et en Amérique du nord.

Ne cherchez plus les causes : ici point de fleurs et de sols couverts de pesticides systémiques, point d’OGM, point de pollution de l’air et même point de pollution hertzienne !

En clair, c’est point de pollution tout court.

Je souhaite bien du plaisir à nos pays dits civilisés lorsqu’ils se trouveront bientôt devant un choix cornélien : s’en prendre aux véritables causes qui déciment nos abeilles ou laisser faire leur éradication de la Planète (qui sera ensuite suivie de celle de l’Homme en cinq années comme nous ont mis en garde Rudolph Steiner et Albert Einstein...

il y a 80 ans !)

 

 

44 - Ruche rônier

« Une des dernières ruches neuves installée

mais pas encore peuplée ».

 

 

45 - Ruche rônier

« Tous les diamètres de tronc sont bons

pour offrir un abris à nos amies ».

 

 

45 A - Ruche rônier

« Il arrive que les fourmis très présentes dans la mangrove

obtiennent le dernier mot face à leurs cousines ».

 

 

 

En effet, ce sont ces fourmis qui offrent principalement leurs miellats aux abeilles de la mangrove puisque la fleur de palétuvier très éphémère est peu mellifère. En réalité un pur miel de mangrove devrait presque avoir pour seule origine les miellats des insectes de la mangrove.

Comme nous avons pu le découvrir aujourd’hui la brousse n’est pas éloignée des ruches et tous les pollens des fleurs des arbres et arbustes (dont 90 % possèdent des vertus médicinales) entrent nécessairement dans la composition des miels de mangrove.

C’est la faible proportion de fleurs tout au long de l’année qui fait que les miels de mangrove sont principalement obtenus à base de miellats.

 

 

 

46 - Tan Tank

« Ici la mangrove est à bonne distance de la terre ferme

et du campement.

Nous verrons plus tard que cela aura une influence

sur le transport de la récolte ! »

 

 

47 - Ruche rônier

  « Kieffing joue de la machette sur tout ce qui pique sur son passage.

Je l’interroge : c’est pour préparer le chemin

quand je passerai de nuit, me dit-il ».

 

 

48 - Solum

« Mon guide me fait découvrir l'immense Solum,

avec ses grappes de fleurs jaunâtres,

un des arbre le plus mellifère de la brousse ».

 

49 - Solum

« La floraison du Solum dure près d’un mois jusqu’à fin novembre.

Ses fleurs fournissent un miel très clair qui cristallise très vite ».

 

50 - Solum

« Fleurs de Solum (en Wolof) un peu fanées.

En dialecte diola Kassa c’est le Boufatik

et en diola Karone c’est le Nifoulane ».

Fleur de solum et nectar

 " Perle de nectar dans une fleur de solum,

comme un diamant dans son écrin".

 

 

 

Kieffing m’annonce que nous avons fini le tour de ses ruches à Tan Tank mais qu’il en possède une dizaine d’autres

là bas plus au nord.

« C’est bon, nous en avons assez vues.

Que faisons-nous à présent ? »

Mon ami me précise que nous rejoignons le campement :

« on nous attend » !

 

Sur le retour nous quittons le « chemin de ronde » bordé par la mangrove j’en profite pour m’enquérir auprès de mon vieil ami comment il procède pour la récolte ?

« Tout seul. La nuit. Pendant une semaine ».

Oui, mais pour porter tant de kilos ?

« Je rempli un bol (bassine) quand c’est plein je le ramène au campement pour remplir les seaux »

(seaux de 25 kg avec couvercle).

"Ensuite rentrée à Niomoune en deux heures de

  pirogue (à pagaie), si j'ai le courant favorable".

Autant dire que c’est inhumain et nous comprendrons avec ma Do, pourquoi passé un certain âge tous les anciens, dès 45 ans, sont « cassés du dos » et se plaignent de lombalgies ! Au Sénégal les travaux des champs ne se font pas avec des tracteurs Fendt… même les portages se font sur le crâne.

Là-dessus, j’ai déjà du mal à me remettre de ma ballade « à vide ». Et qu’en serait-il si je devais troquer mon Dunlopillo contre une natte posée à même le sable et une toiture en palmes sans moustiquaire en guise de cabine ?

C’est sûr que je ne tiendrais pas la cadence.

Au moment où j’écris ces lignes ma Do me commente un rapport du PAM sur l’alimentation des paysans démunis de Casamance : 10% ne mangent qu'un repas par jour

et 25% deux repas.

 

 

 

Revenons à Tan Tank et au campement de la famille, où je découvre la bonne surprise. Les jeunes femmes se sont mises à la cuisine et déjà une grosse marmite de riz est cuite. Au même moment le jeune fils de Kieffing rapporte une trentaine de poissons pêchés à la ligne.

Les filles se mettent aussitôt à l’ouvrage.

 

 

 

52 - Cuisinières

« Pauline et son amie nettoie le poisson fraîchement pêché,

ce sera le condiment du repas ».

 

 

53 - Marie-Angelle DHIEDHIOU

« Marie-Angèle est rêveuse...

pendant que sa tambouille cuit à feu doux »

 

 

 

Je profite du moment où les hommes sont oisifs pour questionner Kieffing sur son nombre de ruches à Tan Tank.

Il s’allonge et ferme les yeux.

En français il les compte une à une. Comme s’il  faisait dérouler un film dans sa mémoire. Le film s’arrêta à 49.

Et dire que je me demandais comment pouvait-il faire pour repérer ses ruches de nuit, constatant déjà qu'en plein jour il n’y a rien qui ne ressemble plus à un palétuvier dans la mangrove qu’un autre palétuvier ?

Et tout cela sur 3 kilomètres !

Je dois préciser que la plus grande partie des ruches ne sont pas visibles de l’extérieur de la mangrove. Seule une petite voie est taillée dans les palétuviers et celle-ci n’est jamais directe…

J’en suis ébahi.

Il doit quand même lui arriver d’en manquer une …

me dis-je !

 


54---Kieffing.JPG

  « Kieffing compte mentalement ses 49 ruches

disposées dans la mangrove ».

 

 

 

55 - Pauline DIEDHIOU

  « En toute simplicité, Pauline se bricole un truc dans les dents ».

 

 

56 - Niambi

« Pendant que le poisson cuit,

j’ai le temps de croquer le petit Niambi ».

 

 

57 - Repas

« Le repas est servi.

Les hommes s’attablent autour de leurs bols de riz et poisson.

Mes hôtes m’offrent assiette et cuillère que je ne réclamais pas ».

 


 

Comme tout toubab qui se respecte, je rejette mon arête de poisson avec la tête. Oh crime de lèse-majesté : ici on suce toutes les parties même la tête jusqu’à la dernière arête et on recrache le tout bien ressucé devant soi. Cela fait un petit monticule comme un dégueulis de chat sur la nappe de palme.

En attendant c’était excellent, vu la précarité de la cuisine.

 

 

 

58 - repas des femmes

« Les femmes s’installent autour de leurs bols à leur tour ».

 

Après le déjeuner Kieffing s’offre une dernière pipe et nous rentrons avec les 2 petits enfants, la pirogue de Sillah doit nous attendre.

 

 

 

58 A - Pommier Cayolle

« Le pommier de Cayolle très répandu en brousse ».

 

58 B - Pommier Cayolle

« Fruits du pommier de Cayolle aux propriétés médicinales, il serait étonnant que les pollens n’en possèdent pas… »

 

 

 

60 - La mare

« Cette mare qui se maintiendra jusqu’en mars

est une providence pour les abeilles qui ont besoin d'eau ».

 

61 - La mare

  

 

61 A - Apis melifera Adansonii

« Apis melifera Adansonii en action

sur une fleur dégoulinante de nectar ».

   

 

61 C - Les enfants à la mare« Kieffing au bord de la mare de Tan Tank en 1960.

(La mare est inchangée depuis 50 ans me dit-il) ».

 

62 -Tan Tank

« Nous laissons derrière nous l’île de Tan Tank,

le jardin des Niomounois, 

avec ses arbres de brousse majestueux sur un tapis de fleurs

dans cette Nature à l’état pur ».

 

63 - Baobab

Je laisserai ce havre de paix et ce paradis après une journée entière de communion avec la Nature et les Hommes.

Merci à toi Kieffing.

 

U' KATORAL (au revoir)


 

Dominique PRACHERSTORFER

Skipper d'ARAKA NUI.

 

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Published by Dominique PRACHERSTORFER - dans 6 - Miels de Casamance
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commentaires

Frédéric Jouve 27/11/2010 22:18


Bonjour à tout l'équipage, je suis Frédéric Jouve, réalisateur pour la série "10 bateaux, 10 destins" destinée à la télévision française. Votre histoire est intéressante et j'aimerai en parler avec
vous. Avez-vous une adresse mail ? Skype ?
Moi je suis joignable à : jouve04@gmail.com ou sur Skype : Kiss2Sea ou au 0688697945.
Au plaisir de vous parler , lire
Bien à vous tous
Frédéric Jouve


Machemehl 25/11/2010 15:45


Bien beau et intéressent reportage, je vois que tu es toujours en pleine activité, je souhaite une totale réussite à ton projet.
Domi doit avoir beaucoup d'occupation pour soigner petits et grands "bobos".
Dommage qu'une seule photo soit visible dans ce bel article.
Grosses bises à toute la famille "Prachou".
Sincère amitié.
Bernard.


Présentation

  • : Araka Nui autour du monde
  • Araka Nui autour du monde
  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
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