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"LE PETIT ARAKA NUI"

Du mardi 4 au 20 janvier 2011 :

Un challenge de plus à Niomoune

    Avant de recevoir Sylvie à bord pour près d’un mois de visites, je savais qu’il y avait de quoi faire à Niomoune en urgence. Et l’urgence est un mot qui n’a pas de sens ici. Le sachant j’ai du jouer de finesse et mettre les bouchées doubles.

En fait il s’agit d’organiser tous les niomounois dans un groupement du type GIE (très à la mode au Sénégal) afin de déposer pour eux un projet de financement pour le développement de l’apiculture. Je crois beaucoup à cette source de revenus exceptionnelle qui correspond à une pratique traditionnelle. Il faut donc à présent passer aux actes. Depuis près d’une année que je parle « du projet canadien », à présent ils sont bien là, j’ai déjà bien travaillé avec eux pour le développement de la filière miel en Casamance, mais je suis d’abord niomounois de cœur. Et c’est pour Niomoune que j’apporte mon soutien total. Les niomounois me disent d’abord Sômois ( le nom du quartier devant lequel Araka Nui est mouillé). Il est vrai que nous nous connaissons tous et Teiva à reçu à bord tous les gosses de ce quartier. Mais de mon côté je dirai que j’ai le cœur plutôt dans le quartier de Ouback !

Il faut donc passer aux actes et constituer un groupement GIE de tous les volontaires, hommes ou femmes pour se lancer dans cette aventure du miel. Déjà en février dernier, lorsqu’il a fallu que j’intronise une femme dans le groupe de formation cela a été une révolution. Voir l’article …

Mais déjà les femmes de Niomoune avaient bien insisté pour me demander de les inclure dans le projet. Depuis j’ai pu apprécier leurs qualités de travailleuses et surtout de bonnes gestionnaires. Il n’est pas question de les oublier, d’autant plus que le PADEC (projet canadien) majore ses subventions s’il y a des femmes en nombre dans le groupement ! On ne va pas se gêner…

Depuis un an j’avais préparé les statuts du GIE L’ABEILLE D’OR de NIOMOUNE et attendais le dernier moment pour encaisser les droits d’entrée et procéder à l’enregistrement à la Chambre de Commerce.

Entre temps, j’ai appris qu’il y avait déjà à Niomoune un « GIE de femme » dûment enregistré. En général les femmes travaillent pour leur propre compte et ne donnent rien au mari. C’est elles qui gèrent les ressources qu’elles obtiennent de leur travail.

C’était oublié qu’il y avait Dominique pour faire une mini révolution. J’ai émis l’idée de regrouper tous les niomounois, hommes et femmes, dans le même groupement existant des femmes « GIE EHOUGNA NIOMOUNE ».

Son nom révèle déjà de la particularité féminine puisqu’il s’agit du grand Bois Sacré de Niomoune exclusivement réservé aux femmes.

Je ne savais pas que cela serait impossible, alors je le fis.

Durant ces 15 jours à Niomoune j’ai arpenté les quartiers de concession en concession à palabrer, organiser des réunions, et re-palabrer. Ce sont mes amis Etienne (un des sage de Niomoune) et Maurice (le surveillant du collège) qui ont répondu à mon appel et sont venus plaider devant toutes les femmes réunies. Leur démarche a été déterminante d’une part, parce qu’Etienne voyait d’un très mauvais œil de partager l’apiculture avec des femmes, il m’aura fallu le convaincre en premier lieu et d’autre part ils sont les deux hommes les plus respectés du village. Dans toutes mes actions je prends toujours la précaution de mettre un sénégalais en avant. Je me retranche toujours derrière lui. Pour finaliser l’essai, Etienne a du solliciter sa femme pour lui apporter « le pot de miel en échantillon » que je lui avais remis pour lui démontrer la forme de commercialisation de sa production.

Il a brandi le pot de 500 gr en vantant le prix de vente et bien sûr cela à fait tilt dans l’esprit des femmes qui savent les efforts à fournir pour gagner quelques centaines de francs. L’appât du gain et la sagesse ont eu raison de ce challenge impossible : faire rallier des hommes dans un groupement exclusif de femmes.

A présent il faut passer aux actes : les inscriptions sur les listes avec paiement d’un droit d’entrée.

J’ai eu la bonne idée de commencer par Ouback avec Angélique. J’ai pu apprécier son efficacité, son intelligence et sa beauté au passage. En 3 jours nous avions 30 noms de femmes de Ouback pour se lancer dans l’aventure du miel. A quelques choses prêt cela correspond à la trentaine de familles du quartier. La grande majorité d’entre elles n’avaient pas les 5000 Fcfa de droit d’entrée. Comme je tenais absolument qu’elles fassent acte de volontariat j’ai tenu à ce qu’un droit d’entrée symbolique soit réclamé. Force était de constater très vite que beaucoup désiraient fortement adhérer mais ne disposaient pas des fonds suffisants. Je savais le manque d’argent brûlant de la plupart des familles. J’échange beaucoup avec les femmes en particulier et je connais leurs très faibles revenus pour faire tourner la popote familiale. En général leur budget « alimentation de la famille » tourne autour de 30.000 Fcfa (le sac de riz de 50 Kg nécessaire par mois c’est déjà 15 000 F). Pour 5 à 8 personnes cela veut dire « niankatan » matin, midi et soir (brisure de riz blanc sans condiment, ni poisson).  C’est pour cela que je demandais à chacune de donner ce qu’elle pouvait et d’un autre côté j’ai ouvert un registre où j’inscrivais le prêt que je leur consentais sans intérêt et sans date de remboursement sur l’appoint des 5000 F requis. Tout cela avec beaucoup de formes : signature et présentation de la carte d’identité…

C’est cette démarche qui a fait le succès de l’opération. Du coup j’ai découvert les qualités exceptionnelles d’Angélique que j’ai propulsé responsable des femmes de Niomoune pour la filière miel. Le responsable homme sera bien sûr mon ami Etienne, l’apiculteur et le sage le plus cultivé du village (il était professeur). Ainsi le GIE EHOUGNA NIOMOUNE renaît de ses cendres (il n’avait plus d’activités) et souhaitons lui longue vie et prospérité.

Nous quitterons Niomoune sur les chapeaux de roue comme nous y sommes arrivés il y à 15 jours.

Cette fois il y a un rendez-vous majeur : Sylvie RANCE arrive de France.

 

D.P

 

Jeudi 20 janvier 2011 :

Escale technique à EHIDJ.

    Nous retrouvons nos amis Paul et Diambone avec plaisirs, non sans leur soutirer 800 litres de la meilleure des eaux douce de Casamance. Nous avons trouvé un deal : nous échangeons eau contre Pastis (mais pas à quantités égales). Puis nous établissons ensemble le plan des prochaines journées. Il faut préciser que c’est à EHIDJ que sont implantées les 3 premières ruches WARRE d’Afrique voir article n° 42. 3 semaines après leur installation elles sont déjà occupées par une colonie. C’est un signe de réussite j’en suis sûr ! Nous devons donc préparer leur transfert sur le site du rucher dans la merveilleuse forêt de cette île. C’est la surprise pour Sylvie qui a suivi depuis la France la réalisation de ces ruches. Mais à présent elle arrive sur place… pour voir ! 

En effet samedi nous accueillons Sylvie RANCE à bord d’Araka Nui pour une visite de la Basse Casamance apicole. Tout un programme dès sa descente d’avion à Cap Skirring.

Elle la seule apicultrice professionnelle française à détenir le label DEMETER International. C’est une référence et ce n’est pas l’ancien vigneron DEMETER qui le contredira !

Je me plais à dire que se sera sûrement la plus belle action que j’aurai réussie pour l’avenir du miel de Casamance.  Pourtant rien de fantastique au départ, si ce n’est la qualité de notre hôte. Mais mon intuition me dit que cette première visite sera suivie d’autres et qu’une véritable collaboration va se mettre en place avec la filière. Mais cette collaboration sera pour tendre vers l’excellence et c’est bien cela le challenge. Le miel de Casamance et les casamançais méritent bien d’être les meilleurs et donc de maîtriser la philosophie DEMETER afin de contribuer à la commercialisation de miels de qualités diététiques et thérapeutiques exceptionnelles. D’ailleurs mon ami Cheikh Daouda DIALLO, le coordonnateur du PADEC, prendra en charge Sylvie à KOLDA pour des visites, des entretiens et un compte rendu. Le Comité Directeur du PADEC ne s’est pas encore prononcé ; logiquement ce n’est qu’après que démarrera le Projet dans sa phase active. Cheikh a accepté de faire un choix anticipé. Je salue son geste au passage.

 

D.P

 

Vendredi 21 janvier 2011 :

Mouillage à KATAKALOUSSE.

    Ici nous sommes à 15’ de taxi de l’aéroport en bonne place pour attendre l’arrivée de Sylvie.

Elle va découvrir le Sénégal et la Casamance pour la première fois. Nous lui avons préparé un dimanche « bain de mer » non sans oublier la visite d’un centre de référence dans la région avec une miellerie flambant neuve et qui attend un responsable pour démarrer. Bien sûr j’ai mis en avant mon ami Etienne MANGA un jeune homme brillant à qui je réserve un bel avenir dans l’apiculture de Casamance.

Etienne sera aussi notre invité à bord. Il mérite bien d’accompagner Sylvie dans notre périple. Je sais déjà qu’il va beaucoup apprendre de la sagesse de Sylvie en matière d’approche des abeilles. Car c’est bien cela, ce ne sont pas des techniques toubabs que nous comptons apporter prioritairement à nos amis Casamançais qui désirent se professionnaliser mais d’abord une autre approche de l’apiculture : L’AMOUR DES ABEILLES.

 

D.P

 

Samedi 22 janvier 2011 :

Arrivée de Sylvie RANCE

    Depuis que nous en parlions… elle est arrivé et à l’heure exacte !

Atterrissage parfait sur la courte piste de Cap Skirring pour cet avion moyen-courrier de la Cie Air Méditerranée. Un des seuls vols directs depuis Paris. Malheureusement les places en vol sec sont rares et Sylvie à du jongler pour rester dans ses dates. Car nous recevons une apicultrice professionnelle française, la seule à posséder le label DEMETER International en France. C’est donc un honneur pour moi de la recevoir pour une découverte de la Casamance et ses particularités apicoles durant presque un mois.

Bien que Sylvie soit levée depuis 24H00 elle ne refuse pas un bon bain de mer dans les vagues chaudes de Cap Skirring. Une façon pour moi de la faire plonger dans la réalité africaine…

Nous rejoignons Do et Teiva au campement M’Ballo au bord de mer où nous avons passé la journée. L’eau est excellente Teiva se régale dans les vagues et Sylvie aussi, je pense.

Puis retour vers Araka Nui qui nous attend à Katakalousse à 15 mn de taxi.

D.P

 

Dimanche 23 janvier 2011 :

Visite de la miellerie du CPAS de Diembéring.

    Dans le long programme de découverte que j’ai réservé à Sylvie, il y a le centre du CPAS dirigé par Josep Jimenez sous la direction de l’Abbé Christian Mangas. Deux personnes que j’estime beaucoup et que j’admire : ils sont certainement quasiment les seuls à avoir réussi une implantation d’une entreprise agro-alimentaire de plus de 50 personnes et de la faire évoluer depuis plus de 10 années. Dans la région c’est un exploit.

J’ai bien sûr pris connaissance des particularités qui font la différence. Si l’on doit monter une coopérative multi-filière dont le miel il n’est pas question de laisser couler l’entreprise après quelques années de fonctionnement.

Le CPAS abrite une grande miellerie toute neuve qui ne fonctionne pas.

J’avais pressenti mon ami Etienne Manga pour diriger et former le personnel de cette miellerie et c’est la raison pour laquelle il nous a rejoints aujourd’hui.

Je passerai rapidement sur les bâtiments à poules pondeuses en batterie (du type 6 ou 7 poules dans une cage de moins d’1 mètre par 1 mètre dont les œufs sont collectés au pied). Quelle horreur une telle infamie.

Nous laissons loin les bâtiments à poulets de chairs du même acabit …

Puis la miellerie. Beau bâtiment mais tout le matériel d’extraction de fabrication artisanale est en plus pas fonctionnel ni adapté ! Etienne fustige, « il ne faut pas compter dessus pour la récolte qui arrive » !

Pour Sylvie, ce fut un premier clin d’œil sur les particularités africaines dont je lui distille moult détails depuis 6 mois par courriel.

Mais ce Dimanche sera festif, nous avons réservé au Bar de la mer (un des derniers restaurants les pieds dans l’océan avant la frontière de Guinée Bissao.   Baignades, déjeuner et discussions d’apiculteurs se succèdent.

Vers 16H00 nous décidons de rentrer au bateau, car nous devons appareiller pour Vendaye et Ehidj.

C’est la première courte navigation pour Sylvie dans les bolongs avec un magnifique soleil couchant africain sur la mangrove qui s’assoupie.

Nous mouillons devant le village de Vendaye 30 minutes plus tard.

D.P

 

Lundi 24 janvier 2011 :

Visite de Justin le vieil apiculteur de VENDAYE

    Après une bonne nuit nous attaquons avec un bon petit déjeuner pour aller à la découverte de Vendaye. J’avais repéré Justin cet apiculteur passé aux ruches Langstroth avec son fils Baptiste et sous la houlette de Françoise, une française qui les aide financièrement à se développer. Le miel de mangrove produit est excellent, mais différent de celui de Niomoune. Il s’agit de comprendre pourquoi…

Après avoir traversé le beau village très propre Baptiste nous attend. Il nous accompagne vers son père qui « nous attend en brousse » (j’ai quand même réussi à organiser des rendez-vous pour Sylvie, ce qui est une gageure dans ce monde là). Justin est là, lové entre deux rangs de riz, il dort paisiblement. Dur, dur la vie d’un paysan africain !

Après les longues présentations et Kassoumaye, Justin sort le bounouk dans un cul de bouteille plastique qui a du voire des mois de passage de mains en mains sans lavage. Autant dire que la bouteille est culotée et opaque.

Pour une fois, je ne jouerai pas la galanterie devant Sylvie et prend directement une bonne rasade sans sourciller, histoire de mettre notre hôte en confiance. Je ne dis mot devant elle et lui tend le délicieux breuvage très mal présenté… Elle n’a pas fait GLUP en saisissant la bouteille pégueuse  mais je l’ai entendu murmurer : « c’est obligatoire ? », oui, répondis-je.

Elle s’exécuta… comme une grande aventurière.

A cet instant je me dis que notre apicultrice française était à la hauteur pour suivre sans encombre le parcours initiatique que je lui réservai dans le poto-poto des mangroves à la recherche des ruches traditionnelles de Niomoune !

Lors des repas les discussions apicoles vont bon train entre Sylvie et Etienne. Je savais que ce dernier serait aux anges face à une professionnelle de référence. Après déjeuner et une petite pause sieste (obligatoire pour le skipper) nous appareillons pour EHIDJ à15 minutes de là.

D.P

 

Mardi 25 janvier 2011 :

Visite des ruches WARRE dans la forêt de EHIDJ

    Tôt le matin nous filons voir de près les 3 ruches WARRE installées en lisière de forêt. Paul nous a dit que 2 sur 3 étaient déjà occupées. Trois semaines après leur installation c’est un record.

Malheureusement, nos amis n’ont pas encore reçu de notions d’apiculture, ils sont seulement très enthousiastes pour cette pratique. C’est ce qui a motivé mon choix en leur offrant ce mini rucher WARRE. J’avoue aussi que la brousse de EHIDJ m’a frappé et puis c’est une île avec son petit village et des villageois qui désirent partager… bref tous les ingrédients pour qu’ils puissent développer l’apiculture et en tirer quelques subsides.

Nous examinons l’intérieur des ruches et fixons les crémaillères ICKOWICTZ directement amenées de France par Sylvie.

A 11H00 nous récupérons Paul et sa femme Diembone que nous avons invité au petit restaurant de Papys de l’autre côté de l’île. Tous les sept avec Teiva et Do (pour une fois) nous parcourons la forêt dont Paul nous indique les noms des arbres et les périodes mellifères de leurs fleurs. Je réalise quelques prélèvements de pollen qui iront au CETAM de Lorraine pour analyse et réalisation d’une base de données des pollens des arbres et arbustes de Basse Casamance, par son directeur avec lequel j’ai établi une relation privilégiée d’échange de services.

Après une ballade d’une heure nous arrivons à la petite paillotte de Papys qui nous a concocté des huitres et du poisson grillé au feu de bois. Un régal.

Le retour se fera derrière notre guide Paul qui aura choisi un nouvel itinéraire.

Nous découvrirons une ruche sauvage de petites abeilles sauvages grosses comme des moucherons. Nous avons vandalisé le tronc d’arbre pourri pour goûter ce merveilleux nectar. Que nous soyons pardonnés, c’était une découverte de nos sens et de notre intellect. Etienne nous précise qu’un élevage a été réalisé dans le Siné Saloum.

 D.P

 

 

Mercredi 26 janvier 2011 :

Où nous rallierons NIOMOUNE en empruntant le passage des douaniers.

    Nous avons déjà réalisé les traces d’un passage de bolong très étroit et sinueux pour éviter le contrôle obligatoire des militaires d’ELINKINE de plus en plus pointilleux… Vu que la régularité du bateau vis-à-vis des Douanes sénégalaises est discutable nous adoptons le profil bas.

Nous débarquons tout de même Etienne à Elinkine sous la barbe des militaires. Etienne a beaucoup à faire dans ses deux ruchers et il désire qu’ils soient irréprochables lorsque Sylvie viendra les visiter.

Je pense qu’une réelle amitié est en train de naître entre ses 2 générations d’apiculteurs.

Nous mouillerons à Niomoune à 18H00, juste ce qu’il fallait à Sylvie pour découvrir l’entrée de notre Paradis.

Elle sera bien d’accord avec moi pour saluer la beauté du site et la proximité des cases qui donnent cet aspect vivant à Niomoune, car nous sommes face aux villageois dans leurs quotidiens et c’est unique.

D.P


Jeudi 27 janvier 2011 :

Visite du rucher école de Niomoune et la fin d’un mythe.

    Première séance d’habillage de nos tenues d’apiculteur pour aller voir le ventre de nos ruches Kenyanes et Langstroth disposées sur le site de Kaboukoute près du bois sacré des femmes de Niomoune.

Première impression de Sylvie : pas de faux bourdons et une activité trop calme avec un vieux couvain. Il faut conclure que nos abeilles souffrent d’un manque de pollen évident. A part la mangrove plus aucun arbre de Niomoune n’est en fleur. Et puis l’eau manque. Bref, ce n’est pas l’opulence pour nos amies.

Nous profiterons de cette belle journée pour entamée une visite de nos différents quartiers et des sages incontournables qui vont avec.

J’avais gardé le plaisir de présenter le vieux Niambi à Sylvie, en lui rendant une visite de courtoisie de puis son retour de l’hôpital et en lui apportant son avance du mois : 90000 Fcfa. La rencontre a été déterminante. Des grands pans de « pratiques traditionnelles » ont été remis à plat. Le grand principe des interventions de nuit qui semblaient incontournables du fait de l’agressivité des abeilles est tombé. Le grand Niambi avoue récolter son miel de jour… il n’y voit plus. Et alors le mythe de l’agressivité des abeilles tombe et bien d’autres à priori bien ancrés dans la tradition mais sans fondements.. Le vieux Niambi qui frôle les 85 ans (record en pays Diola) dira : « mon grand frère me disait …». C’est comme cela en Afrique : le poids de la tradition orale.

Bien sûr nous parlerons longuement avec le sage Etienne et nous nous donnons rendez-vous pour le lendemain 9H00 pour la visite de ses ruches « très méchantes » dans le cœur de la mangrove.

D.P


Vendredi 28 janvier 2011 :

Séquence « Indianna Jones »

    Sincèrement celle-là je me la délectais depuis que je sais que Sylvie arrivera en Casamance. C’est vraiment une intervention sur ruches traditionnelles dont le récit et la couverture photos ne pourront jamais retracer la sensation du moment. Je laisse à Sylvie le soin de décrire à ses collègues français l’approche en pirogue avec Ass, Etienne et moi-même dans ce petit bras étroit à peine plus large que la pirogue instable dans laquelle nous avons du mal a avancer à contre-courant. La mangrove nous recouvre nous sommes en son cœur. Puis la pirogue se pose sur un monticule de poto-poto et la descente s’organise. Dans des grands « flocs » caractéristiques produits par les pieds qui s’enfoncent dans la vase molle jusqu’aux genoux, nous évoluons à petits pas et difficilement en s’agrippant aux troncs ou racine de palétuviers qui nous entourent. Puis apparaît l’énorme tronc de rônier où tout semble calme. Je demande à poursuivre vers ma ruche Keyniane plus loin. Est-elle occupée ? Etienne toque à la porte. Pour des abeilles méchantes et tueuses nous pensons qu’il y va fort. D’autant plus que notre fuite rapide est impossible : nous sommes pieds liés dans le poto-poto.  Encore une fois Etienne signe la fin d’un mythe.

J’espère que Sylvie gardera cette intervention gravée dans sa mémoire. Des générations d’hommes ont cultivés cette immense difficulté d’accès (sans raison apparente valable) à leur rucher ainsi réparti au cœur de la mangrove. De nos discussions va naître ce compromis que nous proposerons entre respect de la tradition et élevage respectueux de l’abeille en vue d’obtenir des résultats pécuniaires capables de donner un coup de pouce au quotidien de ces paysans. Vaste programme.

 

D.P

 

 

Samedi 29 janvier 2011 :

Dernier acte de l’intervention « pompier » : vider et enlever une ruche armoire dans la cour d’une habitation.

    Déjà la veille j’avais répondu présent à la demande d’un villageois qui désirait que nous vidions les deux ruches armoires disposées dans sa cour. Des voisins et enfants s’étaient plaints de piqûres d’abeilles. Notre ami ASS avait été embauché pour la circonstance. Dès l’ouverture de la grande armoire, accroupis devant elle, je faisais face aux très nombreuses brèches recouvertes d’abeilles désireuses de protéger leurs précieuses réserves.

Très vite je sentis les abeilles me chatouiller les cuisses intérieures (je suis en short sous la tenue). Après contrôle je dois me rendre à l’évidence l’entre jambe de mon pantalon d’apiculture, réalisé par la jolie couturière Angélique, est complètement déchiré sur 50 cm. Les coutures n’ont pas tenu. Qu’à cela ne tienne je serre le sceau entre mes cuisses pour assurer une relative étanchéité face aux abeilles (j’ai l’entre-jambe ouvert face à la ruche) et poursuit mon travail de pillage le plus rapidement possible. Devant ce travail de « gougniafié » Sylvie doit en être estomaquée. Elle est silencieuse et se contente d’éclairer le larcin. J’empile les brèches, abeilles comprises dans mon sceau serré entre les cuisses. Elle comprendra mieux mon attitude en voyant après mon pantalon déchiré. Nous emportons quand même l’armoire vidée dans les rizières avec Ass.

Ce samedi c’est le second acte : il faut vider et évacuer la seconde armoire qui nous semble moins occupée.

Cette fois-ci je parfais mon équipement : jean épais, polaire, chaussette et pataugas, je suis bardé.

Nous nous lançons sur notre deuxième armoire. Une fois ouverte nous constatons en effet qu’il n’y a que quelques petites brèches mais toutes les abeilles de la veille sont là. Cette fois j’ai promis à Sylvie de faire propre et digne. Mal s’en faut : très vite je constate que des abeilles volent dans ma capuche et du mauvais côté du voile… à l’intérieur en somme !

S’en est trop ! Je plante Sylvie et je décampe. La veille j’ai été malade à vomir toute la nuit avec la vingtaine de piqûres aux cuisses. Le lendemain la même dose à la tête et au front c’est la fin. J’écrase tant que je peux ces pauvres bêtes qui n’ont rien demandé sinon de rentrer dans cette grande ouverture béante : j’avais oublié de fermer la fermeture éclair de 40 cm sous ma cagoule !!

Voilà donc ce que fut ma 3ème intervention en réel sur ruches d’abeilles tueuses. Autant dire que j’ai fait mon méa culpa devant le maître et juré qu’à présent je me présenterai devant nos amies digne et à la hauteur de la tâche afin de les respecter jusqu’à la dernière. Promesse est faite.   

 

 

Dimanche 30 janvier 2011 :

Visite de Tan Tank et du campement ERINGA

    Mon ami Ass nous conduira non sans mal avec la pirogue de location du Comité de santé de Niomoune. Le moteur ne tient pas le ralenti. Nous ne nous voyons pas arriver. Notre ami n’a rien d’un bon piroguier et je le vois « galérer » avec son moteur capricieux.
Nous arriverons quand même. Pour une fois Do et Teiva sont avec nous et nous parcourons la ceinture de mangrove que je connais bien pour l’avoir déjà effectuée avec Kieffing. C’est son rucher réparti dans la mangrove que je présente à Sylvie. Après un petit tour vers le centre de l’île pour retrouver l’unique mare déjà bien asséchée nous reprenons la pirogue pour ERINGA.

Il s’agit du campement de Soso et Yves, un véritable havre de paix en bordure de bolong. Plusieurs voiliers sont mouillés ici à l’année sous la surveillance d’Yves.

Nous prendrons notre déjeuner concocter avec soin par Soso qui est une cuisinière enthousiaste. Sylvie aura beaucoup apprécié.

En fin d’après midi nous rejoignons Araka Nui mouillé devant Niomoune.

  D.P

 

Lundi 31 janvier 2011 :

Transit vers Ziguinchor.

    Nous appareillons 1H15 avant la Pleine Mer de Karabane conformément à nos notes d’expériences pour profiter du jusant jusqu’à Ziguinchor. La coque devient très très sale et malgré nos 2 moteurs à 2000 tours/mn nous décrochons à peine les 6 nœuds. Nous perdons bien 3 nœuds c’est dire la saleté ! Le courant descendant nous reprendra avant notre arrivée à Zig.

Malgré l’heure de retard sur le parcours classique nous déjeunons à 14H00 avant que ces dames aillent faire quelques emplettes nécessaires pour Sylvie que se trouve pour la première fois depuis son arrivée dans un endroit « civilisé ». Change, carte téléphonique et j’en passe.

D.P

 

 

Mardi 1er  février 2011 :

Sylvie : départ en taxi brousse pour KOLDA 

    La première partie de l’initiation Casamançaise de Sylvie est achevée. Déjà je sais qu’elle a compris un grand nombre de particularités. Elle a même une idée très personnelle et précise sur la situation. Depuis son arrivée elle s’inquiétait du contenu du compte rendu qu’elle devra remettre au PADEC qui l’accueille à Kolda. Malgré la préparation que j’avais réalisé sur elle,(envoi de rapports et études multiples) la rencontre des hommes et les visites des sites ont été déterminants pour elle. Elle n’est rendue qu’au quart de son séjour et déjà sa vue d’ensemble est perspicace. Avant son départ j’aurai insisté sur le message que je souhaite qu’elle fasse admettre au PADEC : diriger la filière vers une démarche nommée BIO (mais avec une philosophie Biodynamique présente : la culture du Vivant) le tout insérer dans un cahier des charges A.OC et  lancer immédiatement une « machine de guerre de la commercialisation ». Pour finir poser les premières pierres des Organisations Professionnelles.

Tout un programme…

Nous sommes partis de bonne heure l’accompagner à la gare routière. Le choix d’un taxi brousse est déterminant sur la durée du voyage ! Durant près de 2H00 nous attendons le fatidique 7ème passager. Nous bavardons et envoyons un SMS à son amoureux resté en France. Sylvie n’a pas réussi à charger son téléphone portable. Ils sont coupés l’un l’autre depuis 8 jours. Même son mail ne fonctionne pas à bord. Elle utilise notre boîte. Pour Skype à l’hôtel Perroquet elle n’aura réussi qu’à avoir sa mère qui se sentait préoccupée sans nouvelle. Malgré cette coupure de ses proches Sylvie gère bien la crise : c’est une véritable aventurière bardée de qualités pour vaincre l’Afrique. Thierry prend la balle au bond, sur mon SMS et appelle sa Sylvie sur mon téléphone. Elle n’est pas encore dans son taxi. Un bon quart d’heure de mots rassurants apaisent nos deux amoureux mais surtout je sais que Sylvie part à KOLDA requinquée. Dès son arrivée à Kolda, après 5H00 de taxi tape cul, je lui ai quand même organisé un rendez-vous avec le responsable de Vétérinaires Sans Frontières qui est sur une démarche BIO sur tous les pays limitrophes du Sénégal…

Nous la récupérerons entière j’espère dans 5 jours, histoire de poursuivre son initiation où Etienne nous accompagnera très souvent.

Ci-joint l’extrait de son 1er mail depuis KOLDA :

"Bonjour à tous les 3.
 Aujourd'hui, journée très intéressante avec 2 groupements de femmes sur rûches...Vautier ! En fin de journée, Corotimy doutait de leur choix. Les décisions ne sont pas prises, les documents sont "difficiles à préparer". Il y a ici Babacar Diop, conseiller ressources naturelles du bureau d'appui à la coopération canadienne venu de Dakar les aider. Si si ....
J'ai convaincu Coro de venir se rendre compte par elle même de la réalité des iles et du bien fondé de la miellerie flottante et itinérante.

Pour moi, journée difficile: hier presque 5 heures pour joindre Kolda et un hôtel archi bruyant où j'ai dormi au max 2 heures. Appel de la prière à 5h30 et tout démarre .... Aujourd'hui: un carton comme je n'en ai jamais eu aux ruches. Au moins 40 piqures au visage et au crâne, mon voile s'étant accroché dans un arbre. Minimum 50 dards dans chaque gant et chaussures. Sonnée la mère Sylvie....
Je vous espère en forme et me réjouis de vous retrouver.

SYLVIE RANCE"

 

Lundi 14 février 2011 :

Après un séjour marathon, Sylvie débarque d'Araka Nui quelques jours avant son envol pour la France, histoire de faire un peu de tourisme !!

Dominique, la maman de Teiva, débarque en même temps : pour aller suivre des examens médicaux en France...

Araka Nui avec Dominique le skipper et son fils Teiva profitent des grandes marées pour aller faire le carénage à EHIDJ. C'est une réussite les 2 coques sont poncées, gratées et peintes avec l'anti-fouling ramené de France dans nos valises en juin dernier.

Bravo Teiva tu as gratté comme un vrai petit mousse.

D'ailleurs nous avons quand même trouvé le moyen de fêter avec tout nos amis présents ton anniversaire.

 

Il restera néanmoins les faces en surplomb et les quilles.

Nous gagnerons quand même presque 3 noeuds : il était temps de passer aux actes; soit près de 2 années après Aguadulce lors de notre descente d'Espagne...

D.P

 

Mercredi 16 février 2011 :

Bon anniversaire TEIVA.

Ma merveille a 6 ans aujourd'hui. Mon fils m'épate.

Sa maman est absente...

Nous apprendrons plus tard qu'elle n'a pas débarqué pour aller en France comme elle le laissait croire...

D.P

 

Jeudi 28 avril 2011 :

Araka Nui et son équipage subissent une tempête depuis quelques mois...

La maman de Teiva a décidé de demander la garde exclusive de Teiva au Tribunal de Ziguinchor. Je découvre sa demande une fois devant le Président du Tribunal !

Silence sur la fréquence.

Invariablement après le coucher de soleil et la longue nuit qui s'en suit c'est toujours le soleil qui reluit et la Vie qui reprend de plus belle.

 

P1120281

"Coucher de soleil sur Ouback, un quartier de Niomoune"


 

A bientôt sur la même fréquence !


Dominique PRACHERSTORFER


 

Mardi 1er mai 2011 :

Les indicateurs météo annoncent une accalmie pour mi juin. Patience.

Tout vous sera conté.

Votre serviteur.

D.P

 

Jeudi 23 juin 2011 :

Les dieux sénégalais ont jugés, provisoirement, j'entends.

Teiva sera sous la garde exclusive de sa maman.

C'est un rude coup pour un papa qui espérait au moins partager la garde de son fils.

Pour la paix de mon enfant, je débarque donc d'Araka Nui, provisoirement, j'entends.

Bien sûr, l'aventure continue mais sous une autre forme; le temps de faire valoir mon statut de papa !

D.P

 

Mercredi 29 juin 2011 :

C'est un grand jour !

Non pas que ce soit celui de mes 60 ans, mais plutôt celui que notre amie Angélique a choisi pour quitter Niomoune et s'installer à Ziguinchor avec ses enfants.

Pour ma part, j'ai décidé de mettre "la pédale douce" sur mes activités miel en Casamance histoire de me consacrer plus à ma famille.

Si je raye de mes actions la partie la plus lourde qui s'étendait sur toute la région naturelle des 3 régions de Casamance, je me concentrerai néanmoins aux seules îles du Petit Kassa et Niomoune en particulier.

C'est déjà un gros travail qui m'attend.

J'entends réussir avec mes amis villageois Niomounois le challenge que nous nous sommes imparti : développer l'activité miel de mangrove et l'étendre au plus grand nombre afin de leur apporter une réelle autonomie économique.

Pour se faire, je sais qu'il faudra un accompagnement régulier sur du long terme.

C'est ainsi que l'on peut affirmer que la destination d'Araka Nui demeurera la Casamance pour encore quelques années... 

C'était donc le scoop du jour.

D.P

 

Samedi 9 juillet 2011 :

Un "vieux con bidonnant" profite de mon absence pour embarquer sur Araka Nui. Ce type était présent à bord "avec sa femme" lors de notre dernier réveillon. Voyez sa tête en cliquant sur ce lien "Gaga" pour les intimes. Un imposteur.

Si vous le rencontrez, dites le lui.

 

Jeudi 21 juillet 2011 :

Teiva débarque de "son" bateau pour rejoindre son papa à Goumel : un appartement dans un quartier de Ziguinchor pour passer "des vacances".

Je ne m'étendrai pas sur ce séjour qui fut le plus éprouvant moralement de toute ma vie : je réalise qu'à l'issue, je ne le verrai plus  pendant... une année;

il aura rejoint sa maman ! Dans la ville, la saison des pluies rend les terrains impraticables. Nous jouons au foot entre les flaques de boue. Je suis financièrement exangue. Les procédures judiciaires m'ont plumé. Je n'ai même pas les moyens d'emener Teiva à l'océan à Cap Skirring.

C'est un fiasco complet. Je m'en veux d'avoir trop donné autour de moi en oubliant presque mon fils.


 

 

Lundi 5 septembre 2011 :

Teiva rejoint "son" bateau heureux et laisse son papa avec toute la misère du monde sur le coeur.

Je réalise que je suis en train de perdre mon fils.

C'est impensable Dominique ressaisi toi !

C'est sûr, je n'ai pas les moyens de mes ambitions : la famille sénégalaise cela ne peut pas passer avant mon fils. D'autant que Teiva n'en veut pas. Je ne peux lui imposer. Tout porte à ce que j'arrête immédiatement mes engagements en Casamance, pour mon fils.

J'en étais à me demander ce que je pourrai faire "d'utile" à présent : voyages humanitaires... conseils en biodynamie sur un vignoble en France... ?

Puis une révélation un matin : Dominique, ce voyage tu l'as entrepris pour assurer une véritable initiation de ton fils; alors à quoi bon rechercher un autre but, une autre activité utile ?

Consacres ta vie à ton fils comme prévu initialement et fonces !

 


Ce bateau est le résultat de 20 années de persévérance et de sacrifices dans l’adversité. Il aura fallu que je sois aidé de la main de Dieu pour réaliser en 15 petits mois tous les aménagements d'un catamaran de 45' tout en m’occupant de mes vignes situées à 25 Kms du bateau dans un petit port du Rhône.

 

Pour moi, ce bateau, c’était l’unique solution de fuir la folie humaine qui gangrène nos pays dits civilisés et qui s’enfoncent dans le matérialisme pur et dur tout en se détachant d’une spiritualité vitale.

 

Plus que jamais la situation mondiale actuelle me donne raison en me confirmant qu’il fallait s’en détacher : en tous lieux ce sont guerres fratricides, ethniques ou de religions ; crashs financiers et dettes insurmontables, banqueroute mondiale à court terme pour avoir vécu trop longtemps à crédits avec en prime un dédain de notre Planète qui est pillée, polluée, assassinée par une majorité grandissante d’êtres humains avides d’argent, ayant pour seul crédo : tendre vers cette société de consommation dont nous connaissons les limites.

C'est suicidaire.

 

Ce bateau, c’était le seul moyen d’iéduquer cet enfant que le créateur à bien voulu me donner à la dernière limite, parce que j’avais un honorable objectif : initier cet enfant unique, hors des circuits classiques, parce qu’il devra, comme toute sa génération, affronter les décennies à venir qui nous promettent tourmentes et catastrophes humaines.

D’autre part, les grands cataclysmes sont à venir, nous en avons déjà un aperçu.

La Terre réagit et frappe de toutes parts.

Un bateau est le seul moyen de se trouver au bon endroit et au bon moment.

En pareille situation seul le père protecteur et responsable de Teiva peut ressentir quels sont les bons choix et en assumer les risques. Je suis lésé de ne plus assumer ce rôle à un moment crucial où tout s'emballe dans ce monde en folie.

Le temps du tourisme aveugle est révolu.

 

Ce bateau je l’ai baptisé Araka Nui, traduction littérale du polynésien « Arche de Noé ». En toute modestie l’esprit étant simplement de sauver notre enfant de cette folie humaine qui frappe notre Planète et de le préparer non pas pour l’aider à s’en sortir dans cet avenir incertain mais pour qu’il soit un des acteurs du changement de paradigme de cette humanité folle qui fonce droit vers le précipice. Je m’étais désigné comme son précepteur.

Les multiples expériences de ma vie m’ont octroyé cette aptitude.

J’espère bien reprendre mon rôle bientôt.

 

Je n’avais jamais avoué cet objectif à personne d’autre que la maman de Teiva.

Voilà la bonne raison qui fait que je ne veux pas que notre bateau Araka Nui soit vendu ni abandonné dans les mains d'un usurpateur. En aucun cas.

Voilà la raison pour laquelle je me battrai judiciairement pour récupérer cette quote-part de copropriété qui me revient de droit.

C’est un souhait légitime, vu ma détermination, ma persévérance et mon enthousiasme pour avoir fait aboutir ce projet qui n’était pas seulement financier, contrairement à ce que d'autres penses, mais un véritable challenge.

Je ne savais pas que c’était impossible, alors je l’ai fait.  


D.P

 

Octobre 2011 :

J'ai quitté le Sénégal et tous mes engagements en Casamance avec 400 € en poche.

Me voilà en France à régler mes différentes formalités administratives de réinsertion !

Sans famille et sans aucun bien immobilier ce sont mes amis de toujours qui se relayent pour m'accueillir les premières semaines.

Merci à eux de tout coeur.

Nouveau départ. Je n'en suis plus à un près...

Mon fils c'est vers toi que je m'envole. Toutes mes pensées vont vers toi.


D.P

 

  Lundi 15 novembre 2011 :

Cela fait exactement 70 jours que je n'ai plus de signe devie de mon fils Teiva.

Si vous rencontrez sa maman sur Araka Nui, dites lui que c'est indigne d'une maman "aimante" d'imposer une telle injustice à un papa et à son enfant innocent.


D.P

 

  Dimanche 25 décembre 2011 :

JOUR DE NOËL

 

Cela fait exactement 111 jours que je n'ai plus de signe de vie de mon fils Teiva.

J'espérais secrètement que pour ce jour des enfants, la maman de mon fils lui concède une conversation avec son papa. Mais en vain.

Cette situation injuste est inhumaine pour un papa qui aime son fils; mais qu'en est-il de ce que porte secrètement cet enfant, de presque 7 ans, dans

son coeur auquel on cache l'existence de son papa ?

Cette situation inhumaine nécessite un effort surhumain de ma part pour surmonter.

Je remercie Dieu de me donner cette Force.


Comment l'égoïsme des adultes peut-il les pousser à établir autant d'erreurs !

Notre civilisation croule sous le poid de l'égoïsme grandissant des humains.

En observant la situation actuelle sur notre Planète dans tous les coins du monde il est facile de voir à quel point l'égoïsme est poussé à son paroxysme.

Quels dégâts !

L'Amour du prochain a disparu de grand nombre de consciences.

Pourtant l'Amour est vital.

Que penser des suites de notre avenir proche, sans Amour ?


D.P



 

 

 


 


 

   

 



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Présentation

  • : Araka Nui autour du monde
  • Araka Nui autour du monde
  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
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