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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 07:24

 

 

 

 

 

Le renne est est un élément central de la vie et de la culture des peuples indigènes de la région sub-arctique.
© Joelle Taillon/Survival

 

Rennes.jpg

 

     Selon les Innu, la brusque expansion de projets industriels a entraîné une baisse dramatique de leur troupeau de rennes qui était considéré comme l’un des plus importants du monde.


      Le troupeau de la rivière George, évalué autrefois à 8 à 900 000 têtes, n’en comptait plus l’été dernier que 74 000 – une chute de plus de 90%.

Les rennes parcourent la vaste toundra du Québec et du Labrador à l’est du Canada. Appelés caribous en Amérique du Nord, ils sont partie intégrante de la culture des Indiens cree et innu de la région.

 

 

Troupeau-de-caribous.jpg"Troupeau de caribous "

 

 

 

     Toutefois, ces dernières décennies, une série de méga-projets industriels a fait disparaître une grande partie du pâturage. Selon les Innu, l’exploitation minière, les barrages et la construction de routes ont provoqué des ravages considérables sur l’environnement.

 

     Le chef Georges-Ernest Grégoire, un aîné innu, a déclaré aujourd’hui à Survival : 

 

"Le caribou tient une place centrale dans notre culture, nos croyances spirituelles et notre société de chasseurs installée dans le Nitassinan [territoire innu de la péninsule Québec-Labrador] depuis des milliers d’années.

Mais les projets massifs de développement industriel qui nous ont été imposés sur notre territoire ces quarante dernières années sont sans aucun doute à l’origine du déclin du troupeau de caribous. C’est pourquoi nous avons besoin d’un contrôle vigilant de nos territoires et de nos ressources; nous devons également être équitablement impliqués dans toutes décisions qui concernent notre territoire et les animaux qui y vivent".


 

Innu-du-Canada.jpg"Les Innu du Canada affirment que le changement climatique

a affecté la faune et la flore"

 

 

 

      Alex Andrew, un autre Innu, a déclaré :


"Nos aînés disent que les caribous seront les premiers à subir l’impact de tous ces projets de développement, comme les barrages hydroélectriques, les routes, l’exploitation minière et forestière. La chaîne alimentaire sera rompue et nous serons nombreux à en souffrir".

 

      Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui :


" Si nous nous soucions réellement de l’impact du milieu naturel sur nous et inversement, de l’activité humaine sur l’environnement, alors il est temps d’écouter les peuples indigènes. Ils savent de quoi ils parlent. Pour les Innu, les rennes ne servent pas seulement à tirer le traîneau du père Noël".


Visionnez notre galerie de photos sur les éleveurs de rennes sámi.

 

 

Notes aux rédactions : 
Les recensements les plus récents des populations de caribous et de rennes sont disponibles ici

 

Sources : Survival France et wikistrike

 

 

 

 

 

 

 

Les peuples indigènes sont les premiers experts

en changement climatique

 

  

 

     Alors que la conférence des Nations-Unies sur le changement climatique débute à Durban, Survival International recommande que le savoir traditionnel et l’expérience que les peuples indigènes ont accumulés sur l’environnement soient pris en compte dans les décisions globales qui vont être prises sur le changement climatique.

L’empreinte écologique des peuples indigènes, de l’Amazonie à l’Arctique, des déserts australiens aux savanes africaines, est la plus faible qui soit au monde. Ils pratiquent des modes de vie durables depuis des milliers d’années.

 

Mais ils sont également les plus vulnérables au changement climatique et les premières victimes des mesures ‘vertes’ de rechange telles que les agrocarburants, les barrages hydroélectriques ou encore les projets de conservation. (Télécharger le rapport)

La plupart des peuples indigènes ont développé une connaissance intime de leur environnement et observent avec inquiétude le changement de leurs écosystèmes.

 

     Les chasseurs Inuit du nord-ouest du Canada s’inquiètent de l’amincissement de la couche de glace, du raccourcissement des hivers, du réchauffement des étés, de l’altération du permafrost et de la hausse du niveau de la mer.

Les Innu du Nord-Est du Canada rapportent avoir observé au Nord du Labrador des oiseaux comme le geai bleu qui ne se rencontrent habituellement qu’au Sud du Canada ou aux Etats-Unis; ils constatent qu’il y a moins de neige durant les mois les plus froids et moins de moustiques en été.


      Les éleveurs de rennes Nenets de Sibérie disent que la fonte des rivières glacées arrive plus tôt dans la saison, ce qui, au printemps, retarde la migration saisonnière de leurs rennes qui sont contraints de nager pour traverser les rivières autrefois encore glacées. Ils ont également observé la réduction des moustiques.

 

Les éleveurs Tsaatan de Mongolie se plaignent qu’il n’y a plus assez de lichen et de mousse pour nourrir leurs rennes.

 

Les Yanomami d’Amazonie brésilienne ont constaté un dérèglement des précipitations. Ils appellent l’opinion publique mondiale à reconnaître non seulement le rôle vital de l’Amazone dans la régulation du climat de la planète mais aussi celui de la déforestation sur le changement climatique.


"Le changement climatique a débuté dans nos pays", déplore Davi Kopenawa, porte-parole et chamane Yanomami.

"Les pays riches ont incendié et détruit d’immenses parties de la forêt amazonienne. Si vous abattez les gros arbres et incendiez la forêt, la planète s’asséchera. Le monde doit écouter les cris de la Terre qui appelle à l’aide".

 


yanomani-du-Bresil.jpg"Les Yanomami du Brésil ont constaté un dérèglement des précipitations"

 

 

      Sheila Watt-Cloutier, militante inuit a déclaré :

"Des chasseurs sont tombés à travers une mince couche de glace et ont perdu la vie dans des endroits que nous avons longtemps considérés comme sûrs. L’Arctique est le baromètre santé de la planète. Si vous voulez savoir comment elle se porte, venez en Arctique lui prendre son pouls ".


"On ne peut plus se fier aux compétences traditionnelles de lecture du climat, déplore Veikko Magga", un éleveur de rennes saami.


"Jadis, nous pouvions prévoir le temps qu’il allait faire. Tous ces signes et compétences n’ont plus aucune efficacité de nos jours."


"Les peuples indigènes sont les meilleurs experts au monde" a déclaré Stephen Corry, directeur de Survival International.

 

     C’est indiscutable : chez ceux qui ont eu la chance de pouvoir rester sur leur propre terre, les taux de couverture forestière et inversement de perte de biodiversité sont bien plus élevés que dans toutes sortes de zones protégées. Et sans leur savoir écologique traditionnel, de nombreux médicaments n’auraient sans doute pas vu le jour.

 

Il devient urgent pour nous tous que leurs savoirs et leur manière d’appréhender le monde soient reconnus. Les peuples indigènes devraient jouer un plus grand rôle dans le processus de décisions des politiques de lutte contre le changement climatique et leur droit à la possession de leurs terres devrait être universellement reconnu.

 

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http://www.survivalfrance.org


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Published by Dominique PRACHERSTORFER - dans 7 - Mon fils - il faut que tu saches !
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  • : Araka Nui autour du monde
  • Araka Nui autour du monde
  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
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