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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 17:33

D'après un rapport gouvernemental, le Japon pourrait devenir inhabitable.


Explosion-nucleaire-a-Fangataufa.jpg

« Explosion nucléaire - atoll de Fangataufa (Tahiti) , essais de 1968 »

 

Vendredi 10 juin 2011

    Les derniers rapports confirmant que les réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ont complètement fondu juste quelques heures après que le tremblement de terre et le tsunami dévastateurs ont frappé la région le 11 mars, ont été éclipsés par des nouvelles pires encore : La fusion de tous les réacteurs s'emballe [*] probablement, une situation qui, selon le journal japonais Daily Yomiuri est « le pire aboutissement d'un accident nucléaire. »

[* Ndt : Le terme melt-through, du texte original, signifie : Accident de réacteur nucléaire dans lequel la fusion du cœur de combustible nucléaire s'emballe. Le combustible nucléaire fondu coule au fond du réacteur et traverse l'enceinte de confinement. Un phénomène aussi appelé syndrome chinois.]

    Lors d'une interview avec le Wall Street Journal, le haut fonctionnaire Ichiro Ozawa a suggéré qu'il se puisse que la situation à Fukushima rende
« inhabitable » le pays du Japon entier.

   La fusion d'un cœur nucléaire implique que [la température du] combustible dépasse le point de fusion jusqu'à endommager le réacteur. Fuyant à l'extérieur, le combustible menace virtuellement de propager dans l'environnement une grande radioactivité. L'emballement de la fusion du cœur d'un réacteur est, bien entendu, un scénario encore pire, puisque le combustible nucléaire fond littéralement et traverse le fond de l'enceinte de confinement du réacteur endommagé - et, traversant même vraisemblablement les enceintes externes, passe directement dans le sol, l'air et l'eau.

   Selon le journal Daily Yomiuri, ce rapport suggérant que l'emballement de la fusion a déjà eu lieu, un fait qui est prêt à être soumis à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), est la « première reconnaissance officielle » de l'urgence de la situation. Le journal confirme également ce qui était soupçonné dès le début, que ce scénario a tout le temps été en cours, car les rapports ultérieurs ont confirmé que cette catastrophe inimaginable a percé les enceintes de confinement des réacteurs, et que de l'eau radioactive, et peut-être même du combustible, se sont échappés par le bas des enceintes.

   L'AIEA a déjà déclaré que la catastrophe de Fukushima est au moins aussi grave que le désastre de Tchernobyl, mais cette nouvelle information suggère maintenant que c'est vraisemblablement encore pire. On ignore actuellement si le combustible accumulé dans les enceintes de confinement s'est infiltré à l'extérieur, où il a la capacité de contaminer les nappes phréatiques et d'entraîner d'immenses dommages environnementaux.

   Dans une interview réalisée avant la publication du nouveau rapport, Ichiro Ozawa a dit au Wall Street Journalque les régions autour de Fukushima sont déjà devenues complètement « inhabitables. » Il a également insinué que, vu la tournure actuelle, beaucoup de ce qui reste du pays, dont Tokyo, pourrait subir le même sort si rien n'est fait correctement et efficacement pour maîtriser la situation.

 

Samedi 11 juin 2011 (suite)

Le Japon bientôt inhabitable ?

 

    Cela fait trois mois aujourd’hui que la catastrophe nucléaire de Fukushima a eu lieu, et malgré les tentatives du lobby nucléaire qui tente de nous rassurer, la situation est aux antipodes d’être réglée.

Miguel Quintana, journaliste indépendant basé auJapon essaye de faire le point, malgré toutes les tentatives de désinformation lancées par Tepco, et le gouvernement Japonais.

90 000 japonais ont été déplacés, vivant dans 2400 centres d’accueil, et qui malgré les invitations de relogement proposées par le gouvernement, préfèrent rester dans ces centres, car étant sans revenus, quitter ces lieux d’accueil, les priverait de rations alimentaires, et les obligeraient à assurer leur survie, alors qu’ils n’en ont pas les moyens.


   D’autre part, les fonds récoltés grâce à la solidarité mondiale tardent à parvenir aux intéressés, suite, semble-t-il à la désorganisation des services sociaux japonais.

Même si l’information a été distillée au compte goutte, Tepco avoue maintenant avoir menti : lesréacteurs 1, 2 et 3 avaient effectivement fondus quelques heures après le tsunami.


   On peut voir sur cette vidéo, un ralenti saisissant de la première explosion.

Le 7 juin l’agence de sécurité nucléaire et industrielle japonaise a avoué que les doses de radioactivité qui ont été réellement relâchées sont de l’ordre du double de ce qui avait été dit.


   L’estimation d’origine était de 370 000 terra becquerels, elle est passée à 770 000, et ces chiffres ne sont pas définitifs, puisque la centrale continue à relâcher chaque jour toujours plus de radioactivité, dans l’air et dans l’eau, car les fuites d’eau contaminée continuent de se produire.

En effet les sous sols de la centrale sont totalement inondés, (plus de 100 000 tonnes d’eau radioactive s’y trouvent actuellement correspondant à 720 000 tbq) et les nombreuses fissures provoquent bien évidemment des fuites continuelles.


   Fin mai le ministère des sciences japonais nous annonçait la découverte de niveaux d’irradiation plusieurs centaines de fois supérieurs à la norme au fond de l’Océan Pacifique sur une zone de plus de 300 km de long.

Comme le dit le journaliste, on assiste à un crescendo d’informations.

Quant aux travailleurs qui tentent de travailler dans la centrale, ils sont exposés à des doses de radiation de l’ordre de 4000 mSv/heure dans le bâtiment du réacteur n°1, ce qui fait douter des affirmations deTepco qui prétend pouvoir régler la situation d’ici la fin de l’année.

Aujourd'hui, personne, Tepco y compris, ne sait ce qui se passe vraiment dans la centrale, et tant que l’eau irradiée y restera stockée, la pollution radioactive continuera de se dégager.

   L’interview complète est sur ce lien.


   Aujourd’hui, la centrale fumante continue donc à relâcher de la radioactivité qui fait allègrement le tour de la terre, s’accumulant dans l’eau, le sol et nos aliments chaque jour un peu plus comme on peut le constater dans cette vidéo

Les travaux ont été suspendus dans le réacteur n° 3, celui qui pose le plus de problème, puisqu’il fonctionnait au Mox (uranium et surtout plutonium), et on a mesuré sur le site 100 millions de becquerels par cm3lien

Les travailleurs ne peuvent pas s’approcher plus de 30 minutes des bâtiments, vu le taux d’irradiation, la piscine du bâtiment n°4 menace de s’écrouler, et la situation va se compliquer encore, puisque la saison des pluies va commencer au Japon. lien


   C’est une situation insoluble, car d’une part, l’exploitant est obligé d’arroser continuellement les réacteurs, pour freiner la montée en température, et d’autre part, il ne sait que faire des milliers de mètres cubes d’eau radioactive, même si Areva promet de trouver une solution pour traiter cette eau.

De plus l’exploitant envisage de relâcher en mer 3000 tonnes d’eau « faiblement radioactive » provenant de la centrale de Fukushima dainilien

 

   Au sujet de cette seconde centrale, Tepco se montre peu bavard, et on s’interroge en haut lieu suite à une fuite d’huile inexpliquée, un incendie sur un tableau électrique, et la présence d’eau de mer dans une installation jugée hermétique. lien


   Tepco a perdu plus de 90% de sa valeur boursière.

 

   Dans cette vidéoYves Marignac, directeur de Wise-Paris propose son analyse de la situation, 3 mois après la catastrophe.

La situation n’est toujours pas contrôlée, les fuites continuent, et tout ce que peut faire l’exploitant, c’est d’arroser en continu les réacteurs en fusion, afin d’empêcher une aggravation de la situation. vidéo

 

 

   Un rapport gouvernemental confirme la fonte totale des 3 réacteurs, évoquant un emballement du cœur du combustible nucléaire à l’intérieur de ceux-ci, faisant couler celui-ci au fond des réacteurs (syndrome chinois) pouvant traverser l’enceinte de confinement.

Dans une interview donnée au Wall Street Journal, un haut fonctionnaire, Ichiro Ozawa évoque la possibilité de la perte totale du pays, celui-ci pouvant devenir totalement inhabitable. lien

Le journal japonais « Daily Yomiuri  » affirme que nous vivons « le pire aboutissement d’un accident nucléaire ». lien

 

 

   De plus en plus de personnes sont évacuées chaque jour, lesquelles viennent compliquer la situation déjà précaire, des réfugiés.

Les premiers effets de la radioactivité commencent à être constatés, avec la naissance d’un lapin mutant, sans oreilles. lien

 

   On ne sait pas encore si le Japon va devoir être totalement évacué dans les mois à venir, mais on est sur que la situation devient critique à Tokyo.

En effet, dès le 16 mars, Agnès Buzyn, présidente du conseil d’administration de l’IRSN, et professeur d’hématologie à l’hôpital Necker de Paris, avait envisagé, sur l’antenne de France Info, cette éventualité dans les heures ou les jours à venir. lien


   D’ailleurs, le 7 juin, un habitant de la banlieue de Tokyo, compteur à la main, à constaté que le taux de radiation élevée, mesuré dans la rue, chez lui, et sur son toit, ne devrait pas lui permettre de sortir, ni de manger des légumes de jardin. lien


   Les mesures ont atteint 48 000 mS/heure, ce qui est la limite maximum autorisée pour les travailleurs du nucléaire. lien

On s’achemine donc vers une évacuation des 36 millions de japonais habitant à Tokyo.

 

   Le nucléaire qui devait être le salut des économies industrielles, est en train d’en devenir le fossoyeur, puisqu’au Japon, on est dans l’expectative : exposer la population aux risques que l’on sait, afin que l’économie reprenne, ou laisser s’achever la débâcle en cours. lien

 

   Pour ceux qui auraient raté l’émission « envoyé spécial  » consacrée sur la 2ème chaine au nucléaire, c’est sur ce lien.

Mais en France, l’autocrate présidentiel droit dans ses bottes continue contre vents et marées de défendre l’indéfendable, au même moment ou une étude confirme la certitude statistique (estimée de 50%) d’un possible accident nucléaire dans notre pays. lien


   Aujourd’hui, on sait que, contrairement aux attentes des lobbys pro nucléaires, l’électricité nucléaire est la plus chère.

En effet, entre le démantèlement des centrales, estimé à 17 milliards par EDF, mais qui devrait allègrement franchir la barre des 200 milliards, le traitement des déchets, toujours sans solution acceptable, et le dédommagement des citoyens touchés par un accident, on constate que le prix du kilowatt nucléaire est largement sous estimé. lien

Quant aux fameux tests de résistance prévus en Europe, ils font déjà l’objet de critiques acerbes de la part de nombreux eurodéputés, qui dénoncent leur insuffisance. lien

  

   La profonde divergence constatée par le commissaire Oettinger est surtout basée sur le fait que certains pays, dont la France, refusent d’envisager la possibilité d’une attaque terroriste. lien

Pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, une pétition pour l'interdiction du combustible mox sur toute la planète. lien

 

   Et sur ce lien, la pétition pour un référendum en faveur de la sortie du nucléaire : elle vise le million de signatures.

Le 11 juin, date anniversaire de la catastrophe, des manifestations auront lieu un peu partout dans le monde. lien

Pour avoir une vision chronologique de la situation à Fukushima, on peut aller visiter avec profit ce très bon site proposé par l’ACRO, ce laboratoire indépendant qui mesure régulièrement la pollution radioactive du sol et des plantes de notre pays. lien

L’échéance donnée par les Mayas pour fin 2012, ou même selon d’autres sources pour octobre 2011 ne devrait rassurer personne, (lien) en ces temps troubles ou de nombreux chercheurs évoquent avec inquiétude le réveil de la ceinture de feu. lien

 

 

   D’autant que le 4 juin dernier, une centrale nucléaire égyptienne a connu quelques difficultés, puisqu’après une explosion, restée très discrète, une fuite d’eau radioactive a été constatée. lien

Mais comme dit mon vieil ami africain : « Qui s’est brûlé la langue une fois n’oublie jamais de souffler sur sa soupe ».


L’image illustrant l’article provient de « stmichelarchange.org »

Sources : www.agoravox.tv  et www.wikistrike.com

 

 

 

 

Samedi 3 décembre 2011

  fuck_the_nuke-02-e58c5.jpg

 

      Au moment où l’on apprend que 8% du territoire Japonais, soit 30 000 km2, est perdu pour des dizaines d’années, et que les scientifiques profitent de l’opportunité offerte, pour découvrir ce qui va arriver avec le corium, le directeur de la centrale de Fukushima, malade, se refuse à imaginer que la catastrophe y soit pour quelque chose.


      En effet, Masao Yoshida âgé de46 ans, a dû quitter son poste le28 novembre 2011 pour être hospitalisé ; TEPCO refuse de confirmer la cause exacte de sa maladie, mais comme il est présent sur le site depuis le 11 mars, il est facile d’en comprendre la raison.

3 ouvriers sont déjà morts depuis l’accident, et là aussi TEPCO se refuse à l’imputer à l’exposition aux radiations. lien

Mais, pour la première fois, le 12 novembre 2011, des journalistes ont été autorisés à visiter les ruines de Fukushima Daiichi, et David Guttenfelder en a profité pour prendre des photos pour le compte de la prestigieuse revue « National Geographic ».

La tache ne lui a pas été rendue facile car les journalistes n’étaient pas autorisés à quitter le bus, et tout ce qu’il a pu photographier, ça a été des débris, des véhicules renversés, des bassins d’eau stagnante, et du coté des réacteurs, aucun signe de vie.

Le compteur Geiger tenu par un travailleur affichait gaillardement ses 300 microsievertslien

Au sujet du corium, il est difficile d’établir le tableau de sa décroissance radioactive, puisque sachant que le centre de sa masse se trouve en principe aux environs de 3000 °C, il n’est guère possible de connaitre la température du reste.

 

     Quant au risque d’explosion, il n’est pas inutile de rappeler les explications que donnait le Professeur V. Nesterenko, ce physicien nucléaire, membre de l’académie des sciences du Belarusdocteur ès sciences techniques, en charge des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.

Il affirmait que si la masse de corium de Tchernobyl qui avait déjà percé la cuve du réacteur, rencontrait les masses d’eau contenues dans les sous sols du réacteur, le mélange des 1400 kg composé d’uranium-graphite aurait été susceptible de provoquer une explosion atomique 50 à 80 fois plus puissante que celle d’Hiroshimalien

 

     Pour Uehara Haruo, concepteur de la centrale japonaise, interviewé le 20 novembre dernier, l’explosion hydro-volcanique est inévitable. vidéo

Le 30 novembre 2011TEPCO a rendu public les analyses concernant le corium, déclarant que, dans le pire des cas, toutes les barres de combustible du réacteur n°1 pourraient avoir fondu et se retrouver au fond de l’enceinte de confinement, laquelle est recouverte d’une plaque d’acier qui pourrait avoir été érodée a une profondeur de 65 cm, (vidéo) et il ne resterait que 37 cm à traverser pour atteindre la « feuille de métal ». lien (Rappelons qu’à Tchernobyl, la dalle de béton avait 1 mètre d’épaisseur. lien)

Ensuite, que va-t-il se passer ? bien malin qui pourrait le dire, mais il est probable qu’il sera difficile de donner de bonnes nouvelles.

Si, comme à Tchernobyl, un serpentin de refroidissement avait été installé sous la plaque de béton du réacteur, au mépris du danger couru par les milliers de mineurs au travail, lesquels avaient creusé un tunnel pour permettre la pose de ce serpentin, il est possible qu’une partie du danger aurait pu être évitée, mais ce n’est pas le cas, et le pire est logiquement devant nous.

D’après l’association « Union de Tchernobyl » 10 ans après la catastrophe, plus des 20 000 hommesde 30 à 40 ans ayant participé au chantier après l’accident, étaient morts de l’exposition aux radiations.

Sur les 400 kg de plutonium qui étaient dans le réacteur de Tchernobyl, on estime que près de 100 kgont été rejetés dans l’environnement, et l’on sait qu’un microgramme de plutonium est une dose mortelle pour un homme pesant 70 kglien (à Fukushima, il y a 68 tonnes de combustible nucléaire dans le réacteur n°1).


      Mais revenons à Fukushima : dans cette vidéo, le détail des explosions des premiers jours.

Rappelons qu’aucun français n’a été invité le samedi 12 novembre à Fukushima, et que la seule présence française consistait en un drapeau qui flottait non loin de l’installation de « décontamination de l’eau » qui est loin d’être probante, alors qu’elle devait être terminée avant la fin de l’année.

D’après Tetsuya Terasawa, porte parole de TEPCO, il y a encore 40 000 tonnes d’eau au fond du bâtiment du réacteur (photo), et 90 000 tonnes d’eau, nettoyées d’après TEPCO, sont stockées dans de grands réservoirs de 12 mètres de hauteur. lien

Il nous faudra donc nous contenter de l’article écrit par le journaliste du « New York Times », Martin Falker, en se souvenant que les conditions de « visite » étaient particulièrement surveillées.

Celui-ci rappelait que le Ministre Goshi Hosono chargé de la catastrophe, avait confirmé que le chantier allait se poursuivre pendant encore 30 ans, espérant un « arrêt à froid » en fin d’année, (lien) sans expliquer pour autant comment il pourrait parvenir à l'arrêt à froid du corium ?

Depuis les mensonges à répétition des exploitants de la centrale, leur crédibilité est largement entamée et aux dernières nouvelles, on apprenait le 1er décembre 2011 qu’un incendie se serait déclaré dans lebâtiment n°3lien

 

   

 

 

Jeudi 28 juillet 2011

Pour notre biodiversité, ce ne sont pas des essais !

 

    Le tout en vidéo, un résumé du pire présenté sur un plateau d’argent, que demander de plus? Tout cela au nom de quoi? De la puissance militaire, de la mort, tout simplement !


    Voici une vidéo qui permet de comptabiliser et géolocaliser les essais nucléaires par pays qui ont pourri notre atmosphère, nos sols, et nos océans de 1945 à 1998. un total de 2053 bombes !


    La course à l’armement commence lentement, mais des 1962, c’est la folie….De plus la fin de la vidéo permet de revoir pays par pays chaque localisation des essais..
   Alors… La radioactivité ?
   Les effets sur les populations et notre éco-systèmes ? Pourquoi ne nous avons-nous pas effrayé avec tout ces tests ? sommes-nous a un Fukushima près après tout ça ? Je ne suis pas en train de minimiser les effets immeéiats au Japon, je ne permettrai pas de faire ça, vue l’atroce situation de ce pays…mais quand on regarde les faits dans leur globalité historique….J’avoue que ça me rend très perplexe et ça fait froid dans le dos…

   Vidéo faite par l’artiste Japonnais Isao Hashimoto.

 

Sources : goodsites.kazeo.com via les moutons enragés

 


 

 

Lundi 15 août 2011

L'Afrique du nucléaire ou comment refroidir un réacteur sous 40°

 

    L’information est très inquiétante! On a vu ce que pouvais donner le nucléaire en Ukraine ou au Japon (pour ne pas citer les problèmes non-officiels), imaginez ce que cela pourrait donner dans un pays chaud, très chaud qui aura du mal à refroidir le réacteur en cas de problème? Cela ne sera même plus une catastrophe nucléaire, cela sera une éradication des populations, et cela au nom de l’argent! Pessimiste? Si le nucléaire était une énergie d’avenir, cela se saurait non? Voilà néanmoins une futur source de revenus pour la France…

 

    Près des deux tiers de la population de l’Afrique subsaharienne vit sans électricité. Pour y remédier, plusieurs gouvernements africains se tournent vers le nucléaire, à l’heure où plusieurs pays européens comme la Suisse et l’Allemagne veulent débrancher leurs centrales atomiques.

 

    Pour l’instant, seule l’Afrique du Sud possède une centrale nucléaire civile. Mais la situation devrait radicalement changer dans les deux prochaines décennies. Les gouvernement africains se tournent de plus en plus vers l’atome civil.

 

    Les Etats d’Afrique ont leurs propres préoccupations, soit le développement du continent. Et pour cela, l’électricité est nécessaire.

 

    Le Maroc ambitionne de faire son entrée dans l’énergie atomique en 2017 et la Namibie en 2018. Au Nigéria et en Égypte, les premières centrales électronucléaires devraient fonctionner d’ici à 2020. Le gouvernement kényan, de son côté a investi dans la construction d’un réacteur qui devrait produire 1000 mégawatts d’ici à la fin de cette décennie. Le Ghana, l’Angola, l’Algérie, la Tunisie et l’Ouganda envisagent aussi d’opter pour l’énergie nucléaire.

 

    Même les nations les plus pauvres de l’Afrique comme le Burundi, la République démocratique du Congo et le Cap Vert ont fait un pas vers le nucléaire en rejoignant l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

 

    Sur le continent, l’Afrique du Sud reste le leader incontesté en termes d’énergie nucléaire : le pays veut construire d’ici à 2023 six nouvelles centrales et couvrir ainsi près d’un quart de ses besoins énergétiques.

« L’Afrique du Sud veut aussi exporter son savoir-faire dans la région », analyse David Fig, expert nucléaire sud-africain. Premier client, l’Algérie qui a décidé de confier à l’Afrique du Sud la création de deux réacteurs nucléaires.

 

    Face à cette vague pronucléaire, le Sénégal semble bien isolé. Le pays d’Afrique de l’Ouest est revenu en arrière sur ses plans de construire une première centrale après la catastrophe du Fukushima au Japon. Au mois d’avril, le président Abdoulaye Wade a même soumis une résolution à l’Union africaine (UA) pour déclarer le continent « zone zéro nucléaire ». Mais ses chances de succès sont minces.

 

De l’uranium en abondance

 

    Le combustible nucléaire est pour de nombreux pays africains -riches en matière première -le moindre de leur souci. Le continent regorge d’uranium. Le Niger, la Namibie et l’Afrique du Sud ont d’énormes gisements d’uranium qui représentent ensemble, environ 15% des ressources connues d’uranium dans le monde. Et beaucoup de leurs voisins extraient eux aussi ce métal radioactif.

 

    Les risques engendrés par le nucléaire ne font guère l’objet de débats en Afrique. Combler le déficit énergétique passe en premier. Les risques de catastrophe nucléaire et le problème du stockage des déchets ne font pas le poids face aux promesses du lobby nucléaire de croissance économique et d’emploi.

 

    La propagande pro-nucléaire est particulièrement acharnée, car le marché africain attise les convoitises des entreprises nucléaires, qui peinent désormais à vendre leur technologie dans les pays du Nord. La concurrence est rude entre les firmes russes, françaises et chinoises pour séduire les dirigeants africains. Pour David Fig :

« Les sociétés d’énergie nucléaire tentent désespérément de trouver de nouveaux clients et d’attirer les gouvernements africains avec des offres alléchantes ».

 

     Pour faire son entrée dans le nucléaire, l’Afrique doit toutefois passer encore quelques obstacles. Avoir son réacteur a un coût, des milliards d’euros, que de nombreux gouvernements sans l’aide d’investisseurs étrangers ne peuvent se permettre. Mais la barrière la plus forte reste le manque de connaissances techniques. Entre deux cents et mille scientifiques et ingénieurs spécialisés sont nécessaires pour faire fonctionner une centrale nucléaire.

 

    Or, moins de 10 000 personnes travaillent actuellement dans l’ensemble du secteur nucléaire en Afrique. « Il faudra encore longtemps avant que l’Afrique ait les compétences nécessaires », confie Tristen Taylor, expert en environnement à l’organisation Earthlife.

 

« Sans compter que la plupart des pays ne disposeraient pour l’instant même pas d’un réseau électrique suffisamment dense et puissant pour raccorder un réacteur. »

 

 

Un article de Kristin Palitza, publié par Rue89

Article relayé par le site Sauve la planète

 

 

Cartes des centrales nucléaires dans le monde

     

    Je vous laisse admirer la beauté du désastre nucléaire.

D’abord la carte des centrales nucléaires dans le monde :

 

0-Centrales nucleaire monde


Puis en France :

 

7-Centrales_nucleaires_France.png

 


Et enfin au Japon :

 

 

1-Centrales_nucleaires_Japon.png


     Les chiffres par pays ( le terme MWe signifiant mégawatt électrique. 1 mégawatt = 1 million de watts):

AMERIQUE DU SUD

Argentine :
Puissance installée : 935 MWe
2 réacteurs dans 2 centrales (Atucha et Embalse)
Brésil :
Puissance installée : 1884 MWe
2 réacteurs dans 1 centrale (Angra)
Mexique :
Puissance installée : 1300 MWe
2 réacteurs dans 1 centrale (Laguna Verde)

AMERIQUE DU NORD

Etats-Unis :
Puissance installée : 100747 MWe
104 réacteurs dans 64 centrales
Canada :
Puissance installée : 12569 MWe
18 réacteurs dans 5 centrales (Bruce, Darlington, Gentilly, Pickering, Point Le Preau)

EUROPE (EST ET OUEST)

France :
Puissance installée : 63130 MWe
58 réacteurs dans 19 centrales
1 centre de retraitement à La Hague
1 usine de Mox à Marcoule (opérations de démantèlement en cours)
Nouveaux réacteurs programmés : Flamanville (en construction), Penly (en projet)
Allemagne :
Puissance installée : 20490 MWe
17 réacteurs dans 12 centrales
Note : l’Allemagne s’est engagée par la loi sur une sortie progressive du nucléaire, à horizon 2021.
Royaume Uni :
Puissance installée : 10137 MWe
19 réacteurs dans 9 centrales
1 centre de retraitement à Sellafield
Espagne :
Puissance installée : 7514 MWe
8 réacteurs dans 6 centrales
Italie :
Puissance installée : 1423 MWe (à l’arrêt)
4 réacteurs dans 4 centrales (Caorso, Enrico Fermi, Garigliano, Latina)
Note : tous les réacteurs italiens ont été stoppés suite à la décision du pays de sortir du nucléaire, prise en 1987
Belgique :
Puissance installée : 5926 MWe
7 réacteurs dans 2 centrales (Doel, Tihange)
Suisse :
Puissance installée : 3263 MWe
5 réacteurs dans 4 centrales (Beznau, Goesgen, Leibstadt, Muehleberg)
Autriche :
Puissance installée : 0 MWe
Note : le pays a voté le principe du la non production d’électricité nucléaire en 1978.
République Tchèque :
Puissance installée : 3678 MWe
6 réacteurs dans 2 centrales (Dukovany, Temelin)
Finlande :
Puissance installée : 2716 MWe
4 réacteurs dans 2 centrales (Loviisa, Olkiluoto)
Note : un 5e réacteur, de type EPR, est en construction (1600 MWe, Areva)
Lituanie :
Puissance installée : 2370 MWe
2 réacteurs dans 1 centrale (Ignalina), définitivement stoppés
Pays-Bas :
Puissance installée : 487 MWe
1 réacteur dans 1 centrale (Borssele)
Roumanie :
Puissance installée : 1300 MWe
2 réacteurs dans 1 centrale (Cernavoda)
Bulgarie :
Puissance installée : 1906 MWe
2 réacteurs dans 1 centrale (Kozloduy)
Hongrie :
Puissance installée : 1889 MWe
4 réacteurs dans 1 centrale (Tolna Megye)
Slovaquie :
Puissance installée : 1816 MWe
4 réacteurs dans 2 centrales (Bohunice, Mochovce)
Slovénie :
Puissance installée : 666 MWe
1 réacteur dans 1 centrale (Krsko)
Suède :
Puissance installée : 9298 MWe
10 réacteurs dans 3 centrales (Forsmark, Oskarshamn, Ringhals)
Note : l’arrêt progressif de la production nucléaire est planifié.
Ukraine :
Puissance installée : 13107 MWe
15 réacteurs dans 4 centrales (Khmelnitski, Rovno, South Ukraine, Zaporozhe)
Russie :
Puissance installée : 22693 MWe
32 réacteurs dans 11 centrales en activité
Belarus :
Puissance installée : 0 MWe
1 réacteur en projet

ASIE

Arménie :
Puissance installée : 375 MWe
1 réacteur dans 1 centrale (Armenia)
Chine :
Puissance installée : 10058 MWe
13 réacteurs dans 4 centrales (Guangdong, Lingao, Qinshan, Tianwan)
27 réacteurs en construction pour une puissance supplémentaire de 27230 MWe
Inde :
Puissance installée : 4391 MWe
20 réacteurs dans 5 centrales (Karnataka, Gujrat, Talmid Nadu, Uttar Pradesh, Rajasthan)
5 réacteurs en construction pour une puissance supplémentaire de 3564 MWe
Iran :
Puissance installée : 0 MWe
1 réacteur en construction (Bushehr) pour 915 MWe
Japon :
Puissance installée : 46821 MWe
54 réacteurs dans 17 centrales
Kazakhstan :
Puissance installée : 52 MWe
1 réacteur dans 1 centrale (BN 350), définitivement stoppé
Corée du Sud :
Puissance installée : 18698 MWe
21 réacteurs dans 5 centrales (Kori, Shin-Kori, Ulchin, Wolsong, Yonggwang)
Pakistan :
Puissance installée : 425 MWe
2 réacteurs dans 2 centrales (Kanupp, Chasnupp)
1 réacteur en construction pour une puissance supplémentaire de 300 MWe
Taiwan :
Puissance installée : 4982 MWe
6 réacteurs dans 3 centrales (Shin Chan, Kuosheng, Maanshan)

AFRIQUE

Afrique du Sud :
Puissance installée : 1800 MWe
1 réacteur dans 1 centrale (Koeberg)

_____________________________________________
Total : 378.846 MW ou 378.846.000.000 Watts

 

 

Sources: Bistro Bar Blog, les moutons enragés


 

Le commentaire de Dominique :

 

  Mon fils, je voudrai te commenter d'abord la photo (en haut de cet article) de l'explosion nucléaire qui s'est déroulée en 1968, dans le cadre de l'opération "Canopus". Elle visait à tester la première Bombe nucléaire française. C'est l'atoll de Fangataufa qui a été le premier choisi, au sud de Tahiti qui a servi pour les essais nucléaires français.

Ensuite les campagnes de tirs ont eu lieu à Mururoa et en 1972. J'y étais comme marin pendant ces essais.

Cette image est impressionnante de beauté et d'effroi dans un décor paradisiaque, mais...

depuis nous avons eu de nombreuses alertes sous forme d'accidents graves qui démontrent que le nucléaire civil est une grave erreur pour fournir une énergie soit disante "sûre" et d'un "prix concurrentiel" et aux "ressources inépuisables" ! 

La dernière catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon en mars 2011, consécutive à un stunami, démontre que les centrales nucléaires ne sont pas à l'abris d'un séisme naturel, pour ne parler que de ce type de catastrophe. 

Ce moyen de production d'énergie est dangereux pour l'avenir et la survie de l'Homme.

Et ne parlons même pas de l'utilisation de la bombe nucléaire militaire dont on ne maîtrise pas les retombées de la contamination sur une grande partie du globe.

Plus que jamais il convient de se donner les moyens d'engager des recherches pour mettre en place des systèmes de productions de subtitution au nucléaire afin d'envisager l'arrêt immédiat des nouvelles centrales et programmer un démontage de l'existant.

D'ors et déjà il faudrait engager des moyens bien plus importants que ce qui se pratique aujourd'hui pour remplacer le nucléaire dans la prochaine décennie, si ce n'est pas déjà trop tard !

Des énergies naturelles et encore insoupçonnées existent dans l'espace à des puissances dépassant largement nos "petits" besoins. C'est là qu'il convient de dompter les forces de l'univers pour nous assurer un avenir propre et serein.


 

 

Jeudi 8 décembre 2011

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PAR AGNÈS ROUSSEAUX 

      Les conséquences de l’accident nucléaire de Fukushima sur la population commencent à montrer leur étendue. Pneumonies, leucémies ou problèmes hormonaux semblent se multiplier chez les deux millions d’habitants de la région. Les enfants sont en première ligne, alors que les terres, les eaux et certains aliments sont fortement contaminés. De son côté, Tepco, l’exploitant de la centrale, sombre dans le cynisme : les éléments radioactifs qui se sont échappés des réacteurs ne lui appartiennent plus…

 


Notes« La santé de nos enfants est maintenant en danger. Nous constatons des symptômes tels que thyroïdes enflées, saignements de nez, diarrhées, toux, asthme… » C’est l’appel lancé par un groupe de femmes de la région de Fukushima. Depuis mars, ils sont de plus en plus nombreux à se mobiliser pour alerter sur les dangers sanitaires de la radioactivité, dans la zone concernée par la catastrophe nucléaire, comme ailleurs dans le pays. Des graphiques mis en ligne par Centre de surveillance des maladies infectieuses font apparaître d’inquiétants pics pour certaines maladies au Japon, comme les pneumonies, ou les conjonctivites aiguës hémorragiques.


Des écoliers plus irradiés que les travailleurs du nucléaire

     Des prélèvements d’urine effectués par un laboratoire indépendant français (l’Acro, agréé par l’Autorité de sûreté du nucléaire), auprès d’une vingtaine d’enfants de la région de Fukushima ont montré que 100 % d’entre eux sont contaminés par du césium radioactif. Dans cette région, un enfant examiné sur 13 aurait des problèmes hormonaux et un dysfonctionnement de la thyroïde, selon une étude japonaise. Face à l’angoisse des parents, la préfecture de Fukushima a lancé en octobre une grande étude médicale auprès de 360 000 enfants.

     Les habitants de la région de Fukushima restent soumis à un important taux de radiation. En avril, le gouvernement japonais a relevé la norme de radioprotection de la préfecture de Fukushima de 1 millisievert/an à 20 millisieverts/an. Ce taux est le seuil maximal d’irradiation en France pour les travailleurs du nucléaire. Alors que la sensibilité des enfants aux radiations est plus importante que celle des adultes, le ministère de l’Éducation considère pourtant comme « sans danger » les écoles où le taux de radiation approche les 20 millisieverts/an. 20 % des écoles de la préfecture de Fukushima dépasseraient ce taux. Dans ces établissements, les activités de plein air sont limitées : les enfants ne sont pas autorisés à rester plus d’une heure dans les cours de récréation et les parcs, ni à jouer dans les bacs à sable. Parallèlement, du césium a même été détecté dans du lait en poudre destiné aux enfants.


Les autorités confirment la vente de riz contaminé

      Cette situation est « extrêmement dangereuse », s’indigne le réseau Sortir du nucléaire, qui rappelle qu’« aucune dose de radioactivité n’est inoffensive » :« Les normes d’exposition ne correspondent en aucun cas à des seuils d’innocuité scientifiquement fondés ; elles définissent seulement des niveaux de “risque admissible”. » Dans la ville de Fukushima, située à 60 km de la centrale, la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) a mesuré une contamination de 370 000 Bq/kg de la terre prélevée sous les balançoires d’une école primaire. Une radioactivité énorme.« Ce sol est devenu un déchet radioactif qui devrait être stocké dans les meilleurs délais sur un site approprié », déclarait alors l’organisation.

      La nourriture est aussi un vecteur de contamination radioactive. Les autorités japonaises ont étendu le 29 novembre l’interdiction de vente de riz, notamment dans la région de Date, où des milliers d’agriculteurs ont dû suspendre leurs livraisons. Les dernières mesures effectuées montraient une teneur supérieure à la limite légale provisoire, fixée par le gouvernement à 500 becquerels/kg. Neuf kg de riz « excédant les standards de sécurité internationaux » ont par ailleurs été vendus à des consommateurs, ont déclaré les autorités de la préfecture de Fukushima, qui se sont excusées pour « les désagréments causés aux personnes qui ont acheté ce riz » (sic). C’est la première fois depuis la catastrophe que les autorités confirment la vente de riz contaminé. Le présentateur de télévision Norikazu Otsuka, qui consommait en direct des produits de la région de Fukushima pour en montrer l’innocuité, a récemment été hospitalisé pour une leucémie aigüe. Ce qui n’a pas rassuré les deux millions d’habitants de la zone.


L’équivalent de la Bretagne contaminé au Césium

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      Autre sujet d’inquiétude : le taux de contamination en césium des rivières de la région de Fukushima. Une étude universitaire évalue le niveau de contamination à l’embouchure de l’Abukumagawa à environ 50 milliards de becquerels répandus dans la mer chaque jour. L’équivalent, au quotidien, du césium déversé dans la mer pour tout le mois d’avril, par les eaux « faiblement contaminées » relâchées par Tepco depuis les réacteurs.

Un rapport publié fin novembre par les autorités japonaises souligne que 8 % du territoire du Japon est fortement contaminé par du césium radioactif. Soit 30 000 km². L’équivalent de la superficie de la Bretagne ou de la région Paca. Le césium s’est diffusé à plus de 250 km vers l’ouest, et jusqu’à la préfecture d’Okinawa, à 1 700 km de la centrale, selon le ministère des Sciences [1]. Une zone de 20 km autour de la centrale a été évacuée en mars, et à 30 km les habitants avaient pour consigne de se calfeutrer chez eux, prêts pour une évacuation. Les dernières cartes publiées par le ministère montrent que la zone à risque est beaucoup plus étendue. 300 000 personnes vivent dans la ville de Fukushima, où la radioactivité cumulée atteignait en mai plus de 20 fois la limite légale.

Source : The Asahi Shimbun


À qui appartient la radioactivité ?

       À Hitachinaka, à une centaine de km de la centrale, le taux de radiation est de 40 000 becquerels/m², près d’un million de fois supérieur à la radioactivité naturelle locale, avant la catastrophe [2]. Après l’accident de Tchernobyl, les zones où les niveaux de radioactivité dépassaient 37 000 becquerels/m² étaient considérées comme « contaminées », rappelle le journal Asahi, principal quotidien du Japon. Dans le quartier Shinjuku de Tokyo, le taux est toujours de 17 000 becquerels/m² [3]. Dans certaines régions montagneuses, à 180 km de Fukushima, la radioactivité se situe entre 100 000 et 300 000 becquerels/m². Une contamination qui aura des conséquences durables, car la demie-vie du césium 137 est de 30 ans.

      Le gouvernement se veut pourtant rassurant. Beaucoup d’habitants n’ont de toute façon pas les moyens de quitter les zones contaminées. La plupart des 160 000 Japonais évacués après la catastrophe attendent toujours des indemnités de la part de Tepco. Le propriétaire de la centrale est de plus en plus critiqué pour sa gestion de l’après-catastrophe. Lors d’un procès concernant la décontamination d’un terrain de golf au Japon, Tepco a sidéré les avocats en se dédouanant de ses responsabilités, affirmant que « les matériaux radioactifs (comme le césium) qui ont été disséminés par le réacteur n° 1 de la centrale de Fukushima et sont retombés appartiennent aux propriétaires des terres et non plus à Tepco » !


Cynisme et manque de transparence

     Un argument rejeté par le tribunal, qui a cependant décidé de confier les opérations de décontamination aux autorit

és locales et nationales. Tepco va jusqu’à contester la fiabilité des mesures effectuées et affirme qu’un taux de 10 millisieverts/heure n’était après tout pas un problème et ne justifiait pas de maintenir des terrains de golf fermés. Les mesures effectuées sur ces terrains mi-novembre ont pourtant détecté un taux de césium de 235 000 becquerels par kg d’herbe : à ce niveau, la zone devrait être classée comme interdite selon les standards mis en place après l’accident de Tchernobyl, souligne Tomohiro Iwata, journaliste du Asahi Shimbun.

Au cynisme de Tepco s’ajoute le manque de transparence. Le 28 novembre, l’entreprise a annoncé que Masao Yoshida, 56 ans, directeur de la centrale de Fukushima au moment de la catastrophe, a dû quitter son poste pour des raisons de santé. Il a été hospitalisé en urgence. Tepco refuse de donner davantage de précisions. Par ailleurs, un projet du gouvernement d’organiser un monitoring en temps réel des radiations dans 600 lieux publics de la préfecture de Fukushima, notamment les écoles, devait démarrer en octobre. Il a été reporté à février 2012. Argument évoqué : l’entreprise qui devait fournir les équipements n’a pas pu tenir les délais.


Le béton des réacteurs rongé par le combustible


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      Les experts estiment que les efforts de décontamination devraient coûter au Japon 130 milliards de dollars. À cela risquent de s’ajouter des coûts sanitaires et environnementaux encore difficiles à comptabiliser, tant le risque sanitaire semble être aujourd’hui minimisé. D’après Tepco, la situation de la centrale est aujourd’hui stabilisée [4]. La température des réacteurs 1, 2 et 3 – qui ont subi une perte totale du système de refroidissement en mars – serait maintenue en dessous de 100 degrés. Le risque sismique n’est pourtant pas écarté, qui pourrait de nouveau aggraver la situation. Dans un rapport rendu public le 30 novembre, Tepco explique que le combustible du réacteur 1 aurait entièrement fondu, percé la cuve et rongé une partie du béton de l’enceinte de confinement, sur 65 cm de profondeur. Le combustible fondu serait à 37 cm de la coque en acier. Mais ces analyses reposent sur des estimations et simulations informatiques. Impossible d’avoir des informations plus précises.

     Pendant ce temps, la vie continue dans les régions contaminées. Le 13 novembre, dans la ville de Fukushima, était organisé le marathon annuel,Ekiden. Des jeunes femmes ont couru 40 km, sans aucune protection, dans une des zones les plus contaminées du Japon. Un journaliste japonais y a relevé des taux de 1,4 microsieverts/h (soit plus de 12 fois la limite d’exposition aux rayonnements autorisée pour la population civile en temps normal). L’organisateur de la course a fait signer aux participants un formulaire stipulant qu’ils ne pourraient le poursuivre en justice s’ils avaient des problèmes de santé. À Fukushima, la vie ressemble à un jeu de roulette russe où les victimes ne sont pas ceux qui appuient sur la gâchette. Eux jouissent, pour le moment, d’une impunité totale.

Agnès Rousseaux

Source : The Asahi Shimbun

[1] La présence de césium 134, à la durée de mi-vie de 2 ans, est la preuve que la source de cette radioactivité est bien l’explosion de la centrale de Fukushima.

[2] 970 000 fois le niveau de 2009, qui était de 0,042 becquerels/m² de « densité cumulée de césium 134 et 137 », d’après The Asahi Shimbun

[3] De grandes quantités de poussières radioactives sont tombées sur Tokyo, mais une autre étude montre une faible accumulation de césium dans le sol. L’explication ? « Tokyo a de plus petites surfaces de sol que les autres préfectures, mais les routes et les surfaces en béton ont moins tendance à fixer le dépôt de césium, qui a probablement été lessivé par le vent et la pluie », affirme un membre du ministère.

[445 tonnes d’eau radioactive se sont pourtant de nouveau échappées du réacteur n°1 début décembre.

 

Source : Bastamag


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Published by Dominique PRACHERSTORFER - dans 7 - Mon fils - il faut que tu saches !
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  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
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