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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 07:15

Des scientifiques démontrent que nos consciences sont reliées au champ magnétique terrestre.

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    La science, nous dit Gregg Braden dans cette vidéo, permet dorénavant de vérifier la véracité d'une hypothèse soutenue depuis la nuit des temps par diverses traditions et cultures : à savoir que les humains sont tous liés les uns aux autres par un champ magnétique et qu'ils font partie intégrante de la terre et de ses changements. Et du fait même de ce lien, l'être humain, consciemment ou inconsciemment, agit aussi sur le champ magnétique terrestre par les pensées qu'il entretient et les émotions qu'il ressent comme cela a été démontré, par exemple, par les relevés satellites juste avant la catastrophe du 11 septembre.


 


A propos de Gregg Braden

 

      Auteur à succès et guide de sites sacrés à travers le monde, Gregg Braden a participé, en tant qu'invité d'honneur, à plusieurs conférences et événements médiatiques portant sur les changements personnels et planétaires. Auparavant chercheur en sciences de la nature et concepteur senior de systèmes informatiques dans l'industrie aérospatiale, Braden est maintenant reconnu dans le monde entier dans les domaines de la philosophie spirituelle et des traditions anciennes et indigènes. Grâce à ses voyages dans des villages de montagnes reculés, dans des monastères et des temples des temps anciens, il réussit à faire le pont entre la sagesse passée et la science moderne, assimilant les bénéfices des traditions perdues à notre vie de tous les jours.

 

Sources : 2012 un nouveau paradigme et wikistrike



 

Que dit le Boudhisme en matière de pensée ?

 

Dalaï Lama

 

Le feu libérateur (1) :

Tout commence par la pensée

 

Tout commence par la pensée, l’intention,

la sagesse qui marche derrière,

sentir, l’émotion, toucher de l’âme

 

Par Pierre Lévy

> Tout commence par la pensée

> L’intention

> La sagesse qui marche derrière

> Sentir

> L’émotion, toucher de l’âme


Tout commence par la pensée

      Nos choix, nos paroles, nos actes, et donc le monde dans lequel nous vivons dépendent de nos pensées. Tout se décide dans l’esprit.

Puisque chacun de tes choix est entraîné par tes pensées, ta pensée crée ta vie, ton monde. Prête attention à la façon dont les sentiments et les idées qui te viennent à l’esprit finissent par produire ton existence.

Les stoïciens disent que nos pensées, nos représentations, nos jugements sont la seule chose qui soit véritablement en notre pouvoir. A première vue, cela semble peu, mais à bien considérer les choses, la puissance que nous pourrions acquérir sur nos pensées entraînerait une libération de tous les aspects de notre vie.

     On est d’abord responsable de ce que l’on pense. Mais la responsabilité implique la liberté. Or il n’y a rien de plus difficile que d’accéder à la liberté de penser, d’échapper à l’automatisme inconscient des représentations et des émotions. Il est bien plus aisé d’agir sur le « monde extérieur » que de se rendre maître de soi, de sa propre expérience de la vie, ici et maintenant.

La pensée automatique ou pensée parasite, celle que nous subissons, nous empêche de vivre dans l’instant, de percevoir le moment et de vivre heureux. Cette pensée nous interdit de vivre notre vie. C’est pourquoi il est si important de conquérir la liberté de penser.

***

Le plus simple est le plus difficile.


***

     Nos objets d’aversion pourraient être des objets de désir et nos objets de désir, des objets d’aversion. De plus, ces objets n’existent dans notre monde subjectif que parce que nous leur accordons de l’importance. Mais cette importance pourrait être autrement distribuée. Mieux, notre intérêt pourrait être partout distribué et sous tous les rapports, si bien que ces objets-là ne se détacheraient plus particulièrement sur le fond de notre expérience. Autrement dit, nous pourrions être désintéressés.

 

L’intention

     Les dispositions de notre âme à l’amour et à la souffrance sont fortement conditionnées par ce que nous voyons et entendons autour de nous et plus particulièrement par ce que nous sentons des intentions des autres à notre égard. Plus les êtres sont proches de nous, plus ils participent au modelage de notre âme et au tissage de notre vie. Symétriquement, nous sommes tenus de connaître honnêtement nos intentions et nos sentiments, de contrôler nos paroles et nos actes, parce qu’ils contibuent à tricoter l’âme des autres, et notamment celles de nos proches. Chaque âme étant pleine des âmes des autres, choisir pour soi de cesser de souffrir revient à choisir aussi d’aimer les autres.


     Chaque fois que tes intentions ne sont pas pures, ne dis rien, ne fais rien. Attention ! Reconnais immédiatement la nature de tes intentions, parce que la pensée se transforme très vite en grimaces, en paroles, en actes irréversibles !

Comment choisir tes pensées ?

Comment distinguer celles qui sont animées de compassion, de gentillesse et d’amour de celles qui sont dictées par les poisons de l’esprit ?

Comment peux-tu reconnaître tes propres intentions ?

Surtout n’écoute pas ce que dit la pensée.

Sois plutôt attentif à son rythme, à sa mélodie, à son timbre, à son accent. Est-elle rapide, violente, pointue ?

Est-elle lente, lourde, brûlante ?

Est-elle froide, métallique, insensible ?

Est-elle affolée, agitée, dispersée ?

Mielleuse, gluante, collante ?

Ou s’élève-t-elle libre, précise, légère, joyeuse, paisible ? Médite. Ecoute inlassablement.

Veux-tu prendre ?

Veux-tu donner ?

Veux-tu briller dans le monde ?

Veux-tu la guerre ou la paix ?

Veux-tu dominer ?

Veux-tu vaincre ?

As-tu envie de frapper ?

Veux-tu faire plaisir ?

Es-tu animé du souci des autres ?

Contemple ton visage dans le miroir de tes intentions.


     Chaque élément du décor de nos vies, comme l’ensemble de ce qui peuple le monde humain, institutions, techniques, œuvres de l’esprit, tout ce qui nous entoure matérialise des intentions.

Chaque intention, chaque pensée, chaque parole, chaque acte humain se répercute à l’infini, tourne et revient sans cesse sous de nouvelles formes au sein d’un immense système de causes et d’effets qui s’étend à une hiérarchie insondable de mondes célestes et terrestres, passés, présents et à venir. Ce sont les intentions, avant même les pensées, les intentions les plus secrètes, les plus cachées, les plus inconscientes, les plus imperceptibles qui entraînent le plus d’effets. Les bonnes intentions déclenchent un afflux d’amour dans le monde, les autres provoquent un accroissement de souffrance chez tous les êtres. C’est pourquoi il importe tant de parvenir à la connaissance et à la possession de soi.


***

      Nous sommes intégralement les auteurs de tout ce qui nous arrive. Les événements de notre vie, toutes les facettes de notre monde extérieur, sont des projections de notre monde intérieur. En vérité, il n’y a qu’un seul monde, dedans et dehors confondu. Nous produisons continuellement ce monde unique, non seulement en interprétant nos perceptions et les situations dans lesquelles nous sommes plongés, mais de manière beaucoup plus effective, en appelant notre destin, en sécrétant continuellement les gens, les lieux, les événements. Nous ne les avons sans doute pas provoqués consciemment et délibérément mais notre être profond les a fait émerger : ils ont été appelés par le murmure innombrable de nos intentions.

 

La sagesse qui marche derrière

     Nous souffrons parce que nous sommes sensibles.

L’irritabilité est le propre de tous les êtres sensibles. Pour ne plus souffrir, nous devrions être engourdis, anesthésiés, morts-vivants. Une attention soutenue et bien exercée à nos sensations physiques et à nos états d’esprit nous convainc bientôt que notre souffrance est constante.

Ou bien nous sommes la proie d’un malaise physique ou mental.

Ou bien, parfaitement satisfaits, nous jouissons d’une sensation de bien-être. Mais la peur de sa dissolution mine secrètement cette agréable sensation. Et plus nous obtenons satisfaction, plus nous nous habituons au plaisir, plus nous en sommes dépendants et plus cette addiction entraîne de soucis, de craintes, de souffrances sans nombres.

Nous sommes tous des drogués à notre manière.

C’est précisément à cause du caractère permanent de la souffrance (quoiqu’elle se présente sous des visages et des intensités fort variées) que nous avons tant de mal à vivre dans l’instant : en étant pleinement présents, nous coïnciderions avec notre souffrance, avec la souffrance de tous les êtres sensibles. Nous fuyons la souffrance présente, nous courons après les supposés plaisirs à venir, nous nous absentons perpétuellement. Nous croyons éviter la souffrance en nous insensibilisant de mille manières. Pourtant, nous ne pourrions la maîtriser qu’en l’étudiant et nous ne pouvons l’étudier qu’en revenant à notre sensibilité fondamentale.


***

     On n’entreprend pas le chemin spirituel pour supprimer la souffrance, pour devenir invulnérable. On ne trouvera pas au bout du voyage une sorte de bonheur mièvre et paradisiaque, la vie transformée en parc d’attraction, une béatitude de dessin animé. On emprunte le sentier pour vivre dans la vérité de sa vie, pour se rendre présent au monde, pour être . On s’engage sur le chemin avec la résolution de devenir sensible, humain, compatissant.

Plus nous ouvrons notre cœur, plus nous sentons la souffrance (la nôtre et celle des autres : c’est la même) et moins nous alimentons les mécanismes qui la nourrissent.


***

     Si les bourreaux étaient sensibles, ils ne pourraient commettre leurs crimes. L’insensibilité engendre tout ce qui nous horrifie dans l’espèce humaine.


***

     En dirigeant le faisceau de notre attention vers le monde intérieur, nous découvrons l’univers immense de la sensibilité. Nous faisons connaissance avec cette énorme masse à vif, ultrasensible, irritable et douce qu’est le cœur. La peur de souffrir, l’espoir du plaisir, les pensées de l’ego avaient formé la compacte carapace discursive qui recouvrait cette chair écorchée. Mais sous le cuir de l’ego, nous dénudons le trésor qui était là depuis toujours, l’exquise délicatesse de l’âme, l’intelligence du cœur, plus fine et plus précise que tous les concepts imaginables.

       Ne regarde pas ce que tu vois. Sens ce que ta vision fait à ton cœur.

Les concepts nous séparent de l’instant, du flux impermanent des sensations. Les concepts sont construits sur la peur de souffrir. Nous détachant de notre expérience, ils nous égarent. Etant motivés par la crainte, ils sont illusoires. Comme ils sont illusoires, ils engendrent la souffrance.

Pour reconnaître l’avidité et l’agression, en soi comme chez les autres, il faut cesser de penser et commencer à sentir.


***

     Voici les deux sagesses. Celle qui marche devant, la conscience triomphante, la lumière qui éclaire tout, impitoyablement, l’intelligence discriminante qui fait voler en éclat les moindres prétentions de l’ego. Et la sagesse qui marche derrière, celle qui croît lentement avec le développement de l’âme, la sensibilité, l’intuition, le toucher compatissant du cœur, la sagesse qui fleurit sur le cadavre en décomposition de l’ego, quand nous n’avons plus peur de la souffrance, quand les mille détails de la douleur deviennent nos meilleurs informateurs, quand notre soif de plaisir et de sécurité a cessé de voiler la beauté, la profondeur, l’immensité et la subtilité infinie de l’âme.


***

     Le cœur tendre, ou la vulnérabilité, forme le noyau de la générosité, de la compassion, de l’éveil, de la sainteté. C’est aussi la vraie source de l’intelligence. Tous les êtres la possèdent, mais tous ne savent pas que le plus précieux des joyaux se présente de manière aussi simple.

Dans la tradition chrétienne, il est dit que ceux qui ont le pouvoir de sentir complètement leur souffrance et celle des autres - de la sentir à en pleurer - ont le « don des larmes ». Seuls de grands saints et de grandes saintes ont eu ce « don des larmes », aussi merveilleux que la grâce du sourire.

Le fond de la sagesse, l’intelligence du cœur, la grande sensibilité, cela n’est finalement rien d’autre que notre propre vulnérabilité, très humble et très ordinaire, mais qui peut briller plus fort que mille soleils si nous décidons de l’écouter et de l’honorer.


Sentir

     Une vague déferle. Elle est creusée de vaguelettes elles-mêmes ridées de micro-vagues. Elle explose en myriades de gouttes ondulées qui reflètent une fraction de seconde, et chacune sous un angle différent, l’écroulement de la vague. La vague est elle-même une ondelette de l’immense vague de la tempête qui en contient des milliards. Vagues de vagues dans les vagues. Vagues de formes vivantes, vagues de peuples et de gens, vagues d’émotions et de pensées. Foisonnement du monde, magie des phénomènes, à chaque seconde. Même les pensées sont magiques. Même les émotions se lèvent, se brisent, se dispersent en se reflétant, puis renaissent inlassablement, identiques et différentes. Contemple les émotions, tristes ou joyeuses, comme tu contemples la mer, comme tu sens le vent. Les pensées ne deviennent des poisons que si nous leur obéissons au lieu de les goûter.


     Vivre ses émotions, cela signifierait goûter très clairement, très lucidement et dans le moindre détail tous les événements de notre expérience comme des vagues transitoires dans le courant de l’existence, sans croire une seconde à la réalité des objets qui sont censés susciter ces émotions ni à celle du sujet qui est censé les éprouver. Face à ces myriades d’événements mentaux, nous pouvons figer des choses, des gens, des significations, des valeurs, un moi, et nous raidir dans la souffrance. Mais nous pouvons aussi, pourvu que nous suivions l’entraînement approprié, nous abandonner lucidement au flux, à la variété des énergies, au caractère climatique et changeant de l’expérience.


***

     Sens la texture, la qualité, l’intensité de tes émotions plutôt que de croire ce qu’elles te représentent. L’émotion est parfaitement réelle. C’est le lien de l’émotion à ses objets qui est illusoire. Tu es effectivement avide, mais tu n’as pas vraiment besoin de la cible particulière de ton désir. Tu es certainement irrité, mais l’objet de ton irritation n’est pas sa cause. Quand tu sens l’émotion, tu es présent. Quand tu crois ce qu’elle te représente, tu es pris au piège de l’illusion, tu rêves, tu es absent.

De même que tu peux sentir la souffrance comme une énergie au lieu de la fuir, tu peux percevoir tout ce qui entre dans ton monde comme une qualité d’énergie plutôt que comme un objet à s’approprier, repousser ou ignorer. Il n’y a ni bien ni mal, ni beau ni laid. Chaque être, chaque événement intérieur ou extérieur est une longueur d’onde, une fréquence, une couleur du spectre.


***

     J’ai confondu trop souvent le refoulement avec la maîtrise de soi.

Quand la souffrance monte, sens-là monter. Quand la peine vient, laisse-là venir.

Sens tes émotions ici, maintenant, au présent, ne les refoule pas, ne tente pas d’y échapper, ne passe pas non plus à l’acte automatiquement, ce qui serait encore une tentative pour y échapper.

Sens complètement l’émotion. Reste en elle. Ne la fuis pas dans la pensée (Ne te demande pas pourquoi ça fait mal, d’où est-ce que cela vient, qu’est-ce qui fait mal exactement, comment cela pourrait cesser, etc.). Ne la fuis pas dans l’action. (La plupart des actes stupides sont accomplis pour fuir une émotion désagréable : agresser pour éviter de sentir la colère, prendre pour fuir l’avidité ou le sentiment de manque, s’étourdir pour oublier la peine, etc.)


***

     Je croise un chien dans la rue. Habituellement, j’ai peur des chiens.

Mais au lieu d’être saisi par la peur, de croire ma pensée de peur et de lui donner réalité, je peux reconnaître la peur comme une pensée. Plutôt que d’être captif de la peur, je l’observe et la goûte. J’imagine que le chien va venir me renifler les mollets, puis me mordre. Je ressens la peur comme une émotion riche et intéressante alors que j’aurais pu souffrir d’une peur qui veut toujours se faire passer pour « objective », « réelle ».

Si nous observons attentivement nos émotions au lieu de leur faire crédit, elles perdent leur pouvoir sur nous. Elles ne nous font plus peur (même la peur ne nous fait plus peur) et nous pouvons les accueillir sans les juger ni les refouler. Comme nous cessons de nous identifier à des émotions ou à des pensées que nous jugeons, nous cessons de nous juger. Puisque nous cessons de nous juger, il devient plus facile de ne plus juger les autres, de les comprendre et d’avoir envers eux une attitude amicale. Nous sommes libres pour la perception de la beauté du monde et du plaisir d’être. Nous pouvons goûter toutes les textures de l’existence. Y compris la peur.


***

     Sens tes émotions positives. Sans les forcer, laisse leur l’espace pour émerger, ici et maintenant, à propos de presque rien. Une bouffée d’air frais, la rencontre d’un ami, le choc d’un paysage, l’éclosion d’une idée, une gorgée de vin, le simple fait de vivre et de respirer. Cela ne veut pas dire que tu dois te voiler la face devant le mauvais ou le médiocre de l’existence, mais que tu peux goûter ce qu’il y a de bon dans chaque situation. Et il y a toujours quelque chose de bon.

Ne fuis pas les émotions positives, l’amour, la joie, la douceur, la reconnaissance, parce qu’elles sont le sel de la vie, le bonheur. Laisse-les monter, laisse-les s’épanouir, goûtes-les. Bien souvent, plutôt que de les vivre au présent, tu t’en souviens au passé, tu les escomptes dans l’avenir, tu les esquives dans la course, tu les escamotes dans la précipitation, tu les noies dans d’infinies préparations, tu les négliges dans la distraction, puis tu regrettes, plus tard, de n’avoir pas saisi l’occasion de les éprouver pleinement. Et c’est ainsi que tu passes à côté de la vie.

 

L’émotion, toucher de l’âme

     Sens tes émotions négatives, parce qu’elles sont les signaux qui te permettent de te protéger et de diriger ta vie. Pour prendre une analogie dans la sphère du corps, si tu ne sentais pas la douleur, si tu passais ton temps à t’anesthésier, tu risquerais de te brûler, de te couper, de finir terriblement estropié. Or c’est précisément ce qui t’arrive couramment dans la sphère de l’âme. Tu es gravement malade parce que tu passes ton temps à fuir, à nier, à éviter la douleur de toutes les manières possibles. Si tu veux que ton âme reste entière, tu dois te rééduquer à sentir : « Là, ça fait mal ! Je me sens... humilié, frustré, j’ai peur, je suis en colère, je suis triste, j’ai de la peine, je suis plein d’envie, je déteste, etc. »

     N’essaye pas de comprendre tes émotions. Contente-toi pour l’instant de les reconnaître et de goûter pleinement la manière dont elles prennent corps : gorge serrée, crispation de la nuque, douleur dans la poitrine, dans le ventre, sensation d’oppression, nausée, mal de tête, battements de cœur, rougeur, pâleur, fatigue, abattement. La liste n’est pas close. Tu peux aussi leur donner un nom : c’est de la peur, de la frustration, de la tristesse, de la haine, de la culpabilité, de l’envie, etc.

Ce n’est qu’une fois la sensation reconnue, goûtée, sentie, observée, étudiée dans ses manifestations physiques, sans que la pensée ne s’échappe de l’ici et du maintenant de la sensation, ce n’est qu’une fois ce travail accompli que tu peux la laisser partir. Alors, alors seulement, l’émotion a rempli sa fonction de messagère. Les émotions, ni les discours dont on t’abreuve, ni ceux que tu te tiens, tes émotions, dis-je, sont tes meilleurs informateurs sur ta vie, sur le monde qui t’entoure, sur ce que tu dois faire et surtout éviter de faire.

Sois très attentifs aux émotions que suscitent en toi les gens qui t’entourent. Que cela t’aide à choisir tes relations, tes amis, tes amours.


***

     Alors que tu fuis naturellement la douleur physique (qui laisse longtemps sa main au dessus d’une flamme ?), tu te brûles toi-même sans fin avec des pensées qui te torturent. Sais-tu dans quel état se trouve ton âme ? Pas tant que tu n’auras pas acquis et entraîné patiemment ta sensibilité aux émotions, ta présence attentive à la souffrance. On ne fuit pas naturellement la douleur morale, cela s’apprend.

Apprends à reconnaître tes pentes intimes, tes attracteurs fatals, tes réflexes maléfiques, tes parties mortes, tes zones anesthésiées. Puis commence à te rééduquer.

Personne ne peut le faire à ta place.

Personne ne peut sentir pour toi.


***

     L’émotion est notre interface avec le monde. Si notre âme avait une peau, son toucher serait l’émotion.


***

     L’armure que tu as ajustée à ton âme pour la protéger des coups ne laisse pas non plus passer les caresses.

Nos blessures sont nos plus grandes richesses. Elles maintiennent ouvert le chemin qui mène au cœur.

Quand tu gèles ton cœur pour qu’il ne sente pas la souffrance, il meurt aussi pour la joie. Ne deviens pas un mort-vivant !

L’insensibilité à la souffrance entraîne la mort de l’âme.


***

     Dès que nous ne vivons plus nos émotions, nous commençons à les projeter, à nous leurrer, à nous perdre dans la confusion.

Dès que nous fuyons ou nions la souffrance, dès que nous abdiquons notre lucidité, dès que nous nous anesthésions, le diable pointe le bout de sa queue.

Les damnés ne brûlent en enfer que parce que leurs âmes ne sentent plus rien.

 

 

 

Le feu libérateur (2) :

Le chapitre du coeur


En adoptant un comportement plus doux, tu adoucis le monde.

Comme tout commence par l’état de ton esprit,

entraînes-toi à la douceur dans tes pensées.

En suivant le fil de la douceur, tu finiras par trouver l’amour.

 

Par Pierre Lévy


     Quand on n’a jamais connu l’amour, il est très difficile de distinguer l’amour de la dépendance.

L’amour qui fait mal n’a de l’amour que le nom. Soit présent ! Sens !

L’amour ne promet pas. L’amour ne fait pas attendre. L’amour ne souffle pas le chaud et le froid. L’amour est bon tout de suite, tout le temps.

L’amour est strictement étranger aux rapports de force, à l’exercice du pouvoir, à la poursuite de l’intérêt.

Veux-tu distinguer l’amour de sa caricature ? L’amour est libérateur, aussi bien pour celui qui aime que pour celui qui est aimé. S’agit-il d’un subtil asservissement, d’un gonflement de l’ego, d’un alourdissement du fardeau de vivre ? Y a-t-il une facture à payer ? Alors ce n’est pas de l’amour.

Aimer sans être aimé, c’est choisir de ne pas s’aimer, faire entrer le non-amour dans sa vie. Aimer quelqu’un qui vous fait du mal revient, sans détour, à se faire du mal.

Plus on est en rapport avec l’autre, plus on est en rapport avec soi. Sinon, ce n’est pas de l’amour mais de l’aliénation, de la dépendance, du renvoi d’ascenseur entre ego.

Aimer ne veut pas dire être gentil, offrir des cadeaux, faire ce que l’autre demande, imiter l’amour, vouloir se refléter dans l’autre, s’accrocher à quelqu’un qui nourrit notre ego, vouloir sauver l’autre, etc. C’est l’amour plein, le cœur brûlant, et lui seul, qui est la source de toute connaissance.

Quel extraordinaire sentiment d’aimer et d’être aimé ! D’être en contact, d’âme à âme avec quelqu’un ! De ne plus être seul ! Avoir cette expérience permet de se rencontrer et de s’aimer soi même. Avoir cette expérience avec soi-même permet de rencontrer l’autre sur cette base.

Les enfants jouent. Les enfants vivent dans l’instant. Les enfants participent à la danse cosmique. Les enfants aiment sans contrepartie. Les amoureux sont des enfants.


***

     Quelle que soit la relation où tu t’engages, que ton seul motif soit l’amour.


***

     Tu ne peux savoir qui tu es que si tu as été aimé.

Que signifie « avoir été aimé ? » Cela veut dire que tes parents et tes proches se sont adressés à toi en tant qu’âme. Cela veut dire que tu as été initié à la danse cosmique. Cela signifie que tu as été aimé inconditionnellement (il n’y a pas d’autre manière d’aimer). Cela signifie que ton affection spontanée pour tes proches n’a pas été utilisée pour nourrir leur ego, porter leur narcissisme, ou leur peur, ou leur culpabilité, ou leur douleur, etc. En un mot, a-t-on donné à l’enfant que tu étais l’espace nécessaire pour qu’il identifie la lumière de son âme ? Ou bien tes parents t’ont-ils dressé à entretenir un ego complémentaire du leur ?

Si tu estimes ne pas avoir été aimé, il est inutile de nourrir sans fin des accusations, des reproches et du ressentiment. Le seul remède, le remède souverain est de t’aimer toi-même.

Au lieu de te condamner, donne de tes pensées, de tes intentions, de tes actes, la meilleure interprétation. Sens l’amour qui imprègne tous les aspects de ta subjectivité. Cesse de te haïr. Tu es bon. Cesse de te juger. Tu es innocent.

    Aime-toi tel que tu es. Aime-toi immédiatement.

Si tu ne t’aimes pas, comment peux-tu demander aux autres de t’aimer ? Peux-tu leur demander d’aimer quelqu’un que tu n’aimes pas ? Aucune personne sensée ne pourrait te suivre. Tu n’attirerais que des fous...

Dès que Tu t’aimes, tu as beaucoup moins « besoin » de l’amour des autres, car désormais tu es aimé(e)s ! T’aimant, étant aimé(e), tu ne te jetteras plus dans les bras de n’importe qui pour fuir ta solitude. Puisque tu t’aimes, tu sais à quel point tu es précieux (euse), et tu veux ton bien. C’est alors seulement que tu pourras choisir, choisir vraiment, choisir quelqu’un que tu aimes et qui t’aime.

Qui ne s’aime pas utilise les autres pour combler ses déficits, il cherche un ego complémentaire du sien.


     On ne peut aimer véritablement les autres que si l’on s’aime soi-même.

S’aimer, s’aimer vraiment, non pas abstraitement, en général, parce qu’il le faut, mais s’aimer d’amour, tel que l’on est, avec les détails de son corps et de son caractère, non d’un attachement narcissique, mais d’un amour de l’âme et qui s’adresse à l’étincelle. S’aimer n’est pas demander à son miroir si l’on est la plus belle, cela n’est pas aimer, aimer avec son cœur. Regarder son image revient à vivre dans la terreur de l’échec. L’amour ne veut pas que tu correspondes à un idéal, l’amour n’est pas orgueilleux, ne méprise pas les autres, l’amour est très simple : l’amour ne veut pas que tu souffres.

Quand tu réalises que tu te bats toujours contre toi-même, que c’est toi que tu n’aimes pas quand tu détestes l’autre, alors aies pour toi-même de la compassion. Sens la souffrance qui se cache derrière ta colère, ta revendication, ton ressentiment. Sens le manque d’amour. Et cet amour qui manque tant, donnes-le. Comprends-toi, pardonne-toi, aimes-toi. Puis donnes aussi cet amour à l’autre. Celui ou celle qui est précisément en face de toi. Aimes ton prochain comme toi-même.

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » On n’a pas toujours compris le sens de cette formule, à savoir : tu aimeras ton prochain dans l’exacte mesure où tu t’aimes toi-même. Comme toi-même. Ce n’est pas une injonction autoritaire : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ! » . C’est l’énoncé d’un rapport immuable, d’une relation quasi mathématique entre l’amour de soi et l’amour du prochain : tu n’aimeras jamais ton prochain que comme tu t’aimes toi-même. Si tu t’aimes mal, tu l’aimeras mal. Plus tu seras capable de t’aimer, plus tu seras heureux, et mieux tu pourras aimer ton prochain. Tu es le plus proche de tous tes prochains.

L’observation microscopique de nos pensées révèle que nous portons constamment, quoique presque inconsciemment, un jugement négatif sur nous-mêmes, nos actions, nos paroles et nos pensées. Il est difficile de cesser de se juger, il est difficile de cesser de souffrir, il est difficile de s’aimer parce que le dénigrement de soi est un réflexe intime de notre esprit. L’amour réclame un déconditionnement énergique, intensif et prolongé. Nous devons même abandonner l’idée qu’il nous est difficile d’aimer.


***

     L’ego veut étendre l’ego partout. La souffrance engendre la souffrance. L’amour réveille l’amour. L’amour seul comprend l’amour et révèle l’amour à lui-même. L’amour aime les êtres comme ils sont.


***

     Les moralistes ont beau jeu de souligner que l’amour-propre forme le motif quasi exclusif de nos pensées, de nos paroles et de nos actes. Mais ils oublient de signaler que ce moi, objet de notre amour, peut se présenter sous deux visages, forts différents. Le premier moi est séparé du monde, menteur, séducteur, agressif, narcissique, jaloux, avide, effrayé ou honteux. Le second moi, plus vaste et plus vrai, enveloppe le monde. On peut choisir son amour-propre.


***

     La Terre supporte tout ce qui vit, le soleil éclaire sans distinction l’infinie variété des êtres. Quand tu te seras réconcilié avec toi-même, tu te seras réconcilié avec chacun. Tout ce que tu hais dans le monde est ce que tu ne peux supporter en toi-même. Quand tu te seras réconcilié avec ton propre ego, ta propre souffrance, ta propre insensibilité, tu pourras aimer le monde d’un amour universel.


Aimes-toi, le Ciel t’aimera.

 

     Tu as peur d’être seul alors que tu es toujours avec le divin. Tu crains la solitude alors que tu pourrais être ton meilleur ami. Ces deux phrases ont exactement le même sens.

Notre bonheur ne dépend que de nous puisqu’être heureux c’est s’aimer soi-même.

S’aimer soi-même, d’accord, mais qui « soi » ? On ne peut pas s’aimer si l’on ne se connaît pas ! Or, on ne peut se connaître que si l’on s’aime.

Se connaître consiste à distinguer le soi (la lumière de l’instant qui enveloppe le monde) de l’ego (l’image qui couvre les mécanismes de la souffrance et qui se fait passer pour nous).

Dès que nous nous connaissons comme étincelle du feu divin, nous nous aimons. On ne peut pas se connaître sans s’aimer.

L’amour est le soleil des âmes.


     Aimer l’autre c’est reconnaître et vouloir que le monde de l’autre soit beau. Or tous les mondes s’impliquent réciproquement. Comme nous sommes le monde, aimer consiste à vivre uniquement de la vie de l’âme. Il revient au même de ne pas nous agresser et de ne pas agresser l’autre : il s’agit toujours de notre monde. Lorsque nous réalisons l’unité de l’âme et du tout au présent, nous ne pouvons pas ne pas aimer.


***

     Il est impossible de comprendre quoique ce soit sans comprendre sa beauté propre.


***

     S’il n’y a pas de distinction entre soi et le monde, haïr quelqu’un revient à se haïr soi-même. L’être éveillé aime absolument tout le monde parce qu’il est en paix avec soi, avec l’instant, parce que tout est bien exactement comme c’est, parce qu’il n’espère rien de plus ou de mieux, parce qu’il ne compare pas celui qu’il rencontre à ce qu’il devrait être. Son amour et sa compassion rayonnent absolument sur chacun parce qu’il n’y a pas de « personnes » mais seulement l’instant. Il sent la beauté de l’instant. Il est l’instant. Il n’y a pas d’effort à faire pour aimer les êtres.


***

     La suprême connaissance, celle qui ouvre à la connaissance que la vie a un sens, est l’expérience de l’amour, de la tendresse et de la compassion inconditionnelle.

Une âme sauvée (aimée, aimante, rayonnante) représente la possibilité d’éveiller d’autres âmes. Cette chaîne de l’amour, cette propagation de la douceur entre les êtres est la seule véritable religion.

Honore en chaque être l’amour qui te fait naître continuellement.


***

     L’amour est la connaissance parce que sans aimer ni être aimé il n’y a aucune manière d’orienter sa vie. L’amour est le pôle magnétique et la boussole. Qui n’en dispose pas se trouve absolument perdu. L’expérience de l’amour est la lumière et la vue. Qui en est privé vit dans les ténèbres. L’amour est la source, le centre, le point d’appui absolu de toute connaissance, la référence ultime.

Savoir, au sens le plus fondamental, c’est avoir expérimenté, rencontré, connaître le goût et la texture de l’amour.

On ne connaît que si l’on aime.

L’amour se sent, comme la lumière.

Aimer et connaître sont exactement la même dilatation de la lumière.

 

 

Janvier 2001

Pierre Lévy

Philosophe à l’Université du Québec à Trois Rivières

 


Le feu libérateur (3) :

Le chapitre de la présence


On n’a jamais qu’une seule pensée à la fois. La comparaison de deux pensées, le jugement d’une pensée, le souvenir d’une pensée est encore une autre pensée.

 

 

Par Pierre Lévy

 

La pensée et l’instant

 

     Ni les pensées, ni les émotions ne représentent quoique ce soit. Elles sont.


***

     Passé et futur n’existent jamais que pour des pensées actuelles. Croire au futur et au passé (ceux que tes pensées produisent : il n’y en a pas d’autres) revient encore à être le jouet de tes pensées. Sois attentif à la qualité de tes pensées maintenant. L’instant seul existe et la qualité de ta vie est celle du présent.


***

     On n’a jamais qu’une seule pensée à la fois. La comparaison de deux pensées, le jugement d’une pensée, le souvenir d’une pensée est encore une autre pensée. Au moment où elle nous tient, chaque pensée nous semble la pensée la plus importante, la plus urgente. Mais cette pensée cède la place à une autre. Si bien qu’en réalité, aucune pensée n’est importante.

Les pensées qui nous semblent « importantes » et les sentiments qui nous paraissent « très vifs » à tel instant passent au second plan ou sont oubliées l’instant suivant. Observer ce processus incessant d’apparition et de disparition, d’entrée en scène et de retour à l’ombre, devrait nous aider à ne pas croire à l’importance de quoi que ce soit et à réaliser que notre esprit construit et détruit l’importance continuellement.


***

     Rien n’est absolument bon, même la meilleure pensée : elle pourrait nous faire perdre l’instant.


***

     La plupart de nos « pensées » relèvent de l’automatisme mental. La véritable pensée, la pensée noble, est perception directe, contemplation, présence, création, action sur soi, engagement profond, transformation de l’être. La pensée noble n’est jamais un jugement. On sait qu’on a vraiment pensé quand on perçoit autrement, quand un espace s’est ouvert.

Les seules pensées heureuses sont les pensées vraies. Je ne parle pas seulement des vérités « objectives », « universelles », « scientifiques », mais d’abord des vérités existentielles, émotionnelles, de la vérité des situations. Les pensées vraies ne sont ni des dérobades, ni des faux-fuyants. Elles regardent notre vie en face, ici et maintenant. Les pensées vraies sont des perceptions.


***

     La majorité de nos pensées tisse un voile qui nous sépare du monde et de nous-mêmes. Elles détournent notre attention de se qui se passe ici et maintenant. Elles nous empêchent de sentir. Nous voulons échapper à l’expérience directe du grand flux parce que cela nous ferait renoncer à la solidité illusoire de notre moi et du monde « extérieur ». Pourtant, derrière le brouillard des pensées, des concepts, des préjugés et de toutes les formes de bavardage mental brille la lumière de l’éveil.


***

     Pour s’orienter dans l’existence, il faut avoir du discernement. Pour acquérir du discernement, nous devons apprendre à regarder les choses telles qu’elles sont. Pour voir les choses telles qu’elles sont, il faut cesser de projeter ses états mentaux sur le monde. Pour cesser de projeter, nous devons nous connaître. Pour se connaître, il faut devenir son ami. Afin de devenir notre propre ami, efforçons-nous d’accueillir avec douceur toutes nos pensées. Pour accepter toutes ses pensées, il faut cesser de distinguer entre les bonnes et les mauvaises. Si l’on veut sincèrement cesser de distinguer entre les bonnes et les mauvaises pensées, il est conseillé de pratiquer la méditation avec constance et discipline. Pour méditer, il faut distinguer sans juger entre la pleine conscience de l’instant et la fuite dans les pensées. A ce stade, le problème de s’orienter dans la vie ne se pose plus. Nous demeurons depuis toujours dans le cœur de l’existence.


Misère de l’homme

 

     « Nous ne nous tenons jamais au temps présent. Nous anticipons l’avenir comme trop lent à venir, comme pour hâter son cours ; ou nous rappelons le passé, pour l’arrêter comme trop prompt : si imprudents que nous errons dans les temps qui ne sont pas nôtres, et ne pensons point au seul qui nous appartient ; et si vains, que nous songeons à ceux qui ne sont rien et échappons sans réflexion le seul qui subsiste. C’est que le présent, d’ordinaire, nous blesse. Nous le cachons à notre vue, parce qu’il nous afflige ; et s’il nous est agréable, nous regrettons de le voir échapper. Nous tâchons de le soutenir par l’avenir, et pensons à disposer les choses qui ne sont pas en notre puissance, pour un temps où nous n’avons aucune assurance d’arriver. Que chacun examine ses pensées. il les trouvera toutes occupées au passé ou à l’avenir. Nous ne pensons presque point au présent ; et si nous y pensons ce n’est que pour en prendre la lumière pour disposer de l’avenir. Le présent n’est jamais notre fin : le passé et le présent sont nos moyens ; le seul avenir est notre fin. Ainsi, nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre ; et nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais. » Pascal.


L’instant

 

     Tu es l’instant et tu n’es rien d’autre.


***

    « Sois heureux un instant. Cet instant, c’est ta vie »

Omar Khayyam.


***

     La racine de toutes les souffrances est l’incapacité où nous sommes de vivre dans le présent, seconde après seconde, et de nous émerveiller de respirer, de sentir, de penser, d’être en relation avec d’autres êtres sensibles.

Etre présent implique une adhésion intégrale aux sensations et à l’expérience. Il faudrait pour cela que les pensées cessent d’occuper notre esprit, ou tout au moins que nous voyions un peu à travers.

L’esprit présent, comme s’il était une membrane très fine, très souple et transparente, adhère à tous les détails de son champ visuel, de son champ auditif, tactile, olfactif, proprioceptif et affectif sans jamais se perdre ou se dédoubler dans la pensée qui le fait décoller de ses sensations, sans s’absenter du flux d’expérience, sans l’interpréter ou le conceptualiser. Etre présent, c’est devenir son flux d’expérience.


***

     En cessant de m’absenter dans mes pensées, je sens ma propre présence envelopper la présence de tout ce qui constitue mon monde. Du même mouvement de revenir au présent, je me rends sensible à moi et au monde, c’est-à-dire au même instant.

Que ton âme soit présente à la danse cosmique, aux autres âmes, à elle-même. C’est tout un.


***

     Aucun bien n’est supérieur à la joie d’exister ici et maintenant.

Aucun bien n’est préférable au bonheur de la personne qui nous fait face, ici et maintenant.

Le Bien n’est pas la source de la joie, il est la Joie.

Le Bien se trouve dans la fragile, évanescente, qualité de l’instant.


***

     Tu es pour la joie, pour le bonheur ? Tu es pour l’amour, pour la paix ? Unis ta vie à tes idées et tes idées à ta vie, concrètement, à chaque seconde, maintenant, ne repousse pas le moment. Car compte uniquement cette vie-ci. La vie immédiate est seule réelle. Sois l’amour, sois la paix, sois la joie. Maintenant. Tout le reste est hypocrisie.


***

     L’éveil suppose une libération de tous les concepts et catégorisations qui réifient et emprisonnent l’existence. Tout être qui possède une expérience directe de quoi que ce soit, et précisément dans la mesure où il la possède, est éveillé. Une personne inventive ou créative a forcément lâché prise sur les préconceptions instituées, que ce soit dans le domaine de la science, de l’art, de l’organisation, de la cuisine, de l’amour ou dans n’importe quel autre secteur de l’existence. Aller au-delà de l’institué, de l’habituel, du mécanique, pour expérimenter créer ou interpréter librement est une forme d’éveil partiel.

Une personnalité ordinaire équivaut à une certaine distribution, irrégulière et spécifique, de ses moments de présence, une spécialisation ou un filtrage singulier de son potentiel d’existence. L’être complètement éveillé, en revanche, existe ici, maintenant et vers tous les azimuts, sans spécialisation ni filtrage. Les personnes épinglées par leur ego, enfermés par leurs concepts, limités par leurs attachements n’ont aucune idée de la qualité et de la puissance de la présence éveillée, quoique le fond de leur être soit précisément cette présence.

Je ne veux pas seulement être présent mais « PRESENT ». Le mot doit être crié, hurlé, pour marquer l’intensité de la présence possible.

Protège ton esprit des poisons. Vis en pleine conscience. Sois heureux. Quand le poison arrive, lâche prise et reviens à la chanson des sens.

Surveille ton esprit : c’est là que se décide la qualité de l’instant.


***

     Chaque instant est sacré parce que c’est un instant de vie. Parce que la vie est cet instant. Et donc tout ce qui peuple l’instant est sacré, et tout ce qui a mené à cet instant, même la souffrance, même les causes de la souffrance.

 


 

Sources :   http://www.buddhaline.net/Le-feu-liberateur-1-tout-commence 

 

et wikistrike


Le commentaire de Dominique :

 

Des leçons d'Amour pour petits et grands... à méditer.

 

Ces textes du philosophe canadien Pierre LEVY sont inspirés de la philosophie boudhiste que j'étudie depuis une décennie.

Cette philosophie se rapproche et s'imbrique de mon expérience vécue de l'anthroposophie (Rudolf STEINER) découverte pendant ma pratique de l'agriculture biodynamique avant de partir autour du monde avec notre catamaran.

J'y ai appris que l'Amour émis par notre coeur représente une Force bien supérieure à celle de l'Univers. C'était "mon secret" et ma manière de "soigner" mes vignes et d'en élaborer un élixir durant mon expérience de 11 années dans  le métier de vigneron. C'est dailleurs dans les vignes que tu es né mon fils ! En effet, mes vins rouges étaient tous primés alors que mon expérience de vigneron était courte.

Par ailleurs, ma culture rosicrucienne a développé entre autre ma conviction sur le pouvoir de la pensée et de l'Amour sur notre corps et notre entourage.

La conclusion de scientifiques à la suite d'enregistrements fait par 2 satellites américains (article et vidéo du haut de page) lors de l'impact des tours du WTC de New York le 11 septembre 2001 est un élément déterminant qui en dit long sur l'impact de la conscience humaine perçue dans le magnétisme de notre Planète. Ce que d'autres appellent "l'égrégore".


L'expérience vécue de ma vie, c'est pour toi, mon fils, que j'ai reçu mission de te la transmettre.

Il s'agit encore d'un challenge de plus pour moi, car je sais que le syndrome dont tu es atteint, te permet seulement d'intellectualiser les états d'âme, de mépriser la sensibilité émotive des autres et te fait éprouver des difficultés à comprendre certaines émotions telles que l'Amour.

Ce sera vraiment le plus beau et le plus grand challenge de ma vie : t'apprendre l'Amour.

 

 


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Published by Dominique PRACHERSTORFER - dans 8 - Dis papa - c'est quoi ...
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  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
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