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« LE PETIT ARAKA NUI »

 

2 ans déjà …

 

        Le 25 septembre 2008 nous quittions définitivement et discrètement Toulon avec notre fier vaisseau que nous connaissions à peine.

 DEUX années donc que nous vivons pleinement l’aventure en toute liberté.

 DEUX années déjà que nous avons quitté famille et amis.

 

Depuis les Canaries nous avons eu envie de faire partager à famille et amis nos découvertes. Le blog « Araka Nui autour du monde » est né.

Puis en Casamance le fil des articles s’orientaient de plus en plus vers des reportages photos. Le summum a été atteint lorsque nous avons reçu en cadeau un appareil photo numérique magique le Lumix PANASONIC.

Du coup les reportages photos se sont enchainés, encouragé par le résultat.

 

 UN an déjà que nous sommes au Sénégal et en Casamance en particulier.

Nos différentes activités humanitaires nous ont incités à prolonger notre séjour.

Nous avons même acquis la carte de résident, ce qui légalise notre présence au Sénégal.

Les jours, les mois passent et nos reportages photos dont nous nous sommes spécialisés dans notre blog, en disent peu sur nos faits et gestes.

Notre famille et nos amis ne savent plus rien de nous.

Nous sommes revenus à la case départ…


L’idée est donc de tenir un journal de bord avec les petites anecdotes qui vont avec. Nous sommes débordant d'activité et notre silence laisse entendre que nous nous la coulons douce en villégiature.

Ce journal de bord se déroulera sous vos yeux comme un long parchemin chronologique avec quelques photos pour agrémenter ou simplement mettre en valeur nos textes.

Bien sûr le blog conserve sa forme actuelle, c’est juste une possibilité supplémentaire qui est offerte à ceux de nos proches qui veulent garder le contact.

Une précision toutefois, nous n’informerons pas nos fidèles lecteurs des insertions régulières dans ce journal de bord.

Par contre nous conserverons le principe lors de la mise en ligne de tout nouveau reportage.


Plus que jamais je sollicite ma Do pour participer à ce travail d’infos familiales, mais comme vous le savez elle donne des bonnes idées mais pour les actes c’est plutôt ma Pomme…le sherpa !

Pour conjurer le sort, je débuterai ce parchemin que j’espère le plus long possible par un copié-collé que Do adressait ce jour à sa famille. Ceci en espérant qu’elle prenne une part active à ce travail en ligne régulier.

Travail facilité depuis que nous possédons à bord une connection illimitée sur le net.

D.P

 

Samedi 25 septembre 2010 :

Appareillage de l’hôtel de KATAKALOUSSE 12°25’73 N et 16°40’13 O.

    Nous venons de passer quelques jours à proximité de Cap Skiring, le temps était au beau fixe et nous avons profité pleinement de la plage et de la mer avec ses gros rouleaux, c'est vraiment en endroit magique qui nous change des bolongs. Dominique a joint l'utile à l'agréable en prospectant les différentes superettes pour leur vendre des pots de miel et lancer un partenariat. Il nous faudra revenir fin octobre pour démarcher les grands hôtels qui ne sont pas encore ouverts en ce moment et c'est avec plaisir que nous reviendrons.

 

Nous retournons ce week-end à Niomoune que nous avons quitté il y a un mois, ils ont l'air de s'inquiéter de cette longue absence. Je ne reprends pas mes missions avec l'ONG médicale. Je préfère travailler quand on a besoin de mes services dans les différents villages que l'on traverse. Même en l'absence de médicaments je peux faire des diagnostics, donner des conseils, prescrire des traitements à base de plantes ou orienter vers une structure médicale quand cela s'avère nécessaire.

 

Nous serions trés heureux de vous recevoir pendant les vacances de Noël où vous pourrez profiter, grâce à notre expérience, d'une immersion complète dans le monde Diola. A cette période de l'année, il existe des vols directs Paris-Cap Skiring. Voir www.capcasamance.com

D.S

 

Mardi 28 septembre :

Appareillage vers Ziguinchor

    Nous venons de passer 72 H00 à Niomoune, juste pour dire un petit bonjour à nos amis Niomounois... Cela faisait plus d'un mois que nous avions quitté nos amis niomounois.

Depuis un mois j'étais invité à participer aux ateliers du programme canadien pour le développement de l'apiculture en Casamance dans la bourgade de Kolda (à 280 kms de Ziguinchor). Autant dire qu'au en Casamance le bout du mùonde, vu les moyens de communications. Il faut impérativement voyager la veille du rendez-vous.

Depuis que je guettais l'arrivée de la coopération canadienne force est de constater qu'ils sont bien là.

Nos rapports sont excellents et je participe activement à l'élaboration du plan d'action qui se déroulera au niveau de toute la région naturelle de Casamance.


Nous remontons donc sur Ziguinchor, car justement je suis convié à une nouvelle séance de travail à Kolda, mais cette fois-ci il sera question de la seule filière miel avec la mise en place d'une Organisation Professionnelle.

Bien sûr, j'ai préparé un document sur le sujet avec un grand nombre de suggestions innovantes.


C'est Teiva qui est heureux, car pour lui Ziguinchor est synonyme de magasin de jouets. Il n'y en a qu'un seul dans toute la Casamance et notre artiste l'a bien compris.. Aussi nous avons la piscine de l'hôtel Kadiamdoumagne où notre petit Prince avance à grands pas dans l'apprentissage de la natation.

Dominique apprécie un peu moins le fait de se retrouver seule 48H00... Il faut avouer que nous sommes encore en périodes de tornades et cela l'impressionne toujours autant.

D.P

 

Mardi 28 septembre :

Arrivée à Ziguinchor 12°35'415 N et 16°16'507 O

    Nous avons juste fait un touch en go à Niomoune. Juste pour faire le point avec nos amis apiculteurs. Nous faisons profiter de notre transit vers Ziguinchor le vieux Kieffing d’Ouback (un de mes grands apiculteurs) et sa fille. Nous aurons le temps pendant les 5H00 du voyage de préciser certains points restés sombres. Grâce à l’aide de sa fille j’aurai enfin une idée plus précise sur les méthodes de récolte du miel dans les mangroves très éloignées.  Nous convenons avec Kieffing qu’il nous emmènera en novembre vers Tan-Tan là où il possède ses rizières et bien sûr là où il dispose ses 90 ruches. Il nous a suggéré de trouver une arme d’ici là et de l’emporter avec nous pour assurer le repas de midi… Ca va faire encore l’objet d’un reportage costaud de votre serviteur…

D.P

 

Mercredi 29 septembre :

Départ pour un atelier du PADEC à Kolda.

    Dès la première heure du matin je quitte ma petite famille que j’abandonne à bord, pour rejoindre Kolda. Cette petite bourgade qui se trouve presque aux sources de la Casamance est à 280 Kms de Ziguinchor. C'est-à-dire entre 3 et 5 H00 de trajet en taxi brousse. Autant dire que le parcours est à chaque fois une aventure.

Cette fois ci, je suis convié à un atelier d’une journée pour la préparation du programme canadien le PADEC sur la filière miel.

Autant dire que je suis déjà en terrain conquis puisque j’ai déjà suivi quatre jours d’ateliers en début de mois en présence du « gratin de Casamance » pour reprendre les termes du Gouverneur qui ouvrait l’assemblée plénière.

Nous descendons toujours à l’hôtel HOBBE du centre ville. C’est loin d’être un palace mais l’accueil et les repas sont excellents et puis il y a une belle piscine sans parler des jolies serveuses Peuls dont la beauté n’est pas qu’une légende.

Cette fois ci le voyage en taxi se sera passé sans histoire mais toujours sous une chaleur humide terrible. Nous roulons toutes vitres baissées c’est le seul moyen d’obtenir une température supportable. Par contre chaque arrêt  transforme notre guimbarde étriquée en sauna instantané. Je suis toujours accompagné de mon ami apiculteur de Kafountine : Djibril DIATTA. Dans le taxi les deux apiculteurs passionnés communiquent leur enthousiasme à tous les passagers. Les 7 clients partagent la conversation. Ca fini par gueuler à tue tête pour se faire entendre entre l’avant et l’arrière pour couvrir les courants d’air qui s’engouffrent dans la « Pigeot 404 break » auxquels s’ajoute la musique du chauffeur à la limite du supportable pour les tympans (il semble que l’apiculture ce ne soit pas sa passion).

     Bref, nous refaisons le monde en gueulant tout en nous accrochant aux sièges à chaque embardée du chauffeur qui slalome entre les nids de poule. Dans cette ambiance aventureuse il faut reconnaître que les heures défilent rapidement.

Arrivée à l’hôtel HOBBE au plus chaud de la journée, après 3H30 de voyage. La belle piscine nous ouvre les bras. Mais nous nous enfermons dans une chambre, sous la climatisation, pour parler encore apiculture. Djibril possède une véritable soif d’apprendre, il devient un des rares professionnels de la place. D’ailleurs, il reçoit régulièrement un apiculteur français qui lui apporte beaucoup de connaissances. J’échange toujours avec plaisirs avec Djibril, bien qu’il soit un peu trop vénal à mon goût dans son business. Pourtant je lui dis souvent : « il me manque un Djibril, comme toi, à Niomoune » !

 D.P

 

 

 Jeudi 30 septembre :

Do et Teiva seuls à Ziguinchor.

    Dominique est parti depuis hier pour sa réunion à Kolda. Je suis seule à bord avec Teiva qui regarde en ce moment un film sur l’ordinateur. Je lis un roman à l’ombre du bimini quand je vois arriver une pirogue avec trois hommes à bord. Manifestement, elle se rapproche du bateau. Je pose mon livre et descends sur la jupe arrière. Ce sont probablement des pêcheurs qui vont me proposer le produit de leur pêche, mais la pirogue ne contient aucun poisson. Que veulent-ils ? Ils tentent de s’amarrer au bateau et de monter à bord. Aussitôt, je m’y oppose, repoussant « l’assaillant » dans sa pirogue, ce dernier met alors sa main dans sa poche. Que va-t-il en sortir, un pistolet ? L’imagination va bon train, je garde malgré tout mon sang froid. Le « pêcheur » me présente alors un portefeuille ouvert dans lequel se trouve une carte professionnelle avec se photo en militaire. Je n’ai pas le temps de la lire en détail mais elle semble vraie.

- « Nous sommes des Douanes », me dit-il,

- « Excusez-moi, mais je ne pouvais pas savoir, ce n’est pas écrit sur votre front » dis-je.

Je ne pense pas qu’ils connaissent cette célèbre phrase d’une pub de la Poste, j’essaie de me rattraper lui demandant : « s’ils n’avaient pas dans les Douanes des tenues plus officielles ».

-         « Nous revenons de la pêche, ce qui explique notre tenue ».

Qu’on se le dise messieurs les douaniers français, au Sénégal quand les clients se font rares on va à la pêche… aux gros poissons.

 

Une fois mes « 2 pêcheurs » à bord, je reste malgré tout un peu sur la défensive, et si ce n’étaient pas de vrais douaniers ? Je leur interdits l’accès au carré. Ils me réclament les papiers du bateau, ce qui est normal, pour des douaniers et le passe-avant ce qui est plus embêtant…

Le notre est officiellement périmé !

Je leur ramène l’acte de francisation et leur explique que nous avons participé à un rallye Dakar-Ziguinchor en bateau organisé par le maire de Zig également ministre des Armées. Ce rallye accorde à ceux qui y participent « une autorisation d’importation temporaire de un an pour le bateau ».

Je précise «  qu’une liste des participants se trouve au service des douanes de Dakar qu’il faut donc contacter, les participants eux ne disposant d’aucun document officiel ».

L’explication semble lui convenir mais il me demande de me présenter au bureau des douanes avec Dominique. Il emporte avec lui les papiers du bateau ainsi que mon passeport malgré mon désaccord.

Sitôt partis, j’appelle Domi qui prend bien les choses, mieux que moi qui vais passer une mauvaise nuit inquiète qu’on nous saisisse le bateau nous obligeant à payer les taxes de sénégalisation qui s’élèvent à 35% de la valeur du bateau !

 

D.S

 

Vendredi 1er Octobre :

Toute la famille se retrouve.

     J’embouque derrière le second article de ma Do. Gardons espoir, peut être qu’elle y prendra goût. J’aimerai tellement déléguer cette tâche délicate : donner de nos nouvelles à sa mère (aux critiques acerbes) et à sa famille…

Je suis rentré de ma réunion de Kolda avec plein d’espoirs sur mon principe de la coopérative de miel centralisée à Zig. Le souci du Projet canadien de financer activement des « groupements rentables » est maintenant acquis. Le principe d’implantation de coopératives est aussi retenu. En tant qu’ancien vigneron indépendant il est certain que je suis à priori contre le principe des caves coopératives, car ce système est contre nature pour obtenir le meilleur des viticulteurs. La coopérative n’est pas le système qui garantie la qualité. Pourtant j’ai connu celle d’Estézargues ( à côté de Sabran) où mon ex-œnologue avait pris la direction. Avec des mesures drastiques et la volonté des coopérateurs il avait réussi à hisser la qualité de ses vins aux sommets. Il se payait même le luxe de vinifier sans SO². Une gageure qui nécessite des raisins d’excellence.

Nos amis casamançais s’ils fonctionnent beaucoup en GIE, possèdent néanmoins l’esprit de coopérateur.  Je plaide donc pour les coopératives en vertu des multiples avantages qu’elle procure ici au Sénégal : économie d’échelle humaine (peu de dirigeants-chefs d’entreprise compétents), économie d’échelle matérielle et financière et surtout répartition plus équitable des ressources sur l’ensemble des producteurs.

Au Sénégal il est une constante : quand une personne réussie en affaire elle ne fait jamais profiter ses subalternes et dans notre cas les producteurs.

Or je rappelle souvent l’objectif majeur du PADEC : réduire de 50% l’indice du  seuil de pauvreté en Casamance… il faut donc atteindre les plus petits producteurs. La coopérative en est la meilleure réponse.

Je me suis engagé à apporter « mon éclairage extérieur » en précisant bien à mes interlocuteurs, l’élite de Casamance, que je ne me positionne pas en « donneur de leçon ». Ils l’ont si bien compris qu’ils me rétorquent qu’ils ne sont pas susceptibles. C’est très élégant.

Ce matin nous avons rendez-vous tout l’équipage au garde à vous aux Douanes de Ziguinchor. Immédiatement notre interlocuteur nous met à l’aise : « Araka Nui fait bien parti de la liste des bateaux qui ont participés au Rallye d’avril 2010. Tous ces bateaux possèdent une autorisation d’importation temporaire ».

Ici on ne sait jamais si le fonctionnaire va pas nous chercher des histoires pour obtenir le fatidique « billet qui arrange tout ». Mais ici point de corruption. Echange de grands sourires et nous filons non sans avoir fait monter la vraie arme du monsieur à notre Teiva toujours intrigué par les « armes pas en plastiques ». Il en a pour son grade.

Ma Do respire. Pour encore 7 mois…

Nous verrons bien d’ici là. Inch allah. Vivons l’aventure comme elle vient.

Après tout s’il arrivait à nos amis sénégalais de nous taxer tout en attendant de nous de rester pour les aider, nous connaissons le cap du grand large !

D.P

 

Samedi, Dimanche 2 et 3 Octobre :

Week end à Ziguinchor.

    Ma Do impose une pause. « Ton miel, il commence à… ».  C’est bon, je connais la chanson. Depuis que j’ai atteins l’âge de raison mes compagnes me font toutes la même rengaine. Je terrai la longue liste (ça à commencé par mon aquarium de Méditerranée à Toulon pour finir … quand je serai passé dans l’autre monde, histoire d’harceler les Anges.

Pas ma faute si j’fais toujours les choses avec enthousiasme et à fond.

 

En attendant c’est le plongeur démineur qui enseigne la natation à son fils puisque la maman exigeante fait bronzette avec un bouquin en se sifflant un jus de pamplemousse. Au pire du pire elle fait 5 minutes dans l’eau alors que notre rejeton réclame minimum son heure complète dans une eau à 29°. C’est donc le retraité qui baigne avec son fils jusqu’à ce que la peau des fesses se décolle.

Il doit y avoir de l’atavisme, puisqu’il notre Teiva ne sait nager qu’en apnée. Du coup il devient excellent puisqu’il nage bien sur une longueur de 7 mètres avec son masque la tête sous l’eau et les fesses en bombe. Il aimerait bien descendre au fond de la piscine des 2,20 mètres mais je lui interdis faute d’avoir acquis la certitude qu’il pratique correctement le Vasalva. Pour l’instant il descend à mes pieds dans 1,60m d’eau. La piscine de l’hôtel Kadiandoumagne est parfaite. Nous nous efforçons d’y passer au moins une fois par jour 1 heure avec Teiva quelques soient nos obligations extérieures. Il fait d’énormes progrès. Je jubile. Mais force est de reconnaître qu’il ne sait pas encore nager sans masque.

Le jour où mon fils brasse sur ses 25 premiers mètres, c’est sûr que nous l’arroserons et pas à l’eau de bolong !

La prochaine fois, ma Do a promis de le prendre en photo pour agrémenter nos articles et surtout pour fournir des preuves à nos lecteurs…

D.P

 

Lundi 4 octobre :

Une journée bien chargée.

    Je rencontre le Président de la Chambre de Commerce de Ziguinchor Jean-Pascal EHEMBA. Entre un autre français qui essaye de lui vendre une serre solaire de 2000m² à 50.000.000 € et les coups de téléphone incessants nous ne nous comprenons pas. Je lui avoue. Il a quand même entendu ma demande d’aide : je sollicite ses services pour qu’ils nous trouvent une « usine désaffectée » éloignée des habitations pour implanter la future coopérative miel de Ziguinchor. Bien sûr nous serons appelés à nous revoir.

Il faut se dépêcher. Nous sommes invités à déjeuner chez Olga dont le mari est Pasteur de Ziguinchor. Ce sont nos amis de Stellina, Christophe et Isabelle, qui nous ont mis en rapport. J’avais contacté quelques jours avant pour l’informer du projet canadien de soutien de la filière miel. Or je savais par Isabelle que son amie Olga suivait un master en économie d’entreprise et marketing à l’Institut privé de Ziguinchor. C’est exactement le type de professionnel qu’il nous faudra pour commercialiser nos miels.

Olga et son époux Ouffi BOLY nous font un grand honneur de nous inviter chez eux. Je n’avais pas leur adresse exacte et j’avais dit à Olga que je l’appellerai du taxi lorsque nous serons en route. Mais c’était ne pas connaître les aléas de l’Afrique…

Une fois dans le taxi, le téléphone d’Olga est sur messagerie… Nous voilà bien ! Heureusement Isabelle m’avait donné une indication « en face du Bon coin ». Je transmets au chauffeur qui file au dit Bon Coin qui en fait est « chez Pierrot ». Nous nous installons au bar et demandons aux clients. Bien sûr l’un d’eux connait bien nos hôtes. Au même moment lorsque je prononçais le nom de Ouffi BOLY celui-ci se trouve derrière moi avec sa carrure imposante : « c’est moi, que vous cherchez …» Il venait par hasard au café du coin acheter une bonne bouteille de vin rouge portugais à notre attention. Toute la ville subissait une coupure de courant et les réseaux téléphoniques se trouvaient en panne. De plus le portable d’Olga était déchargé, depuis de longues semaines l’électricité est rétablie quelques heures par nuit…

C’est une catastrophe économique pour une région qui n’a pas besoin de cela. Comme par hasard Dakar subi le même sort. Mais le fils du Président de la République vient de reprendre en main le Ministère de l’Energie et on peut être sûr que les coupures n’auront plus lieu. C’est la magie de l’Afrique…

Certains pensent même que la manœuvre politique a était bien menée. Je connaissais à Briançon un député socialiste qui était champion du monde pour s’offrir des campagnes électorales « payée par le contribuable » en organisant  par exemple l’inauguration du téléphérique du Prorel (avec son et lumières laser) à quelques jours de sa réélection… Ca donne des résultats non négligeables auprès des électeurs « faciles ».
Mais ce député n’arrivait pas à la cheville de nos amis africains !

 

Nous avons passé un excellent moment en compagnie d’Olga et Ouffi en philosophant sur tous les sujets qui gouvernent le monde. La chaleur était étouffante, nous en avons souffert ensemble, mais la conversation était profonde.

Notre fils Teiva, dont j’avais prévenu qu’il faisait toujours son numéro « timide » dans les bras de sa mère durant un quart d’heure avant de redevenir un bandit de pirate, m’aura fait mentir. Cette fois c’était bien durant plus d’une heure que ma Do à gardé son fils dans les bras. Ils étaient en nage tous les deux, mais la mère couve son fils quelques soient les conditions.

Puis Teiva à écrit  quelques mots (aidé par sa mère) aux 3 garçons de nos hôtes qui attendaient patiemment que notre garnement accepte d’aller jouer avec eux. Trois enfants très bien élevés dont notre fils redevenu pirate à entraîné dans des batailles sur leurs lits  dont ils n’avaient sûrement pas l’autorisation en temps normal.

Nous serons bien sûr appelé à nous revoir. D’ors et déjà Do à proposé à Olga son aide dans le cadre de ses activités avec les femmes du quartier. Nous leur avons promis de les inviter sur le bateau dès notre retour à Ziguinchor.

D.P

 

 

Mardi 5 octobre :

Départ de Ziguinchor

    Je rencontre le Président de l’Agence Régionale de Développement, Boubacar SANKOS , nous nous connaissions depuis les ateliers du PADEC à Kolda. Bien sûr, je lui présente le projet d’organiser l’implantation d’une coopérative d’apiculteurs dans la Région de Ziguinchor. Il me confirme sa conviction que cette structure correspond aux objectifs de développements économiques agricole de la région. Son agence a déjà fait les études sur les statuts et implantation de coopératives. Nous serons appelés à nous revoir.

Notre séjour à Ziguinchor prend fin. A 12H45 nous appareillons vers Pte St Georges pour regagner demain Elinkine et récupérer l’équipage de IRINI, Jean-Paul et Marie et leurs enfants Alexandre et Clémentine qui rentrent de France retrouver leur bateau amarré dans la mangrove de Heidj.

Depuis que nous parcourons la Casamance, nous avons établi des règles pour profiter au maximum des courants. Depuis nous nous refusons de naviguer à contre courant. Cela impose des horaires minutés par rapport aux marées et aux coefficients et de même pour la gestion de nos moteurs où chaque parcours tient compte dorénavant d’une check liste précise avec un seul moteur ou les deux à des tours minutes calculés. Souvent il est nécessaire de mouiller une nuit en cours de route. Nous pouvons ainsi nous déplacer plus souvent et à moindre frais.

Nous mouillons donc à Pte St Georges à 16H15 juste avant la renverse de courant comme prévu.

L’équipage descend à terre faire une petite ballade le long de la grève de sable blanc, non sans passer chez Ousmane le boulanger pour commander notre pain frais du lendemain avant de repartir.

D.P

 

 

Mercredi 6 octobre :

Appareillage de Pte St Georges 12°37'820 N et 16°33'246 O

vers Elinkine.

    Où nous devons retrouver nos amis du bateau IRINI qui rentrent de France pour rejoindre leur bateau amarré dans la mangrove d’HEIDJ.

Nous arrivons au mouillage d’ELINKINE à l’heure prévue.

 

Nous récupérons nos amis d’IRINI, Jean-Paul et Marie et leurs 2 enfants Alexandre et Clémentine ainsi que leurs « bagaux » comme disent nos amis sénégalais. C’est impressionnant la montagne de sacs à dos et valise énorme qu’ils ont amenés à bon port. Quand on sait le parcours du combattant pour rallier la France à leur « marina Casamançaise » c’est un exploit. Nous sommes un peu responsables d’une partie de ce chargement, car nos amis ont ramenés de France une longue liste de fourbis introuvables en Casamance. Je ne parlerai que des Légos de Teiva que nous lui distillerons au gré des récompenses ou autres fêtes.

Nous regagnons rapidement Heidj avant la nuit et sommes accueillis par un magnifique coucher de soleil.

Nous proposons à nos amis de diner avec nous pour leur éviter la tambouille au milieu de cette montagne de bagaux.

D.P

 

Jeudi 7 octobre :

Carénage des coques d’Araka Nui à Heidj 12°27'853’’ N et 16°41'886’’ O

    Après avoir sollicité quelques troncs de palétuviers « flottés » à Léon le propriétaire du campement voisin nous levons l’ancre pour positionner Araka Nui sur le banc de sable situé au milieu du grand lac formé par une intersection de bolongs devant la case de Paul et Jackie.

Nous avons connu ce couple (Jackie est française) grâce à nos amis de Stellina. Depuis nous les rencontrons souvent et nous leur achetons de magnifiques poulets au grain que nous congelons en réserve après les avoir découpés. Cela agrémente nos menus réguliers au poisson (Teiva préfère le poulet bicyclette au poisson).

La coque de notre fier vaisseau laisse apparaître, avec les flots qui baissent, encore une bonne collection de berniques. C’est désolant. J’avais gratté toutes les coques en apnée il y a 2 mois et demi à peine.

Nous avons bien compris que notre anti-fouling est inefficace. Le dernier remonte à Aguadulce en Espagne cela fait exactement 2 ans…

Nous ne sommes pas prêts moralement parlant à passer l’anti-fouling alors nous nous contentons de gratter les coquillages sans se plaindre !

N’empêche que c’est toujours dans ces moments que nous regrettons le catamaran. Heureusement ces états d’âme ne durent pas.

D.P

 

Jeudi 14 octobre :

Visite de Vendaye.

    Comme chaque après midi (après la sieste) nous organisons une activité avec Teiva, car nous savons que s’il n’a pas sa dose de dépenses physiques il s’en suit son ¼ d’heure d’excitation à la tombée du jour (au moment de l’apéro) juste quand nous aspirons à un peu de calma…

Avec notre ami Paul nous avions prévu d’aller voir Justin un vieil apiculteur du village voisin, à 10’ de pirogue. Justement nous ne connaissions pas son village de Vendaye et cette occasion était idéale pour joindre l’utile à l’agréable.

Mais un gros nuage noir menaçant pointait à l’horizon et ma Do pas téméraire préféra rester avec ses copines pour tchatcher sous les manguiers.

Teiva préférant jouer avec son copain Léo plutôt que courir dans les rizières nous nous retrouvâmes que deux pour la visite du vieux.

Ce village est charmant. Une foule de gamins courent en jouant dans tous les sens. Le moins qu’on puisse dire c’est que ce village est beau et vivant.

D’ailleurs, ce n’est peut être pas par hasard que plusieurs toubabs y ont élus domicile. Dont Chris une infirmière qui était intervenue lors des premières missions de Terre d’Azur la fameuse ONG médicale dont notre ami médecin Manu, navigant maintenant sur le Brésil avec son bateau La Licorne, était le fondateur.

Le contact avec Justin et son fils est excellent. Une française : Françoise est là pour les accompagner dans leur démarche de « professionnalisation » de l’apiculture. Je leur achète du miel et les félicite pour le prix pratiqué (le même que celui de Niomoune : 3000 Fcfa les 500g). En effet, il n’est pas question de dévaluer ce produit en Or et ceci dans l’intérêt économique des producteurs.

Notre visite avait une arrière pensée : nous désirons, avec Paul, réunir les apiculteurs des 2 villages Heidj et Vendaye dans un même GIE.

Nous rentrerons à la nuit en retraversant les grandes étendues de rizières avant de retrouver l’annexe bien posée sur le poto-poto du bolong à 10 mètres de l’eau. Heureusement j’avais démonté tout le système de panneaux solaire et la batterie 100 Ampères du moteur électrique dont on ne se servait plus. Dans les bolongs nous rencontrons toujours du courant et les distances sont souvent trop longues pour notre petit moteur électrique. De plus notre 6 CV Yamaha tourne comme une horloge et ne consomme presque rien. Alors au placard l’économie d’énergie et vive l’essence !!

En rentrant à bord, ma Do me fait remarquer que ce n’était pas une heure pour rentrer de ballade si nous avions été avec Teiva…

 D.P

 

Vendredi 15 octobre :

Les semaines passent très vite. Nous sommes toujours à Heidj.

    C’est le côté positif de ce journal pour moi, il a l’avantage de nous rappeler que le temps passe très vite. Ah, la notion de temps toute relative que nous, êtres humains, percevons… Il y aurait de quoi philosopher, mais ce n’est ni le lieu ni le moment, gardons cela pour la retraite. D’ailleurs je commence à obtenir une bonne connaissance du sujet puisque ce sont mes lectures de prédilection en ce moment. Je garde ces réflexions pour mon jeune fils lorsqu’il sera un peu plus grand. Pour l’instant je laisse le bébé dans les jupons de sa mère. Cela semble leur convenir actuellement. Il faut bien que jeunesse se passe !

En début de semaine nous avons eu un appel téléphonique d’un des membres du bureau du Club de Voile de Dakar qui semble avoir des problèmes avec les Douanes. Les services de Dakar lui réclament 2 millions de FCfa.

Du coup Do se questionne sur la légitimité de notre « accord verbal » concernant « l’importation temporaire » de notre voilier.

Comme j’avais prévu de rencontrer le Maire de Ziguinchor dans mes projets de miels en Casamance et que celui-ci se trouve être le Président de la Fédération de voile du Sénégal à l’origine de cet « accord verbal » qui nous est octroyé par les Douanes sénégalaises, je contacte son secrétariat.

Là où les choses se corsent c’est que le même homme se trouve être Ministre.

C’est donc une audience que je sollicite. Sa secrétaire me conseille une lettre de motivation. Mon mail explicatif de 7 lignes obtient une réponse du Ministre par retour avec bien sûr son accord pour cette audience dès son arrivée hebdomadaire à Ziguinchor, mais en plus il m’octroie déjà son soutien pour le projet de coopérative sur Ziguinchor.

Chapeau les ministres au Sénégal. 

Il ne reste plus qu’à nous organiser pour que je puisse monter à Ziguinchor pour cette audience.

Le problème c’est que depuis Niomoune il faut 5H00 de pirogue pour rejoindre Ziguinchor. Avec notre bateau pas question, nous venons de faire notre plein d’avitaillement. Alors il reste la solution d’ancrer le bateau à Katakalousse et prendre au passage un taxi-brousse venant de Cap Skiring dont j’aurai pris soin de prévenir le chauffeur pour qu’il me garde une place libre. En effet, tout le monde sait que les taxi-brousse partent seulement lorsque qu’il est complet, c'est-à-dire quand les 7 passagers ont payés leur place…

Tout un programme. Mais nous nous faisons bien de ces particularités africaines qui nécessitent un minimum de connaissance du système puis une grosse couche d’adaptation et pour finir un soupçon de patience.

 

 

Ce matin nous avons subi la pluie la plus importante depuis notre arrivée en Casamance. La pluie que nous aimons : pas de vents supérieurs à 15-20 nœuds et des trombes d’eau qui durent le temps nécessaire pour faire le plein de toutes nos réserves. Aujourd’hui nous avons sûrement reçu un des derniers cadeaux de la saison d’hivernage. Notre système de taud inversable en entonnoir est génial. Avec ses 35 m² il nous procure une ombre indispensable dans le plus chaud de la journée et lorsque l’orage arrive… je n’ai qu’à larguer une seule drisse qui tient le taud en forme de tente pour que celui-ci se transforme en entonnoir. Autant dire que nous récupérons vite des grandes quantités. Bien sûr toute l’eau est canalisée vers nos 2 prises prévues sur le pont pour remplir nos 2X250 litres de réservoirs d’eaux douces de lavage (corporel et vaisselle).

Aujourd’hui, sachant que c’était sûrement la dernière aubaine avant 8 mois de saison sèche, nous avons rempli nos 300 litres de bidons stockés dans la baille à mouillage ainsi qu’une poche VETUS de 100 litres dans les fonds que je transvase ensuite dans nos tanks avec une pompe électrique.

Notre eau de boisson est exclusivement filtrée (avec le filtre céramique KATADYN par gravité) et stockée dans 2 réservoirs spécifiques. L’eau y est récupérée par gravité avec un robinet ¼ de tour. Le luxe c’est qu’un des réservoirs a son tuyau bas qui passe dans le frigo et nous fourni ainsi toujours une eau bien fraîche sans ouvrir le frigo.

Tout cela est bien expliqué dans notre blog "nos infos techniques Araka Nui".

 

Demain Samedi pas question d'eau. Nous organisons une fête chez Paul avec les 3 bateaux présents sur sa rade de Heidj. Nous sommes chargés de faire la sangria ! 

D.P

 

Samedi 16 octobre :

Déjeuner de voileux chez Paul de EHIDJ

    Nous avions prévu de nous faire du poisson grillé tous ensemble les 3 bateaux amis présents sur la rade de Ehidj. Le jour a été minutieusement choisi par notre météorologue Do. Une fois de plus ces prévisions auront été au top, puisque nous sommes en période de fin d’hivernage et nous essuyons les derniers orages. Difficile de faire du poisson grillé sous la pluie ; c’est la raison pour laquelle nous nous sommes invités chez Paul, au cas où ma Do n’ait pas été entendu dans ces prières de clémence. Côté pluie c’était parfait juste pour finir la cuisson de nos poissons pêchés la veille par le pêcheur de service Jacques de TARGA. Puis une pluie fine nous a accompagné toute l’après midi, mais nous étions bien au sec sous la salle à manger de la case de Paul au milieu d’un superbe jardin fleuri. Les 3 équipages étaient au complet : TARGA avec Fabienne, Jacques et Léo (le copain de Teiva) ; IRINI avec Marie, Jean-Paul et leurs enfants Alexandre et Clémentine ; et bien sûr l’équipage d’Araka Nui au complet puisque de jour ma Do sort son fils sans souci puisque les moustiques font la sieste.

La petite fête était très sympathique mais cette fois point d’instruments de musique ni chants. Nous avons tout simplement bavardé pendant que les 4 enfants faisaient les 400 coups en courant après les poulets de Paul.

Une fois de plus j’avais oublié mon appareil photo. Décidemment ce journal de bord manque cruellement de photos de circonstances. J’avoue que ce n’est pas trop ma tasse de thé, je préfère les reportages. Et puis il y a une raison technique : notre branchement au net ne me permet pas d’envoyer en ligne des photos, il faudrait attendre la wi-fi des hôtels de Ziguinchor. Et à Zig je n’ai pas envie de passer des heures sur l’ordi…

Il y aurait une solution mais elle coûte 150 000F pour acquérir un modem ADSL. C’est ma trésorière qui bloque à la source. Nous attendons d’en savoir plus sur notre destinée au Sénégal en fonction du résultat des assurances que nous obtiendrons du Ministre.

D.P

 

Jeudi 21 octobre :

Touch and go à Niomoune

    Depuis quinze jours nous savions qu’une nouvelle délégation de l’UNICEF avec le responsable de Dakar devait venir visiter le chantier de Niomoune. Il s’agit d’une opération dont je suis assez heureux puisque c’est moi qui ait contacté cette organisation en février dernier et aussitôt Christina de BRUIN la chef du bureau de Ziguinchor m’a assuré qu’elle ferait tout pour que « Dakar » fasse quelques choses. En effet, les 620 gosses scolarisés de Niomoune n’ont aucun point d’eau. Déjà Niomoune est l’enfant pauvre en matière d’eau potable alors les enfants mals lotis c’est un comble.

Quand j’avais appris la chose j’étais allé voir Hilaire, le Proviseur du collège de Niomoune. Ce dernier m’avait dit avoir fait le nécessaire pour informer sa hiérarchie, le Préfet etc... Et alors, lui dis-je ? Ils m’ont dit qu’ils viendraient voir ! Mais il n’y a pas besoin d’aller voir 600 gosses qui n’ont pas d’eau !!

Bref, Christina a été très sensible à mon intervention et depuis c’est l’UNICEF qui gère en interne le problème.  Comme il n’y a pas de point supplémentaire d’eau douce possible il nous restait la récupération d’eau pluviale. Les impluviums existent bien mais les ouvrages sont fuyards dès les années qui suivent leur construction. Je préconise depuis un an des cuves enterrées individuelles pour un coût d’amortissement moindre.

Il s’avère que l’UNICEF m’a entendu et il semble que nous nous orientons vers cette solution : 8 cuves de 5000 litres en série. Les devis sont demandés. Travaux pendant la saison sèche … 

Plutôt que de nous déplacer jusqu’à Niomoune avec Araka Nui mon ami Paul de Ehidj me suggère de prendre la pirogue de Léon, récupérer la délégation de l’UNICEF à Elinkine et faire ensemble l’aller-retour à Niomoune dans la journée. Génial. Du coup ma Do restera à Ehidj plutôt qu’Elinkine dont le mouillage est clairsemé de grosses pirogues de pêche (dont une, nous avait déjà défoncé nos sous barbes). La voilà rassurer.

La journée c’est très bien passée et fera l’objet d’un article complet sur le blog.

D.P

 

Mardi 26 octobre :

Léon arrose l’ouverture de son campement de Ehidj.

    Tout le village est présent soit une trentaine de personnes ainsi que les équipages de Targa et Irini. Ces derniers ont fait honneur aux villageois en repoussant leur départ pour le Cap Vert au lendemain de cette manifestation. Pour Araka Nui j’étais le seul représentant puisque ma Do veillait sur son rejeton qui avait…une petite rhinite. Il faut dire qu’il faudrait une révolution pour la faire sortir le soir et s’exposer avec son fils aux moustiques. Alors la rhinite de Teiva est tombée à pic !

Lorsque les 4 ou 5 bidons de bounouk (vin de palme) ont été bues ainsi que les 2 bols de riz tout le monde à regagner son sweet home en souhaitant à Léon plein de clients toubabs pour la saison. Il est vrai que depuis quelques jours : ils sont là. Il suffit de voir les vedettes qui filent dans les bolongs en laissant de grosses vagues derrière elles : c’est qu’il y a du toubab çà bord. Les Diolas seuls roulent à l’économie et sans vagues.

L’équipage d’Araka Nui attendait aussi cette échéance pour rejoindre le mouillage de Katakalousse et Cap Skiring.

D.P

 

Mercredi  27 octobre :

Araka Nui va mouiller à Katakalousse…

Ca sent l’océan de Cap Skiring et ses vagues !

    Nous prenons un nouveau bolong « raccourci » et bien sûr nous enregistrons la trace sur Maxsea. Nous disposons ainsi d’une cartographie des bolongs de Casamance au zéro des cartes qui pourra profiter à d’autres voileux.

D.P

 

Jeudi  28 octobre :

    Notre journée dans les vagues de Cap Skiring est reportée.

En effet, hier soir ma Do s’est attardée près de la piscine de l’hôtel le soir venu. Il semble qu’elle ait eu plusieurs piqûres sur la cheville et le lendemain matin elle ne pouvait plus poser le pied à terre ! C’est l’Afrique.

D.P

 

Vendredi  29 octobre :

Teiva dans les vagues de l’océan.

    La cheville du docteur Do va mieux. Du coup nous embarquons notre barda dans le taxi de Lune sans oublier un seau de pots de miel pour une supérette qui a déjà tout vendu. Je dois aussi aller voir Simon le menuisier du Cap pour lui demander un devis de réalisation d’une ruche WARRE. Je crois beaucoup à ce concept de ruche et je suis convaincu qu’il est bien adapté pour l’Afrique. Reste à définir des plans précis dans tous les détails sachant qu’ici on travaille au centimètre et que mes ruches c’est du millimètre. Il va falloir gérer. Il faut trouver un bon coup pour sortir cette ruche à un prix imbattable. Je m’y emploie.

Puis nous arrivons au nouvel hôtel de Benjamin qu’il vient de prendre en gérance. Son « gars » nous fait la visite mais avec Teiva nous avons hâte d’aller faire un plongeon dans l’océan.

Cette fois il désire prendre son masque. Ok, vamos.

Mais mon artiste se sens très à l’aise avec le masque : cela fait 6 mois qu’il nage avec en piscine et dans les bolongs. Du coup dans les vagues il plonge dessous les rouleaux. Nous sommes dans une zone où il a juste pied. Autant dire qu’en sortie de rouleaux les pieds ne touchent plus le fond.

Depuis 6 mois je le laisse prendre confiance en lui dans toutes les situations. Toujours dans l’attente qu’il sache nager. Mais dans les rouleaux de l’océan c’est moi qui n’était pas fier pour lui. Et lui se régaler. J’ai passé un très mauvais moment d’inquiétude en pensant au pire.

Bref, il en est ressorti heureux de ses exploits : les vagues lui faisaient faire des cabrioles.

Le midi nous avons mangé dans un petit troquet du village des pêcheurs. Nous y avons retrouvé Benjamin pour parler des grands projets miels sur Diaken Wolof et de l’embauche de Ass dans son restaurant. Aussitôt fini le repas Teiva est revenu à la charge pour me tirer à l’eau. Malgré nos conversations bien engagées j’ai du céder aux insistances de mon artiste.

J’ai planté mon ami Benjamin et nous sommes allé refaire des cabrioles sous les rouleaux. Mais cette fois j’étais tranquille c’était marée montante…

En fin de journée nous regagnons Katakalousse et notre vaisseau avec 50.000 Fcfa de miel vendu. C’est un bon commencement pour la saison de Cap Skiring. C’est nos amis Niomounois qui vont être contents.

D.P


Samedi 30 octobre :

Dernier bain pour Teiva dans la piscine de l’hôtel Katakalousse.

    Dany et Florence les propriétaires français de l’hôtel nous permettent aimablement d’utiliser leur piscine. C’est toujours un réel plaisir, car elle est grande et Teiva y fait des prouesses.

A 14H00 nous devons lever le mouillage pour rejoindre EHIDJ et Paul pour lui faire le compte rendu de son cousin le menuisier. En effet, j’ai été convié à 2 réunions au village et tous les villageois et leur chef sont fanas pour se lancer dans l’apiculture dans le fameux projet du PADEC que je leur ai présenté. Du coup, je suis chargé de les aider à construire des ruches WARRE (le modèle que je leur ai préconisé).

Nous inviterons Paul à diner à bord, non sans lui avoir commandé 2 excellents poulets au grain de son élevage en plein air. Ma Do découpe aussitôt ces beaux volatiles plumés pour les placer au congélo. Cela fait un grand nombre de repas pour notre petit mousse qui « mégotte » le poisson. Et il ne faut pas compter sur sa mère pour forcer un peu le bougre à manger nos protéines fraîches et gratuites.

D.P

 

Dimanche 31 octobre :

Où nous regagnerons Ziguinchor par le chemin des écoliers.

    Dans cette zone entrelacée de bolong et d’îles EHIDJ possède une possibilité de raccourci pour regagner Cachouane et l’embouchure sans passer devant les militaires d’Elinkine. J’ai toujours désiré « ouvrir » cette voie, car on ne sait jamais comment nous finirons dans cette belle région. Aussi nous avons fait un premier passage avec notre annexe, histoire de bien repérer et sonder les fonds. Au vu du relevé qui s’est avéré parfait, de notre sondeur avant FURUNO et de notre sonar horizontal Twinscope couleur

    d’INTERPHASE nous ne risquions rien ! C’est bon à présent nous avons la trace sur Maxsea et nous pourrons même passer de nuit s’il le fallait…

Il est vrai qu’actuellement nous sommes un peu à cran avec cette histoire de Douanes. Bien que nous soyons en règle nous nous posons des questions légitimes sur les autorisations verbales… Ma Do ne veut pas être mangée toute crue. C’est l’Afrique. D’ailleurs ce n’est pas pour rien que je dois rencontrer le Ministre à Ziguinchor.

D.P


Lundi 1 novembre :

Route vers Ziguinchor pour rencontrer le Ministre.

     Nous sommes toujours fidèles à notre théorie de ne pas faire route à contre courant. Ce qui nécessite des mouillages à des points caractéristiques sur le trajet. Il arrive de mettre 3 jours pour faire cette remontée, mais nous avons le temps ! 

 

D.P

 

Dimanche 14 novembre :

Retour à Niomoune, notre Paradis (12°38'597 N et 16°39'227 W) 

   Deux semaines à Ziguinchor non racontables. Rendez-vous après rendez-vous dans la chaleur et la poussière. Un bilan positif tout de même dans le cadre du Projet miel du PADEC c’est sûr. Des rencontres importantes voire majeures mais rien de gai pour notre Teiva qui attend toujours son père pour faire quelques choses.

Malgré tout nous avons toujours réussi a aménager sa séance journalière piscine après la sieste à l’hôtel Kadiandoumagne et devant lequel nous avions installé notre maison flottante. Cette fois ci nous avions osé mouiller à 50 mètres du warf de l’hôtel. Lors de certaines conjonctions favorables vent et courant, les jupes arrières se trouvaient à 10 mètres des clients installés en terrasse. Osé.

 

Sur le trajet nous avons affalé notre voile pour porter assistance à la pirogue courrier de Hitou, clavette de l’hélice cassée. Le temps de confectionner une clavette de fortune avec une tige filetée inox et de remonter le tout, le zodiac des militaires apportaient un beau 40 CV neuf… La solidarité du fleuve fonctionne pour ses courriers qui doivent souvent rencontrer des problèmes mécaniques.

Notre arrivée à Niomoune à juste était reportée d’une demi-heure. Il faut dire que nous maîtrisons complètement la navigation en Casamance pour profiter des courants favorables. Pour la descente nous quittons Ziguinchor 1H00 précise avant la marée basse à Karabane (embouchure), les 2 moteurs réglés à 1800 t/mn, vitesse 6 nœuds. A ce prix nous arrivons à Niomoune juste avant la renverse.

Nous y voilà à Niomoune.

L’arrivée sur le village est incontestablement la plus belle de tous les villages de Casamance que nous connaissons. Baobabs, bois fournis d’acacias et pommiers Cayolle, plages de sable blanc, puis les fromagers majestueux du quartier de Sôme avec les premières cases toutes proches de l’eau.

Un groupe de martins pêcheurs perturbés dans leur quiétude traversent le bolong en piaillant de leurs cris aigus. Des merles métalliques jouent en jacassant et volent d’un baobab à l’autre dans un éclair de reflets bleus électriques. Les perroquets verts du Sénégal jouent dans les hautes branches des palmiers rôniers majestueux éparpillés le long de la rive. Tous les oiseaux du rivage et de la mangrove offrent leurs mélopées aux navigateurs de passage dans un concert perceptible qu’à Niomoune.

Nous approchons un peu plus vers « notre mouillage » face à Etékouète (un lieu sacré de Sôme). Les effluves odorants des acacias en fleur nous indiquent la douceur du lieu. Puis se sont les rires des enfants qui jouent sur la rive et qui interpellent « Teeeiiva » !! Sur la rive 3 villageois s’affairent sur leur pirogue, ils nous saluent au passage d’un geste amical.

La pioche tombe. Oui nous sommes de retour au Paradis.

 

Pendant que Do et Teiva vont au campement Alouga saluer Valérie qui rentre de France avec ses 2 petits garçons, je file voir mon ami et néanmoins sage du village : Etienne.

A mon plus grand étonnement tout le quartier de Helou est vide. Je pousse malgré tout jusqu’à la case d’Etienne. Deux fillettes jouent : « Kassoumaye, où est Etienne ? ». Elles me montrent du doigt la palissade.

Je découvre mon ami assis sur un banc surélevé planté au milieu de sa petite parcelle de riz mûrissant qui jouxte sa maison. Il est rêveur, il ne m’entend pas arriver.

 

Etienne surveille sa parcelle et chasse les oiseaux « voleurs d’épis » dans le calme du jour qui tombe. C’est cela le Paradis. Ecouter le temps qui coule et laisser ses pensées vagabonder dans un lieu empli de sérénité.

 

 

Il a disposé un petit lance pierre et un stock de petits blocs de béton près de lui à l’attention de ces vilains volatiles qui ont compris que la seule parcelle de riz du village se trouve là chez le vieil Etienne. Alors il tient à protéger son trésor.

Cette année, à cause des grandes fêtes de la circoncision aucun villageois n’a cultivé ses parcelles de riz. Seul Etienne à pris son courage à deux mains pour réaliser au moins les semences pour l’année suivante…

Nos retrouvailles font l’objet de commentaires et je rends compte à mon président du GIE l’Abeille d’Or de Niomoune de tous mes faits et gestes depuis 2 mois.

Je rejoindrai ma petite famille au campement pour regagner le bord ventre à terre, car nous présumons une attaque de ses moustiques qui nous font toujours fuir quand la nuit s’installe.

 

D.P

 

Vendredi 19 novembre :

Visite des abeilles au Paradis de Tan Tank avec Kieffing.

    Depuis quelques mois nous avions convenu avec Kieffing que nous organiserons une journée pirogue pour aller en famille à Tan Tank visiter ses ruches et leur biotope.

C’est donc pour aujourd’hui. Au dernier moment ma Do se rétracte et pense que cette journée sera trop rude pour elle et notre Teiva, ne sachant rien de ce Paradis… Il faut dire que l’aventure à l’état pur ce n’est pas un véritable engouement pour ma Do qui craint toujours pour son bébé. De plus, me connaissant, elle sait pertinemment que je vais cavaler avec Kieffing faire la tournée de ses ruches dans le poto-poto donc rien de ludique pour le Teiva qui nous la joue aux caprices réguliers en ce moment. Pour couronner le tout, ici les abeilles ont une mauvaise réputation et ma Do n’entend pas affronter ces tueuses.

J’irai donc seul, mais Kieffing profite de la pirogue motorisée que j’ai négocié avec Sillah pour embarquer ses jeunes : filles, fils et petits enfants.

Mais je n’en dirai pas plus, car largué seul à l’aventure avec mon Panasonic dans la poche, un Paradis qui s’est ouvert sous mes yeux et me voilà de retour avec 600 photos dans la boîte.

Bien sûr cela fera l’objet du prochain reportage de notre blog : « Niomoune : les ruches dans la mangrove ».

Photos et légendes sont prêtes mais je suis tributaire d’un réseau trop faible à Niomoune pour mettre en ligne autant de photos lourdes en méga octets. Je n’arrive pas à me résigner à les compresser, car je tiens à conserver sur le blog leur exceptionnelle définition que m’offre mon Panasonic.

Donc il faudra attendre l’occasion à Ziguinchor ou autre pour passer ce reportage d’un jour.

 

D.P

 

 

LUNDI 22 novembre :

Un nouveau jour au Sénégal : la construction et l’implantation de 3 ruches WARRE en Casamance !

 

    Et oui trois ruches WARRE viennent d’être réalisées sur le sol Casamançais.

Mon jeune ami Etienne MANGA a fait très fort. Déjà je trouve la rapidité de son actio

n comme exceptionnelle. C’est un garçon très volontaire. Après notre visite de la scierie de Tobor et des ateliers diocésains de menuiserie j’ai établi un descriptif complet avec quelques plans de réalisation et la liste complète de tous les accessoires nécessaires. Une fois remis le dossier et l’argent correspondant à Etienne il a réalisé l’exploit à mon plus grand étonnement. Pour le Sénégal c’est vraiment un exploit, car ici tout est sujet à complications inattendues. Ne serait ce que trouver à plusieurs reprises un moyen de transport… et puis en 7 jours ! Je terrai les difficultés qu’il a du affronter avec le chef d’atelier menuiserie qui a réclamé des rallonges aux sommes forfaitaires que nous avions convenues… C’est très classique au Sénégal. Mais Etienne a très bien géré la chose.

Etienne est déjà un très bon apiculteur amoureux des abeilles et de son métier mais en plus il vient de réaliser une action qui vaut bien plus qu’un très bon curriculum vitae pour l’avenir de nos projets miels en Casamance.

Ces trois ruches sont destinées au village de EHIDJ, nous irons les livrer tous les deux sous quinzaine. Etienne dispensera sa première formation sur place au milieu des villageois très volontaires. Je suis très satisfait.

 

D.P

 

Mercredi 24 novembre :

Scène de ménage à bord d’Araka Nui !

    Ce matin j’ai eu le grand tord de confier à ma Do que j’avais remis à l’un de mes apiculteur sa quote-part mensuelle sur la vente du miel lui revenant.

Je savais que ce dernier avait obtenu une avance de la part de ma Do pour acheter du riz et à retenir sur son prochain versement. Ce même apiculteur dont la décence m’interdit de citer son nom m’avait justement réclamé un peu d’argent pour acheter du riz il y a quelques jours, au moment où je m’apprêter à leur verser leur dividende. Somme moyenne calculée en fonction du pourcentage de miel apporté par chacun. Lors de la vente de toute la récolte je fournirai une reddition des comptes au centime près à chacun.

Mais voilà ma Do ne le voit pas de cette manière. Elle comptait bien être remboursée là, que mon ami ait besoin de riz ou pas.

Je me suis fait engueuler comme si j’avais bu le pognon au bistrot du coin. Je passerai sur les pleurs qui arrosaient la salve de reproches entrecoupés non pas de sanglots mais d’insultes à mon grand cœur.

Les femmes sont ainsi, surtout lorsqu’on les affuble du titre de « grande trésorière du bord » et qu’on leur confie sa pension. A méditer.

 

D.P

 

 

 Jeudi 25 novembre :

Ma Do épaule le nouveau Comité de santé de Niomoune.

    Enfin les membres du Comité de santé de Niomoune a été renouvelé. Une équipe compétente et décidée d’en découdre. Le président et son trésorier sollicite l’appui de ma Do pour les aider à remettre de l’ordre dans près de deux années de laxisme et de dérapages financiers. Do a potassé les textes qui sont très bien élaborés justement pour éviter les problèmes de bonne gestion. Mais justement le précédent président était « inexistant » et tout est parti en déconfiture. Le rôle de Do se cantonnera a leur rappeler les textes et les inciter à les appliquer. Très vite le nouveau bureau apprécie les résultats qui ne se font pas attendre. Le problème c’est que ce Poste de Santé présentait un taux très faible de fréquentations, autant dire que les soins n’étaient pas offerts à bon escient à la population. De nombreuses mamans refusaient même d’y amener leurs enfants malades et venaient voir Do directement. Il faut espérer qu’avec cette nouvelle équipe et sa détermination tout rentrera dans l’ordre et que la confiance en ce dispensaire reprendra ses droits.

 

D.P

 

Jeudi 2 décembre :

Route vers Ziguinchor : problèmes de batteries de services.

    Nous devions rejoindre Katakalousse pour ravitailler en urgence les trois supérettes de Cap Skirring qui ont été dévalisées de nos miels de Niomoune. Pour ne pas perdre le marché nous devons les ravitailler sans faute. Ici ce n’est pas le commerçant qui appelle son fournisseur avant d’être dépourvu… Il faut les appeler régulièrement. Je ne peux pas dire que nous mangeons le bénéfice en téléphone, puisque c’est de ma poche, mais je ne peux m’empêcher de penser à « l’après nous ».

Malgré l’urgence pour l’approvisionnement en miel de Cap Skirring, il y a encore plus urgent et inattendu. Nos trois groupes de batteries flanchent.

Ils ne tiennent plus la charge. La sulfatation a fait son travail plus vite que prévu. Du coup j’essaie de comprendre le phénomène sur les sites spécialisés et je découvre (un peu tard) que ce phénomène est le « cancer » des batteries. Ce phénomène normal « encalamine » les plaques de batteries plus ou mopins vite selon les précautions prises.

Cela me permet de refaire le point sur ma technique de branchements et je découvre, et bien oui, qu’il y avait une faille de taille.

Déjà je vais tenter de soigner mon parc de 1020 Ampères, soient 6 batteries bien cancérisées.

Puis je reprendrai mes branchements comme il se doit.. Je réserve cette partie technique sur notre blog « Infos techniques sur Araka Nui »

 

D.P

  

Vendredi 17 décembre :

Départ de Ziguinchor, ouf !

    Deux semaines entières à Ziguinchor pas racontables. Un long entrelacs de rendez-vous, courses diverses et réparations en tous genres.

Cette parenthèse non prévue à été pourtant bénéfique : j’ai pu rencontrer le maire de Ziguinchor, j’ai réglé mon problème de batteries non sans avoir remplacé un groupe et son régulateur et j’ai enfin étanché mes réservoirs d’eau qui ne supportaient pas le trop plein sans s’épancher dans les cales en saison d’hivernage lorsque nous faisons les pleins d’eau avec les pluies.

Bref, Araka Nui est reparti tout neuf pour un tour. Seules les œuvres vives (la partie sous l’eau de l’iceberg) laissent à craindre le pire : nous ne faisons plus face avec les coquillages sur les coques et je n’ose plus gratter, car j’arrive à la couche de peinture époxy qui protège l’alu. Donc nous gardons notre culture de berniques en attendant d’aller caréner à Dakar en mars/avril. J’ai conservé un exemplaire de bernique il fait exactement 21 mm : impressionnant les coques d’un plongeur !  

Nous descendons avec le courant jusqu’à Niomoune pour une escale d’une nuit. Le temps d’aller voir mes « papis apiculteurs » et leur verser leur quote-part sur leur miel vendu. Ca commence à marcher fort pour eux.

Mais nous devons rejoindre nos amis de EHIDJ qui nous attendent de pieds fermes, pour la livraison de leurs 3 ruches. Ils ne savent pas qu’il s’agit d’une grande première. En effet, je suis convaincu que se sont les premières ruches WARRE qui arrivent sur le sol sénégalais et en Casamance. Un comble elles ont été élaborées à partir d’un navire de plaisance… Araka Nui pour la circonstance. J’en suis très fier, j’ai vraiment l’impression d’avoir fait un beau cadeau. Vous pouvez prendre connaissance de l’article n° 42 sur ce blog et qui est consacré à l’élaboration de cette ruche « sénégalisée ».  

 

Samedi 18 décembre :

Mouillage à EHIDJ ; Teiva retrouve son grand copain Léo.

    Depuis début décembre Do fait faire le compte à rebours des jours jusqu’à Noël pour Teiva qui coche consciencieusement les cases journalières. Mais il avait fait une petite entorse à la règle en interposant le 18 décembre « Léo » qu’il savait que nous retrouverons à Heidj. Les retrouvailles ont été chaudes.

Pour les grands aussi, nous nous remettons aux apéros qui durent tard dans la nuit !

Le lendemain se sera la livraison des 3 ruches WARRE du commandées par le village.

 

Dimanche 19 décembre :

Journée bidonnage.

     Paul et Jackie nos amis d’Ehidj dispose d’un puits à l’eau cristalline et pure. C’est chose rare en Casamance. Aussi je fais des norias avec notre annexe « p’tit coco » en remplissant par gravité 2 bâches souples VETUS de 100 litres chacune (nous disposons de 50 mètres de tuyaux) ; puis transvasement dans les tanks à eau du bord avec une pompe électrique. Il s’agit d’un bidonnage que beaucoup de bateaux amis nous envie et pourtant nous n’avons rien inventé il suffit de s’équiper avec le matériel had hoc. D’ailleurs l’avant dernière bâche est disposée dans les fonds et est remplie avec la dernière de la noria. Ce qui porte notre capacité totale à 1010 litres d’eau douce. Notre autonomie est quasiment d’un mois et nous nous passons donc de dessalinisateur sans problème et tout le train d’emmerd… qui vont avec (sans parler des prix d’achat et de revient).

Paul et Jackie nous ont invité au nom des villageois à participer aux grandes fêtes du 25 décembre avec tout le village ? D’ors et déjà je sais qu’il y aura un reportage sur le sujet avec entre autres des photos de l’équipage pour Paulette, qui se plaint à juste titre, d’avoir que des photos de ruches en ce moment et jamais de son petit fils et de sa fille. Je vais rattraper le coup.

 

Lundi 20 décembre :

Transit d’une heure vers KATAKALOUSSE.

    Où je devrai rejoindre Cap Skirring dès le mardi avec Etienne pour un rendez-vous au sommet avec le responsable de la coopération espagnole du programme Karonghen. Il va être question de miellerie. A suivre.

Ensuite nous embarquerons Etienne pour EHIDJ où il passera 2 jours à bord pour assurer la première formation de notre nouveau groupe de villageois qui se lancent dans l’apiculture.

 

D.P

  

Mardi 21 décembre :

Visite du CPAS de Cap Skiring et nous embarquons Etienne.

    Etienne embarque à bord après notre entretien avec le responsable de la coopération espagnole. Cap sur EHIDJ où nous attendent les villageois volontaires pour se lancer dans l'apiculture. Ces photos seront visibles dans l'article n° 42 - PLANS DE CONSTRUCTION D'UNE RUCHE WARRE AFRICAINE.

 

D.P


 

Vendredi 24 décembre :

Le réveillon de Noël chez Paul et Diembone de EHIDJ

    Etienne est rentré avec notre invité du jour : un professeur d'économie de l'Université de Lille dont nous aurons l'occasion de reparler dans notre filière miel.

Maintenant place à la fête.

Les trois équipages des bateaux Dune, Targa2 et Araka Nui se retrouvent chez Paul et Diambone pour le réveillon. Soyez là à 16H00 précise Jacques pour ne pas manquer une minute des huitres au bois de bois arrosées de vin blanc du Maroc. La nuit tombée et sans transition nous passons sur la terrasse de la jolie case de Paul et là le festin commence. Les photos de cette fête seront visibles sur notre prochain article n°43, bientôt !

 

D.P

 

 

Samedi 25 décembre :

Fête de Noël avec tous les villageois de EHIDJ.

    Les villageois ont organisés toute une journée de manifestations et concours en tous genres pour petits et grands. Nous participerons au maximum. Le reportage photo de cette belle journée dans l'article n° 43 - NOËL 2010 et JOUR DE L'AN EN CASAMANCE.  

 

D.P

 

Vendredi 31 décembre 2010 :

Réveillon avec l'équipage de DUNE à KATAKALOUSSE

    Nous avons décidés avec Gérard et Martine qui sont de fins gourmets de nous faire un réveillon raffiné accompagné de vieux vins de la cave de DUNE.

Ce fut une réussite et nous avons passé une soirée calme mais gastronomique en attendant de nous souhaiter les meilleurs voeux : encore de belles navigations au long cours.

Rendez-vous est pris, la prochaine destination : le Brésil, mais quand ???


D.P

 

La suite de  Notre journal de bord : "Le petit Araka Nui" - Année 2011

 


 

 

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  • : Araka Nui autour du monde
  • Araka Nui autour du monde
  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
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