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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 15:23

 

 

 

    Il s’agit sûrement de l’implantation des premières ruches WARRE du Sénégal, voire d’Afrique !

Nous leur souhaitons longue vie et une longue descendance.

Leur originalité vient du fait qu’elles sont nées à partir d’un navire de plaisance, ARAKA NUI, parti en 2008 pour faire un tour autour du monde !!

Elles ont été fabriquées à Ziguinchor (Casamance) grâce à un apiculteur amoureux des abeilles et futur professionnel qui a un grand avenir devant lui. Il participe activement au développement de cette filière en Casamance et m'apporte un soutien sans faille dans mes actions.

Je suis seulement celui qui a proposé les plans originaux simplifiés de la ruche WARRE, construite avec des matériaux adaptés aux conditions spécifiques subsahariennes, en respectant strictement les côtes originales. Autant dire que je crois particulièrement au développement de cette ruche en Casamance.

 

 

Pour caractériser cette ruche WARRE un seul mot suffit :

                                   SIMPLICITE !


La ruche Warré est :

simple à construire, simple à comprendre et simple à utiliser.


Ce sont les critères majeurs nécessaires à une implantation réussie dans le contexte des paysans africains.


 Cette ruche est tellement simple qu'une seule journée de formation vous permet d'acquérir toutes les bases pour débuter en apiculture naturelle. A l'issue de cette journée, vous aurez en main tous les éléments pour commencer, et avec cette ruche, tout le monde peut s'occuper des abeilles, facilement et simplement, sans acheter de matériel onéreux ni d'extracteur centrifuge.
Cela permettra à chaque famille de cultivateurs de Niomoune  de posséder quelques ruches dans le rucher collectif du quartier, en bordure de mangrove et situé parfois à plus de

2 H00 de pirogue du village.

  

Les principes de base des côtes de cette ruche WARRE.

 

      Il convient de rappeler que les plans de cette ruche ont été élaborés par l’Abbé WARRE. Ce dernier a passé une grande partie de sa vie à observer les abeilles avant de parfaire les côtes d’or de cette ruche. Dans la présente construction ces côtes demeurent inchangées :

- élément de 30 X 30 cm intérieur et hauteur de 21 cm.

Les particularités de cette ruche et ses points forts sont :

-          Des éléments de base (ou hausse) strictement identiques et interchangeables.

-          Une construction en bois rouge massif de 25 mm.

-          Un couvre cadre et un toit particulièrement simples à réaliser et étudiés pour assurer une ventilation naturelle, laissant le soin aux abeilles de parfaire cette ventilation selon leurs besoins.

-          Une utilisation simplifiée, démystifiant l’apiculture moderne auprès des populations agricoles sénégalaises.

-          Utilisation de barrettes au lieu des cadres hypothétiques et inadaptés à plusieurs titres par les communautés villageoises pauvres et souvent analphabètes.

Dans notre cas il s'agira de 8 barrettes comme pour la ruche WARRE européenne.

 

Autant dire que cette ruche correspond exactement aux besoins des apiculteurs des îles de Basse Casamance ceinturées de mangrove.


D’autre part, trop souvent les besoins des abeilles sont occultés par les apiculteurs « modernes » qui ont introduit dans la profession depuis des décennies des notions d’exploitation et de rentabilité comme le ferait un chef d’entreprise dans l’industrie.

Les abeilles occupent la Planète depuis 30 millions d’années; ramené à l’échelle du temps sur une année, l’homme moderne intervient vers les dernières secondes. Autant dire que toutes modifications brutales qui ne soient pas contenues dans leurs gênes sont susceptibles de perturber le comportement de nos amies.

Je me demande souvent si l'agressivité relative des abeilles africaines Apis Mellifera Adensonii n'est pas la conséquence du pillage systématique qu'elles subissent par les "récolteurs" peu scrupuleux qui brûlent systématiquement la colonie pour piller leur miel et qui se trouve du même coup dégradé.

On ne répètera jamais assez que l’abeille est un animal sauvage qui n’a jamais été apprivoisé ni domestiqué par l’homme. Ce qui n’empêche pas l’Homme de lui apporter une aide circonstanciée à une époque dite "moderne" où justement il porte de rudes coups à ses conditions de survie. 

Je fais partie de ceux qui pensent que les abeilles qui nous offrent ce trésor de santé et de revenus que représentent leurs miels et ses produits dérivés font partie de cette immense biodiversité de notre planète; cette biodiversité qui n’existe sur la Terre uniquement pour permettre à l’Homme d'arriver, de perdurer et d’évoluer dans le temps.

 Les abeilles détiennent un rôle majeur dans cette biodiversité, et il faut admettre que sur les dernières décennies leur survie a été mise à mal par l’Homme. Le syndrome de la disparition des abeilles qui frappe les pays « développés » (sic) en est la plus terrible démonstration avec des conséquences désastreuses sur la survie même de l'Homme.

Nous devons considérer plus que jamais l’apiculteur comme celui qui doit se mettre à l’écoute des besoins des abeilles et leur apporter une aide aimante comme nous le ferions à un parent malade.

C’est exactement ce que disait Rudolph STEINER (l’instigateur de l’agriculture biodynamique) en s’exprimant dans un ouvrage culte destiné à leur connaissance et leur élevage !

Ce préambule étant établi il ne faut pas y voire une critique sur les apiculteurs non utilisateurs de la ruche WARRE. Chacun en son âme et conscience applique les choix qui sont les siens. 


L’objet de cet article est simplement de permettre aux futurs apiculteurs sénégalais de Casamance (dont j’ai l’honneur de débuter un petit semblant d’organisation dans le cadre d’un Projet très ambitieux soutenu par la coopération canadienne et le gouvernement du Sénégal), d’utiliser les plans suivants pour construire une ruche simple à réaliser et à utiliser, qui convienne aux colonies d’abeilles tout en apportant de bons et loyaux services dans le temps en atmosphère sub-saharienne. Tout ce qui précède est dans l'espoir d'augmenter le potentiel de production de miel en Casamance et apporter une autonomie économique aux paysans, sans nuire à l'envirronement et à la biodiversité, tout en assurant la production d'un produit naturel destiné à la consommation de l'Homme.

 

En Casamance le niveau de vie des paysans est très bas et l’objectif affiché par ce grand projet PADEC est de diviser le seuil de pauvreté par deux en assurant aux producteurs des revenus équitables.

Fasse que le miel de nos amies abeilles y contribue, alors qu'un constat accablant nous interpelle : depuis près de QUARANTE années d'innombrables projets ayant pour ambition de développer la filière miel en Casamance ont échoués. Cette filière dite "porteuse" est toujours à un stade très bas (mis à part quelques professionnels qui sortent du lot).

Je crois particulièrement que le choix de la ruche WARRE est sûrement le meilleur pour tous les villages de Basse- Casamance qui s'étendent sur 400 Km².


L'existant et les pratiques ancestrales Diolas :

Depuis des générations la ruche traditionnelle des Diolas du Petit Kassa est creusée dans un tronc de palmier rônier.

Voir l'article sur cette apiculture traditionnelle : "les ruches dans la mangrove"

Les gâteaux sont récoltés en veillant à laisser en place les brêches centrales comportant le couvain. Après désoperculation le miel est disposé sur un filtre en fibre de rônier et l'écoulement se fait par gravité (sans chauffage). Mis à part certaines lacunes concernant les manipulations dépourvues des conditions d'hygiène acceptables cette pratique est certainement la plus qualitative qu'il soit en terme de récolte et d'extraction puisque c'est la plus respectueuse du miel.

Ce sont ces conditions qualitatives qui m'ont incités à transposer ces pratiques ancestrales en les reconduisant à travers une ruche dite "moderne" : la ruche WARRE.


Les avantages de la ruche WARRE pour la Casamance :

- Outre ses dimensions qui correspondent aux besoins des abeilles, la ruche WARRE, grâce à l'emploi de barrettes permet de reproduire les pratiques ancestrales sans passer par un apprentissage et le respect de techniques incontournables dont je ne suis pas sûr qu'elles soient appliquées avec rigueur par tous...

Voir l'article sur la formation des apiculteurs du village de Niomoune en Casamance. lien.

- De plus, avec l'utilisation de barrettes la récolte se pratique au pied de la ruche; nul besoin de déplacer les corps de ruches pour transporter les cadres remplis de miel. Cet aspect est déterminant dans les îles où seule la petite pirogue assure les déplacements sur une zone de 200 Km².

- La divisibilité de la ruche WARRE est aussi un atout majeur pour assurer son transport.

La ruche Vautier en ciment est intransportable dans nos zones de mangrove et de bolongs, vu son poids. D'ailleurs, dans les zones difficiles elle est construite sur place puis abandonnée une fois dégradée ! 

- Un des critères qui me fait croire à l'utilisation de la ruche WARRE en Afrique c'est la simplicité de son utilisation. D'ailleurs j'utilise comme support pédagogique le livre de Gilles DENIS (voir références en fin d'article) qui démysthifie la pratique apicole en des gestes très simples et facilement assimilables par des populations paysannes souvent bloquées par leur culture, voire leur faible niveau d'alphabétisation.

- Pour conclure, ce n'est pas un hasard, que les apiculteurs biodynamistes européens, qui apportent un véritable "culte à l'abeille", utilisent en majorité la ruche WARRE. Il en est de même de très nombreux apiculteurs non professionnels qui ne sont pas tenus par des critères de gains maximums au prix de graves concessions.

Pour le lecteur je précise avoir pratiqué l'agriculture biodynamique pendant plus d'une décennie. Certes j'étais vigneron, mais les abeilles avaient leurs places de choix au milieu de cette propriété de 60 hectares de forêts dont 10 hectares de vignoble dans les Côtes du Rhône Villages.

Tous les critères qui précèdent auront été déterminants pour orienter mon choix d'implantation de la ruche WARRE en Basse-Casamance.

 


Les matériaux choisis pour réaliser la ruche WARRE.


      Dans la région Casamance l’approvisionnement en matériaux de qualité et de grande série comme on en trouve couramment en France dans la grande distribution du bricolage est inexistant voire inabordable quand il s’agit de produit d’importation de qualité.

Il convenait également d’adopter les matériaux répondant le mieux aux conditions sub-sahariennes de cette région qui rencontre une saison très humide dévastatrice pendant presque 4 mois de l’année.

Pour palier à cet inconvénient climatique réel, M. Vautier a développé au Sénégal une ruche en ciment…Pourquoi pas ?

Dans cette « ruche »  le respect des besoins des abeilles n’a pas été le principal paramètre retenu et cela fait de cette ruche un « hangar horizontal » qui comporte beaucoup d’inconvénients et d’incompatibilité pour les abeilles.

Il faut savoir que même le ciment vieilli très mal en Casamance…Alors pourquoi un tel habitacle ?

Comme nos colonies Apis Mellifera Adansonii essaiment facilement, elles sont constamment à la recherche d’un nouvel abri : un creux dans un arbre, une carcasse de voiture, l'appentis inhabité d'une case et pourquoi pas une "ruche hangar" en ciment ?

 

Pour cet essai nous avons donc opté pour le bois rouge (red cédar ou acajou du Sénégal), couramment utilisé en Casamance pour son rapport coût/durabilité très avantageux.

Un autre bois est beaucoup utilisé à Ziguinchor, c'est le Linké.


Un entretien régulier avec une peinture extérieure couvrira largement les risques de détérioration du bois face aux intempéries pour plusieurs décennies. Un passage d’huile de lin ou de paraffine chaude à l’intérieur de la ruche avant la première mise en service serait une bonne protection du bois à cœur contre l’humidité.

En ce qui concerne les termites, nous pensons que des visites régulières devraient être suffisantes pour chasser ces ennemies des bois tendres.

Nous préparons également des pieds métalliques optionnels qui plongent dans un tube soudé avec un fond d’huile de vidange ou de gaz oil : le seul moyen fiable et efficace pour interdire naturellement toutes intrusions d’insectes rampants. 


Il est important de rappeler que nous sommes conscients que le bois rouge massif ne peut être adopté de façon prolongée. En effet, il n’est pas question de lancer une production à grande échelle, avec ce type de bois qui est de plus en plus rare, pour couvrir les besoins de cette profession naissante. D’autres matériaux vont être mis à l’essai en situation en ce qui concerne les matériaux des éléments de base.

Le bois LINKE en épaisseur de 25mm est incontournable puisqu’il est le seul autre type de bois très dur (d'une densité proche du métal) disponible en Casamance. Une série de ruches fabriquées avec du bois LINKE est installée à Niomoune.

Il s'agit du rucher école de Kaboukoute dans lequel nos futurs apiculteurs des îles du Petit Kassa se font la main sous la surveillance de leur formateur. On y trouvedes ruches Keynianes, Langstroth et Warré.

  Notre ami formateur, Nica d'Affiniam, a confirmé une information sur l'aptitude du bois Linké à attirer les essaims. Ce qui n'est pas le cas du bois rouge red cedar dont les abeilles n'apprécieraient pas l'essence de ce bois...

Il faudrait pour éviter cet inconvénient d'enfumer l'intérieur de la ruche, voire la frotter avec des feuilles fraîches de manguier et en tout état de cause installer des amorces de cire sur chaque barrettes avant le premier usage...

Bien que le Linké soit plus rare et cher c'est dans ce bois, faute d'autres solutions, que les premiers ruchers de Niomoune seront réalisés.


Mais je pense à une innovation pour la construction de ruche :

le lamellé-collé de bambou…

 

Suggestion de matériaux pour la construction de ruche WARRE : le bambou lamellé-collé.


      La technique du lamellé-collé de bambou nécessite un séchage adéquat, une préparation et un rabotage spécifique ainsi que des presses haute pression. Dans l’immédiat on ne peut envisager une fabrication locale au Sénégal. Quel dommage, alors que cette plante pousse naturellement en grande quantité en Casamance.

Un investisseur réussirait très facilement en haute Casamance en lançant un programme de fabrication et commercialisation de ce produit miracle qui comporte tous les paramètres pour s’assurer un bel avenir. Mais peut-être suis-je en avance sur notre temps !

Quoi qu’il en soit ce matériau à de l’avenir devant lui, c’est une évidence à tous les titres, même si son développement est long à démarrer.

En Europe, la commercialisation de planches de parquets bouvetés de 22 mm en lamellé-collé de bambou commence à se trouver facilement. C’est la présentation idéale pour former des panneaux de base afin d'y découper les éléments d’une ruche WARRE. J’exhorte nos lecteurs apiculteurs intéressés à faire un essai en dehors de toute notion de prix de revient. La longévité et la légèreté compenseront le surcoût relatif.

Je remercierai chaleureusement celui de mes lecteurs qui me fera part d'un essai de ce genre.

 

C’est sûr, si j’étais en France c’est en plancher de bambou lamellé-collé que j’aurai réalisé cet essai de construction de ruche WARRE. J’aurai réalisé les assemblages bord à bord vissés (faire un  avant trou à la perceuse). En noyant les vis dans la résine on obtiendrait une ruche centenaire sans entretien !

Attention tout de même à l’usure prématurée des lames de coupe et autres outils portatifs !

Cette « herbe » comporte le plus grand nombre de critères favorables par rapport aux essences de bois utilisées dans les matériaux de constructions courants.

Les avantages du bambou sont écrasants face à ses concurrents directs :

-          C’est une des plantes à la croissance la plus rapide du  monde.

-          Il se récolte dès l’âge de 3 ans (5 ans au plus).

-          Il converti une grande quantité de CO² en O² au cours du processus photo synthèse.

-          Il est 27% plus dur que le chêne.

-          Sa contraction ou dilatation par la chaleur est 50% inférieure à celle du chêne.

-          Il est peu sensible au changement d’humidité.

-          Excellente résistance aux moisissures.

-          Il ne présente pas de nœud.

-          Il ne recèle aucune substance toxique (si ce n’est la colle employée pour la fabrication du lamellé-collé qui doit être adaptée à la sensibilité des abeilles).

-          La production du bambou en zone favorable est de 30 Tonnes / hectare en moins de 5 ans !

 

Qu’attendent les industriels du bois d’importation ?

 

En attendant encore quelques années pour que ce matériau miracle se diffuse, la mise au point des quelques ruchers en ruches WARRE en Casamance suit son court et nous en sommes à la phase expérimentale et aux observations pour apporter les améliorations nécessaires.

ERRATUM :

En décembre 2011 je suis mis en relation avec un fabriquant français de "parquet épaisseur 15mm en bambou verni". Grosse déception et grande surprise : ce parquet n'est pas destiné aux extérieurs et son prix est de 19 € le m². Le prix dissuasif place ce matériaux hors de portée pour réaliser une ruche en l'état de mes connaissances. Néanmoins je persévère et poursuis mes recherches dans ce matériau...

 

Dans la mesure où l’abeille africaine Apis mellifera Adansonii est beaucoup plus petite que sa cousine européenne quelques adaptations seront sûrement nécessaires et en particulier sur l'entre-axe des barrettes (voir plus bas).

 

Capacité de production de la ruche WARRE.


       On me pose souvent la question sur les capacités de production de la ruche WARRE.

Comme si la disposition et la taille de l’habitacle offert à nos abeilles était le seul paramètre qui déterminera la quantité de miel fourni. Nous l’avons vu, le type de ruche employé est un élément déterminant pour le bien être des abeilles mais c’est loin d’être le seul. Les professionnels qui utilisent la ruche WARRE signalent une production sensiblement équivalente aux autres types de ruches pourtant plus grandes.

Mais la principale cause de réussite d’un rucher n'est pas matérielle elle est humaine... Il convient que l'apiculteur  reconnaisse les besoins de ses abeilles afin qu'il leur offre ce qu'elles attendent et quand il faut.

C'est ce savoir faire de l’apiculteur qui lui permettra d'obtenir une colonie vigoureuse. Savoir faire qui se résume à peu de chose : un minimum de technique, de l’observation et beaucoup d'amour.


      Sans vouloir mettre trop en avant les techniques apicoles pointues des pros sur des exploitations importantes (plus de 150 ruches) l’apiculteur s’évitera bien des soucis grâce à l’utilisation simplifiée de la ruche Warré. De plus en Casamance il n'y a pas de Varroa ni autre syndrome préoccupant, pas plus que d’obligation de traiter les abeilles aux antibiotiques !!

Ici la Nature est encore naturelle et vivante. C’est un avantage à mettre au crédit des sénégalais.

 

Bien sûr, l’abeille est un animal merveilleux dont la connaissance parfaite de toutes les facettes de sa courte vie nous aidera à améliorer grandement ses rendements. Et c’est bien là le rôle principal de l’apiculteur : veiller aux besoins de son rucher et y apporter une réponse au moment opportun.

Ainsi il n’existe pas de plaque signalétique sur un des côté de la ruche WARRE qui indiquerait ses performances comme on pourrait le voir sur un moteur ou une machine !

Je me refuserai toujours de claironner le rendement des ruches WARRE pour éviter ce débat comparatif idiot avec ses concurrentes.

 

 

 

Detail-ruche-WARRE--24-.JPG

  " La ruche WARRE en bois rouge

avec ses 3 éléments de base"


 

PLANS D’EXECUTION DE LA RUCHE WARRE

POUR LA REGION NATURELLE CASAMANCE


A) DETAILS DES ACHATS

(POUR  UNE RUCHE WARRE COMPLETE,

AVEC SES QUATRE ELEMENTS)   

 

 

1°) SCIERIE :

-         2 planches « bois rouge »

épaisseur 25 mm X largeur 22 cm X longueur 3,10 M

-         1 planche « bois rouge »

épaisseur 25 mm X largeur 22 cm X longueur 3,65 M

Le bois rouge est vendu 250 000 Fcfa le m3.

Le linké est vendu 300 000 Fcfa le m3.

Scierie de TEUBI tél 776604038 (TOBOR) prix 1500 F /Mètre = 14 775 Fcfa

 

2°) MENUISERIE :

-         Sciage des «16 éléments de base » (plan n°2)

-         Réalisation 2 Feuillures (haute et basse) dans chacun  des « 8 élément de base A » (plan n°3)

-         Perçage des avant trou pour l’assemblage par vissage bord à bord des éléments (plan n°3)

-         Sciage des 3 tasseaux du « plancher » (plan n° 4)

-         Sciage à 1/2 épaisseur dans la planche de 25 mm et découpe à                    (363 x 326 mm) en 2 morceaux bord à bord pour réalisation du « plancher » (plan n° 4)

-         Sciage des 3 tasseaux « couvre-cadre » (plan n° 5)

-         Sciage des 8 tasseaux « poignées » (plan n° 8)

-         Perçage de 2 avant trou 3mm dans les tasseaux « poignées »   (plan n° 8)

-         Sciage des 32 « barrettes » (plan n° 6)

-         Trait de scie dans la longueur des 32 « barrettes » (plan n° 6)

-         Fourniture contre-plaqué 12 mm (350 x 350 mm) « couvre-cadre » (plan n° 5)

-         Fourniture contre-plaqué 12mm - ou plus épais si possible - (370x370mm) isolation « toit plat » (plan n°9)

Ateliers Diocésains Ziguinchor : Isidore 776406355,

Norbert 774395775 : Total 30 000 F. Ce qui porte le coût à

45 000 Fcfa hors frais de quincaillerie et peinture.

 

ERRATUM :

 Le 12 février 2011 j'ai eu l'occasion de trouver un nouveau menuisier (dans un quartier pauvre de Ziguinchor) et j'ai entrepris avec ce dernier le débit des bois nécessaires à une ruche WARRE complète (plancher, 3 éléments, et 32 barrettes) pour 10 000 Fcfa.

Je dis bien dix mille francs Cfa pour la fourniture du bois en 25 mm rabotté et le débit des différents éléments en bois massif (contre les 45 000 Fcfa réalisés ci-dessus deux mois plus tôt !). Nous avons utilisé du Linké; c'est un bois excessivement dur et dense. J'ai accompagné l'artisan de A à Z, le débit à été réalisé en 4 H00 environ. J'étais tellement heureux de son prix exceptionnellement bas que je lui ai donné 2000 Fcfa de plus en lui promettant de lui donner des séries de 10 ruches à réaliser.

Quelques semaines plus tard, chez le même menuisier celui-ci m'avoua avoir "oublié" la main d'oeuvre dans son prix ! Soit 4H00 à 3 000 Fcfa de l'heure machine, soit

 12 000 Fcfa de main d'oeuvre en sus.

En passant une commande de plusieurs dizaine de ruches, il doit être possible de réduire la main d'oeuvre de moitié (à 2H00 de machine par ruche) du fait du travail en série. De ce fait une commande groupée devrait pouvoir négocier tous les éléments en Linké, ou Bois rouge d'une ruche complète de 3 hausses à :  

20 000 Fcfa.

Bien sûr, à ce prix il demeure le montage de tous les éléments qui sera réalisé par l'apiculteur lui-même dans l'atelier menuiserie du GIE.

Le seul problème pour le montage qui sera réalisé par les apiculteurs, c'est qu'il est impératif de réaliser des avant-trous avec une petite mèche (nécessité d'avoir une perceuse ou un vilebrequin) avant d'assembler les éléments avec des vis à bois (VBA si possible) tellement il est impossible d'y planter un clou. 

Pour répondre au problème de respect de l'environnement et du patrimoine forestier consécutif à l'emploi massif de bois pour la construction des ruches, je suggère d'inclure dans les projets de construction de ruche en bois LINKE, un programme durable de plantation d'arbes mellifères et de bois de construction en adéquation avec le nombre de ruches réalisées. Cette opération devra se réaliser sous le contrôle des services des Eaux et Forêts qui sont compétents pour permettre des interventions efficaces.

Dans le projet que je déposerai pour le GIE EHOUGNA de NIOMOUNE miel "l'Abeille d'Or", en octobre 2011, l'engagement sera pris pour la réalisation d'un programme soutenu par les services compétents de l'Administration Sénégalaise et des Eaux et Forêts.


3°) ACHAT de la TÔLE :

Tôle galvanisée (tôle ondulée zinguée de toiture aplatie) de préférence prendre du 0,23, car le 0,17 c'est vraiment du papier cigarettes.               

Dimensions (490x490 mm) en 0,17 (plan n°9) 2000 F

 

4°) ACCESSOIRES :

-         1 grille plastique épais maille 2x2 mm (200 x 250    mm)« plancher » (plan n°4) 500 F

-         1 moustiquaire plastique fine (370 x 370 mm) "couvre-cadre"      (plan n°5) 200 F

-         20 clous de 20 mm pour assemblage tôle sur fond contre-plaqué « toit plat » 2 F

-         24 vis à bois 20 mm pour « système de fixation » des éléments (plan n° 7) 300 F

-         2 mètres fil de fer rigide pour système de fixation des éléments 20 F

-         16 vis à bois 50 mm pour fixation poignées (plan n° 8)

-         64 vis à bois VBA 50 mm pour assemblage éléments de base (plan n°2) 640 F

-          ½ Kg peinture primaire PANTIPRIM NF acrylique blanche (à l’eau) pour protéger les faces extérieures de la ruche (pas de peintures à l’intérieur); colle à bois P.M. 

La seigneurie rue Gl De Gaulle - Ziguinchor 11 000 F les 3 Kg  (1850 F) 

-          ¼ litre d’huile de lin (1000 F).  

 

                                   Option décembre 2010                                  Option février 2011

Scierie         =   15 000 F                        -

Menuiserie   =   30 000 F                   20 000 F (bois+ M.O) 

Achat tôle     =     2 000 F                   2 000 F

Accessoires  =     5 000 F                   5 000 F

Transports    =     3 000 F                   3 000 F

TOTAL        =    55 000 Fcfa            30 000 Fcfa


 

  5°) Coût total du KIT complet :

   Le quit complet de base qui sera proposé à chaque villageois volontaire qui en assumera le paiement sur 5 ans (avec un différé de 2 ans) comprend :

- 2 ruches WARRE complètes avec leurs  3 éléments,

- 1 cadre métallique support pour 2 ruches,

- 4 chasses abeille (ICKO apiculture)

- 12 bandes d'écartement entre axe 37,5 mm (Thomas Apiculture)

- 2 grilles à reine (ICKO apiculture)

 

TOTAL = 50 000 Fcfa (environ 75 €)

ERRATUM :

En mars 2012, j'ai fais réaliser par mon même menuisier 10 ruches WARRE complètes avec 2 éléments. Deux améliorations notoires : le plancher était assemblé par l'atelier (tenons - mortaises pour une meilleure tenue : pièce en contact avec les projections d'eau) et le toit plat a été un morceau de plateau brut en bois rouge de 27 mm d'épaisseur (isolation garantie !!)

TOTAL menuiserie bois rouge + MO

27 000 Fcfa + 8 000 F cfa accessoires

= 35 000 Fcfa (complète à 2 éléments) 


B) PLAN DE REALISATION 


ELEMENTS DE BASE (plan n°2)


     Au préalable il est nécessaire d’amener la planche brute de sciage aux côtes de 210 mm de largeur à la scie à ruban. Après quoi un rabotage pour parfaire la côte de 210 mm est nécessaire (meilleur assemblage et surtout meilleure résistance aux attaques de termites).

Ce rabottage 4 faces est utile pour parfaire la perpendicularité et assurer l’empilage bord sur bord des éléments dans la meilleure planéité possible. 

Par contre les planches brutes de scierie font une épaisseur de 27 mm et sont rabotées à 25 mm précis. Il est important de s’assurer que la côte de 25 mm soit respectée par le menuisier. 

Tous les plans ci-dessous sont calculés pour une épaisseur de 25 mm raboté , il convient donc absolument de conserver cette côte nette après rabotage. Dans un premier temps je pensais faire l'économie du rabotage, mais le brut de scierie en Casamance est vraiment "trop brut" et il vaut mieux oublier cette option.


Débit :

A la scie circulaire, découpe au 1/4 millimètre près des côtés A et B des éléments de base. Pour une ruche complète avec 4 éléments de base (hausses) il faut :

- 8 éléments A (300 mm x 210 mm)

- 8 éléments B (350 mm x 210 mm)

 

 Elements-de-base-Warre.jpg

  Schéma 1

 

   

Detail-ruche-WARRE--8-.JPG

    " L'élément B, le côté avec ses fixations"

 


Detail-ruche-WARRE--9-.JPG

  " L'élément A, le côté avant (ou arrière) avec sa poignée"


 

Detail-ruche-WARRE--6-.JPG

  " Les éléments A et B assemblés, collés

et vissés bord à bord".

 

 

 

FEUILLURES SUR ELEMENTS DE BASE « A » 

( plan n°3)

 

Débit   :

A la scie circulaire effectuer 1 feuillure haute (qui recevra les barrettes) + 1 feuillure basse identique aux mêmes côtes. Cette feuillure basse aura pour rôle d’éviter le collage de l’élément supérieur sur les barrettes de l’élément inférieur. En Europe cette réduction de l’épaisseur peut présupposer un pont thermique. En Afrique ce risque n’a pas lieu d’être. C'est donc le sens pratique qui sera retenu. Ces 2 feuillures seront réalisées sur chacun des 8 éléments A comme indiqué sur le schéma 2 en coupe.

 

Feuillures éléments de base Warré

Schéma 2



Assemblage :

Il se fait par collage et vissage (après avoir réalisé des avant-trous avec une mêche de diamètre 1/2 de la section des vis) : les planches B sont vissées à plat sur le champ des planches A de façon à obtenir les côtes intérieures de 300 mm x 300 mm (comme indiqué sur le schéma 3 ci-dessous).


Vue-element-de-base.jpgSchéma 3

 

 

 

Détail ruche WARRE (11)

  " La feuillure haute et basse de l'élément A ".


 

 

PLANCHER  ( plan n°4)

Débit :

A la scie circulaire découper les tasseaux dans l’épaisseur de la planche en bois rouge rabotée à 25 mm (60 mm x 25 mm). Ces tasseaux une fois cloués bord à bord sous forme de cadre à 3 côtés serviront de support pour recevoir le plancher :

- 2 tasseaux (375 mm x 60 mm x 25 mm)

- 1 tasseau (300 mm x 60 mm x 25 mm)

 

 Plancher.jpg

Schéma 4


Une feuillure intérieure est réalisée à la scie suivant les côtes du schéma 4. C’est dans cette feuillure que sera glissé le plancher en bois rouge.

 

Assemblage :

Comme cette partie de la ruche sera posée non loin du sol et des projections d’eau il n’est pas bon d’utiliser le contre-plaqué local (qui est réservé aux locaux intérieurs).

Ce plancher sera donc réalisé en bois rouge massif. La planche brute de 27 mm d’épaisseur en provenance de la scierie sera divisée en 2 à la scie circulaire ou à ruban et rabottée à la côte de 12mm.

 

 

Les 2 morceaux ainsi obtenus d’une épaisseur de 12 mm environ seront assemblés simplement bord à bord pour obtenir une planche de (363 mm x 326 mm).

Sur la photo un assemblage à mi bois a été réalisé mais cela est strictement inutile.

D’autant que ce plancher comporte normalement une ouverture grillagée de 20x25 cm. Dans le cadre de ce premier essai, Etienne a estimé que la prise d’air basse matérialisée par le plan d’envol était suffisante. L’observation confirmera ce choix.

Pour ma part, je suis convaincu que la grille du plancher comporte d’autres avantages et en particulier l’évacuation de brisures et toutes sortes de débris. 


En conséquence une ouverture de 200 mm x 250 mm sera réalisée dans ce plancher pour être couverte par le grillage plastique épais à maille 2 mm x 2 mm.(aération non visible sur les photos parceque pas encore réalisée. En définitive de la moustiquaire métallique a été installée).

Attention à s’assurer que le grillage soit bien hermétique aux passages des abeilles.

 

Vue-plancher.jpg

Schéma 5

 

 

 

Detail-ruche-WARRE--1-.JPG

  " Les 3 tasseaux du plancher assemblés, collés et vissés.

Voir explications sur dernière version avec 4 tasseaux".


 

Detail-ruche-WARRE--2-.JPG

  " Détails sur l'assemblage bord à bord des tasseaux de plancher ".

ERRATUM :

  L'expérience aidant nous avons dû améliorer le montage du plancher : mêmes côtes, mais un quatrième côté et un assemblage des quatre tasseaux du type tenon-mortaise et collés. Ceci semble être un minimum pour assurer la longévité de cette pièce maîtresse. 

Plancher-WARRE.JPG

 

Details-plancher-WARRE.JPG

 

Plancher ruche WARRE


Detail-ruche-WARRE--3-.JPG

  " Détails sur l'assemblage à mi bois (pas nécessaire)

du fond de plancher".


 

Detail-ruche-WARRE--4-.JPG

  " Détail de la fixation par vis du tasseau avec le fond de plancher.

Notez le fraisage pour effacer la tête de vis au serrage ".


 

Detail-ruche-WARRE--5-.JPG

    " Le plancher d'essai.

L'aération de 200 x 250 mm n'est pas encore réalisée".


 

 

 

COUVRE – CADRE  ( plan n°5)

Débit :

A la scie circulaire réaliser :

- 2 tasseaux de (350 mm x 25 mm x 10 mm)

- 1 tasseau de (300 mm x 25 mm x 8 mm)

 

Assemblage :

A la scie cloche (ou tout autres moyens) réaliser 2 trous de 30 mm de diamètre dans le contre-plaqué. Ces trous recevront les accessoires "chasse abeille".

Cette partie de la ruche sera posée sur le dernier élément le plus haut face plane contre le toit, sous laquelle on interposera la moustiquaire fine. Il se crée ainsi une ventilation naturelle qui laisse circuler l’air naturelle entre l’ouverture du plancher et le haut de la ruche. Le toit plat qui vient recouvrir le tout est étudié avec du jeu pour laisser un libre passage à la circulation d’air.

C’est pour cette raison que le tasseau du milieu n’offre qu’une épaisseur de 8 mm alors que les 2 tasseaux extérieurs font 10 mm d’épaisseur. Ces 2 trous sont couverts par 2 chasses abeille du commerce (non visibles sur la photo).

 

 

 

Ces 3 tasseaux réalisés à la scie circulaire sont ensuite cloués sur le contre-plaqué (350 mm x 350 mm) suivant le schéma 6 ci-dessous.

 

 

 Couvre cadre

Schéma 6

 

 

 

Detail-ruche-WARRE--16-.JPG

 

Couvre-cadre-WARRE.JPG

" Le couvre-cadre prêt à l'emploi,

avec les 2 accessoires chasse abeille".


 

 

Detail-ruche-WARRE--17-.JPG

" Détails d'assemblage du couvre-cadre ".

 

 

Detail-ruche-WARRE--18-.JPG

  " Notez la différence d'épaisseur du tasseau central ". 

 

 

 

BARRETTES   ( plan n°6)

 

Débit :

Chaque élément comporte 8 barrettes positionnées avec un entre axe de 37,5 mm.

Découper 32 barrettes de (319 mm x 25 mm x 10 mm) à la scie circulaire dans la planche rabottée pour équiper les 4 éléments.

 

Chaque barrette recevra un trait de scie (profondeur 2 mm maxi) sur une des face de 25 mm de large (trait rouge du schéma 7 ci-dessous) pour réaliser une entaille qui permettra de mieux coller l’amorce de cire sur la barrette neuve.

 

 

Barrettes.jpgSchéma 7

   


Montage :

En Europe on utilise des crémaillères du commerce pour caler les barrettes et obtenir un bon espacement. Soit un entre-axe de 37,5 mm. Cet article n’est pas disponible en Afrique. Nous avons importé des crémaillères à 12 barrettes WARRE des établissements ICKOWICZ à Bolène (il n'existe pas de crémaillère à 8 barrettes de 300 mm de longueur adaptée aux WARRE). Il suffit de couper à 8 barrettes et faire un assemblage avec 2 éléments coupés à 4 barrettes.

 

Il est évident que l'adaptation aux petit gabarit de l'abeille africaine nécessiterai un entre-axe de 32,5 mm, soit 9 barrettes à insérer dans la largeur de 300 mm de la feuillure. 

ERRATUM :

(Avril 2012) Après observations de hausses équipées à 9 barrettes nous sommes revenus définitivement aux 8 barrettes européennes avec entre-axe de 37,5 mm. L'explication de ce choix est d'ordre pratique : les crémaillères du commerce adaptées aux ruches Warré n'existent qu'en 8 barrettes et il n'est pas question pour nous de nous lancer dans des adaptations hasardeuses. De plus il semble que nos "petites abeilles" africaines construisent leurs brèches en conséquences.

Le passage à 9 barrettes est donc un faux problème.

 

 

 

Detail-ruche-WARRE--13-.JPG

    " Détails d'une barrette avec le trait de scie

pour faciliter le collage de l'amorce de cire ".


 

Detail-ruche-WARRE--12-.JPG

  " Vue de l'intérieur d'un élément.

Notez la feuillure haute et basse.

Absence de crémaillère sur la photo, pièce obligatoire pour assurer l'écartement correct des barrettes".

 

 

 

Detail-ruche-WARRE--14-.JPG

  " Vue de dessus d'un élément

avec ses 8 barrettes (sans crémaillère)".

 

 

 

P1110532 

" Détails de la crémaillère avec entre-axe de 37,5 mm "

 

Cremaillere-WARRE.JPG

 

 

FIXATION DES ELEMENTS ( plan n°7)


Montage :

De chaque côté de la ruche un système de fixation simple est prévu pour éviter qu’un décalage des éléments posés bords sur bords se produise. De plus cette "cohésion" entre éléments assurera une meilleure stabilité.

ERRATUM :

(avril 2012) Les fils de fer employés, bien que très économiques ne sont pas assez rigides, d'où leur inefficacité. Il a été commandé les fixations inox pour WARRE des établissements ICKOWICZ à Bollène. 

La question de la stabilité de la ruche WARRE va se poser dans la pratique. En effet, nous savons qu'un édifice de 4 hausses implanté sur une surface de 350 x 350 mm est un défi face aux tornades de l'hivernage qui souffle jusqu'à 40 noeuds à découvert. Nous étudions un support plastique équipé pour recevoir 2 ruches, ainsi qu'un support métallique en cornières et "boîte à huile" sous chacun des 4 pieds.

Sur ce point capital, des essais in situ permettront d'apporter une solution circonstanciée.

La photo ci-dessous montre bien le système de fixation entre chaque éléments.

Deux vis sont mises en place sur la partie haute de chaque élément alors que sa partie basse ne reçoit qu’une vis centrale.

Des bouts de fils de fer seront coupés à la bonne longueur pour correspondre au résultat de la photo ci-dessous. Chaque morceau de ce fil de fer rigide est entortillé sur la 1ère vis arrière pour ne pas être perdu.

Il suffira pour assurer l’alignement vertical des éléments entre eux de passer le fil de fer (l'inox est plus rigide, donc plus efficace) par le dessus de la 2ème vis centrale (de l’élément du dessus) pour venir se fixer sous la 3ème vis.

 

Détail ruche WARRE (24)

  " Les fixations des éléments entre eux sur les côtés B ".

 

 

 

Fixation-corps_adaptation.jpg

 

  " Détails d'une fixation "modèle ICKOWICZ par 3 vis.

Une des extrémité du fil inox est bloquée par la vis de droite;

le fil inox passe par dessus la vis du milieu

et par dessous la vis de gauche ".


 

POIGNEES  ( plan n°8)

Débit :

A la scie circulaire découper

-         8 tasseaux de (250 mm x 25 mm x 25 mm)

Ces tasseaux feront office de poignées. Ils seront rabotés sur une face (ou limés) pour former un biseau sur le dessus de la poignée qui permettra l’écoulement d’eau naturel.

 

Poignee.jpg

Schéma 8

 


Montage :

Ces poignées seront collées et vissées sur les faces Avant et Arrière des éléments de base (sur la planche A). Deux avant trous (diamètre 3mm) sont réalisés en atelier dans l’épaisseur de la poignée, ce qui facilitera le vissage dans le bois rouge.

 

 

Au rucher, dans le cas d’une simple visite rapide sans dépose des éléments, il est important que les éléments de la ruche soient entre-ouverts uniquement par leurs poignées. Celles-ci sont disposées sur les faces avant et arrière. Ceci pour assurer que les rayons qui sont perpendiculaires à l’entrée de la ruche ne soient pas écrasés l’un contre l’autre (ce qui se passerait si l’entrebâillement de l’élément se faisait par les faces de côté). Pour une simple visite, l’apiculteur peut choisir valablement d’entrebâiller l’élément en se positionnant sur la face derrière de l’aire d'envol des abeilles pour ne pas gêner ces dernières.

 

 

 

Detail-ruche-WARRE--10-.JPG

  " Détails d'une poignée.

Notez le biseau du dessus pour l'écoulement d'eau ".

  

 

 

TOIT PLAT EN TÔLE GALVANISEE  ( plan n°9)


Montage :

-         Tracer les côtes extérieures (490 mm x 490 mm) et découper à ces dimensions.

-         Tracer les côtes intérieures (370 mm x 370 mm) sur la tôle.

-         Faire  1 découpe de 60 mm à la cisaille à chaque angle de la tôle.

-         Pliage des 4 coins vers l’intérieur (voir schéma).

-         Pliage des 4 bords vers l’intérieur suivant pointillés avec une planchette et 2 serre-joints pour assurer un pliage régulier.

-         Placer le contre-plaqué de (370 mm x 370 mm) en sous face de la tôle pliée.

-         Clouer les retours en tôle à chaque angle avec des clous de 20 mm ainsi que sur la longueur.


OPTION 1 : ISOLATION THERMIQUE DU TOIT.

On peut améliorer l’isolation thermique du toit en plaçant une planche de contre-plaqué de 25 mm d’épaisseur à la place de celle en 12 mm prévue dans le descriptif (ou 2 planches de 12mm juxtaposées). Quoi qu’il en soit il est toujours préférable de placer les ruches à l’ombre d’un arbre. Une toiture en tôle ou en feuilles de rônier au dessus du rucher sera la bienvenue. En l’absence de toiture on peut toujours disposer sur le toit plat de la ruche quelques végétaux épais.

 

ERRATUM : 

 En mars 2012, nous avons définitivement éliminé le contre-plaqué des toits plats pour le remplacer par un morceau brut et massif de bois rouge de 26 à 27mm d'épaisseur (poids 4,3 Kg quand même...). Du coup nous pouvons dire que l'isolation est assurée de même que la longévité !!

Planche-de-toit-WARRE.JPG

" La planche de toit en bois rouge brut de 27 mm"


OPTION 2 : SYSTEME ANTI INSECTES RAMPANTS (FOURMIS).

Il s'agit de bloquer le plancher de la ruche ou du support de ruches sur 4 pieds métalliques reposant dans un tube acier plus large et à fond plein soudé pour être rempli d’un centimètre de gaz oil ou huile de vidange (ce n’est ni plus ni moins que 4 pieds reposant dans une boîte de conserve avec un fond d'huile usagée). Il s’agit de la meilleure protection pour éviter l’invasion de fourmis et autres termites par le sol. Comme dit plus haut, nous étudions un support de ruche qui regroupe tous les critères pour assurer une stabilité et une protection anti insectes rampants ainsi qu'une très bonne longévité, le tout pour un coût abordable...

ERRATUM :

(avril 2012) Nous avons réalisé des supports en cornières de 35 mm d'une longueur permettant d'y poser 3 ruches. Sachant que nous en plaçons qu'une à chaque extrémité. Au milieu nous conservons l'emplacement pour des éléments vides en attente.

Nous avons choisi ce système "pour voir", sachant qu'il n'est pas conseillé d'avoir 2 ruches sur le même support. En effet, suivant l'intervention que l'on réalise sur l'une, la perturbation de la ruche voisine est malvenue. Plus nous laissons nos abeilles en paix et moins elles seront agressives ! C'est une particularités des abeilles africaines mais qui n'est pas prouvée avec les ruches WARRE. A ce jour nous disposons en particulier d'un essaim (faible il est vrai) exceptionnellement docile...

Pour en revenir au support : les 4 pieds de 20 cm sont en fer à béton de 18 mm et sont soudés dans un tube de diamètre 45 mm avec un fond faisant plaque support soudée de 50 x 50 mm.

Support-2-ruches-WARRE.JPG

" Cadre en cornières pour 2 ruches WARRE

et emplacement central pour éléments vides"


Le système fonctionne bien : un film d'huile de vidange est versé sur l'eau qui rempli le petit récipient.

Pied de support WARRE

Ce dispositif nécessite quand même une visite hebdomadaire du rucher. Ce qui nous semble une bonne périodicité pour demeurer attentif aux besoins éventuels des abeilles. Sachant qu'avec les WARRE les visites et ouvertures de la ruche sont très rares. Quelques abeilles trouvent quand même à se noyer dans les petits récipients. Pas terrible !

Bref, il y a quand même des inconvénients, le système est loin d'être parfait. De plus il est trop cher :

12 000 Fcfa.

 Nous allons essayé le système de la tôle d'1 m² disposée sous les briques de support de la ruche... Ceci a été vu dans le livre d'un apiculteur anglais qui développait l'apiculture au Keynia.

Nous avons un autre système en essai et simple :

les briques support de ruches sont posées sur un tapis épais de coquilles vides d'huîtres...

Il faut dire qu'en Casamance les monticules d'huîtres se trouvent partout en bor

d de bolongs.

Il est certain que les fourmis "en colonne"  sont découragées, seules quelques persévérantes passeront.

Mais justement : "une - fourmi" est chassée par un essaim faible, mais pas une colonne de fourmis !!

Il faut reconnaître que les fourmis sont le principal ennemi rampants de nos ruches vides ou faibles, bien qu'il serait opportun de démonter qu'une certaine symbiose ou plutôt cohabitation peut se créer. Nous n'avons pas voulu permettre ce genre de situation encore, mais cela viendra peut-être par la force des choses...  

 Toit-plat-en-tole-galva.jpg

Schéma 9

 

 

 

Detail-ruche-WARRE--21-.JPG

  " Le toit plat prêt à l'emploi ".

 

 

Detail-ruche-WARRE--19-.JPG

" La face intérieure du toit est isolée par un contre-plaqué.

Vu la mauvaise qualité du contre plaqué au Sénégal,

nous opterons pour du bois massif de 25 mm".


 

 

Détail ruche WARRE (20)

  "Détail de la pliure de la tôle zinguée"


 

     Nous nous sommes attachés à réaliser cette ruche en conservant l'esprit de simplicité de réalisation. Aucune machine outil sophistiquée est nécessaire.

Dans le cas du GIE miel l'Abeille d'Or, nous avons opté pour faire réaliser toutes les pièces de bois par un menuisier et le montage se fera par les villageois avec l'aide d'une perceuse dite vilebrequin.

 

 

 

   Je vous invite à consulter le site de l'apiculteur professionnel Gilles DENIS sur la ruche WARRE.

Vous y trouverez, entre autre, la possibilité de commander son livre. Un ouvrage de référence par rapport à la pédagogie et la simplicité qui y sont employées.

Il s'agit de la méthode "simple" que j'emploie à la lettre pour implanter l'apiculture en Casamance auprès des villageois. Je crois à la réussite de cette simplicité seule garante de "démocratiser" l'apiculture en Afrique et faire en sorte qu'il ne faille pas être au minimum bac + 4 pour comprendre et conduire un rucher dit "moderne".

 

Déjà sur le terrain j'observe que les gestes sont précis.

Seul bémol : faire observer une régularité hebdomadaire des visites du rucher. Et là j'avoue que ce n'est pas gagné !

Seul un "cadre" (rare, dans les villages d'une centaine d'âmes)  qui se trouverait sur place pour rappeler chaque semaine la visite à assurer permettrait de valider ce challenge ! Il est vrai que je ne parle que du milieu Diola que je fréquente en Casamance depuis 3 années; loin de moi l'idée de généraliser sur tout le pays ou le continent...   


Le site de Gilles DENIS :

www.ruche-warre.com

 

 

     

P1110910

  "La toute première WARRE de Casamance mise en place en 2011

sur l'île de EHIDJ

avec Paul SOUMARE et son équipe.

Un seul élément faisant usage de ruchette

pour le captage d'essaim".


 

 

Warré Koldoise

  " La ruche WARRE fait déjà des émules : 

Corotimy du PADEC de Kolda fait réaliser

un véritable ouvrage d'ébénisterie en Linké,

bel ouvrage !!"

 

 

Warré Koldoise - Détails

" Une innovation : des tenons...

pour caler chaque élément.

Dans la pratique je pense que

cette initiative sera une gêne".

 

    Rucher-Boulinkino-5-juin-2012.JPG

"Installation de ce qui est sûrement :

le premier rucher WARRE d'Afrique.

Village de SAMATITE  (Casamance) - juin 2012"


Essaim Marie Jeanne 25 avril 2012 (8)

"Voici mon premier essaim sauvage casamançais,

il finira dans 2 éléments d'une ruche WARRE"

 

Nous achevons ce tour d'horizon sur l'implantation récente de la ruche WARRE en Casamance.

Je vous invite à prendre connaissance des articles :

  33 - LES PREMIERES PIERRES DU PROJET DIOLA : L'APICULTURE "MIEL DE CASAMANCE".

et

41- NIOMOUNE : LES RUCHES DANS LA MANGROVE.

Je ne manquerai pas d'apporter des informations supplémentaires début 2012 en fonction de nos expériences sur le terrain. En attendant, je demeure à votre disposition pour apporter de plus amples détails. Il vous suffit pour cela d'utiliser la boîte "commentaires" du blog.

 

Et bien sûr, nous vous souhaitons beaucoup de plaisirs et de réussite dans le monde merveilleux des abeilles.

 


O' KATORAL

 

Dominique PRACHERSTORFER

Skipper d'ARAKA NUI

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Published by Dominique PRACHERSTORFER - dans 6 - Miels de Casamance
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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 19:59

 

      Depuis de nombreux mois j’avais convenu avec Kieffing DIEDHIOU qu’il m’accompagnerait à Tan Tank pour visiter ses ruches traditionnelles placées dans la mangrove.

Kieffing est un des plus importants apiculteurs de Niomoune. Il fait partie de ces trois anciens de Niomoune qui produisent cet or sublime de la Casamance : le miel de mangrove.

Pour mieux les aider dans cette démarche de développement dans le respect de leur tradition, j’avais besoin de voir in situ les conditions de récolte, la flore mellifère et l’environnement.

Tan Tank est une île qui se situe à 1 heure de pirogue de Niomoune. C’est un des nombreux quartiers où les anciens ont trouvé des conditions adaptées pour cultiver le riz nécessaire aux besoins annuels de leur famille.

Bien sûr c’est dans cet endroit dépourvu de village que certains cultivateurs ont perduré la tradition de leurs aïeux en poursuivant la récolte du miel.

Dans les îles du Petit Kassa, pays Diola d’excellence, les ruches traditionnelles sont taillées dans les troncs de palmier rônier dont le bois possède des qualités renommées en particulier pour sa résistance aux termites et surtout sa tenue aux intempéries.

C’est donc une journée aventure à l’état pur que mon ami Kieffing me réserve.

C'est parti !

 

 

1--Deplacement-vers-Tan-Tank.JPG

 « La pirogue de Sillah nous amène vers Tan Tank.

Les deux petits enfants de Kieffing sont du voyage ».

 

  2---Debarquement-a-Tan-Tank.JPG

« Le débarquement à Tan Tank me plonge

dans un monde à l’état pur.

Palmiers rônier majestueux, baobabs et bien sûr

le troupeau en liberté ».

 

 

3---Les-rizieres.JPG 

 « Kieffing pose devant ces rizières qui,

exceptionnellement cette année,

n’ont pas été cultivées : fête de la circoncision oblige ».

 


4---Acces-vers-la-mangrove.JPG

 « Kieffing m’entraîne vers ses premières ruches.

La marée est haute, je marche sur des milliers de coquillages

type térèbes ».

 


5---Ruche-ronier.JPG

« La ruche est bien posée sur des branches sèches de palétuvier

spécialement disposées à cet effet ».

 

 

6--Ruche.JPG

« L’entrée de la ruche est obstruée par un opercule en bois

colmaté avec un mélange de bouse de vache et de terre ».

 

 

7---gros-plan-ruche.JPG

« Malgré leur mauvaise réputation je m’approche des mes amies :

elles ont les pattes arrières chargées de pollen ».

 

 

8---Ruche-ronier.JPG

« Nous inspectons ruche après ruche.

Certaines sont très proches du bolong voisin ».

 

 

9-ruche.JPG

« Sur leurs multiples pattes grêles en palétuvier

ces araignées géantes abritent nos abeilles».

 

 

10---Ruche-ronier.JPG

« Je constate qu’une très grande proportion de ruches dégueulent d’abeilles, ce qui indique des colonies fortes ».

 

 

10-A---Ruches-ronier.JPG

 

 

10-B---Ruche.JPG

 

 

11---Ruche-ronier.JPG

 


12---Ruche-ronier.JPG

« Apis melifera adansonii qui a mauvaise réputation

ne semble pas inquiétée par cet énergumène toubab

qui vient mettre son nez dans la colonie ».


 

Je ne manque pas de me faire expliquer la flore environnante. J’en profite pour submerger Kieffing de questions. Je prends des notes sur cette mine d’or d’informations en pensant qu’il sera bon de suggérer la plantation d’arbres et d’arbustes mellifères dans le programme de développement du miel en Casamance. Je pense très sincèrement que le simple fait d’exploiter la Nature donne aussi des devoirs. L’action de planter et de donner une orientation au développement de la Nature pour assurer notre alimentation de demain est une particularité que l’Homme d’aujourd’hui à tendance à ne pas placer en avant. C’est une erreur.

J’avais déjà relevé le caractère exceptionnel des miels de Kieffing. Ils sont très sombres, presque noirs, ne cristallisent pas (contrairement aux miels de mangrove) et offrent un arôme de réglisse. Je me dois de faire un inventaire des essences qui jouxtent la mangrove pour tenter d’apporter un début d’explication.

 

 

 

12A---Eufok--Diola-.JPG

« L’ Eufok (nom diola de cet arbuste) offre en novembre

un petit fruit consommé principalement par les abeilles.

Seuls les anciens savaient le préparer

pour la consommation humaine ». 


12-B---Ebambagne--Diola-.JPG

« L’Embambagne nom diola de cette fleur piquante qui pousse

en adventice autour des rizières en novembre et décembre».

 

 

12-C---Petit-paletuvier.JPG

« Ce petit arbuste pousse dans la mangrove,

c’est une sorte de palétuvier peu courant,

ces fleurs sont très mellifères et odorantes ».

 

 

Nous parcourons ainsi tout un arc de mangrove qui jouxte la terre ferme de l’île. Les ruches sont ainsi disposées sur la périphérie des terres cultivables, « loin des paysans et inaccessibles aux enfants » me dira Kieffing.

 

 

 

12-D----Baobab-et-ruche.JPG

 « Baobab en bordure de mangrove ».

 

 

12-E---Pose-pain-singe.JPG

 « Nous cueillons chacun notre pain de singe au baobab voisin ».

 

 

 

12-F---Pain-de-singe.JPG

 " Le pain de singe, fruit du baobab contient du calcium

et cinq fois plus de vitamine C que l’orange ".

 

 

Kieffing m’explique qu’il intervient de nuit sur ses abeilles sans aucune protection. « Je ne crains pas les piqûres » me lâche t-il tout en se rapprochant d’une ruche qui a visiblement son couvercle déplacé.

 

 

 

12-G---mangrove.JPG

 « Durant la tournée nous décortiquons et suçons nos morceaux

de pain de singe acidulés en recrachant le noyau dur ».

 

51 - Poto-poto

" Le poto poto n'a rien de photogénique, j'en conviens;

 mais je souhaitais vous le faire toucher de l'oeil ".

 

 

12-H---Ruche-ronier.JPG

« Une ruche bourdonnante d’abeilles

se trouve avec un chapeau d’obstruction qui s’est ouvert ».

 

 

 

13 - Ruche rônier

« Confiant je colle mon objectif dans la ruche,

pour relever la pureté de la cire nouvelle ».

 

 

13-A--Ruche-ronier.JPG

  « Kieffing intervient derrière moi

pour tenter de remettre le chapeau en place ».

 

 

14 - Ruche qui pique

« Mesdames les ouvrières n’apprécient pas

que ce monsieur vienne secouer leur porte,

fut-elle branlante et laissant passer les courants d’air ».

 

 

15 - Je courre, ça pique  16 - Je courre, ça pique


« Aïe, Aîe, dit-il en diola ! 

 

  La meilleure parade : c’est la fuite et donnant du chapeau sur ces dames rancunières d’avoir été dérangées en plein travail ».

 

 

Sur cet épisode qui s’est caractérisé par une attaque rangée, le photographe qui était aussi sur place a mis les jambes à son cou et a pensé très fort en fuyant :

« pas moi, mes amies, je ne vous ai rien fait !»

 

Du coup Kieffing me propose d’aller se reposer au campement.

Encore émotionné par cette attaque imprévue, je ne refuse pas l’offre, d’autant que je suis là en hôte.

D’ailleurs il est midi passé et je commence à m’inquiéter sur le menu que je n’ai pas prévu, sinon quelques biscuits et de l’eau. Inch’allah.

 

Nous quittons la mangrove et nous nous dirigeons vers l’intérieur des terres où on devine un grand bois composé principalement de palmiers. Les fameux palmiers dont les Diolas soutirent durant les huit mois de saison sèche le fameux vin de palme ou « bounouk » dont nous avons déjà commenté les manifestations dans nos récits niomounois.

 

 

18 - Bosquet à Tan Tank

  « Nous rejoignons un joli bosquet où règnent en maitres

les fameux palmiers : trésors des propriétaires diolas ».

 

 

J’entends des éclats de rires de femmes, nous approchons certainement du campement de la famille DIEDHIOU de Kieffing.

 

 

19 famille Kieffing

  « Je découvre une bonne partie des enfants de Kieffing qu’il me présente.

Ca bavarde, ça rigole. Il semble que je suis attendu.

Mais les jeunes présents ont commencé à se reposer

bien avant nous ! »

 

 

20 Kieffing

« J’éprouve quelques difficultés à prendre mon ami en photo

avec sa pipe.

Il s’esquive indolemment. Après explications, entre homme,

j'apprends que sa femme ne veut pas qu’il fume ! »

 

 

21 - Kieffing

 « Pauline, vient à la rescousse de son père pour lui ôter

une bonne dizaine de dards d’abeilles plantés dans son cuir chevelu ».

 

 

 

22---Bounouk.JPG

  « Le repos prévu est ... une collation au bounouk »

 

 

 

Après tout il faut faire honneur à Antoine, le fils ainé de Kieffing qui passe une grande partie des 8 mois de saison sèche à récolter le fameux vin de palme. C’est une récolte en voie de disparition, malgré la grande consommation qui en est faite. Ce sont les jeunes qui ne désirent plus monter aux arbres, il s’agit d’un sport qui ne les tente pas. Il faut vivre de longues périodes en brousse tant qu’il y a des commandes.

Je profite de l’occasion pour mieux comprendre la récolte du bounouk puisqu’Antoine est près à m’initier.

 

 

 

23---Antoine-DIEDHIOU.JPG

« Antoine, un des récolteurs de bounouk les plus connus ».

 

 

 

24---Antoine.JPG

« L’entretien du Kandapa ( la herse qui retient le grimpeur au palmier)

est une opération qui engage sa sécurité. Cet outil est personnel ».

 

 

 

25---Antoine.JPG

  « La peau de vache séchée découpée en lanières

est employée pour gainer les bourrelets en tissus ».

 

 

 

26---Antoine.JPG

    

 

27 - Récolte bounouk

« Un petit essai pour tester le matériel...

et faire plaisirs au photographe ! »

 

 

 

28 - Récolte bounouk

 « Des petits entonnoirs "houong" en feuille de palmier récupèrent

la sève très sucrée, le tout est enfiché dans le cœur du tronc ».

 

 

 

29 - Récolte bounouk

  « Les abeilles sont très friandes de bounouk, tout comme les Diolas !

L’houong plonge dans une bouteille suspendue ».

 

 

 

31 - Emmanuel DIEDHIOU

« Pour la récolte du soir, Emmanuel, le jeune fils de Kieffing prépare

les houongs, savamment construits avec des feuilles de palmier ».

 

32 - Entonnoir de récolte

  « Une entaille pour parfaire la planéité est nécessaire.

Le panier sera arrosé d’eau et recouvert d’un linge

en attendant la pose de nuit ».

 

 

Autant dire qu’en brousse la journée est consacrée principalement au repos puisque le gros des activités physiques se passe la nuit.

Mis à part l’entretien du matériel c’est aussi l’occasion de s’alimenter.

Depuis ce matin j’ai fait le décompte de mon déjeuner : pain singe, noix de rônier et bounouk. Un menu complet et calorique, riche en sucre et vitamines, en fer, calcium mais exempte de cholestérol me dirait ma Do nutritionniste. Mais je lui rétorquerais que c’est un peu juste en quantité pour un plongeur démineur retraité.

Bon ne dramatisons pas, je ne fais pas d’efforts surhumains je peux sauter un repas.

D’ailleurs c’est le moment de distribuer les noix de palmiers rônier. Les noix cueillies à bonne maturation offrent trois alvéoles remplies d’une gélatine dure acidulée. Normalement ça se mange avec le pouce (de la même façon que les connaisseurs dégustent un violet de Méditerranée).

Mais j’ai droit à une cuillère à soupe pour vider mes 3 alvéoles.

 

 

 

34 - Marie Angelle DIEDHIOU

« Marie-Angelle, la fille cadette de Kieffing

n’est pas encore mariée… »

 

 

 

34 - Niambi

« Niambi, le petit fils de la famille

n’est pas le dernier pour savourer sa noix de rônier ».

 

 

Puis viens la seconde tournée de bounouk. Il faut avouer qu’il se boit comme du petit lait puisqu’il n’est pas encore fermenté et donc pas alcoolisé.

 

 

35 - Bounouk

 « On se sert le bounouk servi dans une calebasse

avec une noix de rônier prolongée d’un manche ».

 


Le cérémonial avec l’emploi des ustensiles traditionnels

est passé.

Nous passons directement au litron...

 

 

 

36 - Dégustation bounouk

 « Le bounouk acidulé circule de main en main

non sans avoir prélevé

deux bonnes gorgées chacun ».

 

 

37 - jeunes filles

  « Les jeunes filles ne sont jamais inactives :

pendant que les hommes picolent elles effilent des palmes

pour confectionner des balais ».


 

Kieffing me suggère de reprendre la visite de ses ruches en me décrivant un immense arc de cercle autour du campement.

J’évalue à trois bons kilomètres la ballade sous le soleil au zénith.

Je ne souffle mot. J’ai hâte d’apprendre comment cet homme déjà bien usé procède pour sortir ses 250 kg de gâteaux de miel de ce poto-poto.

Il importe que je me fasse une idée complète de son site de récolte pour mieux apprécier ses explications. Il y aura donc un débriefing.

D’ors et déjà je sais qu’il faudra inclure une pirogue à moteur, dans notre dossier de demande d’aide au PADEC, pour rallier Niomoune. La pirogue à pagaie chargée à raz bord et bout au courant est un exercice inhumain voire dangereux.

Nous traverserons l’île vers le nord avant de rejoindre la mangrove.

Nous y retrouvons les filles qui sont au travail.

Elles ramassent des coques énormes suivant une technique que j’ignorai. Il suffit de repérer sur le sable une trace d’un centimètre que le bivalve laisse apparaître pour filtrer l’eau. Chaque coup est le bon. Et dire que les toubabs voileux nous ratissons le fond avec nos doigts tel un tracto pelle...

 

 

38 - Ramassage des coques

« Au passage j’en profite pour découvrir la technique

de ramassage des coques.

Les filles scrutent les traces discrètes sur le fond ».

 

 

 

39 - Coques

« Wahoo, la taille des coques ! »

 

 

40 - Ruches

« La marée a bien baissé et nous foulons le poto-poto

pour découvrir certaines ruches ».

 

 

42 - Ruche rônier

 

41 - Ruche

 

43 - Ruche rônier

« Nous ne découvrirons que très peu de ruches non peuplées ».

 

 

 

 

Kieffing m’explique qu’il vient d’installer 9 nouvelles ruches.

Il ne pratique pas le piégeage des abeilles.

« Si on a de la chance, elles viennent, sinon on attend » me dit-il philosophe.

Je constate que sa pratique est réduite au minimum, néanmoins il sort plusieurs centaines de kilos de miel par an. Ses efforts seront bien récompensés

même s’il ne maîtrise pas les techniques modernes.

Que nos apiculteurs européens en prennent de la graine. La seule connaissance que possède Kieffing c’est : l’amour des abeilles.

Cela lui suffit pour leur apporter l’aide nécessaire et la préservation de la colonie. A la récolte, iI saura prélever juste ce qu’il faut dans leurs réserves (même si ces besoins pécuniers sont grands…).

Après tout c’est peut être parce qu’il les aime, et qu’elles le savent, que ses abeilles laissent Kieffing ponctionner librement dans leurs provisions sans protection ?

Remarquez qu’ici il n’est pas question de cadres préformés en cire ou de récolte bisannuelle, ni de nourrissage, ni même d’antibiotiques et rien de tout ce que préconise nos bouquins de technique apicole en Europe.

D’ailleurs sachez bien qu’ici point de « syndrome de la disparition des abeilles », un phénomène alarmant qui entâche l’apiculture en Europe et en Amérique du nord.

Ne cherchez plus les causes : ici point de fleurs et de sols couverts de pesticides systémiques, point d’OGM, point de pollution de l’air et même point de pollution hertzienne !

En clair, c’est point de pollution tout court.

Je souhaite bien du plaisir à nos pays dits civilisés lorsqu’ils se trouveront bientôt devant un choix cornélien : s’en prendre aux véritables causes qui déciment nos abeilles ou laisser faire leur éradication de la Planète (qui sera ensuite suivie de celle de l’Homme en cinq années comme nous ont mis en garde Rudolph Steiner et Albert Einstein...

il y a 80 ans !)

 

 

44 - Ruche rônier

« Une des dernières ruches neuves installée

mais pas encore peuplée ».

 

 

45 - Ruche rônier

« Tous les diamètres de tronc sont bons

pour offrir un abris à nos amies ».

 

 

45 A - Ruche rônier

« Il arrive que les fourmis très présentes dans la mangrove

obtiennent le dernier mot face à leurs cousines ».

 

 

 

En effet, ce sont ces fourmis qui offrent principalement leurs miellats aux abeilles de la mangrove puisque la fleur de palétuvier très éphémère est peu mellifère. En réalité un pur miel de mangrove devrait presque avoir pour seule origine les miellats des insectes de la mangrove.

Comme nous avons pu le découvrir aujourd’hui la brousse n’est pas éloignée des ruches et tous les pollens des fleurs des arbres et arbustes (dont 90 % possèdent des vertus médicinales) entrent nécessairement dans la composition des miels de mangrove.

C’est la faible proportion de fleurs tout au long de l’année qui fait que les miels de mangrove sont principalement obtenus à base de miellats.

 

 

 

46 - Tan Tank

« Ici la mangrove est à bonne distance de la terre ferme

et du campement.

Nous verrons plus tard que cela aura une influence

sur le transport de la récolte ! »

 

 

47 - Ruche rônier

  « Kieffing joue de la machette sur tout ce qui pique sur son passage.

Je l’interroge : c’est pour préparer le chemin

quand je passerai de nuit, me dit-il ».

 

 

48 - Solum

« Mon guide me fait découvrir l'immense Solum,

avec ses grappes de fleurs jaunâtres,

un des arbre le plus mellifère de la brousse ».

 

49 - Solum

« La floraison du Solum dure près d’un mois jusqu’à fin novembre.

Ses fleurs fournissent un miel très clair qui cristallise très vite ».

 

50 - Solum

« Fleurs de Solum (en Wolof) un peu fanées.

En dialecte diola Kassa c’est le Boufatik

et en diola Karone c’est le Nifoulane ».

Fleur de solum et nectar

 " Perle de nectar dans une fleur de solum,

comme un diamant dans son écrin".

 

 

 

Kieffing m’annonce que nous avons fini le tour de ses ruches à Tan Tank mais qu’il en possède une dizaine d’autres

là bas plus au nord.

« C’est bon, nous en avons assez vues.

Que faisons-nous à présent ? »

Mon ami me précise que nous rejoignons le campement :

« on nous attend » !

 

Sur le retour nous quittons le « chemin de ronde » bordé par la mangrove j’en profite pour m’enquérir auprès de mon vieil ami comment il procède pour la récolte ?

« Tout seul. La nuit. Pendant une semaine ».

Oui, mais pour porter tant de kilos ?

« Je rempli un bol (bassine) quand c’est plein je le ramène au campement pour remplir les seaux »

(seaux de 25 kg avec couvercle).

"Ensuite rentrée à Niomoune en deux heures de

  pirogue (à pagaie), si j'ai le courant favorable".

Autant dire que c’est inhumain et nous comprendrons avec ma Do, pourquoi passé un certain âge tous les anciens, dès 45 ans, sont « cassés du dos » et se plaignent de lombalgies ! Au Sénégal les travaux des champs ne se font pas avec des tracteurs Fendt… même les portages se font sur le crâne.

Là-dessus, j’ai déjà du mal à me remettre de ma ballade « à vide ». Et qu’en serait-il si je devais troquer mon Dunlopillo contre une natte posée à même le sable et une toiture en palmes sans moustiquaire en guise de cabine ?

C’est sûr que je ne tiendrais pas la cadence.

Au moment où j’écris ces lignes ma Do me commente un rapport du PAM sur l’alimentation des paysans démunis de Casamance : 10% ne mangent qu'un repas par jour

et 25% deux repas.

 

 

 

Revenons à Tan Tank et au campement de la famille, où je découvre la bonne surprise. Les jeunes femmes se sont mises à la cuisine et déjà une grosse marmite de riz est cuite. Au même moment le jeune fils de Kieffing rapporte une trentaine de poissons pêchés à la ligne.

Les filles se mettent aussitôt à l’ouvrage.

 

 

 

52 - Cuisinières

« Pauline et son amie nettoie le poisson fraîchement pêché,

ce sera le condiment du repas ».

 

 

53 - Marie-Angelle DHIEDHIOU

« Marie-Angèle est rêveuse...

pendant que sa tambouille cuit à feu doux »

 

 

 

Je profite du moment où les hommes sont oisifs pour questionner Kieffing sur son nombre de ruches à Tan Tank.

Il s’allonge et ferme les yeux.

En français il les compte une à une. Comme s’il  faisait dérouler un film dans sa mémoire. Le film s’arrêta à 49.

Et dire que je me demandais comment pouvait-il faire pour repérer ses ruches de nuit, constatant déjà qu'en plein jour il n’y a rien qui ne ressemble plus à un palétuvier dans la mangrove qu’un autre palétuvier ?

Et tout cela sur 3 kilomètres !

Je dois préciser que la plus grande partie des ruches ne sont pas visibles de l’extérieur de la mangrove. Seule une petite voie est taillée dans les palétuviers et celle-ci n’est jamais directe…

J’en suis ébahi.

Il doit quand même lui arriver d’en manquer une …

me dis-je !

 


54---Kieffing.JPG

  « Kieffing compte mentalement ses 49 ruches

disposées dans la mangrove ».

 

 

 

55 - Pauline DIEDHIOU

  « En toute simplicité, Pauline se bricole un truc dans les dents ».

 

 

56 - Niambi

« Pendant que le poisson cuit,

j’ai le temps de croquer le petit Niambi ».

 

 

57 - Repas

« Le repas est servi.

Les hommes s’attablent autour de leurs bols de riz et poisson.

Mes hôtes m’offrent assiette et cuillère que je ne réclamais pas ».

 


 

Comme tout toubab qui se respecte, je rejette mon arête de poisson avec la tête. Oh crime de lèse-majesté : ici on suce toutes les parties même la tête jusqu’à la dernière arête et on recrache le tout bien ressucé devant soi. Cela fait un petit monticule comme un dégueulis de chat sur la nappe de palme.

En attendant c’était excellent, vu la précarité de la cuisine.

 

 

 

58 - repas des femmes

« Les femmes s’installent autour de leurs bols à leur tour ».

 

Après le déjeuner Kieffing s’offre une dernière pipe et nous rentrons avec les 2 petits enfants, la pirogue de Sillah doit nous attendre.

 

 

 

58 A - Pommier Cayolle

« Le pommier de Cayolle très répandu en brousse ».

 

58 B - Pommier Cayolle

« Fruits du pommier de Cayolle aux propriétés médicinales, il serait étonnant que les pollens n’en possèdent pas… »

 

 

 

60 - La mare

« Cette mare qui se maintiendra jusqu’en mars

est une providence pour les abeilles qui ont besoin d'eau ».

 

61 - La mare

  

 

61 A - Apis melifera Adansonii

« Apis melifera Adansonii en action

sur une fleur dégoulinante de nectar ».

   

 

61 C - Les enfants à la mare« Kieffing au bord de la mare de Tan Tank en 1960.

(La mare est inchangée depuis 50 ans me dit-il) ».

 

62 -Tan Tank

« Nous laissons derrière nous l’île de Tan Tank,

le jardin des Niomounois, 

avec ses arbres de brousse majestueux sur un tapis de fleurs

dans cette Nature à l’état pur ».

 

63 - Baobab

Je laisserai ce havre de paix et ce paradis après une journée entière de communion avec la Nature et les Hommes.

Merci à toi Kieffing.

 

U' KATORAL (au revoir)


 

Dominique PRACHERSTORFER

Skipper d'ARAKA NUI.

 

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Published by Dominique PRACHERSTORFER - dans 6 - Miels de Casamance
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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 13:51

 

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(suite de l'article n° 39 )

 

 4  -   DES FACTEURS MATERIELS

 

4.1 - Unités de traitement du miel

 

a) Points forts

Le « Miel de Casamance » est fort de ses origines diverses (brousse, mangrove, mono fleur, de nectar, de miellat etc.…). Il conviendra de définir dans le cadre du Décret de l’Appellation d’Origine Contrôlée ses spécificités.

 

Il est nécessaire de segmenter l’offre comme toutes les grandes filières agro-alimentaires.

Pour segmenter l’offre de la filière apicole il faut définir 3 qualités de miels. Chaque qualité répond à des exigences d’analyses distinctes :

 

-1°) miel A.O.C « haut de gamme », à forte valeur ajoutée, destiné principalement à l’export et à une niche haut de gamme Dakaroise. Miel répondant aux Codex Alimentarius, C.E, BIO ou DEMETER les plus exigeantes.

- 2°) miel A.O.C « cœur de gamme », destiné au marché sénégalais. Répondant au Cahier des Charges de l’A.O.C et aux analyses correspondantes.  Commercialisé dans une fourchette 3.000 à 4.500 FCFA le pot de 500 g.

- 3°)  « miel déclassé » ne répondant pas aux Normes C.E. ce miel vendu à bas prix  aux cantines des écoles, hôpitaux, hospices, programmes humanitaires etc.…

Il s’agit principalement des reliquats de décantation et des miels chauffés s’il en reste… L’écoulement de ce type de miels vendus à bas prix se fait au niveau des institutions pour ne pas « casser » les prix du marché. 

 

b) Points faibles

Actuellement aucune Unité de Casamance ne dispose des moyens suffisants pour assurer la mise en pot d’un miel « haut de gamme ». Il faut savoir qu’aucune unité professionnelle en France ne se passerait d’un déshumidificateur ! Pourtant en France le taux d’humidité n’est pas celui d’une région subsaharienne comme la Casamance…

Il en est de même pour la mise en pot de miels « cœur de gamme » où chaque unité possède ses lacunes : nombre insuffisant de récipients inox ou plastiques

alimentaires etc. Il en est une de taille : presque aucune unité ne possède de réfractomètre ! C’est un appareil qui doit être obligatoire pour tout apiculteur qui veut s’assurer, avant de procéder à la mise en pot, d’un taux d’humidité du miel inférieur à 18 %. C’est quand même un bon moyen de s’assurer de la bonne conservation de son miel avant sa mise sur le marché !!

Trop souvent les membres des comités responsables des unités de traitement ne possèdent pas les qualifications et connaissances minimales pour « gérer l’entreprise ».


c) Constats

Le miel situé dans la ruche est un produit pur dépourvu d’impuretés et de bactéries dont la qualité répondrait aux Normes les plus exigeantes. C’est donc l’intervention de l’homme qui « bousille » le miel dans toutes les phases qui suivent, depuis la récolte jusqu’à la mise en pot et la conservation.

 

Avant de créer de nouvelles unités dans les départements déjà bien pourvus, il est nécessaire de permettre à ceux existants de produire au minimum un miel « cœur de gamme ».

Les créations devraient se limiter aux départements possédant un fort potentiel et non pourvus d’unités de traitement.

Quant au traitement du miel « haut de gamme », vu le coût d’une telle unité, il conviendra d’en équiper 1 seule par Région dans l’immédiat.

 

d) Propositions

Avec la mise en œuvre, par les organismes comme le PADEC et de projets apicoles : équipements en matériels – appuis techniques – appuis socio organisationnels, on peut raisonnablement espérer une augmentation de la production de miel d’élevage.

 

Mais avant toute démarche visant à augmenter la production, les unités devront être équipées en fonction des qualités des 3 qualités de miels qu’elles sont aptes à produire. Hygiène et fonctionnalité des locaux et du matériel.

 

Le débat concernant le type de ruches « idéales » en vue d’une extraction d’un type unique par centrifugation n’est pas d’actualité dans la mesure où la seule extraction qualitative d’un miel « haut de gamme » doit se faire par écoulement gravitaire. Meilleur moyen pour ne pas entraîner de particules indésirables.

Le débat concernant le « rendement » d’une ruche est également accessoire, car rien n’est plus important qu’une ruche (quelque soit son type) qui possède une colonie forte. Par exemple une petite ruche de 30 litres avec une colonie forte produira plus qu’une grande ruche de 80 litres avec une colonie faible.

Combien d’apiculteurs savent rendre une colonie forte ? Sachant que la seule solution est de remplacer la reine (soit procéder à un essaimage ou faire l’élevage de reine…). Ceci n’est plus du domaine d’un simple « récolteur de miel ».

Ce qui revient à dire que le type de ruche à employer ne doit pas être un débat d’actualité. La filière se trouve face à une double nécessité :

-         ne plus « bousiller » son miel et

-         vendre ce miel au prix plancher de 2.500 FCFA /pot de 500g

 

Une fois pour toute il faut écarter l’idée d'utiliser efficacement un extracteur centrifuge dans le cas de ruches à barrettes du type Kenyanes.

 

Phase 1

C’est donc au niveau de la récolte puis sur les unités de traitement existantes qu’il convient de porter les efforts dans un premier temps. Les unités doivent comporter 3 personnes aux fonctions complémentaires :

- un directeur (formé à la conduite du rucher et de la miellerie),

- un employé chargé d’aider à l’extraction (qui peut être doublé par un saisonnier ou plus) et

- un gestionnaire (le Commissaire aux comptes doit être extérieur au groupement).

Lorsque ces unités seront en mesure de produire des miels répondant aux Normes d’Hygiène définies par le Cahier des Charges, on pourra envisager d’augmenter la production en multipliant les ruchers.

Pendant ce laps de temps la filière commercialisation se mettra en place.

→Il n’est pas sérieux de miser sur une forte progression de la production, tant qu’une « machine de guerre » de la commercialisation ne sera pas opérationnelle pour valorisait la production du moment.

 

Phase 2

Si les acteurs entreprennent des efforts soutenus, les résultats ne se feront pas attendre et la phase d’augmentation des ruchers pourra intervenir rapidement. Il faut préciser que la formation comme évoquée plus haut doit également contribuer à l’augmentation de la production. Etant même précisé ici que ce sera une composante forte de cette augmentation de production. Se posera alors le choix du type de ruches à promouvoir en tenant compte des spécificités des zones.

 

Pro° 16 : Equipement des unités existantes pour assurer la production de miels « cœur de gamme ».

 

Pro° 17 : Création d’unités « cœur de gamme » dans les départements à fort potentiels et ne possédant aucune infrastructure.

 

Pro° 18 : Création de 2 « Centres régionaux de traitements » des unités pilotes modèles (KOLDA et ZIGUINCHOR par exemple) pour assurer l’extraction, la maturation, la mise en pot et le stockage des miels « haut de gamme » dans les conditions idéales des règles de l’art (extraction par écoulement gravitaire, T° du local maintenue à 35°nuit et jour, déshumidificateur pour maintenir un taux d’environ 60%, matériel inox etc...).

 

Pro° 19 : Mise en place d’un système de collecte motorisé pour assurer l’enlèvement des gâteaux de 1ère qualité (récolté la veille, entier, operculé à 90% etc...). Ces unités spacieuses devraient pouvoir assurer les éventuelles mises en pots de miels « cœur de gamme » d’unités secondaires de leur Région respective.

 

  P1080225.JPG

   "Un essaim sauvage d'abeilles a.m Adansonii africaines"

 

 

 

5  -   DES FACTEURS COMMERCIAUX

 

5.1 - La création d’une « machine de guerre de la vente »

 

a) Points forts

S’il y a un point dont je suis convaincu c’est que l’augmentation de la productivité de la filière « miel » ne sera en aucun cas directement proportionnelle à l’augmentation du nombre de ruchers.

Je dirais même plus : en augmentant le nombre de ruchers sans une filière de commercialisation solide et à toutes épreuves, c’est prendre un risque majeur que tout le système s’effondre à court terme d’encore plus haut.

 

A mes yeux, il est temps de prendre des mesures drastiques et urgentes (peut être jamais pratiquées encore au Sénégal) pour mettre en place « une machine de guerre » aux rouages parfaitement huilés.

Pour cela, point de bureaux rutilants dans un immeuble de standing avec des ordinateurs qui trônent sur chaque bureau et un staff d’employés qui grouillent de toutes parts. Le Sénégal possède un Institut privé qui forme des hommes et des femmes de niveau bac + 5 aux techniques de marketing, management et de vente. Il suffira de « piocher » dans cette formidable source de connaissances un candidat possédant de l’expérience.

Il est intéressant de noter que le Président de la République du Sénégal vient de signer le 30 juin dernier, un Décret portant création, organisation et fonctionnement du cadre national de commercialisation des producteurs agricoles.

Les représentants des filières soutenues par le PADEC devront très rapidement se mettre en rapport avec l’Administration de tutelle désignée.

 

b) Points faibles

Le marché européen n’est pas encore ouvert au miel sénégalais car il exige la mise en place d’un Plan de surveillance des résidus qui n’est pas aujourd’hui opérationnel.

Pour que le miel sénégalais puisse être commercialisé sur le marché européen, il faut qu’un plan de surveillance des résidus soit proposé à la Commission Européenne et qu’il soit accepté. Ce plan de surveillance constitue une garantie vis-à-vis de l’Union Européenne pour la sécurité alimentaire de ses citoyens.

Le plan de surveillance, précise les exigences auxquelles le pays exportateur doit se soumettre: exigences sur la production (normes et qualités) - sur les

compétences des autorités locales responsables (organisation – contrôle) - sur les législations en vigueur.

D’autres marchés peuvent être accessibles mais le marché européen est le plus porteur, notamment pour les miels dits « exotiques » tels que le miel de brousse et le miel de palétuvier.

En effet, le prix au niveau du marché local ne pourra pas permettre de rentabiliser les investissements que demanderait une exploitation moderne et intensive répondant aux normes requises. La modernisation de la filière passe donc par une stratégie nationale orientée vers des marchés d’exportation.

 

c) Constats


5.1.1   - Des circuits de commercialisation encore mal organisés

Le système de commercialisation des produits apicoles reste désorganisé. Une grande part du volume de miel commercialisé passe par un circuit non identifié et non repérable. C’est une filière dans laquelle les circuits informels sont prédominants aujourd’hui.

Il est difficile de suivre le miel depuis sa production jusqu’à sa commercialisation finale. La traçabilité est difficile dans ces conditions. C’est pourtant un facteur dont il faut tenir compte dans le cadre d’une stratégie d’exportation.

 

5.1.2   - Le non respect fréquent des conditions d’hygiène

Entre la ruche et le consommateur final, le miel circule entre les mains d’une multitude d’acteurs intermédiaires. Le miel passe d’un récipient à un autre.

Au cours de ces diverses manipulations et transvasements, le miel risque de perdre toutes ses qualités sanitaires et organoleptiques.

 

5.1.3   - La mauvaise valorisation du miel d’élevage par rapport au miel de cueillette

Sur les marchés locaux, le prix du miel est toujours le même qu’il provienne de l’élevage ou de la cueillette. Or l’élevage fait intervenir des charges (coût des matériels – coût de la main d’œuvre) qui ne sont pas prises en compte au niveau des prix à la commercialisation. La valorisation financière du miel d’élevage devrait pourtant constituer un facteur de motivation pour les apiculteurs.

 

5.1.4   - Des problèmes de falsification

 Les ajouts d’eau sucrée au miel commercialisé ne sont pas fréquents mais existent. Non seulement la qualité du produit se détériore mais cela constitue un sujet de conflits entre l’acheteur et le vendeur. D’autant plus que l’origine ou l’acteur de la falsification est souvent mal identifié. Les caractéristiques physico chimiques du miel ne sont donc dans ces cas pas respectées. 

 

5.1.5   - Des emballages de mauvaise qualité

 La plupart des conditionneurs de miel utilise des pots de récupération pour le miel. Ces types d’emballages posent de nombreux problèmes aussi bien au niveau des conditionneurs qu’au niveau des consommateurs. Le verre doit être privilégié au détriment du PET dont la fabrication Sénégalaise laisse à désirer.

 

5.1.6   - L’existence d’essences mellifères non valorisées

 On pourrait exploiter d’autres types de miel en Casamance qui n’ont pas été à ce jour valorisés, tels que :

- le miel de palétuviers en Basse Casamance;

- le miel de manguier et d’anacarde.


5.1.7   - L’enclavement de certaines régions apicoles

Des régions apicoles sont inconnues des marchés de consommation de miel. Elles restent enclavées une bonne partie de l’année à cause du mauvais état ou de l’inexistence de voie de desserte. Le potentiel de ces régions est donc mal

connu. La facilité de circulation des produits est un facteur important pour le développement de la production de miel d’une région. 

 

5.1.8   - L’insuffisance des contrôles aux frontières pour les importations 

Les importations de miel ou de matériels apicoles d’occasions risquent de véhiculer des maladies transmissibles aux abeilles de Casamance. Il faut prendre vraiment très au sérieux ce facteur à risques élevés. Un exemple : le varroa répandu sur toute la Planète par les importations d'essaims. Pourtant, les contrôles ne sont pas systématiques. On peut d’ailleurs constater en analysant les informations statistiques, que du miel et des cires sont importés d’un peu partout dans le monde avec certains pays d’origines présentant des maladies d’abeilles.

 

5.1.9   - Les perspectives à l’exportation 

Sur les 1 240 000 tonnes environ de miel produites au monde, 30 % de ce volume circule au niveau des circuits commerciaux internationaux. L’Europe et l’Amérique du Nord sont les plus grands importateurs de miel. 

 

La Casamance présente des avantages comparatifs importants pour ce marché, dont les principaux sont les suivants :

    - existence de miel d’essence exotique bien valorisable sur le marché extérieur ; 

    - des ressources inestimables sur les propriétés médicinales des miels;

    - abeilles indemnes de maladies ; 

    - apiculture moderne en développement croissant ;

    - sites mellifères absents de toutes pollutions.

 

Comme dit plus haut, le marché européen, exige l’élaboration d’un plan de surveillance. Les résidus qui doivent faire l’objet de contrôles sont : les antibiotiques, les contaminants environnementaux comme les pesticides et les métaux lourds. Des limites maximales doivent être respectées pour ces produits. 

Le contexte actuel de la filière montre que plusieurs facteurs nécessaires à la mise en place d’un plan de surveillance sont à améliorer. Les points « noirs » principaux sont les suivants :  

 

- Manque de lisibilité sur l’organisation et les acteurs de la filière ; 

- Les modes de production et d’extraction ; 

- Les utilisations non contrôlées de pesticides ; 

- Les législations nationales à mettre à jour et à mettre en application. 

A l’initiative des opérateurs, des propositions de collaboration avec les autorités compétentes doivent se mettre en place.

Il faut apporter les informations nécessaires à l’élaboration d’un plan de surveillance des résidus, condition obligatoire pour qu’un pays puisse exporter du miel vers l’Europe.

 

d) Propositions

A ce titre pas de ½ mesures.  Il faut voir grand.

Mais « prévoir et anticiper » c’est aussi la 1ère qualité requise pour faire acte de gestion : « gérer c’est prévoir », disent tous les manuels !

Ne pas savoir anticiper est sûrement la plus grosse difficulté que rencontrera sur son chemin le chef d’entreprise, l’artisan, le commerçant et bien sûr l’agriculteur.

Dans toute analyse de situation, le principal, avant tout, c’est d’avoir une bonne vision du problème, ensuite ce n’est qu’une question de réflexion pour trouver la bonne réponse !

Nous pourrons réfléchir ensemble sur les moyens à mettre en œuvre pour éviter ces « retour à la léthargie du passé ».

A mes yeux, il est temps de prendre des mesures drastiques et urgentes (peut être jamais pratiquées encore au Sénégal) pour mettre en place « une machine de guerre » aux rouages parfaitement huilés.

Pour cela, point de bureaux rutilants dans un immeuble de standing avec des ordinateurs qui trônent sur chaque bureau et un staff d’employés qui grouillent de toutes parts.

Cette « machine » n’est pas une entreprise ou une quelconque société mais c’est… une personne au départ. Une femme serait même l’idéal. Une femme de grande pointure avec un diplôme Supérieur de Management (bac + 6).

La recette : une diplômée + 1 ordinateur + 1 téléphone (travaillant à domicile) serait suffisant pour débuter.

Bien que « stagiaire » dans un premier temps, (avant l’arrivée des premières commandes) sa rémunération pourrait être au pourcentage. Elle serait l’employée d’une entité (qui reste à définir) contrôlée par les acteurs eux-mêmes. Il n’est pas question de se laisser « récupérer » la filière par une quelconque société étrangère (qui finira par exploiter les producteurs comme dans tous schémas classiques en leur reversant juste l’aumône !).

Une autre possibilité serait de connaître la « perle rare » qui possèderait déjà toutes les qualités morales et intellectuelles et l’envoyer suivre un Diplôme Supérieur de Management sur 1 an à l’Institut Supérieur de Management de

Ziguinchor ou Dakar… Cette dernière solution me semble idéale, car nous additionnons en sus à la formation, l’expérience acquise d’une personne qui ne débute pas dans la vie active de l’entreprise comme pourrait l’être une jeune diplômée.

 

Toute la réussite réside dans le choix de cette personne.

 

Pro° 20 : Créer une entité commerciale pour l’ensemble de la filière, avec une femme de préférence, et possédant les diplômes et l’expérience requise. Cette entité pourra être mixte (privée et publique) mais devra impérativement posséder une majorité de blocage contrôlée par la filière. Elle pourrait être intégrée à l’Organisation Interprofessionnelle faîtière ou à l’un de 2 Centres Régionaux de Traitement le mieux placé. 

 

 6 - DES RECOMMANDATIONS, DES IDEES…

 

On retrouvera dans ce paragraphe des idées pêle-mêle qui n’ont pas pu être abordées dans l’étude qui précède afin de ne pas en alourdir la lecture. Certaines recommandations ou propositions viennent en complément, d’autres sont inédites !

 

6.1 -  LE NIVEAU DE TECHNICITE 


 En matière d’apiculture, la dominance des techniques traditionnelles est encore notable. Les ruches en paille ou bambou, en troncs d’arbres évidés sont

exploitées dans toutes les régions. Pourtant ces régions connaissent et appliquent les techniques modernes mais avec des degrés différents d’adoption.

Les ruches utilisées varient donc d’un tronc d’arbre creux à une ruche moderne à cadre en passant par les poteries, les caisses et les récipients de récupération…

 

On distingue 4 grandes typologies de technique pour avoir du miel :

 

• l’api cueillette qui consiste à aller à la recherche des essaims sauvages et à en extraire le miel ;

• l’apiculture traditionnelle où la ruche est faite de poterie, de tronc d’arbre creusé, de récipients de récupération ou de caisses ;

• l’apiculture améliorée utilisant la ruche à barrette qui est la forme améliorée de la ruche traditionnelle en caisse. L’édification des rayons par les abeilles est contrôlée rendant les visites plus faciles (ruches Kenyane, Warré).

• l’apiculture moderne qui adopte les ruches à cadres (de type Langstroth, Dadant). Ce type d’exploitation utilise également d’autres matériels apicoles modernes (importés ou de fabrication artisanale), entre autres l’extracteur.

 

 

Les rendements sont par conséquent différents : de 3 à 5 litres de miel pour une ruche traditionnelle. Ils peuvent atteindre 50 kg pour une ruche moderne. La moyenne se situant entre 10 à 20 kg par ruche moderne par an. En comparaison, un essaim sauvage peut donner 2 à 3 litres de miel liquide par an.

 

L’apiculture traditionnelle

C’est dans les îles du Petit Kassa (Basse Casamance) qu’on enregistre en particulier un niveau élevé de bénéfice généré par la vente de miel. Dans cette région expérimentée depuis longtemps en apiculture, les paysans, avec des ruches traditionnelles (tronc de palmier rônier creusé) de grande taille, arrivent à avoir plus de rendement à la production (environ 20 Kg de gâteaux). C’est également une région où le miel était majoritairement chauffé pour être vendu à 2500 Fcfa/litre évitant ainsi toutes les charges occasionnées par le matériel d’extraction et le stockage…

 

L’apiculture moderne

Les exploitations modernes utilisent les ruches de type Langstroth.

Avec l’apiculture moderne, le coût pour avoir un litre de miel est plus important qu’avec la technique traditionnelle à cause des charges engendrées par les amortissements des investissements. Dans « la théorie » le rendement est meilleur avec des ruches modernes, le bénéfice en est plus important… mais ceci n’est pas une constante ! En pays subsaharien il convient d’intégrer l’amortissement de la ruche employée, dont le coût varie de façon très importante d’un modèle à un autre.

Mais en aucun cas des seuls critères économiques doivent influencer le choix du type de ruche à implanter.

Les abeilles (les productrices) passent avant toutes considérations économiques.

L’utilisation des extracteurs en inox justifie un coût de production plus élevé d’autant que le rendement par ruche peut être moins important.

La diminution des ressources mellifères associée à un nombre de ruches qui ne cessent d’augmenter dans une campagne peut expliquer un affaiblissement des colonies et des faibles rendements.

 

 

6.2 - PROMOUVOIR LES COOPERATIVES AGRICOLES


Il convient d’assurer l’étude des statuts de la Coopérative Mutualiste au Sénégal avec ses avantages et inconvénients. Les points forts sont : soutien et contrôle de l’Etat, défiscalisation, encadrement par les différentes Administrations et collectivités, notamment sous formes d’assistances techniques, de subventions.

La coopérative est une entité à but non lucratif défiscalisée. Il y a la possibilité de financer et de s’orienter vers des activités secondaires et d’intérêts communs dans les villages concernés : adduction d’eau, médical, sanitaire, alimentaire en autonomie économique etc… Ce qui peut valoriser l’économie de tout un village.

Cette approche doit être soumise à la connaissance des acteurs, car elle semble être plus adaptée à l’état d’esprit des paysans casamançais. En effet, les GIE qui se sont développés correspondent plus à un effet de mode…et ne répondent pas à l’attente des acteurs qui souhaitent être membres d’une communauté et non pas des artisans indépendants comme le sont les membres d’un GIE.

Le groupement des apiculteurs du Petit Kassa souhaite se diriger vers la forme de coopérative mutualiste.


Pro° 21 : Promouvoir les coopératives mutualistes

 

6.3 LES RISQUES D’UNE AUGMENTATION DE LA PRODUCTION


S’il y a un point dont je suis convaincu c’est que l’augmentation de la productivité de la filière « miel » ne sera en aucun cas directement proportionnelle à la seule augmentation du nombre de ruchers.

Je dirais même plus : en augmentant le nombre de ruchers, à travers des financements de « soupoudrage », sans

- une filière de commercialisation solide et à toutes épreuves,

- une technicité accrue des acteurs et

- une Organisation Interprofessionnelle qui fonctionne…

 

C’est prendre un risque majeur que tout le système s’effondre à court terme d’encore plus haut, comme beaucoup d’autres qui l’ont précédé ! 

 

6.4 - FACILITER L’ACCES AUX MATERIELS


 

6.4.1 - Favoriser l’acquisition des matériels au sein des groupements.


Les caisses mutualistes et organismes de microcrédit ne sont pas toujours suffisamment utilisés par les paysans qui finalement ne disposent pas de suffisamment de moyens pour investir dans l’activité apicole.

Le regroupement des apiculteurs dans le cadre d’une A.O.C avec la création d’une Organisation Interprofessionnelle de l’Appellation pourrait être un moyen pour faciliter l’acquisition des matériels apicoles et autres matières sèches (pots).

En mettant leurs moyens en commun, les groupements, GIE ou coopératives d’apiculteurs pourraient se doter plus facilement d’équipements comme les extracteurs ou d’autres petits matériels (voiles, enfumoirs,..). L’utilisation et l’entretien des équipements feraient l’objet d’une organisation interne. Les

apiculteurs qui sont actuellement arrivés à avoir 50 à 80 ruches sont partis, pour la majorité, de 4 ou 5 ruches.

 

Pro° 22 : Faciliter l’accès aux matériels

 

6.4.2 Former les apiculteurs à la confection de ruches artisanales.


L’initiation aux techniques de fabrication des ruches répondant aux critères requis et utilisant les matériaux disponibles est essentielle. Les apiculteurs pourraient ainsi se doter de ruches productives à moindre coût et donc plus facilement augmenter le nombre de ruches exploitées. La ruche Vautier en ciment répond à certains besoins mais en aucun cas à ceux de l’abeille. C’est pourquoi des essais vont être commencés, à Niomoune, dès la saison 2010-2011 sur la ruche WARRE qui répond principalement au bien être des abeilles. Cependant une adaptation aux conditions subtropicales s’impose en particulier avec l’emploi d’un matériau résistant voire imputrescible (certaines essences de bois et même les planches de bambou compressé). Le seul inconvénient majeur de ce type de ruche, du fait de son faible encombrement est la facilité de vol... Il conviendra d’implanter les ruchers dans des zones adéquates.

 

Pro° 23 : Former les apiculteurs à la confection de ruches artisanales

 

 

6.5 - AU NIVEAU DE LA COMMERCIALISATION

 

6.5.1 - Mettre en place un système permettant d’assurer la qualité du miel.


Il faut absolument commencer par mettre en place deux « Centres Régionaux de Traitement » et de regroupement des produits apicoles (KOLDA et ZIGUINCHOR) afin de maîtriser la qualité des miels « haut de gamme » et assurer la traçabilité des apports. Dans la législation sénégalaise, pour que le miel soit exportable, il doit sortir d’un centre de traitement agrée par les autorités nationales et répondre aux critères d’une analyse. C’est à la Division apicole que revient l’agrément de ces Centres.

L’existence de ces Centres constituera aussi, entre autre, une garantie pour les consommateurs nationaux de la qualité du miel et un moyen pour les apiculteurs pour mieux écouler leurs produits.

Ces Centres Régionaux de Traitement seront à gérer par des opérateurs qui ont plus de facilités d’établir des relations commerciales avec les exportateurs et même les importateurs des pays demandeurs de miel. D’autant plus que ces opérateurs peuvent être eux-mêmes les exportateurs.

 

Pro° 24 : Mettre en place un système permettant d’assurer la qualité du miel.

 

6.5.2 - Envisager un partenariat avec la société Investissement Elevage Sénégal.


Cette société récente, implantée à Dakar, a mis un concept nouveau sur le marché.

Un premier contact a été pris avec le Directeur qui possède une grande expérience en techniques de communications et de managing. Celui-ci ne refuse pas de transposer son concept « élevage » sur la filière miel identique en de nombreux points.

Ce dernier a particulièrement mis en avant son aptitude à mettre sa « machine de guerre de la commercialisation » au service de la filière miel.

Voici ce concept au niveau de l’élevage :

- L’élevage sénégalais souffre depuis toujours d’un manque de moyens techniques et financiers.

- Le marché du bovin au Sénégal est connu pour avoir plus de demandes que d’offres donc aucun problème de revente.

- La motivation des éleveurs qui sont dans la pauvreté est uniquement liée au problème d’investissement.

- I-E-Sénégal a décidé de s’investir à 100% dans un concept simple :

- Associer les « Riches » grâce à leur investissement et les « Pauvres » grâce à leur travail.

-Partager les bénéfices après paiement des charges entre eux 50/50 comme des associés…

Donc un investissement humanitaire Hyper rentable, sans précédent, le tout à long terme…

Il s’agit donc d’explorer cette possibilité de commercialisation au niveau de la filière miel.

 

6.5.3 - Verrouiller la filière afin qu’aucune société commerciale étrangère ne puisse acquérir le monopole.


A l’exemple d’un trop grand nombre de filières porteuses « noyautées » par des sociétés étrangères, tout doit être mis en place pour que la filière miel naissante ne soit pas récupérée. Il a été dit que le challenge de ce programme est de réduire le nombre de paysans situés sous le seuil de pauvreté. Ceux-ci doivent pouvoir maîtriser entièrement leur filière.

 

Pro° 25 : Verrouiller la filière afin qu’aucune société commerciale étrangère ne puisse acquérir le monopole de la filière.

 

6.5.4 - Renforcer l’information et la sensibilisation


de tous les acteurs de la filière (producteur, collecteurs, transporteurs, négociants, exportateurs…) sur les précautions à prendre pour garantir la qualité et la stabilité des produits de l’apiculture :

- caractéristiques physico-chimiques du miel (présence d’un réfractomètre);

- maturité du miel (minimum 90% des alvéoles operculées) ;

- périodes de récolte ;

- hygiène à l’extraction et méthode utilisée (T° maxi 35°, humidité du local à 60%);

- lieu et température de stockage (absence de lumière, T° si possible ≤ 30°)

- utilisation des pesticides.

 

Chaque acteur doit être tenu au courant des différentes exigences sur la production et le traitement du miel pour obtenir un produit de qualité. Chaque unité doit être en mesure de vérifier le taux d’humidité de tous les miels ou gâteaux apportés à l’aide d’un réfractomètre. Cet appareil est obligatoire.

Une instance de concertation des opérateurs de la filière doit jouer ce rôle de sensibilisation et de véhicule d’informations à partir de l’Organisation Interprofessionnelle dirigée par les acteurs de la filière.

 

Pro° 26 : Renforcer l’information et la sensibilisation.

 

6.5.5 - Harmoniser et actualiser la législation nationale.

sur la commercialisation du miel, la réglementation sanitaire, les mesures à prendre en cas de problème sanitaire sur les produits apicoles ou sur les ruchers. Considérer séparément le miel issu de la cueillette et celui issu de l’élevage.

 

Pro° 27 : Harmoniser et actualiser la législation nationale

 

 

6.6 - AU NIVEAU DE L’ORGANISATION DE LA FILIERE

 

6.6.1 - Mise en transparence de la filière et mise en place de circuits pour assurer la traçabilité du miel.


Il s’agit d’arriver à connaître chaque acteur intervenant dans la filière (origine, stockage, transport…) et définir les responsables en cas de problème.

Les collecteurs et les conditionneurs de miel, doivent être en mesure de remonter le circuit de leurs miels afin de pouvoir instaurer la traçabilité : une démarche nécessaire s’ils veulent conquérir le marché extérieur.

Les deux « Centres Régionaux de Traitement », qui vont travailler avec les organisations paysannes, peuvent constituer un moyen efficace pour assurer cette traçabilité en mettant directement en contact les vendeurs et les acheteurs. Au niveau de ces 2 Centres, les lots de miel conditionnés doivent être codifiés en fonction de l’apiculteur et de son lieu d’exploitation, de la date de conditionnement.

Avec le miel de cueillette, c’est quasiment impossible de mettre en place cette traçabilité : les essaims sauvages sont détruits au moment de la cueillette.

On peut quand même indiquer le nom du récolteur, le lieu et le date. C'est une façon d'engager la responsabilité du vendeur et de prévenir partiellement- les fraudes éventuelles.

 

Pro° 28 : Mise en transparence de la filière et mise en place de circuits pour assurer la traçabilité du miel.

 

 

6.7 - AU NIVEAU DE L’ENVIRONNEMENT

 

6.7.1 - Favoriser le reboisement avec des espèces mellifères.


Connaître les espèces mellifères de la région et le calendrier de floraison pour spécifier le miel.

On doit aussi favoriser la plantation de plants ayant un autre intérêt que la production de miel ex : l’Eucalyptus pour la production de bois de chauffe ou de bois d’œuvre.

 

Pro° 29 : Favoriser le reboisement avec des espèces mellifères.

 

6.7.2 - Valoriser le rôle de pollinisation des abeilles

Les actions de vulgarisation de certains acteurs d’appui en plantation d’arbres fruitiers est un moyen pour augmenter la production apicole et pallier à la déforestation.

Toutefois, il faut veiller à assurer l’écoulement par des actions d’appui à la commercialisation, les fruits produits.

 

Pro° 30 : Valoriser le rôle de pollinisation des abeilles.

 

 

6.7.3 - Contrôler l’utilisation des produits nocifs à l’Environnement et pour les abeilles.

- Eviter l’apiculture près des plantations industrielles (canne à sucre, coton, tabac) qui utilisent beaucoup de pesticides.

- Encourager l’utilisation de produits biologiques dans les traitements des cultures vivrières.

- Eviter l’épandage généralisé d’insecticides pour la lutte anti-acaridienne ou bien utiliser des produits spécifiques non nocifs pour les abeilles et en particulier les préparations Biodynamique à épandre dans l’environnement des ruchers ainsi que des tisanes de plantes médicinales à disposer dans l’eau de boisson des abeilles.

 

Pro° 31 : Contrôler l’utilisation des produits nocifs à l’Environnement et pour les abeilles. Utiliser les préparations biodynamiques.

 

6.8 - AU NIVEAU D’UN PROJET PILOTE

 

6.8.1 - Commencer par un projet pilote en apiculture biodynamique à Niomoune en vue d’obtenir le label DEMETER International.

–1º Le groupement récent des apiculteurs (une centaine) des îles du Petit Kassa ne veut pas commencer avec une ambition nationale mais commencer par un volume réduit et un lot bien maîtrisé pour s’assurer la confiance des partenaires.

–2º L’Abeille d’Or de Niomoune maîtrise les techniques modernes de production et les processus de transformation mais ne possède pas encore de miellerie spécifique pour assurer la mise en pot d’un miel conforme aux Normes les plus exigeantes. Les opérations d’extraction de la récolte 2010 ont été effectuées dans un local provisoire et inadapté, dans de mauvaises conditions d’hygiène.

–3º Les plans d’une miellerie centrale sont réalisés de même que son implantation foncière. C’est le plus bel emplacement du village, en bordure de bolon.

Il reste à élaborer un plan de financement avec un bailleur de fonds.

–4º Présence d’un importateur intéressé par le miel de mangrove de qualité sous forme de Commerce Equitable.

–5º Partenariat avec une apicultrice bio-dynamiste professionnelle (qui dispose d’un centre de traitement en France) qui accompagnera les apiculteurs du Petit Kassa pour leur permettre d’acquérir en 3 années de conversion le label DEMETER. Cette démarche vers l’apiculture biodynamique pourra servir d’exemple et sera diffusée au niveau du Centre de formation de Niomoune auprès des acteurs intéressés en misant sur un effet d’entraînement avec ambition d’obtenir le label DEMETER International.

 

Pro° 32 : Commencer par un projet pilote en apiculture biodynamique à Niomoune en vue d’obtenir le label DEMETER International.

 

De tout ce qui précède, où il est question de techniques, de commercialisation et autres utilisation de matériels, je voudrais apporter une note plus poétique à l’attention des abeilles que nous oublions d’aimer…

 

Le web offre une multitude de sujets intéressants sur les abeilles, voici l’auteur que j’ai choisi pour conclure cette modeste étude, qui n’a pas la valeur d’une expertise.

 

Je tenais donc à conclure en parlant de nos amies les abeilles…

 

   Extraits de « Requiem pour les abeilles » Dominique GUILLET.

 

« Un autre enseignement issu de l'observation des abeilles et qui me convaincrait, s'il en était besoin, de l'impérieuse nécessité de protéger autour de nous la biodiversité, c'est le regain d'énergie que l'on peut provoquer auprès d'une Ruche déficiente en la libérant du carcan auquel l'Apiculture moderne l'avait astreinte.

Dès que le couvain d'une ruche s'avère irrégulier ou malade, si on délivre l'essaim de ses cadres armés de cire gaufrée, de ses fils métalliques et de son habitacle plus ou moins cubique et si on le remet dans sa “condition de nature”, c'est à dire sans aucun de ces artifices, en le laissant s'installer dans un abri de fortune où il aura toute liberté de se constituer en grappe, il aura retrouvé sa meilleure condition d'incubation.

 

Or l'incubation est la fonction essentielle de la ruche puisque la colonie est tenue de couver son élevage pour assurer le renouvellement permanent de sa population, chaque abeille survivant peu de temps à sa propre tâche.

 

Encore faut-il que son environnement soit varié et indemne de tous les produits toxiques dont on fait si souvent usage pour donner à nos campagnes cette “propreté” qui fait parfois notre fierté ! »

 

 

 

Libérons les Abeilles

« Libérons les abeilles avant que le syndrome d’effondrement des colonies ne devienne le syndrome d’effondrement des colonies humaines. Libérons les abeilles de leur univers concentrationnaire, de la procréation en laboratoire, des fongicides, des pesticides et des insecticides, des rayonnements électromagnétiques et des chimères génétiques. Lorsqu’elles seront sorties de leur captivité, elles se libéreront bien, toute seules, de leurs parasites, ou appelés tels, car lorsque le terrain est sain, les parasites ne sont réellement que “ceux qui mangent à côté d’un autre”, au sens grec du terme.

Et l’homme, sans nul doute, doit être compté au nombre des parasites de l’abeille car, depuis l’aube des temps, elle partage avec lui les trésors de la ruche.

Ces trésors, dont le nombre est celui des côtés de son alvéole, sont le miel, le pollen, la cire, la gelée royale, le venin et la propolis.

Cette dernière substance est sûrement une des substances les plus thérapeutiques de cette planète: c’est pour cela qu’elle fut nommée “propolis”, “au-devant de la cité” car de la demeure de l’abeille, elle écarte les maux, du moins les maux d’origine naturelle. La propolis se révéla, en effet, impuissante pour protéger l’abeille des maux de la technologie humaine.

 

Il y avait sans doute encore, au siècle passé, près d’un million d’espèces d’insectes dans cette grande ruche planétaire.

En l’espace de quelques dizaines d’années, de très nombreuses espèces furent éradiquées par l’agriculture toxique, par la déforestation, par la désertification, par l’urbanisation.

Dans ce million d’espèces d’insectes, l’abeille est unique.

Le poète a pu dire que l’abeille ne vole jamais seule : elle est toujours accompagnée d’un esprit du feu qui l’ad ombre d’une aura de lumière dont la source est cosmique.

Car l’abeille est, par excellence, le porteur de pollen, le messager du pollen et le pollen est un petit morceau de soleil.

C’est pour cela que les civilisations antiques vénéraient l’abeille comme une émanation solaire, une messagère entre le Cosmos et la Terre.

N’est-il pas étrange que l’abeille, symbole de feu, se détache d’une humanité dont l’enthousiasme, au sens grec de “feu intérieur”, semble s’être étiolé, étouffé sous les cendres d’une technologie dont le plus-avoir lui tient lieu de Bien-être?

N’est-il pas étrange que l’abeille solaire déserte la Terre au moment même où la planète commence à suffoquer sous les affres d’un réchauffement qui, la folie humaine aidant, la transformera, en très peu de temps, en un désert brûlant ? »

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Published by Dominique PRACHERSTORFER - dans 6 - Miels de Casamance
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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 12:38

 

Septembre 2010 :

Depuis notre arrivée en Casamance, il y a maintenant 12 mois, nous avons échangé notre engouement d'aventuriers des océans contre celui de quasi humanitaires.

Do essaie d'apporter son obole sur le plan médical, pour ma part, je découvre les difficultés matérielles de nos hôtes et je tente à mon tour de leur faire profiter de mes expériences...

Bref, nous sommes des humanitaires dans nos actions mais toujours aventuriers des océans dans l'âme. Autant dire que nous nous investissons avec mesure... bien que ma Do trouve que j'en fasse trop !

Notre Teiva roule sa bosse. Comme il a la chance d'avoir une maman brillante et patiente, il avance à grands pas dans l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Il fait des progrès et son initiation se déroule bien.

Le papa complètement engagé dans son projet de développement des apiculteurs à Niomoune et dans toutes les îles du Petit Kassa est passé à la vitesse supérieure.

Le projet gigantesque et ambitieux de la coopération canadienne, pour développer la filière miel en Casamance, tant attendu, est en train d'être mis en place par une équipe sénégalaise de très haut niveau.

J'ai été invité à suivre durant quatre jours, un atelier de préparation et de mise en place du projet.

C'est en présence du "gratin de la Casamance", pour emprunter les dires du Gouverneur qui a ouvert la séance plénière, que j'ai pu apporter mon expérience et mes convictions profondes.

Aussitôt reçu l'invitation, je me suis lancé dans l'élaboration d'un topo comprenant un grand nombre de propositions. Fort des divers rapports et comptes rendus qui m'avaient été transmis aimablement par Cheikh Daoula DIALO le coordonnateur du projet, mon travail a été d'identifier les difficultés et d'y apporter des suggestions avec un éclairage extérieur.

Parti pour obtenir seulement des fonds pour mes apiculteurs Niomounois... je me retrouve embarqué dans un projet concernant toute la Région naturelle de Casamance. Peut-être restera-t-il quelques subsides pour mes amis ? Je le pense sincèrement.

Ce travail a été réalisé en 3 semaines avec l'aide d'une apicultrice professionnelle française, la seule en agriculture biodynamique de France, Sylvie RANCE dans les Pyrénées.

Je tiens à préciser que cet article se veut principalement technique, ne comporte pas d'illustrations, il est surtout destiné aux spécialistes sénégalais qui travaillent sur ce projet.

 

P1080162" L'abeille ouest africaine : Apis Mellifera Adensonii ".


32 PROPOSITIONS POUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE

DE LA FILIERE MIEL EN CASAMANCE

(République du Sénégal)

 

Rédacteur : Dominique PRACHERSTORFER

Niomoune – Basse Casamance

 

(Dernière mise à jour le 2 septembre 2010)

 

 

SOMMAIRE

 

1 - INTRODUCTION

 

2 - DES FACTEURS HUMAINS

2.1- Une organisation de Commerce Equitable

2.2 - La création d’une Appellation d’Origine Contrôlée

2.3 - Un label qualitatif bio

2.4 - Rattraper le retard sur la formation

 

3 - DES FACTEURS STRUCTURELS

3.1- La création d’une Organisation interprofessionnelle

3.2 - Renforcer l’Organisation Interprofessionnelle faîtière en y adjoignant des services adaptés aux besoins de la filière miel

 

4 - DES FACTEURS MATERIELS

4.1- Unités de traitement du miel

 

5 - DES FACTEURS COMMERCIAUX

5.1 - La création d’une « machine de guerre de la vente »

6 - DES RECOMMANDATIONS, DES IDEES

6.1 - Le niveau de technicité

6.2 - Promouvoir les coopératives mutualistes

6.3 - Les risques d’une augmentation de la production

6.4 - Faciliter l’accès aux matériels

6.5 - Au niveau de la commercialisation

6.6 - Au niveau de l’organisation de la filière

6.7 - Au niveau de l’environnement

6.8 - Au niveau d’un projet pilote

 

Extraits de « Requiem pour les abeilles » Dominique GUILLET

Récapitulatif des 32 propositions

 

 

"Ils ne savaient pas que c'était impossible,

alors, ils le firent ! "

 

1 - INTRODUCTION

 

a) Points forts

Depuis de nombreuses décennies les bailleurs de fonds et autres ONG ont bien pressenti la formidable opportunité et la potentialité de la filière miel en Casamance. Cette filière pourrait assurer (avec l’anacarde, la mangue, la banane…) une autonomie économique et durable aux populations paysannes représentant la moitié des 50% de familles sénégalaises situées sous le seuil de pauvreté.

Ce potentiel est réel : le miel de Casamance c’est de l’OR à tout point de vue.


  b) Points faibles

Il est une constante qui apparait à la lecture attentive des diverses et multiples études, rapports, audits et expériences réalisés sur la filière miel (il en est de même pour un grand nombre de pays d’Afrique de l’Ouest).

Les problèmes récurrents liés à ces difficultés se résument généralement à QUATRE NIVEAUX distincts :

- humains

- structurels

- matériels

- commerciaux


  c) Constats

Force est de constater que malgré les efforts et les investissements engagés, cette filière tant prometteuse en est toujours au même niveau de stagnation et en tous cas n’a pas atteint l’objectif minimal escompté.


  d) Propositions

Il va de soi que grand nombre des propositions suivantes sont adaptables aux autres filières agricoles comme l’anacarde, la mangue, la banane etc.…

 

Pro° 1 : Etablir un schéma directeur de l’ensemble des mesures définies à l’issue des ateliers de KOLDA et comportant la désignation des acteurs chargés de leurs mises en place suivant un calendrier précis.

Après 5 années d’études… à présent il faut passer à l’acte !

 

 

2 - DES FACTEURS HUMAINS

 

2.1 - Une organisation de Commerce Equitable

 

a) Points forts

"Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine", article 23 de la déclaration universelle des droits de l'homme.

Le Commerce Equitable apparaît aujourd'hui comme un outil complémentaire (sinon alternatif) à l'aide au développement. L'acte commercial permet d'organiser

un transfert de richesse Nord/Sud dans lequel la dignité du bénéficiaire est respectée.

Toutes les organisations de Commerce Equitable sont à l'origine d'acteurs économiques de pays riches, l'exemple le plus connu étant celui du Néerlandais Max Havelaar. Qu'un pays africain décide de Commerce Equitable serait une reprise de son propre pouvoir, de sa propre histoire.


 

b) Points faibles

L’Afrique est reconnue comme un continent à « la main d’œuvre pas chère ». Cette tendance explique le niveau de vie très bas. Mais le commerce mondial abuse de la situation de ce continent ; le seuil de pauvreté est considéré comme la référence de rémunération du paysan !

 

C’est une erreur, voire un abus sur une situation désastreuse.

La filière miel, en Casamance en particulier, connaît cette situation abusive : l’apiculteur ou le « récolteur de miel » qui apporte son produit au groupement local est trop souvent rémunéré à 250 FCFA le Kg de gâteau de miel. Cette faible rémunération ne l'incite pas non plus à respecter le fruit du travail des abeilles…

le MIEL.


  c) Constats

Aucun développement durable de la filière miel ne pourra être envisagé sans une juste répartition des revenus producteur/consommateur. Il n’est point nécessaire de lancer des spots médiatiques sur ce métier pour inciter des recrues et augmenter ainsi la production nationale ! Une juste rémunération des apiculteurs sera suffisante pour entraîner leurs pairs dans l’aventure.

Par ailleurs, il est un autre aspect à ne pas sous évaluer : la motivation. Sans une juste rémunération on ne peut exiger de motivation du paysan.

Le paysan est l’homme de l’art qui par ses connaissances et son travail nourrit l’humanité. Son intervention est vitale. Si dans certains cas la machine peut faciliter sa tâche, en aucun cas elle ne se substituera au savoir faire du paysan.

Il est inconcevable d’imaginer que cet homme de l’art ne soit pas positionné à sa juste valeur à l’échelle de la production-distribution. Le travail du paysan ne doit jamais être sous évalué. Il doit en être de même de sa rétribution.

 

 

d) Propositions

La rémunération des producteurs certifiés « Commerce Equitable » doit leur permettre de couvrir leurs coûts de production et de s’assurer des conditions de vie décentes. Mais pour déterminer ce seuil, un patient travail d’étude et de concertation est nécessaire.

 

 

Pro° 2 : Engager une démarche de COMMERCE EQUITABLE avec une certification et un LABEL.


 

2.2 - La création d’une Appellation d’Origine Contrôlée


 

a) Points forts

Le mémoire exemplaire d’un sénégalais M. Pape TAHIROU KANOUTE tombe à point nommer en 2009.

Prendre connaissance de ce master : "Politiques des signes d’origine et de qualité dans l’économie agricole en France et en Europe : Les Indications Géographiques, quels enseignements pour l’agriculture Sénégalaise"

(PDF, 520.7 ko) : link

Ce master d’économie analyse les possibilités de mise en valeur de la production agricole en Afrique de l’ouest et au Sénégal en particulier,

en exhortant les acteurs et les Administrations à créer des Appellations d’Origine Contrôlée sous indication géographique (I.G). Je cite sa conclusion :

« L’enjeu véritable de la valorisation des produits locaux en Afrique de l’Ouest réside d’abords dans le contrôle de qualité (création et mise en œuvre de cahiers des charges par les acteurs eux-mêmes) et la protection de la réputation des produits.

Malgré la richesse du potentiel de la région ouest africaine en matière de «Produits d’origine » qui peuvent prétendre à une appellation sous indication géographique, de nombreuses questions peuvent être soulevées et méritent d’être

étudiées selon les experts impliqués dans l’accompagnement du processus. En effet, comme nous l’avons vu, un processus de mise en place de signes d’identification et de l’origine est une affaire collective.

Elle nécessite l’implication de tous les acteurs des filières considérées. Pour qu’un système d’acteurs puisse construire une filière performante dans un environnement fortement concurrentiel et mondialisé, un certain nombre de conditions doivent être réunies (Barjolle et Sylvander, 2003)»


 

b) Points faibles

Toujours du même auteur : « Ainsi au plan organisationnel, la mise en place d’IG est conditionnée en premier lieu par le renforcement des capacités des organisations de producteurs (OP) concernées, capables de négocier avec les acteurs de l’aval de la filière pour promouvoir des produits différenciés, spécifiques grâce à une segmentation du marché. Le type d’organisations devra être adapté aux types d’acteurs et aux conditions de production, afin de conserver localement une partie de la valeur ajoutée générée par l’IG. L’expérience de l’UE a montré que la présence d’une OP, voire d’une partie des acteurs de la filière, dynamique et organisée est indispensable pour faire aboutir la démarche.

A contrario la léthargie des acteurs engendrera un échec cuisant.

Le renforcement des capacités des organisations de producteurs pourrait d’abord s’organiser autour d’un meilleur contrôle de la commercialisation des produits existants et sur l’amélioration de la qualité générique, notamment en matière agro-alimentaire (Bridier, 2008) ».

 

Cela constitue pour le rédacteur du mémoire une première étape indispensable dans une démarche de mise en place d’IG. Pour lui, une telle démarche n’est qu’un outil au service de la valorisation des ressources locales par les acteurs.

 

Au cas contraire il y a risque que l’IG n’ait pas d’impacts positifs sur le développement local (exemple du Tequila mexicain).


 

c) Constats

« En Afrique de l’Ouest, aucun produit ne bénéficie actuellement d'une indication géographique officielle alors que la région dispose d’un potentiel important. Dans de nombreux pays d'Afrique francophone, ce signe distinctif n'est pas connu des administrations (Ministère du Commerce, Ministère de l'Agriculture). Il l'est encore moins des producteurs ruraux et de leurs organisations.

L’expérience d’autres pays en développement, et notamment du Maroc avec l’huile d’Argan, montre qu’il est possible de mettre en place ces conditions et que les coûts associés, et notamment les frais de contrôle et certification, peuvent être largement compensés par une meilleure valorisation des produits (Fautrel, Sureau, Thirion, et Vittori, 2009) ».


 

d) Propositions

Dans le cas du Sénégal, un double enjeu se pose au même moment ; celui de l’apprentissage qui nécessite une longue durée pour non pas copier le modèle européen, mais lancer les bases d’une construction collective prenant en charge les spécificités socio-économiques du pays et de la sous région. L’autre enjeu est celui de l’anticipation et de la fonction de veille par rapport aux négociations internationales sur le commerce. L’Afrique de l’Ouest possède à cet effet des outils institutionnels pour relever ces défis, en l’occurrence l’OAPI (Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle), la CEDEAO (Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest), la CMA/AOC (Conférence des Ministres de l’Afrique de Ouest et du Centre).

Une concertation doit s’établir rapidement entre les Administrations compétentes et les acteurs pour définir les grands axes et le cahier des charges d’une AOC « Miel de Casamance » en vue du vote de la loi et de son Décret d’application.

 

Pro° 3 : Création d’une Appellation d’Origine Contrôlée

« Miel de Casamance ».


 

2.3 - Un label qualitatif : BIO (applicable par toutes les filières agricoles)

 

 

a) Points forts

L’Afrique de l’Ouest, le Sénégal et la Casamance en particulier, possèdent encore des « terres vierges » donc exemptent de toutes pollutions. Ce patrimoine doit être conservé face aux dérapages des pays industrialisés.

 

C’est donc une formidable opportunité de savoir conserver cet avantage face aux continents du nord qui s’enlisent dans une culture industrielle avec toutes les conséquences néfastes que cela engendre tant pour le consommateur que pour la préservation des terres arables.

 

Prenons l’exemple des ex-pays de l'Est. Ils n'utilisaient AUCUN pesticide « par manque d'argent ». Ils ont été la cible, voire la proie, des industriels pétro-chimiques et ils sont en train de « dégueulasser » leurs terres à un point inimaginable pour entrer dans « le » système européen.

Les états africains peuvent encore saisir cette chance qui deviendrait leur atout économique s’ils décidaient de faire de leur terroir une terre sans chimie.

Ils s'assureraient un développement sain et offriraient la santé pour les hommes et la Terre. Certaines cultures intensives du Sénégal sont déjà sous le joug de la pétrochimie… il est encore temps de dire : « CA SUFFIT » !!

L’Afrique est le dernier continent possédant des terres arables encore propres ; elle détient une position historique ; une part de l'avenir est dans la démarche qu’elle entreprendra ....


 

b) Points faibles

Force est de constater que la culture industrielle intensive, non respectueuse du vivant est la plus grande erreur engagée par le système économique actuel.

La rencontre d’un Commissaire européen (en charge du dossier : culture biologique) invité une journée sur mon domaine viticole des Côtes du Rhône Villages a confirmé ma crainte de voir cette culture intensive se poursuivre encore pendant longtemps ! En effet, à sa remarque : « le panier de la ménagère baisse en Europe ; pour le consommateur il convient d’adapter le coût des produits agricoles aux ressources consacrées à l’alimentation ». Au premier chef cette optique est louable voire sociale… mais elle possède des conséquences catastrophiques.

En effet, ceci revient à dire : « les consommateurs disposent de moins d’argent pour l’achat de leur nourriture, mais nous politiques, devons faire en sorte de maintenir leur pouvoir d’achat… en faisant baisser les prix des aliments ».

C.Q.F.D pensons-nous. Eh bien non !

Nous en revenons à la même politique déjà appliquée par la grande distribution : baisser les prix à outrance soit disant dans l’intérêt du consommateur. Il n’en est rien ! Il s’agit surtout d’un phénomène de concurrence entre grandes enseignes : c’est la course à celui qui affiche les prix les plus bas. D’ailleurs leurs publicités

 

grand public ne sont basées que sur la notion de prix bas (jamais la qualité). Cette politique du prix bas engendre de la part des producteurs la nécessité de pratiquer

une culture de plus en plus intensive et industrielle pour vendre leurs produits à la grande distribution qui sélectionne ces prix.

Nous savons que c’est une grave erreur.

 

Le paysan est le seul garant qui devrait refuser de produire autrement que dans les règles de l’art. Ce n’est pas la qualité de son produit qui doit compenser les erreurs économiques d’un système obsolète qui mène à la ruine.

Et pour les âmes sensibles qui pensent à juste titre aux consommateurs citadins et pauvres, je dis : « mangez mieux en mangeant moins de mauvais trop cher ».

En effet, le consommateur, on la vu, aurait tendance à éroder son budget et à faire « des coupes sombres » sur la qualité de son alimentation face aux multiples restrictions budgétaires qui se présentent à lui. Il devient moins exigent.

 

Mais il a des circonstances atténuantes, car il est trompé, on ne lui dit pas

tout !

Il est trompé la plupart du temps sur les véritables dangers de certains aliments pour sa santé. Et ce danger n’est pas uniquement lié à une quelconque pollution de ses fruits ou légumes par des produits phytosanitaires… Les aliments industrialisés n’ont plus de goûts ni de saveurs et plus du tout d’énergie.

 

D’autre part, les multinationales de produits phytosanitaires détiennent aussi des « circonstances atténuantes »… elles produisent à la demande des producteurs !

C’est donc l’homme de l’art - le paysan - en pareille circonstance qui est entièrement responsable de la qualité du produit qu’il place sur le marché.

 

Le Sénégal, comme le plus grand nombre de pays d’Afrique est encore « vierge » des pratiques intensives et industrielles à outrance comme le pratique les pays soit disant « développés » (sic).

Il se présente à un carrefour déterminant :

Ou

- l’agriculture sénégalaise suit le chemin des pays industrialisés qui mènent droit au précipice ;

Ou bien

- le Sénégal et les pays émergents, forts de l’expérience aujourd’hui démontrée, appliquent une culture respectueuse du vivant c'est-à-dire proche de la culture biologique ou encore mieux de la culture biodynamique qui montrent la bonne voie.


 

c) Constats

Bien que certains experts (mal informés ou mal intentionnés) prétendent que l’obtention du label DEMETER qui sanctionne la pratique de l’agriculture biodynamique n’apporte pas de plus value, il convient de préciser un point majeur.

L’agriculture biodynamique est la culture du vivant. Il s’agit donc d’abord d’un état d’esprit qui donne la certitude au paysan d’avoir une vision claire de son activité au sein de la Nature. C’est donc une garantie, pour lui, qu’il n’interfèrera jamais le lois de la Nature et que sa production sera toujours d’un niveau qualitatif d’excellence. Ce point à lui seul justifie une telle démarche responsable face à la course aux rendements comme le pratique 80% de l’agriculture mondiale.

 

D’autre part, cette culture industrielle détruit la vie du sol, fait remonter la roche mère et en quelques sortes hypothèque à long terme les terres arables de la Planète (qui se trouvent déjà insuffisantes, à l’heure actuelle, pour le nombre d’humains à nourrir).


 

d) Propositions

Depuis 2005, l’Europe et l’Amérique du Nord rencontrent un phénomène nouveau et encore inexpliqué : la disparition des abeilles du rucher jusqu’à 90%.

Il s’agit du « syndrome d’effondrement des ruches » dont on ignore officiellement les causes profondes. Vraisemblablement on pense à un excès de pollutions cumulées (sur les fleurs par les produits phytosanitaires systémiques, dans l’air respirables et au niveau des ondes hertziennes électromagnétiques). Par chance,

ces 3 fléaux commencent à peine à se propager en Afrique ! Pour une fois le retard de ce continent est un grand avantage…

 

Les paysans africains ne doivent pas choisir la voie de l’agriculture industrielle productrice de pollutions qui met en péril la survie de l’humanité.

Les paysans africains doivent prendre conscience de ce qu’il ne faut pas faire dans la mesure où, à l’heure actuelle, ils peuvent observer les dégâts avec un recul suffisant. La disparition massive des abeilles est un indicateur fort qui rappelle que le Rubicon est atteint.

 

Albert Einstein, après Rudolph STEINER le fondateur de la bio-dynamie, s’est exprimé à propos de ce sujet de manière très réaliste : "lorsque l'abeille aura disparu de la Terre, l'être humain n'aura plus que quatre années à vivre. Plus d'abeilles, plus de pollinisation, plus de plantes, plus d'animaux, plus d'êtres humains."

Il y a une agriculture « propre » respectueuse du vivant, de la santé du consommateur et de la qualité de l’environnement c’est l’agriculture biodynamique. Pour l’apiculteur il s’agira d’une philosophie où tout est mis en œuvre pour répondre d’abord aux besoins des abeilles. Dans un niveau moindre il y a l’agriculture biologique aux normes moins exigeantes.

 

En laminaire je dirai qu’il serait bien dommage de ne pas solliciter le label Bio minimal, dans la mesure où les pratiques traditionnelles et le miel de Casamance sont déjà « naturellement biologiques » en l’état et avant récolte puisque les abeilles évolues dans une brousse et des mangroves exemptent de toutes pollutions chimiques et OGM.

 

Pro n° 4 : Engager la filière vers une conversion minimale de l’agriculture biologique, ou mieux pour les plus convaincus, vers l’agriculture biodynamique avec l’obtention du label DEMETER.


 

2.4 - Rattraper le retard sur la formation


 

a) Points forts

Tous les experts qui ont pratiqué en Afrique reconnaissent : « si au départ, le manque de technicité des acteurs est caractéristique, on obtient un meilleur succès en les aidant individuellement sur le terrain pour peu qu’ils soient très

motivés au départ, et dans ce cas ils apprennent très vite ».

Il faut persévérer dans ce sens.


 

b) Points faibles

La filière apicole de Casamance s’appuie principalement sur des connaissances très limitées de l’abeille et une pratique traditionnelle très peu technique.

Les apiculteurs sont des paysans dont un très grand nombre sont analphabètes.

Cette situation ne peut pas permettre une augmentation importante de la production de miel sans rencontrer de graves difficultés si elle n’est pas corrigée.


 

c) Constats

Les actions de quelques acteurs d’appui à la diffusion de techniques modernes apicoles sont intéressantes mais restent limitées en nombre de paysans concernés. Il serait nécessaire de toucher un nombre d’apiculteurs plus important pour avoir un impact significatif sur le volume de la production.

 

Aucun centre de formation reconnu n’est en état d’exercer actuellement. Le Centre de Guérina (dans le sud de Bignona) qui avait connu une grande activité de formation apicole est actuellement en léthargie. Il en est de même du CEPRA d’Affiniam. D’autre part, les formations individuelles sur le terrain sont très rares du fait du manque de formateurs suffisants.


 

d) Propositions

La filière doit comporter un certain nombre d’apiculteur « spécialistes » : des leaders. Il s’agira principalement des dirigeants de groupements. Ceux-ci doivent maîtriser un grand nombre de notions apicoles tant sur la connaissance de l’abeille et la conduite du rucher que sur les techniques de traitements du miel jusqu’à la mise en pot.

Ces spécialistes suivront des formations régulières sur le terrain avec un apiculteur professionnel maitrisant l’apiculture biodynamique. Ils deviendront les

formateurs de leurs groupements d’apiculteurs. Ils auront entre autres missions de transmettre les connaissances sur le terrain par des visites régulières de suivi et de conseils. On peut proposer d’axer davantage les interventions avec les actions suivantes :


 

2.4.1 - Renforcer les services en matière d’appuis techniques


 

Pro° 5 : Le développement de Centres de Formation Apicole au sein des Groupements d’apiculteurs avec un formateur reconnu pouvant constituer une structure de service de proximité permanente auprès des apiculteurs.

 

 

Ce type de formation existe déjà dans le cadre de GIE d’apiculteurs. Ils ont aménagé des lieux de démonstrations pratiques qui permettent aux formations dispensées d’être plus efficaces.

 

Pro° 6 : Les échanges paysans.

Il est nécessaire de valoriser les expériences réussies et avancées en matière d’apiculture. Des paysans de Niomoune ont été convaincus de l’intérêt de l’apiculture moderne en voyant la réussite d’autres paysans de Kafountine.

 

Pro° 7 : La formation de leaders au sein des groupements paysans.

Ils pourraient servir de relais auprès des autres paysans pour favoriser la diffusion des connaissances et des pratiques acquises. Chaque directeur de Groupement devrait avoir la qualification de leader-formateur.

 

Pro° 8 : La diffusion large de manuels et fiches techniques accessibles aux paysans.

 

Pro° 9 : Augmenter le nombre de techniciens spécialisés en apiculture

 Pour assumer leurs attributions, les Services décentralisés doivent être dotés de personnels qualifiés et en nombre suffisant. Il faudrait donc former des personnes ressources dans des organismes spécialisés pour pouvoir assurer à la fois la formation de formateurs et la formation des apiculteurs.

De plus, il faudrait former au niveau des écoles agricoles et d’ingéniorat en sciences agronomiques, des spécialistes en apiculture pour pouvoir à terme disposer d’un réservoir de techniciens compétents (quitte à envoyer les premiers se former en Europe). Sur certaines régions étudiées, des écoles agricoles existent et pourraient développer des filières de spécialisation. Elles pourraient d’ailleurs dans ce cas héberger des centres de formation régionaux destinés à la fois à la formation de techniciens mais aussi à la formation des apiculteurs.

Les techniciens d’élevage sortis des écoles agricoles ne sont aujourd’hui jamais suffisamment spécialisés en matière d’apiculture et manquent cruellement de pratique.

 

Pro° 10 : Développer la recherche

 Pour une meilleure connaissance des plantes mellifères et du phénomène d’essaimage des colonies d’abeilles, il serait fondamental que des recherches puissent être menées. Les résultats de ces recherches devraient permettre aux apiculteurs :

- de maîtriser les périodes pour mener chaque opération à partir de la connaissance des différents calendriers de floraison des essences mellifères disponibles dans leur région ;

- de prendre les dispositions nécessaires pour faire face au perpétuel problème de l’essaimage (désertion de l’essaim de la ruche propre à a.m adansonii africaine) si celui-ci est bien lié à la conduite technique de l’élevage;

 

- de faire le choix des meilleures plantes mellifères à reboiser afin d’avoir une production du miel continue sur toute la saison sèche et qui serait spécifiée selon l’origine florale.

- d’avoir une meilleure connaissance sur les différentes origines et présences de miellats sur les végétaux dont l’abeille est gourmande. Les miels qui en découlent sont différents des miels de nectars, mais leurs propriétés sont sûrement très intéressantes à connaître car le miellat est issu de la sève des végétaux et provient des excrétions des parasites (pucerons en particulier). Donc, l’origine du miellat, la sève de la plante, peut être d’un apport en molécules hautement médicinales qu’il convient d’explorer pour en utiliser les bienfaits sur le plan marketing et humain… 

- de mieux connaître les plantes mellifères. Il est fondamental de connaître le potentiel nectarifère et pollenifère des arbres et arbustes de la brousse casamançaise. Celle-ci représente une pharmacopée très riche. Il serait étonnant de ne pas avoir de surprises extraordinaires sur la teneur des pollens en vertus médicinales. Il serait bon de connaître aussi avec précision, les plantes qui permettent la récolte de miellat. A priori aucune recherche n’a été effectuée sur les différents lieux de récolte. Il serait fondamental que ces recherches puissent se réaliser rapidement, car le résultat risque de permettre d’aboutir à la plus grande opération de marketing qu’il soit : le miel de Casamance c’est de l’OR. C’est un aliment diététique reconnu mais c’est en plus un médicament pour un grand nombre de pathologies bien au-delà de ce que l’on croit aujourd’hui. Le jour où les résultats des recherches seront connus, sur les pollens aux vertus médicinales, il conviendra de lancer une formidable campagne de marketing au monde entier…

Comment peut on imaginer que sur les quelques 2.000 arbres et arbustes recensés en Afrique de l’ouest, dont 90% possèdent des vertus médicinales reconnues, il n’y en ait pas…un peu… dans les pollens et donc dans les miels !!

Je dis qu’il s’agit d’une immense opportunité qu’il faut explorer en urgence. 

 

      Pro° 11 : Développer un Centre de Formation Agricole en Casamance comprenant entre autre l’apiculture ainsi que les autres filières porteuses.

 Pour une meilleure connaissance des plantes mellifères.

Des formations à plusieurs niveaux : des séminaires ponctuels de 2 ou 3 jours, des certificats de technicien sur une année et des diplômes d’ingénieurs en plusieurs années.

 

Pro° 12 : Financer la mission d’un formateur. Il s’agira d’une mission bi -annuelle de 8 jours reconductible sur 5 ans, assurée par un apiculteur professionnel bio-dynamiste. Il pratiquera sur le terrain la formation des « leaders » (les cadres-formateurs des groupements) avec une progression dans la connaissance de l’abeille.

Un cahier technique sera établi au gré des missions en vue d’être diffusé dans tous les groupements apicoles. La forme « schémas pédagogiques » sera privilégiée pour être comprise et assimilable par tous.

 

Pro° 13 : Financer la mission d’un consultant. Il s’agira du même professionnel apiculteur qui poursuivra sa mission de formation par une visite de toutes les unités durant 2 à 3 semaines, lors des périodes de récolte, pour apporter conseils sur les lacunes constatées. Un rapport sera rendu par unité d’extraction ou groupement avec les préconisations tant humaines que matérielles.

 

 

3  -   DES FACTEURS STRUCTURELS

 

3.1 - La création d’une Organisation interprofessionnelle


a) Points forts

Le bien fondé d’une Organisation Interprofessionnelle Agricole pour toutes filières n’est plus à faire. Non seulement elle est nécessaire et obligatoire mais elle doit être efficace. Elle est une des principales conditions de réussite de la filière.

Cette Organisation centralisée apporte à travers la gamme de missions offertes une réponse à toutes les attentes du paysan. Sa constitution ne doit pas être négligée.  Cette structure rendrait leur dignité aux paysans. Et à partir de là, ne pas brader le miel, pour eux, serait plus évident.

Récemment le Président de la République du Sénégal a mis en place un département ministériel chargé de l’Organisation des Producteurs, dont les agriculteurs, et ce syndicat a été mis en place dans toute les Régions.

Les représentants des filières soutenues par le PADEC devront rapidement se mettre en rapport avec ce département ministériel pour suites à donner.


 b) Points faibles

Le rapport TECSULT « Portrait de l’apiculture Kodoise » dénombre 1 Fédération Régionale ; 3 Fédérations Départementales et 5 Fédérations d’arrondissement pour la seule région de Kolda… et précise :

« Ces organisations faîtières régionales et départementales ont été crées en 1999. Depuis, leur création,  elles  ont  été  peu  fonctionnelles  et  ce  à  cause  de  nombreuses  difficultés rencontrées.  Le  PAEFK  en  2003  a  commencé  des  appuis  ponctuels.  Bien  que  ces structures aient été crées, peu d’activités ont été concrètement menées sur le terrain par ces dernières depuis leur création. Le PAEFK a insufflé une dynamique d’organisation depuis sa mise  en  œuvre.  Les  apiculteurs  ont  manifesté  le  souhait  de  renforcer  les  structures existantes  et  d’élargir  leur  organisation  au  niveau  des  communautés  rurales  et  des Arrondissements afin de se munir davantage de services communs ».

 Ce souhait louable émanant de la volonté des apiculteurs est une grave erreur.

 La multiplication des entités faîtières diminue leur efficacité ; d’autant plus  que les acteurs enthousiastes sont peu nombreux pour les faire fonctionner…


c) Constats

Le rapport cité ci-dessus démontre bien, et pour cause, la quasi léthargie des multiples Fédérations au niveau de la seule sous région de Kolda. Qu’en serait-il en multipliant autant de Fédérations pour les 2 autres régions de Casamance ?

Que vaut-il mieux : 1 grande Fédération qui fonctionne ou une douzaine qui sommeillent ?


d) Propositions

Il est impératif de développer une seule « Organisation faîtière Interprofessionnelle » qui doit donner satisfaction à tous les acteurs pour l’ensemble de la filière de la Région géographique Casamance, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Pour tous les avantages qu’elle procure, très peu nécessitent la proximité.

On pourrait envisager éventuellement une « Section secondaire » pour la Région de Casamance qui n’hébergerait pas l’Organisation faitière principale (par exemple Ziguinchor) mais ceci est fortement déconseillé dans l’immédiat. Nous savons qu’en multipliant les organisations on divise les résultats…

Pour une fois, je propose de prendre pour exemple de référence : le Conseil Interprofessionnel des vins de l’Appellation Côtes du Rhône, la 2ème plus importante Appellation vinicole de France, un domaine que je connais bien pour en avoir fait partie pendant 11 années.

Voici ce que pourrait donner, avant adaptation locale, cette Organisation Interprofessionnelle Agricole de la filière miel suivant le modèle français des CdR.

 

3.1.1 - Missions

Cette Organisation, représente l'ensemble de la filière miel de Casamance et fédère toutes les démarches promotionnelles, économiques et techniques des miels d'Appellation d'Origine Contrôlée. Elle doit inclure  producteurs, exportateurs et conditionneurs.

Procéder à toutes les études et centraliser les statistiques permettant la connaissance de l'offre et de la demande ainsi que l'adaptation et la régulation de l'offre.

Mettre en œuvre les règles de mise en marché et de conditions de paiement.

Etudier et promouvoir toutes mesures d'ordre scientifique et technique susceptibles d'améliorer la qualité des produits.

Organiser au Sénégal et à l'étranger la promotion des miels d'AOC de Casamance.

Procéder au contrôle de l’application du cahier des charges de l’Appellation d’Origine Contrôlée « miel de Casamance ».

 

3.1.2 - Fonctionnement

Une Assemblée générale : qui prend les décisions générales.

Son rôle : 

  Arrêter la politique générale à suivre et les objectifs généraux à atteindre.

  Contrôler l'action du Bureau par rapport aux objectifs fixés.

  Approuver les comptes et voter le budget.

 

Le bureau : c’est l'exécutif.

Son rôle :

  Exécuter ou faire exécuter le programme fixé par l'Assemblée Générale et, le cas échéant, les missions que celle-ci a pu lui confier.

   Vérifier le bon fonctionnement administratif de l’Organisation.

  Décider des orientations stratégiques et budgétaires de l’Organisation sur proposition des Commissions.

Les commissions : “décisions segmentées”

Elles sont au nombre de quatre :

  Technique,

  Economique,

  Promotion

  Suivi Aval de la Qualité

Elle met en œuvre des actions visant à assurer le respect de la qualité des produits mis à la disposition des consommateurs.

Chacune analyse les propositions des sections par Région, veille à leur cohérence et les transmet au Bureau pour approbation.

Les sections par Région : "l'exécutif pour chacune des Régions "

Leurs rôles :

Elles mettent en œuvre des actions sur les plans Economique, Technique et Marketing en faveur de ces Régions.

(Dans l’immédiat je considère que ces sections ne sont pas encore nécessaires).

 

3.1.3 - Stratégie


•  Améliorer la qualité, développer la traçabilité des produits en prenant en compte les attentes des consommateurs et le respect de l'environnement.
•  Améliorer la cohérence et l'efficacité des outils de contrôle amont/aval (y compris l’autocontrôle).

•  Renforcer le partenariat amont/aval et améliorer la gestion du marché.
•  Protéger et préserver le patrimoine apicole.

•  Améliorer significativement la qualification des hommes.

•  Améliorer l'image au Sénégal en développant la communication, la promotion et le tourisme apicole.

•  Développer les parts de marché au Sénégal, segmenter l'offre et attirer de nouveaux consommateurs.

•  Accroître les ventes à l'exportation en développant significativement les moyens (collectifs et entreprises) pour atteindre 40% des ventes.

•  Améliorer la compétitivité des entreprises et regroupement apicoles et assurer leur pérennité.

•  Mettre en place une véritable politique d'information interne et externe.

 

Pro° 14 : Création d’une Organisation Interprofessionnelle : la maison du miel de Casamance (par ex. « CASAMIEL ») sur le modèle d’une des principales interprofessions vinicoles françaises.

En France, cet organisme réservé aux services de la filière est financé exclusivement par celle-ci.

 

3.2 – Renforcer l’Organisation Interprofessionnelle faîtière en y adjoignant des services adaptés aux besoins de la filière miel.


Les paragraphes précédents sont un copié collé d’une Organisation vinicole française… Il s’agit de démontrer toutes les activités que l’on peut retrouver pour accompagner les professionnels d’une filière agricole. Dans la présente étude il convient d’adapter cette structure aux besoins des apiculteurs de Casamance.

La liste est non exhaustive…

 Il s’agit de renforcer la place des producteurs dans la filière apicole et accompagner les apiculteurs pour mieux valoriser la production de miel.

Etant ici précisé que le schéma présenté de cette Organisation Interprofessionnelle peut être entièrement « calqué » par les autres filières agricoles du projet : mangue, anacarde, banane…

 

3.2.1 - Objectif

Mise en place d’une structure pérenne au niveau de la sous région Casamance et représentative des producteurs. Reste à déterminer le lieu d’implantation.

J’apprends qu’un projet prend forme à BIGNONA. Il s’agit d’une « plateforme économique agro-alimentaire » étudiée à l’échelle de toute la Casamance.

Ce projet sera opérationnel dans 3 années environ. Il convient de prendre des contacts avec la Municipalité coordinatrice de ce projet d’envergure afin de négocier un emplacement de taille. Pourquoi pas y placer le « Centre de Traitement » de la filière miel de Casamance et pourquoi pas le siège de l’Organisation Interprofessionnelle ? En effet, la ville de Bignona qui n’a pas été choisie par hasard par les bailleurs de fonds, c’est une ville stratégique qui draine Haute et Basse Casamance sur le grand axe de Dakar…Ce projet pourrait suffire à lui-même et faire ainsi l’économie des 2 centres proposés plus haut qui auraient été implantés à Kolda et Ziguinchor.

 

3.2.2   – Financement – Pas de fédérations fantômes.

Un appui financier conséquent doit être octroyé à la nouvelle structure pour la mise en place de services aux apiculteurs.

Cette Organisation faîtière est primordiale. Elle doit regrouper tous les services apportés à la filière. De son bon fonctionnement dépend la réussite de toute la filière.

 Aucune autre structure (ou section) ne doit être accompagnée tant qu’un réel besoin de décentralisation ne se sera pas fait ressentir. L’intérêt majeur de cette Organisation est démontré, le coût qu’elle va faire peser sur la filière sera très lourd. Ce seul aspect interdit le soutien de toute autre Section, Union ou Fédération secondaire. La filière n’a pas besoin de supporter une dizaine de Fédérations et autres Unions « fantômes », en état de léthargie, sur lesquels un apiculteur ne peut compter. Ca fonctionne immédiatement où c’est rayé de la carte…

 

3.2.3 – Les services (liste non exhaustive)

Les différents « services » utiles aux apiculteurs que l’on pourrait retrouver dans les murs de l’Organisation Interprofessionnelle seraient :

 

Service 1 : Renforcement du système d’information communication permettant de véhiculer des informations pertinentes aux producteurs : sur l’approvisionnement, la production, la commercialisation, le marché, la législation…

 

Service 2 : Appui aux organisations d’apiculteurs à produire du miel de qualité suivant les besoins du marché.

 

Service 3 : Un Centre de Référencement des Apiculteurs.

Il s’agit d’un outil pour la traçabilité :

C’est un Centre de collecte et de diffusion des informations concernant la filière apicole de Casamance. Il collecte également des informations sur le marché et les diffuse aux apiculteurs membres, il met en relation les organisations d’apiculteurs avec les clients. C’est un des services offerts directement aux organisations membres de la structure.

Ce Centre a deux vocations :

- Centraliser toutes les informations concernant les apiculteurs membres à la base: statistiques agricoles, localisation, production, prix…), il assure en quelque sorte la gestion d’informations sur la traçabilité de leurs produits. Le centre servira de relais d’informations entre les producteurs membres et les clients.

- Diffuser des informations pertinentes aux membres de base par le système d’informations OCAF «Outils de Communication à Accès Facile ». Ce sont des informations (techniques sur les marchés, sur le prix, sur les lois et procédures …) qui sont présentées sous la forme la plus accessible, par exemple : des images, des émissions radiophoniques, des documentaires en dialecte locale, etc. Ils sont destinés au grand public y compris les groupes marginalisés (analphabètes, femmes jeunes …).

 

- Proposer un site web de vente ouvert à tous les membres.

 

- Mise en place d’un Centre de Documentation.

 

Le Centre a comme objectif à long terme de développer le label des produits des organisations membres (miel et ses produits dérivés), de veiller sur sa protection et d’assurer aussi la communication de ce label.

 

Pro° 15 : Projet d’appui à la structuration des apiculteurs et de développement de la filière miel : une Organisation Interprofessionnelle renforcée.

 

 

 

Pour la suite de cet article :

n° 40 - DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE MIEL EN CASAMANCE (suite)


 

 

 

 

 

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Published by Dominique PRACHERSTORFER - dans 6 - Miels de Casamance
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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 11:57

Du 5 au 19 février 2010 :

   La mission humanitaire médicale du docteur Do a pris fin aujourd’hui.

   Nous quittons Bandial à l’extrême limite : les gros coefficients de marée dont nous avions bénéficié il y a 4 jours, pour accéder au village, sont à la baisse. Nous étions passés juste à marée haute grâce à un gros coefficient de 113; aujourd’hui il n’y a plus qu'un coefficient de 69, soit 0,45 m de hauteur d’eau en moins à pleine marée haute… J’appréhende un peu, car je sais que l’endroit très étroit et peu profond rencontré à l’aller pourra nous bloquer pour un mois, jusqu’à la prochaine grande marée et ceci pour seulement quelques centimètres qui manqueraient.

    Cette fois nous abandonnons toute l’équipe d’ANIMA à son sort ; ils prendront la pirogue de Hyacinthe pour rejoindre Ziguinchor.

    Je suggère de prendre la barre exceptionnellement pour regagner la Casamance par ce bolong très étroit, parfois pas plus large que notre barge flottante... Do manoeuvre très bien, mais dans les cas tendus : elle stresse !

Je lui laisse le soin de me guider en faisant le relais entre la trace de notre logiciel de navigation Maxsea, sur l’écran disposé sur la table à carte dans le carré, et le poste de pilotage extérieur. Les puristes de l’informatique pourraient réclamer un second écran devant la barre…Comme je partage l’avis d’Antoine : sur un bateau, tout équipement se trouve dans son état « normal » lorsqu’il est en panne! Donc faisons simple si nous ne voulons pas passer notre temps, si précieux, à nous dépatouiller avec des appareils qui ont retrouvé leur situation « normale ».

     Une fois de plus notre fidèle compagnon « Maxsea » a enregistré la route au ¼ de mètre près et nous permet de nous sauver à temps de ce Paradis désertique qu’est Bandial.

    Non seulement nous passons sans encombre, allégés tout de même des 15 passagers d’ANIMA, mais en prime nous rallions Ziguinchor avant la nuit.

    Nous retrouvons notre mouillage de Ziguinchor, face à l’hôtel Kadiandoumagne et son fabuleux signal de wi-fi qui arrose toute la rade ! Notre antenne wi-fi « américaine » améliorant encore plus le signal : c’est royal de surfer sur le web depuis le bateau !

    Trois jours complets et presque trois nuits sont nécessaires à votre serviteur pour mettre en ligne les 4 derniers articles sur le blog d’Araka Nui.

    Autant vous dire que pour vous faire profiter de nos petites aventures cela me coûte… sans parler des reproches de ma Do : «  et ton fils, il ne t’a pas eu de la journée… !

    Comme il a  déjà été dit au départ, ce journal est une façon de remercier tous ceux qui nous ont aidés de près comme de loin dans l’élaboration du bateau et du grand départ, la famille et les amis.

Ils sont nombreux et nous ne les oublions pas !

    Le blog est mis à jour, il faut passer maintenant à la phase suivante : je dois fignoler la rédaction de ce qui était depuis décembre dernier « la professionnalisation des apiculteurs de Niomoune » pour devenir aujourd’hui le « Projet Diola » comportant 5 volets distincts. Rien que ça.

    Quelques journées seront encore nécessaires pour arriver à réunir toutes mes idées et les retranscrire de façon pédagogique. Ce projet est destiné à tous les bailleurs de fonds installés à Ziguinchor (des Etats-Unis à l'Espagne en passant par la France etc...) pour lesquels je sollicite des financements au nom de Niomoune. Dans ce travail, je me fais aider par ma Do qui est toujours de bons conseils !

    Les jours passent très vite. Nous avons un impératif : Dimanche 14 février nous devons récupérer le formateur apiculteur à Affiniam, Dominique (Nica) COLY, pour l’embarquer une semaine à Niomoune et former nos villageois qui nous attendent de pied ferme.

    Je sais, pour commencer à connaître les us et coutumes en Afrique, que ce n’est pas gagné !

    Les deux derniers jours ouvrables à Ziguinchor seront juste suffisants pour faire la tournée des ONG, du Conseil Régional et surtout une visite éclair du Chef de Centre Régional de l’Hydraulique : Monsieur « Eau Potable en Casamance ».

    Très vite, je découvre un homme de terrain qui connait bien son affaire et me confirme le bien-fondé de mes suggestions.

    Les propositions pour Niomoune dépassent même le seul intérêt de Niomoune et nous décidons que je solliciterai le Président du Conseil Régional pour financer en urgence une étude du projet « réservoir d’eau potable individuel enterré ».

En Casamance, l’eau potable est le grand casse tête et dans les îles c’est carrément le cauchemar. En attendant, les solutions mises en place depuis des décennies sont fuyardes...

Quand on me parle de dessaliniser l’eau de mer, je réponds: ce n’est pas une technologie pour les villages et le prix de cette eau dépasse de loin les possibilités financières des villageois. L’ingénieur de Ziguinchor me le confirme, il a lui-même abandonné l’idée.

Quand on me parle de faire des forages à 80 ou 100 mètres de profondeur, je réponds que tous ceux que j’ai vus fournissaient une eau plus ou moins saumâtre et que les villageois devaient la payer… L’ingénieur me fait comprendre que malgré tout, il faut bien faire quelque chose, alors il va percer des trous pour des sommes colossales (financées par les américains), tout en sachant que le résultat finira toujours plus ou moins rapidement par de l'eau saumâtre !

 

    Je suis parti du principe simple que l’eau du bon Dieu qui tombe en Casamance, 4 mois par an, jusqu’à 1500 millimètres, est potable, non polluée et GRATUITE.

Il suffit de savoir la stocker...
Rassurez vous chers lecteurs, l’Afrique n’a pas attendu que j’arrive !

Depuis de nombreuses années des ONG ont financé de très nombreux impluviums collectifs de 350 M3. L’eau est revendue un tout petit prix pour assurer l’entretien annuel et l’amortissement de l’ouvrage en vue de sa reconstruction 15 ans plus tard.

   Il suffit de voir l’état pitoyable de ces impluviums et de parler avec les utilisateurs pour se rendre compte que ces ouvrages sont fuyards au bout de quelques années seulement et que le paiement aléatoire de l’eau ne suffit même pas à assurer l’entretien !   

    D’où mon idée : plutôt que d’insister à construire de nouveaux impluviums autant installer une citerne enterrée de 5 m3  au niveau de chaque habitation (capacité calculée pour donner l’autonomie en eau potable à une quinzaine de personnes habitant une case pendant les 8 mois de saison sèche).

    Après une petite revue des différents fabricants français sur le web, je découvre que mon idée simpliste au départ était complètement rentable si on intégrait la notion de longévité des deux systèmes. Ce qui est royal, c’est qu’une fois  la citerne individuelle payée par une ONG, l’eau du bon Dieu redevient gratuite !

   Pour que vous ne soyez pas en reste sur les détails, je vous joins le texte du projet de principe. Ambitieux vous me direz ? Peut être, mais réalisable, car j’ai découvert qu’ici les différentes coopérations des pays « riches » possèdent de très gros budgets. Alors on y croit.

     

AUTONOMIE ECONOMIQUE EN MILIEU ENCLAVE

ET

MAINTIEN DE LA CULTURE DIOLA

(îles Petit Kassa, Blisse et Karone)

 

"LE PROJET DIOLA DE PRINCIPE"

Coordonnateur : Dominique PRACHERSTORFER

Tél. 77 78 904 38 ou 77 38 137 61

(Document officiel définitif – Dernière mise à jour : le 8 février 2010)

 

INTRODUCTION

    Une parfaite connaissance de la Nature qui les entoure et le culte qu’ils lui portent ont permis aux DIOLAS de Basse Casamance, comme pour beaucoup d’ethnies d’Afrique de l’Ouest,  de traverser des siècles sans problème de survie.

    Aujourd’hui, aux vues des difficultés grandissantes qu’ils rencontrent nous serions en droit de nous poser la question : est ce que le « modernisme » que nous avons apporté a répondu à leur épanouissement durable ?

    Pour les villageois de Niomoune, de toute évidence la réponse est : non !

    Le village de Niomoune, fort de ses 4 000 habitants, ses 620 élèves scolarisés répartis dans 21 classes jusqu’au collège, est particulier par son isolement et son enclavement durable. Il voit ses fonctions vitales s’amenuiser d’année en année. Il en est de même pour de nombreux autres villages des îles du Petit Kassa, Blisse et Karone.

    Il y a péril à court terme.

Pour tout homme moderne, la question est de savoir : comment peut-on les aider ?

Il serait bon, dans un premier temps de leur poser la question !

Veulent-ils vraiment abandonner leur culture traditionnelle et leur cadre de vie ?

Et si notre système économique ne les intéressait pas ?

 

C’est en écoutant attentivement la préoccupation des sages, qu’il faut admettre que leur attente se résume à peu de choses :

1°)  la préservation des 3 fonctions vitales :

-      l’eau,

-      l’alimentation,

-      la santé.

2°) le maintien de leur culture traditionnelle tout en apportant des solutions durables qui leur permettraient de retrouver une véritable autonomie. Mais surtout préserver leur système d’échange actuel (sans entrer dans un système monétaire prédominant).

Force est de constater que ces attentes sont simples et louables.

Rien d’extraordinaire… et pourtant !

L’eau :

Le manque d’eau douce potable devient un combat de tous les jours dans une région où la saison sèche dure 8 mois. Les 4000 habitants disposent d’un seul puits d’eau douce, distant pour certains de plusieurs kilomètres.

Beaucoup d’interventions d’ONG ont déjà eu lieu sur ce point vital comme la construction d’impluviums collectifs.

Après quelques années ces systèmes sont déjà déficients et le résultat n’est pas concluant pour les villageois ;

Aujourd’hui il demeure un problème majeur :

-      le parcours réalisé régulièrement par les villageois pour apporter l’eau, plus ou moins douce, est inimaginable, même pour un africain citadin, tant l’effort paraît inhumain (1).

L’alimentation :

L’alimentation de base des villageois se compose de riz et de poisson, auxquels s’ajoutent épisodiquement citrons, oranges, mangues et fruits de brousse . Si quelques carences apparaissent pour un très petit nombre, il n’en demeure pas moins que cette alimentation permet aux hommes et aux femmes de travailler dur ;

Aujourd’hui il demeure un problème majeur :

-      le poisson se fait de plus en plus rare dans les bolongs de proximité.

La santé :

Malgré l’aide conséquent de nombreuses ONG depuis des décennies et l’existence d’une organisation de santé mise au service des villageois par l’état ;

Aujourd’hui il demeure un problème majeur :

-      les médicaments ne sont pas toujours disponibles et bien souvent trop onéreux.

(1)  voir en annexe l’enquête : «La quête d’eau douce pour Emma et sa famille d’Essangholou»

 

L’ESPRIT DU PROJET

Ce projet tend à répondre de façon non exhaustive à l’attente des villageois concernés, c'est-à-dire :

Restaurer durablement les 3 fonctions vitales, sans pour autant imposer de système monétaire.

 Pour répondre à cette attente, deux possibilités se présentent :

-      « Parachuter» régulièrement dans la « réserve » le minimum vital : riz, eau et médicaments ; sans traiter les causes. C’est le système de subventions ou aides massives sans fin, qui produit des assistés dépendants dont les exemples ne manquent pas de part le monde.

Ca suffit !

-      Apporter l’autonomie souhaitée.

C’est possible !             

Pour ce faire, il convient de réhabiliter ou d’améliorer les pratiques ancestrales qui ont fait leurs preuves. Donner une priorité pour le développement de métiers existants apportant des sources de revenus à haute plus value, tel que l’apiculture. S’interdire de créer de quelconques besoins monnayables par l’introduction d’un système  d’économie monétaire (paiement de l’eau, factures d’électricité, gaz, carburant, etc…), meilleur système pour créer de nouveaux pauvres dans une population sans argent ou qui en manque cruellement.

 

LES DIFFERENTS VOLETS DU PROJET DIOLA

1°) Des revenus supplémentaires :

Formations à l’apiculture en vue de professionnaliser une quarantaine de pratiquants. Réalisation d’une miellerie  et équipement des apiculteurs dans le cadre d’un GIE.

2°) Maintien de la culture Diola :

Construction d’une case à impluvium à 10 fonctions

(liste ci-dessous). Véritable Case de la Culture Diola.

3°) Autonomie en eau potable :

Autour de cette case à impluvium, installation d’une citerne de stockage d’eau de pluie, individuelle et enterrée, en polyéthylène HD, qui couvrira les besoins d’une famille pendant les 8 mois de saison sèche. Ce système « modèle » de stockage individuel est voué à être reproduit par toutes les cases existantes (avec une adaptation de collecte des eaux pluviales par gouttière).

4°) Une pharmacopée « accessible à tous » :

Développement de la pharmacopée d’Afrique de l’Ouest par la formation, la culture et la collecte de plantes médicinales. Retour à la pratique de la phytothérapie « accessible à tous » en partenariat avec médecins, agents de santé et pratiquants de cette médecine douce.

5°) Garantir la ressource de protéines :

Création d’une aire marine protégée à Nioumoune, véritable réserve halieutique sur le modèle de Bamboung (Siné Saloum) en vue de restaurer la pêche vivrière de proximité.

Mise à disposition d’une pirogue motorisée de pêche au filet (hors zone protégée) sur une période de 5 années.

 

LES MULTIPLES DESTINATIONS DE LA CASE A IMPLUVIUM

DE LA CULTURE DIOLA

DE NIOMOUNE

 

Projet n°1 « des revenus supplémentaires » : 

-      1°) « Miellerie » du GIE des îles Kassa, Blisse et Karonne.

-      2°) « Stockage du miel » des producteurs de l’Appellation d’Origine Contrôlée « A.O.C miel de Casamance ».

-      3°) Assurer un « point de vente » des produits locaux dont le miel de mangrove très réputé et de l’artisanat local.

-      4°) Héberger le « centre pédagogique et de formation d’agro écologie » avec une orientation vers le développement de l’apiculture pour la communauté des îles Petit Kassa, Blisse, Karonne et au-delà…

 Projet n°2 « maintien de la culture Diola » :      

-      5°) Accueil du « musée Diola » situé à l’extérieur (voir dossier complémentaire), mémoire vivante de la culture Diola. 

-      6°) Logement du « conservateur du musée » et sa famille qui fera office de guide assermenté. 

 Projet n°3 « autonomie en eau potable » : 

-      7°) « Case témoin » à impluvium qui fera office de modèle d’habitation traditionnelle autonome en eau potable.

 Projet n°4 «une pharmacopée accessible à tous » :

-      8°) Héberger « l’officine du guérisseur » qui soigne grand nombre de maux par les plantes.

-      9°) « Centre d’études et de pratique de la phytotérapie » en partenariat avec un médecin et les agents de santé.

Projet n°5 « garantir les ressources alimentaires » :  

-      10°) « Centre d’études appliquées » apte à recevoir des intervenants de qualité sur la régénération du milieu halieutique, la préservation de la faune et de la flore.

 

   A présent vous aurez une meilleure idée du contenu de nos « vacances » et peut être que certains de nos lecteurs réviseront l'image qu'ils avaient des aventuriers d'Araka Nui.

 

Vous l’avez compris, à Niomoune, j’attaque un nouveau métier bénévole : apiculteur.

 

Et c’est parti pour mon 13ème métier !

 

Ce sont mes amis Niomounois, qui m’ont dit un jour qu’ils étaient interloqués par tous les sujets aussi divers et variés que je traitais avec eux et dont je précisais toujours pour me justifier : « c’était mon métier… » Pour la première fois donc et en exclusivité je vais énumérer cette liste disparate.    

Dans l’ordre chronologique voici les métiers que j’ai exercé :

Ajusteur, mécanicien diéséliste, plongeur démineur, scaphandrier à casque et travaux sous-marins, instructeur de plongée, plongeur profond par système, électricien, plombier, serrurier, maçon, administrateurs de biens, vigneron et aujourd’hui apiculteur…

 

Dimanche 14 février 2010 :

   Nous sommes bien au RdV à Affiniam depuis 24H00. Je file chez Nica pour bien lui rappeler l’heure d’appareillage du lendemain : il faut respecter la marée descendante si nous voulons être à Niomoune avant la nuit. Ici tous les casamançais connaissent cet impératif. Je passe chez Bacari pour faire le plein de pamplemousses et je découvre des clémentines succulentes. Renseignements pris : il dispose de plants de mandariniers gréffés. Je lui en prends deux pour les replanter chez Hyacinthe à Niomoune.

Le lendemain Nica arrivera 2 heures en retard. Il a fait la fête toute la nuit.

Au final, malgré les 2 moteurs à 2500 tours nous n'arrivons qu'au coucher du soleil à Pointe St Georges. Ma Do suggère de mouiller là pour ne pas passer par nuit noire dans le bolong de Niomoune rempli de filets de pêche.

Il faut dire que la progression aura été houleuse : nous avons essuyé un coup de vent qui nous a offert des bons creux d’un mètre. Nous n’avions encore jamais rencontré une Casamance déchainée. Nica n’a rien vu. Il a dormi tout le trajet dans le cockpit à l’ombre de nos mandariniers…

    Demain, appareillage à l’aube pour être à Niomoune à 9 H00, heure prévue du démarrage de notre formation, où une douzaine d’apiculteurs sélectionnés nous attendent.

    L’honneur est sauf malgré ce petit dérapage nous mouillons à Niomoune à 8H30 à une trentaine de mètre du lieu de la réunion sous l’arbre à palabre.

     D’ailleurs, pour assurer le coup, j’avais remis depuis 3 semaines à chaque participant  une convocation en diola avec l’heure et le lieu : KADIOUKORE ETEKOUETE à SOME. Pierre qui est voisin m’avait bien précisé que cette dénomination était connue de tous et que cela voulait dire : « réunion en face des bateaux du quartier de Sôme ».

    A la différence prêt c’est qu’en réalité ETEKOUETE désigne plutôt « l’endroit où on va faire ses besoins », qui se trouve être face aux bateaux…

Pas bien grave c’est le lieu que j’avais choisi... pour la vue !

    A 9HOO précise, heure suisse, pas âme qui vive.

    A 10H00 je commence à faire chauffer le téléphone portable…

En fait, je me fais dire : « on avait appris que tu n’étais pas arrivé le soir à Niomoune, alors on a pensé que c’était repoussé ».

Il faut en croire que radio tam-tam fonctionne à merveille.

    Bon, passons sur le contre temps, mis à part que notre formateur est là pour 5 jours et que c’est nous qui le rémunèrons (avec l’approbation finale de ma Do). 

    J’ai donc le temps de m’inquiéter du tableau noir que j’avais demandé d’amener sur le lieu de la réunion. Une chose de sûre, il n’est pas là non plus !

    Renseignement pris : c’est le tableau qui a été fabriqué pour Hortense qui enseigne le Diola Fogni aux femmes du village (le Diola parlé sur l'autre rive de la Casamance et incompris par les Diolas du Petit Kassa). En fin de journée j’arrive à mettre la main sur Hortense et plus précisément sur son beau tableau noir que je lui négocie contre une boîte de craies. A ce moment toutes les femmes sortent de la classe et me questionnent sur cette formation à l’apiculture et surtout pourquoi elles n’y ont pas été conviées !

En bon pied noir, je les embobine avec une belle salade et leur propose de désigner une femme. Celle qui se présentera le lendemain à 8HOO, je m’engage à ce qu’elle soit acceptée.

   Notre "tuteur" Ass qui m’accompagne tous les jours, m’aide à porter le monument et nous voilà parti vers mes « chiottes » au bord du bolong. Une fois arrivés, je me choisis le plus bel arbre avec ombre et vue royale sur les bateaux pour installer mon matériel pédagogique !

    Ass qui avait suivi l’épisode des femmes me dit très géné : « Ici, c’est un bois sacré interdit aux femmes ».

Celle-là je ne l’avais pas prévue!

    Sans attendre, nous allons questionner le chef du quartier, Djilo que je connais très bien, un sage qui justement fait parti de la formation. Après avoir fait tourner sa pipe presque 7 fois dans sa bouche il indique à Ass que si la femme fait le tour, passe au bord du bolong et reste assise sur la pirogue renversée : c’est possible !

    Qu’a cela ne tienne, pour qu’une femme participe à la formation je ferai n’importe quoi (en fait je sais que les femmes en Afrique sont bien meilleures gestionnaires que les hommes et de ce groupe je dois dégager les 3 ou 4 qui formeront le GIE, le noyau dur de ce projet).

Du coup, je fixe avec des tendeurs mon tableau à cheval sur les racines du seul arbre proche de ladite pirogue. Mis à part que cet arbre présente ses racines dans le vide d'une falaise de sable rongée par la montée des eaux et que la forte pente gênera l'installation des bancs, ça fera l'affaire !

Sûr que si un étranger passe par là, il prendra le type qui a positionné ce tableau à cet endroit bancal pour un « traumatisé du cigare », alors qu’il y avait un terrain plat juste au dessus pour disposer les bancs.

Je m’en fiche du qu’en dira t-on, j’aurai une femme !

    Mardi, nous avions convenu que tout le monde viendrait pour 8H00.

Bien sûr mes artistes arrivent les uns après les autres à partir de 9H00.

A 9H15, Nica commence son cours sur une magnifique abeille qu’il m’avait demandé de lui dessiner au tableau.

 34-1 Formation apiculteur

« Nica venu spécialement d’Affiniam,

débute la 1ère journée de formation à l’apiculture

destinée aux villageois de Niomoune »


    Petit à petit les curieux nous rejoignent. Nous avions limité volontairement le groupe à 10 personnes. A Niomoune tous les hommes sont plus ou moins « récolteur de miel ». Les ruches traditionnelles sont réalisées dans un tronc de palmier rônier qui ne permet pas d’obtenir un miel de qualité, à cause du mauvais traitement qui s’en suit. Ces ruches sont transmises de père en fils, mais rien sur la connaissance de l'abeille, sinon qu'elle produit du miel délicieux et qu'il est possible pour les téméraires de leur subtiliser la nuit !

Les récolteurs ne possèdent aucune tenue spéciale, ni gants ou bottes. En général ils sont insensibles aux piqures. 

     Nica qui n’en est pas à son coup d’essai, m’embauche pour noter les réponses des villageois sur la série de questions tests qu’il leur pose. Aucun ne sait différencier une ouvrière, d’une reine ou d’un faux bourdon ! Pourtant certains d’entre eux soutirent jusqu’à 200 Kg de miel à ses pauvres abeilles…

    Autant vous dire que l’apprentissage démarre fort et je suis grandement satisfait de l’intérêt porté par nos amis sur cette première phase de ce grand projet.

    Il est 10H00 et je n’ai toujours pas vu arriver « la femme ».

    Ass qui est toujours à mes côté me précise : « je l’ai vue arriver près du bois sacré à 8H00 (elle était la seule à être à l'heure!) puis elle est repartie ». Bien sûr à ce moment j’étais afféré à ma mise en place et la gente féminine est passée dans mon dos.

Je donne consigne à Ass de me la retrouver en lui précisant bien qu’elle a l’autorisation du chef et qu’elle peut emprunter le parcours précité.

    La formation se poursuit, Nica avec son rire communicatif rend son intervention très ludique et tout le monde à les mirettes bien ouvertes, sauf deux anciens qui somnolent…

    Je précise quand même que les participants convoqués sont tous là, à part deux du quartier d’Ouback qui ont une cérémonie de décès. Ici, la tradition est très ancrée et un décès doit  toujours être célébré suivant un rituel précis sur deux jours. J’oubliais aussi Grégoire du quatier d’Essangholou qui est juste venu à 9H00 pour me dire qu’il repartait « en réunion » avec l’ONG qui réalise l’extension de la case de santé dont il est le Président. Malgré tous mes absents excusés notre groupe constitué de curieux supplémentaires fait bonne figure. L’organisateur est heureux !

    A 10H30, c’est bien Hortense que je vois arriver avec plaisir. Il faudra quand même que je lui précise devant le chef qu’elle pouvait s’assoir sur "sa" pirogue retournée. Je m’empresse d’expliquer sa venue. Nica m’avait donné l’idée le matin même en me rappelant : « maintenant les ONG donnent de l’argent que si il y a des femmes dans l’organisation ». Avec un tel argument personne n’a osé discuter.  Hortense était admise.

    Pour des raisons pratiques nous avions convenu de faire journée continue.

Vers 14H00 tout le monde se salue et chacun s’en retourne vers son quartier.

Nica est hébergé chez Maurice le Surveillant du collège. Pour ma part mon restaurant flottant est à 30 mètres.

 

 34-2 Formation apiculteur

 « Mon groupe très studieux découvre tout

sur l’anatomie de l’abeille et

les différentes fonctions de ses organes »

    Le lendemain Nica en bon organisateur passe à la pratique. C’est l’occasion pour moi de relever les plus dégourdis et volontaires, car il s’agit de faire ressortir ceux qui lanceront l’opération à proprement parlé.

    Bien sûr Etienne, le doyen des apiculteurs, sera le chef de file. Il est mon interlocuteur privilégié sur tous les projets que je lui soumets régulièrement. Nous palabrons beaucoup malgré le fait qu'il soit très sollicité. C'est un ancien professeur et j'apprécie particulièrement sa droiture et sa logique. Il fait un sage de poids dans le village. Mais il ne peut pas être seul dans notre GIE !

    Cette seconde journée sera pour moi l’occasion de vérifier l’assiduité de chacun.

    Nica nous a présenté les autres sortes de ruches dites « modernes » dont la Kenyanne qui semble la plus adaptée pour travailler dans les palétuviers de la mangrove. D’ailleurs je lui ai demandé de m’en vendre une pour nous servir de modèle (en vue de les fabriquer nous mêmes). Mais Nica sait qu’à Niomoune il y avait à faire pour ses affaires ! Je comprends pourquoi il m’a fait embarquer 5 autres ruches « pour lui ». Il devra revenir souvent et ainsi il se paiera avec « le miel de ses ruches installées à Niomoune ». J’apprécie l’initiative. 

    Ces ruches étant neuves il a fallu les préparer pour recevoir rapidement un essaim. Pour cela nous apprenons l’enfumage, le collage de languette d’amorce en cire et le badigeonnage intérieur de miel.

 34-3 Enfumage des ruches

 « L'enfumage des ruches keynianes neuves "

 


  34-4 Enfumage des ruches-copie-1

 « Ici même, où ses villageois écoutent pour la première fois            une leçon sur les abeilles, sera l'emplacement de la case à impluvium du projet Diola et bien sûr la miellerie"  

 

 34-5 Formation apiculteur

  « Chacun passera à la pratique, pour coller les languettes de cire "

 

 34-6 Transport des ruches

 « Ici dans les îles, point de véhicules à moteur,

seule la pirogue à pagaie est reine " 

 

La formation se poursuivra sans encombre. Le bon Dieu a exhaussé mes prières pour qu’aucun décès ne vienne frapper de villageois pendant cette semaine de formation.

 Les membres du bureau du GIE seront désignés d’office, sans concertations ni discussions, donc pas très « démocratiquement » entre Etienne, Maurice et moi-même ! Le principal pour moi était d’avoir des personnes fiables pour démarrer le projet… Mea culpa !

 

Etienne qui fait partie des principaux apiculteurs m’annonce qu’il compte débuter sa récolte de miel début mars… C'est-à-dire qu’il faut : un local provisoire, un peu de matériel et puis et puis… la liste est longue.

Je dispose donc de 15 jours, alors qu’il faudrait bien 6 mois pour pareille besogne en Afrique quand on dispose de l’argent nécessaire...

Ca tombe bien je n’ai pas un rond !

Qu’à cela ne tienne. Je lance une souscription sur 4 mois auprès de tout le village. 

Je m’engage à payer 10% d’intérêts à l’échéance (qui sera payé par..., si ma Do accepte le moment venu). Certains ne donneront que dans cet espoir. Bref je récolte 200.000 Fcfa, juste assez pour que ma Do ne m’arrache pas les yeux lorsqu'il a été question des premiers achats de matériels.

Après avoir négocié un accord aux forceps pour obtenir un local provisoire avec les habitants du quartier de Sôme (le seul local en dur existant de tout le village d’après mes connaissances), je découvre par hasard que l’ancienne maternité qui appartient à la mission est vide. Elle dispose en sus d’un sol bétonné, alors que le local de Sôme possède un sol de sable… Délicat pour travailler le miel et sa mise en pot. 

 

Un soir même, je passe 2 H00 chez Luc, le prêtre de Niomoune, pour le dissuader de nous faire un « cadeau » : son ancienne maternité pour 4 mois !

En échange d’une lettre en bonne et due forme (que je lui ai préparée dans la nuit) Etienne notre Président décroche un accord de la mission, après la messe du Dimanche devant un bol de bounouk dans le presbytère. 

Puis tout est allé très vite : Djibril, un apiculteur de Kafountine, nous prête un extracteur.  

Il va sans dire que dans ce parcours du combattant, je suis seul. Mais comme je ne fais pas ça pour avoir des mercis, on s’en fiche. Je sais pertinemment  qu'il faut arriver à montrer du concret, les emmerdes ce n'est pas le menu quotidien d'un Diola. Au fait pourquoi je fais çà ? Figurez-vous que mes amis Niomounois m’ont posé la question. Voici la réponse que je leur ai couchée dans l’introduction du Livre d’Or de la miellerie ouvert en cette circonstance :

LE LIVRE D'OR

« Je vous dis souvent, pour tenter de vous motiver dans l’action :  je veux bien être votre moteur, mais je n’avancerai que si vous y mettez le carburant , c'est-à-dire  si je ressens votre enthousiasme pour avancer vers un but. Dans ce cas je serai capable de développer beaucoup d’énergie pour vous y transporter.

Pour répondre à votre question, du pourquoi je fais cela ?

D’abord, je suis désintéressé par l’argent, c’est l’ingrédient de tous les maux et la ruine de l’Homme !

A Niomoune, en vous écoutant et en vous aimant, j’ai découvert votre système ancestral encore en pratique : l’échange de services dans votre communauté, sans monnaie, et en autonomie économique.

Votre enclavement explique sûrement cela.

Mon aide peut vous conforter dans ce sens. C'est-à-dire, préserver cette aptitude encore vivante, que vous avez su conserver et vous éviter d’entrer dans un système monétaire qui serait votre perte en créant de nouveaux pauvres.

Le plan ambitieux du projet Diola va exclusivement dans le sens de vous permettre de conserver une autonomie économique.

La Vie m’a apporté, par expériences et épreuves,un grand nombre de connaissances très diversifiées. Ce n’est peut être pas un hasard !

Ainsi, je mets à votre service, ces aptitudes tant intellectuelles que morales, dans le seul but de me faire du bien à vous faire du bien.

 Dominique PRACHERSTORFER 

Fait à Niomoune, le Dimanche 4 avril 2010, Jour de Pâques et 60ème anniversaire de l’Indépendance du Sénégal. " 


 

 34-7 Transport des ruches

 « Les ruches sont débarquées vers le rucher "

 

    Toutes les ruches sont prêtes. Elles sont transportées dans une pirogue vers un emplacement choisi où elles seront suspendues à de grosses branches d’arbre. Je suis curieux de voir le délai nécessaire pour que des essaims colonisent ces drôles de cages…

 

Mardi 16 mars 2010 :

    Il est temps de passer aux actes. Pour mieux m'imprégner des traditions de récolte dans la mangrove, je propose à Etienne de l'accompagner avec Ass.

    Etienne qui vient de passer ses 74 ans ne refuse pas cette aide. Je comprendrai mieux après ! 

    J'imaginais ce travail délicat, en fait c'est tout simplement fou. Les pieds dans le poto-poto et l'eau de mer, les racines de palétuviers qui nous déséquilibre, rien ne peut être posé au sol sans se mouiller et j'oubliais ...     les abeilles africaines qui défendent rageusement leurs réserves contre les voleurs et prédateurs que nous sommes.

 

34-8 ASS devant notre ruche keyniane 

" Mon tuteur Ass : il pose devant notre ruche keyniane          fraîchement installée dans la mangrove; à proximité d'une des ruche traditionnelle d'Etienne."    

 

34-9 Etienne

      " Etienne, le sage et le principal apiculteur de Niomoune.                     Il est le seul a posséder une tenue had hoc.

 

 

34-10 Ruche en tronc de rônier

      " La ruche traditionnelle employée exclusivement ici :                                       un tronc de palmier rônier creusé".

 

      34-11 Enfumage de la ruche

      " Enfumage de la ruche, une fois le chapeau ôté".


      34-12 Toutes les abeilles ont fuis

      " Les gâteaux pendus au plafond                                                                      sont directement accessibles et dégorgent de miel"

 

 

34-13 La récolte

" La récolte peut commencer..."    

 

34-14 Les abeilles se réfugient hors de la ruche

      " Les abeilles un peu trop enfumées...                                                          se sont réfugiées vers l'autre entrée de la ruche"

 

34-15 Colmatage du chapeau à la bouse

      " La récolte est finie. Le chapeau est colmaté avec un mélange d'argile et de bouse de vache.                                                                    Seuls deux petits accès sont conservés ouverts".


34-16 Chargement de la pirogue

      " Chargement des bassines de miel.                                                          Vu l'étroitesse du bolong les pagaies sont inopérantes.                            Ass nous déhalera sur 200 mètres avec de l'eau jusqu'aux épaules " 

 

Dimanche 25 avril 2010 :     

 Depuis quelques jours, les premiers pots de miel de mangrove de Niomoune sont présents sur les rayons des 2 principaux commerces alimentaires de Ziguinchor... les apiculteurs voient leur prix de vente tripler !

 

Mais ceci n'est qu'un petit commencement, mon objectif est de contribuer au regroupement  de tous les apiculteurs de Casamance, d'organiser la mise en place d'une Appellation d'Origine Contrôlée "Miels de Casamance" et pour le miel de mangrove exceptionnel de mes amis Niomounois, travailler autour de l'apiculture dans un pur respect des abeilles et instaurer les pratiques de la biodynamie en vue de commercialiser nos miels sous le label international DEMETER des produits biodynamiques.

Vaste programme...qui nous obligera sûrement à demeurer encore quelques années en Casamance !! 

 

 

Dominique PRACHERSTORFER, skipper d'Araka Nui.


                                                                                                                                                                               


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

                                                                                             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Dominique PRACHERSTORFER - dans 6 - Miels de Casamance
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  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
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