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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 21:12

    

EL HIERRO :  Visite de la belle sauvage, avant de faire du sud !

 

Vendredi 28 août 2009 :

    Après un apéro avec nos amis de Targa, Teiva et son grand copain Léo se sont dit au revoir en Casamance. Targa nous y rejoindra dans 2 mois.    

    Cette fois ce n’est pas un gag, nous quittons bel et bien le port de Las Palmas avec un sentiment de saturation, il est temps de prendre du sud.

    Depuis que nous analysons la météo de notre parcours nous avons relevé une constante à cette saison : les vents dépassent régulièrement 25-30 nœuds le long des côtes Mauritaniennes. C’est pourquoi nous décidons de passer à 200 miles de cette côte « trop venteuse pour ma Do », qui comme vous le savez, n’est pas tranquille au-delà de 25 nœuds, alors que c’est juste là que notre bateau commence à respirer et glisse à bonne allure ; à moins de 10 nœuds de vent il se déplace péniblement à 2 nœuds …  mais à cette vitesse fulgurante le capitaine met les Volvo en branle... c’est là que ma Do n’apprécie pas du tout !

    Moralité Eole, si tu veux recevoir des pensées positives de ma Do, envoies lui des alizés entre 14 à 24 nœuds constants quoi qu’il arrive et elle te bénira.

 

    Afin de prendre cette route très ouest, il nous faut quasiment passer pas loin de la petite île sauvage : El Hierro. Justement celle que nous n’avions pas visitée...  

    Qu’à cela ne tienne, joignons l’utile à l’agréable et banco pour une escale à La Restinga pour visiter l’île en attendant une « fenêtre météo sauce Do ».

 

    Nous étions encore à longer la très longue digue de Las Palmas vers le nord que déjà nous recevions notre cadeau d’adieu de Gran Canaria :

une magnifique dorade.

Merci à vous tous nos amis canariens.

    Nous pensons particulièrement à Fran et Elodie qui comptent vivre de leur passion de la mer sur un bateau ; lui est biologiste faisant une thèse sur les hippocampes, elle est cinéaste sous-marin régulièrement primée. Nous espérons bien les revoir un jour.

Samedi 29 août 2009 :
 
    Les 160 miles sont vite avalés, nous arrivons sur le sud d’El Hierro avec un alizé musclé au portant, Araka Nui respire et passe en douceur sur une belle houle formée et déferlante ; il surfe avec des pointes à 10 nœuds. Malgré toute l’aisance de l’allure que je ressents de mon bateau, ma Do y voit plus une vision apocalyptique et me supplie d’affaler la grande voile. Pour ma part, j’observais scrupuleusement la vitesse du vent : toutes les îles de l’archipel connaissent des
accélérations de 10 à 20 nœuds dans leurs pointes sud ; nous frisions déjà les 28-30 nœuds il fallait être près à abattre immédiatement à la moindre alerte.

  

    Nous étions à quelques miles du port, pour rassurer ma Do, nous avons affalé la grande voile… mais je lui ai fait constater que le bateau souffrait plus dans le chaos de la houle avec son seul solent à la vitesse de 6 nœuds !
Les femmes sont ainsi : il faut leur faire plaisir !

    Cela me remémore la réflexion de Lee, un skipper américain en famille sur son gros cata de 60 pieds. Panne de générateur grave impossible à réparer à Las Palmas. J’ai tout fait pour rassurer sa femme qui imaginait mal une traversée de l’Atlantique « sans électricité » avec ses 2 enfants, lui précisant quand même qu’ils avaient 2 gros moteurs de propulsion avec des alternateurs de 130 Ampères…

    Lee était un pro, ancien commandant de porte-avions US. Avant leur départ il avait dévalisé en bidons de gas-oil tous les shipchandlers du port. A la vue de mon étonnement devant une ligne de 9 mètres de bidons « en réserve » alignés sur le pont sans compter les 1 000 litres des soutes, il me dit tout en haussant les épaules : « ma femme est contente ! ».

 

    Bref, ma Do est contente aussi, nous entrons dans le petit port de pêche de La Restinga (27° 38’ 5 N et 17° 58’ 7W). Le vent souffle autant dans le port mais cette fois dans le nez ; ce n’est pas un problème pour ma Do qui accoste en beauté sur la grande jetée du port guidée par un marinero.

    Le port se trouve en plein dans une accélération de l’île ; il faudra donc prévoir marnage, houle et vent fort… C’est là que le « vieux » excelle. Toutes les amarres sont doublées voire triplées, tous les pares-battages sont à poste et même nous mouillons une ancre loin devant pour nous écarter du quai.

    Le bateau est sécurisé nous pouvons partir pour la visite de l’île…             

 

Dimanche 30 août 2009 :

    La Restinga est un petit hameau qui vit essentiellement d’une bonne dizaine de clubs de plongée qui drainent des plongeurs du monde entier vers la réserve toute proche située sous le vent des derniers volcans de l’île. Cela ne m’a pas tenté pour autant, je suis devenu exigeant après Cuba et les Célèbes…

 

    Aujourd’hui le vent dans le port atteint des rafales de 30 nœuds et nous partons à pied à la découverte des proches environs. Nous décidons de nous offrir une journée d’observation avant de rejoindre le lendemain après-midi la capitale Valverde avec le bus pour y louer une voiture.  



Lundi 31 août 2009 :

    Près d’une heure de bus nous sépare de la capitale. Nous découvrons cette nature sauvage bien installé avec la climatisation.

    Aux Canaries les locations de voiture c’est toujours très cool. Aucun état des lieux, ni relevé d’essence ou prise en main : on récupère la clef au bureau et vogue la galère.

    Il est déjà tard dans l’après midi et nous prenons la route ouest pour rejoindre La Restinga. Le temps est couvert, peu propice aux photos. Nous découvrons néanmoins cette partie de l’île la plus peuplée.

    A un petit carrefour ma Do étant « un peu perdue », je vais m’enquérir auprès  d'un paysan qui bricole dans son petit carré de vigne. En fait il vendangeait…

Nous parlons du métier et j’en viens à déguster son vin rosé : très rancio à mon goût. Pour le geste je lui en prends un bidon de 5 litres, mais les 2/3 finiront à la mer : il fallait vraiment s’accrocher pour boire cette purge. Chez nous un vin de ce type n’obtiendrait pas l’agrément, ici ils aiment…

    Plus tard nous finirons par trouver l’unique cave coopérative de l’île. La journée de vendange se termine, les gars sont visiblement fatigués. Malgré leur gentillesse et leur attention pour un « homologue français », je prends congé rapidement non sans avoir obtenu les renseignements utiles sur les différentes qualités dans chaque couleur. Après nous irons chez l’épicier du coin pour tester la production.

 

    Le jour décline déjà, nous prospectons au passage des coins « à revoir », car au point où nous sommes nous avons déjà parcouru toute la côte ouest…

    Demain il fera jour, mais en arrivant à bord nous nous lançons dans un apéro d’enfer avec vino rancio et almogrote !

   

Mardi 1er Septembre 2009 :  

    Nous devons rendre la voiture jeudi juste avant le bus de 18H00 qui nous ramènera au bateau. La fenêtre météo se précise et il semble que notre départ pour le Sénégal pourrait s’envisager samedi.

    Nous voilà bien reposé et une journée entière de visite se présente à nous.

Nous repartons vers la côte ouest et la petite ville de la Frontera. Le grand beau est au rendez-vous : volcans, paysages grandioses, forêts de pins canarios et baignade dans une piscine naturelle…

 

"Le golfe abrité de Frontera"

 

" Sur les hauts plateaux : un peu de Normandie et des vaches"

 

"Les paysages arides et volcaniques se succèdent" 


"En face ... le Sénégal !


 

"Séquence : ballade dans la forêt,
nous rebrousserons vite chemin...
La chaleur étouffante n'a rien à voir avec le printemps Gomero ! "


 "Une chapelle en lieu et place d'une forteresse"

 

   "La virgen de las nieves qui traverse l'île en procession
tous les quatre ans".















"Baignade dans une piscine naturelle: Charcot Azul."

 

"Après l'effort, le réconfort"

 

Mercredi  2 septembre 2009 :
    On efface tout et on recommence. Cette fois-ci nous partons prospecter le sud.

Nous découvrons des paysages lunaires à perte de vue. El Hierro détient le volcanisme le plus récent de l’archipel, à peine 5000 ans. De ce fait l’érosion n’a pas encore fait son travail de creusement des barrancos. Nous allons visiter un centre récemment ouvert sur le thème des Bimbaches, les premiers habitants de l’île. Ils auront laissés dans la lave d’indéchiffrables pétroglyphes.

    De ce côté de l’île la belle route sinueuse serpente dans une forêt de pins canarios. Les sous bois sont propres et exempts de végétation, seule une immense couverture d’aiguilles de pins leur donne l’aspect d’un tapis uniforme de couleur orangée qui faisait ressortir les troncs noircis par les feux réguliers.



"Petit arrêt dans la forêt de pins canarios.
Teiva voulait encore faire une cabane... 
au moins celle-ci était toute réalisée"

    C’est ainsi qu’une des particularités de ce pin endémique de l’archipel est de résister aux incendies. L’écorce très épaisse protège le tronc durant le feu puis malgré la destruction complète du feuillage l’arbre relance des jeunes pousses à même le tronc. Ces jeunes pousses deviendront des branches et le cycle est reparti. Certains ont eu l’idée d’implanter ce pin en Provence… du fait de sa résistance aux incendies ! Malheureusement son système d’alimentation hydrique se réalisant en grande proportion par le feuillage qui récupère l’humidité des nuages qui défilent sous les alizés n’est pas reproductible en Provence…

 

"Pin canario ayant subi le feu"

    Nous attachons toujours beaucoup d’importance sur le choix de notre lieu de pique-nique, car ce moment privilégié où nous nous restaurons doit aussi convenir à l’équipage suivant de nombreux critères. Bien sûr aujourd’hui nous poserons notre sac dans une aire aménagée sous les pins canarios…

 

 "Notre séquence déjeuner toujours très recherchée"


 

 Jeudi 3 septembre 2009 :
    Déjà notre dernier jour de visite sonne et l’heure de reprendre la mer approche à grands pas. J’estime la durée de notre traversée vers Dakar à 8 jours.

    Pas grand-chose en réalité. Mais mon équipage n’a jamais fait plus de 2 nuits de navigation… Comment va se comporter Teiva ? Si le temps se gâte, comment assurerai-je tout ces quarts de nuit, si ma Do est malade ? J’avoue que pour la première fois j’appréhende un peu, mais je n’en souffle mot.

 

    Ce dernier jour de visite nous transporte vers la côte nord-est, dans les environs de la capitale Valverde où nous devons rendre notre belle voiture.

    Pour déjeuner, nous nous offrons un petit resto à La Caleta et passons un bon moment dans les piscines d’eau de mer du village qui se remplissent avec les vagues du large. Teiva barbote. Il n’est toujours pas décidé à se lancer : l’eau lui paraît froide et « agitée » du fait des vagues toutes proches qui brisent sous nos yeux. Cela fait trop. D’ailleurs la maman, de la même trempe ne fait pas honneur non plus à ce site sublime, si ce n’est une pose photo.

 

"Piscines de la Caleta. 
Eau trop froide pour madame !" 

    

 

    Demain vendredi nous effectuerons tous les préparatifs du bateau et en particulier toutes les actions de sécurité. Nos bidons de survie active seront

complétés suivant une check-list précise, puis le tout solidement amarré dans notre annexe. Précision étant ici faite que pour des raisons bien arrêtées nous ne possédons pas de « bib » (le canot de survie gonflable rendu obligatoire par la réglementation française). Notre survie c’est notre annexe « P’tit coco » insubmersible et surtout équipée de panneaux solaires, voiles et tente pare soleil.

 

    Si nous devions nous y rabattre en dernier ressort, nous y trouverions nourriture, eau, dessalinisateur portable, vêtements, GPS, VHF, feux de détresse etc… le tout en quantité suffisante pour traverser l’Atlantique ! Sachant qu’avec notre téléphone portable Iridium toujours dans sa pochette étanche nous pourrions appeler le monde entier en donnant notre position et voir arriver les secours dans les heures qui suivent.

    Nous n’aurions même pas le temps de vivre notre naufrage en mer…bien au sec et le ventre plein dans notre « P’tit coco » !

    

 "Le kayak tant promis à Teiva ... lorsqu'il saura nager est là.

Mais Teiva ne sait toujours pas nager..."       

                                                                                     

   " Falaises abruptes face aux alizés".

    Il est temps de rendre notre voiture et reprendre notre bus à Valverde. 
   
Dans le bus du retour, un vieil homme nous fait l'honneur d'un compte rendu complet sur les « papas de son champ » (pommes de terre). Le chauffeur, connu de tous, participe activement au débat. Après 20 minutes de séquence « papas » ce charmant paysan descend du bus.
   Il est remplacé par un pêcheur...
   Cette fois nous avons droit à la séquence « pescados » qui s’arrêtera au terminus. D’après Do, le monsieur faisait de la logorrhée. Cette fois le chauffeur jouant toujours son rôle de participant attentif à la conversation s'exécutait poliement.
   De retour au port, je sais tout sur la patate et la pêche locale.

" Génévrier millénaire tourmenté par les vents dominants"


"La côte sud : exclusivement du minéral"
 

"Je ne me lasse pas de ce genre de paysage...
 Ma Do râle, car elle poirotte dans la voiture !
Pour elle, seul le végétal mérite un arrêt".

"Ces magnifiques fleurs de plantes grasses
tapissent les surplombs de roches".

"Belle plage inhospitalière de la côte Est, face aux alizés"


"Encore une petite dernière de minéral,
juste pour le plaisir du photographe"

    
Il est tant de nous quitter depuis cet archipel des Canaries qui nous aura reçu durant 8 mois. Nous en garderons un excellent souvenir. Do aura bien appris l'espagnol; allez savoir quand il nous sera de nouveau utile ?

 

 

  

L’équipage d’Araka Nui se joint à moi et vous dit une dernière fois : 

                                  

 HASTA LUEGO

et rendez-vous sur le continent d'en face : l'Afrique de l'ouest et le Sénégal !

 

D.P


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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 21:11

 

 

Un dernier tour d’honneur…de Gran Canaria et puis s’en vont !

 

Jeudi 23 juillet 2009 :

 

    Lorsque notre AIRBUS 345 toucha la piste de Las Palmas et que nous retrouvions l’ensemble de nos 85 Kg de valises et paquets divers sur la noria, nous avons eu un petit soupir de soulagement. Globalement les 4 avions que nous avions du emprunter pour cette escapade Théoulienne ont tenu leurs horaires et surtout pas perdu nos bagages…

    Vu les expériences d’autres nombreux passagers, notre parcours sans faute tient de l’exploit.

    Le taxi nous accompagne « at home ». Nous retrouvons notre Araka Nui qui nous a attendu bien sagement mais en se recouvrant d’une épaisse crasse noire de pollution juste en signe de protestation de cet abandon. 


Vendredi 24 juillet 2009 :

 

    Nous faisons la connaissance  de  notre voisin français, Pierre, un homme charmant qui a fait une longue carrière comme caméraman de par le monde. C’est un grand connaisseur de l’Afrique et nous l’avons beaucoup écouté. Après 20 ans d’Afrique il en a gardé de nombreux souvenirs dont des crises amibiennes !

 

    Nous avions délibérément arrêté avant notre départ en France la date du 15 août  pour quitter définitivement la marina de Las Palmas et cette date arrivait très vite.

    Aussi nous avons aménagé dans notre compte à rebours la location d’une voiture.  

    Il nous restait encore une zone inexplorée de cette île : Agaëte, nous savions qu’il ne fallait pas la manquer. De plus la nuit des Perséides est annoncée le 12 août : nous allons faire coup double !

 

Mercredi 12 août 2009 :

     La première journée, nous profitons de la voiture pour aller chercher le fameux kayac que nous promettions à Teiva depuis 6 mois pour affuter sa motivation à apprendre à  nager. Etant à Décathlon nous pratiquons, comme à chaque fois dans cette enseigne, la frénésie d’achat. D’un coup, nous éprouvons un besoin dans chaque rayon. Et à chaque fois la carte bancaire s’enflamme à la caisse…

    Et puis il y a en face : Leroy Merlin. Allons-y gaiement comme des boulimiques qui savent que bientôt ils seront sevrés !

    Dans cet antre du bricolo nous avons acquis (après mures réflexions) un groupe électrogène… J’ose à peine l’avouer, moi qui prône notre autonomie énergétique depuis la conception du bateau avec mon ami Bernard.

 

    Non Bernard, je ne trahis pas notre état d’esprit du départ. Rassure-toi c’est pour la bonne cause… au moins dans la théorie !

 

    Nous savons qu’après les Canaries nous ne feront plus de marinas avec le courant 220v sur le quai. Donc notre chargeur de batterie au placard. Le seul hic, c’est que je ne pourrai plus faire une charge « boostée » à 15,4 volts mensuelle pour assurer longévité à mes batteries plomb-calcium Delphi. En effet, mes régulateurs solaires plafonnent à 14 volts tout comme les alternateurs moteurs. Pour cette unique raison j’ai fait le choix d’un groupe.

    Après une brève relecture de ma doc technique, je relève une consommation du chargeur à 490 watts. Un jeu d’enfant : un petit groupe fera l’affaire. Justement c’est le jour des affaires chez Leroy … et nous partons avec notre groupe chinois sous les bras pour 79 € et 16 kg.

     Malheureusement, après essais (d’abord il a fallu tout démonter, car il ne fournissait pas de jus - une simple connexion  débranchée)  notre groupe se met à genoux lorsque le chargeur de batterie se met sur « boost ». Ah ben mince alors !!

    Faute de mieux j’essaie de faire fonctionner la machine à laver de ma Do : un peu mieux, mais la Whirpool n’aime pas le régime en dents de scie et capitule.

    Moralité : encore une chinoiserie à 79 € de trop et en plus je charge mon fier vaisseau d’un lest dont il se serait bien passé.

    Cette pétroleuse finira bien dans une case de Casamance !

    

    Ce soir c’est la nuit magique. Aussi nous avons prévu de monter vers les sommet de Gran Canaria, fuir les éclairages de la ville, trouver un coin sympa, nous installer sous la tente avec un bon diner en attendant le feu d’artifice d’étoiles filantes. Nous avions préparé méticuleusement l’évènement en relisant « Copains du ciel » à notre astronome en culotte courte !

    Déjà quand la nuit fut bien noire notre artiste n’en menait pas large, bien enfoui au fond de la tente sous la polaire contre sa mère.

    A 22H00 en guise d’ouverture nous avons droit a la première étoile filante énorme qui d’un trait épais coupe notre nuit noire horizontalement pendant plus de 5 secondes.

    Le festival va être génial.

    A 23H00 toujours rien ! Notre gastronome (qui s’est envoyé un plein bol de salade de riz) s’est endormi. Avec Do nous savons qu’il y a 1H00 de route pour rentrer à bord et surtout demain il faut être alerte : c’est notre dernier tour de l’île. On lève le camp.

    Plus tard nous apprendrons que le festival a été plus tardif que prévu, seuls les courageux auront eu droit au spectacle gratuit, mais pas avant 4 H00 du matin…

  

Jeudi 13 août 2009 :

 

    Comme si de rien n’était tout l’équipage se lève à la bonne heure pour embarquer dans notre beau « coche » et faire route pour notre dernier adieu à Gran Canaria.

    Nous passerons par le sud et Puerto Mogan pour commander un filtre Katadyn purificateur d’eau potable. Une merveille du genre pour les baroudeurs que nous sommes et sans dessalinisateur.

    Très vite nous dépassons les contrées bien connues puis nous dépassons le village de Mogan en remontant sur le nord.

 

    Nous découvrons des paysages de montagnes de cette île que nous aurions véritablement manqués sans ce périple de dernière minute. C’est très beau.

 

    Agaëte, ce village très typique loin du tourisme nous a immédiatement conquis. Ce jour là c’était la fête patronale. Peut-être un au revoir à l’équipage d’Araka Nui qui clôture en beauté ses 8 mois dans l’archipel des Canaries.

 « Décoration d’une maison canarienne dans Agaëte en fête »

   

 "Sur la route de Mogan à Aldea"

 

  "Bananeraies... sur Aldea"

 

 

  " La côte ouest accore, mais plage isolée ! "

 

 

 "Puerto de las Nieves, liaison pour Ténérife"

 

 " Aldéa ville isolée, mais pas sans électricité"

 

"Agaëte en fête"


"Lotissement pour touristes à Aldéa"


"Oasis à Gran Canaria..."


" Le baranco d'Agaëte"


"Baranco fleuri"


"L'équipage à la découverte du baranco d'Agaëte"



"Le cul de sac du baranco d'Agaëte"



"Village canarien accroché à flanc de montagne"



" L'équipage d'Araka Nui adresse ce bouquet de tiaré à tous les canariens qu'il a rencontré dans l'archipel en les remerciant chaleureusement et en guise d'au revoir..." 

 

HASTA LUEGO,  et à bientôt au Sénégal...

 

D.P

                                                                                             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 21:04

   Mercredi 20 mai 2009 : 

    Nous étions au Paradis ( La Palma) et nous n’y sommes pas restés…

    Notre maison flottante de 92 m² est un lourd handicap dans les marinas canariennes qui sont excessivement onéreuses et malheureusement pour nous les bons mouillages sûrs sont très limités. Do me dit : « nous n’avons pas les moyens de notre bateau » et je lui réponds : « il suffit d’aller dans les zones de navigations qui conviennent, par exemple la Casamance ! ». Cela s’appelle « enfoncer le clou » …

    En attendant, le retour à Las Palmas s’imposait.

    Nous aurons donc fait l’impasse sur les îles d’El Hierro la minuscule et de Ténérife la très grande, d’une part faute de temps mais d’autre part parce que nous désirions prendre le temps de nous imprégner longuement de La Gomera et de La Palma. C’est chose faite.

    Nous avions bien prévu de rester 10 jours de plus à Tazacorte (La Palma) mais le prix prohibitif de la marina et une fenêtre météo favorable ont sonné l’hallali d’Araka Nui.

    Il est vrai que nous appréhendions un peu le retour sur Las Palmas : vents contraires et mer toujours formée en règle générale à cette époque. Soit 48H00 de shaker et au moteur.

    Ce n’est pas notre genre, surtout quand on peu éviter.

 

    Du coup, les prévisions « aguichantes » de petites brises d’ouest (dans le cul) et de mer plate nous ont décidé à regagner notre port d’attache canarien et ont eu raison de notre séjour de villégiature. Ainsi nous pourrons préparer sérieusement « l’abandon » du bateau pour tout le mois de juillet pendant notre incursion en France et surtout en finir avec les derniers préparatifs de notre prochain périple de 6 mois en Casamance.

 

    Les 170 miles qui nous séparaient de Las Palmas ont été parcourus au ralenti. Nous aurons même fait la 1ère nuit sous génaker. Une première pour nous, car en général nous assurons le coup en envoyant systématiquement notre solent « tous temps » histoire de ne pas avoir de manœuvre de voile à faire de nuit si le vent se levait.

    Malgré mes engagements de La Gomera, d’arrêter la pêche, j’ai quand même installé ma grosse canne de traîne. A 3 nœuds nous avions toutes nos chances dans ces eaux poissonneuses…

    Prachou, tu n’as pas de parole !

 

Jeudi 21 mai 2009 :

    Nous longeons la côte nord-ouest de Ténérife. Le temps est magnifique. Nous voyons défiler sous nos yeux ces montagnes, ces villages, ces forêts que nous ne visiterons pas !

 

Puis soudain, c’est jour de chance… Jour de la pêche au gros !

Mon moulinet s’emballe et se dévide à toute vitesse. Je serre le frein à mort. Rien n’y fait.

Effectivement çà a mordu, tiré sec, sondé.

Ca a fait des sauts de mastodonte et des grands splashs dignes d’un gros marlin.

 

    Nous ne l’avons pas mangé… Ligne cassée !

    Ce devait être une bête énorme pour faire de tels sauts en l’air et avec la gerbe qui va avec ! Les sauts, elle les a fait à plus de 300 mètres de nous, une fois la ligne cassée et sûrement très gênée par notre leurre planté dans sa gueule.

    Adieu au « leurre Carlos » parti planté dans la gueule d’un animal qui n’aura même pas fini dans nos estomacs affamés.

    Ce leurre aura pêché dans son histoire : une dorade coriphène et un marlin !

    Plus tard, j’apprendrai qu’il ne faut surtout pas serrer le frein du moulinet dans ce cas, justement c’est le contraire qu’il faut faire !

    On ne se fait pas pro de la pêche au gros en un jour.

 

Vendredi 22 mai 2009 et suivant :

    Une fois de plus la météo n’aura pas correspondu pas aux prévisions mais nous finissons par nous adapter. Notre arrivée à Las Palmas, dans les délais impartis, est compromise : ou nous laissons faire avec notre petit solent et nous nous payons une nuit de navigation en plus, ou nous jouons le « Joker Volvo » et nous serons au dodo à 1H00 du matin. Connaissant bien l’atterrissage dans le port de Las Palmas comme notre poche nous optons pour la solution riche : Volvo et Cie. Car, comme vous le savez nous le sommes.

    Bof, comme dit ma trésorière préférée : « au point où nous en sommes, nous ne sommes plus à 20 litres de gas-oil près ».

    Il faut dire surtout, qu’elle ne se voyait pas une nuit de quart en plus la Do !

 

    Notre mouillage dans le grand port de commerce au nord de la marina se fait sans encombre.

    Teiva dort comme un bien heureux et nous ne tardons pas à faire comme lui.

    Demain il fera jour.

 

 "Au petit jour, nous retrouvons le mouillage que nous avions quitté

 il y a exactement deux mois : Las Palmas".

 

   

    La plage est à quelques centaines de mètres du bateau, avec les beaux jours elle est déjà plus fréquentée, le Royal Club Nautique en face, nous fourni la Wi-Fi gratuitement, nous avons gardé les clefs des sanitaires de la marina pour  prendre de bonnes douches chaudes, le marché central est à quelques centaines de mètres derrière la plage, notre mouillage est quasiment gratuit… que demande le peuple !

 

    Au moins ici nous allons renflouer la caisse du bord sans pour autant nous sentir dans un coupe-gorge. Nous sommes un peu dégoûté des marinas à 40 € la nuit.

 

    A Las Palmas, l’eau s’est bougrement réchauffée et notre Teiva se fait ses petits bains quotidiens. Il adore barboter. Nous non. Aux Do’s il leur faut de l’eau à 29°.

    C’est cela les vieilles carcasses sans graisse.  

 

    De plus, le soleil tape dur et nous devons nous en protéger. Notre artiste commence à prendre des couleurs à force de s’exposer. Quand nous rentrons, il est sonné et il a « mal au ventre » (la faim).

 

    Nous avons repris notre train-train de la ville : le matin, je bricole pendant que Teiva fait  l’école avec sa maman. Ce n’est pas toujours facile. Il serait plutôt du genre de son père en la matière : fainéant pour les études. Je suis étonné de voir ma Do qui arrive bien à louvoyer dans cette fainéantise chronique en gardant son calme et en donnant dans le ludique mais surtout en acceptant de faire avec tact ce que son artiste a décidé.

    Cela promet pour l’avenir !

    Heureusement, il y a « grand-mère ». Que va dire « grand-mère » si … ? On lui met du « grand-mère » à toutes les sauces, et il faut bien reconnaître que ça marche droit avec l’échéance de  « grand-mère » qui arrive et qu’il attend avec impatience.

   

    "Séance pose pour les lecteurs du Petit Araka Nui
depuis notre mouillage"

 

LA RECETTE du JOUR

MOJO VERDE

(sauce à l’ail verte canarienne)

  

 

    Il s’agit de « la » sauce Canarienne par excellence (avec le mojo rojo) que l’on utilise pour accompagner poissons, viandes grillées, légumes et bien sûr les « papas arrugadas » (pommes de terre ridées) qui feront l’objet de la prochaine recette avec le mojo rojo.

    Un vrai délice !

Ingrédients :

 

1 bulbe d’ail

1 cuiller à café de sel

200 ml d’huile d’olive vierge extra du Domaine de la Réméjeanne à Sabran…

100 ml de vinaigre de vin blanc balsamique

2 bottes de coriandre

1 avocat bien mûr

1 ½ cuiller à café de cumin en grains

 

1 ■  Peler et couper l’ail en gros morceaux après avoir ôter le germe vert. Passer l’ail, le sel, le cumin et 50 ml de vinaigre au mixer, jusqu’à ce que les ingrédients soient réduits en un mélange homogène. Laisser macérer 5 H00 au frigo.

2 ■  Arracher les feuilles de coriandre des tiges et les passer au mixer.

3 ■  Ajouter l’huile peu à peu en remuant constamment.

4 ■  Vérifier l’assaisonnement et au besoin ajouter du vinaigre très lentement, comme pour monter une mayonnaise, en remuant constamment, jusqu’à obtenir une consistance veloutée. A conserver au frigo. Bon appétit.

 

 

    A temps perdu, il m’arrive, mais très rarement, de me clamper devant mon ordinateur…

mais il faut qu’il n’y ait vraiment rien d’autre à faire et que ma Do soit très occupée !

    Ce jour-là, elle me prend en flagrant délit. Justement je vous préparais la recette du jour.

 

 "Le skipper au boulot".

  

"Las Palmas : Araka Nui au mouillage face à la plage bondée.
C’est jour de fête !"


"Ce dimanche un voilier espagnol arbore son grand pavillon
 en tête de mât, pour ne pas être en reste, je sors le mien !
J’attendais l’occasion depuis longtemps…"



LA RECETTE du JOUR

POTAJE de VERDURAS CANARIO

 

 

   
     Il s’agit d’une potée Canarienne très simple à priori, mais si vous respectez les cuissons (surtout pas d’auto-cuiseur ou autre micro-ondes) vous en apprécierez le parfum inégalé des bonnes potées de nos grand-mères.  

    Un vrai délice pour se réchauffer l’estomac ! A boire avec un Côtes du Rhône blanc.

Ingrédients :

¼  chou blanc, ¼ potiron,

250 gr haricots verts,

125 gr haricots blancs secs (précuits),

2 épis de maïs frais,

1 oignon jaune,

2 tomates charnues,

250 gr de patates douces,

500 gr de pommes de terre,

250 gr de lard fumé

4 gousses d’ail

4 pincées de cumin

¼ botte de persil

¼ botte de coriandre

2 litres de bouillon, sel, poivre

 

 

 

1 ■  Nettoyer le chou blanc, le potiron et les haricots et les couper en morceaux.

2 ■  Nettoyer les épis de maïs et les couper en 2 ou 3 morceaux. Plonger les tomates dans de l’eau bouillante, enlever la peau et les pépins et couper la chair en gros morceaux.

3 ■   Faire chauffer le bouillon dans un grand fait-tout et y faire cuire les légumes nettoyés, l’oignon (épluché (mais entier), le lard coupé en gros morceaux et les haricots secs pendant au moins 20 minutes à petit bouillon.

4 ■  A présent, y ajouter les pommes de terre et patates douces épluchées et coupées en morceaux ainsi que les épices (gousses d’ail pressées) et faire cuire pendant encore 20 minutes, jusqu’à ce que les pommes de terre soient tendres.

5 ■  Laisser mijoter à feu très doux pendant 20 minutes.

6 ■  Faire reposer la potée au moins 15 minutes avant de servir ou mieux la consommer le lendemain… Bon appétit.

 

 

Vendredi 22 mai 2009 et suivants :

 

 

Pour répondre à vos questions, un apperçu de la vie à bord :

    En général c’est Teiva qui sonne le branle bas le combat le matin. Une fois le petit déjeuner avalé il saute sur ses Playmobils, rarement il demande un film. Du coup il se fait son cinéma,  avec ses dialogues adéquats entre les différents intervenants romains, pirates, chevaliers ou croisés ainsi que les bons et les gentils.  

    Une chose est sûre : ça tue beaucoup mais ça ressuscite illico.

  

"Teiva, toujours à poil à bord, avec son armée de Playmobil".

                                                                                        

"Le pipi en toute sécurité…
                                et ça évite les coulures sur la coque !"                          

"Il s’installe pour le dessert au soleil
 

                 et monsieur demande la photo !"

 

 

"Do qui refait les housses de ses coussins,
même pendant l’apéro !"

 

    Do fait aussi (durant des heures entières) des Sudokus. Il faut dire qu’en période de mouillage les mouvements de fonds sur Araka Nui sont inexistants, nous vivons sur nos réserves. Du coup, ma Do n’a rien à inscrire sur son carnet de comptes à longueur de temps… Alors, il faut bien qu’elle trouve un autre moyen pour  entretenir sa matière grise de trésorière. Ainsi vont nos journées. Nous recevons aussi beaucoup de copains à bord, en général pour déjeuner ou dîner. Nous parlons de tout sauf de situation politique française. Non pas parce qu’il y aurait sûrement des points de vue divergents, mais simplement pour ne plus entendre toutes les jérémiades franco-françaises que nous avons volontairement laissées. Comme vous pouvez le constater la vie est rude, mais nous gérons la crise.

  

"Notre cordon bleu fait notre pain quotidien, priez pour elle".


LA RECETTE du JOUR

MOJO ROJO PALMERO

(sauce à l’ail rouge piquante de La Palma)

  

 

    Il s’agit de « la » sauce par excellence de La Palma « muy picante » que l’on utilise pour accompagner poissons, viandes grillées, légumes et bien sûr les « papas arrugadas » (pommes de terre ridées) qui feront l’objet de la prochaine recette du jour.

    Vert ou rouge, doux ou piquant, la ménagère canarienne pose les deux mojos sur la table pour accompagner presque chaque plat.

Ingrédients :

4 à 6 piments d’Espelette (moi c’est 6…)

1 bulbe d’ail

1 cuiller à café de sel

200 ml d’huile d’olive vierge extra du Domaine La Réméjeanne à Sabran…

100 ml de vinaigre de vin blanc balsamique

 

½ cuiller à café de paprika piquant en poudre

1 prise de safran

1 ½ cuiller à café de cumin en grains

Amandes émincées ou en poudre.

 

 

1 ■  Verser de l’eau bouillante sur les piments secs et laisser gonfler pendant 1 heure. Après cela, enlever les pépins dans l’eau de cuisson et couper les piments en rondelles fines. Peler et couper l’ail en gros morceaux après avoir ôter les germes.

2 ■  Mettre à macérer au frigo pendant 24H00 après avoir mixer : les piments, l’ail, le sel, le cumin, la poudre de paprika et le safran avec 50 ml de vinaigre.

3 ■ Au mixer passer à nouveau le contenu de la macération, jusqu’à obtenir une masse homogène. Etant ici préciser que tous les ingrédients ont été mixés à l’état cru, donc toutes les vitamines sont conservées. Pour épaissir la sauce introduire à la demande  et si nécessaire des amandes en poudre.

4 ■  Ajouter l’huile peu à peu en remuant constamment.

Vérifier l’assaisonnement et au besoin ajouter du vinaigre très lentement, comme pour monter une mayonnaise, en remuant constamment, jusqu’à obtenir une consistance veloutée. A conserver au frigo.

    Pour ma part, c’est le mojo rojo que je préfère, car le piquant, bien que présent, est très subtil il accompagne admirablement une grillade et les simples « papas arrugadas » le tout arrosé d’un bon Côtes du Rhône Villages rouge servi à 18°. Bon appétit.

 

 "Le contenu des chants folkloriques canariens,
accompagnés de danses,

oscillent entre la fiesta et l’attachement à leurs îles".

 

    Il est temps maintenant de prendre congés de vous. En effet, le Petit Araka Nui ne paraîtra pas durant les durs mois d’été. L’équipage part en vacances en France à Théoules.

    Durant ces vacances la mission du capitaine est d’apprendre à nager à son mousse. Sur la plage du Magellan en été l’eau est chaude comme de la pisse (avec toutes les bactéries du même liquide) mais elle a au moins cette qualité que notre fils adore, alors nous ferons avec. De plus, il va retrouver tous ses  cousins : Gabrielle,  Fanny, Lucile et Paul.

    Nous espérons qu’il saura bien se tenir… le breefing a déjà commencé.

    La maison sera bien pleine de garnements et nous savons déjà que cela ne sera pas des vacances pour Paulette. Nous y recevrons quand même grand nombre de nos amis.

 

    Dès notre retour à Las Palmas le 23 juillet, nous nous mettrons sur les « starting blocks » et dès la première fenêtre météo favorable nous nous laisserons emporter par les alizés vers DAKAR. Nous avons embarqué des pots d’antifouling et nous ferons notre carénage à Dakar à la fin de notre séjour en Casamance. Nous économisons ainsi une dépense astronomique dans la seule marina canarienne apte à sortir de l’eau Araka Nui pour un prix équivalent à son poids d’or. De plus, cela nous aurait obligé de remonter sur Lanzarote, or après La Palma la belle, nous avons les yeux déjà braqués vers le sud, le Sénégal.     

 

    Nous savons donc que nous ferons l’élevage de berniques sur nos coques en Casamance, mais nous ferons avec ces gentilles bestioles ralentisseuses. De toutes manières, sur ce fleuve, toutes nos navigations se feront avec Volvo et Cie.

    Notre rendez-vous à Ziguinchor (à 45 miles en amont sur le fleuve Casamance) est pris pour embarquer l’équipe médicale du docteur Yves Menguy de l’association ANIMA, le 30 septembre pour un mois de soins itinérants. Nous avons mis Araka Nui à leur disposition afin qu’ils aient un meilleur confort que celui de leurs tentes, après les dures journées de boulot.

 

    La mission consiste à fournir des soins médicaux et dentaires aux habitants des villages isolés de Casamance seulement accessibles par les bolongs (bras affluents étroits du fleuve). Bien sûr notre Do participera activement aux visites médicales qu’ils pratiquent sur la population malade qui vient à eux, ainsi que les visites systématiques des enfants.

    Vous pouvez prendre connaissance du blog d’ANIMA qui est pourvu d’un grand nombre de belles photos et d’explications sur leurs missions : www.anima.blog.lemonde.fr

 

    Ah j’oubliais, nous ne pouvons pas vous quitter sans vous donner la recette des fameuses « papas arrugadas ». Aux Canaries chaque petit jardin potager comporte ces petites pommes de terre nouvelles qui ne dépassent pas la taille d’une grosse noix. C’est le menu principal du pauvre et en plus on mange la peau (cristallisée de sel).

    En accompagnement « rapide » de poisson ou de viande et copieusement assaisonné de mojos verde ou rojo (selon les goûts de chacun), ça se mange sans remuer les oreilles !

 

LA RECETTE du JOUR

PAPAS ARRUGADAS

(pommes de terre ridées canarienne)

 

    Vous l’avez deviné, il s’agit des fameuses pommes de terre nouvelles que l’on mange systématiquement « con mojo » (avec le mojo vert ou rouge).

 

 

1 ■  Dans la mesure du possible, utilisez des petites pommes de terre nouvelles goûteuses. Lavez-les et mettez- les dans une casserole avec de l’eau fortement salée. Dans la recette originale, on emploie de l’eau de mer. Bien sûr, c’est ainsi que nous les cuisons…

Tuyau : Afin de constater si l’eau est assez salée, versez la quantité d’eau adéquate dans une casserole et dissolvez autant de sel marin dans l’eau jusqu’à ce qu’une pomme de terre y flotte.

2 ■  Cuisez les pommes de terre non pelées comme à votre habitude. Egouttez les pommes de terre et remettez les dans la casserole.

3 ■  A feu moyen, laissez maintenant l’eau s’évaporer complètement des pommes de terre en remuant souvent la casserole, jusqu’à ce que le sel restant se cristallise sur la peau et qu’elles prennent un aspect ridé.

N’oubliez surtout pas de présenter sur la table un petit ramequin de mojo rojo ou verde !

Bon appétit.

 

 

L’équipage d’Araka Nui se joint à moi pour vous embrasser et vous souhaite de passer un bel été que vous soyez au boulot ou en vacances…

Pour  Kevin, Marine, Paul, Lucile, Gabrielle et Fanny nous souhaitons de très bonnes vacances scolaires bien méritées,

et rendez-vous à la rentrée pour nos prochaines aventures, sur l’autre continent !                                     

 

HASTA LUEGO

 

D.P

                                                                                             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 21:01

 


L'équipage d'Araka Nui retourne aux sources : la vallée de Los Tilos 

 

Mercredi 12 mai 2009 :

    Nous sommes dans la vallée de Los Tilos. C’est la forêt (laurisilva) la mieux préservée de La Palma. C’est l’une des deux réserves de la biosphère reconnues par l’UNESCO aux Canaries. Dans cette réserve poussent des arbres et des fougères considérés comme de véritables fossiles vivants.

    Notre Teiva voulait des forêts. Aujourd’hui c’est « son jour ».

    Après une visite du petit centre ornithologique nous choisissons un chemin balisé « Las Barandas » en nous disant que nous serons obligés de faire demi tour dans quelques centaines de mètres… à cause de notre artiste, roi de la poussette.

    Et bien braves gens, nenni, notre artiste s’est fait les 700 marches en 1H30 de grimpette sans broncher et le retour idem. Certes nous avons du utiliser certains subterfuges pour l’y aider, mais à aucun moment il n’a réclamé les bras de sa mère le cabochard.

   

"Inutile de préciser que nous avons fait quelques pauses"

  

700 marches, ni une de plus ni une de moins mais parfois bien hautes. 

 

"La Nature à l’état pur".

  

"Nous sommes bien arrivés au mirador, bravo mon fils".

 

    Au mirador ses gambettes doivent être un peu lourdes et il bute contre un rocher : Do le voit s’étaler le visage contre un banc. Une fois de plus c’est la lèvre supérieure qui morfle. Nous n’arrivons pas à lui cacher son sang. Je me dis : « dur, dur pour la descente, il va y avoir du portage dans l’air… ». Et bien non, mon têtu de fils qui voulait de la forêt, il l’assume et descend seul (en tenant la main de sa maman). Inutile de préciser qu’aussitôt allongé dans la voiture il en a écrasé une bonne jusqu’au bateau…  

  

"La vue sur San Andres et la mer, depuis notre mirador".

  

"Teiva, tu as entendu le cerf là bas devant ?

Ce cerf imaginaire l’aura fait courir jusqu’au bout… "

 

 

"Une particularité autour de la maison ornithologique de Los Tilos :

les pinsons viennent vous manger dans la main.

Pour le plus grand plaisir de Teiva qui, s’il n’a pas vu son cerf,

 aura au moins apprivoisé un pinson !"

  

"Sur le retour, nous glanons quelques vues
de cette côte Est très cultivée de La Palma".

  

"L’église coloniale du village charmant
et très typique de San Andrès".


     Notre Teiva dort à poings fermés dans la voiture, nous ne voulons pas le réveiller.

C’est décidé. Nous appareillerons de Santa Cruz pour rejoindre la seconde marina de l’île : Tazacorte (beaucoup moins chère).

  

Samedi 16 mai 2009 :

Adieu Santa Cruz.

        Vingt cinq miles nous en séparent et il nous faudra 5 H00 de navigation pour contourner l’île par le sud.

Nous découvrons les accélérations de vents qui sont une des caractéristiques des Canaries, mais le record revient au sud de La Palma par où nous passons.

 

    En effet, nous quittons Santa Cruz avec un petit 10 nœuds puis rapidement nous rencontrons des rafales à 45 nœuds (80 Km/h) quelques heures plus tard en atteignant la pointe sud.

    C’est toujours impressionnant à subir.

    C’est une première pour notre Araka Nui sous voile. Pour la circonstance nous étions sous solent seul.

    J’ai toujours en mémoire la remarque de mon frère Guy qui me disait avant notre départ : « les Canaries c’est le meilleur moyen pour tester ta mâture ».

    Et bien Guy, ça tient bon. Mais j’imagine mal ce vent puissant avec une mer correspondant à sa force, soit 5 mètres de creux...

 

    Dans notre cas, pour la circonstance nous étions sous le vent de l’île et la mer était plate…

    Nous accostons à la marina de PUERTO de TAZACORTE (28°38’6 N et 17°56’6 W) non sans avoir au préalable copieusement arrosé d’embruns notre fier vaisseau. Nous comptions passer en douceur et éviter cette couverture de sel, sachant que nous n’aurions pas d’eau courante à Tazacorte. Pour cela nous l’avions bichonné à fond notre beau bateau blanc avant de quitter Santa Cruz…peine perdue. Notre pont est une croûte de sel.

 

    Tazacorte nous éblouit par sa luminosité exceptionnelle, comme nous n’en avions jamais bénéficiée aux Canaries. Nous passons un week-end merveilleux. La grande plage de sable noir, la plus belle de l’île est juste à la sortie du port. Tout le gratin palmero de Los Llanos de Aridane (la ville concurrente de Santa Cruz sur la côte ouest) jouit de cet endroit protégé des vents par la falaise et une grande digue qui transforme cet endroit en un immense lagon. Le paradis pour notre Teiva qui profite au maximum en s’habituant de mieux en mieux aux petites vaguelettes toujours existantes au bord de mer.

    Enfin nous voyons une profusion de belles sirènes sveltes et agréables à l’oeil, car jusqu’à présent les canariennes faisaient plutôt dans le quintal passé 15 ans à de très fortes proportions. Regrettable pour elles.

 

Mercredi 20 mai 2009 :

Adieu Isla Bonita

    Dès le lundi matin nous étions au bureau de la marina pour régulariser notre entrée du week-end. Qu’elle n’est pas notre surprise d’apprendre que le prix « canon » qu’ils nous avaient proposé, (du fait qu’ils n’avaient pas de place aux pontons de la marina à nous offrir), lors de notre visite avec la voiture, s’était transformé en un tarif indécent voire un des plus cher que nous ayons vu jusqu’à ce jour.

    Nous étions parti pour rester ici 3 semaines mais à ce tarif nous nous engageons timidement pour une semaine. Que c’est-il passé pour ce revirement de situation ?

 

    Je pense en être responsable.

    J’avais rencontré un des patron de la marina de Santa Cruz et j’avais fait le coq en lui rappelant que si sa marina était pratiquement vide c’était certainement du au fait de ses tarifs trop élevés. D’ailleurs lui précisais-je « à Tazacorte, ils nous prennent pour 10 € / jour ». Son étonnement me fit penser que j’étais allé trop loin.

 

    Comme Tazacorte est également une marina privée, le boss de Santa Cruz a du leur envoyer un coup de fil amer leur précisant qu’il n’était pas de leurs intérêts de casser les prix ! C’est sûr que cela c’est passé ainsi.

    La prochaine fois Prachou tu garderas ta morale et fermeras ton bec !!

    Moralité : quand on obtient une faveur exceptionnelle, il ne faut pas le chanter sur tous les toits en espérant en faire profiter les autres. Mon bon cœur me perdra.

   

    Ce lundi les gros travaux d’agrandissement du port reprennent avec la noria incessante de gros camions et autres martèlements des marteaux piqueurs.

    C’en est trop, ma Do fait ses comptes. Nous explosons notre seuil admissible. Tout cela pour n’avoir aucun service. Ils nous avaient parlés de Wi-Fi, mais elle est inexistante.

 

    Du coup nous n’avons pas les moyens de louer une voiture pour finir d’explorer cette île pleine de surprises. Si c’est pour faire de la plage matin et soir… Aucun intérêt de poursuivre ce mauvais plan. Des plages il y en a d’autres...

    Avec Do, nous sommes très souvent confrontés à ce genre de situation dans nos aventures et il s’avère que nous avons toujours une vision commune.

    C’est décidé, nous regagnerons notre port d’attache : Las Palmas. Là-bas face au mouillage dans le port nous sommes devant la plage et c’est presque gratuit !

 

    Il s’avère que nous avons une fenêtre météo favorable (du moins on l’espère) dès ce mercredi.

 

    Nous quittons Tazacorte avec le sentiment d’un rêve interrompu et une certaine amertume avec en sus l’impression d’avoir étaient pris pour des « citrons ».

    Nous reviendrons sûrement à LA PALMA… mais sans le bateau !  

 

L’équipage d’Araka Nui se joint à moi pour vous dire, HASTA LUEGO.                                     

 

D.P

                                                                                             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Nous visiterons une autre fois…
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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 20:59

 
Visite de la capitale de La Palma "Santa Cruz de La Palma"
 :

 

du Dimanche 10 au Mercredi 13 mai 2009 :

 

    Nous vous le disions, nous sommes amoureux de Santa Cruz de La Palma et cette petite ville au cachet préservé mérite bien de vous en offrir une visite accompagnée.

    Suivez le guide.

 

 "Trois musiciens qui jouent nuit et jour
sur une petite plaza du centre historique"

 

 

 "Des maisons à balcons de bois,

il s’agit d’une architecture d’influence portugaise".

 

 "Plaza de Espańa en plein cœur de la cité historique

le long de la charmante calle O’Daly
(nom d’un négociant de bananes irlandais) ".

  

 "Iglesia d’El Salvador sur la Plaza de Espańa,
la cathédrale de Santa Cruz".

 

"Une ruelle étroite donnant sur le front de mer".

  

« Le marché de Santa Cruz de La Palma".

 

    Un petit bijou de marché journalier au sol de marbre. Les fruits et légumes sont disposés dans des bacs en verre et inox.  Nous sommes aux antipodes des souks de Safi avec leurs odeurs…

    Je suis amoureux de cet endroit. On y trouve exclusivement des produits de l’île.

    J’y viens tous les jours, ne serait-ce que pour n’acheter qu’un sachet d’épices !

  

"Le kiosque central (décoratif)
et les 4 étals composent le hall principal".

  

"Sur toute la périphérie des boutiques :
épices, boucherie, poissonnerie, douceurs…"

 

 "La mairie et sa façade à arcades de style Renaissance
qui date du XVI ème siècle".


Contrairement aux autres capitales canariennes, ici le passé colonial est encore très présent ; se laisser glisser dans les rues piétonnes est un bain de jouvence.
   

"Façade dans la calle Alvarez de Abreu".

  

"Les bancs des têtes grises du quartier
qui se retrouvent pour refaire le monde ".

  

"L’ayutamiento sur la rue pavée et piétonne O’Daly".

 

 "Maison du front de mer".

  

"Bizarrement, c’est la seule ville d’Espagne que nous connaissons
qui ne comporte pas une foison d’aires de jeux pour enfants.
Ici l’unique toboggan et encore il est minable…"

  

"Le musée naval du Barco de la Virgen.

Il a pris place dans les flancs
de la Santa Maria de Christophe Colomb".

 

 "Un palais, sur la Calle O’Daly
qui ne cache pas ses origines coloniales".

 

 

    Nous n’avons pas l’intention de vous en montrer plus,  nous essayons seulement de vous mettre l’eau à la bouche et l’envie de venir découvrir Isla Bonita par vous même.

    Armés de votre matériel de marche vous serez au Paradis.

    Mais de grâce, si le cœur vous en dit choisissez plutôt « una casa agricola » chez l’habitant ; à La Palma c’est une institution et c’est très bien organisé. Voir sur internet.

    Il y a bien des hôtels mais comme tous les hôtels internationaux de la planète rien ne les diffère. De plus ils ont la particularité de vous tenir à l’écart du cœur et de la vie de l’île.

 

 

 

 

L’équipage d’Araka Nui se joint à moi pour vous dire, HASTA LUEGO.                                     

 

D.P

                                                                                             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 20:56

 Visite de la côte ouest de LA PALMA : 

 

Samedi 9 mai 2009 :

     C’est reparti pour notre second jour de visite d’Isla Bonita avec Clio notre fidèle coche.

    Ma Do décide d’un itinéraire moins « minéral » que celui de la veille. Nous embouquons vers le nord de l’île chercher un peu de verdure puis redescendre par la côte ouest.

 

 
"Le dragonnier ci-dessus est un des plus grand exemplaire de l’île"

 

    Le dragonnier doit son nom aux multiples propriétés (colorant, médicament, antioxydant) de sa résine, baptisée « sang de dragon » pour la teinte rouge qu’elle prend au contact de l’air.

    Cela a valu à l’espèce d’être fortement exploitée dans la nature depuis les Guanches qui connaissaient déjà ses propriétés.

    Aujourd’hui les seuls beaux exemplaires demeurent paisiblement dans les jardins publics ou les propriétés privée.

 

 

"Plantations de bananes
assurées sur les coulées de lave les plus récentes
 face à la mer". 

    On comprend bien aisément que ce genre d’exploitation n’est pas concurrentielle face aux plantations d’Amérique du sud qui couvrent des plateaux immenses. Pour maintenir cette activité et les populations qui en vivent sur place je vous disais que l’Europe finançait fortement cette culture. Aux dires des insulaires ils arrivent à en vivre.

    N’est ce pas le principal ? Dans notre système économique ne vaut-il pas mieux payer des insulaires pour qu’ils vivotent pépères et entretiennent leurs terres plutôt que les laisser rejoindre les rangs des sans emplois et délinquants de nos cités inhumaines qui coûtent chers malgré tout à nos sociétés ?

    A priori, je suis contre le système « ponction redistribution » en dehors des fonctions régaliennes d’un état, mais tout compte fait, sous cet angle cela me paraît un bon choix.

    Je pense néanmoins que notre système de Communauté Européenne est une très grosse machine administrative qui a un coût de fonctionnement exorbitant et démesuré par rapport aux services rendus. Rien n’est parfait ici bas, cela serait trop beau.


 
"N’en déplaise à ma Do qui poireaute dans la voiture...
 le photographe se fait plaisir".
 

  

"Modèle de notre cabane de rêve, vue sur mer".

 

    Nous avons choisi de vous montrer ces deux habitations à La Palma comme modèle de ce que aimerions avoir pour finir nos vieux jours lorsque les navigations seront du domaine du passé. Ceci n’est pas un appel à souscription…

    Je dois préciser un point qui n’est pas visible sur ces photos : ces maisons sont au milieu des vignes, face à la mer, isolées du premier village voisin, en altitude et sur la côte verte de l’île. Rien que ça.

    Pour information, ça vaut aussi cher qu’en France en pareille situation. 
 

 

"Un abris bus à La Palma".

 

Vous noterez quand même la grande différence avec nos abris bus.

Vous avez deviné bien sûr… ce sont les tags en moins !

En son temps, notre Ministre Lang de l’époque appelait cela de l’art. Même quand c’était étalé sur les biens d’autrui, en toute impunité et avec l’appui du Ministre.

Nous vivons une époque bizarre.

 

 
"Une vraie parcelle de vignes et toute travaillée à la main".

 

A Sabran je passais pour un fou pour avoir planté 3 rangs par restanque.

Ici, ils font encore plus fort, c’est un rang par restanque. Champion ! 

Le meilleur moment de la journée, dans un endroit plus végétal choisi par Do.

Après notre repas, nous nous aventurons au hasard, hors des voies balisées de notre carte.

 

 
"Découverte à 1000m d’altitude
 du vignoble de La Palma  Côte Ouest ».

 

    Je brûlais au désir de trouver de belles vignes saines. 

    Elles sont hors de la vue de la grande voie de communication, au dessus de la zone des nuages. J’y ai rencontré un vigneron. Nous avons parlé des traitements : ils sont bios naturellement. Nous l’avons accompagné dans sa cave, creusée dans un rocher et perdue dans les bois. Nous avons dégusté en soutirant dans une de ses 3 barriques un rosé « tea ».

    Ce sont des vins élevés dans des barriques fabriquées avec le cœur des pins canarios.

Arôme « résine » garanti, mais une grande complexité en bouche.

    Nous avons ramené au bateau ce trésor de breuvage pour faire profiter nos amis suisses de « Pinochio » Bernard et Virginie, les parents de Swan et Robin.

 

 
"Swan et Robin les grands copains de Teiva
que nous reverrons en Casamance…"

   

Isla Bonita, c’est les Canaries comme je les aime. J’en suis amoureux.

  
"La 1ère église de La Palma, construite par les conquistadores
lors de leur débarquement à Tazacorte au XVème siècle".

 

Une visite à Puerto Tazacorte s’imposait : il s’agit du lieu de notre prochaine marina. Nous y allons négocier une place et un prix. C’est OK. Ils nous placeront le long du chantier, sans eau et sans électricité pour 10 € par jour. Voilà une bonne affaire, d’autant qu’ici c’est le ciel bleu 300 jours par an ! Nous dirons adieu à Santa Cruz, mais avec un petit pincement au cœur, car la ville nous manquera, c’est sûr !

La photo de la marina n’ayant pas d’intérêt vous aurez droit à l’église photogénique.
 

  

"La côte nord est accore c’est le moins que l’on puisse dire,
mouillage  déconseillé".

 

 

 

 
"Le lézard canarien (Gallotia galloti) à gorge bleue".

 

    Ces lézards sont les copains de fortune de Teiva, qu’il course à longueur de temps à leur plus grand malheur faute de ne pas être farouches.
 

  

"La côte nord étant dépourvue de plage, la commune de Barlovento a aménagé des piscines alimentées directement par la mer".
 

    Dans ces piscines on nage au milieu des girelles et autres castagnoles qui grouillent, c’est très sympathique mais un peu trop frais pour nous…

    Nous ne profiterons donc pas de ce bain d’eau de mer qui nous tendait les bras.

    Le jour décline déjà et il faut se résigner à rentrer pour rendre notre copine de route, Clio, à son propriétaire.

    Demain nous irons à la piscine d’eau de mer du club nautique. C’est tout neuf et tout beau. Teiva adore le petit bain, il y est en confiance. Il commence à faire quelques mouvements ordonnés et à son plus grand plaisir : il avance.

 

   

L’équipage d’Araka Nui se joint à moi pour vous dire, HASTA LUEGO.                                     

 

D.P

                                                                                             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 20:52

 Visite de l’île de LA PALMA (Isla Bonita) 


Vendredi 8 mai 2009 :

     C’est parti, Araka Nui est bien amarré dans la marina de Santa Cruz de La Palma, ce matin tout est prêt pour un départ matinal avec notre petite Clio.

    Teiva est aux anges : nous allons enfin voir des arbres…

 

"Petit cratère d’un volcan très récent : 1971" 

    Pas de chance pour lui, nous attaquons par le circuit des volcans les plus récents du centre de l’île où la cendre noire domine. Nous avons quand même trouvé un pin rescapé de la dernière éruption ! 
Le pin canario résiste au feu disent-ils !

    Mais notre artiste ne s’en fait pas conter, c’est une forêt qu’il désire.

    Décidemment il n’y a que ça qui compte pour lui. « Ne t’en fait pas Teiva, sur cette île, il y a de très beaux pins canarios, nous y allons » !
 

 
"Sur la mer de nuages le Teide (Alt. 3411m)
le point culminant de l’île de Ténérife".

 

    La grimpette en voiture jusqu’au point culminant de La Palma « el roque de los Muchachos » (Alt. 2426 m) nous laisse apercevoir le Teide. Nous savons déjà que nous n’irons pas visiter Tenerife, nous nous contenterons de cette vue...

 

"Au fond, on devine les parois abruptes de la caldera del Taburiente"

 

    Nous irons faire l’ascension de ces crêtes cet après midi. Cette caldera qui se veut être

(à tord) la 2ème plus importante du monde. En fait les dernières analyses du site donnent une autre explication : il s’agirait d’un effondrement géologique plutôt que d’un cratère de volcan. Quoi qu’il en soit l’île toute entière est située sur la faille la plus active de l’archipel des Canaries et La Palma est prévue de disparaître d’ici 500 ans…  

  

"Bananeraie installée sur une coulée de lave récente"

 

    Dans le sud de l’île, la dernière éruption date de 1971 et déjà sur la lave brute les serres de bananeraies ont pris place. Les flancs du volcan sont  quadrillés de canalisations de captage.

  

 
"L’irrigation fait partie intégrante du système
de culture sous serre de la banane"

 Cette eau est canalisée depuis les sources d’altitude. Il faut dire que la banane apporte 30% du PIB agricole des Canaries. Les mauvaises langues soutiennent qu’elle est subventionnée à 50% par … l’Europe.

    Mais il faut reconnaître que la petite banane canarienne est excellente.

 

    "Le meilleur moment de la journée arrive…

 
i
l était temps, nos estomacs criaient famine !"

 

    La pause déjeuner est toujours très attendue par l’équipage. En général la seule question que se pose le capitaine : trouver un coin qui plaise tant à Teiva qu’à sa maman.

    C’est un vrai challenge, tant les critères sont multiples !!

 

    Mais pour cette fois je ne tiens compte que de mes seuls desideratas : du cagnard sans ombre, au bord de la mer avec une bonne brise et pas âme qui vive à perte de vue…

    Pour cette fois je suis aux anges d’autant que la salade de riz de mon chef cuistot est à la hauteur du lieu.

    Tout cela n’empêche pas ma normande préférée d’arroser le moment avec notre meilleur vino tinto de La Palma, en s’envoyant de petites lampées dans le gosier,  se justifiant toujours en ajoutant : « moi je ne conduis pas, au moins ! »

 

    Quelques part ma Do a bien vu, la suite de notre escapade, sans sieste, sera dure.

     A peine le café avalé sous les odeurs très fortes d’iode (nous avons le cul assis dans le sel),  nous attaquons la montée vers les sommets de l’île.

    Un accès impressionnant.

    Je précise pour ceux qui nous croient sportifs dans l’âme que nous utilisons notre Clio pour tous nos déplacements. Il est vrai que des sentiers de randonnées parfaitement balisés parcourent toute l’île vers les sites les plus beaux. Malgré la déclivité « Clio » ne sourcille même pas, nous aurions tord de la laisser au port…surtout qu’elle nous coûte que 22 € par jour.

Une affaire vous dis-je !

  
"La côte nord est sous les nuages qui s’accumulent à nos pieds

 avec l’aide des alizés"

 

 
"Vue plongeante dans la caldera del Taburiente"

 

 
"Les à pics de la caldera dominent la mer par son ouverture béante"
 

  

"Déjà nous approchons de l’observatoire astronomique :

 Los Muchachos de La Palma,

sur des crêtes remplies d’une lumière pure"
 

  
"Le plus grand télescope du monde et ses 2 « oreilles » Magic"

 

Installés ici à La Palma pour la pureté du ciel et l’absence de pollution lumineuse due aux éclairages des grandes villes.

 

"Une des 2 antennes Magic.
Deux « oreilles » qui écoutent depuis quelques années seulement le signal « fossile » provenant du big-bang de notre univers d’il y a environ 14 milliards d’années"

 

    Suivez l’histoire de cette réalisation de 2007 sur www.magic.de

    Malgré l’interdiction formelle, je m’en approche à la toucher comme attiré par l’objectif de cet instrument qui hante toutes mes lectures actuelles où j’alterne entre astrophysique et physique quantique. Les deux sciences qui me font voyager, de l’infiniment petit (le quantum) à l’infiniment grand (notre Univers). Depuis Einstein nous recherchons le lien entre ces deux mondes, une loi universelle en quelques sortes…Est-ce envisageable ? Non.

  

 
"Je suis encore sous le choc du site d’astronomie que nous venons de quitter.

Dans l’émerveillement, chaque pin tourmenté par la rigueur de l’altitude est trop beau…"




"Je m’arrête à tous les virages pour une nouvelle photo…

Ma Do commence à me trouver ridicule !"

 

 

 
"Pour les connaisseurs il s’agit d’un « dyke »,

une cheminée de lave, au bord de la route !"

 

                    

"Encore des pins… n’en déplaisent à ma Do.
Au fur et à mesure de notre descente vers des terres plus civilisées, les pins reprennent leurs formes moins tourmentées"

 

 

 
"Au fond : la caldera del Taburiente avec ses sommets
dans le coton.

  A nos pieds : la grande ouverture de la caldera qui descend à la mer sous la forme d’un baranco cultivé pour déboucher sur Puerto de Tazacorte où nous irons…

plus tard, avec Araka Nui"

 

L’équipage d’Araka Nui se joint à moi pour vous dire,

HASTA LUEGO.              

D.P
                           

 

                                                                                             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 20:45

 La Palma : isla Bonita

 

Jeudi  30 avril 2009 :

    Nous sommes enfin accostés à la marina de Santa Cruz de La PALMA,

(28° 40’ 722 N et 17° 45’ 980 W pour ceux qui nous pointent sur Google Earth).

Mais non sans mal…

    Oh, ce n’est pas la traversée depuis La Gomera, mais plutôt notre atterrissage sur La Palma qui a été épique.

    En pleine traversée, nous arrivons à joindre par téléphone  la marina de Tazacorte (seconde marina de l’île avec celle de Santa Cruz), pour apprendre qu’ils sont complets. Pas de chance, c’est pourtant celle-ci que nous avions choisie pour ses tarifs plus avantageux.

    Problème : une fois pris connaissance de cette situation inattendue, nous modifions donc notre cap pour remonter sur Santa Cruz dans un près serré face à la houle du Nord. Une fois de plus (c’est une habitude aux Canaries) nous sollicitons le couple Volvo et Cie et mon équipage est... allongé !

    Nous voici enfin entrant dans le port de commerce de Santa Cruz après 7 petites heures de traversée. Notre guide nautique signale la marina en construction au fond du port principal. Je dis à ma Do de s’y diriger doucement le temps que je prépare tout sur le pont pour l’accostage.

    Très vite, ma Do qui à l’œil me dit : « on s’est trompé, il n’y a pas de marina ici, il n’y a aucun mâts de voiliers au fond ! » 

    Le capitaine prend quand même les jumelles pour vérifier. Do a raison.

    Effectivement il y a un grand quai qui barre le fond du port et pas même de pontons ! Do en déduit : « on s’est trompé, la marina est plus au Nord » !

    Non. Cela fait 3 heures que je suis à la veille pour préparer cet atterrissage et  je sais qu’au Nord de Santa Cruz il n’y a plus âme qui vive.

    Je précise que nous n’avons pas la trace du bateau sur la carte électronique (une panne sérieuse depuis notre départ de Las Palmas ; notre ami Bernard s’occupe de trouver les causes en fonction des symptômes), mais quand même j’arrive à faire mon point régulièrement au GPS… En clair je sais où je suis.

    Nous tournons dans le port de commerce. Nous scrutons. Ma Do essaie même de rentrer avec notre grosse barge dans un petit enclos pour barques de pêche, elle a vu 2 petits mâts de voilier...

    A ce moment un zodiac d’accompagnement d’une école de voile voyant nos circumvolutions qui devaient bien traduire notre émoi, nous approche pour nous dire : «  la marina, c’est le petit passage là bas, au fond du port,  à gauche à côté du remorqueur bleu ». Effectivement il y a bien un passage là où il nous dit !

      Pas contrariant, j’explique à ma Do que nous n’avons rien à perdre d’aller y jeter un coup d’œil, prêt à battre en arrière. On s’engage dans le boyau en chicane. Toujours impressionnant avec notre grosse barge.

   Et là, devant nos yeux c’est bien une immense marina. En tous cas il y a bien une zone immense remplie de beaux pontons qui sentent le neuf, mais TOUS VIDES … Le gag !     

 

« Araka Nui, dans la marina de Santa Cruz de La Palma

Ce n’est pas un montage, elle est bien vide ! » 

    Très vite nous voyons un marinéro nous faire signe et nous guider.

     Nous passons devant le seul voilier « habité », son skipper nous interpelle : c’est un français. Le temps de le doubler nous échangeons quelques phrases, histoire de nous rassurer que nous ne soyons pas tombés dans un traquenard. Non tout est clair. Nous apprenons que Tazacorte est en gros travaux d’agrandissement, ce qui explique l’absence de place.

    Ma Do, négocie royalement le créneau et même si ce fut pour elle un jeu d’enfant, je la félicite.

    Le temps de fignoler l’amarrage nous sommes prêts pour les formalités. Accueil charmant. Puis nous rentrons pour nous restaurer, il est 16H00 et nous n’avons pas déjeuner en mer… une bonne paella réchauffée est engloutie par tout l’équipage sans remuer les oreilles.

    Demain il fera jour, l’équipage est sonné après 7H00 de shaker.

 Vendredi 1er mai 2009 :

    La matinée est consacrée au dessalage du bateau et au rangement.

    Après une petite sieste, nous avons hâte de découvrir cette capitale qui se trouve juste à la sortie de la marina.

    Passé les premiers immeubles du front de port, nous sommes transportés au XVIème siècle. En ce 1er mai, la ville est pour nous seuls mais nous verrons plus tard qu’avec les commerces ouverts et des rues animées c’est encore mieux.

    Tout le cœur de ville est piéton, les rues sont pavées, les palais et maisons de maîtres se suivent  sous une enfilade de balcons en bois.

    C’est la fatalité qui nous envoie à Santa Cruz. Nous savions, pour l’avoir appris dans nos guides qu’elle était la plus belle ville  des Canaries.

    Nous comptions bien y venir une journée en voiture depuis Tazacorte.

    Mais puisque nous y sommes nous allons faire sa connaissance à pied et durant de très nombreux jours. Elle le mérite bien.

    Très vite, en parcourant la ville historique, je suis baigné par cette ambiance historique. La sérénité qui se dégage des palmeros que nous croisons traduit bien leur bonheur, ils ont conscience qu’ils vivent une vie de qualité (nous autres briançonnais savons détecter cela dans les regards).  

   Je perçois mes petites voix qui me disent : « tu as accosté un Paradis ».

   Mais cette marina vide ?

   Est-ce à dire qu’il n’y aurait plus de candidats pour le Paradis ?

   Certes vous le savez tous, parce que je vous le répète dans chaque journal :

« le Paradis est dans notre cœur ». Par ce fait les Paradis se font secrets.

    Donc je ne vous bâclerai pas ce bijou en 2 photos et 3 phrases.

    Une plongée profonde s’impose.

    Notre unique voisin, français, vit sur son bateau à La Palma depuis plusieurs années. Pour se faire un revenu, il fait du charter en plus de son diplôme de moniteur de plongée. Il est mariée à une allemande et cet après midi ils accueillent leurs 4 clients allemands. Nous allons néanmoins tous ensemble dîner en ville d’excellentes tapas. Dès leur retour, dans 8 jours, ils nous proposent de nous faire faire une plongée et la visite d’une bodega…

 

Dimanche 3 mai 2009 :

   Aujourd’hui c’est jour de fête dans toute la ville : la Fiesta de la Cruz .

Il s’agit de la date commémorative du 3 mai 1493 où l’île a été offerte à la couronne de Castille : la conquête militaire de Santa Cruz. Cette annexion ne s’est pas faite sans quelques batailles sanglantes contre les aborigènes « Guanches » qui habitaient l’île depuis le Vème siècle avant J.C.

    La tradition veut que les 31 croix de la ville soient parées de bijoux de fleurs et de riches atours par les habitants des quartiers.

    Cette grande fête à elle seule mérite une belle description dans notre petit journal.

    Une procession composée de plusieurs fanfares et de tous les notables parcourre toute la vieille ville derrière la Sainte Croix sortie de l’église San Salvador.  Nous suivrons cette procession avec « notre malade mental de gamin » dans sa poussette : il refuse toujours de marcher en ville !


       
"La procession de la croix dans les rues de La Palma"

    Au gré de nos déambulations nous avons relevé quelques croix très joliment rehaussées de fleurs fraîches de cette île.


          "Représentations de la fiesta de la Cruz en ville" : 

 

 

     
 

 

   

          

      

    A cette journée fervente s’ajoute une tradition plus païenne : dans les quartiers populaires, les rues sont réservées aux piétons et les familles mettent en scène des personnages en situation : les Mayos.

    C’est ainsi que nous rencontrons devant la clinique : le médecin qui ausculte sa patiente ; devant le foyer : les mamies au coin du feu etc…

                                                             

 

  

   

   

   

 

« Trouvez l’intruse ! »

 

Mercredi 6 mai 2009 :

    Bon anniversaire à mon frère Guy et à Paulette (avec un jour d’avance) .

Aujourd’hui nous devions présenter notre bateau sur la cale de mise à l’eau du port. Toutes les autorisations étaient obtenues, même si les autorités trouvaient la manœuvre saugrenue : une petite cale pour les barcasses légères n’avait jamais vue une si grosse barge. Ah, ces français !

 

    En fait, j’en ai marre de me geler et de m’essouffler à frotter la coque en apnée et je suis surtout démoralisé par les algues qui poussent à vu d’œil sur notre bel anti-fouling d’Aguadulce. Je leur ai donc raconter une salade (petit problème à l’hélice) pour obtenir l’aval des autorités et aller faire un nettoyage sérieux de nos coques avec la marée.

    Hier après midi, après nos calculs de marées nous sommes allés prendre nos mesures à marée basse et faire une visite de chenal de débarquement pour retirer entre autre quelques gros cailloux sur la rampe…

    Dès notre retour, pendant que je faisais la causette avec nos nouveaux voisins suisses, ma Do m’a fait une simulation virtuelle de la manœuvre.

    Avec une petite maquette du cata judicieusement posée sur les 1,40m de marnage le tout à l’échelle et forte de nos mesures, elle me sort : « même à marée basse nous aurons les jupes arrières dans l’eau… »

    Déjà j’avais du éliminer l’idée de présenter le bateau en marche arrière : les safrans auraient touché la rampe avant les dérives !

     Il est vrai que si à marée basse j’ai toujours tout le cul dans l’eau… mon opération « commando » n’a aucun intérêt : astiquer la coque avec de l’eau jusqu’au cou, je sais faire. 

    Le comble, c’est ma Do qui me le sort en fin de soirée : « ce n’est pas grave, de toute façon nous avions prévu de faire un carénage à sec avant de partir en Casamance, nous pouvons attendre ainsi encore 3 mois !»

    Et dire que cela fait 4 jours que je me décarcasse pour monter ce bon coup et lui nettoyer sa coque à sec sans débourser un kopeck.

    Ah, ces femmes, je ne les comprendrai jamais ! 

    A mon avis quand même, ma Do ne se sentait pas bien sur ce coup  (par expérience je l’écoute toujours dans ses « visions ») :

 - manœuvrer au milieu des barcasses de pêche dans une petite darse,

- un vent assez fort était annoncé,

- seule à la barre et à bord pendant que je guidais la manœuvre dans l’eau,

- vivre durant une dizaine d’heures dans un bateau avec 30° d’inclinaison,

- sortir de la cale et rejoindre la marina à minuit…

C’est plus qu’il n’en faut pour une dame de bonne famille !

    Vous l’avez compris nous avons annulé l’opération.

    Du même coup nous allons pouvoir louer notre voiture dès demain et partir à la découverte de cette île verte (et déguster quelques vins dans les bodegas). J’ai déjà les coordonnées d’un œnologue,  président des œnologues des Canaries.

    Vous savez le moniteur de voile qui nous a indiqué l’accès de la marina à notre arrivée… il est venu voir notre bateau qui l’intriguait (ce n’est pas le premier, ni le dernier). C’est d’ailleurs sympa sous cet angle, car cela permet des contacts.

    Bien sûr, ce palmero a eu droit « en prime » à prendre connaissance de mes anciens métiers dont celui de vigneron. Je lui dis, entre autre, que j’avais hâte de connaître de bonnes bodegas sur La Palma. Comme le monde est petit, il m’a aussitôt donné le téléphone de son ami Carlos l’œnologue qui se fera un plaisir de nous guider.

    Le programme me semble déjà bien chargé et on se fout des algues vertes sur les coques d’Araka Nui à partir de maintenant …

    En attendant, puisque Lucille Savagner nous demande déjà (après 8 jours de silence) des nouvelles fraîches, nous enverrons notre journal aujourd’hui et en l’état pour…

la rassurer !

    Nous vous donnons rendez-vous pour nos premières impressions avec photos de ce tour de l’île très prochainement.

L’équipage d’Araka Nui se joint à moi pour vous dire, KENAVO.                                     

 

D.P

                                                                                             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 20:30

La Gomera, l'île Colombine (Christophe Colomb)

 

Lundi  20 avril 2009 :

    Nous sommes à la marina de San Sebastian de la GOMERA depuis 4 jours.

 

 
« Araka Nui à la GOMERA   (28°05’29 N et 17°06’44 W) »

 

    Ce matin nous devions louer la petite Clio réservée depuis samedi… mais changement de programme !

    Toute la nuit le vent a soufflé par rafales de 45 nœuds sur la marina.

    Aux aurores, les équipes de marinéros s’affèrent à amarrer notre ponton à celui au vent de nous. L’ensemble de notre ponton avec sa dizaine de bateaux amarrés s’est déjà écarté de plusieurs mètres, une des attaches ayant cédé : nous partons à la dérive...

    Tous les 20 mètres ils ont tendus de grosses aussières entre les bateaux.

    Autant dire qu’avec ces barrages nous ne risquons pas de quitter le port.

Ici, ils n’ont jamais vu ça !!

 

    Ma do, qui a toujours le mot pour rire me dit : « c’est peut être nous qui leur apportons des tempêtes exceptionnelles » !

    Il est vrai que nous les collectionnons. Mais cette fois pas de casse.

    Nous sommes rodés et nous n’avons plus d’euros à balancer au vent !

   

    Une chose est sûre, c’est que ce coup de vent nous ne l’avions pas prévu. Nos difficultés de communications au mouillage de Valley Gran Rey en sont l’explication, nous étions isolés question prévisions météo.

 

    Araka Nui est bien protégé dans son emplacement entre 2 catways. Si tout se détache nous irons droit sur la vedette de sauvetage… en mer !

    Ca ferait désordre, nous aurions droit (encore) aux manchettes du journal local : « la vedette de secours en mer de La Goméra coulée par un catamaran (blindé) français ».    

    Moi je dis : « on s’en fiche, et vogue la galère »…

    Ma Do ne le voit pas comme ça. D’ailleurs quand les marineros nous  demandent de nous déplacer, le « NO » qu’elle a sorti du fond du cœur a été entendu 5 sur 5. Ils n’ont pas cherché à la convaincre. Il est vrai que la manœuvre aurait été risquée ; se faufiler au milieu des autres bateaux pour sortir de notre emplacement aurait été une pure folie.

    J’ai expliqué à nos marineros charmants qu’avec un vent de travers, mes 2  mâts correspondaient déjà à une voile de 10m² sans compter tout le reste de fardage qu’un cata de voyage offre au vent de travers.

 

    Dans ce contexte nous avons trouvé plus sage de rester à bord et de reporter notre visite après la tempête. J’en profiterai pour me faire un cybercafé pour vous envoyer notre n° 9 du Petit Araka Nui et élucider mon problème de réception de fichiers GRIB météo sur le Net.

 

   
Le nouveau Playmobil de Teiva; pas encore ouvert que déjà il désigne le prochain : « j’ai décidé d’acheter celui-là ! »

     

    Teiva a bien travaillé, il a mérité un nouveau Playmobil… seul problème : malgré les châteaux et bateaux pirates garnis de chevaliers, pirates et chevaux il passe son temps à étudier et baver devant ce qu’il n’a pas…

sur les petits catalogues fournis et qu’il collectionne précieusement !!

 

 

    A Las Palmas, notre voisin « l’amiral américain » m’avait fait découvrir sur le Net un site météo extraordinaire : www.grib.us

 

    Mais comme pour toutes mes expériences cybernétiques, après avoir correctement installé et utilisé quelques fois ce site, juste pour m’en mettre l’eau à la bouche, je n’arrivais plus à m’y reconnecter.

    Mais cette fois, bien installé au cybercafé je me suis dit : « je ne pars plus d’ici tant que je n’ai pas trouvé » ! La sécurité est à ce prix.

    Je vous passe les détails, désinstaller, réinstaller et grâce au site de www.banik.org (un vrai marin, pédagogue et webement compétent) il nous renvoi vers le forum en français de tous les « voileux franchouillards » qui pédalent dans la semoule comme moi.

    Oh joie, je me rends compte que je ne suis pas le seul… à rencontrer ce problème de connection. Rassurant pour le moral. J’insiste, le temps passe je persiste et après un petit recoupement EUREKA j’ai trouvé :

c’est ma saloperie d’anti-virus qui doit tout bloquer.

    Je ne vais quand même pas le désinstaller cet anti-virus; je viens de le payer 40€ avant de quitter Las Palmas !!  Re-bidouillage et ouf je trouve le truc pour le shunter ½ heure.

    Je me régale à charger mes fichiers météo U-Grib dans la foulée pour faire une belle animation à ma Do histoire de noyer un peu le poisson et faire diversion pour ne pas recevoir une engueulade en rentrant à bord …

 

    Ca fait plus de 3H00 que je suis parti.  Il va y avoir soupe à la grimace en arrivant à bord avec en prime des : « père indigne », « égoïste » et j’en passe.

   

    Mes problèmes cybernétiques proviennent simplement du fait que je suis un basique en la matière et qu’il me faudrait du temps… vous l’avez compris mon temps est compté par la comtesse !

 

    Tenez, le dernier exemple : la marina de San Sebastien de la Gomera où nous sommes, est réputée pour être chère mais surtout très accueillante et une wifi gratuite efficace.  Bien sûr nous obtenons la clef WAP dès les formalités terminées à la capitainerie. Aussitôt de retour à bord je fais un essai rapide : signal très bon – connectivité inexistante ??  

    Mince, toute ma joie s’effondre. J’abandonne pour l’instant.


                      

« San Sebastian de la Gomera et sa marina ;
au fond l’île de Tenerife et son Teide culminant à 3718 m. »

 

    Tout l’équipage se dépêche pour aller visiter la petite ville en repérage.

    Dès notre retour, cette affaire de wifi me taraude, j’y remets mon nez. J’essaie tout, bidouille, recommence et re-recommence : RIEN.

    A se taper la tête contre les murs de ne pas comprendre la cause.

    Lendemain, surlendemain idem. Comme je ne suis pas genre d’homme à baisser les bras je prends mon PC portable sous le bras, je m’installe près de la capitainerie à 2 mètres de l’antenne, je sollicite une prise de courant 220V et redemande le code WAP, des fois que…

    Ah, le gars sympa me l’inscrit au stylo sur mon papier, mais il a inversé 2 paires de 2 chiffres. Pas fou Prachou je m’en rend compte, je corrige : RIEN.

    Pourtant je capte mes 5 barrettes face à la capitainerie !

    De retour à bord, ma Do relève que le gars en plus de son inversion à aussi modifié un « 0 » du premier code fourni à notre arrivée par un « D »…

    Et si son « D » était le bon ?

 

    Je vous le donne dans le mille, Emile : la 1ère nana avait fait, elle aussi, une erreur de transcription dans le code.

    Au bout du compte j’y suis arrivé, à force d’insister. Il faut reconnaître que ce n’est pas de bol un coup pareille pour un « pauvre ignare » comme moi !!

    Il aura fallu 3 jours de tempête, que nous soyons cloués à bord, pour  venir à bout de mon affaire.  Merci Eole.  

 

    La capitale San Sebastian est un village. Sa rue principale piétonne, sa place entourée de bistrots. Un calme olympien : les quelques voitures glissent comme sur un tapis de velours, les gens parlent à voix basses c’est un havre de paix. Nous en avons vite fait le tour et repéré nos différents commerces et points d’intérêts. Ma Do a même trouvé ses 20m² de moustiquaire, que nous pensions ramener de France, pour recouvrir tout notre cockpit pour la Casamance.  Nous faisons quelques courses et sommes fermement décidés à nous mitonner des spécialités canariennes à bord.

    Ce soir ce sera apéro au vino tinto de la Gomera (nous n’aimons pas leurs blancs) et Almogrote que nous confectionnons avec les meilleurs ingrédients.

    Nous avons décidé de vous faire partager cette recette très simple avec nous ce soir.

 

LA RECETTE du JOUR


ALMOGROTE GOMERO

(mojo au fromage de la Gomera)

 

 

    Il s’agit d’une sauce Canarienne (il y a aussi le Mojo Verde et le Mojo Rojo), mais l’Almogrote est ce qu’il y a de meilleur sur une baguette de pain frais et croustillant servie avec un verre de votre meilleur vin blanc sec.

    Un vrai délice !

    Le goût de la sauce est très fortement déterminé par le fromage que vous emploierez. Choisissez donc votre fromage préféré ; il faut uniquement qu’il soit assez dur (vieux). Sur l’île de la Gomera l’Almogrote est préparé avec du fromage de chèvre curado.

  

Ingrédients :

300 gr de fromage dur

4 / 5 belles gousses d’ail

2 tomates charnues bien mûres

1 à 2 piments séchés rouges (d’Espelette en France)

½ cuiller à café rase de sel, 2 pincées de poivre gris moulu

100 ml. d’huile d’olive vierge extra

 

1 ■  Râper le fromage avec une râpe. Ecraser les gousses d’ail épluchées avec le presse ail. Ebouillanter les tomates, les peler, en enlever les graines et les couper en tout petits morceaux.

2 ■  Ebouillanter les piments séchés pour les faire ramollir, enlever les pépins et les hacher très finement.

3 ■   Puis, bien mélanger fromage, ail, sel, poivre, tomates dans un récipient.

4 ■  Ajouter l’huile très lentement, comme pour monter une mayonnaise, en remuant constamment, jusqu’à obtenir une consistance veloutée, et...

 

« Passons vite à l’apéro …

            
ce soir : vino tinto et Almogrote, nous trinquons avec vous !! »  

 

    Mercredi  22 avril 2009 :

    Dans la nuit le vent est tombé. C’était la seconde nuit que ma Do dormait dans le carré. Elle s’y sens plus rassurée… les bruits… les vibrations…

    Bon sens très féminin !  Ne cherchez pas à comprendre.

     Toujours est-il que le bateau était autant secoué qu’au mouillage. C’est un comble quand on paye 36 € par jour. Remboursez !

 

   Jeudi 23 avril 2009 :

    Enfin, nous n’entendons plus le vent hurler dans les haubans.

    A 9H00 pile je suis devant le loueur de voiture. Tout est près, vêtements de rechange et surtout le repas froid.

    Nous ne tardons pas à rouler vers le centre de Isla Colombina (baptisée ainsi en raison de ses liens historiques avec Christophe Colomb).

    Le ciel est d’un bleu profond, la luminosité est exceptionnelle. Dès les premiers lacets, nous savons que nous allons découvrir une nature différente. Que ce soit les fleurs cultivées autour des maisons ou les plus sauvages qui bordent les routes ici les couleurs sont exacerbées. Ma Do dit qu’elles sont de couleurs « pétard ». Traduisez comme vous voulez. Moi, je pense simplement que le terroir est riche, la Nature fait le reste.

    A La Gomera nous ne voyons aucune culture sous serre qui défigure le paysage et fabrique des fruits et légumes industriels nourris sous perfusion !

    J’ai hâte de voir le vignoble ; mais à part quelques pieds épars et malades il n’y a pas de véritables parcelles. Sûrement demain, dans le Nord de l’île.

 

 

    Nous entrons dans la forêt originelle de Garajonay, jungle presque impénétrable au cœur de l’île. Elle englobe une des dernières laurisylves (forêt de lauriers) comme il en existait jadis autour de toute la Méditerranée.

   

« La forêt originelle de Garajonay et non pas… le jardin public » !

 

     Les Canaries ont été épargnées par la dernière période glaciaire, si bien que le milieu naturel de Garajonay correspond à celui du pourtour méditerranéen il y a des millions d’années.

    Il a été classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

    Si nous devions donner une image correspondant à notre impression de cette île, ce serait : ses sentiers de randonnées. Il n’y a pas un moindre recoin de l’île qui ne soit pas traversé par un sentier balisé et répertorié.

    Bien des sentiers sont utilisés par les insulaires depuis des siècles, de ce fait il s’agit d’une véritable culture et sont tous impeccablement entretenus.

    Malheureusement nous n’en avons parcouru que quelques centaines de mètres avec un gros regret. Deux jours de voiture ça ne permet pas de faire trop de ballades à pied, si nous voulons bien voir le principal.

    Bien que Teiva soit un vrai fainéant pour marcher en ville, dans les bois il adore, c’est lui qui ouvre la marche. Nous nous disons que nous passons à côté de beaucoup de merveilles avec nos voitures.

 

    Mais nous avons pris le temps de visiter à fond les jardins et les salles pédagogiques du Centre d’accueil dédié à ce Parc National. Sur une vidéo, Teiva a été captivé par les 2 bergers, sur les flancs opposés d’un barranco (vallée profonde), qui se racontaient en sifflant (le silbo gomero) : « Domingo, a perdu une chèvre noire, est ce que tu l’a vue » ?

 

    Lui qui commence à bien comprendre qu’il existe plusieurs langues, en voilà encore une bien spéciale !

 

    Dans le cadre superbe des jardins du Centre, nous avons pu apprécier la centaine d’espèces de la flore endémique canarienne, dont certaines sont exclusives de La Gomera.

 

    La forêt domaniale du Parc de Garajonay d’une superficie de près de 4 000 hectares est située dans la partie haute de l’île, entre 800 et 1 487 mètres d’altitude, nous la parcourons par une petite route secondaire d’une dizaine de kilomètres. 

    La faune y est également très riche. Mais cette observation est réservée à ceux qui ont échangé les chevaux de leur voiture pour une bonne paire de chaussure de rando… Le Parc dénombre plus de 1 000 espèces cataloguées, dont plus de 150 sont endémiques.

    Cela représente une concentration d’espèces par unité de surface qui n’est atteinte dans aucun autre endroit d’Europe (nous pensons à Jean-Pierre qui adorerait traîner par ici). Jean-Pierre prend note puisque tu es à la retraite…

    Si nous n’avons pas vu de près le fameux pigeon des lauriers, nous avons pu apprécier la symphonie des multiples oiseaux cachés dans cette forêt dense. D’ailleurs notre déjeuner au milieu de ce concert fut digne d’un 5 étoiles.

 

    Le ciel est toujours d’un bleu intense. C’est une journée exceptionnelle et une chance pour nous, car cette partie de l’île se trouve toute l’année dans les brumes et une humidité élevée. Ces brumes jouent un rôle important dans le fonctionnement de l’écosystème car elles réduisent la perte d’eau par évaporation et déposent, sur leur passage, de fines gouttelettes sur la végétation. L’humus de cette forêt joue son rôle d’éponge, ici point de cascade mais de l’eau qui suinte sous les rochers.  

    Je connais certain paysans qui devraient venir faire un pèlerinage dans cette île pour se faire remettre les pendules à l’heure et des coups de pied au c.. pour comprendre que leurs pratiques du désherbage systématique est une idiotie contre nature et certainement pas une règle de l’art en agriculture.

   

 
" Quelques descentes de tyrolienne, c'était la séance frisson ..." 


    Nous quittons le Parc non sans faire un arrêt sur l’aire de loisirs et de pique nique de la Laguna Grande. Les insulaires prétendent qu’il s’agit d’un lieu mystique où se réunissaient autrefois les sorcières. Ce n’est pas un souci pour notre Teiva qui aura essayé tous les jeux présents et en particulier la tyrolienne. C’est là qu’il est tombé dans la seule flaque boueuse de l’île.

    Mais maman avait tout prévu.    

    Nous entamons ensuite la descente vers le barranco de Valley Gran Rey (le village touristique à la mode) pour y voir ses nombreuses terrasses cultivées. Nous connaissons bien ce village pour y avoir pratiquer notre dernier mouillage de 15 jours, c’est pourquoi nous ferons vite demi tour, car il s’agit d’un cul de sac et le petit village du port nous connaissons.

                                                 

« Le barranco de Valley Gran Rey »

 

    Le soleil décline déjà et nous avons encore beaucoup à faire, il est temps d’aller visiter le village des potiers tout proche : El Cercado.

    Chez Maria nous trouvons le broc à eau qui nous manquait. Nous prenons le temps d’observer cette femme qui pratique cet art ancestral sans tour.

    Vu les prix dérisoires, ma Do en profite pour choisir une lampe à huile pour nos bougies anti-moustiques. Nous préparons toujours la Casamance.

 

    Nous prenons la direction de San Sebastian et de notre  home-sweet home. L’équipage est fourbu, malgré nos multiples haltes et visites nous aurons fait un bon tour de cette petite île ronde de 25 km de large.

 

    Demain nous avons tout un programme, ma Do a potassé les guides.

 

Vendredi 24 avril 2009 :

    L’équipage se lève tôt encore aujourd’hui, la journée sera longue.

    Une fois dans la voiture, cette fois nous mettons cap sur le nord de l’île. Direction Vallehermoso que nous avions évité la veille. C’est le village d’où provient le vin de la Gomera nous dit-on dans les guides.

 

    Sur place nous verrons bien quelques petites parcelles çà et là, en terrasses et en alternance avec d’autres cultures. Jamais de trace d’un véritable vignoble. C’est à se demander si le vin rouge de La Gomera ne se limite pas à la photo sur l’étiquette… De plus il n’y a pas de bodegas (caveaux pour déguster). Bizarre, bizarre. Nous ne chercherons pas plus loin.

 

    Autres paysages très typiques de l’île : les palmiers et les terrasses cultivées (ou pas). Bien qu’une grande partie de ses terrasses soient abandonnées, il y a toujours quelques vallées fertiles qui sont très habitées autour de leurs cultures. Nous en avons parcouru une : le barranco d’El Ingenio qui part dans le sud de Vallehermoso sur une vingtaine de Kms par une route à voie unique. Il ne s’agit pas d’un circuit pour cars de touristes, c’est ce que nous apprécions le plus.


 
« Le barranco d’El Ingenio, une succession de terrasses cultivées »

 

    Nous passerons une bonne partie de la journée dans ce barranco, tellement nous nous y sentons bien. Nous déjeunerons dans un jardin aménagé sur le seul banc qui restait. Aujourd’hui, toutes les femmes de la vallée se sont réunies pour un déjeuner grillades. Nous les voyons descendre de la montagne par groupe en prenant leur temps et surtout en papotant.

 

    Du même coup, nous découvrons que toutes les maisons implantées sur le  versant de la vallée ne disposant par de la route, sont reliées par des escaliers aménagés, voire munis de rambardes pour traverser les cultures en fond de vallée et rejoindre la route goudronnée.

    Chez nous, ces implantations d’habitations non desservies seraient impensables. Pour ces insulaires leurs priorités sont toutes autres !! 

 

     A la Gomera l’agriculture est en voie de régression, seule la banane est exportée et elle n’arrive plus à faire vivre tout le monde. A mes yeux, le fléau c’est le tourisme populaire qui envahi l’île le temps d’une courte journée. Un mauvais tourisme, économiquement parlant : il s’agit du déversement massif d’un flot de « visiteurs à la journée » arrivant avec des immenses ferry-catamarans depuis le non moins immense complexe touristique du sud de Tenerife.

 


"Barranco del Cabrito avec le Roque del Sombrero avec
ses terrasses abandonnées couvrant des versants entiers …"


 
"le Barranco del Cabrito avec Roque del Sombrero, vu de la mer "

 

    La proximité de ce grenier à touriste tout proche est dommageable pour les Goméros.

    Du même coup le tourisme hôtelier sédentaire a du mal à se développer malgré une offre grandissante du  tourisme rural : des locations dans la campagne ou les petits villages chez les Gomeros.
 

  

« Vallehermoso : El Roque Cano et un rameau de vigne sain… »

 

    Notre visite de l’île de la Gomera prend fin. Elle se sera limitée à 2 journées intenses. C’est trop peu.

    Si je devais inscrire dans ma liste des lieux potentiels où je finirai bien mes vieux jours, j’y mettrais peut être La Gomera. Mais il y a eu des fuites : ma Do potasse déjà les guides de notre prochaine destination : La Palma.

    D’après ses récits il semblerait que cette prochaine île soit un condensé de ce qu’il y a de mieux et de plus beaux dans toutes les 6 autres îles réunies, y compris Lanzarote que nous avions tant aimée.

 

    Dimanche 26 avril 2009 :

    Nous quittons la marina de San Sebastian pour 8 jours de mouillage.

    Ma Do, nous négocie une série de créneaux Amiral pour sortir de ce mini port encombré et étroit, je salue cette manœuvre au passage. Ce n’était pas gagné d’avance ! D’ailleurs les voileux sur le ponton et les bateaux dont nous rasions les poupes en avaient les yeux écarquillés.

 Une nana… pensaient ces machos de Rosbeef !!

L’équipage d’Araka Nui se joint à moi pour vous dire, KENAVO.

D.P

                                                                                              

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 20:28

 

Où nous nous arrachons enfin de la marina de Las Palmas...


Mercredi 25 mars 2009
:

    Nous invitons à dîner les 2 familles d’amis voileux français de la marina pour ce grand jour.

    Par discrétion nous leur avions seulement évoqué comme motif la cause de notre départ le lendemain. En fait, c’était surtout les 47 ans de ma Do…

Ainsi Teiva retrouve son bon copain Léo (ils ont le même âge) qui est revenu la veille de chez sa grand-mère en Bretagne. Pendant que nos deux artistes jouent aux pirates, nous les anciens,  arrosons l’évènement avec un tagine d’agneau aux amandes maison.

 

    Le lendemain jour du départ il pleut comme jamais ! Ce n’est pas un peu d’eau qui va remettre en question notre décision d’en finir avec la marina de Las Palmas. Nous commencions à prendre une attitude inquiétante : comme ceux qui y sont scotchés depuis des années.

    C’est pourquoi notre décision est inflexible ; d’autant plus que nous avons eu la bonne idée de nous mettre au mouillage à l’extérieur de la marina mais toutefois dans l’immense port de Las Palmas. Ainsi nous pouvons nous amariner, guetter la météo favorable pour changer d’île et lever le mouillage en quelques minutes.

 

Lundi 30 mars 2009 :

    C’est parti. Route plein sud, vers …Maspalomas à une quarantaine de milles, le grand sud de Grande Canarie.

    Là bas nous mouillerons pour passer la nuit. Toujours en phase avec nos habitudes : nous avalons une étape de jour, au mieux nous débarquons avec notre P’tit Coco (notre annexe) vers la plage pour donner de l’exercice à notre p’tit mousse. En général, il s’affale pendant toutes les navigations dans le grand fauteuil du capitaine scotché devant sa télé ou par terre sur un matelas quand le bateau bouge trop.

    Il faut dire que la descente aura été un peu shaker…

    Nous arrivons dans une grande baie bien abritée de rêve : sa jolie plage de sable noir, son petit village de pêcheur blotti contre la falaise, ses palmiers longeant la promenade et le petit bistrot canarien !

    Tout y est pour en faire un Paradis. Sauf…

l’immense usine fabrique de ciment poussiéreuse et imposante qui jouxte le village et la plage…

    J’ai vu beaucoup de lieux idylliques sur notre belle Planète Bleue depuis que je bourlingue ; mais tous m’apparaissaient avec au moins une imperfection : la solitude, les moustiques, la précarité, l’humidité, le vent…bref, ce n’était pas le Paradis il me manquait quelques chose !

    A présent, je fais partie de ceux qui pensent que le Paradis se crée uniquement avec sa pensée et son cœur. Il est vrai que le résultat est plus probant lorsque l’on se trouve dans un environnement sympa. Mais en y croyant fermement et avec un peu de pratique il parait que les sages hindous ou lamas tibétains y arrivent même immobilisés et …malades !  

    Il est certain que notre cerveau contribue par la pensée à nous permettre ces voyages.

Premier avantage évident : chaque être humain possède cette faculté. C’est un cadeau. 

   Nous autres occidentaux avons perdus ces connaissances et notre matérialisme pur et dur a pris la relève. Ceci explique une très grande partie de nos maux.  

 

Mardi 31 mars 2009 :

   Aujourd’hui nous traversons vers la grande île de TENERIFE.

La météo prévoyait un alizé du nord-est et nous rencontrons du nord plus musclé. Il ne nous en faut pas plus pour changer la donne.

    Ainsi nous nous trouvons au pré serré. Allure à laquelle notre fier catamaran n’est pas  dans ses avantages.

    Nous découvrons aussi pour la première fois les zones d’accélération du vent, propres à toutes les pointes sud des îles canariennes.

    C’est facile à imaginer : vous naviguez avec une petite brise de quelques nœuds par l’arrière, une petite caresse en quelques sorte, qui vous donne l’envie d’envoyer toutes les voiles dont la plus légère de petit temps : le gennaker. Puis sur 200 mètres vous franchissez comme une barrière avec un vent de 25 nœuds de face.

    Autant dire que si vous avez le gennaker hissé dans ces conditions, je vous parie des soucis.

    L’avantage c’est que nous sommes sensés connaître les zones de ces phénomènes mais lorsqu’on veille sérieusement (comme je le fais systématiquement dans nos types de navigation à la journée) il est facile d’observer les gros moutons blancs au sommet des vagues.

 

    Dans notre cas, aux Canaries nous avons pris la sage décision de ne jamais lancer le gennaker. Du même coup nous ne possédons comme voile propulsive que notre solent que j’appelle mon « aile d’avion » tant il est beau. Son seul inconvénient : sa petite surface. La grand voile est toujours notre « mouton à cinq pattes » tant elle est capricieuse à donner un avantage de propulsion suivant notre allure.

    Du coup c’est Volvo & Cie (ils sont deux de 55 CV) qui se décarcassent pour nous faire tenir une moyenne raisonnable et atteindre notre objectif avant la nuit.

    A tel point que ma Do qui a toujours le mot qui convient, m’envoie : « on est en vacances, mais on est pressé… ». Elle exagère.

    Sa mauvaise foi évidente oublie de préciser qu’elle est aussi la première à apprécier des traversées les plus courtes possibles avec la petite sortie à terre à l’arrivée.

    Aujourd’hui l’étape a été plus longue, nous avons avalés 70 miles. Nous profitons immédiatement d’un apéro bien mérité, notre fier vaisseau mouillé dans une eau plate aux teintes du soleil couchant : la baie de Los Christianos (28°02’6 N et 16°43’1 W).

    Nous sommes au sud de TENERIFE. La description des alentours sera rapide : nous sommes face à la principale station balnéaire de l’île. Je laisse votre imagination faire le reste.

    Toujours est-il, l’apéro est divin malgré la vue directe sur le Mac Do du coin.

    Nous avions décidé d’aller visiter en premier lieu les petites îles peu envahies par les touristes. C’est ainsi que tout naturellement demain matin nous traverserons vers LA GOMERA que nous voyons juste en face de nous, à 25 milles.    


Mercredi 1er avril 2009 :

      Depuis le réajustement à l’heure d’été et les jours qui rallongent, notre fidèle réveil matin (Teiva) nous fait le chant du coq à 8H30. Ici le soleil est déjà bien haut.

     Oh surprise !

    Cette nuit, notre mouillage a dérapé nous sommes à la côte, posé sur les rochers à marée basse.  Pourtant nous n’avons rien entendu ni rien ressenti. Je ne m’explique pas cette grave situation !

 

    Normal.


C’était notre poisson du 1er avril…

 

    Sachez, chers amis, que nos mouillages sont toujours très réfléchis. C’est la sécurité de notre bateau au moment où il est le plus vulnérable. Et malgré un certain nombre d’alarmes possibles que nous utilisons au gré de la situation (sondeur, anémomètre, positionneur GPS ou radar) nous avons toujours une oreille pour chaque bruit insolite. Sans parler du mouillage par lui-même : une technique en soit, toujours réalisé par moi-même (c'est un peu pour cette raison que ma Do se trouve toujours à la barre et elle s'en sort très bien !). Autant vous avouer qu’une nuit de mouillage ce n’est que très rarement un sommeil d’une traite, comme en marina par exemple…

    

    Route vers LA GOMERA.

 

    Ici l’accélération des vents est prévue sur le dernier tiers du parcours. En fait nous l’avons rencontré à la moitié. Ne chipotons pas. Toujours est il que je me retrouve dans la même situation que la veille avec une mer formée dans le travers. Pour le confort de l’équipage je lofe de 20° (c’est remonter au vent) et me retrouve au près. Dans ce cas, vous connaissez la chanson : il faut faire du Volvo & Cie.

    Nous avons prévu d’aller chercher un mouillage sous le vent de l’île, car il est réputé comme bien abrité mais surtout il se trouve à la sortie du port qui pourrait nous recevoir en cas de vents du sud qui nous surprendraient.

    Pendant toute la traversée nous serons salué très régulièrement par des bancs de dauphins. Nous avons eu droit non seulement à quelques pirouettes salto arrière en signe de « bonjour, coucou regardez moi » mais dans le show était prévu, une quinzaine de gais lurons qui nous ouvraient la route et formant une ligne, comme une escadrille avançant en rang serré devant l’étrave et perpendiculairement à l’axe du bateau.

Pas un rostre ne dépassait l’autre. Figure assez rare.

Il y a quand même de l’idée d’organisation dans tout cela !

    Nous avons également croisés un banc de 5 globicéphales qui se prélassaient en surface.

    Nous touchons déjà LA GOMERA et nous pouvons apprécier sa côte accore avec des falaises volcaniques vertigineuses. Nous naviguons très près pour bien observer les différentes couches de laves qui racontent par les couleurs, la nature de la lave, les épaisseurs ou les formes successives, l’histoire de ce volcanisme très ancien.

    A la vue du premier port rencontré Puerto de Santiago nous réajustons notre échelle de grandeur. Ici ce n’est plus la démesure de Grande Canarie.

    Santiago, le 3ème port de l’île, c’est quelques maisons de pêcheurs, une petite digue, une plage de galets et basta.

    Notre objectif est en vue. Pour faire plaisir à ma Do nous présentons le bout de notre étrave dans Puerto de Vueltas (Valley Gran Rey) pour faire un petit tour du propriétaire, alors que nous dépassons notre baie de mouillage qui me parait effectivement comme il nous faut et très bien abritée.

    Nous entamons notre demi tour au milieu des corps morts des petites embarcations des locaux.  Ici il n’y a pas de pontons, ni de marina.

    Le seul quai reçoit la navette inter îles. Pas de place pour nos 7 mètres de large !

    Il y a aussi une immense jetée brise lame en béton qui est vide… construite en 2003 au frais de la CEE pour recevoir des ferries… mais les ferries ne sont pas arrivés depuis.

On s’en fiche. Pour nous, c’est direction notre mouillage 28°04’71 N et 17°19’47 W.

    Plutôt que de vous décrire le mouillage nous pensons que deux bonnes photos vous en diront plus mais c’est encore plus impressionnant dans la réalité.

 

 

  « 1er mouillage de villégiature à Valley Gran Rey – LA GOMERA »

 

    Le lendemain de notre arrivée nous rendons visite au capitaine du port pour une visite courtoise et quémander le prix d’une place à quai. Nous avons trouvé une possibilité d’intercaler notre « barge », mais encore faut-il que cela leur convienne.

    Renseignements pris auprès du capitaine charmant, il s’avère que le prix est prohibitif. C’est le double de Las Palmas mais sans eau, ni électricité, ni ponton avec obligation d’aller à terre en annexe. L’électricité : nous n’en avons aucun besoin, l’eau : se vend au m3, c’est normal ; ce qui nous fait rechigner c’est le prix à la journée. Nous avions pourtant demandé pour un séjour long.

    Nous nous croyions au bout du bout du monde avec des tarifs dignes de l’époque des Guanches (les habitants primitifs des Canaries).

    A notre avis, le prix est dissuasif pour une raison de politique locale.

Mais peu nous importe, notre mouillage sera gratuit et nous n’aurons pas un défilé de touristes qui lorgnent dans notre intimité en passant pour rejoindre leur quai d’embarquement.

    A une exception près (3 jours passés à Graciosa en arrivant de Safi) c’est le premier mouillage en villégiature que nous pratiquons aux Canaries. C'est-à-dire que ce n’est plus l’escale d’une nuit, ici toute la journée s’organise en vacances balnéaires.

    Au mouillage la vie s’organise différemment qu’en marina.

Nous revivons sur un bateau et non pas dans un appartement sur les quais en ville avec vélos.

La pêche à la ligne est un grand passe temps pour Teiva. Il veut toujours ma dernière canne, dernier cri, montée de neuf, dans les règles de l’art, et qu’il m’embrouille dans la foulée.

La chasse au fusil sous marin commence enfin. Hier c’était une belle plie.

Nous ne l’avons pas mangée… elle s’est détachée à mon insu en regagnant le bateau.

    Régulièrement je nettoie les coques en apnée. Demain je pense installer mon filet trémail acheté à Safi.

    Les sorties à terre ou à la plage sont toujours très attendues par Teiva. C’est lui qui conduit le moteur électrique et il se défoule bien d’un tas de jeux dont la récolte dans les rochers.

    A bord il y a toujours une petite réparation ou un truc à améliorer. Ma Do se charge de m’assurer une bonne liste d’avance, des fois que je m’ennuie.

J’avoue avoir mis la pédale douce du côté entretien.

    A l’instant ma Do dit à son fils dans mon dos : «  ton père, il ne leur dit pas dans son journal qu’il a passé la journée devant son ordinateur ». Elle exagère toujours !

    Bref c’est les vacances et notre fier vaisseau qui possède tous les avantages de l’autonomie énergétique, nous apporte toutes les satisfactions escomptées.

 

Mardi 7 avril 2009 :

     Pour la première fois depuis notre départ de France tous nos moyens de communications sont rompus. Nous sommes complètement coupés du monde à cause de la hauteur des falaises. Bien sûr pas de wi-fi mais BLU, portables et téléphone Iridium par satellites ne passent pas...

    En effet, j’ai essayé à toutes heures du jour ou de la nuit mais en vain à me connecter, via mon installation BLU radio sophistiquée, pour obtenir mes fichiers météo et nos e-mails. Vu les falaises qui nous entourent nous ne sommes pas étonnés de la propagation insuffisante. C’est pourquoi ce matin nous faisons notre sortie cybercafé, car ma Do à une procuration importante à envoyer.

    Nous avons toujours une réticence pour ce genre d’exercice, car c’est à chaque fois galère.

Oh, il ne nous faut pas grand-chose pour contrecarrer nos petites habitudes de surfers débutants : un Internet Explorer en espagnol suffit. Par exemple, après une bonne heure de surf dans un cyber, quand nous rentrons à bord nous nous rendons compte que nous n’avons rien d’exploitable sur notre sucette… (je passe sous silence la longue liste de nos tares internet).

    Il faut avouer que nous sommes vraiment nullards en la matière. Et encore je suis poli en m’associant par un « nous » car, bien avant notre départ j’avais délégué la grande responsabilité de l’informatique à ma Do… Nous ne savons même pas gérer notre propre ordinateur portable !  Dans une marina de Méditerranée j’avais réussi à capter la WI-FI avec mon ordi portable dernier cri assis sur les marches de la capitainerie. Depuis impossible de démarrer Windows normalement sur notre fichu portable sur sa batterie, parce qu’il nous oblige à poursuivre  en « mode sans échec » ; avec ce mode tout mon système intégré pour capter la WI-FI ne fonctionne pas. Du coup il nous faut une prise 220 Volts impérativement…

    Si l’un d’entre vous pouvait nous éclairer sur cette panne !!

    D’ailleurs, ce matin conformément à nos galères cybernétiques, nous constaterons encore quelques insuffisances de résultats, ce qui aura pour conséquence de nous obliger une seconde visite au cybercafé l’après-midi. Nous ne nous plaignons même plus, nous faisons avec…

    Ainsi, vous comprendrez pourquoi nous ne sommes pas très bavards en réponse à vos mails. En effet, lorsque nous ne captons pas nos 5 barrettes d’internet à bord par la wifi, (comme se fut le cas dans les marinas espagnoles de Méditerranée) nous allons aux cybercafés contraints et forcés.

    Mais ce matin pour humer un peu l’atmosphère du village nous avons fait une pause pour prendre notre petit café au bistrot des pêcheurs.

    Ma Do en profite pour attaquer son nouveau Sudoku, je lis pour la première fois un périodique en français (Le Monde). Nous commencions à souffrir un peu du manque d’informations internationales sérieuses ( je tombe à pic sur le compte rendu de la réunion du G20).

Pas encore préoccupé par l’actualité internationale, notre Teiva découvre le contenu de sa nouvelle boîte de Playmobil.

    Sur le quai je repère un fonctionnaire en uniforme près de son 4X4 estampillé Office de la Pêche.

    Ni une ni deux, allez savoir pourquoi, je vais vers lui, me présente et lui demande tout de go si l’utilisation d’un filet de pêche est permis pour moi. Très aimablement il me dit que c’est complètement prohibé. En bon pied noir bzi-bzit je fais un salto arrière et lui raconte une salade.

    Nous convenons que je lui laisserai en dépôt lorsque je reviendrai l’après midi.

    La conversation se poursuit et j’apprends qu’un permis de pêche est obligatoire en Espagne. Je lui avoue ne pas en posséder. Il m’invite à en prendre un dans n’importe quelle mairie pour 30€ pour 3 années et pour 3 Kg de poisson par jour. Précision que ma Do comprend très bien, puisqu’elle hausse les épaules en souriant, d’un air de dire : «  avec mon capitaine c’est plutôt des grammes par semaine ».

    Voyant bien qu’il était en présence de français ignorants, le charmant homme  nous adresse la dernière en s’inquiétant sur nos connaissance dans la tailles minimales des poissons.

Il possédait justement dans les mains une très belle plaquette glacée (financée par la CEE) qui me démontra du premier coup d’œil que tous les poissons que j’avais fait placer par ma Do au congélo étaient « prohibidos ». Après lui avoir lâché le très classique : « no problemo », inutile de vous préciser que j’ai stoppé là mes autres questions à la con que j’avais sur le bout de la langue et ne plus abuser de la complaisance de mon interlocuteur : mes bouteilles de plongée, mes fusils sous marin, mes giroliers, palangrottes et tout le tsoin-tsoin.

    Je chercherai à savoir pour le reste avec plus de diplomatie et en d’autres lieux.

    Aussitôt arrivés à bord, nous remontons le girolier, les cannes à pêche et surtout celles montées en hameçons microscopiques de 14 (juste bon pour pêcher un gobie), je cache toutes

mes pochettes d’hameçons pour poissons lilliputiens, je fais le vide dans le congélo,  bref je fais du ménage dans tous mes débordements honteux. Il m’aura fallu cette discussion pour me rendre compte de ma sottise. Je tiens à rester poli. Tous mes actes de pêche allaient dans le sens de me rattraper sur des bestioles ridiculement trop petites puisque je n’étais pas capable de pêcher des poissons de taille adulte… Tout cela sous l’affreux prétexte de nourrir ma famille !

    Je me souviens bien de mon amie et néanmoins Présidente du club de plongée de Briançon, Isabelle, qui m’avait supplié de relâcher les 2 girelles prisonnières de mon girolier à Porquerolles l’été dernier.

    J’entends d’ici, la belle Isabelle, destinataire de notre journal, me dire : « tu vois Prachou que j’avais raison ! ». Je comprends vite mais il faut m’expliquer longtemps !!

    Du coup, à la place de ma sieste, je me fais à pied les 10 Kms aller retour pour aller chercher notre permis de pêche et constater que la Mairie fermait à 13H00…

    Ils sont au régime des îles ici les fonctionnaires !  Au moins maintenant j’ai repéré les lieux;

j’y retournerai demain matin. Il faut bien s’occuper et faire du sport quand on est en villégiature…

 

Jeudi 9 avril 2009 :

      Le temps passe vite… surtout quand on dort presque toute la journée !

    La nuit du mardi aura été horrible : un vent de rafales jusqu’à 30 nœuds avec nos alarmes qui sonnaient régulièrement à en devenir stressantes. Dans ces cas là on veille en s’écarquillant les yeux sur les rochers tous proches, moteurs prêts à être démarrer.

    Le matin venu nous avons attendu que le soleil apparaisse pour déplacer notre mouillage un peu plus au centre de la baie sur fond de sable dur. Juste après le petit déjeuner et le contrôle de l’ancre le vent tombe, c’est fini. Pas pour moi : je vais me coucher et commence ma nuit !

    Le mercredi s’étant passé à mon insu nous voilà donc déjà jeudi le jour où il faut aller régulariser à la mairie. Je me re-fais à pied les 10 Kms aller retour et je reviens… sans rien !

    L’administration espagnole est plus compliquée et paperassière que la notre mais leurs employés sont serviables et charmants. Toujours est-il que nous décidons avec ma Do de ne pas récidiver une 3ème fois, de ranger tout notre matériel de pêche légal et autre, de faire ainsi l’impasse sur ce moyen pédagogique discutable et de nous passer du menu fretin que j’apportais au menu mensuel.

    Toutes réflexions faites, notre programme à venir sera principalement de la marina : La Palma et El Hierro ne possèdent pas de mouillages longue durée sûrs et quand nous décidons de visiter une île en voiture il est impératif que le bateau soit à quai. Justement dans quelques jours nous allons rejoindre la marina de San Sebastian de la Gomera pour visiter l’île. Puis ce sera retour à Las Palmas pour un bon mois et demi (pendant notre déplacement à Théoules). A notre retour de France nous savons déjà que nous serons tenté de nous rapprocher vite du Sénégal.

    Mais surtout l’impasse sur les permis de pêche et de chasse sous marine c’est plus de 50 € d’économisés pour ma Do ! J’avoue que cela aurait fait cher pour les quelques jours de mouillages qui nous restaient globalement à faire aux Canaries. Et pour couronner le tout je découvre sur une note d’affichage que toute la zone de notre mouillage actuel est interdite à la chasse sous-marine. Il s’en est fallu de peu que je me paye une amende pour chasse sous-marine illégale et en ayant le permis en poche !!

    N’en déplaise à ma Do, le pro de la pêche ira acheter son poisson au marché !  Et pour ne pas la faire pleurer ça sera encore des sardines… Safi est bien loin, où nous mangions des soles pour le prix des sardines canariennes.

 

Vendredi Saint et jours suivants :

    Notre TEIVA commence à avoir quelques boutons sur le ventre et au visage. Nous nous y attendions, car il a fréquenté son copain Léo qui avait la varicelle, à Las Palmas juste avant de partir. Après l’incubation de 14 jours les vésicules sont au rendez-vous. Après la seconde éruption notre artiste est défiguré. Du coup nous nous proclamons en quarantaine.

    Il faut dire que notre artiste n’a pas goût à aller à la plage. Il se contente d’être « chiant » du matin au soir et toute la nuit. A tour de rôle il faut lui faire des bizous partout pendant des heures et lui passer un coton imbibé d’eau sur ses boutons. Nous finissons par être plus crevés que lui.

    Heureusement, mon gaillard et le bébé à sa mère est vite sur pied. Il veut de la plage.

Qu’à cela ne tienne nous irons dans notre petit coin, loin des autres gamins.

    Bien sûr, au vu de la merveilleuse pyramide que nous avions réalisé 2 jeunes enfants sont venus nous rejoindre… Nous n’allions pas les virer sous prétexte de contagion !  Ma Do est vite allée prévenir les parents : le frère et la sœur avait bien eu la varicelle. Ouf !

 

 Vendredi  17 avril  2009 (jeudi 16 avril) :    

     Au vu des bulletins météo affichés au port, nous avions prévu de quitter notre mouillage pour rejoindre la seule marina de l’île. Nous avons hâte de visiter l’intérieur de cette île renommée et il est hors de question de laisser le bateau au mouillage seul. J’allais dire : nous prenons déjà le risque lorsque nous allons à la plage de Valley Gran Rey (hors de la vue du bateau), mais le risque est déjà réel même lorsque nous sommes à bord de nuit… Il suffirait que le mouillage casse (ce qui n’est pas exclu) et nous sommes sur les rochers avant d’avoir pu réagir. Cela tient du fait qu’avec ces vents tournants et imprévisibles nous sommes 50% du temps « au vent des cailloux ». Bien sûr la règle de base de tout marin est de mouiller son bateau « sous le vent » de la côte. N’en déplaise aux puristes c’est ça ou bien la marina non-stop. Et c’est là que ma trésorière nous dit : « il n’en est pas question ». D’ailleurs pour les puristes je confierai que les premiers jours j’avais installé tous mes mouillages. L’ancre principale de 30 Kg avec ses 290 Kg de chaîne, l’ancre plomb de sonde avant et la grosse Danforth de 25 Kg à l’arrière. C’était beau à voir. Chaque ancre avec sa petite bouée d’oringuage balisant l’ancre. Un vrai champ de mine autour du bateau. Très vite j’ai déchanté : avec les renverses de vent instantanées en 24H00 mes mouillages faisaient du tricot. Cela ne devenait plus efficace mais même dangereux si je devais appareiller en vitesse sans tout laisser au fond… En fin de séjour j’ai même du couper la bouée de mon mouillage principal, j’ai été témoin d’une situation qui me mets encore la chair de poule quand j’y pense : les renverses de vents instantanées sont si fortes que le bateau qui est en bout de ses 60 mètres de chaîne peut traverser en ligne droite sa zone d’évitage, il a donc  cueilli la bouée d’oringage au passage dans la patte d’oie du mouillage, y a fait 2 tours, a traîné ses 290 Kg de chaîne sur le sable (comme si de rien n’était) pour se placer de façon diamétralement opposée à sa position initiale. Le seul hic, c’est que le bateau tirait mon ancre ainsi crochetée comme un escargot déplace sa coquille. (Si mon ancre et sa chaîne costaudes peuvent tenir plusieurs tonnes de traction lorsque la chaîne fait un angle de quelques degrés avec le fond, il suffit d’une traction d’une cinquantaine de kilos pour lever l’ancre à la verticale).

    Dans cette configuration l’ancre n’étant plus crochée correctement, le bateau est juste tenu par le poids de sa chaîne sur les fonds de sable plats comme un terrain de foot, et se déplace gentiment au gré des vents vers la haute mer ou vers la côte et les cailloux si on n’a pas de chance ! 

    Voilà donc les risques de ces mouillages de longues durées. Alors nous vivons avec le risque. Bof, le risque est limité à nous voir rentrer en France une main devant, une main derrière et une épave sur les bras !!! 

    Comme j’ai pu constater au fil des jours la fiabilité toute relative de la météo du port, qui était toujours en décalage, je vais au cyber-café faire des météos plus pointues.

    Effectivement c’est aujourd’hui vendredi qu’il y a un calme météo et pas demain.

    Je rejoins mon équipage qui bronze sur la plage et nous convenons de lever l’ancre aussitôt rejoins le bateau. Ce qui nous permettra d’arriver à San Sebastian vers 18H00.

    Nous arrivons au bateau à grand peine avec notre moteur électrique qui devient très poussif.

Après vérification, je constate que la batterie est complètement déchargée. Rien d’étonnant  cela fait quinze jours que nous faisons journalièrement 2 transits aller-retour vers le port. Comptant près de 15’ par voyage, il faut avouer que mon système avec moteur électrique et sa batterie rechargée par les 3 panneaux solaires de l’annexe a bien duré.

    Encore un choix heureux qui facilite grandement notre autonomie.

    Pendant que ma Do s’affère aux fourneaux, je prépare l’appareillage. 

    Tout est paré. Nous levons l’ancre.

     Nous avions prévu de téléphoner à la marina une fois décollé de nos falaises pour s’assurer qu’ils peuvent nous recevoir. Il s’agit d’une marina chère mais très demandée.

     C’est bon ils nous attendent pour 17H00.

    La plus grande partie du parcours se fera avec VOLVO et Cie. Nous naviguons sous le vent de l’île et nous rencontrons toutes les forces et toutes les directions de vent. Un plaisir pour des régatiers mais au risque de me répéter nous ne possédons pas un bateau de régate et nous n’en avons pas l’âme.

    A  17H00 nous entrons dans le port. Ma Do fait une manœuvre Amiral en se faufilant dans un dédale de bateaux limitant le passage.

    Accostage à la marina de San Sebastian de la GOMERA (28° 05’ 296 N et 17° 06’ 449 W).

    Après les formalités d’usage et le paiement à l’avance de nos 7 jours de marina ; de retour au bateau en relisant la facture nous constatons que nous nous sommes fait avoir d’une journée. La miss nous a compté comme arrivés le jeudi 16.

    Ca nous paraît bizarre mais un peu gros. J’allume le GPS : il nous confirme que nous sommes bien jeudi…J’étais tellement sûr de notre date que j’avais recalé de la sorte mon ordinateur et ma montre il y à un certain temps !

    Mais alors la météo favorable de vendredi c’était pour… demain.

    Du coup ma Do me dit : « voilà pourquoi nous avons trouvé la pharmacie fermée lundi dernier en pensant que c’était le lundi de Pâques, en fait nous étions dimanche » !

    En réalité ce n’est pas 1 jour de décalage, mais 8 jours… (lundi de Pâques c’était le 1O). C’est grave docteur !

    Il ne faudrait pas qu’un pareil coup nous arrive par exemple le 23 juin date de notre envol pour la France !  Ca ferait désordre avec Paulette.

    J’en profite pour vous annoncer que nous serons à Théoules du 23 juin au 23 juillet prochain.

       

Dimanche 19 avril 2009 :

     Nous avons réservé la voiture pour Lundi. Le récit de notre visite de cette île sera pour notre prochain numéro du Petit Araka Nui, avant de rejoindre la prochaine : LA PALMA.

 

L’équipage d’Araka Nui se joint à moi pour vous dire, KENAVO.                                                                                                  

 

D.P

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Présentation

  • : Araka Nui autour du monde
  • Araka Nui autour du monde
  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
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