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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 15:39

Même à très faible dose, certains polluants alimentaires comme le bisphénol A, un contaminant notamment présent dans les canettes de boissons, peuvent nuire à la santé sur le long terme lorsqu'ils sont associés ensemble.

 

canettes_credits_seppvei_0.jpg

Canettes

Associées les unes aux autres, certaines substances toxiques présentes dans l’alimentation ont un impact sur la santé, et ce même si les quantités de chacune de ces substances prises séparément sont très inférieures aux seuils fixés par la législation.

Prenez un polluant souvent présent dans notre alimentation, comme le phtalate de di-2-éthylhexyle par exemple (ce phtalate, utilisé comme additif en tant que plastifiant, est un perturbateur endocrinien qui occasionne une diminution de la synthèse de la testostérone, d'où le retrait du marché en cours dont il sera l'objet en Europe d'ici 2015). Si la quantité de cette substance est inférieure à la dose journalière tolérable (la dose journalière tolérable d'une substance correspond à la quantité de cette substance pouvant être ingérée durant toute la vie sans risque pour la santé), alors les risques sur la santé sont théoriquement très faibles.

Mais imaginez maintenant un cocktail de substances toxiques de ce type, qui contiendrait non seulement du phtalate de di-2-éthylhexyle, mais aussi du bisphénol A, du polychlorobiphényle 153 (les polychlorobiphényles, dits aussi PCB, sont des polluants notamment présents dans les produits d'origine animale comme le poisson la viande ou les produits laitiers), ou encore de la TCDD (la 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine, plus connue sous le nom de son acronyme TCDD,  est une dioxine cancérigène auquel l'être humain est exposé via l'alimentation). Avec là encore, pour chaque substance, des quantités infimes, bien inférieures aux doses journalières tolérables fixées par la législation.

Un tel cocktail est-il susceptible de nuire à la santé ? Oui, au moins chez les personnes dont le régime alimentaire est très riche en gras, selon une étude menée sur des souris par des scientifiques français, et publiée dans le numéro de septembre 2013 de la revue Faseb Journal. En effet, chez les individus dont l’alimentation est très grasse, un tel cocktail serait susceptible d’aggraver sur le long terme des désordres métaboliques tels que l'apparition chez les femmes d'une intolérance au glucose. Un résultat préoccupant, car c’est précisément ce type de cocktails de polluants que nous retrouvons dans nos assiettes…

Pour parvenir à ce résultat,  la biologiste française Brigitte Le Magueresse-Battistoni et ses collègues du Laboratoire INSERM de recherche en Cardiovasculaire, Métabolisme, Diabétologie et Nutrition (Oullins, France) ont introduit un cocktail de polluants à très faible dose, constitué de phtalate de di-2-éthylhexyle, de bisphénol A, de PCB 153 et de TCDD, dans l'alimentation de souris mâles et femelles soumises à un régime alimentaire riche en gras. Et ce, durant toute l'existence de ces souris.

Résultat ? Chez les souris femelles, les biologistes français ont observé l'apparition d’une intolérance au glucose, couplée à une altération du mécanisme responsable de la production des oestrogènes (les oestrogènes sont les principales hormones sexuelles féminines). Quant aux souris mâles, elle présentait une altération des mécanismes qui régissent la production et la destruction des lipides et du cholestérol.

Un résultat qui suggère que même à très faible dose, les polluants alimentaires ont un effet négatif sur la santé lorsqu'ils sont ingérés quotidiennement, et qu'ils ont couplé à une alimentation riche en calories.

 

Ces travaux ont été publiés dans l'édition de septembre 2013 de la revue Faseb Journal, sous le titre « Low-dose food contaminants trigger sex-specific, hepatic metabolic changes in the progeny of obese mice ».

 

Source: JS

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Published by Dominique PRACHERSTORFER - dans 7 - Mon fils - il faut que tu saches !
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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 18:17

    Selon la Cour de cassation, les propos tenus sur une page Facebook ne peuvent être considérés comme publics s'ils ne sont accessibles qu'à des personnes agréées et peu nombreuses. Dans ce cas, leur auteur ne peut faire l'objet de poursuites pour diffamation ou injure publiques.

 Logo Face Book

 

    Voici une jurisprudence qui va rassurer les internautes. Les propos que chacun publie sur des réseaux sociaux ne sont pas des propos tenus en public et ne sont donc pas susceptibles de faire l'objet de poursuites pour diffamation ou injure publiques. A la condition toutefois, explique la Cour de cassation, « que les termes employés ne soient accessibles qu'à des personnes agréées par le titulaire du compte et fort peu nombreuses

Dans un arrêt du 10 avril 2013 rendu par la première chambre civile ( voir l'arrêt de la cour Cass. Civ 1, 10.4.2013, N° 344 ), la Cour a tranché en faveur d'une employée qui avait plaidé sur sa page Facebook ou MSN en faveur« l'extermination des directrices comme la (sienne) » et des « patronnes (...) qui nous pourrissent la vie ». Ils ont estimé que celle-ci ne pouvait pas se voir reprocher d'avoir tenu ces propos publiquement puisqu'ils n'étaient accessibles qu'à ses « amis » ou « contacts ». Etant peu nombreux et agréés entre eux, auteur et lecteurs se trouvaient liés par une « communauté d'intérêt », selon l'expression juridique. Ce qu'ils échangent n'est donc pas « public ».

Ce jugement permet aux internautes, utilisateurs de réseaux sociaux, d'échapper au risque d'un procès correctionnel en diffamation ou injure publiques. La diffamation ou l'injure non publiques, sont en effet punies comme une « contravention de 1ère classe », soit une amende de 38 euros. L'affaire est donc de la compétence du juge de proximité. Alors que si elles sont publiques, ces injures ou diffamations sont passibles de 12.000 euros d'amende, voire 45.000 euros avec emprisonnement si elles sont aggravées (raciales par exemple).

Jurisprudence

Cette jurisprudence éclaire donc d'un nouveau jour les rapports entre Facebook et le monde du travail. Actuellement, le Code du travail reste muet sur ce qu'un internaute-salarié a le droit de dire ou non sur les réseaux sociaux. D'où l'apparition, ces dernières années, des «licenciements Facebook ». « En mettant un message sur le mur d'une personne dénommée « ami », le salarié s'expose à ce que cette personne ait des centaines « d' amis » ou n'ait pas bloqué les accès à son profil et que tout individu inscrit sur Facebook puisse accéder librement à ces informations (coordonnées, mur, messages, photos) », avait jugé la cour d'appel de Reims le 9 juin 2010 dans une affaire relative au journal « l'Est Eclair ».

Fin 2010, le tribunal des Prud'hommes de Boulogne-Billancourt avait estimé que le licenciement de deux salariés de la société de conseil en informatique Alten qui avaient critiqué leur hiérarchie sur Facebook était légal. Au motif que « les salariés ne peuvent pas impunément critiquer ou avoir des propos injurieux ou diffamatoires à l'égard de leurs employeurs » et parce que leurs propos avaient été publiés sur un « mur » visible publiquement. Les salariés avaient mis en avant, lors du procès, le secret des correspondances qui interdit à une entreprise de se servir de propos écrits dans un mail ou une lettre pour licencier un salarié. En appel, la cour d'appel de Versailles avait considéré en février dernier que leur licenciement était sans cause réelle et sérieuse . Mais le juge avait fondé sa décision sur un vice de procédure, sans se prononcer sur le fond du dossier, et notamment sur le caractère public ou privé du site Web. C'est ce point que la Cour de cassation vient de clarifier.

 

Source: Les échos

 

 

 

 

 

 

 

Arrêt n° 344 du 10 avril 2013 (11-19.530) - Cour de cassation - Première chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2013:C100344

Cassation partielle


Demandeur(s) : Mme Catherine X... ; et autre

Défendeur(s) : Mme Maria-Rosa Y...


Attendu, selon l’arrêt attaqué, que la société Agence du Palais qui avait employé Mme Y..., et sa gérante, Mme X..., ont assigné leur ancienne salariée en paiement de dommages intérêts et prescription de diverses mesures d’interdiction et de publicité, pour avoir publié sur divers réseaux sociaux accessibles sur internet, les propos suivants, qu’elles qualifiaient d’injures publiques :
-“sarko devrait voter une loi pour exterminer les directrices chieuses comme la mienne !!! ( site MSN) 
- " extermination des directrices chieuses " (Facebook) 
- "éliminons nos patrons et surtout nos patronnes (mal baisées) qui nous pourrissent la vie !!!" (Facebook) 
- "Rose Marie motivée plus que jamais à ne pas me laisser faire. Y’en a marre des connes " ; 

Sur le moyen unique, pris en ses quatre premières branches :

Attendu qu’il est fait grief à l’arrêt de rejeter les demandes de Mme X... alors, selon le moyen :

1°/ que les informations publiées sur un site de réseau social, qui permet à chacun de ses membres d’y avoir accès à la seule condition d’avoir été préalablement agréé par le membre qui les a publiées, sont publiques ; que dès lors, en rejetant le caractère public des propos publiés par Mme Y... sur les sites Facebook et MSN, auquel n’importe quel membre de ce site pouvait avoir accès dès lors qu’il était agréé par Mme Y..., la cour d’appel a violé les articles 23, 29, alinéa 2, et 33, alinéa 2, de la loi du 29 juillet 1881 ;

2°/ que l’élément de publicité des infractions de presse est constitué dès lors que les destinataires des propos incriminés, quel que soit leur nombre, ne forment pas entre eux une communauté d’intérêt ; qu’en l’espèce, Mme Y... a publié les propos incriminés sur les sites Facebook et MSN, qui étaient accessibles à ses différents « amis » ou « contacts » ; qu’en déduisant le caractère non public de ces propos au motif inopérant qu’ils auraient été diffusés à des membres choisis en nombre très restreint, ce qui serait exclusif de la notion de public inconnu et imprévisible, la cour d’appel a violé les articles 23, 29, alinéa 2, et 33, alinéa 2, de la loi du 29 juillet 1881 ;

3°/ que la communauté d’intérêts peut se définir comme un groupe de personnes liées par une appartenance commune, des aspirations et des objectifs partagés ; qu’en relevant que les membres choisis par Mme Y..., compte tenu du mode de sélection, par affinités amicales ou sociales, forment une communauté d’intérêts, bien qu’ils ne fussent liés entre eux par aucune appartenance commune, ni aucune aspiration ou objectif partagés, la cour d’appel a de nouveau violé les articles 23, 29, alinéa 2, et 33, alinéa 2, de la loi du 29 juillet 1881 ;

4°/ qu’en affirmant que les contacts choisis par Mme Y... l’avaient été par affinités amicales ou sociales, la cour d’appel s’est prononcée par un motif alternatif équivalent à un défaut de motifs et ainsi a violé l’article 455 du code de procédure civile ;

Mais attendu qu’après avoir constaté que les propos litigieux avaient été diffusés sur les comptes ouverts par Mme Y... tant sur le site Facebook que sur le site MSN, lesquels n’étaient en l’espèce accessibles qu’aux seules personnes agréées par l’intéressée, en nombre très restreint, la cour d’appel a retenu, par un motif adopté exempt de caractère hypothétique, que celles ci formaient une communauté d’intérêts ; qu’elle en a exactement déduit que ces propos ne constituaient pas des injures publiques ; que le moyen n’est pas touché en ses quatres premières branches ;

Mais sur la cinquième branche du moyen :

Vu l’article R. 621 2 du code pénal ;

Attendu que pour rejeter les prétentions de Mme X..., la cour d’appel s’est bornée à constater que les propos litigieux ne constituaient pas des injures publiques ;

Qu’en statuant ainsi sans rechercher, comme il lui incombait de le faire, si les propos litigieux pouvaient être qualifiés d’injures non publiques, la cour d’appel a violé par refus d’application le texte susvisé ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, sauf en sa disposition déclarant irrecevable l’action de la société Agence du Palais, l’arrêt rendu le 9mars 2011, entre les parties, par la cour d’appel de Paris ; remet, en conséquence, sauf sur ce point, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Versailles


Président : M. Charruault

Rapporteur : Mme Crédeville, conseiller

Avocat général : M. Pagès

Avocat(s) : SCP Waquet, Farge et Hazan ; SCP Boullez

 

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 15:10

Environ 73 millions de requins sont tués chaque année pour être commercialisés, révèle l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dans un rapport présenté mercredi à Dakar.


Soupe-de-requin.jpg

 

   ''Depuis 60 ans, la pêche exerce une énorme pression sur les populations de requin et de raie'', indique le rapport présenté à des journalistes par des responsables du Bureau Afrique de l'Ouest du Fonds mondial pour la nature (WWF, acronyme anglais).

  L'étude annonce que ''parmi les espèces de requin et de raie ayant fait l'objet d'une évaluation, 30 sont menacées d'extinction ou de quasi-extinction''.
    Le requin et la raie se développent lentement et se reproduisent peu, ce qui les rend extrêmement vulnérables face à la surpêche, selon le rapport, qui explique que de nombreuses années sont nécessaires pour que ces deux espèces régénèrent après un épisode de déclin.

     La même source indique que ''les relèvements des ressources halieutiques de l'Atlantique Nord-ouest ont mis en évidence une perte jusqu'à 98% des requins marteaux''.

''Les débarquements dans l'Atlantique Sud-ouest ont connu un déclin jusqu'à 90% et des diminutions de plus de 99% et ont eu lieu dans certains pays de la Mer méditerranéenne'', précise l'UICN. ''Des milliers de requins sont pêchés chaque jour dans les eaux ouest-africaines pour alimenter le commerce d'ailerons très prisés en Asie'', rapporte l'étude.

 

A part cela, des requins banquiers envahissent le monde....

 

Source: Nature Alerte

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 14:31

     Les derniers chiffres de l’Institut de recherches publiques France Agrimer, dépendant directement du Ministère de l’Agriculture, sont effarants.

 Disparition-des-abeilles.jpg

 

    Plus de 1 000 colonies d’abeilles sont décimées en France... chaque jour !

En seulement 6 ans, le nombre d’apiculteurs aurait chuté de plus de 40 % ! Et ce serait « directement corrélé à la disparition des abeilles » d’après France Agrimer.

 

   C’est une véritable révolution silencieuse et tragique que nous sommes en train de vivre.

 

La majeure partie de ce que nous cultivons aujourd’hui et consommons au quotidien est en danger : tomates, courgettes, melon, pastèque, fraises, pommes, abricots, cassis, mûres, choux, oignons, poivrons, poireaux, persil, tournesol...

 

    Les abeilles ne font pas uniquement du miel. Elles sont une humble et gigantesque force de travail, pollinisant 80 % des plantes à fleurs sur terre, et près de 90 % des plantes que nous cultivons. Il n’existe aucune alternative, ni technique, ni scientifique, pour les remplacer.

 

Sans elles, c’est l’alimentation de toute la population qui est menacée ! Sans parler de millions d’espèces d’insectes, d’oiseaux et de mammifères qui dépendent directement de ces plantes pour se nourrir.

 

    Ce déclin catastrophique des abeilles est un phénomène complexe. Mais parmi les multiples facteurs qui joueraient un rôle dans cette hécatombe, il y en a un – majeur, décisif – qui est aujourd’hui clairement identifié et dénoncé par plus d’une quarantaine d’études scientifiques menées à travers le monde depuis plus de dix ans.

 

Il s’agit d’un groupe d’insecticides utilisés massivement sur les cultures : les néonicotinoïdes.

 

Ce sont des variétés de pesticides systémiques, c’est-à-dire qu’ils sont mis sur la graine de la plante, et lorsque celle-ci poussera, elle suintera des composants chimiques à forte dose qui ne laissent aucune chance aux insectes quels qu’ils soient.

 

    Les hécatombes ont commencé, et progressivement augmenté dans les années qui ont suivi l’apparition de ces nouveaux pesticides sur le marché, dans les années 1990. Et les populations d’abeilles augmentent là où ces produits ont été interdits.

 

Les preuves à charge contre ces pesticides ultra-nocifs sont accablantes, et pourtant...

 

Sous la pression des grands groupes agrochimiques, Bayer, Syngenta, Dow Chemical ou Monsanto, ils continuent à être autorisés, commercialisés et utilisés massivement dans les champs, - tuant ainsi des millions d’abeilles chaque année.

 

    C’est pour couper court à cette situation dramatique que la députée Laurence Abeille (la bien-nommée !) a déposé une proposition de résolution pour interdire immédiatement les pesticides néonicotinoïdes dangereux pour les abeilles.

 

Si cette résolution était adoptée par l’Assemblée Nationale, des millions d’abeilles seraient sauvées, permettant ainsi la préservation de l’écosystème et de l’alimentation des générations futures.

 

    De leur côté, les lobbys de l’industrie des pesticides sentent l’étau se resserrer. Et ils font des pieds et des mains pour que leurs produits continuent à être vendus : ils brandissent de pseudos arguments scientifiques pour prouver qu’on n’a pas d’autre choix que d’utiliser leurs poisons, ils prédisent des licenciements massifs si leurs produits étaient interdits...

 

Ils sont en passe de bloquer la proposition de Laurence Abeille à l’Assemblée Nationale.

 

Source : Nature Alerte

Commentaires de Dominique :

Comme par hasard... la disparition des abeilles au Sénégal et plus particulièrement en Casamance n'existe pas ! Tout au plus les colonies essaiment facilement; mais dans ce cas il s'agit d'un "déménagement" de toute la colonie et non pas une chute importante du nombre d'abeilles dans la ruche.

Une preuve à charge de plus : en Casamance les grands groupes agrochimiques Bayer, Sygenta, Monsanto n'ont pas fait leurs entrées... Pas d'emploi de systémiques trop chers pour la petite culture vivrière.

J'ai appris récemment que Sygenta avait débloqué un gros paquet de milliards de dollards pour se lancer sur le marché africain.

En bon entendeur salut.

A vous les décideurs africains de savoir reconnaître les erreurs des soient disants "pays développés" et ne pas les reproduire sur vos terres en grande partie encore vierges et préservées !! 

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 19:16

Des abeilles et des hommes

     Depuis une quinzaine d'années, de nombreuses colonies d'abeilles sont décimées partout dans le monde. Les causes de cette hécatombe ne sont pas encore établies. Selon les régions du monde,ce sont entre 50 et 90% des abeilles qui ont disparu.

     Cette épidémie, d'une violence et d'une ampleur faramineuse, est en train de se propager de ruche en ruche sur toute la planète. Partout, le même scénario se répète : par milliards, les abeilles quittent leurs ruches pour ne plus y revenir. Aucun cadavre à proximité. Aucun prédateur visible.

     Equelques mois, les abeilles se sont ainsi volatilisées aux Etats-Unis où les dernières estimations chiffrent à 1,5 million (sur 2,4 millions de ruches au total) le nombre de colonies qui ont disparu dans 27 Etats.

En Allemagne, selon l'association nationale des apiculteurs, le quart des colonies a été décimé avec des pertes allant jusqu'à 80 % dans certains élevages. Même phénomène en Suisse, en France, en Italie, au Portugal, en Grèce, en Autriche, en Pologne, en Angleterre où le syndrome a été baptisé « phénomène Marie-Céleste », du nom du navire dont l'équipage s'était volatilisé en 1872.

Les scientifiques ont trouvé un nom à la mesure du phénomène :                   le « syndrome d'effondrement » ou « colony collapse disorder ».

Ils ont de quoi être préoccupés : 80 % des espèces végétales ont besoin des abeilles pour être fécondées. Sans elles, ni pollinisation, donc pratiquement ni fruits, ni légumes. Les trois quart des cultures qui nourrissent l'humanité en dépendent.

Arrivée sur Terre 60 millions d'années avant l'homme, Apis mellifera (l'abeille à miel) est aussi indispensable à son économie qu'à sa survie.

     Faut-il incriminer les pesticides et les médicaments employés pour les combattre ? Les parasites tels que le varroa ? De nouveaux virus ? Le stress des voyages ? La multiplication des émissions électromagnétiques perturbant les nanoparticules de magnétite présentes dans l'abdomen des

abeilles ?

Il semble plutôt qu'une combinaison de tous ces agents détruise les défenses immunitaires des abeilles.

     Il y a cinquante ans, Albert Einstein avait déjà insisté sur la relation de dépendance qui lie les butineuses à l'homme : « Si l'abeille disparaissait du globe », avait-il prédit, « l'homme n'aurait plus que

cinq années à vivre. »

 

LA BANDE ANNONCE DU FILM 

"More than Honey"

 Des abeilles et des hommes

Film documentaire melifère de Markus Imhoof

Allemagne, Autriche, Suisse —2012 —92 min.

Etude sur le "Syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles"

Les apiculteurs trouvent de plus en plus souvent leurs ruches subitement vidées de presque toutes leurs abeilles. Aux États-Unis, près de 25 % du cheptel aurait disparu l'hiver 2006-2007. De nombreux pays européens sont touchés depuis le début des années 2000. Les pertes peuvent atteindre, localement, jusqu'à 90 % des colonies.

Ce phénomène dont l'ampleur devient épidémique reste inexpliqué. Les études en cours ne permettent à ce jour que de supposer une synergie entre plusieurs causes.

Les administrations, notamment les services vétérinaires, semblent désemparées face à cette maladie émergente, faute de savoir où porter leurs efforts. Comme les rares chercheurs étudiant ce phénomène, elles ne peuvent s'appuyer que sur un corpus récent et relativement pauvre d'études et de données, écoépidémiologiques notamment.

Ce syndrome est jugé très préoccupant par les apiculteurs, mais aussi par de nombreux écologues, économistes et experts en raison de l'importance économique et écologique de l'abeille en tant que pollinisatrice. L'abeille est généralement considérée comme une « sentinelle » bioindicatrice de l'état de l'environnement, en raison de sa présence presque partout sur terre, de sa capacité à collecter via le pollen et le nectar des doses infimes de polluants et de ce qu'elle soit facile à capturer (pour l'abeille domestique). De ce fait, le syndrome qui la touche alarme également les chercheurs.

En 2012, trois études importantes indiquent que la classe d'insecticides néonicotinoïdiques produite par la firme allemande Bayer serait à l'origine de ce syndrome.

Sommaire :

1 Définition

2 Historique

2.1 Pic de disparition au printemps 2007

3 Quelques chiffres

4 Hypothèses explicatives

4.1 Des explications différentes selon les pays

4.2 Recensement des causes possibles

4.2.1 Causes primaires

4.2.2 Causes secondaires avérées

4.2.3 Causes environnementales possibles

4.2.4 Causes rejetés ou très peu probable

5 Citation apocryphe

6 Laboratoires, analyses

7 Annexes

7.1 Articles

7.2 Articles connexes

7.3 Liens externes

7.4 Notes et références

 

Ce syndrome d’effondrement décrit le fait que des abeilles domestiques, subitement, à n'importe quelle époque (hors hiver où la ruche est en quasi-sommeil) ne rentrent pas dans leur ruche. L'absence de cadavres dans la ruche ou à proximité est le second critère définissant ce nouveau syndrome.

Des disparitions d'ouvrières ont déjà été observées par le passé, mais elles ont en 2007 des caractéristiques nouvelles jugées alarmantes par le MAAREC (Mid-Atlantic Apiculture Research and extension Consortium) :

les abeilles « disparaissent » massivement, fait nouveau et très anormal chez ces insectes sociaux ;

les pertes sont brutales : une colonie entière peut disparaître en une seule nuit ;

Aucune explication satisfaisante n'a été trouvée.

Curieusement, la reine abandonnée semble en bonne santé et souvent continue à pondre, alors qu'il n'y a plus assez d'ouvrières pour s'occuper du couvain. Les quelques abeilles restées à la ruche (de jeunes adultes) semblent manquer d'appétit et la production de miel chute fortement.

Historique :

      Des disparitions d'abeilles ont été localement décrites dès 1896 et ont reçu plusieurs appellations. Mais un phénomène plus important et généralisé semble toucher les abeilles domestiquées depuis la fin des années 1990 voire 1965 selon certaines études. L'alerte a été donnée dès les années 2000 au moins en Europe, puis par les apiculteurs vers 2006 aux États-Unis, avec une aggravation du phénomène encore en 2007.

L'hiver 2010-2011, ce sont environ 18 % des abeilles domestiques des États-unis qui sont mortes au cours de l'hiver.

Les effondrements de colonies semblent se développer dans beaucoup de régions du monde, mais contrairement au secteur des élevages de mammifères (vaches, porcs, moutons, etc.) et poissons, les abeilles ne font pas l'objet d'un suivi coordonné par l'OIE, la FAO ou d'autres instances relevant de l'ONU. En 2007, aucun état des lieux global n'est disponible.

En Europe, un groupe de travail européen sur la prévention des mortalités d'abeilles a été mis en place, coordonné par le centre Agroscope Liebefeld-Posieux à Berne (Suisse) qui estimait fin août 2007 que le phénomène devenait plus fréquent, et qu'il prenait « des proportions plus importantes ».

Pic de disparition au printemps 2007 :

     Les modifications climatiques pourraient faire partie des facteurs de stress pour des colonies constituées d'espèces adaptées à d'autres climats

 La pollinisation des champs d'amandiers de Californie nécessite l'importation de colonies d'abeilles. Ces déplacements massifs d'abeilles ont aussi pu contribuer à diffuser des pathogènes chez les souches sauvages

En 2007, un pic alarmant de disparition d'abeilles est jugé catastrophique par les spécialistes, menaçant la pollinisation de plusieurs cultures maraîchères et fruitières aux États-Unis notamment. Les pommiers, mais aussi les amandiers, les avocatiers, les cerisiers, les oignons, les concombres, le coton, l'arachide, le melon, etc. dépendent de 90 %, voire à 100 % des abeilles pour leur pollinisation. Selon l'INRA, la production de 84 % des espèces cultivées en Europe dépend directement des pollinisateurs, qui sont à plus de 90 % des abeilles domestiques et sauvages. Les services rendus à la pollinisation par les abeilles sont estimés à environ quinze milliards de dollars par an aux États-Unis 5. Certains apiculteurs ont perdu 70 % de leurs abeilles.

En juin 2008, le phénomène semble toucher des ruches de l'est de la France.

Quelques chiffres :

     En 2007, le taux de ruches abandonnées ou presque désertées atteignait 70 % voire 80 % dans les régions et pays les plus touchés. Un quart du cheptel des ruchers des États-Unis aurait disparu rien que durant l'hiver 2006-2007 et 35 états ont été touchés selon un rapport du Congrès américain16 de juin 2007.

En Europe, de nombreux pays ont annoncé des pertes importantes (France, Belgique, Italie, Allemagne, Suisse (de 2003 à 2007), Espagne, Grèce, Pologne, Pays-Bas), dès l'an 2000. Dans les ruchers les plus touchés, jusqu'à 90 % des abeilles sont supposées mortes, car non rentrées à la ruche.

Hypothèses explicatives :

 Des explications différentes selon les pays.

Les causes de la mortalité des abeilles semblent différentes et sont d'ampleur différente selon les pays étudiés :

En Belgique, on estime que le varroa affaibit les abeilles, les rendant vulnérables aux virus et bactéries car le varroa est lui-même vecteur de virus.

En Espagne, on a d'abord estimé que le nosema ceranae est la principale cause de la mortalité des abeilles.

Aux Etats-Unis, on a trouvé une corrélation entre l'effondrement des abeilles, apparemment désorientées et ne retournant pas à leur ruche, avec une souche de virus IAPV (Dicistroviridae).

En France, on suspecte aussi des pesticides ou des synergie entre pesticides, dont le Gaucho, qui par précaution a été interdit sur le tournesol depuis 1999.

Recensement des causes possibles :

     Le rapport de l'AFSSA intitulé Mortalités, effondrements et affaiblissements des colonies d'abeilles et présenté en colloque le 17 juin 2009 énumère quarante facteurs contribuant potentiellement à la surmortalité des abeilles.

Causes primaires :

     Le parasitisme : les varroas, et particulièrement Varroa destructor, parasite fréquent de l'abeille domestique ayant été véhiculé sur tous les continents par des transferts d'abeilles reproductrices ou de ruches reste une des causes initiales ou partielles possibles, en tant qu'affaiblissant les abeilles et propageant des infections virales associées. 

D’autres parasites tels qu’ Acarapis woodi et Paenibacillus larvae ont déjà causé des mortalités documentées par le passé.

La loque européenne est un autre parasite du couvain de l'abeille qui semble en extension, parallèlement au syndrome d'effondrement, mais qui ne semble pas pouvoir l'expliquer partout. De même qu'une petite mouche endoparasitoïde (Apocephalus borealis), également mis en cause.

Le virus IAPV : une étude parue dans la revue Science en 2007 fait état de l'analyse des organismes commensaux des abeilles s'étalant sur une période de trois ans. Ce rapport a déterminé que le virus "Israeli acute paralysis virus of bees" (IAPV), initialement décrit par un chercheur israélien, est fortement corrélé avec le syndrome d'effondrement des colonies. Selon l'un des co-auteurs de l'étude, Ian Lipkin : « nos résultats indiquent que l'IAPV est un marqueur significatif du CCD. L'étape suivante est de déterminer si l'IAPV, seul ou de concert avec d'autres facteurs peut induire le syndrome chez des abeilles saines : pour le moment on ne sait pas si ce virus est un symptome ou une cause.

Une combinaison entre Varroa et d'une variante particulière du virus des ailes déformés (DWV) semble être la cause des CCD dans les Iles Hawaï : l'irruption de Varroa modifie l'équilibre entre les virus déjà présent chez l'abeille, une variante particulière du DWV devient dominante et provoque la mort de la colonie plusieurs années après la contamination. C'est la seule étude qui propose un véritable scénario pour les CCD car elle repose sur des observations de terrain, autant sur des colonies sauvages que d'élevage, avec des dimensions spatiales et temporelles qui font concorder la cause présumé et l'observation de mortalité.

L'alimentation est un facteur très important pour expliquer la crise apicole. La réduction de la biodiversité florale du fait de la monoculture et des paysages transformés par l'homme réduit les ressources alimentaires quantitativement mais aussi qualitativement : la diversité qualitative de l'alimentation et une alimentation suffisante sont deux facteurs importants pour le système immunitaire et la santé.

En Europe les changements dans la PAC (réduction des surfaces de luzerne, tournesol, fauche des jachères plus intensives) a fortement impacté les ressources alimentaires des abeilles a partir du début des années 90. De même le fauchage intensif des bords de routes et des lisières forestières réduits considérablement l'abondance des ressources alimentaires de qualité pour les butineurs.

Aux USA c'est la mise en culture de vaste surface de prairie qui servait autrefois à reposer les ruches après plusieurs utilisations comme pollinisateurs de culture qui est pointé du doigt. Un cercle vicieux se forme : la diminution de la diversité et du nombre des plantes à fleurs affaiblit les pollinisateurs et diminue leur nombre, affamé les butineurs sont plus sensibles aux agressions biologiques, climatiques et anthropiques. Un déclin parallèle à celui de la biodiversité correspond à ce qui a également été mis en évidence pour les papillons qui sont également menacés.

On savait déjà qu'un mélange de différents pollens était plus nourrissant qu'une seule variété. Une étude de l'INRA-Avignon a confirmé ce phénomène (2010) ; une moindre diversité en pollen de son alimentation affecte le système immunitaire des hyménoptères se nourrissant de pollen ; lors de nombreux tests (avec six préparations de pollen), les pollens polyfloraux (issus de différentes espèces végétales) ont toujours renforcé la santé des abeilles, « même quand le pollen monofloral était plus riche en protéines », même si les protéines sont elles-aussi une condition nécessaire à une bonne immunité chez les insectes, chez l'adulte comme pour la larve. Les monocultures florales ont donc bien réduit la qualité du bol alimentaire des butineurs. L'explication est qu'avec un grand nombre d'espèces de pollens, les insectes ont le plus de chances de trouver au bon moment les oligoéléments (minéraux, acides aminés acide folique, biotine et vitamines A, D, E et K) et les aliments (protides, glucides et lipides dont stérols) dont ils ont vitalement besoin.

Certains pesticides sont mis en cause, dont les insecticides ( l'imidaclopride (Gaucho) et d'autres néonicotinoïdes (comme la clothianidine (Poncho Pro)), le fipronil (Régent TS), le thiaméthoxame (Cruiser), les produits de démoustication, etc.) voire des désherbants ou des fongicides, ou des sous-produits de dégradation ou des métabolites de ces produits ayant un effet imprévu sur la capacité de l'abeille adulte à s'orienter (à partir d'un seuil lié à des effets cumulatifs ou synergiques, qui pourraient par exemple concerner toute une classe d'âge de larves, ce qui expliquerait la brutalité du syndrome).

En 2006, une étude de terrain belge de l'université de Liège tend à relativiser la corrélation entre les traitements des cultures et la mortalité des ruchers en pointant comme cause première l'acarien Varroa. Une étude de l'AFSSA, rendue publique le 15 février 2008, ne permet pas d'établir la responsabilité des insecticides utilisés en traitement de semence sans pour autant l'écarter : « La réflexion n'a pas permis de confirmer le rôle prépondérant attribué aux pesticides par des professionnels de l'apiculture dans la mortalité des colonies d'abeilles françaises. Cependant, des traces de nombreuses substances phytopharmaceutiques sont souvent détectées au sein des matrices apicoles et la question de leur rôle éventuel demeure posée ».

À l'inverse, le 29 mars 2012, deux études séparées publiées dans la revue de référence Science démontrent que les pesticides représentent bien un danger pour les abeilles et les bourdons. Si le protocole de l'une d'entre elle fait l'objet de critiques dans la même revue quelques mois plus tard, l'étude en pleine air menée par l'INRA, le CNRS et des ingénieurs de la filière apicole confirment que, même à « très faibles doses », un insecticide de la famille des « néonicotinoïdes », le thiaméthoxam, utilisé pour protéger des cultures contre des insectes nuisibles, entre autre par enrobage, peut affaiblir les colonies de façon significative.

Une infection fongique par un champignon microscopique parasite. Par exemple, le Nosema cerenae, un champignon microscopique unicellulaire est souvent retrouvé dans le corps des abeilles mortes et a pour cette raison été évoqué comme cause possible. Mais il pourrait ne s'agir que d'un pathogène opportuniste profitant d'une baisse de l'immunité de l'abeille. Une équipe de chercheurs espagnol a toutefois découvert plusieurs colonies d'abeilles atteintes du syndrome et qui ne présentaient comme unique anomalie que la présence de ce seul champignon microscopique. Après traitement des abeilles survivantes avec l'antifongique flumagillin, ils ont démontré une guérison totale des symptômes. Cette avancée permet de proposer aux apiculteurs un suivi des abeilles pour la présence de ce parasite ainsi qu'un traitement.

L’hybridation par des importations d’abeilles d’autres espèces, moins adaptées à notre environnement, a rendu les abeilles locales (abeilles noires en Europe de l'ouest) plus fragiles. Il a pu être constaté qu'au bout de deux ou trois générations, les abeilles locales croisées avec d'autres races deviennent plus agressives. Les abeilles venant de l'étranger ne sont pas adaptées à notre climat et par croisement elles affaiblissent les abeilles locales, accélérant ainsi leur disparition.

Causes secondaires avérées :

     Des virus (ex : virus de la maladie noire), bactéries sont clairement mis en cause, ce qui était suggéré par l'aspect épidémique et brutal des foyers de syndrome d’effondrement des colonies d'abeilles. D'autre part, des ruches victimes du syndrome semblent mieux se rétablir après une désinfection de la ruche par irradiation.

Le frelon asiatique ou Vespa velutina, originaire de Chine, s'attaque aux butineuses des espèces d'abeilles domestiques. Il s'agit d'un facteur aggravant, non d'une cause première. Des pièges à frelons asiatiques assez sélectifs ont été mis au point.

Causes environnementales possibles :

     Les pollutions de l'air et de l'eau, par les pesticides notamment sont suspectées de contribuer à affaiblir l'immunité des abeilles, guêpes et de nombreux autres insectes dont les populations sont en régression.

Une contamination de la cire par des produits toxiques qui s'y accumuleraient, soit apportés par les abeilles, soit par l'air (adsorption) a été évoquée, parce que certains produits chimiques y ont été trouvés et que les ruches ne sont pas spontanément réoccupées par des essaims.

Un facteur environnemental non compris, qui pourrait par exemple impliquer le dépassement d'un seuil de bioaccumulation d'un (ou plusieurs) polluant, éventuel leurre hormonal, avec pour effet inattendu de perturber la capacité à retrouver leur ruche.

Les pratiques apicoles sont elles-mêmes mises en question: elles ont en effet beaucoup évolué, s’intensifiant pour répondre aux normes, au marché et à la concurrence internationale, ainsi qu’au besoin des grands ruchers de trouver de vastes surfaces de fleurs suffisamment épargnées par les pesticides.

- La taille croissante des ruchers, la promiscuité des abeilles, la transhumance des ruchers et les échanges de souches de reproducteurs sont a priori favorables à l'apparition et à la diffusion de maladies épidémiques parasitaires, virales et fongiques, ainsi qu'à l'apparition et à une large diffusion de résistances du varroa (ou d'autres parasites et microbes) aux produits pesticides vétérinaires utilisés pour protéger les abeilles. Les sélectionneurs ont privilégié la productivité en miel plus que la résistance ou l'adaptation génétique à l'environnement local, au détriment également des espèces sauvages.

- Un article du East Bay Express du 9 août 2007 interroge l'intensification de l'apiculture industrielle pratiqué aux États-unis. « Les abeilles sont plus libres de leurs mouvements que n'importe quel autre animal d'élevage », mais « une exploitation apicole commerciale ressemble plus à une cité HLM qu'à un pré campagnard ».

- La malnutrition des abeilles pourrait accroître le stress généré par la mobilité qui leur est imposée par les apiculteurs les louant pour la pollinisation des cultures. Dans la nature, on trouve au maximum trois à quatre ruches sauvages par kilomètre carré, qui "connaissent" leur environnement et bénéficient d'une alimentation très variée (pollen, nectar et miellats de milliers de plantes différentes). L'apiculteur industriel, pour compenser le déclin des fleurs disponibles, fournit du sucre, de la mélasse de maïs à forte teneur en fructose (additif sucré également en cause dans la mauvaise hygiène alimentaire humaine).

- Comme d'autres animaux d'élevage industriels, les abeilles sont probablement stressées quand on les parque dans des grands ensembles et qu'on les déplace fréquemment, comme c'est le cas avec les ruches aux États-Unis, transportées par camion d'une région à l'autre du pays. Le stress les rend a priori plus vulnérables aux parasites et aux maladies, et pourrait diminuer leur capacité à fonctionner naturellement.

La perte de la diversité génétique des ruchers (qui autrefois co-évoluaient avec leur environnement[réf. nécessaire]) pourrait aussi être en cause: de nombreux apiculteurs se sont professionnalisés et ont acquis des reines très sélectionnés pour la productivité. Cette sélection sauvage c'est faite sans controle, avec notamment des importations de reines, ce qui expliquerait l'arrivé du Varroa puis de Nosema cerana.

Une synergie entre plusieurs des causes évoquées ci-dessus pourrait être à l'origine d'un syndrome de type dit "maladie environnementale".

C'est l'hypothèse qui semble la plus probable, médiatisées par exemple en 2007 par Joe Cummings (Professeur émérite de l'Université Western Ontario) qui met en cause à la fois des champignons parasites utilisés en lutte intégrée agricole, des virus, bactéries et la pollution électromagnétique croissante à laquelle sont exposés les insectes (notamment depuis l’avènement du téléphone portable et du Wi-Fi). Selon lui, ces causes combinées affaibliraient le système immunitaire des abeilles, mais le rôle des pesticides reste pour partie nié par les industriels producteurs.

Exemple : Des abeilles expérimentalement exposées à l'Apistan® meurent 1,9 fois plus quand elles sont exposées ensuite à de la bifenthrine (pesticide) alors qu'il n'y a pas de différence significative de mortalité pour celles qu'on expose ensuite au carbaryl et au parathion méthyl.

Causes rejetés ou très peu probable

     Les OGM ont également été rapidement suspectés, car leur culture en plein champs dans certains pays a précédé de peu ce nouveau syndrome, et parce que de nombreux OGM ont été génétiquement modifiés pour produire leur propre insecticide. Par exemple, le pollen vivant de nombreux maïs transgéniques exprime la protéine transgénique insecticide Bt. Une étude de l'Université d'Iéna a porté (de 2001 à 2004) sur l’effet des pollens GM exprimant la toxine Bt sur les abeilles. Comme annoncé par les fabricants, sur les individus sains, aucun effet toxique du pollen n’a été démontré, mais les abeilles affectées par un parasite s'y sont montrées beaucoup plus sensibles, la mortalité étant alors beaucoup plus élevée chez les abeilles expérimentales nourries au pollen GM (durant 6 semaines, durée très supérieur à la floraison des plantes OGM). Les chercheurs supposent que le pollen GM pourrait affecter l'immunité de l'abeille, le Pr Hans-Hinrich Kaatz (université de Halle) estime que le Bt pourrait ne pas tuer l'abeille mais agresser les cellules des parois de son intestin, facilitant l'infection par d'autres pathogènes. Dans les 6 semaines d'expérience, les abeilles nourries avec des doses importantes de Bt (10 fois la dose normale) ont été plus nombreuses à mourir. La reine y est exposée plus longtemps, et l'effet sur plusieurs générations de larves n'a pas été étudié.

Cette hypothèse n'est généralement pas retenue comme cause de la disparition des apidés, car des abeilles disparaissent touchées dans des zones où les OGM sont très rares ou totalement absents. Enfin, l'Europe où les OGM sont peu présents a été touchée avant l'Amérique du Nord où ils sont le plus cultivés. Si les OGM produisant leur propre insecticide peuvent avoir des effets néfastes sur les abeilles, les insecticides « classiques » largement utilisés par les agriculteurs en ont également, et l'usage d'OGM a permis d'en réduire l'usage. Deux études concluent ainsi que les champs d'OGM Bt (coton ou maïs Bt) auraient plutôt moins d'effet que ceux traités par pulvérisation d'insecticides classiques, sur les abeilles proprement dites ou sur des hyménoptères similaires.

Plantations massive d'arbres et de fleurs très résistants souvent d'origine exotique dont le pollen s'avère toxique pour les abeilles et bourdons locaux. C'est le cas en France pour le tilleul à larges feuilles (Tilia platyphyllos), le Tilleul argenté (Tilia tomentosa) et le Tilleul de Crimée (T. x euchlora) souvent planté en milieu urbain pour sa résistance. Début juillet, en ville, on trouve beaucoup d'abeilles et de bourdons morts sur l'asphalt des rues en ville plantées de ces essences de tilleuls. On a parfois compté jusqu'à 200 insectes morts par jour et par arbre. Si ces végétaux peuvent localement impacter des ruchers ayant un environnement peu propice, l'effondrement des colonies est un phénomène globale, très variable d'une année sur l'autre, cette hypothèse ne peut être retenu.

Les lignes hautes tensions, les relais téléphoniques, éclairage artificiel : différentes hypothèses ésotériques et loufoques sont régulièrement mise en avant, sans d'autre argument que l'imagination de leurs inventeurs.

Citation apocryphe :

     L’abeille européenne (Apis mellifera), ici collectant du pollen et participant ainsi à la pollinisation de 80 % des plantes à fleurs et à la production de 35 % de la nourriture des hommes.

La citation « si les abeilles venaient à disparaître, l'humanité n'aurait plus que quatre années devant elle » attribuée à Albert Einstein est un cas typique de rumeur propagée dans les médias. Elle a été pour la 1re fois énoncée en 1994 (39 ans après la mort du savant) dans un pamphlet distribué par l'Union Nationale de l'Apiculture Française.

Pour autant, cette phrase tient un raisonnement logique mais exagéré : sans abeilles, la pollinisation d’un grand nombre de plantes ne se ferait plus, entraînant la disparition de nombreux animaux et des effets dévastateurs sur l'agriculture. Les abeilles ne sont pas les seuls insectes pollinisateurs, mais assurent néanmoins une grande part de la pollinisation.

Laboratoires, analyses :

     Depuis 2011, le Laboratoire de référence de l'Union européenne pour la santé des abeilles est celui de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), basé à Sophia-Antipolis.

 

Articles :

Les abeilles malades de l'homme (Article du Monde, 29.08.07).

Un monde sans fruits ni légumes ? (Article du Monde, 13.10.07).

Articles connexes :

Apiologie (en), branche correspondante de l'entomologie.

Apiculture

Abeille et Abeille à miel

Gaucho (insecticide) et Varroa

Syngenta

Extinction des espèces

Biodiversité

Monoculture

Écotoxicologie

Fragmentation écologique

Maladie noire

Pollinisation

Vanishing of the Bees (film documentaire)

(en) Situation au Royaume-Uni

Liens externes :

Un site proposant une alternative de traitement par les feuilles de noyer

Maladies des abeilles et du couvain (publié en 1998, avant l'apparition du syndrome d'effondrement des colonies)

Synthèse officielle Données apicole 2005 en France

Centre suisse de recherches apicoles

Et si les abeilles disparaissaient ? par la Cité des sciences et de l'industrie.

Colloque sur les mortalités d’abeilles aux Etats-Unis : les experts confirment la piste des pathologies- Agriculture et Environnement le 19 décembre 2007

Disparition des abeilles : la fin d'un mystère (Film soutenu par France 5).

(fr) Sauvegarde de l'abeille noire

Notes et références :

↑ Sur l'usage de ce terme en langue française.

↑ Les abeilles malades de l'homme. Le Monde, 29 août 2007.

↑ New Studies Link Bee Decline to Bayer Pesticide.

↑ vanEngelsdorp, D. et al., “Fall Dwindle Disease: Investigations into the Causes of Sudden and Alarming Colony Losses Experienced by Beekeepers in the Fall of 2006,” Dec. 15, 2006; Interview de Maryann Frazier, Penn State University, Jan. 28, 2007 [archive] ; Interview de Jerry Hayes, Florida’s Department of Agriculture, Apiary Section, March 2, 2007 [archive] (en).

↑ a, b et c [PDF] Recent Honey Bee Colony Declines [archive], rapport présenté le 26 mars 2007 au congrès américain par le MAAREC

↑ Source : étude déjà citée de juin 2007, du Congrès américain

↑ Colony Collapse Disorder Working Group, MAAREC.

↑ Les colonies d'abeilles déclinent en Europe depuis près de 50 ans. 

↑ APIVET Aux USA, les pertes hivernales du cheptel apicole 2010-2011 seraient de 30 %, 25/05/11

↑ Source : Peter Neumann, du centre Agroscope Liebefeld-Posieux interrogé dans un article du Monde ; Les abeilles malades de l'homme, 2007 08 29

↑ Honey Bee Die-Off Alarms Beekeepers, Crop Growers And Researchers.

↑ Disparitions massives d’abeilles aux États-Unis [archive], Le Nouvel Obs, 12 février 2007.

↑ Les abeilles ont besoin d'un plan d'urgence, Sciences et Avenir, avril 2009, page 66.

↑ Missing bees create a buzz. Whole colonies are vanishing across the country Chicago Tribune, 28 mars 2007

↑ Les ruches de l'est de la France se dépeuplent de façon inquiétante, Le Monde, 12 juin 2008

↑ Recent Honey Bee Colony Declines.

↑ Inra Magazine n°9 (juin 2009)

↑ rapport de l'AFSSA : article de synthèse.

↑ Source : Communiqué de la Station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux ALP 28.2.2006 (Le communiqué).

↑ http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/zoologie/d/devenues-zombies-des-abeilles-parasitees-sortent-la-nuit_35796/#xtor=AL-27-1 [ACTU]-35796[devenues_zombies__des_abeilles_parasitees_sortent_la_nuit]

↑ http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0029639 

↑ Science A Metagenomic Survey of Microbes in Honey Bee Colony Collapse Disorder. 12 October 2007 : Vol. 318. no. 5848, pp. 283 - 287

↑ http://sciences.blogs.liberation.fr/files/abeille-varroa-virus.pdf.

↑ http://www.jacheres-apicoles.fr/157-les-assolements-agricoles-sources-ponctuelles-et-massives-de-fleurs-pour-les-pollinisateurs.html.

↑ L'étrange silence des abeilles, Vincent Tardieu, 350 pages, ISBN-10: 2701149096, ISBN-13: 978-2701149097

↑ Tasei, J. N. & Aupinel, P. 2008 Nutritive value of 15 single pollens and pollen mixes tested on larvae produced by bumblebee workers (Bombus terrestris, Hymenoptera: Apidae). Apidologie 39, 397–409. (doi:10.1051/apido:2008017)

Cédric Alaux, François Ducloz, Didier Crauser and Yves Le Conte ; Diet effects on honeybee immunocompetence [archive] ; Biol. Lett. published online 20 January 2010 ; doi:10.1098/rsbl.2009.0986 ; 20 janvier 2010 (PDF)

↑ Lee, K. P., Simpson, S. J. & Wilson, K. 2008 Dietary protein-quality influences melanization and immune function in an insect. Funct. Ecol. 22, 1052–1061. (doi:10.1111/j.1365-2435.2008.01459.x)

↑ Rinderer, T. E., Rothenbuhler, W. C. & Gochnauer, T. A. 1974 The influence of pollen on the susceptibility of honey-bee larvae to Bacillus larvae. J. Invertebr. Pathol. 23, 347–350. (doi:10.1016/0022-2011(74)90100-1)

↑ Li, P., Yin, Y. L., Li, D., Kim, S. W. & Wu, G. 2007 Amino-acids and immune function. Br. J. Nutr. 98, 237–252. (doi:10.1017/S000711450769936X)

↑ Le silence des abeilles [archive], par Vincent Tardieu.

↑ http://www.affaire-gaucho-regent.com/pdf_abeilles/Expose_Rapportfinal.pdf [archive]

↑ [PDF] Mortalités, effondrements et affaiblissements des colonies d’abeilles sur afssa.fr, Site officiel de l'Afssa, avril 2009. Consulté le 21 novembre 2012.

↑ (en) Erik Stokstad, « Field Research on Bees Raises Concern About Low-Dose Pesticides », dans Science, no 6076, 29 mars 2012

↑ http://www.sciencemag.org/content/337/6101/1453.2.full.

↑ Communiqué de presse de l'INRA, « Les abeilles sont désorientées par une faible dose d’insecticide selon l’INRA - ACTA - ITSAP - Institut de l’abeille - CNRS » sur cdurable.info, 30 mars 2012. Consulté le 21 novembre 2012.

↑ Article du Los Angeles Times (27 avril 2007) citant des travaux d'expert (Experts may have found what's bugging the bees, évoque le champignon unicellulaire Nosema ceranae, mais dont la responsabilité pourrait être partagée avec deux autres champignons parasites et une demi-douzaine de virus également retrouvés dans les corps des abeilles mortes. S'il était prouvé que le Nosema cerenae était responsable, un traitement fongicide à la fumagillin serait possible.

↑ Higes et al. Honeybee colony collapse due to Nosema ceranae in professional apiaries. Environmental Microbiology Reports, 2009; 1 (2): 110 DOI: 10.1111/j.1758-2229.2009.00014.x] cité par ScienceDaily.com Cure For Honey Bee Colony Collapse? 

↑ (en) Pathogens and pesticides called possible suspects in honeybee decimation Des agents pathogènes et des pesticides soupçonnés d'être responsable de la disparition des abeilles [archive], Ramanujan, K., “Parasites, ” Cornell Chronicle, Cornell University 17 mai 2007.

↑ Un virus soupçonné de tuer les abeilles [archive], article Le Figaro, 7 septembre 2007.

↑ Apiculture - Le frelon asiatique Vespa velutina, un nouveau prédateur de l’abeille ? [archive]

↑ Evans, J. D. et al. 2006 Immune pathways and defence mechanisms in honey bees Apis mellifera. Insect. Mol. Biol. 15, 645–656. (doi:10.1111/j.1365-2583.2006.00682.x)

↑ Est-ce que c'est le surmenage qui tue les abeilles ? IES News Service, 9 août 2007.

↑ Are the Bees dying off because they're too busy ? Les abeilles meurent-elles parce qu'elles sont trop occupées ? 

↑ Congrès / Arbeitsgemeinschaft der Institute für Bienenforschung e V. Jahrestagung No44, Jena, ALLEMAGNE (18/03/1997), publication : 1997, vol. 28, no 3-4, pp. 151-233 (11 ref.), pp. 123-127 (Fiche Inist/CNRS)

↑ (en) European Bees Also Taking a Nosedive - Perhaps GM Crops? Les abeilles européennes piquent également du nez - Une implication des cultures OGM ? 

↑ (de) Der Spiegel, 19 mars 2007 (résumé).

↑ Robyn Rose et al. Effects of Bt corn pollen on honey bees. Apidologie 38 4 (2007) 368-377, DOI: 10.1051/apido:2007022.

↑ Michelle Marvier et al. A Meta-Analysis of Effects of Bt Cotton and Maize on Nontarget Invertebrates. Science 316, 1475 (2007); DOI: 10.1126/science.1139208.

↑ Apidologie (1991) 22, 431-432 : Facteurs physiologiques, éthologiques et écologiques concernant la mortalité d’insectes sous les tilleuls à floraison tardive http://www.apidologie.org/index.php?option=article&access= standard&Itemid=129&url=/articles/apido/pdf/1991/04/Apidologie_0044-8435_1991_22_4_ART0007.pdf)

↑ http://www.lavoixdunord.fr/region/au-bois-de-l-offlarde-les-abeilles-n-auraient-pas-jna25b0n620171.

↑ http://www.contaminations-chimiques.info/?2007/04/18/41-le-telephone-portable-responsable-de-la-disparition-des-abeilles.

↑ http://www.eauseccours.com/categorie-10272760.html.

↑ Article sur Snopes.com.

↑ Morse, R.A.; Calderone, N.W., The Value of Honey Bees as Pollinators of US Crops in 2000. Cornell University (2000)

↑ JOUE L 260 du 03/09/2011 p 8 [archive] ([Portail ANSES)

↑ Les abeilles ont besoin d'un plan d'urgence, Sciences et Avenir, avril 2009, page 67.

Source : Wikipédia
Commentaire de Dominique :
Au Sénégal et plus particulièrement dans le cas de la Casamance, que je connais bien, il n'y a pas de varroas.
De même aucun symptômes "d'effondrement des colonies d'abeilles" n'est à déplorer. Si ce n'est une forte tendance de nos abeilles apis mellifera Adansonni à essaimer... Ce qui est très différent ! Dans ce cas l'essaim s'envole avec sa reine contrairement aux cas de "syndrome d'effondrement" où la reine demeure dans la ruche, continue à pondre, avec un paquet d'abeilles fortement diminué... et incapable de se développer.
Cette particularité "Casamançaise" doit faire l'objet d'une étude qui devrait mettre en évidence les paramètres suposés entrainer la mortalité des abeilles et qui n'existent pas (ou très peu) en Afrique et en particulier en Casamance. 

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Published by Dominique PRACHERSTORFER - dans 7 - Mon fils - il faut que tu saches !
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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 19:42

 

    En Angleterre les oiseaux meurent à un rythme effréné. Les dernières statistiques officielles relèvent la perte de plus d’un million d’entre eux chaque année à travers tout le Royaume-Uni, les espèces écossaises sont particulièrement touchées.

 Diagramme-perte-d-oiseaux.jpg

Le dernier rapport de la RSPB et de la British Trust for Ornithology est alarmant.

 

     Les statistiques officielles 2012 de l’état des populations d’oiseaux sur le sol de l’Angleterre révèlent que le nombre d’oiseaux nicheurs est passé de 210 millions en 1966 à 166 millions en 2009 – une perte de plus de 44 millions d’oiseaux en 44 ans.

 

Une situation dramatique que les scientifiques d’outre manche observe de très prés, et en particulier concernant le sort de deux espèces d’oiseaux de mer écossais dont l’extinction est désormais à craindre.

 

La macreuse brune est passé de quelques milliers à moins de 100 , tandis que le nombre de canard à longue queue ont chuté de 10.000 à moins de 1.000.

 

     Les oiseaux de mer en Écosse, qui représentent près de la moitié (45 pour cent) des populations d’oiseaux nicheurs d’Europe, a également enregistré des baisses extrêmement marquées, ce qui alimentent les craintes de leurs anéantissement totale.

 

Des chutes de 75 pour cent de la population ont été enregistrés pour la sterne de Dougall, qui est maintenant tombé à 89 couples, tandis que le labbe d’arctique a diminué de 72 pour cent pour ne plus comptabiliser que 2.100 couples de l’espèce sur les cotes écossaises.

 

Les deux espèces viennent de rejoindre la tristement célèbre liste rouge de L’UICN.

 

     Ils sont parmi les dix espèces d’oiseaux marins du Royaume-Uni qui ont subi des déclins catastrophiques, et ce depuis 1986 lorsque les recensement des populations ont commencé.

 

     Ces pertes dramatiques, reflète une situation critique de l’état de la biodiversité, y compris en mer Baltique. Une combinaison de facteurs, comme le changement climatique, la perte d’habitat et les pénuries alimentaires sont maintenant indéniablement constatés.

 

Dés la parution du rapport Stuart Housden, directeur d’un l’organisme de bienfaisance, le RSPB Scotland, a déclaré:

 

« Il est choquant et décevant de penser que depuis un demi-siècle, le Royaume-Uni a perdu un cinquième de ses oiseaux, dont beaucoup sont d’une importance capitale pour l’ Écosse. Les changements de nos habitudes agricoles ont transformé les paysages de l’ensemble du Royaume-Uni, tous nos oiseaux sont touchés par un déclin dramatique, l’utilisation des terres, la perte des habitats, le changement climatique, l’invasion d’espèces non indigènes et le manque de nourriture détruisent totalement notre environnement. »

 

Richard Hearn, directeur de la surveillance des espèces à la Wildfowl & Wetlands Trust, a appelé à une action rapide pour sauver les oiseaux de mer de l’extinction.

 

     Le nombre des oiseaux de mer en Europe s’est effondré, ils ont un besoin urgent de conservation. Pour être efficace il faut que tous les pays de la zone Euro travaillent en commun pour rétablir des zones de sauvegarde de notre biodiversité de toute urgence.

 

Source : 

 

Le commentaire de Dominique : Voir la liste rouge de l'UICN qui est édifiante :  Article 76 - Près de 25 000 plantes et animaux en danger, selon la liste rouge d'UICN.

 

 

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 11:43

     Voici, la liste des produits chimiques utilisés pour la fabrication d'une tarte aux cerises de supermarché, depuis le champ de blé jusqu'à l'usine agro-alimentaire. Bon appétit !

 

 Tarte-aux-cerises.jpg

 

Histoire de la farine     

Pour obtenir la farine, les grains de blé ont été enrobés d'un fongicide avant semis.

 

Pendant sa culture, le blé a reçu de selon 2 à 6 traitements de pesticides les années, 1 traitement aux hormones pour raccourcir les tiges afin d'éviter la verse et 1 dose importante d'engrais: 240 kg d'azote, 100 kg de phosphore et 100 kg de potassium à l'hectare, tout de même !

 

Le blé moissonné, dans le silo, après récolte, les grains sont fumigés au tétrachlorure de carbone et au bisulfide de carbone, puis arrosés au chlopyriphosméthyl.

 

Pour la mouture, la farine reçoit du chlorure de nitrosyl, puis de l'acide ascorbique, de la farine de fève, du gluten et de l'amylase.

 

     Ensuite, il faut faire lever la pâte. La poudre levante est traitée au silicate de calcium et l'amidon est blanchi au permanganate de potassium.

 

Pas de pâte sans corps gras. Ceux-ci reçoivent un antioxydant (pour éviter le rancissement) comme l'hydroxytoluène de butyl et un émulsifiant type lécithine.

 

Histoire de la Crème

 

     La crème sur laquelle vont reposer les cerises se fait avec des oeufs, du lait, et même de l'huile.

 

* Les oeufs proviennent d'un élevage industriel où les poules sont nourries avec des granulés contenant des :

 

- antioxydants (E300 à E311),

 

- arômes,

 

- émulsifiants: alginate de calcium,

 

- conservateurs : acide formique,

 

- colorants : capsanthéine,

 

- agents liants: lignosulfate

 

- et enfin des appétants : glutamate de sodium, pour qu'elles puissent avaler tout ça.

 

Elles reçoivent aussi des antibiotiques, bien entendu, et surtout des anticoccidiens. Les oeufs, avant séchage, reçoivent des émulsifiants, des agents actifs de surface comme l'acide cholique et une enzyme pour retirer le sucre du blanc.

 

Histoire du lait

 

     Le lait provient d'un élevage industriel où les vaches reçoivent une alimentation riche en : produits chimiques

 

- antibiotiques : flavophospholipol (F712) ou monensin-sodium (F714)

 

- antioxydants : ascorbate de sodium (F301), alphatocophérol de synthèse

 

(F307), buthyl-hydrox-toluène (F321) ou éthoxyquine (E324),

 

- émulsifiants : alginate de propylène-glycol (F405) ou polyéthylène glycol

 

(F496),

 

- conservateurs : acide acétique, acide tartrique (E334), acide propionique

 

(F280) et ses dérivés (F281 à E284),

 

- composés azotés chimiques : urée (F801) ou diurédo-isobutane (F803),

 

- agents liants : stéarate de sodium,

 

- colorants : F131 ou F142

 

- et enfin des appétants pour que les vaches puissent manger tout ça, comme le glutamate de sodium.

 

* Les huiles, quant à elles, ont été :

 

- extraites par des solvants comme l'acétone,

 

- puis raffinées par action de l'acide sulfurique,

 

- puis lavage à chaud,

 

- neutralisées à la lessive de soude,

 

- décolorées au bioxyde de chlore ou au bichromate de potassium

 

- et désodorisées à 160°C avec du chlorure de zinc.

 

- Enfin, elles ont été recolorées à la curcumine.

La crème de la tarte, une fois fabriquée, reçoit des arômes et des stabilisants comme l'acide alginique (E400).

 

Histoire des Cerises

 

(Complété d'après des éléments de "Aromatherapie" Jean Valnet 1990, Maloine)

 

Les cerisiers ont reçu pendant la saison entre 10 et 40 traitements de selon les années. pesticides

 

* Les cerises sont :

 

- décolorées à l'anhydride sulfureux

 

- et recolorées de façon uniforme à l'acide carminique ou à l'érythrosine.

 

- Elles sont plongées dans une saumure contenant du sulfate d'aluminium

 

- et à la sortie, reçoivent un conservateur comme le sorbate de potassium

 

(E202).

 

Elles sont enfin enduites d'un sucre qui provient de betteraves qui, comme les blés, ont reçu leur bonne dose d'engrais et de pesticides. Ce sucre est extrait par :

 

- défécation à la chaux et à l'anhydride sulfureux,

 

- puis décoloré au sulfoxylate de sodium,

 

- puis raffiné au norite et à l'alcool isopropylique.

 

- Il est enfin azuré au bleu anthraquinonique.

 

Par ces traitements, les cerises ayant donc perdu tout leur goût, il est nécessaire d'en ajouter un. Ce parfum est un parfum artificiel alimentaire recréation synthétique du goût et de l'odeur à partir d'éléments artificiels issus de la chimie du pétrole aux prix de revient extrêmement faibles- par économie d'échelle - en comparaison du parfum naturel de fruit.

 

L'exemple développé est ici la cerise, mais de tels composés servent à recréer aussi bien des parfums artificiels de fraise, d'ananas, de framboise, de miel, de caramel, de muguet... Etc.

 

* Le parfum artificiel de cerise se compose donc des molécules synthétiques

 

(Donc à la stéréochimie inversée) suivantes :

 

- acétate d'ethyle

 

- acéthyl méthylcarbinol

 

- butyrate d'isoamyle

 

- caproate d'ethyle

 

- caprylate d'isoamyle

 

- caprate d'ethyle

 

- butyrate de terpenyle

 

- geraniol

 

- butyrate de geranyl - acetylacetate d'ethyle

 

- heptanoate d'ethyle

 

- aldéhyde benzoique

 

- aldéhyde p-toluique

 

- vanilline

 

- essence artificielle d'amande amère SAP

 

- essence artificielle de girofle Bourbon

 

- essence artificielle de cannelle Ceylan

 

- essence de lie de vin.

 

    Ce texte, consacré à "la tarte aux cerises de supermarché" a été rédigé par Claude Bourguignon, un ingénieur agronome qui travailla à l'INRA, avant de quitter l'honorable maison pour cause de désaccord. Spécialiste de la microbiologie des sols, c'est lui qui démontra, pour la première fois, que les sols cultivés à grand renfort d'engrais chimiques et de pesticides, étaient biologiquement ... morts. Tout ce qui fait la vie, et donc la qualité des terres, à savoir les populations microbiennes et fongiques, est détruit par les produits chimiques, conduisant à une perte des nutriments et à l'érosion des sols. Membre de la Société américaine de microbiologie - en France, il n'y a plus aucune chaire de microbiologie des sols, y compris à l'INRA ! - Claude Bourguignon a créé avec sa femme le Laboratoire d'analyse microbiologique des sols, qui intervient dans de nombreux pays, pour aider les agriculteurs à retrouver la fertilité de leurs sols.

 

 

 

Source : Le monde de l'ostéopathie

 

Commentaires de Dominique :

Ce que ne dit pas l'auteur de l'article, (Claude Bourguignon : bien connu par les agriculteurs biodynamistes qui appliquent ses théories sur la vie du sol), c'est la méthode "chimique" de récolte des cerises.

J'ai été témoin sur ma propriété dans le Gard à Sabran de la méthode de récolte des cerises à une époque où le prix payé au kilo par la coopérative était inférieur aux coûts de récolte.

Le cerisier est aspergé par un "produit chimique - dont j'ignore la teneur des composants", puis le lendemain l'arbre est secoué par un engin agricole qui enserre le tronc. La simple secousse de l'arbre engendre la chute des cerises sur le tapis disposé au sol dans un grand splash. Imaginez la "force" de ce produit qui a rendu la chaire de la cerise assez déliquescente pour que sur une simple secousse de l'arbre la cerise se détache de sa queue.

J'ai donc était le témoin de cette folie de notre agriculture française.

Mais pour moi le plus grave qui est lourd de conséquence c'est la suite.

En effet, l'agriculteur en me désignant les cerises blanchies et déformées tombées en vrac sur le tapis me dis  : "ça je ne le mange pas !".

Pour moi, néanmoins sa responsabilité "d'homme de l'art" est engagée. Jamais cet homme ne devrait accepter de pratiquer de la sorte et sous aucun prétexte. Il est le garant de l'alimentation humaine il n'a aucune circonstance atténuante.

C'est un assassin.


 


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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 08:28

 

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     Alors qu'ils sont 43% à déclarer qu'ils savent d'où proviennent les aliments qu'ils consomment, un tiers des jeunes adultes de Grande-Bretagne (entre 16 et 23 ans) ne savent pas que le bacon est de la viande de porc. 3% vont même jusqu'à affirmer que cela vient de ...la vache. Et, alors que les jeunes font un test avec des images, dont une d'une vache, 59% ne savent pas dire d'où est issu le beurre!

 

     La provenance du lait et des oeufs est également un mystère pour de nombreux jeunes. 15% affirment que cela devrait provenir d'une culture, indique un rapport de la Linking Environment And Farming (Leaf).

 

"Une honte pour nos agriculteurs"

 

    "Nous entendons parfois que notre connaissance en matière d'alimentation est en baisse, mais cette nouvelle recherche montre où nous en sommes aujourd'hui!", déplore Caroline Drummond, directrice générale de la Leaf. " Trois adultes sur dix, nés dans les années 90 n'ont pas visité de ferme depuis 10 ou plus, voire même jamais! Ce qui est une véritable honte pour nos agriculteurs."

 

Source: 7s7

 

Le commentaire de Dominique :

Je ne partage pas l'analyse qui reporte la faute aux agriculteurs.

La responsabilité incombe en premier lieu aux parents et éventuellement aux enseignants. C'est dire qu'une majorité de parents n'assument plus l'éducation de leurs enfants, quitte à en faire des numéros d'une société de consommation, sans valeurs ni racines.

Mon fils, voilà pourquoi je suis investi de cette mission de la plus haute importance pour ton avenir :

ton papa est ton précepteur, il est chargé de t'initier en marge de ton éducation générale scolaire. Les multiples épreuves de ma vie m'ont offerts des expériences hors du commun qui font de moi un papa exceptionnellement compétent pour assumer valablement cette mission.

Toi Teiva (Prince des Océans), tu ne seras pas comme ses trop nombreux enfants ignorants dont l'avenir est lourdement compromis parce qu'ils ignorent en premier lieu les bases inconditionnelles du savoir : les lois de la Nature, celles qui régissent toutes vies.

Toi Teiva, tu auras reçu cette connaissance, au fil des ans et de ta maturité, sur tous les sujets de préoccupation qui remplissent notre vie : les sciences humaines, les sciences physiques, l'écologie, la philosophie, la spiritualité...

Toi Teiva, dès ta majorité, tu seras porteur de ce nouveau paradigme qui avec d'autres de ta génération relèveront le défi de cette humanité en crise globale : crise sociale, crise économique, crise écologique, crise énergétique, crise spirituelle. Une somme de crises qui laissent supposer le naufrage du système actuel puisque le navire ne change pas de cap et se dirige droit vers la grève. Naufrage avec tous les malheurs et douleurs que cela laisse présager.

Dans son livre Hind Swaraj or Indian home rule (Leur Civilisation et notre délivrance) Mahatma GANDHI où il fait la critique du développement et de la notion même de civilisation telle qu'idéalisée par la Grande-Bretagne et les Occidentaux, Gandhi montre que chaque progrès réalisé d'une part correspond à une aggravation des conditions de vie de l'autre, que la civilisation occidentale a laissé de côté la moralité et la religion, qu'elle crée de nouveaux besoins liés à l'argent et impossibles à satisfaire, qu'elle accroît les inégalités et voue à l'esclavage une grande partie de l'humanité. Pour lui ce type de civilisation est sans issue :


« Cette civilisation est telle que l'on a juste à être patient et elle s'autodétruira. » Mahatma GANDHI


D'aucuns parlent ou prédisent d'une troisième guerre mondiale (nucléaire).

Je pense que c'est dans le terme qu'il y a quiproquo, nous attendons une guerre "classique" comme toutes celles que nous avons connues. Hors elle est déjà parmi nous. Je n'ai pas connu de guerre, mais j'imagine que toutes les tensions et dysfonctionnemments que nous subissons actuellement (sauf pour les aveugles qui font l'autruche - la tête dans le sable) n'ont rien de plus aux situations de guerre connues !

Quand à la guerre nucléaire, là aussi il y a mauvaise interprétation du terme. Ce ne sera sûrement pas (du moins je l'espère) quelqu'un d'assez fou pour appuyer sur le bouton... mais tout simplement un phénomène d'actualité dont l'Homme est aujourd'hui impuissant pour le contrôler : l'explosion du coeur du réacteur de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon.

J'ai obtenu quelques diplômes sur l'étude de la radioactivité lorsque j'étais marin dans le Pacifique (lors des campagnes de tirs nucléaires français); j'en ai retenu que la radioactivité impose les conséquences les plus perverses à la survie du vivant. Une simple particule ingérée peut produire ces effets néfastes sur la vie d'un homme. Ne parlons pas d'une zone directement infestée et radioactive qui nécessite le déplacement des populations pour plusieurs générations. Le plus pervers : c'est le nuage radioactif consécutif à l'explosion qui peut faire plusieurs fois le tour de la Terre est infester, au gré des courants d'air, les plus innocents voire les plus démunis, en tous cas ceux qui n'ont pas pu voir le danger, car il n'est pas visible.   

J'espère que nous passerons ce cap sans encombre, mon fils !

 

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 17:56

 

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     JOHANNESBURG - Le massacre des rhinocéros se poursuit à un rythme record en Afrique du Sud, 245 animaux ayant été abattus dans le pays depuis le début de l'année 2012, a indiqué mardi le ministère de l'Environnement.

 

147 rhinos, soit 60% du total, ont été braconnés dans le seul parc national Kruger, dans le nord-est du pays.

 

     Avec environ 20.000 spécimens, l'Afrique du Sud abrite 70 à 80% de la population mondiale de rhinocéros, qui est de plus en plus la cible des braconniers en dépit du renforcement des mesures de sécurité: 448 animaux y ont été abattus par des braconniers en 2011, contre 333 en 2010, 122 en 2009, 83 en 2008 et seulement 13 en 2007.

 

     La progression du braconnage est généralement expliquée par le succès commercial des cornes en Asie, et en particulier au Vietnam, où elles sont prisées dans la médecine traditionnelle. Leur prix sur le marché noir avoisine celui de l'or, autour de 50.000 euros le kilo, selon des sources concordantes.

 

     L'appendice nasal des rhinocéros est exclusivement composé de kératine, la même matière que les ongles humains.

 

     Les forces de l'ordre ont procédé à 161 arrestations depuis le début de l'année, dont 138 braconniers, a précisé le ministère.

 

Source: Romandie

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Le commentaire de Dominique :

Mon fils, méditons ensemble sur cette citation d'un grand sage indouiste qui était Mahatma Gandhi :

"On reconnait le degré de civilisation d'un peuple à la façon dont il traite les animaux". 

 

Dans son livre Hind Swaraj or Indian home rule (Leur Civilisation et notre délivrance) où il fait la critique du développement et de la notion même de civilisation telle qu'idéalisée par la Grande-Bretagne et les Occidentaux, Gandhi montre que chaque progrès réalisé d'une part correspond à une aggravation des conditions de vie de l'autre, que la civilisation occidentale a laissé de côté la moralité et la religion, qu'elle crée de nouveaux besoins liés à l'argent et impossibles à satisfaire, qu'elle accroît les inégalités et voue à l'esclavage une grande partie de l'humanité. Pour lui ce type de civilisation est sans issue :

« Cette civilisation est telle que l'on a juste à être patient et elle s'autodétruira. »

 

 

C'est l'occasion d'étudier la pensée de Gandhi.

]Foi

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Pendant une prière à Bombay, septembre 1944.

Gandhi était né hindouiste et pratiqua l'hindouisme toute sa vie, qui inspira la plupart de ses principes. Comme tout hindou traditionnel, il voyait dans toutes les religions autant de chemins possibles pour atteindre la Vérité, et refusait de se convertir à une autre foi.

C'était un théologien avide et il lut beaucoup sur toutes les grandes religions. Il dit sur sa religion :

« L'hindouisme tel que je le connais satisfait complètement mon âme, remplit mon être entier... Quand le doute m'assaille, quand le découragement me regarde en face, quand je ne vois plus aucune lueur d'espoir à l'horizon, je me tourne vers la Bhagavad Gita, et je trouve un vers pour me consoler; et je commence à sourire immédiatement au milieu d'un écrasant chagrin. Ma vie a été remplie de tragédies et si elles n'ont pas laissé d'effet indélébile sur moi, je le dois aux enseignements de la Bhagavad Gita. »

Gandhi écrivit un commentaire sur la Bhagavad Gita en Gujarati.

Gandhi croyait que le cœur de toutes les religions était la vérité et l'amour (compassion, non-violence et éthique de réciprocité). Il critiquait l'hypocrisie, les mauvaises pratiques et les dogmes de toutes les religions et fut un réformateur social infatigable. Ses commentaires sur les différentes religions furent :

« Ainsi, si je ne pourrais pas accepter le christianisme comme parfait ou comme la plus grande des religions, je ne pourrais pas non plus considérer l'hindouisme comme tel. Les défauts de l'hindouisme me sont bien visibles. Si l'intouchabilité pouvait être une partie de l'hindouisme, ce serait une partie pourrie ou une excroissance. Je ne pourrais pas comprendre la « raison d'être » d'une multitude de sectes ou de castes. Quel serait le sens de dire que les Vedassont des textes sacrés inspirés par Dieu ? S'ils ont été inspirés par Dieu, pourquoi pas la Bible ou le Coran également ? Mes amis chrétiens ont été aussi entreprenants pour me convertir que mes amis musulmans. Abdullah Sheth m'a continuellement incité à étudier l'islam, et évidemment avait toujours quelque chose à dire concernant sa beauté. »

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Gandhi et Kasturba visitant Rabindranath Tagore à Shantiniketan en 1940.

« Dès que nous perdons la base morale, nous cessons d'être religieux. Il n'y a pas de choses telle qu'une religion effaçant la moralité. L'homme donc, ne peut être menteur, cruel ou dépravé et clamer qu'il a Dieu de son côté. »

« Les paroles de Mahomet sont un trésor de sagesse, pas seulement pour les musulmans mais pour l'humanité entière. »

Plus tard dans sa vie, quand on lui demandait s'il était hindouiste, il répondait :

« Oui je le suis. Je suis aussi un chrétien, un musulman, un bouddhiste et un juif. »

En dépit de leur profond respect mutuel, Gandhi et Rabindranath Tagore furent impliqués dans des débats prolongés à plusieurs reprises. Ces débats illustraient les différences philosophiques entre les deux plus célèbres Indiens de ce temps. Gandhi s'est consacré à améliorer les conditions de vie des intouchables, les appelant Harijans, le peuple de Krishna. Le 15 janvier 1934, un tremblement de terre toucha le Bihar et causa de nombreuses victimes et dégâts. Gandhi maintint que cela était dû au péché commis par les castes hindoues supérieures de ne pas laisser les intouchables accéder à leurs temples. Tagore s'opposa diamétralement au point de vue de Gandhi, soutenant qu'un tremblement de terre pouvait être seulement créé par des forces naturelles, pas par des raisons morales, aussi répugnante que puisse être la pratique de l'intouchabilité.


Vérité

Gandhi a dédié toute sa vie à la découverte de la vérité ou satya. Il essaya de l'atteindre en apprenant de ses propres erreurs et en pratiquant des expériences sur lui-même. C'est notamment le thème de son livre Autobiographie ou mes expériences de vérité.

Gandhi établissait que la plus importante bataille à remporter était vaincre ses propres démons, peurs et insécurités. Il résuma ses croyances quand il dit d'abord « Dieu est vérité ». Il changea ensuite cette déclaration en « la vérité est Dieu ». Ainsi satya (la vérité) dans la philosophie de Gandhi est « Dieu ».

C'est en Afrique du Sud, en luttant pour les droits des Indiens que Gandhi découvrit l'importance du respect de la vérité. « Tel un arbre immense, elle donne d’autant plus de fruits qu’on en prend soin. A l’image d’une mine où plus on creuse en profondeur, plus précieux sont les diamants qu’on y découvre, il est remarquable que plus on explore la vérité, plus nombreux et variés sont les services qu’elle nous fait assumer. »


Simplicité

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Gandhi filant avec un chapeau de Noakhali, à Birla House, New Delhi, novembre 1947.

Gandhi croyait sincèrement qu'une personne impliquée dans le service social devait mener une vie simple qui l'amènerait au brahmacharya. Sa pratique de l'ascétisme s'inspire de la pensée du philosophe et poète américain Henry David Thoreau. Cette simplicité commença par le renoncement au style de vie occidental qu'il menait en Afrique du Sud. Il appela cela « se réduire soi-même à zéro »; « vivre simplement pour que tous puissent simplement vivre » tel était ses valeurs, son mode de vie, ce qui voulait dire abandonner toute dépense superflue, mener une vie simple et laver ses propres vêtements. En une occasion il renvoya les cadeaux offerts par les indigènes pour son aide à la communauté.

Gandhi passait un jour de chaque semaine en silence. Il croyait que s'abstenir de parler lui amenait lapaix intérieure. Ceci venait des principes hindous du mauna (en sanskritमौन - silence) et shanti(paix). Ces jours-là il communiquait avec les autres en écrivant sur un papier.

Pendant 3 ans et demi, à l'âge de 37 ans, Gandhi refusa de lire les journaux, clamant que les nouvelles tumultueuses du monde lui causaient plus de confusion que son propre trouble intérieur.

Revenant en Inde après son séjour en Afrique du Sud, il abandonna le port de vêtements occidentaux, qu'il associait à la richesse et au succès. Il s'habilla pour être accepté par les plus pauvres en Inde, et il promut l'utilisation de vêtements tissés à la maison (khadi). Gandhi et ses partisans fabriquaient donc les vêtements qu'ils portaient ; ils encourageaient les autres à faire de même dans le but de redonner une certaine autonomie économique à l'Inde rurale, autonomie laminée par la domination de l'industrie britannique qui détenait alors les filatures industrielles. Le rouet fut bientôt incorporé au drapeau du parti du congrès indien.

Gandhi porta le dhotî (équivalent masculin du sari) tout le reste de sa vie, non seulement en signe de simplicité mais aussi parce que cet habit, filé de ses mains, constituait pour lui une garantie de ne pas cautionner l'exploitation d'ouvriers britanniques ou indiens dans des filatures industrielles.




Végétarisme                   
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« Jamais je ne consentirais à sacrifier au corps humain la vie d’un agneau. J’estime que, moins une créature peut se défendre, plus elle a droit à la protection de l’homme contre la cruauté humaine[54].» – Mahatma Gandhi ; sur la photo, avec un veau.

La pratique du végétarisme est fortement ancrée dans les traditions hindoues et jaïnes, et dans sa terre natale du Gujarat la plupart des hindous et sa famille étaient végétariens. Avant de partir étudier pour Londres, Gandhi avait promis à sa mère qu'il ne mangerait pas de viande. Il tint sa promesse et son végétarisme devint une partie intégrante de sa philosophie politique de non-violence. Il écrivit le livre La Base morale du végétarianisme et plusieurs articles sur le sujet, certains furent publiés par la London Vegetarian Society  dont Gandhi fit partie, et où il se fit de nombreux amis, tel le président Dr. Josiah Oldfield. Ayant lu et admiré les œuvres de Henry Stephens Salt, le jeune Mohandas le rencontra et correspondit longtemps avec le militant végétarien.

Gandhi passa beaucoup de temps à promouvoir le végétarisme pendant et après son séjour à Londres, voyant sa propagation comme une mission à réaliser  ; il en vint ainsi à déclarer « que l'on reconnaît la grandeur d'une nation à la manière dont elle traite ses animaux » . En plus de la dimension éthique du végétarisme il considérait la dimension économique, étant donné que la viande était (et est toujours) plus chère que les céréales, les légumes et les fruits, et aidait ainsi les Indiens qui avaient de faibles revenus. Enfin, la production de viande demande une bien plus grande disponibilité de terres et d'eaux pour l'engraissement des animaux, instaure une monoculture qui favorise l'industrie alimentaire et les grands propriétaires terriens plutôt que les productions locales et variées des paysans indiens possédant de petites parcelles de terre cultivable.

Il nota dans son autobiographie que le végétarisme était le début de son profond engagement envers le brahmacharya ; sans un contrôle total sur ses besoins alimentaires il n'aurait pas pu réussir le brahmacharya.

Gandhi avait aussi une très nette tendance au végétalisme, par compassion pour les vaches, déclarant au sujet de son abandon de tout laitage (faisant de lui un végétalien, puisque le « végétarisme indien » exclut les œufs) : « Les considérations religieuses avaient été les plus fortes, quand il s'était agi d'abjurer le lait. L'image des procédés barbares que les govâls de Calcutta employaient pour traire leurs vaches et leurs buffles jusqu'à la dernière goutte de lait, m'avait hanté alors. J'avais eu aussi le sentiment que, de même que la viande n'était pas nourriture humaine, le lait non plus ne pouvait l'être... » ; et, ce faisant : « je me refuse à prendre du lait, les produits dans lesquels entre du lait, et aucune viande. Si ce refus devait signer mon arrêt de mort, mon sentiment est que je n'y devrais rien changer. »


Brahmacharya

Le brahmacharya (pureté spirituelle et pratique) est largement associé avec le célibat et l'ascétisme. Le brahmacharya, qui correspond à l'une des quatre périodes de la vie humaine telle que le théorise l'hindouisme, est à rapprocher d'une forme de discipline du corps dont la visée, spirituelle ou religieuse, est le détachement des sens (lesquels entraveraient la libération (moksha) de l'âme). Gandhi concevait le brahmacharya comme un moyen de se rapprocher de Dieu et comme la pierre de fondation de sa réalisation personnelle. Pour Gandhi, brahmacharya signifiait « contrôle des sens en pensée, en mots et en actions ». Ce contrôle passe par l'arrachement à la racine des passions que l'on veut détruire : donc, tout d'abord par la pensée même ; Gandhi considérait – dans la ligne droite de la sagesse hindoue – que celui qui était un vrai pratiquant du brahmacharya ne concevait même plus les passions, non seulement dans son esprit éveillé, mais aussi dans ses rêves, – ces pensées que l'on formule dans le sommeil et que l'on croit incontrôlables : le contrôle de soi conscient passe donc en premier lieu par une maîtrise même de son inconscient, chose qui est explicitée dans la philosophie classique hindoue du Yoga Sûtra de Patanjali.

Dans son autobiographie, il raconte sa lutte contre ses besoins sexuels et les accès de jalousie envers sa femme Kasturba. Il sentait comme une obligation personnelle de rester abstinent afin, d'une part, de pouvoir apprendre à aimer plutôt qu'à rechercher le plaisir, et d'autre part, de cantonner le corps — et plus largement le monde de la matière — au service des aspirations et de la volonté de l'esprit. Cette lutte, d'après ce qu'il expose dans son autobiographie, fut sans relâche, puisqu'à la fin de sa vie, devenu veuf, il partageait régulièrement la couche de sa nièce préférée, Manu, ceci afin d'éprouver la solidité de son vœu passé (ceci fit d'ailleurs scandale à l'époque). Par ailleurs, Gandhi n'eut de cesse toute sa vie d'étendre et d'approfondir les domaines d'application de sa recherche de maîtrise des sens. Outre la maîtrise du désir sexuel, il rechercha également à se détacher du plaisir gustatif : formant régulièrement des « vœux », Gandhi supprimait progressivement tel condiment, tel aliment, ou réduisait toujours plus le nombre d'aliments qu'il pouvait ingurgiter.


Non-violence (Ahimsâ)

« Alors qu'une bonne action doit appeler l'approbation, et une mauvaise, la réprobation, le fauteur de l'acte, qu'il soit bon ou mauvais, mérite toujours respect ou pitié, selon le cas. « Hais le péché, non le pécheur » – c'est là un précepte que l'on applique rarement, s'il est aisé à comprendre ; et c'est pourquoi le venin de haine se répand si vite dans le monde. L'ahimsâ est le fondement de la quête de vérité. Il n'est pas de jour où je ne m'aperçoive, en réalité, que cette quête est vaine, si elle ne se fonde pas sur l'ahimsâ. S'opposer à un système, l'attaquer, c'est bien ; mais s'opposer à son auteur, et l'attaquer, cela revient à s'opposer à soi-même, à devenir son propre assaillant. Car la même brosse nous a peints ; nous avons pour père le même et unique Créateur, et de ce fait les facultés divines que nous recélons en nous sont infinies. Manquer à un seul être humain, c'est manquer à ces facultés divines, et par là même faire tort non seulement à cet être, mais, avec lui, au monde entier. »

— Mahatma Gandhi, Autobiographie ou mes expériences de vérité.

Le concept de non-violence (ahimsa) et Résistance non-violente a une longue histoire dans la pensée religieuse indienne et a eu de nombreuses occurrences dans des contextes hindouistes, bouddhistes, jaïnistes et judéo-chrétiens. Le concept de non-violence lui-même est une traduction, forgée par Gandhi, du mot sanscrit ahimsa (a : privatif et himsa : nuisance, violence), présent dans les traditions religieuses de l’Inde. Gandhi explique cette philosophie et ce mode de vie dans son autobiographie.

« Quelle différence cela fait-il aux morts, aux orphelins et aux sans-abri, que la destruction aveugle ait été amenée au nom du totalitarisme ou au nom sacré de la liberté et de la démocratie ? »

« Il y a beaucoup de causes pour lesquelles je suis prêt à mourir mais aucune cause pour laquelle je suis prêt à tuer. »

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Lettre de Gandhi à Hitler, dans laquelle il le conjure de ne pas déclencher la guerre et d’atteindre ses objectifs par la non-violence, 23 juillet 1939.

En appliquant ces principes, Gandhi n’hésita pas à les emmener aux extrêmes de sa logique. En 1940, quand l’invasion des îles britanniques par l’Allemagne nazie semblait imminente, Gandhi donna l’avis suivant au peuple anglais.

« J’aimerais que vous déposiez les armes que vous possédez comme étant inutiles pour vous sauver, vous ou l’humanité. Vous inviterez Herr Hitler et Signor Mussolini à prendre ce qu’ils veulent des pays que vous appelez vos possessions… Si ces gentlemen choisissent d’occuper vos foyers, vous les leurs laisserez. S’ils ne vous laissent pas partir, vous vous laisserez massacrer, hommes, femmes et enfants, mais vous refuserez de leur prêter allégeance. »

Néanmoins, Gandhi se rendait compte que ce niveau de non-violence requérait une foi et un courage incroyable que peu de monde possédait. Il conseillait donc qu’il n’était pas nécessaire que tous restent non-violents si la violence était poussé à l’extrême :

« Je crois que s’il y a seulement le choix entre la violence et la lâcheté, je conseille la violence. »

« J'aimerai mille fois mieux risquer la violence que risquer l'émasculation de toute une race.  »

« Marcher sur le tranchant effilé de l' ahimsâ n'est pas chose facile dans ce monde plein de himsâ. La richesse ne nous y aide pas ; la colère est un ennemi de l' ahimsâ ; et l'orgueil est un monstre qui la dévore. Dans cette observance ferme et acérée de la religion de l' ahimsâ, il faut souvent reconnaître la prétendue himsâ comme la forme la plus vraie de l'ahimsâ.  »

« Je répétais à chaque réunion l’avertissement qu’à moins qu’ils sentent qu’avec la non-violence ils avaient une force infiniment supérieure à celle qu’ils possédaient avant, ils ne devaient pas appliquer la non-violence et reprendre les armes. »

Gandhi pensait que la violence était inefficace et ne pouvait qu’initier une chaîne continue de vengeance. Il disait de la loi du Talion :

« Œil pour œil et le monde finira aveugle. »

Gandhi rattachait également la non-violence au féminisme. Il l’explique lors d’un discours pendant la marche du sel : « Appeler les femmes le sexe faible est un mensonge. C’est une injustice des hommes faite aux femmes. Si la non-violence est la loi de nos êtres, le futur est avec les femmes. »

Gandhi puisa une partie de son inspiration dans les écrits de Léon Tolstoï, qui, dans les années 1880 avait vécu une conversion profonde en une forme personnelle d’anarchisme chrétien, ce qui l’avait amené à concevoir un christianisme détaché du matérialisme et non violent. Gandhi a écrit une introduction à Lettre à un Hindou de Tolstoï, écrite en 1908, rédigée en réponse à la violence des nationalistes indiens, et tous deux correspondirent jusqu’à la mort de Tolstoï en 1910. Certains pensent que sans Tolstoï, Gandhi n’aurait peut-être jamais été aussi déterminé à mener une action aussi non-violente qui fit sa gloire. Tolstoï a d’ailleurs lui-même beaucoup fréquenté certains courants orientalistes et a régulièrement correspondu avec des bouddhisteshindous et baha'is.


Euthanasie

Gandhi envisageait l'euthanasie comme une forme de la non-violence, de sacrifice, signifiant que la Vie ne peut être valable que si elle est « vivable » :

« On ne commet pas de péché de himsâ [violence] par le seul fait de tuer, mais lorsqu'on tue pour le bien de son propre corps périssable. Toute destruction de vie provoquée par le fait de manger, de boire, etc., est égoïste, et par conséquent himsâ. Mais des hommes la considèrent inévitable et s'y résignent. Détruire, pour donner la paix à des créatures qui souffrent atrocement dans leur corps, ne peut pas être considéré comme himsâ, pas plus que la violence inévitable à laquelle on est contraint pour assurer la protection de ce qui nous est confié. »

«  Beaucoup d'hommes en Inde ont acquis une horreur instinctive de tuer des êtres vivants dans quelque circonstance que ce soit. On a même proposé d'enfermer les chiens enragés et de les laisser mourir d'une mort lente. L'idée que je me fais de la charité me rend cette solution absolument inacceptable. Je ne pourrais souffrir un seul instant de voir un chien, ou d'ailleurs n'importe quelle autre créature, abandonné sans secours à la torture d'une longue agonie. Si dans les mêmes circonstances je ne donne pas la mort à un être humain, c'est parce que je dispose de remèdes moins désespérés. Mais si je tue un chien qui se trouve dans le même cas, c'est parce que je n'ai pas de remède pour le guérir. Si mon enfant était atteint de rage et qu'il n'existât aucun remède permettant d'alléger ses souffrances, je considérerais comme de mon devoir de lui donner la mort. Le fatalisme a des limites. Nous devons nous en remettre au sort uniquement lorsque nous avons épuisé tous les remèdes. L'un des moyens, qui est définitif, de soulager un enfant dans les affres d'une atroce souffrance, est de lui donner la mort. »


Satyagraha

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Face à face d'un policier et de Gandhi alors qu'il mène la grève des mineurs indiens en Afrique du Sud, 1913.

Le satyagraha (« la force née de la vérité et de l'amour ou non-violence »[68]) est l'aboutissement de cette vérité contre des lois ou des systèmes injustes au travers d'une lutte non violente. Gandhi considère même le satyagraha supérieur à ladésobéissance civile ou à la résistance non-violente car le terme implique de servir une cause juste et devenait de ce fait l'arme des forts et non plus l'arme des faibles.

Pour lui cette lutte ne doit engendrer aucune souffrance à l'adversaire, s'il y a souffrance c'est au défenseur de la vérité de la subir :

« La recherche de la vérité ne doit admettre qu'aucune violence ne soit infligée à un adversaire, mais qu'il doit sortir de l'erreur par la patience et la sympathie. Parce que ce qui apparaît comme la vérité à l'un peut apparaître comme erreur à l'autre. Et patience signifie auto-souffrance. Donc la doctrine est revendication de la vérité, pas en infligeant des souffrances à son adversaire, mais à soi-même. »


Critique du développement occidental et de son modèle économique

Gandhi pouvait admirer les avancées technologiques et le confort économique que donnait la civilisation occidentale moderne, mais pointait également ses lacunes et les nouveaux risques et besoins qu'elle apportait à l'individu. Dans son livre Hind Swaraj or Indian home rule (Leur Civilisation et notre délivrance) où il fait la critique du développement et de la notion même de civilisation telle qu'idéalisée par la Grande-Bretagne et les Occidentaux, Gandhi montre que chaque progrès réalisé d'une part correspond à une aggravation des conditions de vie de l'autre, que la civilisation occidentale a laissé de côté la moralité et la religion, qu'elle crée de nouveaux besoins liés à l'argent et impossibles à satisfaire, qu'elle accroît les inégalités et voue à l'esclavage une grande partie de l'humanité. Pour lui ce type de civilisation est sans issue :

« Cette civilisation est telle que l'on a juste à être patient et elle s'autodétruira. »

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Gandhi avec des ouvrières du textile à Darwen, Lancashire, Angleterre, le 26 septembre 1931.

La mécanisation et la mondialisation des échanges est pour lui un désastre pour l'Inde (les filatures de Manchester avaient fait disparaître l'artisanat indien). Il prend comme exemple des avancées ressenties de manière globalement positive comme le train, les médecins ou les avocats, qui peuvent être selon lui tout aussi néfastes. Le train parce qu'il peut transporter les maladies aussi rapidement que les passagers et peut entraîner la spéculation et les famines. Les avocats parce qu'ils préfèrent trouver une solution juridique à une solution morale à un conflit, prétendent sans raison aucune à des salaires supérieurs aux travailleurs communs, et renforcent la puissance britannique en Inde. Les médecins parce qu'en accordant des soins ils encouragent la négligence et le manque de prévention individuelle, brisent des tabous religieux et font d'énormes profits avec des médicaments hors de prix.

Pour Gandhi la civilisation indienne n'a rien à envier à l'occidentale avec sa course au développement économique. L'accès à la richesse pour tous est pour lui impossible et l'individu doit lui-même contrôler ses besoins, ainsi que l'avaient compris les anciens sages indiens :

« L'esprit est un oiseau sans repos ; le plus il obtient et le plus il désire et n'est jamais satisfait. Plus nous satisfaisons nos passions et plus elles deviennent débridées. Nos ancêtres avaient compris cela et placé une limite à nos indulgences. Ils avaient remarqué que le bonheur était surtout une condition mentale. »

«  La justification de la pauvreté volontaire était l'impossibilité que tous fussent riches. Tous pourraient avoir part à la non-possession ; moins on possède, moins on désire. Je ne prêche pas la pauvreté volontaire à un peuple qui souffre de pauvreté involontaire, mais le grave problème économique national pourrait être résolu facilement si tous ceux qui sont riches voulaient bien se soumettre à la pauvreté volontaire. »

Gandhi comprenait les processus économiques comme une force que l'on doit régler par des lois basées avant tout sur la morale et surtout l'harmonie générale entre tous les êtres, et non la laisser « s'auto-régler » par elle-même comme cela se veut dans l'économie de marché, le capitalisme, économie liée à l'offre et à la demande, car, en soi, toute réussite économique est immorale :

« L’art de devenir riche, dans le sens commun du terme, n’est pas seulement l’art d’accumuler beaucoup d’argent pour nous-mêmes, mais aussi celui de découvrir comment notre voisin peut en obtenir pour le moins possible. En termes exacts, c’est l’art d’établir le maximum d’inégalités en notre faveur. »

Critiquant vivement la « logique » de l'économie de marché, économie réduite à elle-même et comme un pilier incontournable dans les relations internationales (commerciales ou non), Gandhi voyait le refus de bâtir une société équitable mondiale, refus venant de l'Occident et – du fait de la colonisation héritée – du reste du monde, comme une fuite en avant, qui amenerait toujours les plus faibles et démunis dans le gouffre, gouffre symbolisé par Gandhi par les famines, ces dernières étant liées, soit à la guerre, soit à ce mécanisme économique toujours défectueux, car toujours se refusant à se soumettre à des principes moraux de bien-être universel :

« Si tous les hommes comprenaient l'éternelle loi morale du service à autrui, ils considéreraient comme un péché d'amasser des richesses ; alors il n'y aurait plus d'inégalité de fortune, et par conséquent plus de famine, plus de gens qui meurent de faim. »

On peut donc comprendre que Gandhi se révèle ainsi un grand défenseur des quatre castes sacrées hindous, qui pour lui représentent l'essence cosmique de toute société humaine au niveau universel (Brâhmanes/Savants ; Kshatriya/Défenseurs ; Vaïshya/Paysans-Artisans ; Shûdra/Serviteurs) :

« Chacun de nous a des occupations qui lui sont propres. Ces occupations ne sont pas des castes [Jati, litt. « Naissance »] ; elles sont ce que l’hindouisme désigne sous le nom de « varna » [litt. « Couleur »]. Varna n’a rien de commun avec la caste telle que nous la connaissons aujourd’hui. Les castes sont une institution humaine, tout juste bonne à être détruite, mais varna est une loi divine. Nous pouvons la négliger et subir les conséquences de cette attitude, mais si nous l’observons nous en tireront profit. Un menuisier, un forgeron, un maçon, un balayeur, un professeur, un soldat, ont chacun des occupations différentes, mais aucun d’eux n’est supérieur ou inférieur aux autres. Si nous commençons à empiéter les uns sur les autres, nous créons une confusion (sankar) de toutes les varnas. C’est pourquoi, dès que vous enlevez à la loi de varna les cuisants sentiments d’infériorité qu’on y a mis, non seulement elle agit comme loi, mais encore elle fournit une occasion de faire ce pour quoi nous avons le plus d’aptitudes. »

Son attaque des abus dont sont victimes les plus démunis – éboueurs d'Inde, Zoulous d'Afrique du Sud ou sans-droits d'ailleurs –, ne se dirigea jamais contre la tradition hindoue, ni contre une quelconque sagesse métaphysique d'un peuple, mais contre un type d'injustice qui s'affirme spécialement dans un système où c'est le pouvoir économique qui règne en maître, alors – qu'en bon Hindou – il pense que c'est le pouvoir moral et spirituel (incarné en Inde par les brâhmanes orthodoxes) qui doit toujours avoir le dernier mot, du moins, dans l'organisation de la société humaine :

« Voler le pauvre parce qu’il est pauvre est spécialement la forme mercantile du vol, consistant à prendre l’avantage des besoins de l’homme pour obtenir son travail ou sa propriété à un prix réduit. Le voleur ordinaire des grands chemins vole le riche, mais le commerçant vole le pauvre. »

Il pensait que le développement des villes ne saurait permettre la vie autonome et non-violente du peuple indien : seule la consolidation de l'autonomie économique et politique des villages pouvait, à ses yeux, contribuer à l'édification d'une société non-violente ; idéal que l'on pourrait voir comme inspiré par la mythologie hindoue, puisque la Déesse Ahimsâ – Non-violence – est l'épouse du Dieu Dharma – Ordre sociocosmique. L'Occident restait pour lui un vecteur de « méchanceté » qui abusa du monde entier, mais il n'en demeurait pas moins certain qu'un jour ou l'autre la Justice triompherait sur la Terre.


Idéal d'une société non-violente sans État

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Membres de la ferme Tolstoï en Afrique du Sud, 1910.

Bien que Gandhi se soit essentiellement consacré, dans les faits, à la lutte pour l'Indépendance puis l'unité de l'Inde, il ne sépara jamais, dans sa pensée, les actions de lutte des actions constructives pour préparer l'organisation durable d'une société non-violente. Il pensait même que les actions constructives constituaient un préalable indispensable à la lutte pour l'indépendance. Sa crainte, en effet était que, une fois arrivée à l'Indépendance, l'Inde soit un pays qui continue à dominer et oppresser son peuple. Selon lui,

« Si, en définitive, le seul changement attendu ne touche qu'à la couleur de l'uniforme militaire, nous n'avons vraiment pas besoin de faire toutes ces histoires. De toute façon, dans ce cas-là, on ne tient pas compte du peuple. On l'exploitera tout autant, sinon plus, qu'en l'état actuel des choses. »

Ainsi, la lutte pacifique de Gandhi s'attaquait aux fondements même du système des castes, en considérant que l'hindouisme, s'il devait survivre, devait se transformer en système sans castes . Il refusait l'objectif de donner aux intouchables un statut politique, pensant qu'il fallait, selon le mot de Nehru à son propos, "dynamiter" le système en s'attaquant à son maillon faible. Dans sa lutte contre les castes, il se distingue ainsi fortement de Bhimrao Ramji Ambedkar, un des leaders des intouchables et premier ministre de la Justice de l'Inde indépendante, qui ne s'opposait pas seulement au système de castes, mais à l'hindouisme comme philosophie religieuse et sociale.

Pétri des écrits de Tolstoï, Gandhi a rapidement intégré à son analyse une critique radicale de l'État. La nature de l'État, selon lui, est essentiellement violente et oppressive ; l'existence d'un État est incompatible avec les principes de vie non-violents :

« L'État représente la violence sous une forme intensifiée et organisée. L'individu a une âme, mais l'État qui est une machine sans âme ne peut être soustrait à la violence puisque c'est à elle qu'il doit son existence. »

C'est pourquoi il développa l'idée d'élaborer, en parallèle des actions de lutte et de désobéissance civile pour obtenir l'Indépendance, un « programme constructif ». C'est à travers la recherche de l'autonomie de chaque village, en dehors de (et contre) toute organisation centralisée qu'une Inde réellement démocratique et non-violente pourrait perdurer après l'Indépendance.

« La véritable indépendance ne viendra pas de la prise du pouvoir par quelques-uns, mais du pouvoir que tous auront de s'opposer aux abus de l'autorité. En d'autres termes, on devra arriver à l'indépendance en inculquant aux masses la conviction qu'elles ont la possibilité de contrôler l'exercice de l'autorité et de la tenir en respect. »

L'échelon retenu pour exercer un tel contrôle est le village, qui exercerait une forme de souveraineté dans un cadre fédéral.

« L'indépendance doit commencer à la base. Ainsi chaque village sera une république. »

Gandhi, qui avait conscience de la difficulté de parvenir à une telle organisation de la société, rapprochait cet objectif d'une société anarchiste :

« Ce serait un état d'anarchie éclairée. Dans un tel pays, chacun serait son propre maître. Il se dirigerait lui-même de façon à ne jamais gêner son voisin. Par conséquent, l'État idéal est celui où il n'y a aucun pouvoir politique en raison même de la disparition de l'État. »

Du fait de sa critique de l'autorité, des formes d'oppression et d'exploitation ; du fait de sa critique de l'État ; du fait même que Gandhi lui-même reliait fréquemment et explicitement sa philosophie politique à l'anarchisme, certains se sont demandés si Gandhi ne pouvait pas être qualifié d'anarchiste. À la question de savoir s'il était réaliste de vouloir parvenir à une société démocratique non-violente formée de villages fédérés — situation que Gandhi qualifiait d'anarchie — il rétorquait, en 1940 :

« Elle [cette société] est réalisable dans la mesure où la non-violence est réalisable [...]. Le stade le plus proche de l'anarchie pure serait une démocratie basée sur la non-violence. »

Cet aspect important de la pensée de Gandhi, avec celui de la critique du mode de développement occidental, fut laissé en friche puisque la question de la partition de l'Inde a occupé en pratique les dernières années de la vie de Gandhi. Pourtant, ces deux dimensions, complémentaires, ne sont pas restées pure théorie.

Le programme constructif que Gandhi avait appelé de ses vœux a été approfondi par Vinobâ, un de ses plus proches disciples. Dans une optique résolument critique et opposée au mode de développement occidental, Vinobâ entreprit de résoudre la question agraire en recherchant, par l'ouverture de fronts inédits de lutte non-violente, à susciter l'autonomie des villages, bases d'une société indienne non-violente.


Synthèse

Pour Gandhi, chacun par ses actions devait être le changement qu'il souhaitait voir dans le monde, souvent cité comme:

« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. »

La vérité, la non-violence et la lutte pour leur succès étaient un tout indissociable et trahir un aspect de cet ensemble était trahir son idéal tout entier.

« C'est une erreur de croire qu'il n'y ait pas de rapport entre la fin et les moyens, et cette erreur a entraîné des hommes considérés comme croyants à commettre de terribles crimes. C'est comme si vous disiez qu'en plantant des mauvaises herbes on peut récolter des roses. »

En menant une vie simple et proche de la tradition indienne, il appliquait à lui-même l'idéal de vie qui était pour lui le plus bénéfique à l'humanité, très éloigné des critères de développement occidentaux. Hindou profondément croyant, il respectait autant les autres religions qui étaient pour lui des chemins différents vers l'amour et la vérité. Même si le parcours qui menait à cette vérité était long et remplit d'embûches, pour Gandhi, la justice devait toujours triompher :

« Quand je désespère, je me souviens qu'à travers toute l'histoire, les chemins de la vérité et de l'amour ont toujours triomphé. Il y a eu des tyrans et des meurtriers, et parfois ils ont semblé invincibles, mais à la fin, ils sont toujours tombés. Pensez toujours à cela. »

Comme il le notait lui-même non sans humour, maintenir cet idéal était même pour ses amis « l'œuvre d'un fou ».


Héritage


Hommages


Dans le monde

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Statue de Gandhi à Pietermaritzburg,Afrique du Sud.

L'anniversaire de Gandhi, déjà fête nationale en Inde, est devenu Journée internationale de la non-violence par un vote à l'unanimité de l'Assemblée générale des Nations unies le 15 juin 2007.

Time Magazine a nommé Gandhi la Personnalité de l'année en 1930 et Gandhi fut 2e derrièreAlbert Einstein comme Personnalité du siècle en 1999. Le magazine a désigné le Dalai LamaLech WałęsaDr. Martin Luther King, Jr.Cesar ChavezAung San Suu KyiBenigno Aquino, Jr.Desmond Tutu et Nelson Mandela comme enfants de Gandhi et héritiers spirituels de la non-violence.

Le 30 janvier de chaque année, anniversaire de la mort du Mahatma Gandhi, on pratique laJournée Scolaire de la Non-violence et de la Paix (DENIP), fondée en Espagne en 1964.

Gandhi a été nommé en 1937193819391947 et 1948 au Prix Nobel de la paix, mais sans jamais l'obtenir. Plus tard, certains membres du comité regretteront publiquement que le prix ne lui ait jamais été accordé. Le président du comité dira, au cours de la remise du prix au Dalaï lama en 1989, que le prix est remis en partie à la mémoire du Mahatma Gandhi. En 1937, Ole Colbjørnsen, député du parlement norvégien, propose le nom de Gandhi à la candidature. La motivation pour cette nomination est rédigée par les membres de la branche norvégienne des « Amis de l'Inde ». Un examinateur du comité, le professeur Jacob Worm-Müller, émet un avis négatif : « C'est un combattant de la liberté et un dictateur, un idéaliste et un nationaliste. C'est souvent un Christ, puis, soudain, un politicien ordinaire. » Jacob Worm-Müller de la Société des Nations ajoutait : « On peut dire qu'il est significatif que son combat bien connu en Afrique du Sud n'était qu'en faveur des Indiens, et non des Noirs, dont les conditions d'existence étaient encore pires. » Cette remarque peut révéler une totale ignorance de l'action

de Gandhi en tant qu'ambulancier qui se chargea des blessés Zoulous pendant la rébellion des Zoulous de 1906, que Gandhi résume en ces termes : « vivre au milieu de ces pétarades continuelles – c’était une véritable épreuve. Mais je vidai cette coupe d’amertume, me consolant à l’idée que la mission de mon Corps d’ambulanciers se limitait aux soins à donner aux blessés zoulous. Je voyais parfaitement que, sans nous, personne ne se fût soucié des Zoulous. Une telle tâche soulageait donc ma conscience. » Le comité Nobel prit en compte les critiques de Worm-Müller et n'attribua pas le prix à Gandhi cette année. Les deux années suivantes, Ole Colbjørnsen propose de nouveau Gandhi, sans plus de succès. En 1947, les tensions dues à la partition de l'Inde ne permettent pas de dégager une majorité de votes pour Gandhi, et en 1948 le comité considère accorder le prix Nobel à Gandhi à titre posthume puis décide finalement de ne pas accorder de prix cette année-là car « il n'y avait de candidats vivants adéquats ».


En Inde

Gandhi est célébré comme Père de la Nation et son anniversaire le 2 octobre y est commémoré comme le Gandhi Jayanti et est unjour férié.

Le Gouvernement indien accorde chaque année le Mahatma Gandhi Peace Prize à des personnalités ou des citoyens qui se sont distingués. Nelson Mandela, a été l'un des non-Indiens célèbres à le recevoir.

Depuis 1996, le gouvernement imprime sur tous les billets de banque le portrait de Gandhi, ce qui est considéré paradoxal par certains, compte tenu des opinions négatives de Gandhi sur l'accumulation des richesses et le pouvoir de l'argent.

À New Delhi, le Birla Bhavan (ou « Birla House »), où Gandhi a été assassiné est devenu ouvert au public depuis 1973 et est connu comme le Gandhi Smriti (« Souvenir de Gandhi »). Il préserve la pièce où le Mahatma Gandhi vécut les quatre derniers mois de sa vie et une colonne de pierre symbolisant son martyre marque l'endroit exact où il a été abattu.


Partisans et influence

Gandhi influença d'importants dirigeants et mouvements politiques.

Le premier fut bien sûr Nehru lui-même qui disait : « Il était clair que ce petit homme compensait son piètre physique par une âme d'acier ou de roc qui refusait de ployer devant la force brute. Malgré son visage peu impressionnant, son pagne, sa nudité, il y a avait en lui quelque chose de royal qui forçait à lui rendre obédience... »

Aux États-Unis, Martin Luther King s'est référé spécialement à Gandhi dans sa lutte pour le mouvement des droits civiques américains, et de l'inspiration qu'il lui a apporté pour ses propres théories sur la non-violence. Le militant anti-apartheid et ancien président d'Afrique du Sud, Nelson Mandela, dit lui aussi avoir été inspiré par Gandhi comme l'avait été Steve Biko. D'autres personnalités comme Khan Abdul Ghaffar Khan au Pakistan et Aung San Suu Kyi en Birmanie ont été déclarés héritiers des méthodes de Gandhi.

Plusieurs personnes et organisations ont dédié leur vie à répandre ses idées. Madeleine Slade, fille d'un amiral britannique, décida de tout quitter pour vivre en Inde avec Gandhi. Romain Rolland fut le premier à faire connaître la vie de Gandhi avec son livre Mahatma GandhiLanza del Vasto alla en Inde en 1936 dans le but de vivre avec Gandhi. À son retour en Europe, il décida de propager la philosophie de Gandhi. En 1948, celui que Gandhi avait appelé Shantidas (Serviteur de la Paix) a fondé, dans une optique résolument chrétienne, les Communautés de l'Arche sur le modèle des ashrams gandhiens. Jean-Baptiste Libouban, membre des Communautés de l'Arche, est un des initiateurs du mouvement des Faucheurs volontaires, lequel inscrit ses luttes contre les OGM en plein champs dans une perspective non-violente. José Bové fut également un des disciples de Lanza del Vasto. La création en 1966 du Centre pour la Communication Non-Violente (dont le siège est à Genève) par le psychologue Marshall Rosenberg s'est faite en référence à Gandhi et au Pasteur Martin Luther-King.

En Inde, un disciple de Gandhi, Vinoba Bhave, entreprit d'approfondir et d'étendre le processus d'émancipation non violente du peuple indien : il se consacra, non sans un certain succès dans certaines régions, à résoudre la question agraire, puis s'employa à promouvoir l'autonomie des villages. En Inde aujourd'hui, Narayan Desai, fils de Mahadev Desai, secrétaire personnel de Gandhi, est peut-être la personnalité dont l'œuvre et la pratique sont les plus proches de celles de Gandhi.

Le magazine pour l'égalité raciale américain The Crisis compara même Gandhi à Jésus en 1922. En Europe aussi des voix se sont élevées pour revendiquer ce double héritage, notamment celle du Dr Albert Schweitzer :

« Quand on me demande quels penseurs modernes ont influencé ma vie et ma philosophie, je réponds invariablement, ces deux noms : le grand auteur Allemand Goethe et l'humble saint hindou Mohandas Gandhi. (...) De même, Gandhi, qui était l'hindou le plus chrétien du siècle, a reconnu qu'il avait eu l'idée d'Ahimsa et de non-violence des commandements de Jésus (...) Chez eux deux, l'éthique de perfection intérieure est gouverné par le principe de l'amour »[108].

Gandhi a eu de très nombreux admirateurs, outre ceux qui ont prôné la non-violence, on peut citer la photographe Margaret Bourke-White, le général George Marshall. Le musicien britannique, John Lennon, se référait aussi à Gandhi quand il parlait de la non-violence. En 2007, l'ancien vice-président américain et écologiste Al Gore, révéla l'influence que Gandhi avait eu sur lui.

 

Le physicien Albert Einstein disait à propos de Gandhi :

« Les générations à venir auront peine à croire qu'un tel homme ait existé en chair et en os sur cette terre ».


Critiques


Opinions des Dalits

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Gandhi dans les années 1940

Certains dalits (ou « intouchables ») et notamment Bhimrao Ramji Ambedkar, ont critiqué la position de Gandhi comme étant « paternaliste », notamment en les appelant harijan, enfants de Dieu. Ambedkar reprochait à Gandhi de ne pas s'attaquer à la racine du problème, qui était selon lui le système des castes dans son ensemble. S'il est indéniable que Gandhi adopta une position ambiguë sur cette question complexe, il entreprit à plusieurs reprises des jeûnes pour la défense des intouchables, et tint également sur cette question des positions claires : ainsi, dans une lettre adressée à Charlie Andrews (datée du 29 décembre 1921), il déclara notamment : « Je ne pourrais plus me considérer comme Hindou si l'intouchabilité restait incluse dans l'hindouisme ». Gandhi demeure néanmoins un « héros » pour la grande majorité des dalits.


Désobéissance civile et partition des Indes

Winston Churchill, qui se réjouira de la partition des Indes (entraînant des millions de morts) en déclarant « finalement nous avons eu le dernier mot », Churchill qui participa en tant que soldat (en même temps que Gandhi, mais ce dernier en tant que brancardier occupé au soin des Sud-africains noirs laissés pour compte) à la bataille de Spion Kop, avait déclaré en 1931 qu'il considérait « alarmant de voir monsieur Gandhi, unavocat séditieux, qui se fait passer pour un fakir d'un genre bien connu en Orient, grimpant à mi-nu les marches du palais du vice-roi alors qu'il est encore en train d'organiser et conduire une campagne de désobéissance civile, parler d'égal à égal avec le représentant de l'empereur-roi ».

Plusieurs membres du mouvement pacifiste international lui reprochent d'avoir feint d'ignorer selon eux que son mouvement de non-violence devait nécessairement déboucher sur des actions violentes et du terrorisme, comme par exemple au cours de l'épisode où la foule de Chauri Chaura tua plusieurs policiers britanniques et mit le feu au commissariat de police.

L'auteur controversé Koenraad Elst résume dans un livre certaines critiques selon lui formulées encore aujourd'hui contre Gandhi par une partie de l'opinion indienne.

  • Gandhi n'utilisait l'agitation non violente que contre des gens avec qui il partageait certains principes moraux, c'est-à-dire les hindous et les britanniques libéraux. Envers les musulmans, il ne procédait pas par action non violente mais par concessions et démissions, sans jamais négocier une contrepartie équitable. Il trompait ainsi les attentes de ses électeurs hindous et ne parvenait d'ailleurs qu'à rendre les musulmans plus arrogants. Incapable de tirer la leçon des effets en retour et de la réalité politique, il persévéra dans ces concessions alors qu'elles ne causaient visiblement pas un rapprochement entre hindous et musulmans.
  • Des facteurs, internes et externes, autres que l'action non-violente de Gandhi ont contribué à la libération de l'Inde, tel que les pressions anticoloniales exercées par les États-Unis et l'Union Soviétique sur la Grande-Bretagne.

Concernant la lettre de Gandhi à Hitler, dans laquelle il le conjure de ne pas déclencher la guerre et d’atteindre ses objectifs par la non-violence, Koenraad Elst considère que le gandhisme ne signifie pas forcément efficacité. Selon lui, les méthodes de Gandhi réussirent à mener à l'indépendance, mais pas à empêcher de diviser l’Empire britannique des Indes avec la création du Pakistan ; la philosophie de Gandhi justifiait cette lettre, et donc soit les deux sont une alternative éthique aux politiques conventionnelles, soit les deux sont inefficaces et ridicules.

Pourtant, concernant la non-violence conçue comme arme politique face à des tyrannies basées uniquement sur la force et la violence faisant Droit, Gandhi n'en était pas moins réaliste : devant l'imminence de l'invasion japonaise, il s'effaça de lui-même devant les partisans de la résistance armée, limitant son action à une éventuelle désobéissance dirigée, non contre les envahisseurs, mais contre les maîtres de l'Inde.

L'argument qui vise à critiquer Gandhi (qui n'était qu'un membre du Congrès parmi d'autres) avec la partition des Indes (un immense échec pour Gandhi), est tempéré par le prêtre jésuite et spécialiste de l'Inde, Guy Deleury, qui reconnaît que la partition est essentiellement le fruit conjugué de la précipitation (inconséquente et partisane) du britannique Lord Mountbatten (qui décida de la partition et était de toute façon le seul à avoir le pouvoir ou la légitimité politique de l'Empire britannique pour prendre la décision finale sur cette question) et de l'opportunisme politique de la Ligue Musulmane d'Ali Jinnah (parti minoritaire trahissant la confiance que Gandhi leur avait accordé).

Mais avec ou sans Gandhi, la partition aurait eu lieu, puisque Lord Mountbatten ne prit finalement en considération que la volonté de la Ligue Musulmane (création d'un État islamique, Pakistan, et d'un État hindou, Hindustan, État hindou qui ne verra jamais le jour : l'Union indienne est « laïque » mais sans code civil uniforme) ; la Ligue Musulmane (faction minoritaire non représentative des musulmans des Indes qui souhaitaient une Union indienne) avait en effet pour idéologie la conception d'un État islamique. Lord Mountbatten se rangea à la volonté de partition du groupuscule qu'était la Ligue Musulmane pour des raisons qui demeurent encore aujourd'hui inconnues, soit pour « se venger » de la perte de cette colonie britannique qu'était l'Inde, pour mettre à mal le désir du nouvel État laïc tant désiré par les Indiens et le Congrès et leur infliger ainsi un échec idéologique, soit par manque total de discernement politique et d'absence de considération sur les possibilités de guerres civiles et d’embrasements communautaires qu'entraîneraient la création d'un État islamique réservé aux Musulmans et d'un État hindou réservé aux Hindous, alors que les communautés religieuses sont éparpillées sur tout le sous-continent.

Selon le philosophe communiste italien Domenico Losurdo, durant la Première Guerre mondiale, Gandhi aurait proposé de recruter 500 000 hommes pour l’armée britannique. Il aurait écrit au secrétaire personnel du vice-roi : « J’ai l’impression que si je devenais votre recruteur en chef, je pourrais vous submerger d’hommes ».


Écrits

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Gandhi écrivant à Birla House, Bombay, août 1942.

Gandhi a été un auteur prolifique. Pendant des décennies, il a été le rédacteur principal de plusieurs journaux, des hebdomadaires ou mensuels, dont Harijan en gujarati, en hindi et enanglais ; Indian Opinion, un hebdomadaire en anglais, lorsqu'il était en Afrique du Sud, et Young India, un hebdomadaire en anglais, et Navajivan, un mensuel en gujarati, après son retour en Inde. Navajivan fut aussi publié plus tard en hindi. Il écrivait aussi quotidiennement de nombreuses lettres à des personnalités et des journaux pour défendre sa cause.

Gandhi a aussi écrit plusieurs livres, dont son autobiographie, Une autobiographie ou mes expériences avec la véritéSatyagraha en Afrique du Sud à propos de la campagne pour les droits des Indiens dans ce pays, Hind Swaraj or Indian Home Rule, un pamphlet politique, et une paraphrase en gujarati du livre de John Ruskin Unto This Last. Ce dernier essai peut être considéré comme son programme économique. Il a aussi écrit de nombreux articles sur le végétarisme, les régimes alimentaires et la santé, la religion, les réformes sociales, etc. Gandhi écrivait habituellement en gujarati, mais il révisait lui-même la traduction de ses livres en hindi et en anglais. Seule une petite partie de ses écrits ont été traduits en français.

Les œuvres complètes de Gandhi ont été publiées par le gouvernement indien sous le nom The Collected Works of Mahatma Gandhi dans les années 1960. Ses écrits font environ 50 000 pages publiées dans un total de 100 volumes. En 2000, une édition remaniée de ses œuvres complètes a déclenché une vive controverse, les partisans de Gandhi accusant le gouvernement de modifications pour des raisons politiques.


Œuvres

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Journaux de Gandhi

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article : Ouvrage ou article utilisé comme source pour la rédaction de cet article

  • Autobiographie ou mes expériences de vérité (1929), Presses Universitaires de France, 2003. (ISBN 2-130536387)disponible sur wikisource en anglaisOuvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • The Collected Works of Mahatma Gandhi. New Delhi: Publications Division, Ministry of Information and Broadcasting, Govt. of India, 1994. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Le Guide de la santé, trad. et préface Henri Delmas, Éditions Figuière, sans date (1932 ?).
  • Hind Swaraj or Indian Home Rule, Navijan Publishing House, Ahmedabad, 1909,Ouvrage en ligne en anglaisOuvrage utilisé pour la rédaction de l'article trad. franç. : Leur civilisation et notre délivrance, intr. Lanza del Vasto, Paris, Denoël, 1957
  • La Jeune Inde (1919-1922), traduit de l'anglais par Hélène Hart. Introduction de Romain Rolland. Stock, 1924, rééd. 1948.
  • Lettres à l'ashram, Albin Michel, 1948. (ISBN 2-226037039)
  • Méditations, Éditions du Rocher, 2002. (ISBN 2-268043274)
  • Résistance non violente, Buchet Chastel, 1994. (ISBN 2-702014763)
  • Satyagraha in South Africa, 1928. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Tous les hommes sont frères, Gallimard, 1990. (ISBN 2-070325709)
  • Gandhi. La voie de la non-violence, Gallimard, 2006. Extraits de Tous les hommes sont frères(ISBN 2-07-0305535-X)
  • Vie de M. K Gandhi, écrite par lui-même, édition préparée par Charlie Andrews, trad. de Georgette Camille. Préf. de R. Rolland, Rieder, 1931, rééd. 1934.
  • M. K. Gandhi à l'œuvre. Suite de sa vie écrite par lui-même, édition préparée par Charlie Andrews, trad. A. Bernard, Rieder, 1934.
  • Zionism and Antisemitism. The Gandhi Reader: A Sourcebook of His Life and Writings. Homer Jack (ed.) Grove Press, New York: 1956.


Gandhi dans la culture populaire

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Gandhi, monument à Québec


Films

  • La vie de Gandhi a fait l'objet d'une adaptation cinématographique par le réalisateur britannique Richard Attenborough en 1982, récompensée par huit Oscars et trois Golden Globe Awards.
  • Dans Lage Raho Munna Bhai, comédie indienne de 2006 son fantôme aide un jeune Indien qui adopte sa philosophie dans la vie moderne.
  • Gandhi apparait également dans le film Water, drame de 2005 de la réalisatrice canadienne, d'origine indienne, Deepa Mehta, nommé aux Oscars du cinéma 2007, dans la catégorie « Meilleur film en langue étrangère ». L"action de ce film se déroule en 1938 et traite du statut des femmes devenues veuves, parfois très jeunes, que la tradition de l'époque n'autorise pas à se remarier, sinon avec le jeune frère du défunt, et qui ne peuvent que vivre le restant de leurs jours recluses et désœuvrées à prier dans des monastères et ne servent qu'à assouvir les désirs sexuels des hindous nantis vivant dans les alentours. Gandhi et le Parti du Congrès souhaitaient, à la même époque, réformer ces pratiques d'un autre âge et permettre aux veuves de se remarier et son personnage apparait donc à la fin de ce film pour un discours sur un quai de gare.
  • La relation conflictuelle qu'Harilal, son fils aîné, eut avec Gandhi, est dépeinte dans le filmGandhi, mon père en 2007.
  • La philosophie satyagraha de Gandhi est maintes fois cité vers la fin du film The Great Debaters réalisé par Denzel Washington.


Romans

  • Le Grand Roman indien de Shashi Tharoor, une œuvre qui mêle le Mahâbhârata et l'histoire de l'Inde depuis le début du siècle, ainsi qu'une description loufoque et critique de Gandhi sous le nom de Ganga Datta.
  • Une référence à Gandhi est faite dans le roman dystopique 1984 de George Orwell (1948). Il mentionne dans Le Livre de Goldstein que « retourner au passé agricole comme le rêvaient certains penseurs du début du XXe siècle n'était pas une solution possible ». Selon le Livre, le progrès et la richesse partagés par tous signifiait la fin d'une société hiérarchique.


Musique


Jeux vidéo

  • Dans la série des Civilization Gandhi est le dirigeant de la civilisation indienne.

[modifier]Annexes

[modifier]Indira et Rajiv Gandhi

Le nom de Gandhi que l'on retrouve à la tête de l'Inde dans les décennies suivantes est dû au hasard : le premier Premier ministre après l'indépendance, Nehru, avait une fille Indira qui épousa Feroze Gandhi (1912-1960), un journaliste et homme politique de religionparsi, sans lien de parenté avec le Mahatma. Elle succéda à son père au même poste. Plus tard, le fils d'Indira, Rajiv, lui succéda puis, suite à son assassinat, fut remplacé à la tête du parti du Congrès par son épouse Sonia.

[modifier]Biographies et sources

Plusieurs biographes ont entrepris la tâche de décrire la vie de Gandhi. Parmi eux, deux œuvres les plus complètes : D. G. Tendulkar avec son Mahatma. Life of Mohandas Karamchand Gandhi en 8 volumes, et Pyarelal et Sushila Nayar avec leur Mahatma Gandhi en 10 volumes.

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article : Ouvrage ou article utilisé comme source pour la rédaction de cet article

[modifier]En français

  • Bovy, Marie-Pierre (sous la dir. de). Gandhi : L'héritage, Siloë, 2001. (ISBN 2-84231-171-X)
  • Fisher, Louis. La Vie du Mahatma Gandhi, Belfond, 1983.
  • Frèches, José. Gandhi. Je suis un soldat de la paix, XO Éditions, 2007. (ISBN 978-2-84563-342-1)
  • Jordis, Christine. Gandhi, Gallimard, Folio Biographies, 2006, 372 pages. (ISBN 2-07-030673-9)
  • Lassier, Suzanne. Gandhi et la non-violence, Seuil, 1975.
  • Markovits, Claude, Gandhi, Paris, Presses de Science-Po, 2000, 279 p. 
  • Muller, Jean-MarieGandhi l'insurgé, Albin Michel, 1997. (ISBN 2-226-09408-3)
  • Payne, Robert. Gandhi : biographie politique, Seuil, 1972.
  • Rolland, RomainGandhi, 1924.
  • Jacques AttaliGandhi ou l'éveil des humiliés - Éditions Fayard, 2007. (ISBN 2213631980)

[modifier]En anglais

  • Bhana, Surendra and Goolam Vahed. The Making of a Political Reformer: Gandhi in South Africa, 1893–1914. New Delhi: Manohar, 2005.
  • (en) Joan V. Bondurant, Conquest of Violence : The Gandhian Philosophy of Conflict, Princeton UP, 1988  (ISBN 0-691-02281-X) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Chadha, Yogesh. Gandhi: A Life. (ISBN 0-471-35062-1)
  • Chernus, Ira. American Nonviolence: The History of an Idea, chapter 7. (ISBN 1-57075-547-7)
  • Dutta, Krishna and Andrew Robinson, Rabindranath Tagore: An Anthology, Londres, Picador/Macmillan, 1997  (ISBN 0-330-34962-7)
  • Easwaran, Eknath. Gandhi The Man. (ISBN 0-915132-96-6)
  • Rajmohan Gandhi, Patel: A Life, Navajivan Publishing House, 1990 (ISBN 81-7229-138-8) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Hunt, James D. Gandhi in London, New Delhi, Promilla & Co., 1978.
  • Lelyveld, JosephGreat Soul: Mahatma Gandhi and His Struggle with India, 2011
  • Mann, Bernhard. "The Pedagogical and Political Concepts of Mahatma Gandhi and Paulo Freire". In: Claußen, B. (Ed.) International Studies in Political Socialization and Education, Bd. 8, Hambourg, 1996. (ISBN 3-926952-97-0)
  • Rühe, Peter. Gandhi : A Photo biography., 2002. (ISBN 0-7148-9279-3)
  • Sharp, GeneGandhi as a Political Strategist, with Essays on Ethics and Politics, Boston, Extending Horizon Books, 1979.
  • Sofri, Gianni. Gandhi and India: A Century in Focus, 1995. (ISBN 1-900624-12-5)

[modifier]Études sur Gandhi

  • Catherine Clément, Gandhi, athlète de la liberté, Découvertes Gallimard, Gallimard, 1989. (ISBN 2-07-053071-X)
  • Alexandre Kaplan, Gandhi et Tolstoï (Les sources d'une filiation spirituelle), Imprimerie L. Stoquert, 1949.
  • Milan T. Markovitch, Tolstoï et Gandhi, Librairie ancienne H. Champion, 1928.
  • Mashrouwala Krishôrlâl, Gandhi et Marx, introduction de Vinobâ, préface de Lanza del Vasto, coll. Pensée gandhienne, Denoël, 1957.
  • Jean-Marie Muller, « Gandhi était-il anarchiste ? », Alternative non violenteno 117, hiver 2000/2001, pp. 48–53. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Marc Semenoff, Tolstoï et Gandhi, coll. Pensée gandhienne, Denoël, 1958.

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 16:32

 

 

 

 

 

 


 

 

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     Des officiels japonais sont actuellement engagés dans des pourparlers avec des diplomates russes sur la possible délocalisation de dizaines de millions de japonais dans le cas très probable d’un effondrement total de l’unité 4 de Fukushima Daiichi. Selon un rapport récent de EUTimes,net, les autorités japonaises ont indiqué qu’au moins 40 millions de japonais sont en "extrême danger" d’empoisonnement radioactif, et que de nombreuses villes de l’est, y compris Tokyo, peuvent devoir être évacuées dans les prochaines semaines ou mois pour éviter un empoisonnement à des radiations extrêmes.

 

     Comme nous continuons de le rapporter, la situation à Fukushima est désespérée, c’est peu de le dire. Le réacteur 4 est sur le point de s’effondrer complètement, ce qui enverrait dans l’atmosphère du combustible provenant de milliers de barres. Ces barres, après tout, sont déjà exposées à l’air libre, mais la libération de leur combustible causerait non seulement une catastrophe régionale, mais aussi un holocauste mondial.

 

     Le Mainichi Daily a récemment rapporté : "Un rapport publié en février par la commission indépendante d’investigation sur l’accident a déclaré que la piscine de stockage du réacteur 4 était le maillon faible dans les crises de réaction en chaîne de la catastrophe nucléaire ».

 

"Le scénario du pire établi par le gouvernement inclut non seulement l’effondrement de la piscine du réacteur 4, mais aussi la désintégration des barres de combustible de tous les autres réacteurs de la centrale. Si ceci devait arriver, les habitants de la zone métropolitaine de Tokyo seraient obligés d’évacuer."

 

     Pour mettre en place des solutions pour les japonais les plus proches du danger, les autorités envisagent de reloger des dizaines de millions de japonais dans les îles Kouriles, situées dans la région de Sakhaline, ou même en Chine, où des centaines d’habitations de villes fantômes non utilisées pourraient abriter au moins 64 millions de réfugiés. Si cette délocalisation devait se produire, le Japon deviendrait en grande partie une friche stérile.

 

     Une "vague" de déchets hautement radioactifs se dirigerait vers la côte ouest des US.

 

     Pour les japonais, la catastrophe de Fukushima représente une disparition complète de leur nation, alors que pratiquement rien n’est fait pour contenir les milliers de barres de combustible exposées qui pourraient exploser avec la chute du réacteur 4. Mais les conséquences de tout ceci ne sont pas limitées seulement au Japon, car le reste du monde, y compris les US, supporteront le poids de cette bombe nucléaire aussi. Nous souffrons déjà, en fait, des conséquences de cette guerre nucléaire qui n’est pas une guerre.

 

     À la fin de l’année dernière, par exemple, il a été rapporté que des officiels américains ont ordonné à TEPCO de relâcher 10 millions de litres de déchets radioactifs dans l’océan Pacifique. Aujourd’hui, selon The Intel Hub, ces déchets arriveront bientôt sur les grèves de la côte ouest, à l’insu de millions d’américains vivant dans cette région, qui y seront exposés.

 

     Cette nouvelle "vague" de radiations est, bien sûr, en supplément de vagues plus anciennes qui ont déjà tué des milliers de gens, beaucoup d’entre eux étant des enfants, et provoqué une augmentation considérable de cas de cancers. Et avec le temps de plus en plus de gens vivant en Amérique vont commencer à développer des maladies chroniques en résultat d’un empoisonnement perpétuel par Fukushima et beaucoup mourront, alors que les médias de masse restent volontairement silencieux sur le problème.

 

     Et le gouvernement fédéral a toujours su que la catastrophe devenait la plus mondialement sévère de l’histoire, comme il l’a été prouvé par la récente demande d’une loi sur la liberté de l’information. Non seulement les autorités fédérales sont conscientes des extrêmes dangers venant de Fukushima depuis les premiers jours, mais elles ont aussi orchestré des campagnes de désinformation pour garder les américains et le reste du monde dans l’obscurité au sujet de la vérité.

 

     Comme ni les US ni les gouvernements japonais semblent vouloir vraiment gérer Fukushima, et en particulier la condition du réacteur 4, NaturalNews en appelle aux Nations-Unies pour mener une action rapide. Une nouvelle pétition presse les NU d’organiser un sommet sur la sécurité nucléaire pour s’occuper du problème du réacteur 4, et établir aussi une équipe indépendante d’évaluation pour le stabiliser et empêcher son combustible de détruire potentiellement toute vie sur terre.

 

Sources : (NaturalNews)

 

Traduction par Chantalouette et Hélios du Bistro Bar Blog

 

 


 

 

Jeudi 24 mai 2012

 

 

 

 

Tepco estime que le césium-137 relâché de Fukushima

est à un niveau 4 fois plus élevé que Chernobyl

 

 

 

     TEPCO.jpg Tokyo Electric Power Co. a estimé le montant total des substances radioactives rejetées à partir du réacteur ° 1 de Fukushima à 760.000 térabecquerels, 1,6 fois l'estimation publiée par l'Agence du ministère de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie de la sécurité nucléaire et industrielle en Février.

 

 

 

Un terabecquerel est égal à 1 trillions de becquerels.

 

 

 

     TEPCO remettra l'estimation dans un rapport final qui sera établi par un comité d’enquêteurs interne.

 

Le cabinet a également commencé à expliquer comment il est arrivé à ce chiffre.

 

 

 

      Il ya deux façons d'estimer la quantité de substances radioactives rejetées. Un moyen consiste à fonder les calculs sur le degré d'endommagement du cœur du réacteur. L'autre est d'inverser le calcul basé sur la densité de substances radioactives présentes dans l'atmosphère et l'eau de mer. En conséquence, il y aura des différences dans les estimations selon la façon dont les chiffres ont été obtenus.

 

 

 

     Le CNRS a publié une estimation de 770.000 térabecquerels en Juin de l'année dernière, et une autre estimation de 480.000 térabecquerels en Février. La Commission du Cabinet d’Office de sûreté nucléaire a publié une estimation de 570.000 térabecquerels en Août de l'année dernière.

 

 

 

     TEPCO a combiné les deux méthodes et a réitéré ses calculs dans des conditions différentes. Il a atteint une estimation finale de 400.000 térabecquerels d'iode-131 et 360.000 térabecquerels de césium-137.

 

 

 

      La quantité de substances radioactives rejetées dans l'accident de Tchernobyl en 1986 était de 5,2 millions de térabecquerels.

 

 

 

      "Comme il n'y avait pas suffisamment de données disponibles immédiatement après la catastrophe, les estimations peuvent différer sensiblement si les conditions changent, même juste un peu," a déclaré le professeur Hideo Yamazaki à l'Université de Kinki, un expert dans l'analyse de l'environnement. "Le montant libéré des substances radioactives a augmenté, mais le chiffre est dans la marge d'erreur supposée. Il n'y aura pas de problèmes dans la poursuite des travaux de décontamination et d'autres mesures."

 

Traduction: Joseph Kirchner pour WikiStrike


 

 

 

Mercredi 23 mai 2012

Fukushima: mourrez d'abord...

 

Akio Matsumura nous prévient.

 

 

 

 

 

     Interview du diplomate Akio Matsumura qui nous prévient que la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon peut finalement se transformer en un évènement capable de mettre en péril toute vie sur Terre.

 

 

 

     85 fois plus de césium 137 que Tchernobyl “détruirait l’environnement mondial et notre civilisation. Ce n’est pas sorcier, pas plus que ça ne concerne le débat pugilistique sur les centrales nucléaires. Il s’agit d’une question de survie de l’humanité.”

 

Vents-dominants-Pacifique.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Lundi 28 mai 2012

Carte des risques de contamination radioactive

sur les populations (Ou la carte de la peur)

 

 

 

mapparischioincidentinuclear.jpg

 

mapparischioincidentinuclear.jpg


 

     Un accident nucléaire de la gravité d’un Tchernobyl ou d’un Fukushima peut se produire tous les 10-20 ans en Europe occidentale où la densité de réacteurs est très élevée.

 

    Un rapport récent de l'Institut Max Planck de chimie à Mayence, qui a publié une carte du danger mondial, montre précisément l’Europe de l'Ouest comme étant la zone la plus exposée au risque de contamination radioactive à grande échelle causée par des accidents graves dans des réacteurs nucléaires.

 

    Les scientifiques ont calculé la probabilité d'accidents en fonction des heures de fonctionnement de tous les réacteurs nucléaires civils et la débâcle a eu lieu.

 

    Le risque est 200 fois plus important (critique) que les précédentes études. En Europe, une telle éventualité causerait une contamination par le césium-137 dans une zone de plus de 1 000 kilomètres autour du réacteur, et impliquerait quelque chose comme 28 millions de personnes. En Asie du Sud, en raison de la densité de population élevée, ce chiffre s'élève à 34 millions de personnes, tandis que dans l'Est des États-Unis et Asie de l'Est, un accident nucléaire grave aurait une incidence sur 14 à 21 millions de personnes.

 

 

     Sur la base de leurs conclusions, les chercheurs demandent une analyse en profondeur sur l'appréciation des risques des centrales nucléaires. Rappelons que dans le monde, il y a aujourd’hui 440 réacteurs nucléaires en fonctionnement et 60 autres sont en cours de construction.

 

 

 

 Source : Alexander Doyle pour WikiStrike

 

 

 

 


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Présentation

  • : Araka Nui autour du monde
  • Araka Nui autour du monde
  • : Le voyage initiatique de Teiva sur le catamaran ARAKA NUI parti en 2008 pour un tour du monde. Arrivé en Casamance en septembre 2009, il en repart 2 ans plus tard, mais cette fois sans son papa... C'est l'occasion pour ce dernier de collecter des sujets d'informations aussi divers que variés sur la spiritualité, la géopolitique, l'environnement et les sciences en vue d'étudier ces sujets le moment venu avec Teiva et de débuter son initiation vers un nouveau paradigme.
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