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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 10:49

 

    

 

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Article du Telegraph.

 

      L’talie et l’Espagne sont au bord de la faillite et des ministres britanniques croient que l’effondrement de l’euro est de plus en plus plausible.

 

      Les diplomates se préparent à aider les Britanniques à l’étranger dans l’éventualité d’un effondrement bancaire et d’émeutes liées à la crise de la dette.  Le gouvernement, le Trésor, a d’ailleurs confirmé plus tôt ce mois-ci que la planification d’urgence pour un effondrement est actuellement en cours.  Un ministre important a révélé l’ampleur de la préoccupation du gouvernement affirmant que la Grande-Bretagne est en train de planifier la chute de la zone euro et que ce n’est qu’une question de temps!


      Le British Foreign & Commonwealth Office a donné des instructions récentes aux ambassades et aux consulats concernant la planification d’urgence, leur demandant de se préparer à des scénarios extrêmes, à des émeutes et à des graves troubles sociaux.

Les diplomates doivent se préparer à aider des dizaines de milliers de citoyens britanniques dans les pays en zone euro, à envisager les conséquences lorsque les gens ne pourront plus accéder à leurs comptes bancaires, à leurs argents.

 

      Les traités de l’Union Européenne, qui ont définient les règles d’adhésion, ne contiennent aucune disposition pour que les membres puissent en sortir.  Si les gouvernements de la zone euro n’arrivent plus à acquitter leurs dettes, les banques européennes qui détiennent leurs obligations risquent l’effondrement.

Certains analystes croient que ce genre d’évènement pourrait provoquer l’effondrement global du système, laissant les banques incapables de redonner l’argent aux épargnants et par le fait même, mettre des milliers d’entreprises dépendantes du crédit bancaire à la rue.

 

     Certains économistes estiment que dans le pire des cas, l’effondrement de l’euro produira la réduction du PIB de ses États-membres jusqu’à créer le chômage de plus de la moitié de la population. [les pays n'auront même plus d'argent pour mettre les gens en chômage...]

 

Sources : Télégraph.co.uk et www.wikistrike.com


 

Commentaire de Dominique :

Je n'ai pas vérifié l'information ci-dessus, mais de toutes évidences notre pays va droit au mur, pour ne parler que de la France.

Je prédis que mes concitoyens vont tomber de haut, quel que soit leur niveau d'information, lorsque le couperet tombera à très court terme (l'économiste Jacques ATTALI le prévoit avant Noël 2011)  et qu'ils découvriront la gravité de la situation qu'ils n'imaginent même pas à ce jour.

Les français sont ainsi : ce sont dans leur immense majorité des autruches, du fait de leur manque de courage, pour ne pas reprendre l'analyse de De Gaulle qui les prenait pour des veaux !


J'avais prévu la possibilité de cette issue catastrophique de très longue date avec les conflits sociaux généralisés qui vont avec, d'où la réalisation d'Araka Nui et le départ de France sur un navire autonome avec ma famille.

Aujourd'hui, le principal c'est que mon fils Teiva soit toujours à bord... en Gambie pour l'instant ! Mais sans son papa : ce qui est contre mon grès !

 

 

Mercredi 30 novembre 2011

 

     " Tout devient possible, même le pire. Nous nous sommes flattés pendant des décennies d'avoir éradiqué tout danger de conflit à l'intérieur de notre continent mais ne soyons pas trop sûrs de nous".

Le chef de la diplomatie française Alain Juppé estime qu'une explosion de la zone euro «serait celle de l'Union européenne elle-même».

 

     «C'est une crise existentielle pour l'Europe», déclare le ministre dans une interview à l'hebdomadaire L'Express.

 

    «Elle peut remettre en question tout ce que nous avons construit, non seulement depuis une vingtaine d'années - l'adoption du traité de Maastricht -, mais aussi depuis la fondation de la Communauté européenne», dit Alain Juppé.

 

     Le ministre des Affaires étrangères met en garde contre une explosion de la zone euro qui « serait celle de l'Union européenne elle-même ».                  

« Dans cette hypothèse-là, tout devient possible, même le pire. Nous nous sommes flattés pendant des décennies d'avoir éradiqué tout danger de conflit à l'intérieur de notre continent mais ne soyons pas trop sûrs de nous ».

« La montée du populisme, des nationalismes, des extrémismes en Europe rend la construction de l'Union européenne plus vitale que jamais. (...) Cela mérite que nous nous engagions à fond : ce devrait être un des grands débats de la présidentielle», poursuit-il.

Euro-fédération

      « Avec l'euro, nous sommes allés trop loin pour ne pas aller plus loin »,    dit Alain Juppé qui s'est déjà prononcé fin octobre pour « une forme d'euro-fédération».

« L'idée d'un gouvernement économique, encore taboue il y a deux ans, est aujourd'hui, grâce à nous, acceptée dans son principe. Autour de cette zone euro plus intégrée, il faudra un système plus souple. La France et l'Allemagne doivent se mettre d'accord sur cette nouvelle architecture », affirme-t-il.

    Selon lui, la gouvernance de la zone euro « est défectueuse et pêche essentiellement dans les délais». « Les marchés appellent des réactions dans la minute mais le temps de réaction de la gouvernance européenne, c'est plutôt la semaine ou le mois », estime le ministre.

 

Sources : 20minutes.ch et wikistrike

 

Commentaire de Dominique :  

Nous en avons l'habitude : avant toutes les élections les dirigeants politiques de la bande des quatre s'agitent pour crier haro à "la montée du populisme, des nationalismes et des extrémismes en Europe...". Cette fois ci pour ne pas manquer à la tradition c'est Juppé, le vieil éléphant UMP, qui nous joue la rengaine.

Ils ne manquent pas de toupet ceux là même qui sont responsables de leur gestion et de leur propre gabegie. Ils ont placé notre pays dans une situation de faillite caractérisée et se targuent de chercher des responsabilités à ceux qui n'ont jamais géré les affaires du pays.

Un bonne fois pour toute je donne mon avis sur le sujet et basta :

à tous les responsables politiques, de quels que bords qu'ils soient, je leur demande : qui est responsable d'avoir fait croire aux français que tout allait bien pour le meilleur des mondes, sans dire ouvertement que l'Etat, dont ils votaient les budgets insensés, vivait à crédit et au delà de ses moyens ?

Chaque chef de famille ou chef de PMI sait, oh combien le crédit coûte cher dans son budget (surtout quand la loi nous oblige un taux de charges et d'emprunt plafonné à 35%). Pourquoi l'Etat français atteint un taux de 85% ? Ce n'est pas parceque l'Etat détient la "planche à billets" que les principes qui commandent l'entreprise ne lui seraient pas applicables.

Qui est responsable ? Vous peut-être... mais pas moi, je refuse.

Alors, allons chercher les responsables :

- 1°) qu'ils démissionnent en responsables qu'ils sont, on ne veut plus les voir.

- 2°) qu'ils soient ministres ou banquiers : qu'ils remboursent !

- 3°) qu'ils se débrouillent, mais moi je ne paierai pas la gabegie des autres.

La solidarité c'est aussi la Justice : que ceux qui ont gouvernés en appliquant des principes économiques suicidaires soient jugés et rendus responsables. 

Un dernier point : lorsque je cite les "dirigeants politiques" et leurs responsabilités c'est parceque je suis un légaliste, mais nous savons bien que ces chefs d'Etat élus au suffrage universel ne sont que les "marionettes" d'une poignée d'hommes de la haute finance intermondialiste qui dirigent le monde : le vrai pouvoir c'est eux ( membres de la Commission Trilatérale et autre Groupe Bilderberg).

Quoi qu'il en soit, selon mes yeux de citoyen les responsables que je désigne sont nos dirigeants politiques qui nous gouvernent depuis 50 ans, ceux-là au moins nous les tenons, ceux là qui ont obtenu notre suffrage et la confiance du Peuple.

Que tous ceux qui nous ont mentis ou se sont trompés dégagent vite !

On ne veut plus les voir.


Samedi 3 décembre 2011

 

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ISLANDE : L'AUTRE FORMIDABLE REVOLUTION !

 

    Contre-exemple intéressant, non, de nos jours ?...

93% du Peuple IMPOSENT le NON-Remboursement des Banques !! 

La révolution dont les Médias se gardent bien de parler.

 

  Aussi incroyable que cela puisse paraître, une véritable révolution démocratique et anticapitaliste a lieu en Islande en ce moment même, et personne n'en parle, aucun média ne relaie l'information, vous n'en trouverez presque pas trace sur « Google » : bref, le black-out total.


     Pourtant, la nature des évènements en cours en Islande est sidérante :

Un Peuple qui chasse la droite au pouvoir en assiégeant pacifiquement le palais présidentiel, une « gauche » libérale de remplacement elle aussi évincée des « responsabilités » parce qu'elle entendait mener la même politique que la droite, un référendum imposé par le Peuple pour déterminer s'il fallait rembourser ou pas les banques capitalistes qui ont plongé par leur irresponsabilité le pays dans la crise, une victoire à 93% imposant le non-remboursement des banques, une nationalisation des banques, et, point d'orgue de ce processus par bien des aspects « révolutionnaire » : l'élection d'une assemblée constituantele 27 novembre 2010, chargée d'écrire les nouvelles lois fondamentales qui traduiront dorénavant la colère populaire contre le capitalisme, et les aspirations du Peuple à une autre société.

     Un autre possible face aux marchés financiers : la démocratie !

Alors que gronde dans l'Europe entière la colère des Peuples pris à la gorge par le rouleau-compresseur capitaliste, l'actualité nous dévoile un autre possible, une histoire en marche susceptible de briser bien des certitudes, et surtout de donner aux luttes qui enflamment l'Europe une perspective la reconquête démocratique et populaire du pouvoir, au service de la population.

     Plus bas, vous trouverez deux articles traitant de cette révolution en marche, *à faire circuler le plus largement possible, puisqu'on ne doit compter sur aucun média pour le faire à notre place*.

http://www.cadtm.org/Quand-l-Islande-reinvente-la

   Depuis le samedi 27 novembre, l'Islande dispose d'une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs.

Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.

Depuis cette crise dont elle est loin d'être remise, l'Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire. Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l'Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d'ex-communistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C'était une première pour l'Islande, tout comme la nomination d'une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.

    Le peuple islandais est un peuple incroyable, et je pèse mes mots.

Vive l'Islande !

 

sources :

http://parisseveille.info/quand-l-islande-reinvente-la,2643.html 

 moulinier.info

www.wikistrike.com

 

Le commentaire de Dominique :

Je prends connaissance ce jour de cette information. C'est avec un réel plaisir que je constate simplement que je partageais sans le savoir la détermination de 93 % des irlandais sur le sujet... (sur 227.896 électeurs inscrits).

Le Peuple a repris les commandes, imposant ses directives à son gouvernement.

Vive l'Islande !

Vive la démocratie directe.

En apparté j'invite le lecteur à s'informer sur les suites qui ont été données par les argentins dans les années qui ont suivies leur crise économique grave voici... 10 années. Ci-dessous une analyse complète sur le sujet argentin.

Des efforts drastiques ont été nécessaires mais aujourd'hui le redressement a bien eu lieu dans ce pays d'Amérique du Sud.

Edifiant pour chacun d'entre nous, afin d'envisager ce qui l'attend dans quelques mois... mais aussi les solutions qui fonctionnent et les erreurs à ne pas faire.

Bref c'est l'histoire qui se renouvèle. Il faut être bête pour se faire surprendre à nouveau !

La première leçon est évidemment l'impossibilité de mener des déflations avec baisse de salaires, réduction des dépenses publiques, licenciement de masse etc. La crise de 1929 l'avait déjà largement prouvé. La crise argentine l'a définitivement confirmé.

C'est pourtant ce que les gouvernants européens dont la France et l'Allemagne ont voulu imposer à nos voisins grecs il y a quelques mois...

et bientôt ce sera notre tour !

Alors rappelez-vous de l'attitude courageuse et déterminée que viennent de prendre nos voisins islandais (article en haut de page) et prenez en de la graine.

Agissez !

La seconde leçon est d'ordre monétaire : dans un système de changes flottants où la monnaie principale, en l'espèce le dollar, peut varier du simple au double, les systèmes de fixation de taux de changes rigides pour des petites monnaies sont vulnérables.

 

La troisième leçon concerne plus spécifiquement l'emploi des caisses d'émission. Jusqu'à ce que ce système soit retenu par l'Argentine, il n'avait jamais été utilisé dans de grands pays indépendants.

 

La quatrième leçon est la violence des récessions d'origine monétaire. Lorsque les agents économiques perdent une part importante de leur avoir monétaire, la récession est inévitable et tourne à « l'hiver nucléaire ».     

Les banques sont bloquées ; tout s'arrête. Et il faut du temps avant que les affaires ne reprennent. Le monde expérimente à nouveau mais à grande échelle depuis septembre 2008 les conséquences récessives d'un blocage monétaire et bancaire généralisé.

 

 

Mercredi 7 décembre 2011

 

 

     Le temps est révolu où le journaliste qui faisait allusion à la Trilatérale ou à Bilderberg se voyait illico frappé d'anathème compltiste. Reuter évoque désormais ouvertement le rôle proéminent de Mario Monti au sein de ces deux groupes d'influence.

 

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     Il faudra s'y faire, parler de la participation de tel ou tel homme influent au club Bilderberg ou à la commission Trilatérale n'est plus l'apanage des complotistes.

 

     Le temps des secrets est révolu et il y a fort à parier que bientôt quiconque n'affiche pas avec ostentation sa carte de membre à ces cercles d’influence sera considéré comme un second couteau.

C'est ce qui ressort à la lecture de la dépêche suivante de Reuter :

http://www.reuters.com/article/2011... 


    On peut y apprendre les nombreux bon et loyaux services qui font que le nouveau chef du gouvernement italien est l'homme de la situation.


En particulier, ceci :

"Il [mario Monti] est le président de la branche européenne de la Commission Trilatérale, un corps qui rassemble les élites au pouvoir aux USA, en Europe et eu Japon, et il est aussi membre du très sélect Groupe Bilderberg des leaders économiques et autres "citoyens leaders"

He is chairman of the European branch of the Trilateral Commission, a body that brings together the power elites of the United States, Europe and Japan and is also a member of the secretive Bilderberg Group of business leaders and other "leading citizens".

Pour l'automne-hiver 2011 la mode est donc à l'affichage de ses appartenance à des réseaux d'influence. Enfin, pas n'importe lesquels, faute de quoi on a vite fait de passer pour un ringard.

Pour le printemps-été 2012, mon petit doigt me dit que la tenue à la mode pour le populo sera très très légère. Peut-être même à poil.

 

Source : agoravox

 

 



La crise économique argentine

(1998 / 2002)

Source www.wikipedia.org


    La crise argentine désigne la grande crise économique et sociale qui a eu lieu en Argentine entre 1998 et 2002, dont les conséquences se ressentent encore aujourd'hui. Les autorités argentines au début des années 1990 avaient choisi la technique du currency board ou caisse d'émission pour stabiliser une économie marquée par une inflation presque permanente depuis la Seconde Guerre mondiale, permettre la convertibilité du peso, bénéficier des investissements étrangers et profiter de la croissance des échanges mondiaux. Ce système très particulier a mal résisté aux mouvements erratiques et violents du marché des changes flottants qui a suivi la crise des pays émergents et a sombré lorsque l'économie mondiale est entrée en récession avec la crise de la bulle Internet au début des années 2000. La récession a été extrêmement violente et a entraîné une hausse spectaculaire de la pauvreté ainsi que d'importants mouvements sociaux. Le modèle ménémiste (du nom du président au pouvoir dans les années 1990) était à bout de souffle, et le Parti justicialiste entama une importante rénovation idéologique avec la formation du Front pour la victoire, conduisant à l'élection de Néstor Kirchner à la présidence en 2003.

Sommaire

 

Situation de 1945 à 1998

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'Argentine est encore la 5e puissance économique mondiale, en dépit des conséquences lourdes de la crise de 1929. Sous le régime péroniste en place entre 1946 à 1955, elle perd rapidement l'éclat qu'elle avait avant la Première Guerre mondiale. Péron joue la carte de l'État providence en favorisant notamment les nationalisations d'entreprises, la subvention des transports publics, l'aide à l'accès à la propriété privée et la protection sociale, au prix de difficultés économiques croissantes.

Part de l'éducation dans le budget de l'Etat 
Année Pourcentage
1970 14,7 %
1971 14,7 %
1972 14,1 %
1973 14,6 %
1974 15,7 %
1975 13,1 %
1976 6,9 %
1977 7,3 %
1978 10,1 %

    Suivent trente années de crise politique marquées par la proscription du péronisme, sans que l'Argentine ne regagne son influence économique, entre dictatures militaires (« Révolution libératrice » de 1955, « Révolution argentine » de 1966) et gouvernements civils maintenus sous étroite surveillance de l'armée. Après les élections de 1973 qui marquent le retour du péronisme au pouvoir, puis la mort du général Perón le 1er juillet 1974, pendant son troisième mandat, Isabel Perón, sa femme et vice-présidente, lui succède dans un climat de crise politique aggravée et marquée par l'affrontement entre l'extrême-gauche et l'extrême-droite. On entre dans la partie la plus brûlante de la guerre froide dans toute l'Amérique latine (coup d'État de juin 1973 en Uruguay, coup d'État de septembre 1973 au Chili, etc.). Le 24 mars 1976, le commandant en chef des armées, le général Videla, s'impose par pronunciamento militaire. La répression qui s'ensuit fit des dizaines de milliers de victimes et poussa des millions de personnes à l'exil, tandis que le ministre de l'économie José Alfredo Martínez de Hoz mettait en place un programme néolibéral, à l'instar des Chicago Boys de Pinochet, et que l'investissement dans l'éducation passait en quelques années de 15 à moins de 10 % du budget de l'État 1, tandis que des milliers de professeurs étaient poussé à la démission et à l'exil 1.

    Le retour de la démocratie en 1983 avec l'élection du radical Raúl Alfonsín sera suivi de désordres économiques. À la fin des années 1980, le pays est traumatisé par l'hyperinflation : les prix augmentent de 4 924 % en 89 et de 1 344 % en 1990. Ce désastre provoque une réaction radicale. Les dirigeants font appel à des économistes de l’École de Chicago connus pour leur monétarisme pur et dur tandis que l'Argentine applique à la lettre les recettes du Fonds monétaire international (FMI), formalisées dans le « consensus de Washington ». Le coeur du dispositif est de mettre fin à la création monétaire contrôlée par les politiques c'est-à-dire totalement « laxiste ». Ils imposent de redresser les comptes publics et d'éviter les déficits structuraux. Ils prônent la privatisation de nombreux secteurs économiques, d'Aerolineas Argentinas à l'eau, l'électricité ou les retraites. Carlos Saúl Menem (Parti justicialiste), président de 1989 à 1999, affirma : « l'État fédéral ne devra plus s'occuper que de la justice, de l'éducation, de la santé, de la sécurité et des relations internationales. »

    À compter du 1er janvier 1992, le nouveau peso, en remplacement de l'austral, lui-même créé en 1985, est aligné par le ministre de l'Economie Domingo Cavallo sur le dollar américain, dans le cadre d'un système dit de currency board. Dans un tel système la monnaie locale n'est créée qu'en fonction directe des entrées de dollars. Les particuliers et les entreprises peuvent détenir aussi bien des comptes libellés en peso qu'en dollar. Le but est de de mettre fin à l'inflation en dissuadant l'Etat de recourir à la « planche à billets ». Les résultats sont immédiats : le taux d'inflation passe sous 10 % en 1992. Les entreprises étrangères peuvent investir sans craindre les aléas monétaires locaux et conserver leurs encours en dollars. Le FMI annonce que la communauté financière peut désormais avoir confiance et doit investir en Argentine. La croissance du PIB, négative en moyenne au cours des années 1980 (-0,5 % en moyenne), dépasse 10 % en 1991 et 1992, et reste très forte entre 1991 et 1998. C'est à cette époque que s'implantent des entreprises comme Suez, avec la privatisation de l'eau par Menem, Ford, Carrefour, EDF, Lockheed Martin (privatisation de FMA). Les propriétaires du campo (la campagne, c'est-à-dire les grands propriétaires terriens) et les entreprises qui exportent qui, par tradition et précaution, laissaient leurs avoirs à l'étranger, rapatrient l'essentiel de leurs réserves monétaires dans le pays. On parle de « miracle argentin ».

     Le système de change choisi est favorable tant que le dollar ne s'apprécie pas par rapport aux monnaies des pays avec lesquels l'Argentine commerce. Pour sortir du ralentissement de 1992, Alan Greenspan, le président de la Fed, a laissé le dollar se dévaluer, ce qui est très favorable mécaniquement au peso et à l'économie argentine. Les premières tensions se manifestent lors de la crise monétaire mexicaine en 1995. Mais c'est la brutale remontée du dollar en 1998 qui met en difficulté tout l'édifice. Les systèmes monétaires d'Asie explosent en premier. La peur commence alors à gagner l'Amérique latine et en particulier l'Argentine. Il est vrai que le ministre de l'Economie Cavallo n'a pas été jusqu'au bout de l'idée du currency board. Il a conservé une banque centrale. Certains, habitués aux revirements de la politique argentine, craignent que le couple dollar/peso ne soit finalement cassé. Après avoir tenté de résister par tous les moyens, les politiques finiront par tout lâcher.

300px-Cacerolazo_Argentina_2001-2002.jpgManifestation à Buenos Aires en 2002, où on peut lire :

" Banques, voleurs, rendez-nous nos dollars ! "


De la résistance à l'explosion

    La dévaluation soudaine du real brésilien et la montée constante du dollar provoque rapidement un blocage des exportations. L'Argentine est entraînée dans une déflation sévère. Les dollars n'entrent plus assez dans le pays provoquant, par les mécanismes mêmes du Currency board une réduction de la circulation monétaire et un credit crunch. Les résistances sociales à la déflation sont très fortes surtout de la part des administrations et des collectivités locales.

     Entre 1998 et 2002, la situation économique en Argentine empire de jour en jour. Pour réussir, une déflation suppose la réduction des salaires publics et privés. Les résistances sont partout extrêmement fortes. En même temps les prix intérieurs devaient fortement baisser. Les conditions de la dénationalisation de nombreux secteurs publics ont conduit en fait à des hausses de tarif compte tenu de l'état souvent lamentable des installations, mal maintenues depuis la fin de la guerre. Les tensions sociales deviennent extrêmes d'autant que la recherche de boucs émissaires étrangers bat son plein. N'ayant plus la planche à billets à disposition, le gouvernement est paralysé. L'Argentine est un pays largement décentralisé. Les régions refusent les sacrifices et créent des succédanés de la monnaie comme le patacón. Partout le carcan du currency board craque et son poids politique devient insupportable. À partir de 1999 une spéculation mondiale sur le dollar et les bourses américaines portent le dollar à des sommets. Le Campo, l'industrie d'exportation de produits agricoles de l'Argentine, ne peut plus exporter aussi facilement. Les produits brésiliens envahissent le pays. La base électorale du pouvoir est ébranlée. Les mécontentements deviennent incontrôlables.

    La question technique est : comment sort-on d'un currency board ? Personne n'en sait rien. Dévaluer le peso n'est pas possible car tous les comptes sont libellés dans la double monnaie dollar et peso, les contrats ayant été signés en partant du principe que les deux monnaies étaient définitivement à parité. Tout changement de la parité met en danger l'ensemble des contrats notamment avec les bailleurs de fonds étrangers et marquerait la fin de la convertibilité et la défaillance de la dette souveraine.

     Le gouvernement fait alors appel au FMI pour éviter d'avoir à démonter le currency board et d'entrer en conflit avec la communauté internationale. Le FMI comme d'habitude exige des réductions de dépenses publiques drastiques et en fait organise une véritable déflation en contrepartie de l'apport de plusieurs milliards de dollars (désignés par le terme Blindaje). Le paradoxe est que le FMI est totalement opposé par principe aux currency boards ! Il travaille à contre-emploi sur un système de changes qu'il comprend mal. Le FMI n'est pas la seule institution à aider l'Argentine : la Banque Mondiale, la Banque Panaméricaine, l'Espagne et même des fonds de pension apportent au total plus de fonds que le FMI.

En 1999 l'Argentine connaît malgré cela une récession (baisse du PIB de 4 %). En 2000, l'économie ne parvient toujours pas à se rétablir de la crise, et stagne.

En corollaire à la crise, le chômage augmente, ce qui engendra de plus en plus de protestations et de manifestations de chômeurs. Plusieurs organisations protestataires furent créées. Les protestataires se nommèrent eux-mêmes les Piqueteros et devinrent, à partir de 2001, un élément important du paysage politique argentin.

     La pénurie de dollars, et donc de pesos s'aggrave. En fait on met en marche une planche à billets de substitution. Il est vrai que l'Argentine est une Fédération et que les États ont pris souvent dans le passé des initiatives monétaires et que de nombreuses expériences de création de monnaies temporaires avaient déjà eu lieu. Le Patacon dans la région de Buenos Aires fut une de ces monnaies de circonstances qui fut émise en très grande quantité à la fin des années 90. Avoir laissé la possibilité de création d'un succédané de monnaie était évidemment totalement incompatible avec le currency board et permettait aux régions de conserver de hauts niveaux de dépenses.

    Et l'État central en vient à généraliser la solution. Il émet des reconnaissances de dettes appelées LECOP. Elles sont diffusées dans le pays via le paiement des fonctionnaires. Jusqu'à 80 % du salaire finira par être versé de cette façon et près de 50 % de la masse salariale totale sera libellé dans ces papiers. Ils avaient l'apparence de billets de banque et étaient acceptés comme moyen de paiement dans beaucoup de magasins, même si souvent une surtaxe était alors ajoutée. Ils représentaient, à l'apogée de la crise en 2001/02, une part considérable de la monnaie en circulation en Argentine : près de 6 milliards de Pesos.

     À cette époque furent aussi créés beaucoup de cercles d'échange qui suivaient en partie l'idéologie de l'économie libre (économie sans intérêts), bien que la plupart se contentaient de pratiquer l'échange de biens alimentaires et de services, et ce dans le but de compenser la baisse constante du pouvoir d'achat (le salaire réel diminuant du fait de la forte inflation). À partir de 2001, ces cercles devinrent un véritable phénomène de masse, et pratiquement chaque quartier de chaque ville avait à cette époque son propre cercle d'échange. L'organisation centrale Red Argentina de Trueque alla jusqu'à émettre en 2001 une monnaie privée nommée Crédito, qui pouvait même parfois servir pour l'achat de biens immobiliers.

Domingo Cavallo qui avait été le maître d'œuvre du système monétaire commença à réfléchir à une sortie du currency board. Il proposa un plan pour sortir de la parité fixe 1:1 avec le seul dollar. Cette indexation devait être remplacée par un mécanisme complexe couplant la valeur du Peso non seulement au Dollar mais aussi à l'Euro. Au lieu d'une indexation sur une seule monnaie, le Peso aurait été lié à un panier de monnaies.

     Ceci fut d'abord introduit dans le commerce intérieur pour les transactions financières, ce qui se traduisit par une dévaluation de 5 à 8 %. D'après ce nouveau mécanisme, la valeur du Peso devait être établie à 50 % sur la base du Dollar et à 50 % sur la base de l'Euro. Par exemple :

  • si un euro vaut 0.83 dollars, le Peso vaut (0.5X0.83)+(0.5X1)=0.915 Dollars US
  • si un euro vaut 1.08 dollars, le Peso vaut (0.5X1.08)+(0.5X1)=1.04 Dollars US

    Ce nouveau taux de change aurait alors été introduit dans toutes les transaction financières, quand le taux de change de l'euro au dollar aurait atteint 1 (alors, 1euro=1dollar=1peso). En tout cas, cela n'aurait apporté que de vrais avantages, si l'euro —qui était très bas à cette époque— devait atteindre la parité avec le dollar pour rechuter ensuite. Aujourd'hui il est clair que l'euro, après avoir atteint la parité avec le dollar, a continué d'augmenter. Le nouveau régime de taux de change n'aurait par conséquent apporté que des inconvénients pour l'économie argentine, étant donné que la majorité du commerce extérieur de l'Argentine est réalisé dans la zone Dollar et non dans la zone euro. C'est pourquoi les détracteurs du plan Cavallo proposèrent d'inclure également le Réal brésilien dans la corbeille monétaire, puisque la majeure partie du commerce extérieur argentin était réalisé avec le Brésil.


450px-Taux_de_change_USDollar_arg_Peso_du_04_12_2001_au_04_.png"Évolution du taux de change du peso argentin vers le dollar US

à partir de décembre 2001".


L'explosion finale

170px-Buenos_Aires_-_Manifestacion_contra_el_Corralito_-_2.JPG

      "Manifestation contre le corralito à Buenos Aires, 6 février 2002."

L'explosion finale se produit lorsque le ministre de l'économie Domingo Cavallo annonça le 1er décembre 2001, devant la fuite des capitaux et la crise de liquidité, de la mise en place du corralito, qui limitait les retraits bancaires à 250 pesos par semaine et interdisait tout envoi de fonds à l'extérieur. L'inconvénient d'une currency board c'est qu'il n'y a plus personne pour jouer le rôle de banquier de dernier ressort capable de fournir en liquidité les banques soumises à une ruée des déposants.

    Le 5 décembre 2001, le FMI annonça qu'il refusait de transférer 1,26 milliard de dollars, comme prévu dans le plan Blindage, en affirmant que le plan « Déficit zéro » de Cavallo n'avait pas été mis en œuvre. En fait le FMI considérait qu'il était vain de soutenir un pays qui avec environ 200 papiers monnaie de circonstances continuait à dépenser au-delà des limites qu'il considérait comme raisonnables. La création de ces monnaies particulières excédait les montants de son propre prêt et si on maintenait la parité peso-dollar, il faudrait constamment apporter des dollars de l'extérieur. Le gouvernement argentin excipait des latitudes constitutionnelles des états régionaux. C'est pour cela que la question de l'objectif budgétaire avait pris cette importance critique.

     Cette mauvaise nouvelle fut la cause d'une terrible perte de confiance dans le système monétaire argentin, aggravée encore par l'épidémie qui mit en difficulté les exportations de viandes, une des principales ressources d'exportation du pays. Une ruée sur les comptes en dollars s'amplifia à laquelle le système bancaire ne put résister. Tout le monde voulait convertir ses pesos en dollars et rapatrier chez soi les dollars déposés.

     Le corralito aggrava la crise de confiance, en Argentine comme à l'étranger, et provoqua la colère de la classe moyenne (coupée de son épargne), qui l'exprima d'abord par une grève générale le 13 décembre, et finalement les 19 et 20 décembre par une série de manifestations massives, parfois violentes (cacerolazo), qui firent 28 morts. Cette crise sociale poussa Cavallo à démissionner, imité, quelques jours plus tard, par le président Fernando de la Rúa.

    Le péroniste Adolfo Rodríguez Saá occupa provisoirement la fonction de président. Durant son mandat qui ne dura que cinq jours, il définit un plan qui prévoyait notamment un plan d'économie drastique pour le budget de l'État, ainsi que la création d'une seconde monnaie (l'Argentino). Le refus de quelques gouverneurs de provinces de le soutenir dans sa politique économique le poussa finalement à se retirer le 31 décembre 2001.

Évolution du taux de change du peso argentin vers le dollar US à partir de décembre 2001

Le péroniste Eduardo Duhalde le remplaça un jour plus tard. Le seul élément du plan de son prédécesseur qui sera maintenu fut la déclaration d'insolvabilité (défaut de paiement) face aux créanciers du pays. Les experts en économie de son entourage décidèrent d'entamer une dévaluation du peso. L'ouverture des banques fut interdite plusieurs jours, afin d'enrayer la vague d'achat de dollars. La dévaluation fut effective le 11 février 2002 et le change du peso fut fixé à 28 % (1,40 Peso = 1 Dollar), mais ce cours « officiel » ne s'appliquait qu'au commerce extérieur. Pour le commerce intérieur, le taux de change pouvait varier librement (« cours libre »). En même temps la conversion forcée des comptes en dollar en peso dévalué fit perdre en une fraction de seconde une très grosse partie de leur épargne aux Argentins. Tous les contrats en dollars devinrent immédiatement caducs, provoquant des pertes très importantes pour les banques étrangères et surtout pour les nombreuses entreprises notamment françaises et espagnoles qui avaient investi souvent massivement dans le pays, ouvrant un très long contentieux international.

    Dans le détail le Corralón consistait à convertir tous les comptes courants, au-dessus d'un certain seuil, en comptes d'épargne à revenu fixe, dont la date de restitution avait été repoussée à 2010 (empêchant ainsi les retraits d'argents). La situation des comptes en dollars, introduit sous le mandat de Menem, se serait révélé particulièrement problématique, car leur valeur s'en serait trouvée démultipliée. Ainsi, il fut décidé que les comptes en dollars seraient traités comme des comptes en pesos avec une valeur de 1,4 peso pour 1 dollar, et qu'ils ne pourraient être restitués que sous des délais de plusieurs mois, voire plusieurs années dans le cas des comptes disposant de sommes importantes. En revanche, les dettes pouvaient être remboursées immédiatement au taux de change 1:1. Cette « pesification asymétrique » occupa beaucoup les tribunaux argentins, à la suite de quoi il fut établi que même les dettes pouvaient être converties à un taux 1:1 (plus un indice d'inflation, le CER).


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Inflation mensuelle de l'Argentine en 2002.

Le flottement du peso et les conséquences de la crise

    Dans les mois suivant, le gouvernement conçut fébrilement des solutions pour essayer de résoudre la crise. Pour apaiser la population, il créa une aide sociale de 100, et un peu plus tard 150 pesos, adressée aux chefs de famille au chômage (le plan Jefes y Jefas de Hogar). Mais l'inflation grignotait inéluctablement ces aides.

Le cours du peso continuait à varier, et atteignit vers le milieu de l'année des valeurs de près de 4 pesos pour un dollar, valeurs auxquelles il stagna grâce au soutien de la monnaie mis en place par la entrale (Argentine) (page inexistante)" href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Banque_centrale_%28Argentine%29&action=edit&redlink=1">Banque centrale.

En définitive fut appliqué le Plan Bonex II ou Plan BODEN, par lequel les comptes en dollars étaient convertis en une large palette de valeurs avec une durée de validité de 5 à 10 ans (Boden).

    Le corralón étouffa aussi des pans entiers de l'économie, dont le marché immobilier et l'industrie automobile. Ainsi mesurait-on au début de l'année 2002 une récession de 12 % du PIB.

Mais la dévaluation eut un effet positif sur les exportations et permirent au secteur agro-industriel de rétablir sa prospérité. L'Argentine put rembourser quoique avec retard sa dette vis-à-vis du FMI.

En revanche le pays mena une véritable politique de rupture avec les bailleurs internationaux privés et les difficultés croissantes suscitées aux entreprises étrangères conduisirent nombre d'entre elles à se désengager du pays.

     Le plan argentin de conversion de dette (canje) fut en effet drastique pour les créanciers privés.

En 2004, des propositions prévoyant une réduction de capital de 75 %, et plus tard 65 %, ont été à plusieurs reprises soumises aux représentants des créanciers. Ces propositions se sont heurtées au refus des créanciers étrangers qui réclamaient plus de 55 % du volume des dettes, et altérèrent les relations entre l'Argentine et le FMI. Au moyen de plusieurs missions diplomatiques, l'Argentine parvint toutefois à convaincre la plupart des groupes de créanciers, excepté pour les allemands et surtout les italiens, qui seront opposés au projet jusqu'au bout.

     Le processus de la conversion de dettes devait, à l'origine, débuter fin novembre 2004, mais il ne commencera qu'en retard le 12 janvier 2005. Il conduisit à une réduction du capital de seulement 50 % en moyenne ; cela a été rendu possible par l'introduction de trois nouveaux types de bons, parmi lesquels les créanciers devaient choisir.

Les trois types de valeurs sont :

  • le Bono Par sans réduction de capital
  • le Bono Cuasi Par avec une réduction de 30 %
  • le Bono de Descuento avec une réduction de 70 %

     Les trois types de bons avaient ceci en commun qu'ils impliquaient une détérioration essentielle de la position juridique des créanciers. En particulier, contrairement aux prêts antérieurs, aucune juridiction allemande n'est précisée : cela signifie que, dans le cas où l'Argentine n'honorerait à nouveau plus ses dettes, il faudrait porter plainte devant les juridictions étrangères.

Alors que le Bono Par n'offre qu'un taux d'intérêt très faible et un délai de paiement élevé, le Bono de Descuento a le taux d'intérêt le plus élevé et le délai de paiement le plus court. Encore une fois, une partie des bons sont liés au taux d'inflation, mais comptée en pesos et non plus en dollars. D'après le quotidien Clarín, ces bons représentaient après la fin de l'offre de conversion des dettes, environ 40 % des bons.

     Le ministre de l'Economie Roberto Lavagna insista plusieurs fois sur le fait que ceci serait l'unique et dernière offre proposée par l'Argentine aux créanciers. Le premier groupe de créanciers à entrer en négociations pour le projet fut celui des créanciers argentins, dont une grande partie des titres de dettes portaient sur les fonds de pension (AFJP).

De août 2002 à 2008, l'indice boursier Merval n'a cessé d'augmenter. Le point mis en valeur marque le début des troubles au moment de la fin du mandat de Fernando de la Rúa (19/12/2001).

     Fin 2002, l'économie montrait une évolution clairement positive, les effets favorables de la dévaluation devenant réellement observables (principalement, la compétitivité des produits argentins sur le marché international). Début 2003, le corralito, le corralón et, peu après, la plupart des monnaies alternatives furent abolies, au moyen de bons de dettes (par exemple LECOP), ce qui relança la consommation. Cependant, le président Duhalde annonça de nouvelles élections, afin que les institutions étatiques reprennent leur légitimité.

En mai 2003, Néstor Kirchner, candidat de gauche du Parti justicialiste-Front pour la victoire, remporta les élections présidentielles. Par ses actions, il se constitua une image de « fonceur », maintenant toutefois l'essentiel de la politique économique de ses prédécesseurs. Le taux de croissance de l'économie fut maintenu dans des valeurs positives, atteignant même 8,9 % en 2003.

Vers la mi-février 2005, les négociations étaient terminées. À la fin de la période de conversion des dettes, le 25 février 2005, 76,15 % des créanciers avaient accepté l'offre.

     Après la fin de l'offre, des demandes isolées se firent entendre, aussi bien de la part de groupes de créanciers que du FMI, exigeant une nouvelle offre de conversion de dettes, ce qui fut platement rejeté par Buenos Aires.


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Évolutions plus récentes

Crise de l'énergie (2004)

     Depuis la fin 2003, on continue d'observer des pénuries d'énergie, qui trouvent leur origine dans le taux de croissance relativement élevé de l'économie, le prix du pétrole également très haut, et le manque d'investissement dans l'infrastructure énergétique.

Ainsi, les fournisseurs en énergie ont déjà, à plusieurs reprises, coupé le courant dans des quartiers entiers, à Buenos Aires et dans d'autres villes. Cela n'affectait pas seulement des zones résidentielles, mais aussi des zones industrielles.

Pour remédier à ces pénuries d'énergie, des mesures draconiennes ont parfois été prises. Ainsi, les ménages qui ne respectaient pas un certain quota d'économies par rapport à l'année précédente dans leur consommation de gaz ou d'électricité se voyaient infliger une majoration, allant parfois jusqu'à 100 %.

De plus, vers le milieu de l'année 2004, huit des vingt-trois provinces ont rétabli le changement d'horaire en hiver (l'heure d'hiver et l'heure d'été avaient été abandonnées dans les années 1980). Il s'agissait des provinces de Mendoza, La Rioja, San Juan, Tucumán, Chubut, San Luis, Catamarca, Santa Cruz et Terre de Feu, Antarctique et Îles de l'Atlantique Sud. Tucumán a toutefois fait marche arrière peu après.

     Par ailleurs, les exportations de gaz naturel vers le Chili furent réduites de 40 %, ce qui engendra encore des problèmes énergétiques dans ce pays.

Au début du mois de septembre 2004, la situation du marché énergétique retrouva sa stabilité, en particulier à cause de la hausse progressive des températures et des efforts en matière d'économie d'énergie.

Vers la fin de l'année 2004, plusieurs contrats ont été signés avec des entreprises du secteur énergétique, et une société publique de gestion du pétrole a été créée, afin d'éviter qu'une telle situation se reproduise en 2005.


 

Coopératives et autogestion

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      "L'hôtel Bauen (en), l'une des nombreuses entreprises autogérées."

De nombreux investisseurs retirèrent leurs capitaux d'Argentine pendant la crise, conduisant à la fermeture de beaucoup de PME, provoquant une montée du chômage. De nombreuses personnes licenciées ont alors décidé de rouvrir elles-mêmes les usines et entreprises où elles avaient travaillé, sans la présence de l’ancien propriétaire et de son capital, formant ainsi des coopératives autogérées.

     Parmi celles-ci, l’usine de céramique Zanon (FaSinPat, Fábrica sin patrón), l’hôtel quatre étoiles Bauen, l’usine de vêtements Brukman, l’imprimerie Chilavert, etc. En 2007, quelque 10 000 personnes travaillaient dans des entreprises autogérées représentant une source d’emploi et une croissance économique non négligeables. Dans certains cas, l’ancien propriétaire fit appel à la police pour déloger les ouvriers des ateliers, parfois avec succès, souvent avec une résistance de la part des ouvriers. Quelques entreprises autogérées ont été maintenant acquises légalement, d’autres sont toujours occupées par les employés sans statut légal vis-à-vis de l’Etat, argumentant que leur travail productif justifie cette situation. Le gouvernement argentin étudie actuellement une loi d’expropriation qui permettrait le transfert légal des usines occupées aux travailleurs.


Perspectives

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Taux de croissance annuel du PIB

     Depuis le milieu de l'année 2003, la croissance économique a gardé des valeurs élevées, ce qui doit avant tout être attribué aux effets positifs de la dévaluation, qui renforça les exportations et favorisa la substitution des importations par les produits de l'industrie argentine.

Cependant, la crise n'est probablement pas encore tout à fait terminée. Le taux de pauvreté (23,4 % en janvier 2007, qui a diminué de moitié en quatre ans) et le taux de chômage (8,7 % en janvier 2007) restent toujours élevés. Le gouvernement est constamment à cours de fonds.

Cristina Kirchner, qui a succédé à son mari en 2007, a recours à tous les expédients possibles pour financer son budget. Son projet d'une taxe sur les exportations du soja et du tournesol, seul secteur réellement prospère depuis la dévaluation, provoque des troubles sérieux avec les organisations patronales rurales, et a finalement été abandonné.

     La confiance de la communauté internationale est absente.

La crise financière mondiale qui a démarré en 2007 avec les subprimes et s'est brusquement aggravée en septembre 2008 avec la faillite de la banque Lehman Brothers touche tout le monde, y compris les pays émergents comme l'Argentine, contrairement à ce qui avait été un temps annoncé par le FMI.

    Le moteur économique dynamique qu'a été le secteur d'exportation agricole est en panne. Selon la Fiel (Fondation pour la recherche économique en Amérique latine), la production industrielle a baissé de 11,4 % en janvier 2009 par rapport au même mois de l'année précédente. Dans le secteur automobile, la chute est de 55,7 % en février, d'après un rapport de l'Association des usines automobiles (Adefa)], et ce malgré la mise en place par le gouvernement d'un plan d'aide à l'achat de voitures neuves. En outre, les investissements dans le pays ont reculé de 18,7 % en janvier.

     Il est généralement convenu que « le pire est à venir », ce qui pousse la présidente à anticiper les élections, qui ont eu lieu en juin 2009 plutôt qu'en octobre, et ont marqué un recul important du Front pour la victoire au pouvoir.


Les leçons de la crise argentine 

     La première leçon est évidemment l'impossibilité de mener des déflations avec baisse de salaires, réduction des dépenses publiques, licenciement de masse etc. (faudrait-il le rappeler à nos gouvernants en décembre 2012 ndlr) La crise de 1929 l'avait déjà largement prouvé. La crise argentine l'a définitivement confirmé.

    La seconde leçon est d'ordre monétaire : dans un système de changes flottants où la monnaie principale, en l'espèce le dollar, peut varier du simple au double, les systèmes de fixation de taux de changes rigides pour des petites monnaies sont vulnérables. Lors de la crise de 1998, dite « des pays émergents », toutes les monnaies d'Asie utilisant un currency board ou un peg furent emportées dans le tourbillon des dévaluations. Il est vrai que les monnaies flottantes s'effondrèrent également. On retrouve en 2009 les mêmes mécanismes de blocage que nous avons passés en revue pour l'Argentine de 1998 à 2002 dans celles des républiques d'Europe de l'Est qui ont une fixité de change organisée avec l'Euro, alors que tous les pays environnants ont vu leur monnaie fortement dévaluée. Le dilemme argentin se retrouve à l'identique : les contrats libellés en devises en fonction des parités monnaie locale/euro explosent en cas de dévaluation. Leur remboursement devient impossible. Et la perspective d'un défaut sur les dettes souveraines et privées est difficilement acceptable. Surtout quand on se prépare à entrer dans l'euro. On retrouve le FMI, les plans d'économie, la réduction forcée des salaires des fonctionnaires, la rébellion des intéressés ! La crise grecque depuis 2010 en est une autre illustration manifeste : quand un pays ne peut faire varier la valeur de sa monnaie pour l'adapter à son économie, il cherche à adapter toute son économie (dépenses publiques, salaires, etc.) au niveau de la monnaie.

   La troisième leçon concerne plus spécifiquement l'emploi des caisses d'émission. Jusqu'à ce que ce système soit retenu par l'Argentine, il n'avait jamais été utilisé dans de grands pays indépendants. Seuls les petits pays dans la dépendance d'un grand ensemble (colonies françaises et anglaises, petits pays d'Asie, d'Afrique ou d'Europe centrale) avaient retenu cette solution. Leur taille et la faiblesse de leur économie ne pouvaient pas fonder la valeur d'une monnaie propre. Le choix de Cavallo s'est révélé aventureux même si l'efficacité initiale fut grande et applaudie. Les économistes américains Stephen Hanke et Kurt Schuler, qui étaient en pointe dans la proposition de ce système, se sont systématiquement défendus en dénonçant le caractère « impur » du currency board argentin du fait d'avoir conservé une banque centrale qui a accepté à plusieurs reprises d'émettre de la monnaie contre des actifs, ce qui n'est pas souhaitable selon la doctrine du currency board. Pour eux cette solution n'est bonne que si elle n'est pas facile à contourner. L'éclatement est venu de la perte de confiance en la solidité du couple peso-dollar à cause de ces émissions « inappropriées » et de la faiblesse du pouvoir central de la fédération argentine. Avec un peu plus de patience et de rigueur, les ajustements auraient fini par se faire. Ils finirent par proposer la dollarisation complète de l'économie argentine comme voie de sortie de crise. Cette solution qui considérait que la « confiance » était tout et la perte de compétitivité extérieure de l'économie infondée ne fut pas entendue en Argentine. Mais elle connut quelques succès ailleurs en Amérique latine (Équateur, Salvador) et les deux économistes se tournèrent alors vers l'Europe de l'Est.

      La quatrième leçon  est la violence des récessions d'origine monétaire. Lorsque les agents économiques perdent une part importante de leur avoir monétaire, la récession est inévitable et tourne à « l'hiver nucléaire ». Les banques sont bloquées; tout s'arrête. Et il faut du temps avant que les affaires ne reprennent. Le monde expérimente à nouveau mais à grande échelle depuis septembre 2008 les conséquences récessives d'un blocage monétaire et bancaire généralisé.


Chiffres clés

  • La dette publique a dépassé les 140 milliards de dollars.
  • Les quatre années de récession ont conduit à un recul de 21 % du PIB entre 1998 et 2001 (66% de 1998 à 2002 en dollars US).
  • Au plus fort de la crise, le taux de pauvreté a atteint 57 % (2002)…
  • …et le taux de chômage 23 %.
  • Cinq présidents se sont succédé à la tête du pays en un peu plus d'un an.

Notes et références

  1. ↑ Laura Graciela Rodríguez et Germán Soprano (2009), « La política universitaria de la dictadura militar en la Argentina: proyectos de reestructuración del sistema de educación superior (1976-1983) », Nuevo Mundo Mundos Nuevos, Cuestiones del tiempo presente, 2009
  2. source : Universalis v.11
  3. Lessons from the crisis, FMI, 2003 : page 6 et 7
  4. El FMI decidió no enviar los 1.260 millones a Argentina [archive], Clarín, 6 décembre 2001
  5. a et b Patrick Bèle, L'Argentine ne croit plus en Cristina Kirchner, Le Figaro, 18 juillet 2008
  6. Voir en particulier http://www.cato.org/pubs/fpbriefs/fpb52.pdf ou http://www.hacer.org/pdf/Schuler03.pdf .

Voir aussi 

Articles connexes 

 

Bibliographie

Armony, Victor : L'Énigme argentine. Images d'une société en crise, Montréal, Athéna, 2004.

  • (de) Birle, Peter / Carreras, Sandra (Hrsg.): Argentinien nach zehn Jahren Menem. Wandel und Kontinuität, Frankfurt a. M.: 2002, ISBN 3-89354-586-7
  • Brand, Ulrich (Hrsg.) / Armborst, Stefan (Übersetzer): Que se vayan todos, 2003, ISBN 3-935936-19-2
  • (de) Huppertz, Cornelius: Korruption in Argentinien. Eine netzwerkanalytische Erklärung der Finanzkrise - Schriften zur internationalen Politik, Bd. 8, Verlag Dr. Kovac, Hamburg: 2004, ISBN 3-8300-1359-0
  • (de) Jost, Christoph: Argentinien: Umfang und Ursachen der Staatsverschuldung und Probleme der Umschuldung in: Auslandsinformationen 11/2003, Konrad-Adenauer-Stiftung: Sankt Augustin, ISSN 0177-7521 (zum Herunterladen: [1])
  • (de) Schweickert, Rainer: Neue Krise – alte Probleme in: Brennpunkt Lateinamerika 17/2002, Institut für Iberoamerika-Kunde: Hamburg, ISSN 1437-6148 (zum Herunterladen: [2])
  • (en) o.A.: A survey of Argentina in: The Economist vom 15. Juni 2004, Economist Group: London, ISSN 0013-0613

 

Liens externes

  • Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Argentinien-Krise »

 

Source : www.wikipedia.org

Jeudi 8 décembre 2011

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Quel est le pari de David Cameron sur l’euro, intime des Rothschild ?

 

      On sait que plusieurs économistes annoncent désormais la fin de l’euro et que nous jouons les prolongations. Certains Britanniques, inspirés par la City, sont des joueurs, des spéculateurs invétérés. La maison de paris britannique William Hill mise sur un abandon de l’euro d’ici à la fin 2012. “Les paris sur la survie de la zone euro vont dans un seul sens, les joueurs voulant seulement miser sur sa disparition”, a expliqué un porte-parole de William Hill, à la veille du sommet européen de deux jours présenté comme crucial pour tenter de sauver la zone euro et créer le“choc de confiance” attendu depuis des semaines.

      En fait, le bookmaker britannique propose une cote de 3 contre 1 pour une disparition de la monnaie unique d’ici à 2013. Cela correspond à un gain de 3 livres pour une mise de 1 livre si ce scénario se réalise. Il propose aussi des paris sur le premier pays à quitter l’euro, la Grèce étant favorite. Ce qui signifie que sur cinq chances, il en y a quatre que la Grèce quitte l’euro, selon William Hill. (Source)

 

Avant le sommet de Bruxelles,

les bookmakers misent sur la fin de l'euro

 

La cote est de 4 contre 1 pour une disparition de la monnaie unique avant 2012. Les paris vont bon train outre-Manche.


 

      Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union Européenne se réunissent dès jeudi soir à Bruxelles pour tenter une nouvelle fois de rassurer les marchés financiers. 

Face à leurs "partenaires" européens, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy présenteront les propositions communes à l'Allemagne et la France décidées en début de semaine. 

Ils tenteront surtout de "créer un choc de confiance" pour répondre à ceux qui prédisent déjà une désagrégation de la zone euro, synonyme de "chaos" et de "désastre absolu" selon les experts. 



La fin de la monnaie unique, un "scénario du pire" auquel se préparent entreprises et les économistes.

D'autres sont déjà convaincus : les bookmakers. 

Mercredi, une majorité de joueurs de la maison de paris William Hill misait sur un abandon de l'euro d'ici la fin 2012, selon la maison de bookmakers. 

"Les paris sur la survie de la zone euro vont dans un seul sens, les joueurs voulant seulement miser sur sa disparition", a expliqué un porte-parole de William Hill, cité par Le Monde. La cote est de 4 contre 1 pour une disparition de la monnaie unique d'ici à 2013.

Les joueurs britanniques peuvent aussi parier sur le premier pays à quitter l'euro. La Grèce a pour le moment la faveur des pronostics à 1,25 contre 1. La France est loin, à 21 contre 1. 

Source : le Post

 

"La situation est grave(...) l'Euro peut exploser et l'Europe se défaire" (Jean Leonetti)

 

      Au sein de l’Union européenne, « la situation est grave », a estimé jeudi le ministre français aux Affaires européennes Jean Leonetti, jugeant que « l’euro peut exploser et l’Europe se défaire ».

« La situation est grave (…), l’euro peut exploser et l’Europe peut se défaire et ça peut être une catastrophe non seulement pour l’Europe, pour la France mais pour le monde », a déclaré le ministre à la chaîne de télévision Canal Plus, à quelques heures de l’ouverture à Bruxelles d’un sommet européen décisif.

     Si c’est possible, la discussion pour régler cette crise de l’endettement en zone euro devrait se faire « à 27″, c’est à dire avec tous les membres de l’Union européenne, a-t-il estimé. Mais la France et l’Allemagne n’excluent pas un accord entre les 17 pays de la zone euro, si les non-membres de l’union monétaire, comme la Grande-Bretagne ou la Suède, ne veulent pas s’y associer.

     Jean Leonetti a aussi critiqué les agences de notation. « Elles m’agacent un peu. Elles étaient sur des standards économiques et financiers et maintenant elles sont passées sur des standards politiques. Ce n’est pas aux agences de notation à faire de la politique, c’est aux peuples et aux représentants du peuple », a-t-il jugé.

    Après avoir placé sous surveillance lundi les notes de la quasi-totalité des pays de la zone euro, l’agence américaine Standard and Poor’s a menacé mercredi d’abaisser les notes des banques européennes et de l’Union européenne elle-même.

C’est dans ce contexte de tension, alimenté par les divisions entre les Etats membres de l’UE et les mises en garde répétées des agences de notation, que les chefs d’Etat et de gouvernement européens doivent se retrouver jeudi soir à Bruxelles pour un sommet européen.

Auparavant, une bonne partie d’entre eux, dont Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, doivent s’entretenir à Marseille (sud-est de la France) lors d’une réunion des dirigeants de la droite européenne.

Source: AFP via Boursorama


A quoi rime ce cirque Mme Merkel ?

 

      Il y a quelques heures, le membre du Groupe Bilderberg Romano Prodi, technocrate et politicien italien, comme son « ami » Mario Monti, a dégainé contre Angela Merkel, l’accusant de ne pas être à la hauteur. Cette dernière a pour refrain l’union budgétaire.

Cela veut dire, explique t-elle, une coordination resserrée des politiques budgétaires nationales et une supervision directe par Bruxelles des politiques économiques et budgétaires des pays de l’Eurozone.

    Elle veut l’intervention ou plus précisément, la SUPERVISION d’un Commissaire européen de l’Économie ayant un pouvoir« d’approbation préalable des budgets nationaux, un pouvoir de sanction direct en cas de manquement aux engagements pris avec une possibilité de saisie de la Cour de justice européenne, et un pouvoir de tutelle sur le pays failli en cas de mise en place d’un plan d’ajustement structurel. L’union budgétaire ainsi consacrée par une révision des traités compléterait l’Union monétaire et interdirait les comportements de passager clandestin de pays ne partageant pas la culture de stabilité de l’Allemagne », écrit E. Cohen.  

L’ancienne militante des jeunesses communistes, qui parle le russe couramment et était reçue assez souvent par les dignitaires du Kremlin à une certaine époque, se serait convertie à la sauce capitaliste, comme les anciens apparatchiks de l’URSS… ces mêmes qui aujourd’hui flagornent avec des G. Soros pour financer les révoltes des Indignés chez les capitalistes ET en Israël.

L’Atlantiste N. Sarkozy a-t-il reçu des consignes pour obéir à cet agent multifonctions ? A-t-il reçu de Dame Merkel l’assurance de la création d’eurobonds, l’octroi d’un statut de banque au Fonds de stabilité financière et une certaine acceptation des interventions de la BCE sur le marché secondaire des dettes souveraines européennes en contrepartie ? Pas du tout.

Angela Merkel demande, impose et exige la perte de souveraineté des collaborateurs européens pour poursuivre cette “magnifique” entreprise qu’est l’Euro.

Pourtant, tous les services de renseignement économiques privés savent que l’Allemagne a déjà pris sa décision sur l’avenir de l’Euro. Alors, à quoi rime tout ce cirque ? Pourquoi ne pas enfoncer les portes à demi-ouvertes et dévoiler les projets officieux… et fallacieux ?

PS. La visite du secrétaire au Trésor américain auprès du patron de la BCE (un ancien de La Firme US), peut très bien accoucher, d’ici quelques temps, d’une intervention massive de la BCE… Nous émettons l’hypothèse jugée un peu folle aujourd’hui, mais il y a quelques signes qui ne trompent pas et exigent la prise en compte de cette éventualité.

 

Source : liesi


La pression monte en vue du prochain sommet européen

     Dans une interview au Monde, Jean-Michel Six, chef économiste Europe de Standard & Poor’s, l’agence de notation américaine qui menace de dégrader la note dequinze Etats de la zone euro, a averti que “l’état d’alerte reste très élevé” dans cette zone. “A un degré divers, tous (les Etats de la zone) suscitent la défiance des grands investisseurs internationaux”, a déclaré Jean-Michel Six, observant que “depuis juin, les marchés semblent se fermer (à leurs) besoins de refinancement”. “Six mois plus tard, l’état d’alerte reste très élevé”, a-t-il enchaîné.

    Selon le chef économiste Europe de Standard & Poor’s, l’agence n’est pas un “Père Fouettard” mais a “voulu faire un geste fort pour souligner la gravité de la crise” en annonçant ses intentions à quelques jours d’un nouveau sommet de crise prévu cette fin de semaine à Bruxelles. Anticipant les critiques sur le rôle néfaste des agences de notation, il ajoute: “Nous faisons des analyses de fond et réagissons de façon très réfléchie”. Si tel est le cas, pourquoi ne pas avoir fait ce travail de “prévention” avant que certains états soient si proches du trou?

 

Source : liesi

 


Dimanche 11 décembre 2011

 

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 Nous essaierons ici de répondre aux objections les plus fréquemment formulées contre l’idée d’un retour au Franc.

 

     L’Euro n’est pas responsable de l’inflation.

Si l’Euro n’est pas la cause de l’inflation, il a indéniablement contribué à faire monter les prix.

L’inflation est un phénomène durant lequel une monnaie perd de sa valeur parce que trop de ses billets, de ses pièces, et de son argent électronique, sont produits.
La chute de la valeur de cette monnaie entraînant une montée des prix, mais aussi des salaires.

Il est donc vrai de dire que l’inflation n’est pas due à l’Euro lui même.

Cependant le phénomène de l’inflation(dépréciation de la valeur d’une monnaie) est à différencier de celui de l’augmentation du coût de la vie.

 

     L’augmentation du coût de la vie est généralement causée par des choses telles que la spéculation financière et la raréfaction des ressources, mais avec l’Euro le coût de la vie a aussi augmenté parce que :

- Des commerçants ont arrondi les prix aux supérieurs.
- Des commerçants tendent à se rapprocher, en valeur absolue, des prix psychologiques qu’ils pratiquaient sous le Franc. Ainsi, des produits qui étaient vendus à 5 Francs coûtent désormais presque 5 Euros. Ces augmentations de prix n’étant justifiées par rien si ce n’est la tentation de se rapprocher des chiffres utilisés sous le Franc afin d’accroître les marges bénéficiaires.

La valeur forte de l’Euro nous avantage lorsque nous importons des produits étrangers, grâce à lui le pétrole nous coûte moins chère, et l’état peut emprunter à des taux moindres.

      Une bonne monnaie n’est pas une monnaie dont la valeur est forte, mais une monnaie dont la valeur correspond à l’économie du pays.

Lors de sa création, la valeur de l’Euro a été basée sur celle du deutsch mark(monnaie allemande).
Et en adoptant l’Euro des pays comme la Grèce, l’Espagne, l’Italie et la France se sont retrouvés avec une monnaie bien plus forte que celles qu’ils avaient jusqu’alors.

Ceci a eu pour conséquences d’alourdir les coûts de production de leurs entreprises, de détruire leur compétitivité, de favoriser les délocalisations vers des pays aux monnaies moins fortes, de fortement augmenter le chômage, et de forcer ces états à s’endetter plus encore pour compenser la réduction de leurs exportations.

Cette situation équivaut à un offrir un salaire de 800 Euros à un employé qui en gagnait 3000, et à lui affirmer qu’il est gagnant parce qu’il est désormais obligé de s’endetter à des taux moindres pour pouvoir vivre quand auparavant il n’avait pas besoin de contracter de dettes.

L’Euro nous protège des attaques spéculatives.

L’Euro fait le contraire de nous protéger.

      La crise actuelle trouve son origine aux États-Unis. Ce pays a, par le biais de ses lois ultra-libérales, laissé ses banques accorder des prêts à des personnes et à des entreprises dont les ressources financières étaient fragiles ou incertaines.
Un grand nombre de ces personnes et de ces entreprises se sont, par la suite, retrouvées dans l’impossibilité de rembourser les banques qui par voie de conséquence ont fait faillite.

Les faillites sont telles que c’est l’économie du pays dans son ensemble qui est déstabilisée et que celui-ci se voit désormais en mauvaise posture sur les marchés financiers ; cette mauvaise posture sur les marchés financiers ayant pour effet d’accélérer la crise. Aussi c’est là que les Etats-Unis ont choisi de distraire les marchés en attirant leur attention sur l’Euro.

      L’Euro n’est pas né d’une volonté populaire que des dirigeants auraient captée et satisfaite. L’Euro est né de la volonté de dirigeants ayant usé de toute sorte d’arguments marketing pour doucement l’imposer aux peuples.
Aussi, bien que les peuples aient tant bien que mal accepté l’Euro, il reste inconcevable pour chacun d’eux d’avoir à payer les dettes d’un autre pays. Il est, par exemple, inconcevable pour les allemands de payer les dettes faramineuses de la Grèce, de l’Espagne, de l’Italie, ou d’un autre pays faisant partie de l’union européenne.

La faiblesse de l’Euro est donc d’être une construction artificielle réalisée par la seule volonté de dirigeants politiques ; et c’est cette faiblesse qu’attaquent les États-Unis dans le but de se faire temporairement oublier des marchés financiers.

La dette va augmenter mécaniquement car la valeur de l’Euro est supérieure à celle du Franc.

Non, les faits indiquent que la dette n’augmentera pas si la France sort de l’Euro.

Par contre la dette augmentera de manière certaine si la France reste dans l’Euro parce que cette monnaie détruit l’activité industrielle du pays, qu’elle réduit fortement ses exportations, et qu’elle le contraint à contracter toujours plus d’emprunts pour compenser le manque à gagner.

      De plus, si la valeur du Franc baisse, il en sera de même pour celle de l’Euro.

Lorsque la France sortira de l’Euro, l’Allemagne ne pourra pas supporter à elle seule le poids des autres pays, et elle devra à son tour l’abandonner.

Ces sorties entraîneront une baisse de la valeur de l’Euro.

Retourner à une monnaie dont la valeur correspond à l’économie du pays entraînera un regain d’activité économique, et donc un afflux d’argent. Un afflux d’argent avec lequel les dettes émises en Euro, une monnaie qui aura perdu sa valeur, pourront être plus facilement honorées.

On honore plus facilement ses dettes lorsque l’on a un emploi.

Désirer un retour au Franc c’est être passéiste.

Le retour au Franc ne se justifie pas par un esprit de nostalgie mais par une nécessité économique.

Ce n’est pas être passéiste que de vouloir abandonner une idée faussement progressiste comme l’aura été celle de l’Euro.

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Source : http://blog.retouraufranc.com/repon...

Si vous avez d'autres objections vous pouvez aller les formuler directement sur le blog source de cet article.

Url du sondage : http://www.retouraufranc.com

 

Lundi 12 décembre 2011
      L'Euro est à l'agonie, et plus rien ne peut le sauver... Ouf il était temps ! Comme dirait Charles Gave, l'Euro est la "peste bubonique" et c'est en l'éradiquant que les nations seront sauvées... Ce "Frankeinstein monétaire" est sur le point de finir sa vie (elle fut courte, moins de 15 ans) et les seuls euros que nous pourrons tenir dans nos mains seront imprimés sur les pages des livres d'histoire. Je vous laisse expliquer à vos enfants comment une seule génération d'individus à vécu avec le franc, puis le nouveau franc, puis l'euro et... le nouveau franc. Quand ils seront grands, ils découvriront pourquoi cette invention était une ânerie que nous voulions à tout prix sauver en ruinant 27 pays... avec la bénédiction des médias...
La VRAIE dette de la France : 341% du PIB !
 
      Oubliez les 88% de dette sur le PIB (calculs de la press-titution et la politique françaises). Ce montant ne prend pas en compte les emprunts des entreprises privéesdes banques et des propriétaires immobilier.
En réalité, la totalité des engagements des français envers les trafiquants de dettes (personnes autorisées à réaliser frauduleusement des écritures comptables en hypothéquant vos biens acquis par le travail tout en magouillant leurs bilans) est supérieure à l'Italie et proche de celle de l'Espagne.

Vous comprenez pourquoi S&P veut abaisser la note
de la France de 2 crans !  

L'Express se lâche et décrit que cette grande claque dans la tête du Ministre des Finances "aurait des effets dévastateurs. Dans le scénario du pire, elle plongerait la France dans une spirale de la dette difficilement maîtrisable, à la manière de la Grèce ou de l'Italie, avec un enchaînement de phénomènes "auto-réalisateurs": déficits publics aggravés, confiance des investisseurs en berne, investissements et consommation en chute libre... Avec au bout du compte, une profonde récession en perspective."
L'image ci-dessous explique aussi pourquoi Cameron et son Empire Britannique de la Dette (497% de son PIB national)  ne veut pas entendre parler de rigueur budgétaire 

Ce sont les pires d'Europe, et sûrement du monde ! 
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Presse libre ou press-titution, choisissez votre camp !

Un parallèle intéressant entre la press-titution française qui vous "informe" d'événements actuels dont nous avions déjà anticipé la réalisation depuis des mois grâce à la vraie presse libre... 

En résumé, si vous lisez ce blog (parmi d'autres), vous savez avant tout le monde ce que les médias vous annonceront fin 2012...

Suivez cette vidéo jusqu'à la fin, voici la preuve !



Pour les anglo-saxons, les banques européennes
sont (presque) mortes
Dans une parution du Telegraph du 9 décembre, les analystes séniors avertissent leurs clients d'une faillite bancaire imminente du fait de l'échec du sommet européen et qu'un "credit crunch" collatéral (resserrement du crédit) pouvait arriver d'un instant à l'autre. 

"D'autres pensent que les banques de la zone euro se dirigent vers une catastrophe et l'inquiétude est grandissante sur le fait qu'une grande banque peut s'effondrer en quelques semaines."


"les banques allemandes montrent la détérioration la plus notable dans leurs ratios de fonds propres de base."


"La crainte est que les autorités européennes n'ont pas la puissance de feu financière pour faire face aux problèmes des banques."

Source : gold-up




Mardi 13 décembre 2011

"C'est parfaitement possible pour un pays

de refuser de payer sa dette" Eric Toussaint

 

 

Le Comité pour l’annulation de la dette du Tiers monde invite les gouvernements africains à suivre l’exemple de certains pays de l’Amérique du Sud qui ont refusé de payer la dette illégitime, réclamée aux pays en développement. De l’avis de Eric Toussaint, ‘c’est parfaitement possible pour un pays de refuser de payer sa dette’. Et les exemples sont légion dans le monde.

 

     Equateur, Argentine, Paraguay. Voilà autant de pays qui ont refusé de payer leurs dettes à la Banque mondiale, au Fmi, au Club de Paris et aux banquiers. C’est le Belge Eric Toussaint, le président du Comité pour l’annulation de la dette du Tiers monde (Cadtm) qui l’a révélé, hier, au cours d’une conférence de presse à l’Ucad dans le cadre du Forum social mondial. ‘Si je vous donne tous ces exemples, c’est pour vous montrer que c’est parfaitement possible pour un pays de refuser de payer sa dette. Et que contrairement à ce qu’on fait passer comme message, cela ne produit pas le chaos. L’Argentine connaît un taux de croissance de plus de 8 % depuis 2003. L’Equateur connaît un taux de croissance de 3 à 4 %. Ces pays n’ont pas connu le chaos. Bien au contr

aire, ils ont enregistré une amélioration des salaires, des pensions et des conditions de vie des populations’, soutient Eric Toussaint qui a participé à l’audit de la dette de ces pays.

 

      Ce qui lui fait dire que cela peut inspirer les pays africains à qui on réclame une ‘dette illégitime et illégale’. Parmi toutes ces expériences, sources d’inspiration en Amérique latine, le plus intéressant, c’est l’Equateur où le Cadtm a directement participé à l’audit de la dette. ‘Un nouveau président a été élu fin 2006 qui s’appelle Raphaël Corréa à la tête d’un processus qu’il appelle lui-même révolution citoyenne. Immédiatement il s’est engagé à faire l’audit de l’endettement de l’équateur de 1976 à 2006 par une commission de dix-huit experts en dette dont moi-même. Après quatorze mois de travaux, après avoir épluché des dizaines de milliers de dossiers et des centaines de contrats, nous avons soumis nos recommandations au gouvernement. Et après avoir identifié que 80 % de la dette publique de l’Equateur était de la dette illégitime, et sur la base de nos recommandations, le gouvernement a unilatéralement décidé de suspendre le paiement de la dette sous forme de bons’, renseigne Toussaint.

 

      Il s’agit, dit-il, des titres de la dette publique vendus sous forme de bons sur les marchés financiers, en particulier à Wall Street. Des bons qui venaient à échéance entre 2012 et 2030 pour un montant de 3 230 millions de dollars. ‘Il y a eu donc un acte souverain unilatéral de suspension du paiement de la dette. Du coup, les détenteurs de ces titres de la dette, qui étaient des banquiers nord-américains, se sont mis à les vendre sur le marché à 20 % de leur valeur. Finalement, le gouvernement équatorien est arrivé à racheter 91 % des titres pour un coup total de 900 millions de dollars. Ce qui fait une économie, si on calcule le stock de capital racheté à bas prix et les intérêts qui ne sont pas payés jusqu’en 2030, d’où un bénéfice de plus de 7000 millions de dollars. Ce qui a permis au gouvernement très concrètement de faire passer dans le budget de l’Etat le service de la dette qui était de 32 % à 15 % et de faire passer les dépenses sociales qui représentaient 12% à 25% du budget. Donc, il y a une inversion des priorités’, informe-t-il.

 

      Eric Toussaint révèle que ‘l’Equateur, et vous n’en avez pas entendu parler, a expulsé le représentant permanent de la Banque mondiale. Parce que la Banque mondiale ne veut pas qu’on sache qu’on peut expulser ses représentants. L’Equateur a mis dehors le Fmi qui avait ses locaux au sein de la banque centrale. L’Equateur a quitté le tribunal de la banque mondiale qui est le Centre international de règlement des différends. Ce que la Bolivie a fait, deux ans auparavant. Donc nous pensons que cet exemple, qui s’est passé en Equateur, peut parfaitement se passer dans la majorité des pays en Afrique. Cela devrait être reproductible en Grèce, par exemple, qui est confronté à une crise terrible de la dette’.

 

Le temps des audits de la dette

    Autre exemple servi lors de cette conférence : l’Argentine. D’après Toussaint, ce pays a suspendu en 2001 le paiement de la dette, justement après un mouvement social un peu comparable à celui de la Tunisie de janvier 2011. ‘L’Argentine a suspendu le remboursement de 1000 milliards de remboursement de titres de la dette de décembre 2001 à mars 2005. L’Argentine a également suspendu les remboursements de la dette au Club de Paris qui est un des principaux créanciers des pays d’Afrique subsaharienne avec le Fmi et la Bm... L’Argentine a suspendu le paiement de sa dette à l’égard du Club de Paris pour un montant de 6 milliards de dollars de 2001 jusqu’à aujourd’hui. Il n’y a aucun journaliste qui a entendu parler de cela. Parce que le Club de Paris ne veut pas qu’on sache ailleurs dans le monde qu’on peut refuser de le payer. Le Club de Paris ne dit rien et fait tout pour que cela ne se sache pas. Après dix ans de non paiement, l’Argentine dit qu’on peut recommencer à dialoguer avec le Club de Paris, mais le Fmi n’en fera pas partie. Le Club de Paris a accepté ; alors que d’habitude, il exige la présence du Fmi’, fait-il remarquer.

 

     Le dernier exemple qu’Eric Toussaint a donné, c’est le Paraguay qui a répudié sa dette à l’égard des banquiers suisses en 2005. ‘La Suisse n’est pas contente et a porté plainte contre le Paraguay qui a dit : "on s’en fout de ces condamnations. Mieux que cela, nous allons déposer une plainte à la Haye contre la Suisse qui protège ses banquiers suisses." "Et la Suisse ne dit rien non plus", ajoute-t-il. Avant de souligner qu’il donne cet exemple, pour qu’on sache qu’il y a d’autres sources d’inspiration pour d’autres gouvernements. ‘Les gouvernements sous la pression des mouvements sociaux doivent lancer des audits de la dette. Et prendre des mesures unilatérales de non-paiement de la dette’, commente Toussaint. Il pense que la Tunisie pourrait suivre l’exemple ‘si on a un gouvernement dont sont absents les représentants du Rcd, un gouvernement réellement en rapport avec les mouvements sociaux pourra mettre en place une commission d’audit de la dette et à l’issue des résultats décider la suspension du paiement’.

 

 

Source : investig’action

 


Samedi 17 décembre 2011

 

 

 

L'État est au service d'une oligarchie liée aux marchés, assure Todd, le "prophète certifié".

 

Emmanuel Todd est démographe, anthropologue, historien, politologue. Il vient de publier le tome I de "L'origine des systèmes familiaux" (Gallimard, coll. "NRF Essais", 768 p., 29 euros) © Éric Garault, pour "Le Point"

 

Le Point : Les États sont-ils en guerre contre "les marchés" ?

      Emmanuel Todd : Ne soyons pas dupes de ces concepts mystificateurs, Bruxelles, les marchés, les banques, les agences de notation américaines : ces faux nez camouflent la prise du pouvoir politique, à l'échelle mondiale, par les plus riches. Sous couvert de protéger l'argent des petits épargnants, les marchés, ce sont tout simplement les plus riches jouant avec les États. Les riches ne se battent pas contre les États, ils se battent pour les contrôler encore mieux (voir "L'État prédateur", de James Galbraith). Il suffit d'observer les parcours de certains individus entre la haute administration, les firmes américaines, Bruxelles et, désormais, les gouvernements pour comprendre qu'ils y parviennent. Si une même caste contrôle les marchés et les États, l'opposition entre les uns et les autres n'a plus aucun sens.

 

Vous êtes bien léger avec l'argent des petits épargnants !

      Je refuse de céder au chantage. Lorsqu'ils partaient à la conquête de villes, les Mongols utilisaient des otages comme boucliers humains. Le groupe des plus riches fait exactement la même chose : ses otages, ce sont les petits épargnants.

 

"La faute aux riches !" : n'est-ce pas sommaire ?

      Que cela vous plaise ou non, l'accumulation excessive d'argent dans les strates supérieures de la société est l'une des caractéristiques de la période. La baisse, ou la stagnation, des revenus des gens ordinaires est allée de pair avec la hausse des revenus des 1 % les plus riches et, à l'intérieur de ce petit groupe, des 0,01 % les plus riches. Quant à l'État, il faut reconnaître son ambivalence et s'appuyer sur la partie raisonnable du marxisme pour comprendre ce qui se passe. L'État est à la fois l'incarnation de l'intérêt général et l'expression de la classe dominante. L'État social d'après-guerre, l'État gaulliste, et quoi qu'en ait dit le Parti communiste, agissait surtout au nom de l'intérêt général, il gérait une croissance pour tous. Aujourd'hui, l'État est prioritairement un État de classe. Le capitalisme financier contrôle à nouveau les États.

 

La situation serait-elle meilleure si les riches étaient moins riches ? Autrement dit, le problème est-il moral ou économique ?

     Mon analyse n'a aucune visée morale. Depuis 1990, l'ouverture des échanges et la libéralisation des flux financiers ont effectivement provoqué un fantastique accroissement des inégalités. À ce sujet, je rends hommage à l'école Piketty, dont il semble que les travaux comparatifs à l'échelle mondiale aient été décisifs dans l'émergence actuelle de la thématique des 1 % aux États-Unis et au Royaume-Uni. Aussi opaque que puisse paraître le système, on peut approcher sa réalité en analysant la façon dont un groupe social contrôle une partie importante des ressources. Dans ces conditions, la question essentielle n'est pas celle des marchés en tant que tels, mais celle de l'oligarchie et de son rapport à l'État. Il faut donc identifier cette oligarchie et analyser sa structure, son mode de vie, sa composition.

 

S'agit-il d'un groupe hors sol, d'"élites mondialisées", expression qui faisait bondir tout le monde il y a dix ans ?

     Encore une fantasmagorie de l'époque ! On croit que le libre-échange globalisé a engendré une oligarchie transnationale. Parce qu'on fait abstraction des facteurs culturels, on ne voit pas qu'il existe plusieurs oligarchies dont les relations sont structurées par d'implacables rapports de forces. La spécificité de l'oligarchie française, c'est sa proximité avec la haute administration. Ses membres ont souvent étudié dans de grandes écoles - sans forcément être des héritiers -, parlent en général très mal l'anglais, sont incroyablement français dans leurs moeurs et n'en finissent pas de se faire rouler par les vrais patrons, l'oligarchie américaine. La soumission à Standard & Poor's et Moody's est une soumission à l'oligarchie américaine. Quant à l'oligarchie allemande, nouvelle venue dans le système de domination, elle s'habitue ces jours-ci à traiter les Français comme de simples vassaux. Le charme singulier de l'oligarchie chinoise est son étroite intrication avec le Parti communiste. La plupart des analystes passent à côté de cette hétérogénéité. La gauche nourrit l'illusion d'une égalité au sommet, alors que l'inégalité caractérise autant le haut que le bas de la structure sociale mondiale.

 

Si les États ne s'endettaient pas, ils ne s'appauvriraient pas et n'enrichiraient personne en remboursant leur dette.

      Cette idée est complètement à côté de la plaque parce qu'elle méconnaît le mécanisme réel de l'endettement. On analyse la dette publique à partir du point de vue d'un emprunteur qui serait coupable d'avoir dépensé sans compter. Les peuples doivent payer parce qu'ils ont vécu à crédit. Or ce ne sont pas les emprunteurs qui sont, fondamentalement, à l'origine de la dette, mais les prêteurs, qui veulent placer leurs excédents financiers. Marx l'avait très bien vu dans "Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte", les riches adorent la dette publique ! Un État qui s'endette est un État qui, grâce au monopole de la contrainte légale, permet aux riches d'obtenir une sécurité maximale pour leur argent.

 

Donc, ce n'est pas la faute des gouvernements, puisqu'on les a poussés à emprunter ?

      Sauf que ce sont leurs choix fiscaux qui les ont conduits à se mettre dans la main des plus riches. Dans "Les dettes illégitimes", François Chesnais montre bien comment, en France, les ultrariches ont bénéficié d'une baisse de leurs impôts qui leur permet de prêter à l'État les ressources dont il s'est lui-même privé. Sans oublier l'auto-interdiction pour l'État de fabriquer de la monnaie, établie par la loi Pompidou dès 1973, mais rendue idéologiquement formidable par le mythe supplémentaire d'une Banque centrale européenne à Francfort, supposée être hors de portée de l'État français. Chaque année, les Français se voient ainsi ponctionner, à travers la TVA et les impôts directs, 250 milliards d'euros, dont près de 50 milliards d'intérêts, qui vont à des gens qui ont déjà trop d'argent. Les deux tiers sont d'ailleurs étrangers, parce que la fête est mondiale, les riches Français pouvant en contrepartie se gaver de la soumission des États et des peuples. Voilà ce que cache le discours alarmiste et moralisateur sur l'endettement abyssal, la faillite du pays et la nécessité de sauver le triple A. Derrière l'apparente logique libérale du système, l'État devient une machine à rançonner les populations au bénéfice des plus riches.

 

L'impôt est aussi le fondement de la démocratie. Quand ils rechignent à s'en acquitter, comme en Grèce, les citoyens sont-ils des victimes ?

      Je ne peux que me répéter : on a poussé les Grecs à s'endetter afin de pouvoir mieux les étrangler. Regardez votre téléviseur : sans cesse des publicités nous incitent à emprunter. Les banques, pardon, les riches, aiment prêter. Et les usuriers aiment saisir les biens si l'on ne peut rembourser. Privatiser les biens de l'État grec, par exemple.

 

Ne seriez-vous pas un peu complotiste ? Même si "on" les a poussés, le dealer est-il le seul coupable de la dépendance du drogué ?

      Le monde de l'oligarchie est un monde de pouvoir et de complots. En aidant l'État grec à trafiquer ses comptes, Goldman Sachs s'est comporté en usurier. Maintenant, ce qu'on appelle "aider" les Grecs, c'est les maintenir en état d'être rançonnés. La crise de la zone euro n'a pas été fondamentalement créée par la nonchalance des débiteurs, mais par l'agressivité des prêteurs.

 

Cette oligarchie, la définiriez-vous comme une classe sociale et, en ce cas, est-elle dotée d'une conscience de classe ?

      L'oligarchie se comporte comme une classe sociale, mais en même temps on sent en elle de l'irrationalité et même un vent de folie collective. Du coup, je me demande s'il faut recourir à l'analyse marxiste de l'idéologie ou à la psychiatrie. Pourtant, un groupe social privilégié n'est pas nécessairement décadent et irresponsable. À la différence des nobles français du XVIIIe siècle, attachés à l'exemption fiscale, les classes supérieures anglaises acceptaient une pression fiscale élevée. Elles ont conquis le monde. L'oligarchie actuelle est à mille lieues de cet exemple. Il serait préférable, si ce terme ne renvoyait aux slogans antisémites, de parler de ploutocratie. Gardons en tout cas à l'esprit que l'oligarchie, pouvoir d'un petit nombre, diffère de l'aristocratie, qui est celui des meilleurs.

 

Ces oligarques ont plus à perdre que les autres catégories. L'irrationalité explique-t-elle tout ?

     La conduite des acteurs hésite entre rationnel et irrationnel. Le point de départ de la crise de 2008, c'est l'accaparement par la Chine et d'autres, grâce à leurs bas salaires, d'une part croissante de la production mondiale, qui entraîne, dans les pays riches, une compression des revenus, donc une insuffisance de la demande. Le résultat, c'est que les salaires évoluent à la baisse, alors que le volume de la production mondiale augmente. C'est dans ce contexte que les États-Unis, puissance monétairement dominante, découvrent le mécanisme fou du crédit hypothécaire. Les ménages américains ne s'endettent pas seulement pour acheter une plus grande maison, mais pour continuer à consommer des produits chinois. Et à la veille de la crise de 2008, le déficit commercial américain s'élève à 800 milliards de dollars. Le système est étonnant : les États-Unis, forts de leur statut impérial, font de ce déficit un régulateur keynésien à l'échelle mondiale. Ainsi, l'endettement est appelé à compenser l'insuffisance de la demande. Bien entendu, le mécanisme du crédit finit par imploser et les revenus comme les importations par s'effondrer. Dans ce contexte, les plans de relance concoctés par le G7, le G8 et le G20 sont une réaction rationnelle. On célèbre le triomphe de Keynes et le retour de l'État.

 

Voilà qui n'aurait pas dû vous déplaire !

     Le problème, c'est qu'il s'agit d'un keynésianisme des riches. La relance n'est pas financée par la création monétaire - la planche à billets -, qui ne coûterait rien à l'État, mais par l'endettement, qui permet de sécuriser l'argent des nantis sans apporter la moindre réponse de fond à l'insuffisance de la demande. Ce pseudo-keynésianisme encourage la croissance chinoise, booste le CAC 40 et accélère les délocalisations en Europe. À l'arrivée, le fameux "retour de l'État" n'est rien d'autre que l'instauration d'un socialisme des riches. L'État doit sauver les riches, nom de code : "les banques", parce que les banques, qui contrôlent aussi les moyens de paiement des citoyens, comme l'a très bien dit Frédéric Lordon, ont pris l'État en otage pour le compte de leurs riches actionnaires. Si on avait opté pour leur nationalisation, on aurait pu garantir les économies des gens ordinaires, indemniser les petits actionnaires et sanctionner les coupables. La vérité de cette période n'est pas que l'État est impuissant, mais qu'il est au service de l'oligarchie.

 

Si la relance profite aux riches - les prêteurs -, l'austérité bénéficiera-t-elle aux pauvres ?

     Ce qui est certain, c'est que le discours antirigueur, incarné par exemple par Martine Aubry, est complètement archaïque. Les gouvernements ont fini par comprendre que les politiques de relance ne relançaient que l'économie de la Chine et des pays émergents. Mais ils refusent toujours la moindre mesure de protectionnisme national, sectoriel ou européen. Dans ces conditions, la rigueur peut apparaître comme un refus passif de contribuer à la croissance de la Chine, une troisième voie que je qualifierai de "protectionnisme des imbéciles". Voilà la triste vérité, nous sommes gouvernés par des imbéciles. Les gens qui sont aux commandes doivent être tenus pour responsables de leurs actes. Cela dit, je ne suis pas mélenchoniste : je crois qu'il faut des élites pour gouverner. Il ne s'agit pas de les pendre, mais de les ramener à la raison. Baroin et Pécresse, l'incompétence au sommet, sont sans doute sincèrement convaincus que le retour à l'équilibre budgétaire donne la solution de tous nos problèmes. Toutefois, il n'est pas exclu que les gouvernements aient inconsciemment fait un autre choix : si la relance est impossible et le protectionnisme impensable, la réduction des dépenses budgétaires dans les pays déficitaires est le seul moyen de mettre à genoux les pays exportateurs excédentaires, en gros l'Allemagne et la Chine, pour les obliger à entrer dans un processus de négociation.

 

La fascination française pour le modèle allemand va de pair avec la montée de la germanophobie...

      De même que l'antisémitisme et le philosémitisme constituent deux versions d'un excès d'intérêt, pathologique, pour la question juive, la germanophobie et la germanolâtrie sont deux façons de prendre l'Allemagne trop au sérieux, ce qui contribue à aggraver le problème. Au début de son quinquennat, Nicolas Sarkozy avait une position assez antiallemande et faisait preuve d'une certaine souplesse doctrinale en économie. Le maintien de François Fillon à Matignon et la nomination d'Alain Juppé au Quai d'Orsay ont consacré le retour de la droite orthodoxe et de ses vieilles lunes économiques et moralisatrices. C'est alors que le gouvernement et une bonne partie des élites françaises ont adopté un discours germanolâtre, dangereux pour les Allemands eux-mêmes. Privés d'un partenaire sympathique mais critique, ils se sont enfermés dans l'admiration de leur propre modèle. L'urgence aujourd'hui n'est pas de les flatter, mais de les arrêter.

 

Vous n'allez pas entonner l'air de la bête immonde ? Cela fait cinquante ans que la puissance allemande va de pair avec une démocratie solide.

      Je ne qualifierai pas forcément de démocratique un pays qui pratique l'union nationale plus volontiers que l'alternance et où, grâce à une prédisposition anthropologique à la discipline, les sociaux-démocrates ont pu mener une politique de compression acceptée des salaires. L'Allemagne a mené une stratégie parfaitement égoïste d'adaptation au libre-échange, en délocalisant hors de la zone euro une partie de la fabrication de ses composants industriels, en pratiquant contre la France, l'Italie et l'Espagne la désinflation compétitive, puis en utilisant la zone euro comme un marché captif où elle a pu dégager ses excédents commerciaux. Cette stratégie commerciale est la poursuite d'une tradition autoritaire et inégalitaire par d'autres moyens.

 

Vous jouez à nous faire peur ?

      Je ne joue pas, mais vous devriez avoir peur. Les pays passés sous le contrôle des technocrates ou menacés sont la Grèce, l'Italie, l'Espagne et le Portugal, pays de démocratie récente. D'ailleurs, c'est pour les sécuriser dans un espace démocratique qu'on les a intégrés à l'Europe et à la zone euro. Or, aujourd'hui, loin de stabiliser ces démocraties fragiles, les mécanismes bureaucratico-monétaires les renvoient en accéléré aux pires moments de leur instabilité passée. Oui, l'heure est grave. Le risque de voir resurgir l'Italie du fascisme, la Grèce des colonels, l'Espagne de Franco, le Portugal de Salazar est bien réel. Vous voulez que je vous fasse peur ? En démographe, je vois réapparaître l'opposition des années 1930 entre l'Europe nord-occidentale des démocraties libérales, où la fécondité tend vers 1,9 ou 2 enfants par femme, et l'Europe autoritaire, fasciste ou communiste continentale, où la fécondité est ultrabasse, avec 1,3 à 1,5 enfant. Mais que faire si les Allemands sont réfractaires à toute négociation sur la capacité d'intervention de la BCE ? Devrons-nous mourir pour l'euro ? N'exagérons pas ! S'il est angoissant de voir l'Allemagne mettre à genoux ses partenaires tout en s'enivrant de l'admiration que lui vouent les droites européennes, il ne s'agit pas de tomber dans la psychose. Souvenez-vous que les Allemands ne voulaient pas entendre parler de l'euro et qu'ils n'ont cessé, après sa création, de menacer de sortir de la zone euro. Aujourd'hui, le gouvernement et le patronat ont compris que la fin de l'euro mettrait l'Allemagne au tapis, puisqu'elle seule serait dans l'impossibilité de dévaluer. En réalité, les Allemands sont plus souples qu'on ne l'imagine. Mais ils ne comprennent que la négociation franche et brutale.

 

Au fait, pourquoi tenez-vous tant à l'euro ?

      Je ne tiens pas particulièrement à l'euro. Je dis qu'en régime de libre-échange l'euro est condamné. Je ne prédis pas l'avenir ici, je décris le présent. De toute façon, l'enjeu immédiat n'est pas l'euro, mais la crise de la dette. Soyons clair : les dettes souveraines ne seront jamais remboursées. Même les emprunts allemands commencent à être suspects. Nous avons deux possibilités : la planche à billets et le défaut sur la dette, qui serait selon moi préférable, ayant la netteté d'une opération chirurgicale. Le défaut sur la dette marquera le début de la reconquête de l'État par l'idéal démocratique, un État aujourd'hui pillé et rançonné par l'oligarchie financière.

 

Oui, mais, pour les "otages", petits épargnants français, retraités américains, ce défaut négocié ressemblerait fort à une spoliation assumée.

      Mais ce sont les prêteurs qui nous spolient ! Pourquoi laisserait-on les prédateurs engloutir ce qui reste du patrimoine national ? Quant aux otages, les petits épargnants, en France, c'est pour les protéger que la nationalisation des banques est indispensable. Et cessons de pleurnicher sur le petit retraité américain, l'Amérique vit à crédit sur le dos du monde depuis des années. Et ce ne sont pas de petits retraités qui détiennent les deux tiers de la dette publique française. De plus, un défaut sur la dette de la France entraînerait des défauts en cascade des autres nations. Dans cette redistribution générale, les défauts s'annuleraient pour l'essentiel les uns les autres. Quelques nations seraient perdantes. À l'arrivée, je vous garantis que les plus coupables - nations ou individus - seront le plus sévèrement punis.

 

On peut comprendre que nos dirigeants aient la trouille, non ?

      Plus le naufrage idéologique et intellectuel de la société est évident, plus les gens d'en haut s'enivrent de leur discours de domination, plus ils exigent la mise en vente des biens publics et la baisse des salaires. Et le pouvoir se réfugie dans une sorte de déni munichois : non contents d'avoir mis en place un système stupide, des gens supposés être modérés et compétents nous laissent en état d'impréparation pour gérer son effondrement. Ne nous laissons pas intimider, une société développée, dotée d'un haut niveau éducatif et technologique, est parfaitement capable de s'adapter après un effondrement systémique de cet ordre. Nous traverserons une année très difficile, mais très vite la libération des énergies et des ressources permettra un nouvel avenir. La délégitimation d'élites médiocres et corrompues sera une nouvelle jeunesse pour notre pays, un coup de balai moins douloureux que celui de 1940, un coup de balai sans la Wehrmacht !

 

Propos recueillis par ELISABETH LÉVY

Emmanuel Todd (né en 1951) est démographe, anthropologue, historien, politologue. Il vient de publier le tome I de "L'origine des systèmes familiaux" (Gallimard, coll. "NRF Essais", 768 p., 29 E).

Sources : lepoint et wikistrike 

 


 

 

Le commentaire de Dominique :

Le contenu de cet article n'a aucun lien avec le programme de formation de Teiva. Son initiation ne porte pas sur les affres politiques du moment.

Je profite simplement de la situation pour donner mon avis circonstancié et je tenais surtout à prendre acte devant ce que je vois clairement arriver : une "catastrophe économique et sociale mondiale" pire qu'une attaque atomique.

Il n'y a plus qu'à espérer que cette situation ne dérappe pas vers un conflit armé généralisé, comme toutes les crises économiques ont généré dans l'Histoire.

Rien de plus que de dire : "je savais, je ne suis pas surpris" !

Quand à mes réactions si ce funeste avenir devait arriver...

ça c'est mon affaire !

Ici s'achève donc cette entorse au programme d'initiation de mon fils Teiva qui va sur ses 7 ans.

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Published by Dominique PRACHERSTORFER - dans 7 - Mon fils - il faut que tu saches !
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  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
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